Depuis le temps, que je me disais que ça sert à rien, c’est du folklore, samedi dernier je m’étais même dis que je ne l’emmènerai plus pour les randos à pied à la journée.
En canoë, en kayak ou en vélo sur plusieurs jours ok mais à pied à la journée ….halte au sketch !
Pourtant j’avais bien cogité dessus pour ne prendre que ce qui me parait utile :
Un ziplock comprenant :
- gel pour les mains,
- petite pelle au manche télescopique creux dans lequel on peut ranger des sacs poubelles
- un paquet de mouchoirs papier
Second ziplock :
-réchaud esbit +tablettes
-sachets thé/café/choco en poudre /lait /soupe
- un peu de paracorde
-ductape
-mora classic
-mini briquet bic
-petzl elite
- wetfire et bois gras
-batons lumineux 1jaune et 1 vert
-firesteel
- bandana
A cela j’ajoute des gants de travail en cuir, un sursac (qui ne prend pas de place), un poncho Golite, quelques sardines titane et de la corde déjà préparée pour amarrer le poncho en cas de besoin d’abri.
Le tout est rangé dans un sac imperméable (pas étanche, imperméable).
Je ne vous parle ni de la pharmacie, ni de la couverture de survie qui elles n’entrent pas dans le questionnement.
J’emporte également un petit kit de survie avec des allumes feu des allumettes étanches, des lames de cutter, de la corde , un bougie chauffe plat, un peu de ductape, une miniboussolle des puritabs et un minibic, le tout dans une petite boite métal étanche.
Ce kit est fait pour être porté dans une poche de gilet de flottaison en canoë et en kayak mais je le prends quand même en rando à pied à la journée.
Voila vous savez tout sur ce matériel que je remettais en question .Et pour cause !
Si en plus il faut prendre de l’eau, de la bouffe, une polaire plus une protection antipluie (veste et surpantalon)….. Ben ça commence à faire beaucoup !
Jusqu’à maintenant je me disais, bon ça fait de l’entraînement pour l’été en montagne.
Ici (Nord Pas de Calais zone tempérée très peu sauvage) j’ai un sac proche de 7-8kg, en montagne j’en suis à 12kg pour 3 jours en autonomie.
Et puis samedi dernier je me dis ben si tu prends que ton poncho et pas le reste c’est ok, tu survivras quand même … c’est pas faux non plus….
Et puis il y a eu hier…..Une randonnée du coté de l’Avesnois, c’est moins peuplé, y a des forets, des bois, du bocage et une ou deux rivières sympa . Bref en famille on aime bien y aller ce n’est qu’à 45mn de route.
On avait regardé la météo, soleil au matin, pluie l’après midi. On part tard dans la matinée, c’est férié, on ne se stresse pas, on commence vers onze heures, au bout d’une heure de marche on se pause pour le pic nic, ça nous prend une petite heure et nous voila repartis.
Vers 14heures on pénètre en foret de Mormal, le ciel s’assombrit, aux premières gouttes on enfile les vestes les surpantalons les protections des sacs à dos et roule. On suit le balisage, ici on tourne à droite, ok normal. On fait gaffe aux flaques d’eau, on suit ce grand chemin forestier évident.
Mais au bout de cette route ce n’est pas la sortie de la foret comme prévu, mais un mur végétal avec un ancien chemin d’exploitation à gauche et une autre route à droite .
Il pleut des cordes ! Je sors ma carte protégée dans un porte carte mais je ne suis plus sur la partie visible. Il faut que je sorte la carte pour la replier. Je demande à ma douce son poncho, je regarde la carte mais ma capuche goutte sur la carte, ça y est elle est trempée. Je vois mal ou on est, je me dis qu’on a du suivre cette diagonale qui file Nord Est au lieu d’aller plein Nord , c’est pas grave on va prendre le chemin à gauche pour retrouver notre route .
On emprunte ce chemin par le sous bois car il est rempli d’ornières détrempées je consulte ma boussole on file plein sud ! Ma douce me confirme en consultant la sienne !
C’est pas normal. On décide de retourner d’où on vient. Chemin faisant je sors le GPS il m’indique le bon chemin à 40 mètres de notre position. On a perdu plus d’une heure !
J’enrage , dans nos capuches, les yeux rivés sur les flaques d’eau ,on a raté le balisage qui reprenait tout de suite à droite plein nord et on suivi cette route forestière évidente !
La carte et le topo dans la poche sous la couche imperméable, et dans le sac n’incitent pas non plus à les consulter régulièrement……quel c** !
Ce n’est pas si grave on n’est plus très loin, on trouve même un bolet !
Mais, le petit a les pieds trempés, ma douce a un regard que je connais et qui dit bien des choses.
Il pleut moins, nous sommes sortis de la forêt. Le petit avance moins vite avec ses pieds détrempés, sa mère commence à fatiguer un peu, la météo la démoralise.
Je propose donc de les laisser dans une pâture avec mon fond de sac, ce qui me reste de bouffe le temps d’aller chercher la voiture pour les récupérer. C’est un oui sans appel.
Bon je les laisse, je file. Je dois en avoir pour une demie heure si je me dépêche alors je trace
au pas de course j’atteins la voiture au bout de 30minutes.
La pluie retombe de plus belle il ne faut pas tarder. En voiture je peux les rejoindre en moins de 5 minutes.
Je retrouve le chemin, j’arrive à hauteur de la pâture. Ils ne sont plus la. Pourtant je suis sur qu’il s’agit de la bonne pâture à coté du champs de maïs qui vient d’être cultivé.
Je scrute, la, au fond de la pâture, ma douce arrive en courant.
« C’est bon tu peux passer en voiture le sol n’est pas si meuble»
Je m’engage jusqu’à une haie dont ma douce a tiré profit pour installer le poncho en
« lean to » tandis que le petit, à l’abri, se réchauffe en mangeant du chocolat près d’un thé myrtille en préparation.
De la route on ne les voit pas.
J’entends encore ma douce me dire « on part pas tout de suite ? Tu prendras bien un thé avec nous ? »
Ce que j’en retiens :
On se trompe de chemin plus vite qu’on ne le croit et pourtant sans me vanter je ne suis pas une quiche en lecture de carte et je pratique l’orientation régulièrement.
On aurait pu s’enfoncer dans la mauvaise direction et tout aurait pu s’enchaîner, mauvais temps, baisse de la luminosité, stresse, fatigue, blessure, hypothermie allez savoir.
Mais surtout maintenant je sais pourquoi j’emmène tout ce bric à brac dans mon fond de sac.