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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Un Poulet dans la jungle  (Lu 37490 fois)

26 décembre 2011 à 20:36:55
Réponse #50

Nävis


Moi, je suis au cinéma!
 :love:

26 décembre 2011 à 21:38:55
Réponse #51

Willy


Excellent ... ca se lit comme un roman ... !!  :doubleup:


"Tu es libre d'être vraiment toi même , Ici et maintenant et rien ne peut l'arrêter" (Jonathan Livingstone le Goeland)

27 décembre 2011 à 09:17:47
Réponse #52

merydine


Je suis au boulot et j'ai du mal à décrocher.  :doubleup:
Bon courage.


27 décembre 2011 à 10:06:52
Réponse #53

Watchmen


Hâte de lire la suite , c'est marrant que tu soit si exigent avec Poulet , alors que lui ne te blâme a aucun moment de ne pas avoir réussi a faire de feu , ou d'avoir failli te tuer dés le premier jours .
De même finalement ces premiers jours dans la jungle te laisse plus abimé physiquement que lui .

En tout cas chouette voyage a partager avec sont fils , malgré mes remarques je comprend pas mal tes réactions , quand on est exigent avec soit , on l'est souvent beaucoup aussi avec les autres (surtout ce qu'on aime )

28 décembre 2011 à 11:35:24
Réponse #54

Trekkal


En terme de recit d expedition c'est la grande classe,le top du top,la creme de la creme...les deux regards de deux personnalites et tranche d age differentes,les liens et videos...manque plus que la 3D
et le surround dolby digital...heureusement j ai du sopalin a portée de mains...vivement la suite !!!  Merci a vous deux.

28 décembre 2011 à 19:08:14
Réponse #55

guarocaliente


Lundi 8 août 2011 5h48 1300m


Pluies très légères cette nuit et le vent s'est calmé. Mal dormi, pieds trop bas. Dur à régler en légère pente.

Un arbre est tombé pas très loin dans un grand craquement vers 1 heure.

A deux heures, je somnolais. J'ai entendu plusieurs bruits de craquements de branches au sol. Et ensuite le bruit caractéristique que font les pécaris.

Pas des grognements de sangliers. Une sorte de bruit bizarre avec les lèvres. Quand j'ai jugé qu'ils étaient très proches, j'ai allumé ma frontale et j'ai gueulé « HOOO !!, LES COCHONNNS !! LES COCHONNNS !! »

Au bruit pas moins de 4. Je sais qu'ils vivent en harde.
Ont détallés vers le bas de la pente immédiatement. Pas une surprise. En layonnant, un peu plus haut, j'ai mis à jour une zone très piétinée, une sorte de cache dans les broussailles.

Poulet ronfle doucement.

J'ai accroché mon x-lander aux arceaux de tête du hamac pour connaître la température extérieure.

Un animal dans l'arbre au dessus de moi fait tomber quelques branches en se déplaçant. Le tarp m’empêche de le voir. Immobile et silencieux, camouflé derrière la moustiquaire du hamac vert et noir il est facile d'observer les animaux quand je suis seul. Du moins quand on ne parle pas avec P'lèt. Faut que je le réveille. Ça dort beaucoup un ado.

16° à 6h20.


Lundi 8 août 2011 19h53 18° 1400m


Encore gueulé contre P'lèt. Ce matin trop lent. Dois lui répéter 10 fois les mêmes trucs de base. Un peu saoulant.

Je l'avais prévenu qu'une expé c'est comme un avion ou un bateau : pas le lieu pour la démocratie. Cause toujours. Je répète sans arrêt les mêmes trucs.

Il s'en fout. Il a presque 16 ans.
 
Dimanche prochain.

D'ailleurs, je trimbale dans mon sac, bien planqué, 2 bougies, un «6» et un «1».
 
Ma blonde a fait faire par sa mère un gâteau, un cake aux fruits. Elle est allé faire du charme à un commerçant pour qu'il l'emballe sous vide.

Avec les bougies dessus, ça ferait un gâteau d'anniversaire un peu pourri dans la civilisation mais ici, ça devrait lui plaire.

Sa mère et sa sœur m'ont donné également une barre de chocolat Belge et un dessin de sa petite sœur.

J'ai également enregistré 3 vidéos clip avec ma caméra. Un avec sa mère et sa sœur, un autre avec ma blondeur, le dernier avec ma belle mère et son mari. Lui souhaitant tous un joyeux anniversaire.

Moi j'ai regardé en douce, avec le son au minimum, celui de ma chérie. Me manque un peu. Bref.

Today nous sommes reparti vers le nord de la crête où nous avons passés la nuit. Bloqués. J'ai layonné comme un dingue. Au bout d'un tunnel d'une vingtaine de mètres dans le fatras végétal et ne pouvant savoir si je partais pour 1 heure ou 3 jours, on a fait demi tour. (Plusieurs espèces de papillons de nuit me tiennent compagnie, entre mon tarp et la moustiquaire).

Essayé de passer à l'ouest et au sud. Même fouillis impénétrable. Colline avec peu d'arbres sur les flancs, donc soleil qui touche le sol, donc fouillis. Bloqués en haut.

Pas d'autres solutions que de faire demi tour et de redescendre par notre chemin de dingue de la veille, pente presque verticale. J'ai jeté ma lance pour avoir les mains libres.

En bas il a fallu remonter presque à la verticale avec nos 30kg, le ventre vide depuis la veille, trempés de sueur.

On reprend la marche. Épuisés, j'ai décrété une fin de journée très tôt sur un plateau. Nous avons élagués, installé les hamacs sous les tarps.

Nous avons descendu la pente vers le Rio avec ma gourde (la sienne est presque toujours encore pleine le soir. Boit beaucoup moins que moi), les Nalgène et le jerrycan souple pour faire une provision d'eau. Presque en bas de la pente très à pic, juste au dessus de la rivière, la pente très à pic l'est devenue complètement. Demi tour.

Avons été ramasser du bois pour le feu. Très humide, j'ai commencé à bosser sur le feu pendant que Poulet bâtonnait. L'orage est arrivé très vite. Léger. Eu le temps de mettre la bâche au dessus du feu.

On a bien passé deux heures à se relayer pour souffler sur les braises, sous la pluie battante, enfumés sous la bâche.

J'ai pris un poncho pour ramener du bois pendant que Poulet soufflait à s'en asphyxier. Feu HS à 17h.

Pas grave. Je recommence demain. Au moins on aura du bois à peu prêt sec.

Pendant que Poulet prépare la bouffe froide dans les popotes, je tends de la paracorde pour suspendre les sacs et les fringues trempées qu'on trimbale dans des sacs poubelles. Poulet m'assure que tout sent le moisi. Bon, s'il pleut cette nuit ça les rincera un peu.

Dîné dans le hamac avec la popote sur le ventre. Nouveau.

Ai essayé de recharger la batterie de la caméra avec ma dynamo : épuisant et semble inefficace. J'en ai une de réserve de petite capacité bien pleine. Je la garde pour l'anniversaire de Poulet, qu'il puisse voir ses vidéos. J'espère que la dynamo rechargera un minimum la caméra pour pouvoir l'utiliser en mode photo.

P'lèt a éteint et moi aussi. Cochons hier et oiseau mouche noir à ventre rouge cet aprèm. Est venu voler autour de nous. Première pour Poulet.


Lundi 8 août


Mal de ventre terrible!

Un peu bloqués sur le plateau, encerclés par des ronces, nous avons commencé à tailler un chemin dans celles-ci, avant finalement de redescendre par là où nous étions montés la veille. Puis, épuisés, nous avons traversé le Rio de la veille pour remonter exactement en face.

Une pente longue, abrupte, sans vraiment de prises à profusion et en plus de ça, très glissante. Vraiment éprouvant.

C'est pourquoi nous nous sommes établis plus tôt que prévu sur un terrain très plat et que nous avons essayé de faire un feu sous la bâche. Il pleuvait des cordes et on se relayait pour bâtonner et souffler sur le feu.

A m'asphyxier quasiment. Un moment je me suis relevé, le décor tournait autour de moi et je suis tombé. Ça doit détruire le cerveau cette connerie de fumée.

Tous ces efforts restèrent vains. Plein de braises et pas de flammes qui durent. On mange froid. On suspend les sacs et se couche en mangeant les pâtes lyophilisées froides (bolo) dans les hamacs.


Mardi 9 août


Journée de fous furieux.

Lever à 7h00, dans le stress pour moi. Pas le temps pour le feu.

Je ne sais pas ce qui m'arrive, mais impossible d'avaler ces putains de bolos froides. J'ai l'impression que je vais vomir.
Papa me force quand même, je ne peux pas tenir la journée avec 600 cal dans le ventre.
Alors je me gave, je me force en pleurant ; c'est imbouffable ; c'est croquant et froid, un gloubi-boulga infâme à l'aspect de vomi.
Un bonbon et c'est reparti.

Nous marchons vers un petit rio, dont les petites cascades forment de jolies piscines naturelles. On remplit les gourdes, et nous remontons vers le nord, les pieds dans l'eau. Marcher dans le torrent de montagne à l'eau claire nous fait gagner du temps et nous évite de déblayer les broussailles et la végétation. En plus on ne laisse aucune trace. Au bout d'une heure de marche en remontant les cascades, nous nous arrêtons pour faire le point et ramasser de belles pierres.

Un oiseau mouche nous observe et nous tourne autour en faisant des sur place, plus repart et disparaît aussi vite qu'il est arrivé. Nous sortons du ruisseau pour monter une pente difficile et interminable.

On arrive sur un endroit plat, avec un seul arbre et des broussailles à travers lesquelles on ne voit rien.

Pas possible de camper là. Pas le choix, on taille des broussailles, et derrière, une crête recouverte de végétation épineuse.

Une vue sublime sur les montagnes des deux côtés ; nous avons l'impression d'être sur la canopée, de marcher sur les arbres. Il est l'heure de camper et la nuit va tomber. Et pas un seul arbre pour les hamacs. Tant pis.

Dans le passage de trente mètres taillé à la machette, sur le tapis de végétation (un mètre de haut) en haut de la crête, dans la nuit, nous voyons les montagnes sur les côtés et nous dominons la forêt.

A ma demande, Papa me raconte son rêve de la nuit dernière : Pill'Hours, D., une table qui vole...

La journée se termine dans l'endroit le plus étrange où l'on puisse dormir : dans les nuages au milieu d'une jungle humide et impénétrable, sous un ciel étoilé.
« Modifié: 07 décembre 2014 à 21:26:17 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

28 décembre 2011 à 20:51:20
Réponse #56

guarocaliente


Mercredi 10 août 2011 18h15 1600m


Hier soir, c'était vraiment pas le moment pour écrire.

Bois trop humide pour faire du feu après la pluie de la veille. Mangés nos carbo protéinées froides.

P'lèt, son organisme s'est rebellé. J'ai du le forcer à terminer. Il avait la nausée mais bon ou pas (froid ça ne l'est pas) ce n'était pas le problème. Besoin de ces quelques calories.

On est reparti. Marche ponctuée de pauses d'un quart d'heure toutes les 45 minutes. Je marche toujours devant avec la machette. Il suit sans se plaindre.

En fin de matinée, j'ai marché sur un petit tronc pourri au sol (toujours la précaution de vérifier l'absence de rampants derrière). Brûlure atroce au lobe de l'oreille gauche et au poignet droit.

J'ai dévalé la pente en courant. Impression que l'oreille avait doublé de volume. P'lèt n'a pas été attaqué. M'a dit que ça ressemblait à des gros moustiques. Très douloureux.

On reprend les montagnes Russes. On arrive vers 12h en haut d'une crête. Bloqué par le fouillis des ronces et des lianes mélangées. J'attaque à la machette. J'avance sur la ligne de crête.

A gauche et à droite, ce sont des à-pics.

Je m’arrête toutes les demie heure pour passer un coup de trois points (tiers-point) sur la machette.

Vue sublime à droite et à gauche. Dans notre fouillis végétal j'ai ouvert une saignée d'environ un mètre de large. Malgré le fait que j'utilise les gants en cuir de Poulet (les miens ont fini dans le rio, le premier jour. Me reste une paire jaune en kevlar. Me protège pas vraiment, finira en lambeaux), mes mains sont tout écorchées.

En fin d'aprèm, quand il est devenu évident que nous ne serions pas sorti avant la nuit, j'ai décidé que nous passerions la nuit dans le layon. (Nous avons été étendre sur les ronces, nos vêtements puants en amont et aval du layon. Si ça dissuade pas des éventuels pécaris de faire demi tour, on se fera piétiner.)
Dans les hamacs, sans arbres.



Nous avons plié la bâche sur plusieurs épaisseurs dans la longueur (4m), prolongée des ponchos.

Posé les Thermarest sur la bâche, puis les hamacs. (dans le but d'éviter de faire des accrocs, nous sommes sur un tapis de ronces, au nylon fragile des hamacs).

Comme les hamacs ont des arceaux en fibre de verre pour tendre la moustiquaire, j'ai taillé dans mon bâton-lance de marche des pieux que j'ai enfoncés dans le sol sous les ronces, pour y attacher les arceaux. De façon à transformer les hamacs en tunnel de survie.

J'ai imposé à P'lèt et à moi-même de dormir dans les def 4 et les pertex pour qu'il y ai une épaisseur supplémentaire entre l'extérieur et notre fragile nylon. Une étuve.

Nous avons fermé la doublure respirante (mais pas étanche) en laissant une ouverture pour la moustiquaire (au dessus du visage) de façon à avoir moins chaud. Pluie improbable la nuit. Vue sur les rares arbres dans la pente. Pas d'étoiles visibles.

Chaleur étouffante, j'étais trempé hier soir.

Après une nuit horrible à baigner dans ma sueur, la tête en bas avec un creux sous les reins et à me réveiller dès que Poulet bougeait (de peur qu'il bouge trop et accroche son hamac dans les ronces), je suis levé avec d’extrêmes précautions.

Me suis dit que je devais représenter une source de chaleur exceptionnelle sur le sol (serpents attirés par la chaleur).
Que des cafards et des grillons. Une grenouille.

Je vérifie autour de P'lèt et lui demande de se réveiller.



Toujours dans le pâté le matin.


J'ai oublié la remontée dans la rivière !!  Poulet viens de me le rappeler ! Journée de dingue hier. Bon, le matin avant d'arriver sur la crête recouverte de ronces, nous descendons dans une rivière remplir les gourdes. Je juge que les flancs de colline sont trop escarpés.
Nous remontons donc le cours de la rivière, les pieds dans l'eau. P'lèt apprécie moyennement et essaie toujours d'éviter de se mouiller les pieds.
L'y oblige souvent plutôt que de le voir mettre le pied sur un rocher bien rond recouvert de mousse. (Faut pas oublier qu'il ploie sous le poids de ses sacs, donc son équilibre est précaire).

C'est en quittant le Rio, bloqués par un arbre tombé en travers, que nous nous sommes retrouvés sur la crête.


Après avoir levé Poulet, j'ai repris mon boulot de malade. Pas mangé depuis la veille.

Une bonne partie de la journée, quelques heures à se relayer tous les quatre ou cinq mètres de ronces ouvertes.

Boulot de malade.

Vers 11h00, je débouche enfin sur des arbres. La forêt.

Poulet et moi estimons à au moins 100m mètres de layons ouverts dans les ronces entre mardi après-midi et mercredi midi. Peu après, nous tombons sur une piste visiblement ancienne et humaine. Comme elle va dans la bonne direction (vers le nord), on la suit allègrement.

Elle débouche rapidement sur une ancienne route forestière. Une nouvelle absente des cartes.

Inutilisée  depuis des années vue la taille des arbres qui y poussent. Cool.

Après les olympiades du layonnage, j'apprécie. Vers 15h30, on quitte la « route » qui ne va plus dans notre direction.

On s'enfonce dans la forêt en direction d'un petit cours d'eau que j'entends dans la nuit derrière les grillons, les papillons de nuit coincés sous mon tarp et les bruits de Poulet à quelques mètres.

On installe les hamacs le plus correctement possible. Après la nuit d'hier, les hamacs suspendus représentent le summum du confort.

Trop tard pour essayer le feu. En cette saison, me faut bien entre une ou deux (plutôt deux) heures pour faire du feu. Mais deux heures le matin et deux heures le soir, c'est pas possible.

Donc on bouffe froid. Faudra attendre de trouver un coin sympa, plus haut dans les montagnes pour faire un camp durable. Et essayer de trouver de la viande.

Avant d'aller dans le hamac, me suis préparé un délice pour quelqu'un qui n'a pas mangé depuis hier matin (hormis quelques galettes à la confiture). Dans ma popote de 1l 4, j'ai mis, une dose de fusili à la carbonara à la whey, deux soupes du « pêcheur » instantanés de Royco et deux doses d'huile pimentée à pizza piquée chez Domino's.

Suspendu à mon hamac.

Mélangé après trente minutes, dégusté avec ma demie spork cassée au début du voyage. La cuillère trop courte réparée avec du tape tombe dans mon vomi de pécari safran. Je la récupère de mes doigts et ongles noirs et la lèche avec délice en me suçant les doigts. Un régal pour un affamé.

Poulet apprécie moins. J'insiste dans la nuit pour qu'il termine. Lui ai dit de penser à la récompense, galettes à la confiture.
Vivement dimanche qu'on mange son gâteau d'anniversaire !

Quelques échardes pour tous les deux. Mes deux gros orteils étaient très gonflés ce soir, très blancs et la peau fripée semblait prendre le chemin de se crevasser. Les ai laissés sécher longtemps, ainsi que le reste, à poil sur mon sac. Sont secs maintenant. Majeur moins sensible et plaie pliure aisselle droite (due au frottement des bretelles pendant le layonnage) cicatrisée. Échardes et écorchure à surveiller.



Mercredi 10 août


Aie ! J'ai mal dormi ! Le sol de ronces était dur et je me suis réveillé plusieurs fois.

Au réveil, la vue est sublime, magique, ; et le soleil tape fort. Nous continuons de tailler une route à la machette en remontant la ligne de crête durant toute la matinée. Il fait chaud, les efforts sont énormes et intenses et nous n'avons rien mangé depuis un jour.

Les vêtements sèchent sur les ronces et leur crochet en forme d'hameçon (spécialité du coin), et, au bout de trois heures à se relayer pour layonner, et 150 à 200 mètres taillés dans les broussailles denses et dures à dégager, en plein cagnard et faibles comme tout, nous venons à bout de cette folie pour retrouver enfin des arrrrrbrreess!!

On marche après pendant longtemps et nous rejoignons un chemin forestier.

Bizarre, il n'est pas sur la carte. On voit qu'il n'est plus emprunté depuis 4 ans au moins. Il va dans notre direction. Nous le suivons et il nous fait gagner un temps inestimable. On gagne un kilomètre facilement.

Nous nous arrêtons à un moment, et nous partons sans les sacs pour voir si notre chemin rejoint celui indiqué sur la carte, où nous devons nous rendre. Après trente minutes de marche, toujours pas de route en vue. Alors nous faisons demi tour aux sacs et nous installons les hamacs pour la  nuit. Nous verrons bien demain où ce chemin nous mène. 




Jeudi 11 août 18h50 1650m (hamac depuis 17h50)


Ce matin j'ai réveillé P'lèt vers 5h45 (moi depuis 4h50). Un quart d'heure pour émerger de son hibernation adolescente et à 6h00 on est dehors.

Je ne me lève pas avant car on est encore dans la pénombre au niveau du sol et je préfère voir où je mets les tongues.

Habillés rapidement nous sommes descendus laver les gamelles et prendre de l'eau au ruisseau en contre-bas. ça a été très dur pour Poulet de manger ses pâtes froides hier soir. Bien failli gerber. Lui ai expliqué que ça ne tenait qu'à lui de continuer ou pas cette ballade.

Ce matin j'ai voulu, quitte à perdre beaucoup de temps, qu'il fasse un repas chaud pour reposer sa bonne volonté.

Nous avons été récolter des fagots de brindilles sur un arbre mort. De différentes tailles. J'ai isolé mon feu du sol humide. D'abord des tronçons de branches de 5 à 6cm de diamètre, puis du bois bien sec de diamètre 2 puis du plus petit.

Sur cette plate forme, j'ai mis un Esbit puis des brindilles par-dessus. Nickel.

On s'est gavé de pâtes , de soupes et de chocolat ou cappuccino.

J'ai préparé la surprise de dimanche. On a plaisanté sur son anniversaire.

Lui ai dit que je pourrai lui faire un gâteau aux fruits confits. Qu'il n'aurait qu'à me trouver 70 œufs de colibri (on en croise de plus en plus souvent), des racines pour faire de la farine, du lait de tapir et qu'il rapporte du miel d'une ruche qu'il pourrait piller en haut d'un arbre et voler quelques fruits secs aux singes. Ça l'a fait rire.

Repus, gavés et enfumés, nous sommes repartis vers 11h50.

Remontés sur la crête pour faire le tour du cours d'eau au fond de la faille entre les collines. Pour éviter le yo-yo avec les sacs bien pesados.

Donc on remonte la pente et on se retrouve dans le nouveau chemin forestier abandonné et non répertorié. Ça grimpe dur, sueur, allure d'escargot, bretelles des sacs qui s'enfoncent dans les épaules, mais au moins pas de coup de machette. Je m'en sers juste pour écarter les végétaux divers, fougères, palmes, etc qui recouvrent le chemin avec la main droite, mon bâton-lance main gauche.

P'lèt suit mon rythme de tortue et arrive même à se faire distancer. Peu de temps après nous sommes tombés sur ce que je m'attendais à trouver : l'ancienne route sur laquelle j'avais débouché la dernière fois où je suis passé dans le coin.



700 mètre au GPS.

Mais mon petit chemin couvert de végétation s'est transformé en large chemin forestier !! Trace de chaînes au sol (indispensables sur la terre en cette saison même pour les 4x4).

On accélère le pas. Ambiance forces spéciales de jour. Bottes de jungle de Lowa aux pieds, guêtres noires, pantalons noirs moleskine armée allemande, veste US vert olive, boonie vert pour moi et noir pour P'lèt, sacs « daypack olive PLCE » en poitrine et sabre 60-100 noirs sur le dos, on aura l'air fin si on tombe sur un groupe de touristes ou, et, les représentants de l'ordre locaux.

On longe la forêt prêts à s'y enfoncer au moindre bruit de moteur. 500m. On repère ensemble des empreintes de chevaux ferrés dans l'argile. Feuilles dessus, brindilles, pas d'aujourd'hui.

Encore moins de bruit. Grands craquements. On stoppe. Craquements reprennent et on est repérés ! Ils donnent l'alarme par de petits cris stridents.

Une bande de singes indéfinis à une trentaine de mètres. Hurleurs ou araignées. P'lèt s'arrête pour observer ses premiers singes sauvages. Je le rappelle à l'ordre « pas le moment de traîner tu en verras d'autres plus haut ». 300m.

P'lèt repère un autre groupe de singes juste au-dessus de nous en bordure du chemin. Descendent dans l'arbre, curieux. Capucins à gorge blanche.

A bonne portée de nos lance pierres. Je re décolle P'lèt de sa découverte de la nature sauvage. On arrive à mon point de rentrée dans la forêt.

Je ne reconnais rien. D'abord parce que mon nouveau GPS est plus précis que l'ancien et qu'ils ont drôlement ravalé le paysage.

Peu après, on tombe (Poulet vient d'interrompre mon écriture dans la nuit pour me demander : « Papa ? » « oui ? » « tu sais ce qu'il y a d'écrit en bas des sachets de bolognaise ? » «non ?» « Bon appétit ». Je me marre. Il reprend « j'ai envie de leur envoyer une lettre d'insulte ! Je ne comprends pas comment des gens achètent ça pour le manger chez eux... A mon avis, le directeur général de Knorr ne doit pas goûter ses produits. » Moi « il ne les mange pas froids surtout « . Oui je lui ferai manger ses trucs pendant trois semaines, faut être tordus pour inventer des trucs pareils. « Faut surtout être tordus pour les bouffer froids ! » Bref. Où en étais-je ? Victoire ! P'lèt vient de finir ses bolos froides sans vomir.)

On part vers 16h00 on tombe sur un petit ruisseau au pieds du pla (entends bêtes à gauche dans le noir, on reste silencieux avec l'intention d'allumer les LD20 au dernier moment) teau où j'avais campé le 9 février.

On remplit les nalgènes. En haut je ne retrouve pas l'emplacement exact de mon ancien campement.

Mais le site était bon. Presque plat, arbres jeunes, pas de fouillis végétal et beaucoup de bois mort et très sec.

Pas le temps pour du feu en cette saison.

Je choisis les arbres sains, montre à P'lèt comment repérer un arbre suspect. Je lui démontre en faisant s'écrouler le haut d'un arbre en appuyant dessus. J'élague sous les arbres choisis. On installe les tarps puis les hamacs avec un nuage qui nous tombe dessus. Forêt de nuages.

Pas assez de lumière dehors et d'électricité dans ma caméra pour immortaliser ça. On dîne dans les hamacs. P'lèt vient d'éteindre.

Me demande de le réveiller en cas de visite nocturne. Lui explique pourquoi ce n'est pas possible.

Ah ! Cet aprèm on a parlé de camouflage. Lui ai appris « FFOMECBLOT ».

Et à utiliser le GPS couplé à la boussole. Comment et pourquoi on marche d'arbre en arbre dans la forêt (ou de points de repère en points de repère).

Avait l'air intéressé. J'éteins, j'écoute les animaux approcher et les surprends avec la torche ou je m'endors bredouille.



Jeudi 11 août


Du feu le matin ! On mange chaud ! Tomates mozza pour moi !

Nous longeons le chemin comme prévu, et au bout d'une heure, nous tombons nez à nez avec la fameuse route, qui part à droite et à gauche. Ouf !

Le temps de tracer le nouveau chemin que nous avons découvert sur la carte, et c'est reparti. Nous marchons très vite sur la route qui semble avoir été réaménagée pour les touristes et les promeneurs. Elle est large et dégagée. Nous restons sur nos gardes et ne faisons plus de bruit au cas où un gardien se promènerait à cheval.

En route, nous croisons deux insectes énormes, mais surtout deux groupes de singes en l'espace d'un quart d'heure.

D'abord des singes hurleurs (ou autres?), puis des capucins à gorge blanche, dont un des membres est descendu dans son arbre pour être à moins de 10 mètres de nous.

Ils faisaient des bruits de chiens. Après de longues heures de marche épuisantes, nous quittons la route pour nous installer. Je mange une carbo dans mon hamac. C'est infâme.

Deux heures à tremper c'est trop.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 13:18:26 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

29 décembre 2011 à 15:38:41
Réponse #57

merydine


Pas de pbs de bestioles quand vous dormiez sur le sol ?  :o
Pas de champignons sur le corps à cause de l'humidité permanente ?

A+

29 décembre 2011 à 16:21:52
Réponse #58

guarocaliente


Pas de pbs de bestioles quand vous dormiez sur le sol ?  :o
Pas de champignons sur le corps à cause de l'humidité permanente ?

A+

Ben j'ai déjà répondu au sujet des bestioles. :)

"Que des cafards et des grillons. Une grenouille. ", j'appelle pas ça des problèmes ;D
Une seule nuit sur le sol, avec des hamacs totalement fermés.

L'humidité n'était pas "permanente" puisque nous passons environ 12 heures par jour au sec dans les hamacs.
ça suffit pour faire sécher la peau.

Même des pieds toujours mouillés, l'eau circulant dans des bottes de jungle.
On essaye de repartir le matin avec des chaussettes les plus sèches possibles.

En tous cas, la règle à respecter absolument c'est d'être sec la nuit. Pour ne pas se refroidir immobile et pour passer une nuit vraiment récupératrice.

Concrètement, je reste à poil sur le sac de couchage pour laisser l'humidité s'évaporer. Je rentre dans le drap de sac quand je commence à me refroidir.
Chaussettes sèches qui restent tout le temps dans la pertex.

Vu l'altitude, le def 4 est PLUS que suffisamment chaud pour dormir à poil dans la pertex.

En pratique, à basse altitude, je dors dans la pertex et le sac mais le sac est grand ouvert jusqu'au milieu des tibias pour avoir bien chaud aux pieds.


Le jour, même trempé par la condensation et transpiration sous le poncho, avec le pantalon mouillé, on ne se refroidit pas tant qu'on marche.
« Modifié: 29 décembre 2011 à 16:36:27 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

29 décembre 2011 à 18:27:29
Réponse #59

guarocaliente


Vendredi 12 août 2011 17h35, pas loin du Pavo.


On vient de dîner froid dans les hamacs.

Ce matin vers 6h00, 16°. Nous sommes partis vers 8h50. Bois humide et pas envie de perdre deux heures.

Nous descendons en direction de l'affluent du Pavo pour rejoindre ce dernier et le remonter vers le nord. Galère en forme de montagnes russes.

Nous avons, après beaucoup d'efforts intenses, de descentes de pentes improbables croulant, transpirant sous le poids de nos sacs, pu descendre au fond des gorges et atteindre cette grosse rivière de montagne prise entre la falaise à pic sur la rive d'en face et la pente extrême d'où nous venons.

P'lèt a été tenté, à suggéré que nous la descendions pour gagner du temps.

J'ai vu le piège. Avec les pentes les chutes d'arbres en travers sont inévitables. Au bout de quelques mètres, bloqués par un arbre ou une cascade plus violente et une pente trop abrupte pour être remontée, nous aurions été certainement obligés de faire le chemin en sens inverse.

Donc, on remonte les pentes et on suit les picas (pistes tracés dans la végétation à force de passer par le même chemin) des animaux qui vont dans la direction choisi.

Vers 13h00 l'orage a éclaté. On venait de s'arrêter pour faire une pause. J'ai sorti le tarp de mon hamac pour qu'on puisse s'y abriter avec les sacs.

Quand nous l'avons tendu, nous avons été dévorés par les moustiques. P'lèt était sec, transpire moins que moi et il porte une de mes anciennes vestes en tissu plus léger. Sèche plus vite.

J'ai mis mon blouson en «polaire». Nous avons étendu nos ponchos par terre et à l'abri de nos moustiquaires de tête sur les boonies, les mains dans les poches, on est restés étendus sur le sol, l'un contre l'autre à regarder la pluie tomber sur toute cette verdure.

Bon moral. Je ne lui gueule presque plus dessus. Toujours 2 de tension le matin mais c'est de son âge. Il est plus réactif et à presque 16 ans, il supporte bien tous les efforts, les pâtes et soupes froides, la pluie...

Son moral a l'air bon. C'est vrai que je ne connais pas d'autre ado de son âge, dans notre entourage, qui pourrait endurer tout ça.

Il met ça sur le compte de sa formation de JSP.

Ce soir j'ai déballé mes armes et munitions pour vérifier leur état. Je cherchais mon petit réveil de voyage. Perdu. Va sonner tous les matins vers 5h jusqu'à sa belle mort.

Bref, billes dans boîte pelloche photos commencent à rouiller. Pointes de flèches aussi. Lance pierre ok.

Étui DC4 attaqué par les champignons. Gratté et au sec dans les poches du hamac. Idem étui en cuir de mon wave (ancien modèle)

P'lèt n'écrit pas ce soir. La pluie fait un peu baisser son moral. Vient de me proposer de porter la pharmacie demain. A remarqué que mon sac est plus lourd que le sien.

En cherchant mon réveil, je suis tombé sur les papiers enroulés que m'ont donnés sa sœur et sa mère au Formule 1 de Roissy la veille du départ.

Voulait me donner plus de barres de chocolat belge pour lui. En ai accepté une seule. M'ont donné discrètement des lettres et des dessins pour lui.

Les ai sortis des deux sacs de congélation pour vérifier leur état. A peu près secs. Les ai pas lus.

Retrouvé mes cartes trempées dans l'étui de mon lance-pierre.

Mises à sécher sous mon dos dans les poches du hamac.

Le gâteau est toujours sous vide depuis le 14 juillet. Je crois qu'il sera encore comestible.

Vient de me faire remarquer que les lucioles ici clignotent. Il paraît que nous sommes entourés. Fini d'écrire, j'éteins ma frontale pour regarder avec lui.

Faut que je fasse du feu pour qu'il mange chaud dimanche.



Vendredi 12 août


Rien d'intéressant à raconter. On campe près d'un rio que l'on traversera demain matin. Arbre gigantesque (5 mètres de diamètre), figuier étrangleur.




Samedi 13 août, 17h43.


Viens de manger froid au hamac.

Journée difficile.

Je peux gérer mes baisses de moral passagères. Mais pas celles des autres. Je suis fait pour être seul dans ces forêts.

La descente vers le Pavo a été pénible. Beaucoup d'efforts.

Dès ce matin, je fais remarquer à P'lèt ses absences, son air rêveur et renfermé. Pénible. Je lui dit plusieurs fois de revenir ici.

Fait semblant de ne rien voir.

On réussit péniblement à traverser le rio après avoir repris de l'eau. Nous grimpons l'autre rive. La pluie commence à tomber très fort vers 13h. 

Poursuivis par une nuée de moustiques, on sort les ponchos et on essaie de s'extirper du fouillis végétal.

On s'arrête après une heure de marche et d'efforts à couper des lianes plus résistantes que de l'acier. La machette se désaffute sans arrêt.

Je sors la bâche pour protéger les sacs. P'lèt se met dessous. Je pars avec ma boussole en reconnaissance sur les hauteurs.

Je trouve à une cinquantaine de mètres un terrain boisé assez plat. Je redescends à la boussole et retrouve P'lèt sous la bâche.

Pas eu l'idée de la tendre. Les sacs sont à peine couverts.

Je lui dit que j'ai trouvé un terrain ok un peu plus haut. Veut attendre la fin de la pluie pour bouger.

Ensuite veut s'installer sur la pente pourrie et à moitié dégarnie par de gros arbres écroulés.

Je m'énerve par son attitude passive et résignée par la pluie.

Déjà vécu ça avec quelqu'un d'autre. Un ami qui m'avait planté lors de ma première expé parce qu'il n'avait plus le moral devant la pluie.

Assis à regarder la pluie tomber et son moral aussi.

Je sais que l'action, avoir un plan, le sentiment de maîtriser sa vie, est le remède à ses baisses de moral.

Bref je m'énerve de son attitude passive et défaitiste, l'engueule parce qu'il a 2 de tension alors qu'il faudrait se bouger le cul!

Suis pas fait pour partir avec des défaitistes passifs. Il ferme les poings très fort et me hurle d'arrêter de l'insulter !!

Je lui répond de laisser son égo écorché de côté et de bouger un peu plus, que c'est son attitude que je critique.

Il me tourne le dos sous la bâche que nous avons tendue pour mieux protéger les sacs. Je le laisse se calmer. Je reviens vers lui quelques minutes après.

Refuse de me regarder. Boude. Je lui redis qu'on a besoin d'être proches ici, que je veux qu'il soit un peu plus actif, que je l'insulte pas mais m'énervais devant son attitude. Boude. Me saoule.

Lui dis qu'il boude comme un gosse ou une gonzesse. Je redescends pour repérer un emplacement un peu plus bas, à une vingtaine de mètres pour les hamacs. Le laisse bouder sous la bâche. Je remonte après avoir abattu quelques fougères géantes et palmiers. Boude toujours.

Lui dis qu'on rentre en France demain. Pas à la hauteur psychologiquement. Fait la gueule comme l'ado qu'il est. Erreur.

Je descends installer mon tarp pensant qu'il me rejoindrait après quelques minutes à se calmer. Non. Je remonte prendre mes sacs, j'installe mon hamac, je le garnis, je me prépare des pâtes à manger après une heure de trempage.

Il commence à attaquer un petit arbre avec son mora triflex.

Je le regarde en coin de dessous mon tarp en m'activant.

Il trouve la machette et abat un arbre. Compris, il s'installe pour la nuit à côté de la bâche.

Voilà. J'ai suspendu mes sacs, les ai recouverts du poncho, suspendu mes fringues et mis mes bottes à l'envers sur des arbres coupés et me suis mis à l'abri des moustiques. Je l'ai regardé suspendre ses sacs et se mettre au hamac beaucoup plus tard.

J'ai vu la lumière de sa lampe et la vois encore à 18h14, dans la nuit sous le bruit des arbres qui s'égouttent sur mon tarp tendu et les grillons en bruit de fond. Pas certain qu'il se soit préparé à manger. Pas mangé ce matin. Demain le feu est exclu après ces heures de pluie.

Fait chier, la veille de ses 16 ans...



Samedi 13 août


On part à huit heures et nous cherchons une pente assez douce pour traverser. Nous marchons beaucoup.

Un moment, nous laissons les sacs pour descendre une pente très abrupte, «à la Bear Grylls», c'est à dire accrochés à des lianes et des racines pour ne pas tomber.

En bas, nous trouvons un endroit pour passer sur une « plage » de cailloux au milieu du rio. Papa chie et moi je regarde la beauté du rio, des cascades et des falaises.

Dommage que l'on ne puisse pas filmer ça. (problème de batterie je crois). Je n'ai rien mangé ce matin et je suis de mauvaise humeur.

Papa pense que je « rêvasse », il me demande ce qui ne va pas. Je réponds « rien », « ça va » . Il « n'aime mon attitude »...

On remonte chercher les sacs. Je reste à trois quatre mètres en-dessous et papa me fait descendre les sacs un à un avec la paracorde.

Puis il descend à son tour, nous nous équipons et nous descendons au rio Pavo. On traverse sans problèmes et, sur la « plage », nous remplissons les gourdes et rinçons les gamelles. Enfin nous remontons de l'autre côté.

Des efforts sur-humains qu'on ne pourra pas montrer à la famille. En haut, il se met à pleuvoir extrêmement fort  pour la première fois depuis notre arrivée. Alors on s'abrite sous les ponchos et des nuées de moustiques nous attaquent. On marche sous une pluie tropicale froide et battante.

Nous sommes trempés, fatigués, sans rien dans le ventre, il nous faut nous abriter.

On pose les sacs, toujours sous l'eau, et papa et moi déplions la bâche sur les sacs et sur nous pour nous abriter.

Papa veut repartir, et moi attendre que ça se calme. Il quitte brusquement la bâche posée sur nous et me dit de ne pas bouger, de l'attendre là, à l'abri.

Je sors du chocolat en poudre de mon sac de bouffe et le mange pour remonter mon moral alors au plus bas. Je ne me suis encore jamais plaint pendant l'aventure, contrairement à P., et j'ai toujours avancé dans l'inconfort et la souffrance sans jamais rechigner et sans parler de me plaindre : désolé V. !...tu t'es trompé !

Ne sachant pas si nous allions devoir replier la bâche et repartir aussitôt P. rentré je n'ai pas pris l'initiative de la déplier complètement et de l'attacher.

Je l'entend qui revient : « OHE ! » « OHE ! » (On se guide au son. Je crie et il répond. Gros risque de se perdre sinon.) Il entre sous la bâche et m'informe : « j'ai trouvé un endroit pour camper à 50m un peu plus haut... De toutes façons, on va pas dormir ici. «On peut d'abord attendre que ça se calme un peu avant de bouger ? » «Ouais, mais on part pas après 15h30... aide-moi on va déplier la bâche».

Je prends un bout de la toile pour l'attacher mais le fil est coincé avec les autres dans un amas de nœuds. Je tente de le défaire et on «perd du temps». «Tu te bouges le cul un peu ! put**n!! même dans les moments extrêmes t'es lent !». «J'essaie de défaire les nœuds !» «tu fermes ta gueule et tu te bouges !»

«TAIS-TOI !!!».

Silence. Sous la colère, à bout, j'agrippe mon chapeau pour ne pas devenir violent. Je deviens fou, je ne suis plus respecté du tout, je me fais insulter sans raison.

Il repart d'un ton dépité : « mon pov 'chéri, t'es vraiment pas à la hauteur de ce voyage ». Il s'empare de la pelote de fil et met plus de temps que moi à défaire les nœuds, il ironise en m'imitant pour ne rien assumer : «mais non, il faut pas ranger les fils, on perd du temps. Résultat : on se fait chier là !» lance-t-il avec délicatesse.

La bâche est maintenant dépliée, et face à tant d'injustices, je me ferme totalement. Il est assis sur un tronc d'arbre et poursuit de déchaîner sa haine sur son punching-ball favori : «put**n t'es une vraie larve, 2 de tension ! Tu pouvais pas déplier la bâche tout seul, non bien sûr tu préfères rester à l'abri dans ton petit confort...»

Un peu plus tard, il se lève et se repent : « bon, quand je te dis ça, c'est pas des insultes ; je te jure, laisse ton égo de côté...»

C'est ça, c'est de ma faute maintenant... Je pense « manipulateur, je ne suis pas un yo-yo ».

Il poursuit avant de s'interrompre : « Oh ! Regarde moi quand je te parle ! Comporte-toi en homme !! »

Je me tais et je pense : « je ne te regarderai plus, je ne respecterai plus ceux qui m'insultent. Si tu veux être écouté et respecté , commence par faire de même avec les autres ». Il retourne s'asseoir. Puis, constatant l'impuissance de sa tyrannie, il s'emporte : « tu continues de faire la gueule, ok on rentre demain. T 'es une gonzesse, un dégonflé. Tu méritais pas ce voyage ! Ton attitude est mille fois plus dommageable que la mienne ! »...

Hein ! Quoi ! Sur le long terme, toutes tes critiques et tes insultes me feront perdre tout le peu d'estime de moi qu'il me reste ! J'entrerai en dépression ou je sur-développerai mon égo pour me protéger ! Les conséquences seront gravissimes, et il ose dire que signifier mon mécontentement est « mille fois plus grave »!!!

Je rêve, c'est le monde à l'envers ! Je ne culpabiliserai pas ! Pas cette fois ! Je ne veux pas rentrer, j'en mourrai de honte. Je demande juste qu'on ne m'insulte pas. Je serai alors de meilleure humeur et tout se passera bien comme les jours précédents.

Je souffre réellement des insultes, j'en pleure quand elles viennent de papa. C'est une période difficile de ma vie, je veux et j'ai grandement besoin de prendre confiance en moi. Je me séparerai de tout ce qui m'en empêche, mais pas de ma famille ni de Papa, c'est pourquoi la seule solution c'est que Papa ne  me rabaisse pas constamment et qu'à l'avenir il ne m'insulte plus jamais !

Je suis dans le hamac et j'écris, il est 21h04 et demain, c'est mon anniversaire.
« Modifié: 07 décembre 2014 à 21:56:16 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

30 décembre 2011 à 09:36:33
Réponse #60

merydine


Ton fils est un poulet de première classe, Guarocaliente !

On a le sentiment que le petit commence à vivre au rythme de cette forêt et s'adapte efficacement même si il va pôas vite.
Ce qui est très différent du tien, plus proche de la marche commando.
Pour moi, cela explique assez bien les tensions.
Les objectifs in fine étaient très différents.
Lui resterait des heures à regarder des macaques dans les arbres, quitte à partir le lendemain,
toi tu surveilles ta distance parcourue, ta direction, le jour qui tombe, l'orage qui menace ...

En tout cas, c'est passionnant à lire.
Encore merci. :)


P.S.: Je confirme pour le 2 de tension des ados.
J'en ai 4 autour de moi : pas d'initiative, vitesse de réaction proche de 0 sauf en cas de danger identifié. Là ils peuvent être surprenants.

30 décembre 2011 à 13:55:27
Réponse #61

guarocaliente


Dimanche 14 août 18h22 1750m.


Ce matin a été pénible. Pas un mot des deux côtés.

Lui ai dit qu'on allait rentrer. A dit qu'il ne voulait pas. Explications orageuses.

On est partis vers le nord. J'ai choisi un terrain plus facile avec l'option vers l'ouest pour rentrer et le nord pour se rapprocher du rio dans une zone que je ne connais pas.

On est partis tard, vers 10h. A 11h30, il s'est mis à pleuvoir.

Saoulé, j'étais debout depuis 5h30. Ai du le réveiller.

Sur la route on s'est équipés des ponchos. La pluie a été un peu moins violente. Ambiance de m*rde.

M'a dit qu'il ne voulait pas rentrer. Lui ai dit que je ne le supportais plus sa passivité et sa bouderie d'ado torturé . Pas le lieu pour.

A continué à faire la gueule. Lui ai fait remarquer que ses engagements à arrêter étaient sans valeur.

Il faisait la gueule parce que je lui ai dit qu'on était sur le chemin du retour.

Lui ai fait remarquer que quelque soit la raison c'est toujours du tirage de tronche, qu'on est pas à Koh-Lanta et que son humeur de m*rde, ses bouderies de gonzesse il fallait vite les oublier et changer de comportement.

On s'est assis sur un banc à 12h12. M'a fait remarquer que dans 11 minutes il aurait 16 ans.

Me suis engagé à arrêter de l'engueuler et de «l'insulter» comme il dit, s'il changeait son comportement.

1) tu te réveilles à mon premier appel. Plus de glandage une heure au chaud.
2) Tu sors ta boussole de ton sac et tu fais la nav avec moi. Tu t'intéresses au fonctionnement du GPS et l'utilisation des cartes et courbes de niveau. Et tu te bouges plus.

Il était d'accord. Bon. Nous avons fait 1k400 today. Beaucoup pour le peu de temps que nous avons marché.

Lui ai demandé de partir beaucoup plus tôt pour profiter du ciel bleu matinal pour marcher au sec.

Comme l'ambiance s'est détendue nettement et que nous avons bien progressé, à 13h30 j'ai commencé à chercher un endroit cool pour nous poser pour pouvoir dîner tôt et lui offrir ses cadeaux et gâteaux.

Le temps de monter la bâche les tarps et les hamacs et le déluge est arrivé.

Ciel très sombre, on ne voyait presque rien. Feu impossible. Mais ambiance sympa.

Lui ai dit que j'avais des cadeaux pour lui mais que ça serait peut-être plus sympa de voir ça demain matin au sec et au soleil sans moustiques.

A été d'accord aussi. On a dîné agressés par les moustiques et avons rejoint les hamacs après les préparatifs quotidiens pour la nuit.

Ah ! Vers 12h40 nous sommes encore tombés sur un petit chemin de forêt. Très ancien celui-ci. Noté sa position. Peut-être utile pour le retour (« CHEM 3 » sur GPS).



Dimanche 14 août


« Réveille-toi ! Vite. »

Il avait déjà rangé son hamac et son sac de couchage.

Pas un mot d'échangé avant une heure de silence pesant.

Il est inutile et douloureux d'écrire les dialogues en détail. Il faut juste savoir que les mots ont dépassé nos pensées.

Il dit que l'on va rentrer, qu'il regrette d'avoir «claqué X000 euros pour ma gueule» ; «confiture à un cochon»... On marche dans une direction.

Il devient gentil, me tend des perches que ma colère me fait refuser. On fait une pause.

Il me fait comprendre que nous n'avons pas pris le chemin du retour, que l'on se dirige vers le nord.

On discute, je ne veux pas rentrer.

Au final, j'accepte de prendre plus d'initiatives et d'aider plus, de ne pas faire la gueule ; et pour sa part, il est d'accord pour ne plus gueuler (d'ailleurs les derniers jours tout se passait bien, il ne gueulait pas).

Il est 12h23 et ça fait 16 ans que je suis né.

On repart sur de bonnes bases. Nous croisons de très beaux arbres.

Il se met à pleuvoir énormément et nous nous abritons sous les ponchos.

Rapidement, nous trouvons un terrain plat, où nous installons la bâche et les hamacs.

Nous mangeons sous la bâche et sous la pluie en se disant que l'on a bien avancé aujourd'hui sur la distance (1,200km!), ce qui est vrai car nous avons marché que sur du terrain plat recouvert de grands, d'immenses arbres, sans trop de végétation au sol.

Le brouillard (les nuages) venait donner à cet univers des airs de Jurassic park.

Donc, le soir, dans les hamacs et comme depuis le début de l'aventure, nous discutons de choses et d'autres, de tout et n'importe quoi, de sujets superficiels ou plus profonds ; de nos «feelings."

Pour la première fois, j'ai et je ressens un besoin très grand de culture, je veux apprendre, apprendre encore et toujours, lire, voir des films, m'instruire.

C'est normal selon Papa. (remarqué ça a chaque fois. Besoin de lire de chanter, de stimulations intellectuelles et culturelles)
OK. Ça me va.
 
Dans les jours à venir, nous ferons un camp plus haut dans la montagne, et nous y resterons pour chasser.

J'ai hâte d'y être, de flinguer et cuisiner un singe, de pouvoir faire un feu pour manger chaud et me rappeler de ce qu'est un vêtement sec...




Lundi 15 août 19h02


Ma blondeur me manque. Un peu. Je m'efforce d'être dans le présent pour garder le moral. Esprit à l'endroit où se trouve le corps.

Ce matin Poulet s'est réveillé sans faire d'histoires. Il a entendu deux grosses bêtes pas loin du campement cette nuit.

Nous avons mis les pâtes à tremper.

J'ai bricolé la caméra pour que la batterie de secours puisse y tenir (pas pris l'adaptateur prévu pour).

Voyant qu'elle était presque déchargée, j'ai commencé par lui montrer les vidéos enregistrées avant le début pour son anniversaire.

Ça lui a fait plaisir de voir d'autres têtes plus agréables que ma tronche barbue.

Le gâteau était toujours sous vide. Un gros morceau de cake aux fruits, très riche, très lourd, très compact sur lequel j'ai planté les deux bougies.



P'lèt a été content.



M'a dit qu'il ne s'attendait pas au gâteau d'anniversaire dans la jungle.

Il a eu du mal à le couper avec mon mora !

Très gras, très sucré, bourratif, idéal ! Vraiment bienvenu.

La barre de chocolat Belge était à la framboise. Il a partagé et on a savouré. M'a montré les dessins de sa sœur mais pas la lettre de sa mère.

Nous sommes reparti vers 10h. Avons bien marché. Tombé sur une grosse rivière. Superbe rive.

Ressemble à certains coin de Brocéliande. Tout recouvert de mousse. Paysages différents.

Avons marché dans un cours d'eau (environ 20 cm de profondeur) qui serpentait entre les palmiers et les fougères géantes.

Il a commencé à pleuvoir vers 12h30, les ponchos gardent un peu notre chaleur.

Nous avons marché sous la pluie en sautant les pauses après une heure. Trop difficile de poser les sacs avec les ponchos.

Et ils seraient encore plus mouillés. Sommes obligés de garder les moustiquaires de boonie sous la capuche du poncho.

Ils nous accompagnent dès que la pluie tombe. Et nous poursuivent jusqu'au moment où, à poil et en tongues, on accroche les fringues et les bottes sous le tarp aux cordes du hamac. La saison des pluies est de plus en plus installée par ici. Fini les jours sans pluie.

J'ai découvert 4 petites ampoules sur le flanc gauche ! Frottement de mon pantalon.

P'lèt a été de bonne humeur today. Il est courageux avec ses sacs.

J'ai bien vu sa baisse de moral quand, à 15h30, nous n'étions pas dans une zone vraiment propice au campement.

Quelques minutes après nous avons installé nos tarps sous la pluie. Trempés.

Nous sommes sur une colline, sous un nuage.

J'ai dit à P'lèt que je me dépêchais d'aller me mettre au sec sans dîner, pas le courage. C'est lui qui m'a remis sur les rails en me disant qu'il m'aiderait à laver ma popote avec de l'eau non traitée de sa nalgène. M'a amusé et fait plaisir...

Je pense qu'il devrait profiter de cette expérience. Je veux dire en tirer profit, évoluer... Bien.

Demain ou après demain je voudrais qu'on s'installe sur un campement durable. Faire du feu et aller chasser. Laver tout l'équipement et pouvoir le faire sécher.

Il a fait beaucoup d'efforts. Je voudrais qu'il voit un autre coté de cette expé avant d'aller se refaire une santé sur une plage.

Cet après-midi vers 17h, nous avons été repérés par une bande de singe. Araignée ou capucin. Ils braillaient comme des mouettes !

J'ai été rassuré de voir qu'ils ne venaient pas dans les arbres au dessus de nos hamacs.

Mangé nos Bolos froides et craquantes dans nos abris de nylon. La pluie tombe toujours et on gueule dans la nuit pour commenter le type d'insecte qui se baladent sur nos moustiquaires.

Fatigués mais au sec et au chaud. J’éteins.



Lundi 15 août


Comme depuis le début, c'est tous les matins le même rituel : Papa me réveille à 6h00, quinze minutes à végéter dans le hamac et c'est parti.

J'enfile mes chaussettes que j'essore au préalable pour en faire sortir 14000 litres de flotte maronnasse, puis c'est au tour du pantalon, qui n'est pas moins humide que le reste.

C'est glacé mais ça réveille, il paraît.

Au moins, ma polaire me permet de conserver le haut du corps sec beaucoup plus longtemps.

Je mange mes carbos au protéines de WHEY (pour la muscu, 20g par sachet) froides.

Ce matin est particulier, je vais avoir mes cadeaux !

Papa me montre des clips de S. et Maman, de S. et R., et de V. sur la caméra.

Tout le monde pense à moi et à nous, et ça fait plaisir.

Puis il me demande quelques minutes de m'absenter, et de revenir : le gâteau d'anniversaire !



Un cake aux fruits confits fait par S., et mis sous vide par V.. C'était bon, sucré et gras. Exactement ce qu'il fallait et en plus je ne m'y attendais pas.

Ensuite, j'ai ouvert le cadeau de Maman et S. : une enveloppe avec de beaux dessins faits par S., en Belgique, des collages de photos de Belgique, et une lettre de Maman.



C'est agréable. S. dessine très bien et j'espère qu'un jour elle me dépassera, puis qu'elle en fasse son métier si ça lui plaît.

Je me rend compte que l'on m'aime et j'aime tout le monde d'autant plus.

Sous la bâche, je dis à Papa les grosses bêtes que j'ai entendues la nuit près du camp.

On remballe tout et on repart aussi sec. Nous cherchons à traverser le «Chino». Nous y arrivons vers 11h30.

C'est un endroit magnifique, un petit torrent de montagne parsemé de piscines naturelles.

Nous le traversons pour faire une pause de 10 mn de l'autre côté, sur un parterre de fleurs et d'arbustes, au travers desquels percent des rayons de soleil.

C'est enchanteur et Papa me fait justement remarquer la ressemblance de l'endroit avec Brocéliande, ses airs magiques et féeriques.

La pluie vient -trop- rapidement modifier l'ambiance du paysage à partir de midi, et ce jusqu'à tard dans la nuit.

Sous les ponchos, nous sommes trempés ; et je glisse plusieurs fois pour me retrouver couché à plat ventre dans la boue, sous des torrents de flotte tropicale et glacée.

Nous nous entraidons avec Papa pour parler et garder le moral.

Nous sommes trempés, épuisés, nous avons mal partout et pourtant, c'est dans ces moments intenses que l'on se sent le plus vivant.

Nous chantons «Born to be alive».  :)

Quand on subit ça et que l'on résiste, on se sent pousser des ailes, on devient invincibles et on a une énergie folle, cette envie de bouffer tout le monde, plus rien ni personne ne peut nous commander ; on est libres !...

Et vivants, comme je ne l'avais jamais été. Je me dépasse. Je veux prendre ma vie en main, vivre des aventures intenses comme celle-là ! A chaque nouveau pas, des centaines de projets fleurissent dans ma tête : je veux vivre !!

Le soir, vers 16h00, nous trouvons un emplacement où nous installons les hamacs.

Au-dessus de nous, vers 17h00, une bande de singes nous a repérés. Ils hurlent à tue-tête.

Ce n'est pas le bruit des singes hurleurs. Ils semblent affolés. Je mange une bolo (froide évidemment).

Depuis le début, nous n'avons mangé chaud que deux fois. Ça ne durera plus longtemps.

Nous avons maigri tous les deux. (Aujourd'hui, on a traversé une zone de marais recouverte de grandes palmes : un décor à mi-chemin entre Tarzan et le livre de la jungle).
« Modifié: 07 décembre 2014 à 22:54:59 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

30 décembre 2011 à 19:13:34
Réponse #62

Shengouille


Quel bonheur de suivre cette aventure, comme la précédente, un énorme merci de partager ça avec nous.

Les deux points de vue donne une dimension toute particulière.

Je me répète, mais merci. Je poste peu ici mais je pense que nous sommes une foule silencieuse à profondément apprécier ce récit, d'autant que c'est un travail de titan de tout partager.

30 décembre 2011 à 19:15:30
Réponse #63

Pit


Shengouille à bien raison, je lis aussi le récit de votre périble, même si je ne dis mot, comme lorsque je lis un bon livre, merci Guarocaliente.

Pit

30 décembre 2011 à 19:50:45
Réponse #64

éclipse


Happy Birthday Poulet !  ;D
… and all that is now, and all that is gone, and all that's to come… and everything under the sun is in tune. But the sun is eclipsed by the moon.

30 décembre 2011 à 20:01:44
Réponse #65

nésurlo


Merci, je me regale à lire votre récit !
il y a ceux qui ne rêvent plus, il y a ceux qui rêvent, et puis il y a ceux qui réalisent leurs rêves.
voyages-originaux.over-blog.com

31 décembre 2011 à 15:31:20
Réponse #66

Draven


J'adore !
C'est vraiment top comme expé, et le récit croisé des deux protagonistes fait vraiment prendre conscience de la necessité de dialoguer lors d'une expé un peu extrème...

Tu en a retirer quelque chose de lire le journal de ton fils après coup ?
Version humaine de l'Ursus arctos middendorffi
FlickR

31 décembre 2011 à 17:45:01
Réponse #67

guarocaliente


J'adore !
C'est vraiment top comme expé, et le récit croisé des deux protagonistes fait vraiment prendre conscience de la necessité de dialoguer lors d'une expé un peu extrème...

Tu en a retirer quelque chose de lire le journal de ton fils après coup ?

Je ne l'ai pas lu après coup.

Régulièrement on se lisait à haute voix de hamac à hamac, la journée passée.

On s'échangeait des détails oubliés.

Me lisait aussi les passages "critiques" sur son ressenti de mon comportement et moi de même.

"Il faut chercher le positif dans chaque expérience, faut pas prendre ça pour une vérité absolue c'est du ressenti sur le moment qui ne reste pas"

J'aime beaucoup le fait que nous avons respecté l'expression des sentiments et ressentis de chacun sans jamais faire de réflexion à l'autre sur la justesse ou non de ce qui aurait pu déplaire d'entendre ou pas.

Jamais de réflexion comme "tu exagères", "ça n'est pas vrai", "tu déformes" etc..

Que ça plaise ou non à nos egos n'était pas le problème.

Il n'y a pas de "vérité" à défendre dans l'expression d'émotions amplifiées par la fatigue, la faim, l'inconfort de l'humidité.

Dans ces conditions, les clashs entre un père qui a peur pour son fils, en raison de ce qu'il juge comme une attitude dangereuse pour lui-même, qui s'exaspère de sa quasi totale dépendance avec de rares initiatives, de son désintérêt à participer à la nav et l'obligation de répéter de nombreuses fois des consignes non respectées, importantes pour sa sécurité, et un ado qui a besoin qu'on lui fasse plus confiance et affirme de plus en plus sa personnalité face à son père au tempérament très dominant et qui s'exprime violemment avec une absence totale de tact et  de préoccupation de l'effet de ses paroles sur le fragile équilibre du psychisme perturbé d'un adolescent en pleine construction de sa personnalité future  ;D , sont plutôt inévitables.

Texte en bleu de Poulet  ;D

Ce que j'en tire ?

Faut que je parte seul ou avec quelqu'un de solide, ayant un bon sens de l'humour et une absence totale de prédisposition à faire la gueule.

Oui, garder la communication est indispensable pour le moral sur le terrain. Et un boudeur rajoute du stress à des conditions difficiles.


Et toi, "Poulet", tu en tire quoi ?"

"Wou-aiiis..." (ton amorphe)   ;D
« Modifié: 31 décembre 2011 à 17:50:05 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

01 janvier 2012 à 18:04:32
Réponse #68

nésurlo


Chapeau pour la qualité d'expression de Poulet tout au long du récit !
Pour le Padré aussi mais à tout juste 16 ans, c'est beau !
il y a ceux qui ne rêvent plus, il y a ceux qui rêvent, et puis il y a ceux qui réalisent leurs rêves.
voyages-originaux.over-blog.com

02 janvier 2012 à 13:52:57
Réponse #69

Jérôme A


Chapeau pour la qualité d'expression de Poulet tout au long du récit !
Pour le Padré aussi mais à tout juste 16 ans, c'est beau !

C'est clair, savoir partager une telle expérience est apparemment  héréditaire ...

 Merci merci merci merci merci merci

Si vous vous sentez impuissant...
Aidez quelqu'un .

02 janvier 2012 à 17:52:24
Réponse #70

StormX


Je n'ai pas encore eu l'occasion de vous remercier pour ce voyage que vous nous faite découvrir. Mais vraiment, j'adore !  :love:

Ce que j'adore d'autant plus, c'est la mise à nue des contacts humains qui peuvent se créer dans de pareilles situations. Merci pour votre franchise.

J'aurais une petite question, il semble que vous aillé embarqué une dynamo pour recharger la caméra. J'étais en train de me demander si j'allais pas en acquérir une. Un ptit retour d'expérience sur cet item en particulier ?
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

02 janvier 2012 à 19:36:00
Réponse #71

guarocaliente


J'aurais une petite question, il semble que vous aillé embarqué une dynamo pour recharger la caméra. J'étais en train de me demander si j'allais pas en acquérir une. Un ptit retour d'expérience sur cet item en particulier ?

J'ai emmené ce modèle. Inadapté.

Erreur. Je n'y connais rien en électricité et j'ai eu 1000 trucs à m'occuper.

J'aurais du me faire conseiller sur la puissance nécessaire pour recharger les batteries.

L'expé s'est décidé très rapidement et je n'ai pas étudié le sujet assez sérieusement.

Je ne voulais pas de panneaux solaires sachant que le soleil est rare sous les arbres. Encore plus en saison des pluies.

Pour faire court, j'avais une caméra de luxe avec une dynamo de m*rde. Un truc cheap, j'ai pas trouvé plus sérieux.

En fait la dynamo produisait assez de courant pour allumer le témoin de charge de la caméra, mais pas assez pour recharger.

Du coup on a fait beaucoup moins de vidéos et de photos que j'aurais voulu.

F'rai pas cette (j'en trouverai d'autres  ;D ) erreur next time.


EDIT : Je fais une seule réponse globale ici à  tous ceux qui ont laissés des messages d'appréciation : Merci  :)
« Modifié: 07 décembre 2014 à 22:58:18 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

02 janvier 2012 à 19:38:45
Réponse #72

StormX


Nickel, merci pour le retour. J'étais tombé sur ce petit modèle sur le net. Apparemment, c'est vraiment un truc d'urgence, genre recharge assez le téléphone pour un coup de fil, mais pas mieux...

Bon, bé je vais continuer à chercher alors.

 :up:
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

02 janvier 2012 à 22:30:13
Réponse #73

wutan


j'ai le même chargeur et c'est clairement de la m....

génial l'histoire, (ça me fait penser que j'aurais aussi une histoire à raconter quand j'aurais finis de passer mes exams)

03 janvier 2012 à 18:54:18
Réponse #74

guarocaliente


Mardi 16 août 18h14 1764 m


Parti ce matin à 8h30, à 6h  il faisait 14°.

Sortir du sac de couchage bien chaud dans l'humidité ambiante, enfiler la polaire bien sèche et le boxer humide.

Récupérer sur les cordes du hamac, les chaussettes trempées. Les essorer pour en faire couler un jus marron clair et les enfiler.

Secouer les jambes du pantalon et regarder dedans en cas d'intrus.

Enfiler le pantalon trempé (qui pèse déjà très lourd sec) en essayant de ne pas toucher tout de suite les jambes du pantalon.

Décrocher les bottes terreuses et trempées du hamac. Regarder dedans après les avoir secoués.

Les enfiler et bien nouer les lacets trempés et poisseux de boue en mettant bien les bas de pantalon dans les bottes.

Mettre les guêtres après avoir vérifié que les grosses araignées marrons ne s'y sont pas abrités pour la nuit (1 fois sur 2 plus bas. Plus rare à 1700m).

Le plus tard possible, juste avant d'enfiler les sacs, quitter la polaire et mettre la veste en coton vert armée trempée.

Boutonner les manches bien serrées et fermer la veste penché en avant en commençant par le bouton du col pour retarder le plus possible le contact contre la peau chaude.

Le bonheur.

Mais bon. Coincé entre les deux sacs, la veste se réchauffe vite.

Je hais la saison des pluies. (Pas eu le choix, Poulet est dispo, because lycéen, seulement dans cette période pourrie).

En sédentaire dans un camp perché dans la montagne, ça passe. Mais en itinérant comme cette fois, c'est pas exactement le club Med.

Mais bon. Ça me décrasse de mon petit confort ronronnant Nantais et ça apprend plein de trucs à P'lèt.

Exceptionnellement nous n'avons pas eu de pluie avant 15h30 hoy.(Today en Espagnol)

Nous avons traversé la deuxième rivière prévue sur la zone choisie. Une sorte de patte d'oie sur la carte, formée par officiellement 2 petits affluents et un rio.

Des pentes douces, altitudes moyennes, plus cool pour marcher que les montagnes russes du début. P'lèt était fatigué ce matin. Pas mangé.

On voulait partir le plus tôt possible pour marcher le plus longtemps possible sans pluie. Je veux maintenant le (nous!) ménager. Prendre du bon temps.

Passer à la phase hommes des bois après le stage commando.

P'lèt a pour projet de rejoindre le 1er ou le 13eme.                                           

Va peut être réfléchir après ce séjour !

N'empêche qu'il a bien encaissé. Même s'il est lent à se bouger et trop passif avec son père, je le trouve courageux de supporter ce poids sur le dos, ces pâtes froides, d'être trempé et de grimper ces montagnes et tous ces efforts et escalades insensés que nous avons subis.

Après avoir traversé le « Rincon » (P'lèt répugne moins à marcher les pieds dans l'eau, je suis moins obligé de gueuler pour qu'il arrête d'éviter de se remplir les bottes en prenant des risques en marchant sur des pierres bien lisses et couvertes de verdure aquatique) nous avons obliqué vers l'ouest.

Comme depuis le début, je marche devant avec la machette et mon bâton et P'lèt suivant avec ma boussole.

En grimpant une colline, je lui ai montré la cime d'un arbre qui bougeait beaucoup. Mais pas les arbres à coté. Quelques branches tombent.

On continue la grimpette. Quelques minutes après, les singes sont au-dessus de nous. Hurleurs roux. Aucun cri, aucun son.

Comme d'hab, le dominant descend au-dessus de nous, à une dizaine de mètres pendant que les autres restent plus haut.

Il secoue les branches, les lianes pour faire tomber des branches mortes sur nous. Il ouvre les hostilités.

Je dis à P'lèt de faire gaffe, de ne pas rester exactement dessous. Je sais d'expérience qu'en plus de faire tomber les branches ils pissent avec une grande précision sur leur cible.

Pendant que je pose mes sacs, P'lèt le voit distinctement (Papillon énorme ! Sur ma moustiquaire. Une sorte de Sphinx bizarre.

Faut que j'essaie de photographier la faune qui me rend visite quand j'écris) arracher des branches et les jeter.

J'ai hésité. Reste un peu de jus dans la batterie de ma caméra pour filmer un peu ou faire quelques photos. Avec le zoom ça aurait été rigolo.

J'ai hésité pas longtemps et c'est mon lance-pierre que je sors de mon sac. Je prends quelques billes d'acier dans une poche, j'assemble une de mes flèches démontables sur laquelle je visse une pointe de chasse avec 3 lames bien tranchantes.

P'lèt l'occupe. Je le trouve trop haut pour risquer une de mes trois flèches. La bille passe à coté. La deuxième aussi. La troisième frappe une branche très proche de lui. Le singe gueule et remonte dans son arbre.

Raté. Avec nos deux lance-pierre, 50 billes chacun et mes trois flèches, on a quelques chances de s'en faire un avant de sortir.

Encore une fois, avec un flingue je ne l'aurait pas raté. Je remballe tout et on repart.

On passe à coté de gros arbres morts (et tombés au sol) sur un plateau qui descend vers le rio assez proche vu le bruit.

Fais la réflexion à P'lèt que ça ferait une belle réserve de bois pour le feu. On descend un peu et j’aperçois la végétation qui devient plus luxuriante en approchant le rio. On pose les sacs. Je demande à P'lèt de m'y attendre. Je sais le risque de s'égarer quand on part seul.

Donc je reste à portée de cris pour qu'il puisse me guider pour le retour. Je prends juste la boussole et la machette.

Je redouble de prudence où je mets les pieds. De temps en temps je gueule « HO ! » et P'lèt répond.

J'anticipe que la pluie peut survenir et son bruit couvrir nos voix. Alors je suis un cap précis à la boussole, je ne part pas trop loin, je chronomètre ma descente et je pose quelques marques sur la végétation.

Arrivé sur un plateau, j'entends le rio en contre-bas sans le voir. L'écho de P'lèt est toujours audible à mes cris.

Le plateau est chouette, domine les alentours du rio, mais je le juge trop humide, trop bruyant, et pas assez d'arbres morts.

Je remonte rapidement vers P'lèt qui a commencé à installer son tarp au-dessus des sacs, au cas où.(très bonne initiative!) 

«On remonte près des arbres morts». 5 minutes après nous sommes sur le plateau, à peu près plat.

Je sélectionne 4 arbres qui me semblent sains pour y installer notre camp définitif. Il est seulement 12h15.

Je dégage à la machette pendant que P'lèt équipé de ses gants arrache tout ce qui peut l'être dans le rectangle désigné.

En provisoire pour ce soir nous installons la bâche et avant qu'il ne pleuve, on va dépouiller de ses branches les plus sèches un des arbres tombés à quelques mètres du campement.

Le bois mort mis à l'abri sous la bâche, je cherche trois arbres alignés de taille moyenne avec houppier peu développé, pas de branches en équilibre et le plus loin possible des grands arbres.

Le risque demeure et c'est ce qui m'inquiète le plus dans ces forêts. Pas grand chose à faire.

En deux semaines, nous croisons des tas d'arbres écroulés. J'en ai entendu seulement deux s'écrouler la nuit, au loin, dans un sacré vacarme.

Sur les millions d'arbres, statistiquement, le risque est faible. Mais bon. Je n'oublie pas.

On ne prend que trois arbres pour avoir la tête proche l'un de l'autre. Il faut juste que l'arbre auquel les deux hamacs sont attachés soit suffisamment gros pour absorber les mouvements de l'un sans les transmettre à l'autre.
 


On prend le temps, sans se presser, de les installer le mieux possible. Le sac de compression de mon sac de couchage est trempé. Pas le sac.

Hamacs réglés et garnis, on se met des pâtes à tremper un peu après que la pluie ne commence à tomber vers 15h30. Exceptionnellement tard.

Cool. Ça nous a laissé assez de temps, sans stress pour s'installer.

Demain on s'installe pour plusieurs jours. On entend le rio au loin, les grillons, les arbres qui s'égouttent et les papillons qui cognent contre le tarp.

Au chaud !



Mardi 16 juillet août : 2 semaines de jungle


Ce matin, nous ne mangeons pas pour gagner du temps. Il faut que nous traversions le rio Rincon, à environ 2 heures de marche d'ici.

Nous y arrivons mais nous ne faisons qu'une seule pose pour arriver avant qu'il pleuve.

Ici, la pluie tombe tous les jours entre 11h et 13h et elle se poursuit jusqu'à tard dans la nuit. (Pour être plus précis, il ne pleut quasiment jamais la nuit. Mais comme les  arbres s'égouttent, ça donne cette impression.)

Nous passons à un moment dans un endroit très étrange, où des arbres géants poussent sur des rochers et se confondent à ces grosses masses rocailleuses.

On se croirait dans King Kong ou dans un univers fantastique sur une autre planète.

Plus tard, après de longs moments à marcher sous le poids écrasant des sacs, nous arrivons à ce qui semble être l'endroit idéal pour s'installer durant 3 ou 4 jours : un plateau assez dégagé pour y mettre la bâche, y faire du feu, y chasser.

A propos de chasse, j'oublie de parler de l'Evènement de la journée : la chasse de singe hurleur au lance-pierre.

Après avoir traversé le Rincon et avant de trouver le camp idéal, nous avons entendu du bruit dans un arbre au dessus de nous.

Nous avons levé les yeux vers le ciel et c'est là qu'on s'est aperçu qu'un singe roux et noir nous jetait des branches depuis les 10 mètres de haut de son perchoir.

Il secouait les lianes pour nous faire tomber des branches sur la tête. Et ça marchait bien.

Face à cette situation, Papa a hésité quelques secondes entre sortir la caméra ou le lance-pierre. Il a finalement prit la deuxième option.

Cinq ou six billes d'acier ont été tirées. Ça n'a pas été suffisant pour le faire descendre.

Dommage, il y aura d'autres occasions...

Donc je disais avant de faire cet aparté, que nous avons établi le camp vers midi, et que la pluie s'est pointée vers 14h30. Une chance.

Demain, on lavera les vêtements dans le rio Verde en bas, à 5 min d'ici, et nous améliorerons le camp.

Là je suis installé dans le hamac et je regarde la jungle plongée dans l'obscurité au travers de ma moustiquaire.

Je pense au gibier des prochains jours tandis que je termine d'écrire pour aujourd'hui.

Il est 20h50 et je m'endors peu à peu. Bonne nuit.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 13:22:14 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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