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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Hier soir, ça aurait pu mal finir...  (Lu 8280 fois)

20 mars 2011 à 13:59:05
Lu 8280 fois

StormX


Salut  :)

Hier soir, la nature ma remis à ma place.
Hier soir, l'effet chimpanzé, j'ai testé.
Hier soir, ça aurait pu très mal finir...sans vos conseils.

 :-\

Pour résumer rapidement, cela faisait longtemps que j'attendais un week de libre pour aller me sortir le pif à la lumière de la pleine lune. Enthousiaste à souhait, je prépare mon matos, et le parcourt (au sens large, pas de chemin vraiment obligatoire).

Ma liste de matos dans ce post, rajoutez y un sac de couchage S0.

Citer
Sur moi j'avais :

- 1 Tshirt synthétique
- 1 chemise épaisse en coton (style bûcheron canadien)
- 1 polaire D4
- 1 veste Hunter Hydratic Fjallraven

- 1 boxer coton
- 1 pantalon Hunter Hydratic Fjallraven

Arrivée prévue sur mon lieu de bivouac (connu, à 1330 m d'altitude, en pleine forêt de sapin pas entretenue) aux environ de 18h.

La météo annonce des températures entre 10 et 5°C durant la journée. Et chuterons autours de 0 la nuit tombée. Pas de pluie de prévue mais un petit brouillard devrait couvrir les crêt (150 m au dessus du bivouac). Néanmoins, cela fait 4 jours qu'il pleut, tout est détrempé.

Le départ se fait a 1000 m. Je m'élance gaîment dans cette univers brumeux et mystérieux qu'est ce coté du Pilat. De veille forêt d'épicéa et de sapin (un sapin "Géant" a été planté sous le règne de Louis XIV se trouve au coeur de la forêt). La visibilité est bonne, aucun souci.
Première étape, il est 16h30, je suis au col de la République, à 1200 m. Je suis dans le brouillard. Visibilité moyenne, 100 m environ.

J'attaque la dernière partie de la journée, je presse le pas. Plus je monte plus le brouillard s'intensifie. J'adore. J'adore le brouillard, je me sens vraiment seul et les forêts deviennent soudain très différentes. La navigation à la carte + boussole devient plus compliquée, mais rien d'impossible, c'est pas ma première expérience.

Il est 18h tout pile, j'arrive sur mon lieu de bivouac comme prévu. Pour l'instant, je suis vraiment content, tout s'est passé comme prévu et de la plus belle manière. Le pied. J'enfile mon mp3 et me prépare à préparer le camp.

Je connais le lieu pour y avoir déjà bivouaqué l'année passée. Je cherche un chirat à flanc de colline m'ouvrant la vue pleine Est. J'aimerait installer le camp en haut pour pouvoir profiter du lever de soleil le lendemain matin au réveil. Je met 10 m a le trouver et à décider de l’emplacement du bivouac.
N'étans plus coupé du vent par les arbres, j'installe la space blanket en leant to (le toit me protégeant du vent, et l'ouverture face à la pente donc  :closedeyes:) et entour le tout de branches de sapin pour me créer un cocon coupé du vent. Il fait déja plus chaud sous l'abri. Il ne pleut pas, mais régulièrement je me prend de la flotte des branches des arbres qui s'envolent à la moindre bourasque.
Il est 18h30, le camp est installé, les affaires sont au sec. Je vais préparer le bois pour le feux. Je trouve un sapin mort sur pied, facile a débiter et rempli de bois gras. Je passe 30 min a me construire ma réserve pour la nuit.

19h et des bananes, je suis fatigué de la journée, du débitage, je commence à avoir froid et être bien trempé, je commence à perdre ma dextérité fine, il fait nuit et le brouillard c'est intensifié sans vraiment que je m'en rende compte. La visibilité ne devait pas atteindre les 5 à 10 m. La frontale n'arrange rien, cela m'éblouie plus qu'autre chose. La pleine lune, cachée par les nuages ne me sert à rien non plus. Sans lumière, c'est une nuit noire. J'essaye de joindre ma mère qui est mon ICE, histoire de la mettre au courant de la situation. Pas de réseau...bon j'irais trouver un lieu avec du réseau après le feu parti...

Vous le sentez qui arrive, hein ? La c*u!lle...  ;#

Je suis fin prêt à faire partir le feu. J'en ai vraiment besoin, mon corps le réclame, mes doigts aussi. Et zou...la liste des erreurs du à la précipitation commencent.

Je creuse un trou histoire d'essayer de protéger le feu du vent, puis a la place de créer un tapi sec en bâtonnant une branche en deux, je met toutes mes ptites branches directement dans le trou. J'allume un bout de chambre à air...elle brule...complètement...pas les branches. Je recommence avec une deuxième. Même résultat. Je décide d'utiliser mon oeuf de manise... il brule...pendant peut être 4 ou 5 minutes...les branches font de la braise mais aucune flamme. Rien ne prend. Je décide de prendre toute mes chambre à air (6 morceaux) et de tout faire cramer...chiotte mon briquet marche plus ! Il a du prendre l'eau.

Je commence vraiment à flipper. L'humidité dans mes vêtement, le vent, le froid, n'arrange rien. Début d'hypothermie peut être. L'effet chimpansé est en route sinon bien installé.

J'ouvre mon kit étanche contenant une bougie et un mini bic...put**n c'est quoi cette m*rde...il est vide !!!  >:(

Ok, la ça y est...je flipe vraiment.
Alors qu'enfaite...il y avait rien d'alarmant. J'aurais trés bien pu passer une nuit sans feu. Mais ça je m'en suis rendu compte qu'une fois en sécurité...  ::)

Citer
Il me restait dans mon sac :

- 1 collant woolpower 200 gr en laine
- 1 sous vêtement woolpower 200 gr en laine
- 1 paire de chaussette en laine épaisse
- 1 paire de mitaine en laine
- 1 bonnet en laine
- 1 sac de couchage S0 (confort 0°C)

Oui mais voila...allez savoir pourquoi mais j'avais l’impression que j'allais y rester si je restais sur ce crêt, et j'ai l'habitude de dire qu'il faut toujours écouter sa première impression. La décision est tout de même longue à prendre. Tout est flou et en même temps tout se passe trés vite. Cela fait mal à mon ego de se dire qu'Elle est plus forte et le restera. Mais je fini par l'accepter.

Il est 19h40 et des patates et j'enfile mon sous vêtement woolpower 200 gr par dessus le polaire. Met mon sac à dos sur le dos. Je viens de passer 10 min a plier le site de bivouac. Je retourne dans mon lit !  :closedeyes:

Au début je cherche à retrouver le chemin qui m'a amené ici. Je n'utilise pas ma boussole "je connais ce lieu, je suis venu de là, si je vais tout droit par là, je retrouverais le chemin". Je marche 25 min, surement à tourner en rond comme un con. Cela m'aura au moins réchauffé. Je commence à retrouver mes esprits et reprendre confiance en moi.

C'est à ce moment là que j'ai la brillante idée de sortir ma carte (dans ma poche cargo de mon pantalon) et ma boussole (accroché à ma ceinture)  ::). Je dois me faire violence pour accepter que je suis pommé. Je dois encore plus me faire violence pour croire ma boussole lorsqu'elle m'indique que le nord c'est derrière moi, alors que j'étais persuadé que c'était droit devant...tain'...il s'accroche le primate !  >:(

J'arrive enfin à agir plus comme un con, je trace tout droit, plein nord, à travers la forêt. Je sais que quelques centaines de mètre en bas je croiserait obligatoirement une piste forestière.
On peut remettre en question cette décision, avec une faible visibilité, la nuit, dans une forêt pas entretenue et donc jonchée de plein de branches bien glissantes à cause de l'humidité, c'est vrai que c'est pas optimale comme situation. Néanmoins, j'ai jugé que ça passerait.
Et c'est passé, aprés la piste forestière, j'ai continué à descendre tout droit, connaissant maintenant ma position exacte (150, 200m près). La prochaine étape : tomber sur une départementale, puis un hameau, en espérant y trouver de la vie pour passer un coup de fil car le portable passe toujours pas.

Quelques pas plus tard, j'y suis. Je vois une maison seulement (sur les 4) avec de la lumière. Il est 21h30. Je toc, le papi paysan à la retraite m'ouvre la porte, pas vraiment surpris. Un coup de fil plus tard ma secouriste professionnel arrivera dans 30 min.
On tape la discute, ses voisins, venu de la ville ne m'aurait jamais ouvert...  :(. Il me raconte que ça lui arrive régulièrement de récupérer des touristes pommés comme moi. Qu'il était bûcheron, que de son temps, (1960) quand il allait tirer les bois avec les boeufs, et qu'il dormait sur place... avec eux... au final, on fait nos malins avec notre matos, mais face à ces anciens, on a encore plein de choses à apprendre.

A 22h30, j'arrivais chez moi.  :)
Cette soirée ne se sera pas terminée comme prévue, mais elle aura été bien plus riche en apprentissage ! Pour moi, ce qui ma sauvé, c'est vous, et ce forum. Une discussion avec Diesel également, qui me méttais en garde face au danger de l'hypothermie. Ces précédentes prise de consciences m'ont peut être fait un peu psycothé, mais au final, je suis en vie et c'est le principal ! J'aurais d'autre occasion de dormir dehors  :)

Ce que je retiens :

- avoir installé son camp avant la nuit, c'est mieux
- campé là où le téléphone passe, c'est mieux
- avoir 2 voir 3 oeuf de manise est indispensable
- un back up de chaleur immédiate est indispensable (pastille alcool, réchaud etc)
- avoir 2 ou 3 bic qui fonctionnes ( ::)) est indispensable
- la chambre à air c'est chiant à faire partir, même avec un bic quand y a du vent. Et cela ne brule pas assez longtemps pour faire sécher et faire bruler du bois détrempé.
- un back up en vêtement chaud est indispensable
- chercher à trouver des repère dans un brouillard aussi épais, de nuit, c'est impossible et c'est très bête.
- quand on est un singe, on est sacrément con...et on s'en rend même pas compte !


Je sais pas si cette expérience en intéressera certains. En tous cas pour moi, la partager et la retranscrire par écrit ma permit d'y réfléchir en détails et de comprendre mes erreurs.

Merci d'avoir lu jusqu'au bout  :)

Bonnes balades !
« Modifié: 23 mars 2011 à 21:35:35 par StormX »
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

20 mars 2011 à 14:32:59
Réponse #1

Elektro


Salut Stormx,


    Je ne suis pas un habitué de ce genre de "trip" mais ce qui m'interpelle est que tu arrives sur ton camp à 18h.
Si je devais partir comme toi la 1ere chose qui me viendrait à l'esprit serait d'arriver bien avant pour avoir le temps de  m'installer tranquillement non?

Merci pour ton récit  :)

20 mars 2011 à 15:26:35
Réponse #2

Woodrunner


Les feux qui ne parte pas, cela arrive à tous le monde,... lors de notre premier bivi en commun avec Artic, on a passé bien 45 min pour allumer le feu,... les deux grands James qu'on était on du reconnaître que parfois il faut être humble! On en parle encore à chaque bivouac!
 :lol:
Souvent l'erreur qu' on fait quand cela tard à prendre c'est de percévérer encore et encore en ajoutant des matériaux.
Dans ces cas je me force à tout arrêter, je vide mon creux du feu et je recommence avec du neuf, en prenant le temps de bien faire les choses.
J'ai l'impression de conjurer le sort en faisant ça ou du moins je m'assure d'enlever l'élément qui empêche le feu de prendre...
Every citizen should be a soldier. This was the case with the Greeks and Romans, and must be that of every free state.
Thomas Jefferson
3rd president of US (1743 - 1826)

WOLWERINES!!!!!!!


"Une pomme par jour éloigne le médecin… pourvu que l'on vise bien."    

Winston Churchill

20 mars 2011 à 15:51:44
Réponse #3

Kilbith


Salut,

Quelques remarques, sans connaitre exactement la situation.

Citer
- 1 Tshirt synthétique
- 1 chemise épaisse en coton (style bûcheron canadien)
- 1 polaire D4
- 1 veste Hunter Hydratic Fjallraven

1.Sous une veste imper respi, la grosse chemise en coton (j'adore les miennes en coton biologique) cela se transforme en gros piège à humidité, qui transforme ipso facto la veste imper/respi en veste seulement imperméable.

2. La veste Hunter hydratic est une veste robuste, imper/respi et relativement silencieuse.
MAIS, si je ne me trompe pas (???????) par construction la membrane est séparée du tissu extérieur, lui même assez épais (les vestes en Goretex light étaient construites de la sorte). Ce type de veste à le défaut de voir le tissu extérieur s'imbiber de flotte en l'absence de déperlant et/où quand celui-ci est pollué par la fumée d'un feu par exemple. Et là, cela devient froid et ne respire quasiment plus. Il faut donc éviter au maximum de laisser le tissu extérieur s'imprégner d'eau, j'utilise une petite pèlerine dans de but (un poncho léger ou un parapluie fonctionnent bien selon les circonstances).

Citer
Il est 19h40 et des patates et j'enfile mon sous vêtement woolpower 200 gr par dessus le polaire
Si la chemise coton est encore dessous....elle continue à faire serpillère. Heureusement que la laine absorbe durablement un peu de l'eau présente. Sinon ta chaleur va continuer à faire évaporer l'eau de la chemise en coton, qui va condenser sur la membrane, puis sera captée par le coton qui étant humide n'isole plus du tout....très bon système de frigo improvisé. ;)

Le bon geste c'est de retirer la chemise en coton et de la remplacer par la woolpower 200 sous ta polaire.

Sinon, les conditions de froid humide en montagne, généralement quand on est dans un nuage de brume proche de 0°C...sont particulièrement "refroidissantes". On ne se méfie pas car on se dit "il ne pleut pas". De plus ces conditions de bivouac en présence "d'humidité saturantes" sont précisément celles qui rendent les membranes imper/respi quasi inopérantes.

 :)

[EDIT] : je n'avais pas formellement remercié, mais puisque nous nous connaissons, cela m'avait parut "superflu", tellement les remerciements allaient de soi. ;)
« Modifié: 21 mars 2011 à 09:45:07 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

20 mars 2011 à 16:14:58
Réponse #4

ouroumov


Citer
Ma liste de matos dans ce post, rajoutez y un sac de couchage S0.

Je trouve que ça fait léger quand même comme matos pour passer une nuit dehors sachant les conditions exécrables que tu allais rencontrer.
Si je décide de partir en montagne et que j'ai le temps de préparer mon matériel, je ne me vois pas prendre mon "fond de sac", mais bien mon "sac". ( i.e. Mon fond de sac plus mon réchaud à gaz, la flotte, le sac de couchage, le tarp, etc. )
A moins qu'évidemment, tu sois parti avec l'idée de tester ledit fond de sac en situation dégradée.
« Modifié: 20 mars 2011 à 16:22:59 par ouroumov »

20 mars 2011 à 19:49:04
Réponse #5

Bison


Un feu qui ne prend pas, c'est une bonne expérience.

Pour l'exploiter à fond, tu devrais recommencer le plus tôt possible en faisant ce qu'il faut pour qu'il prenne, sans exagérer sur la quantité d'allume feu.

Merci pour ce retour  8)
 
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

20 mars 2011 à 20:06:59
Réponse #6

Karto


Salut StormX :)

C'est sympa de raconter une histoire honteuse dans tous ses détails idiots. Je me sens moins seul à ce rayon là  ;D (j'attends toujours les récits sordides promis par Criss Kenton, mais il ne semble espérer qu'on oublie 8) )

Je te dis simplement les trucs qui me heurtent moi quand je te lis, parce que ce ne sont pas forcément les mêmes que ceux que tu retiens. Tu insistes beaucoup sur le matos, mais il me semble à moi que tu avais tout pour être bien. Aussi j'ai besoin de quelques réponses pour satisfaire ma curiosité :)


Juste pour commencer :

-- comme Didier, le coup de faire l'ascension d'une pente en portant des vêtements qui font suer (trucs Hydratic), le tout par dessus une chemise en coton, puis d'aller se poser dans un endroit froid, humide et venteux sans enlever la chemise, je trouve ça carrément dérangeant. ( même si j'ai fait pareil une fois ). Tant que tu peux, évite le coton près du corps dans ces conditions froides et humides, simplement. Mais pourquoi porter la veste en Hydratic à l'effort, quand tu sais que tu vas suer ?

-- Ensuite tu dis que tu étais bien trempé après avoir débité l'arbre mort. Je comprends pas bien pourquoi. C'était juste l'eau qui tombait des branches ? Et dans ce cas, ta veste imperméable n'a pas fait son effet ?

-- Et c'était quoi le problème avec les branchettes ? Elles étaient mouillées ? Elles avaient beaucoup d'écorce ? Elles étaient trop grosses ?

-- Pour la frontale qui éblouit dans le brouillard, le plus simple c'est simplement de la tenir à la main, ou de la poser quelque part. T'as pas essayé ?


J'ai encore plein d'autres questions, mais là ça permet déjà de commencer ;)


Citer
Alors qu'enfaite...il y avait rien d'alarmant. J'aurais trés bien pu passer une nuit sans feu. Mais ça je m'en suis rendu compte qu'une fois en sécurité... 
La prochaine fois tu t'en souviendras ;)

20 mars 2011 à 20:29:17
Réponse #7

Bobzdar


Je rentre des Vosges et jeudi soir on (avec Roko) s'est fait surprendre par le brouillard sur le mont Hohneck.
C'était une sacrée épreuve pour nous aussi!
Chapeau à toi, tu as quand même su faire la part des choses dans tout ça! :up:

Je décrirai mon expérience de façon plus approfondie dans le sujet "Da Bobzdar and Roko'z trip"!
"Nul n'est plus désespérément esclave que ceux faussement convaincus d'être libres" (Goethe)

20 mars 2011 à 21:59:47
Réponse #8

StormX


    Je ne suis pas un habitué de ce genre de "trip" mais ce qui m'interpelle est que tu arrives sur ton camp à 18h.
Si je devais partir comme toi la 1ere chose qui me viendrait à l'esprit serait d'arriver bien avant pour avoir le temps de  m'installer tranquillement non?

Je suis entièrement d'accord avec toi. Je me laisse d'habitude toujours 1h30 / 2h pour installer le camp avant le coucher du soleil. Mais j'étais parti un peu tard, je voulais absolument aller camper "là"...une des premières erreurs qui m'ont amené à cette situation merdique.

2. La veste Hunter hydratic est une veste robuste, imper/respi et relativement silencieuse.
MAIS, si je ne me trompe pas (???????) par construction la membrane est séparée du tissu extérieur, lui même assez épais (les vestes en Goretex light étaient construites de la sorte). Ce type de veste à le défaut de voir le tissu extérieur s'imbiber de flotte en l'absence de déperlant et/où quand celui-ci est pollué par la fumée d'un feu par exemple. Et là, cela devient froid et ne respire quasiment plus. Il faut donc éviter au maximum de laisser le tissu extérieur s'imprégner d'eau, j'utilise une petite pèlerine dans de but (un poncho léger ou un parapluie fonctionnent bien selon les circonstances).
Si la chemise coton est encore dessous....elle continue à faire serpillère. Heureusement que la laine absorbe durablement un peu de l'eau présente. Sinon ta chaleur va continuer à faire évaporer l'eau de la chemise en coton, qui va condenser sur la membrane, puis sera captée par le coton qui étant humide n'isole plus du tout....très bon système de frigo improvisé. ;)

Et zou, tu pointe du doigt une autre erreur, surement la plus importante je pense car c'est elle qui m'a amener à me sentir "en danger" à cause du froid et de l'humidité.

J'adore moi aussi ces chemises, j'ai pris l'habitude de les porter ces derniers temps. Mais toujours par temps sec. Vu que la pluie n'était pas prévue pour ce week end, je n'avais pas pris en compte le taux d'humidité ambiant trés important et que toute la végétation serait détrempée.
La hunter hydratic (le pantalon aussi) a en effet une membrane séparée. Quand je dis que je suis trempée, il faut comprendre que le tissu est saturé de flotte. Je ressentais le froid à travers la membrane mais n'étais pas mouillé à l'intérieur. Mais ça, je ne m'en suis rendu compte que chez moi, lorsque je me suis changé. Je me suis persuadé que j'étais trempé. Et j'ai commencé à flipper. Le refroidissement éolien a jouer également un grand rôle. Car une fois redescendu, même si je marchais et donc me réchauffais, je n'avais vraiment plus du tout froid et n'avais pas l’impression d'être "détrempé".

J'y pense, j'ai oublié de le préciser, mais j'avais un poncho D4 en rab dans le sac. Il attendait que d'être utilisé lui aussi...  :glare: En faite, plus j'y réfléchit plus j'halucine sur mes décisions prisent là haut. Je savais pertinamment que cette chemise n'était vraiment pas adaptée et aggravait ma situation, je savais que le woolpower devait la remplacer sous le polaire. Mais à ce moment là, j'étais dans le "pic de flippe", je ne pensais qu'à me réchauffer (et donc à bouger, car pas de feu) et enlever mon polaire était pour moi "impossible"...alors que j'avais fait le plus gros du travail en enlevant la veste...  ::)

Sinon, les conditions de froid humide en montagne, généralement quand on est dans un nuage de brume proche de 0°C...sont particulièrement "refroidissantes". On ne se méfie pas car on se dit "il ne pleut pas". De plus ces conditions de bivouac en présence "d'humidité saturantes" sont précisément celles qui rendent les membranes imper/respi quasi inopérantes.

Est ce que la brume mouille à terme ? Ça peut être con comme question, mais je suis encore étonné d'avoir retrouvé ma veste trempée alors que je me prenait que des goûtes tombées d'arbres. J'arrive plus à me rappeler si il y en avait suffisamment pour tout tremper à ce point...

Peux tu nous expliquer pourquoi les membranes imper/respi deviennent "quasi inopérantes" dans ces situations ?

Je trouve que ça fait léger quand même comme matos pour passer une nuit dehors sachant les conditions exécrables que tu allais rencontrer.
Si je décide de partir en montagne et que j'ai le temps de préparer mon matériel, je ne me vois pas prendre mon "fond de sac", mais bien mon "sac". ( i.e. Mon fond de sac plus mon réchaud à gaz, la flotte, le sac de couchage, le tarp, etc. )
A moins qu'évidemment, tu sois parti avec l'idée de tester ledit fond de sac en situation dégradée.

C'était justement pour tester dans un environnement plus engagé mais surtout humide que je ne n'avais pris que mon fond de sac. Néanmoins, j'avais en back up le sac de couchage. J'aurais du prendre le réchaud (je l'avais mis au début...  ::)).
Mais ce n'est pas au niveau du matos que cela s'est joué...tout s'est passé dans la tête. J'ai appelé ça l'effet chimpanzé parce que cela m'y fait penser, mais on peut aussi l'assimiler à une petite crise d'angoisse. :closedeyes:


Les feux qui ne parte pas, cela arrive à tous le monde,... lors de notre premier bivi en commun avec Artic, on a passé bien 45 min pour allumer le feu,... les deux grands James qu'on était on du reconnaître que parfois il faut être humble! On en parle encore à chaque bivouac!
 :lol:
Souvent l'erreur qu' on fait quand cela tard à prendre c'est de percévérer encore et encore en ajoutant des matériaux.
Dans ces cas je me force à tout arrêter, je vide mon creux du feu et je recommence avec du neuf, en prenant le temps de bien faire les choses.
J'ai l'impression de conjurer le sort en faisant ça ou du moins je m'assure d'enlever l'élément qui empêche le feu de prendre...
Un feu qui ne prend pas, c'est une bonne expérience.

Pour l'exploiter à fond, tu devrais recommencer le plus tôt possible en faisant ce qu'il faut pour qu'il prenne, sans exagérer sur la quantité d'allume feu.

Merci pour ce retour  8)

Ne pas réussir à faire partir un feu, quand t'es pas dans une situation où tu n'en a pas vraiment besoin, déja, cela a le dont de me foutre le moral à 0. Le feu en bivouac, quand tu es seul, cela représente bien plus que de la chaleur ou de la lumière : c'est une entité avec qui tu partage, tu entretiens quelque chose. Dans ma situation d'hier soir, j'ai vécu ça comme un abandon, comme si mon ami me laissait tomber face à la nature. C'est ça qui a fini de briser ma confiance en moi ce soir là. C'est la première fois que je me retrouve dans cette situation, cela sera surement pas la dernière. Néanmoins, l'expérience acquise me permettra de garder certains réflexes la prochaine fois et j'y arriverais à dormir dans le froid, l'humidité et le vent !!!  ;D

C'est sympa de raconter une histoire honteuse dans tous ses détails idiots. Je me sens moins seul à ce rayon là  ;D (j'attends toujours les récits sordides promis par Criss Kenton, mais il ne semble espérer qu'on oublie 8) )

J'ai appris beaucoup de choses en lisant tes récits. On apprend toujours plus de nos erreurs et de celles des autres. C'est en pensant à tes écris que j'ai eu la volonté de vous décrire mes idioties en chaîne.   :)


-- comme Didier, le coup de faire l'ascension d'une pente en portant des vêtements qui font suer (trucs Hydratic), le tout par dessus une chemise en coton, puis d'aller se poser dans un endroit froid, humide et venteux sans enlever la chemise, je trouve ça carrément dérangeant. ( même si j'ai fait pareil une fois ). Tant que tu peux, évite le coton près du corps dans ces conditions froides et humides, simplement. Mais pourquoi porter la veste en Hydratic à l'effort, quand tu sais que tu vas suer ?

Je supportais trés bien la veste, rien que pour ses propriétés coupe vent. Je ne m'en serait pas passé. Cependant, comme je le disais précédemment, j'aurais du virer cette chemise bien plus tôt et la remplacer par le woolpower.

-- Et c'était quoi le problème avec les branchettes ? Elles étaient mouillées ? Elles avaient beaucoup d'écorce ? Elles étaient trop grosses ?

Pour faire démarrer un feu, j'ai l'habitude de prendre des petites branchettes au sol. Avec l'humidité, j'ai récupérer des petites branches mortes encore sur les troncs des sapins environnant. Mais même elles étaient détrempées. Exposées aux flammes de mes allumes feu, elles se sont consumées sans flammes, bien qu'elles soient vraiment petites...

-- Pour la frontale qui éblouit dans le brouillard, le plus simple c'est simplement de la tenir à la main, ou de la poser quelque part. T'as pas essayé ?

J'avais besoin de mes deux mains...  :-\

La prochaine fois tu t'en souviendras ;)

Oui ! Et c'est ça qui me donne le sourire. J'ai vraiment beaucoup appris ce soir là, surtout sur moi même et mes capacités (et limites  :closedeyes:)
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

20 mars 2011 à 22:16:01
Réponse #9

VieuxMora


Belle expérience, merci de nous l'avoir fait partager.
Seul, Nuit, Froid, Brouillard... tout prend une autre dimension; parfois une intimité extraordinaire, parfois une hostilité fantasmagorique...

20 mars 2011 à 23:04:50
Réponse #10

Kilbith


Est ce que la brume mouille à terme ? Ça peut être con comme question, mais je suis encore étonné d'avoir retrouvé ma veste trempée alors que je me prenait que des goûtes tombées d'arbres.

Oui la brume saturante "mouille". L'humidité est à 100%. On a littéralement l'impression qu'elle se condense sur soi (selon les conditions de température j'imagine).

D'ailleurs ce phénomène est assez courant en été en altitude quand on atteint la strate des nuages. C'est toujours étonnant de constater le refroidissement rapide que l'on peut subir.


Citer
Peux tu nous expliquer pourquoi les membranes imper/respi deviennent "quasi inopérantes" dans ces situations ?
Une membrane pour fonctionner doit disposer d'une différence de température et/ou d'humidité pour fonctionner. Une fois que l'humidité est supérieure à l'extérieur par rapport à l'intérieur cela ne fonctionne pratiquement plus. C'est encore plus vrai quand tu es au repos et que la température de la face interne de la membrane est basse, proche de l'extérieur. Si en plus tu portes du coton hydrophile, c'est plus simpel pour l'eau de stagner dans le coton que de traverser une membrane.

A ce stade on a parfois l'impression d'avoir une sorte de "gélatine" humide et froide sur soit...l'humidité restant bloquée sur la face interne de la membrane.

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

21 mars 2011 à 09:38:37
Réponse #11

DavidManise


Salut :)

Excellent récit, riche d'enseignements ;)

Déjà, la jolie vue c'est bien, mais le microclimat qui va bien, c'est mieux ;)

Ensuite, le sac de couchage c'est toujours plus facile à mettre en oeuvre que le feu, surtout quand tout est détrempé. 

Finalement, le feu c'est un truc qu'on n'a jamais fini de bosser.  Pratiquer, pratiquer, pratiquer.  Ca m'arrive encore régulièrement de me planter à l'allumage du feu, surtout dans des conditions froides où tout est réellement humide jusqu'au coeur.  C'est pas facile.  On y arrive, mais c'est pas facile.

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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21 mars 2011 à 10:22:20
Réponse #12

Diesel


Bon, tout le monde semble s'activer sur ce qui lui tiens le plus à coeur.

Pourquoi avoir voulu t'obstiner à  faire un feu alors que le temps était merdique ?
Tu avais un sac de couchage, il était déjà tard, tu aurais pu te glisser dedans et attendre l'aube. Tu as déjà essayé de faire des feux d'autres fois dans des conditions identiques ?.

Je cite  :)

- avoir installé son camp avant la nuit, c'est mieux : dans la mesure du possible oui

- campé là où le téléphone passe, c'est mieux :  en cas d'urgence oui

- avoir 2 voir 3 oeuf de manise est indispensable:     Pour allumer un feu dans des conditions humides, c'est une question de chaleur. Plus le bois est humide, plus la quantité de chaleur sera importante pour enflammer le bois et maintenir la combustion.

- un back up de chaleur immédiate est indispensable (pastille alcool, réchaud etc) : Effectivement, je suis surpris que tu n'aies pas un réchaud ( à alcool gélifié par ex, c'est mon préféré en back-up, facile à allumer et compact) avec toi. On ne peut pas tout le temps compter sur un feu.

- avoir 2 ou 3 bic qui fonctionnes ( ::)) est indispensable : Parfois, le bic ne suffit pas, c'est bien d'avoir un autre moyen d'avoir une flamme (quelques allumettes de survie par ex. Elles résistent bien quelques secondes). J'ai généralement 2 bic : un dans ma poche et un autre dans ma trousse dez 1er soin.  Celui là, je suis sûr de l'avoir tout le temps avec moi. Je me suis déjà fait avoir à oublier un briquet, depuis, j'en laisse traîner quelques bic mini ici et là (trousse de soins, et avec le réchaud en plus du reste)

- la chambre à air c'est chiant à faire partir, même avec un bic quand y a du vent. Et cela ne brule pas assez longtemps pour faire sécher et faire bruler du bois détrempé. Question de quantité, comme chaque allume feu, il a aussi ses limites. Par temps humide, il faut beaucoup de chaleur sur de la durée (et avoir un foyer déjà bien protégé du vent). Sur du résineux humide, il faut une sacrée quantité de branche les plus fines. Ce sont celleq qui sont le plus à même de finir par prendre au début mais il y a un bon paquet d'humidité à dissiper avant (sans oublier qu'elles risquent de prendre la pluie etc .....)
J'ai eu le même problème que toi ce week-end (à un degré moindre, il n'y avait pas de brouillard) et je n'ai voulu utiliser que de la ficelle sisal (je n'ai pas voulu sacrifier mon gros bloc d'Esbit en backup). Je n'ai pas hésité à utiliser d'un coup toute la longueur que j'avais pour lancer le feu.


- un back up en vêtement chaud est indispensable : Oui, et tu avais un sac de couchage aussi ne l'oublie pas

- chercher à trouver des repère dans un brouillard aussi épais, de nuit, c'est impossible et c'est très bête.  Oui je confirme  ;D

- quand on est un singe, on est sacrément con...et on s'en rend même pas compte ! Ben non sinon ce ne serait pas drôle


Je sais pas si cette expérience en intéressera certains. En tous cas pour moi, la partager et la retranscrire par écrit ma permit d'y réfléchir en détails et de comprendre mes erreurs.
Je dirai que c'est même plus enrichissant que de ne parler que des fois ou ça se passe bien.

Tu me parais en plein phase de test StormX, fait attention de ne pas oublier ce que tu sais déjà pour favoriser les méthodes dites de "survie".
Tu risques de faire des erreurs de débutants que tu n'aurais jamais fait si tu étais dans la peau d'un randonneur.
Il ne s'agit pas d'oublier ce que tu sais déjà mais d'ajouter certains réflexes à ceux déjà acquis.  :)

Là tu choisis la méthode la plus radicale pour apprendre.  ;D

22 mars 2011 à 09:25:29
Réponse #13

StormX


[...] parfois une intimité extraordinaire, parfois une hostilité fantasmagorique...

J'ai ressentie exactement ça. Au début, j'adorais ce sentiment de solitude, je me sentais comme protégé par cette nature environnante, entouré de sa brume réconfortante...et puis, lorsque les choses ont commencé à mal tourner, ce que je trouvais beau et rassurant et soudainement devenu hostile.  :closedeyes:


Oui la brume saturante "mouille". L'humidité est à 100%. On a littéralement l'impression qu'elle se condense sur soi (selon les conditions de température j'imagine).

Ce qui explique que ma veste était entièrement trempée, même à l'intérieur de mes poches !  :up:

Une membrane pour fonctionner doit disposer d'une différence de température et/ou d'humidité pour fonctionner. Une fois que l'humidité est supérieure à l'extérieur par rapport à l'intérieur cela ne fonctionne pratiquement plus. C'est encore plus vrai quand tu es au repos et que la température de la face interne de la membrane est basse, proche de l'extérieur. Si en plus tu portes du coton hydrophile, c'est plus simpel pour l'eau de stagner dans le coton que de traverser une membrane.

A ce stade on a parfois l'impression d'avoir une sorte de "gélatine" humide et froide sur soit...l'humidité restant bloquée sur la face interne de la membrane.

Je ressentais le froid à travers le veste. Mais ce n'était pas du au contact de la membrane, enfin j'ai pas eu cette impression. C'était juste comme si j'étais "humide" de partout sans que le contact avec la membrane ne soit gênant.
Tu crois que cela peut venir de la construction de la veste ? Que va apporter une membrane séparée du tissu principal ?

Déjà, la jolie vue c'est bien, mais le microclimat qui va bien, c'est mieux ;)

Ensuite, le sac de couchage c'est toujours plus facile à mettre en oeuvre que le feu, surtout quand tout est détrempé. 

Finalement, le feu c'est un truc qu'on n'a jamais fini de bosser.  Pratiquer, pratiquer, pratiquer.  Ca m'arrive encore régulièrement de me planter à l'allumage du feu, surtout dans des conditions froides où tout est réellement humide jusqu'au coeur.  C'est pas facile.  On y arrive, mais c'est pas facile.

Pourquoi avoir voulu t'obstiner à  faire un feu alors que le temps était merdique ?
Tu avais un sac de couchage, il était déjà tard, tu aurais pu te glisser dedans et attendre l'aube. Tu as déjà essayé de faire des feux d'autres fois dans des conditions identiques ?.

- un back up en vêtement chaud est indispensable : Oui, et tu avais un sac de couchage aussi ne l'oublie pas

- chercher à trouver des repère dans un brouillard aussi épais, de nuit, c'est impossible et c'est très bête.  Oui je confirme  ;D

- quand on est un singe, on est sacrément con...et on s'en rend même pas compte ! Ben non sinon ce ne serait pas drôle

Le pire, c'est que je suis conscient de tout ça. J'ai déja dormis en plein brouillard, fait partir des feux quand c'était bien humide, passé une nuit sans feu. En théorie, je n'aurais jamais agi de la sorte. Assis derrière cet écran, j’hallucine encore de mes réactions. Je n'arrive pas à comprendre comment j'en suis arrivé à prendre ce genre de décisions, à avoir l'impréssion que j'allais "y passer" si je restais sur ce crêt. Je ne me l'explique pas. Plus j'y réfléchit, plus je me rend compte que durant, 30 minutes, l'inconscient et mes réflexes ont pris le contrôle de toutes mes actions.
Cette situation serait une bactérie, on pourrait dire que je lui avait préparé un joli milieu de culture : pleins de petites erreurs, insignifiantes prisent séparément, qui amènent finalement le bonhomme a avoir besoin d'une source de chaleur immédiate. J'avais besoin de ce feu, mon corps le réclammait et quand il n'est finalement pas arrivé, mon corps a cherché une autre source de chaleur immédiate. Et la seul option qu'il restait était de bouger.
C'est d'ailleurs flagrant, une fois réchauffé (en 15 min environ), plusieurs fois, je me suis demandé si je n'allais pas reposer le campement. Mais au final, retrouver son chemin de nuit, était une aventure tout aussi amusante, alors j'ai continué  ;D.
M'enfin, c'est impressionnant, j'ai le sentiment d'avoir été littéralement en "pilotage automatique" pendant une poignée de minutes. Les souvenirs que j'en ai sont d'ailleurs beaucoup plus flous et confus que ceux où je mettais réchauffé.

Notre corps est une machine aux capacités vraiment étonnantes.  ::)

- avoir 2 voir 3 oeuf de manise est indispensable:     Pour allumer un feu dans des conditions humides, c'est une question de chaleur. Plus le bois est humide, plus la quantité de chaleur sera importante pour enflammer le bois et maintenir la combustion.

- avoir 2 ou 3 bic qui fonctionnes ( ::)) est indispensable : Parfois, le bic ne suffit pas, c'est bien d'avoir un autre moyen d'avoir une flamme (quelques allumettes de survie par ex. Elles résistent bien quelques secondes). J'ai généralement 2 bic : un dans ma poche et un autre dans ma trousse dez 1er soin.  Celui là, je suis sûr de l'avoir tout le temps avec moi. Je me suis déjà fait avoir à oublier un briquet, depuis, j'en laisse traîner quelques bic mini ici et là (trousse de soins, et avec le réchaud en plus du reste)

- la chambre à air c'est chiant à faire partir, même avec un bic quand y a du vent. Et cela ne brule pas assez longtemps pour faire sécher et faire bruler du bois détrempé. Question de quantité, comme chaque allume feu, il a aussi ses limites. Par temps humide, il faut beaucoup de chaleur sur de la durée (et avoir un foyer déjà bien protégé du vent). Sur du résineux humide, il faut une sacrée quantité de branche les plus fines. Ce sont celleq qui sont le plus à même de finir par prendre au début mais il y a un bon paquet d'humidité à dissiper avant (sans oublier qu'elles risquent de prendre la pluie etc .....)
J'ai eu le même problème que toi ce week-end (à un degré moindre, il n'y avait pas de brouillard) et je n'ai voulu utiliser que de la ficelle sisal (je n'ai pas voulu sacrifier mon gros bloc d'Esbit en backup). Je n'ai pas hésité à utiliser d'un coup toute la longueur que j'avais pour lancer le feu.


- un back up de chaleur immédiate est indispensable (pastille alcool, réchaud etc) : Effectivement, je suis surpris que tu n'aies pas un réchaud ( à alcool gélifié par ex, c'est mon préféré en back-up, facile à allumer et compact) avec toi. On ne peut pas tout le temps compter sur un feu.

Hier matin, cela a été atelier "je repense mon kit de survie et de feu". J'ai optimisé mes oeufs de manise avec de l'huile d'olive, j'arrive a 13 min de combustion en moyenne contre 5 jusqu'alors. J'ai maintenant 3 boites de pellicules photos remplies à bloc de ces allumes feu, réparties sur moi et dans le sac.
J'ai rajouté également des morceau de chambres à air, un briquet dans la trousse de secours. Et enfin, j'ai recréer mon kit de survie étanche : morceau de chambre a air qui contient une bougie chauffe plat et un briquet grand format (pour la position de la tortue) ...qui marche  8) .
Je suis paré pour organiser un BBQ pour tous les animaux de la forêt maintenant ! ;#

J'avais effectivement oublié mes pastilles d’alcool gélifié. Une autre petite erreur... C'est l'inconvénient de ces fonds de sac toujours prêt et complet. Quand je l'ai fait avant de partir, j'ai pas fait de check list, et voila le résultat.  ::)


Je dirai que c'est même plus enrichissant que de ne parler que des fois ou ça se passe bien.

Pas faux. Tant mieux alors  :-[

Tu me parais en plein phase de test StormX, fait attention de ne pas oublier ce que tu sais déjà pour favoriser les méthodes dites de "survie".
Tu risques de faire des erreurs de débutants que tu n'aurais jamais fait si tu étais dans la peau d'un randonneur.
Il ne s'agit pas d'oublier ce que tu sais déjà mais d'ajouter certains réflexes à ceux déjà acquis.  :)

Là tu choisis la méthode la plus radicale pour apprendre.  ;D

Effectivement. ALors que ces derniers mois j'affinais mes techniques de base et que je ne faisais que des bivouacs "sans grand danger", je vais un peu plus loin ces derniers temps. Je test de nouvelles configurations de matos, d'utilisation. Ca amènera forcément à des erreurs bêtes, mais cela sera autant d'erreurs que je ne refferais plus ensuite.
J'ai jamais été un grand casse-cou, de plus, ici, j'ai appris a jauger et être conscient des risques et de prendre les décisions en conséquence.

Promis, je ferais attention  :D
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

22 mars 2011 à 11:01:30
Réponse #14

Diesel


Le pire, c'est que je suis conscient de tout ça. J'ai déja dormis en plein brouillard, fait partir des feux quand c'était bien humide, passé une nuit sans feu. En théorie, je n'aurais jamais agi de la sorte. Assis derrière cet écran, j’hallucine encore de mes réactions. Je n'arrive pas à comprendre comment j'en suis arrivé à prendre ce genre de décisions, à avoir l'impréssion que j'allais "y passer" si je restais sur ce crêt. Je ne me l'explique pas. Plus j'y réfléchit, plus je me rend compte que durant, 30 minutes, l'inconscient et mes réflexes ont pris le contrôle de toutes mes actions.
Cette situation serait une bactérie, on pourrait dire que je lui avait préparé un joli milieu de culture : pleins de petites erreurs, insignifiantes prisent séparément, qui amènent finalement le bonhomme a avoir besoin d'une source de chaleur immédiate. J'avais besoin de ce feu, mon corps le réclammait et quand il n'est finalement pas arrivé, mon corps a cherché une autre source de chaleur immédiate. Et la seul option qu'il restait était de bouger.
C'est d'ailleurs flagrant, une fois réchauffé (en 15 min environ), plusieurs fois, je me suis demandé si je n'allais pas reposer le campement. Mais au final, retrouver son chemin de nuit, était une aventure tout aussi amusante, alors j'ai continué  ;D.
M'enfin, c'est impressionnant, j'ai le sentiment d'avoir été littéralement en "pilotage automatique" pendant une poignée de minutes. Les souvenirs que j'en ai sont d'ailleurs beaucoup plus flous et confus que ceux où je mettais réchauffé.
Belle description de l'effet chimpanzé.  :D
Face à une situation délicate ou inattendu, , le cerveau sature et est en roue libre.
L'avantage de pratiquer, c'est qu'il en faut de plus en plus pour finir dans cette état. ça laisse un peu de marge avant de faire des erreurs qui peuvent coûter cher.

Hier matin, cela a été atelier "je repense mon kit de survie et de feu". J'ai optimisé mes oeufs de manise avec de l'huile d'olive, j'arrive a 13 min de combustion en moyenne contre 5 jusqu'alors. J'ai maintenant 3 boites de pellicules photos remplies à bloc de ces allumes feu, réparties sur moi et dans le sac.
J'ai rajouté également des morceau de chambres à air, un briquet dans la trousse de secours. Et enfin, j'ai recréer mon kit de survie étanche : morceau de chambre a air qui contient une bougie chauffe plat et un briquet grand format (pour la position de la tortue) ...qui marche  8) .
Je suis paré pour organiser un BBQ pour tous les animaux de la forêt maintenant ! ;#
Attention au choix entre durée de combustion et chaleur dégagée.
Parfois mieux vaut une combustion rapide mais puissante qui permettra d'allumer un feu même sous la pluie à quelque chose de, certes, plus durable mais qui ne dégagera pas assez de chaleur pour enflammer quoique ce soit.
Ceci dit, bon choix l'huile d'olive (si tu as de l'eau) c'est 900kcal les 100g.   ;D


J'avais effectivement oublié mes pastilles d’alcool gélifié. Une autre petite erreur... C'est l'inconvénient de ces fonds de sac toujours prêt et complet. Quand je l'ai fait avant de partir, j'ai pas fait de check list, et voila le résultat.  ::)
ça arrive à d'autre rassure toi, C'est pourquoi je mets plusieurs mini bic ici et là.
Il m'est arrivé de partir en rando en oubliant mon briquet (mais j'avais des allumettes).
C'est d'ailleurs  pour ça que j'ai aussi ajouté un mini bic dans ma trousse de 1er soins (suite à un oubli aussi).
On a l'air idiot au moment d'allumer le réchaud ou le feu et de ne pas trouver de quoi le faire.  ;D


Promis, je ferais attention  :D
Vaut mieux. :)
N'oublie pas que le plus important n'est pas ce que tu trimballes dans ton sac mais dans ta tête. ;)

22 mars 2011 à 11:15:47
Réponse #15

Chris-C


Je trouve bien que tu repenses ton kit feu, mais quand je lis ton retour pour moi ce qu'il faut c'est:
Un rechaud à gaz: (boisson chaude rapide, et chalumeau de fou pour demarrer un feu.
-accepter que le feu ne parte pas et donc aborder son matos differemment.

S'enteter à trouver l'ultime allume feu c'est prendre le risque de plonger encore plus profond avec ton chimpanzé le jour ou ça marche pas.

Pour moi le bon matos quand ma sortie est prévue c'est celui qui à n'importe qu'elle moment me permet de me poser, d'attendre que ça passe et
repartir. Bien sur ça risque de remettre en cause le litrage du sac, le poids du matos transporter. Mais c'est le pris à payer quand on veut sortir
par tout temps.

Parceque là tu vas finir avec 200g de coton et un bidon de petrole dans le sac à dos  ;)

a+

22 mars 2011 à 12:17:10
Réponse #16

StormX


Attention au choix entre durée de combustion et chaleur dégagée.
Parfois mieux vaut une combustion rapide mais puissante qui permettra d'allumer un feu même sous la pluie à quelque chose de, certes, plus durable mais qui ne dégagera pas assez de chaleur pour enflammer quoique ce soit.
Ceci dit, bon choix l'huile d'olive (si tu as de l'eau) c'est 900kcal les 100g.   ;D

Je me faisais la même réflexion...Il me semble que cette question avait été abordée sur un post mais j'arrive plus mettre la main dessus... Tests en prévision  ;)


Vaut mieux. :)
N'oublie pas que le plus important n'est pas ce que tu trimballes dans ton sac mais dans ta tête. ;)

Justement, je pense que pour cette nuit ci, je me suis trop reposé sur mon matos. J'aurais appris un autre truc, même le meilleur matos du monde ne marche uniquement que s'il est utilisé correctement.  :closedeyes:

"Avec mon matos, je suis en sécurité" --> /!\ DANGER /!\

A force de réfléchir à ce fond de sac, de prévoir les éventuels pépins et d'imaginer le contenu en fonction, on peu avoir l’impression d'être en sécurité. De s'être assuré de n'être jamais surpris par dame nature et qu'en quelque sorte, on l'ai vaincue. Attention, comme le dit Anke :
Quand on pense maîtriser, c'est là qu'est le danger !
On pense maitriser, et on est plus capable d'écouter "sa petite voix"( y' a eu un post la dessus) qui te dit: " ça pue ! y'a un truc qui va foirer !"

On ne dominera et ne maîtrisera jamais la Pacha Mama. Accepter ce constat ne doit pas faire tomber dans la peur de sortir. Avoir conscience du danger, sans en être effrayé, est un premier pas vers la survie.  :closedeyes:

 ::) ::)


Je trouve bien que tu repenses ton kit feu, mais quand je lis ton retour pour moi ce qu'il faut c'est:
Un rechaud à gaz: (boisson chaude rapide, et chalumeau de fou pour demarrer un feu.
-accepter que le feu ne parte pas et donc aborder son matos differemment.

S'enteter à trouver l'ultime allume feu c'est prendre le risque de plonger encore plus profond avec ton chimpanzé le jour ou ça marche pas.

Pour moi le bon matos quand ma sortie est prévue c'est celui qui à n'importe qu'elle moment me permet de me poser, d'attendre que ça passe et
repartir. Bien sur ça risque de remettre en cause le litrage du sac, le poids du matos transporter. Mais c'est le pris à payer quand on veut sortir
par tout temps.

Parceque là tu vas finir avec 200g de coton et un bidon de petrole dans le sac à dos  ;)

a+

Oui. Tu as raison. J'aurais une balance précise, je m'amuserait à peser mes allumes feux pour comparer le poid du réchaud + gaz. Cela doit se jouer a quelques centaines de grammes...
Merci de la remarque, le réchaud va trouver sa place dans mon sac  :)
"La beauté de la Vie dépend de ton regard."
Keny Arkana

22 mars 2011 à 12:40:34
Réponse #17

Melkor


Citation de: Diesel
bon choix l'huile d'olive (si tu as de l'eau)

Tu peux expliquer ça Diesel stp ? Merci =)

22 mars 2011 à 12:52:21
Réponse #18

Chris-C


Tu peux expliquer ça Diesel stp ? Merci =)

Il fait parti d'une secte particulière, jamais d'huile d'olive sans eau, c'est la régle  ;#


La régle en situation qui pue et quand tu as pas d'eau ça pu, c'est de ne rien manger.
La digestion est consommatrice d'eau, surtout pour les lipides et les glucides et les proteines...
Si tu as de la pastéque c'est bon  :D

22 mars 2011 à 13:24:43
Réponse #19

Diesel


La digestion est consommatrice d'eau, surtout pour les lipides et les glucides et les proteines...

Oui en particulier pour les lipides. Il sont naturellement insoluble dans l'eau. C'est tout un bordel pour les assimiler.
C'est un processus très long  mais ils sont 2.5 fois plus calorique que les protéines ou les glucides (4calories/gramme).

C'est pour a que je disais que l'huile d'olive est un bon choix (coté calorie) mais qu'il faut de l'eau.
Plus équilibré, le lait en poudre par exemple (certains vont jusqu'à 600kcal/100g) mais il ne brûle pas aussi bien  ;D

Quand j'ai étudié l'histoire du cube, il y a eu 3 axes pour la chaleur. Le feu, l'isolation et l'alimentation
ça a été un sujet de réflexion : quel carburant pour le corps qui soit simple à utiliser et avec un rendement maximum en energie.

22 mars 2011 à 22:17:38
Réponse #20

Nirgoule


A te lire je comprends que tu étais obsédé par la nécessité d'allumer un feu. Tu as dépensé du temps et des calories pour cela sans succès. Comme cela arrive souvent après plusieurs jours de pluie.
Tu n'imaginais pas possible de passer la nuit seul et sans feu. Le feu apporte la chaleur, il apporte aussi la lumière. Cette dernière qualité n'est pas neutre car nous avons perdu l'habitude des nuits noires.

A partir du moment où tu as compris l'impossibilité de faire du feu, il te fallait partir à tout prix et rentrer.

Le froid, la solitude, l'obscurité ne sont pas facile à surmonter. Personnellement j'ai mis des années avant de me lancer seul en pleine nature. Ce peut être un processus progressif et graduel. Le nombre de briquets n'a rien à y voir. Il faut être prêt dans sa tête, c'est une épreuve psychologique assez balaise. Tu es proche du but. ;D
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

22 mars 2011 à 22:59:44
Réponse #21

BAROUD


Merci pour ton récit et content que tu t'en est sortie avec plus d'expérience, comme quoi les bon reflexe sauve toujour la vie  :doubleup:

Pour les briquets, moi j'ai ajouté à mon BOB une petite Bombe de recharge de gaz pour Briquet, comme ça je suit plus tranquille mais ça ne m'enpêche pas de vérifier mon matos au moin une foi par semaine:


23 mars 2011 à 10:06:46
Réponse #22

guillaume


Salut StormX ! Tout d'abord félicitation d'avoir publier, c'est un excellent retex plein d'enrichissement.

Là, le cul bien assis au chaud, je vois 2 facteurs qui ont déclenchés ton effet chimpanzé : le froid et le stress de ne pas réussir à allumer ton feu. Du coup, tu as commencé à redevenir un primate et de là, c'est le cercle vicieux : ton cerveaux c'est focalisé sur la tâche d'allumer un feu jusqu'à ce que tu ne penses plus qu'à ça (incapable, alors d'avoir des raisonnements compliqués).
Toute la suite est donc logique : pas de changement de fringues (contraire aux réflexes profondément ancrés que d'enlever ses fringues alors qu'on a froid), marcher pour se réchauffer (réflexe, encore une fois), etc.
Attention, il ne s'agit là que de mon interprétation, et elle n'engage que moi ;).

Pour le reste, je suis du même avis que Plumok : l'essentiel n'est pas tant que que tu travailles ton kit, mais plus apprendre à te passer du kit ou le penser différemment. Parce que sinon le jour ou tu n'auras pas ton kit/de quoi allumer un feu/ton couteau/etc., c'est rebelote pour l'effet chimpanzé.

a+

01 avril 2011 à 20:53:34
Réponse #23

Vulpus


Citer
un sapin "Géant" a été planté sous le règne de Louis XIV

Je connais cet arbre!  :)

HS off
La plus grande sagesse est de paraitre fou - Dionysius Caton

01 avril 2011 à 21:54:35
Réponse #24

WakanTanka


sacré récit ! mais heureusement tout va bien.
perso je traine toujours avec moi ma chaufrette de se style
 @ baroud un petit post pour nous décrire ton BOB ?

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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