C'est marrant comme le débat refait souvent surface.
Histoire de compliquer encore l'histoire, il faut se rappeler qu'un bonne partie des aciers que nous utilisons ne sont initialement pas prévus pour faire des couteaux.
Je considère toujours que l'acier a été traité correctement.
L'INFI est un bon exemple car il est issu d'une famille d'aciers (pas si rares et mystérieux que le marketting le prétend) destinés, par exemple à faire les couteaux industriels des machines qui travaillent sur les bois brut (cisaillement, écorçage...). C'est donc une famille d'aciers de choix quand on cherche un couteau pour latter - l'une des rares où je ne me poserais pas la question d'une trempe sélective. Une famille cousine sert à faire des burins et des pointes de piqueur : idem pour le choc, mais là, le taillant n'est vraiment pas top.
Le seul "reproche" qu'on peut faire à l'INFI-family, c'est que le taillant est perfectible : logique car c'est pas fait pour faire des sushis - mais on peut compenser un peu avec la géométrie du taillant et un affutage propre.
Si on veut un taillant plus agressif et bien tenace, on a besoin de carbures. PLEIN!!!
Les aciers à roulement et à limes, destinés à résister à l'usure, sont super. Plein de C et des éléments d'alliage qui feront à la fois une matrice bien dure et des carbures tenaces.
Mais ils trempent fort, profond et dur (rien de sexuel...

). On entend souvent les remarques comme : "c'est pas trop cassant ces aciers ?". Ben si : une lime, c'est cassant car on optimise la dureté. Le TTh d'un couteau n'est pas le même. Et pour encore améliorer la résilience de l'ensemble, on fait des trempes sélectives : taillant dur et dos élastique. Hop, le tour est joué.
Et c'est là ma seule "critique" de l'usage de certains aciers inox ou pas, modernes ou pas (à vérifier mais je crois que le D2 a été développé entre 2 guerres, si un métalleux sait ça...) : je déteste l'idée qu'un couteau trempé 100% plein pot risque, ne serait-ce qu'à 1% de pêter en deux. j'en ai fait l'expérience avec 15cm de lame qui sont partis dans le décors : j'ai vraiment eu la peur de ma vie, car il y avait des gens dans l'axe : le couteau était dans un super inox, que
nous avions fait l'erreur de sélectionner à tord pour un camp-knife.
Pour moi, dans un usage survie ou tactikeul, l'intégrité des utilisateurs est la priorité : donc bonne adéquation acier / géométrie / usage.
Si c'est pour une grosse patate, trempe sélective ou structure composite.
Perso, j'utilise toutes sortes d'aciers dans les couteaux que j'utilise, inus ou custom.
Des aciers de l'espace à un couteau de m*rde que j'adore car c'est un cadeau.
Rien d'idéologique là dedans.
Pas de quoi se bouffer le nez, au final.
Il y a aussi une part de gout personnel là-dedans, et ça, c'est pas quantifiable.
Encore moins quand on est entre passionnés.
Je trouve l'idée d'une test comparatif chouette : je l'ai fait sur des kiridashi assez balaises il y a quelques années.
Ca m'a permis de choisir quels aciers j'utiliserai.
Mais un tel test doit être fait en double aveugle :
- les testeurs ne doivent pas connaitre l'acier par avance.
- ils doivent tester plusieurs lames à la fois et les noter (selon des critères tels que : durabilité du tranchant).
- les lames doivent être identiques et peut-être être revétues d'un coating pour être strictement similaires.
- mettre un ou deux détrompeurs dans chaque lot (genre 2 fois C75), pour voir s'ils apparaissent cote à cote à chaque test.
- les lames portent un identifiant aléatoire (tgdb478fg4) que seuls les fabricants connaissent.
- les lames sont préalablement affutées par la même personne avant de passer au testeur suivant. Cette personne ne peut pas identifier les couteaux.
Ca fait un bout de temps que ce genre de projet me tente, mais j'ai pas le temps pour le moment...
Rémy
