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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Extraits du journal d’un campeur invisible  (Lu 22053 fois)

27 octobre 2010 à 08:37:59
Réponse #25

Mezig


Les moyens sont la fin.

27 octobre 2010 à 09:48:19
Réponse #26

Clemstout


OUaou!  :doubleup: :doubleup:
Que du bon! Merci à toi!

Clemstout
Développe en toi l'indépendance à tout moment, avec bienveillance, simplicité et modestie.--Marc-Aurèle--

29 octobre 2010 à 21:02:29
Réponse #27

guarocaliente


Lundi 22 janvier 19h08

Ce matin, je m’équipe pour la journée après déjeuner et je quitte le camp vers 10h. Je pars rejoindre le rio principal à l’ouest. J’escalade les collines des environs tout léger avec mon Daypack dans le dos. Un vrai plaisir. Je redescends le rio vers le sud. J’arrive devant une superbe cascade d’une vingtaine de mètres de haut.






Tenté, je me déshabille. Je mets un doigt de pied dans l’eau et plonge vers mes vêtements pour me rhabiller.

Impossible.

Il est déjà 14h30 alors je fais demi tour.

Je perds beaucoup de temps à grimper mes collines. Je redescends sur le rio décidé à le suivre au plus près pour éviter la végétation et rejoindre mon camp avant la nuit.

A un moment, je dérape sur un rocher lisse. Je me rattrape en lâchant la machette qui tombe au fond de la rivière sous les remous. Un pied dans l’eau.

J’avais la machette à la main car j’ai perdu l’étui il y a deux jours.

M*rde, la machette est indispensable.

Tant pis, je mets le deuxième pied dans l’eau et plonge les mains, à l’aveugle à la recherche de la lame. Je la retrouve rapidement.

Mes bottes étanches sont pleines d’eau. Trempé pour trempé, j’en profite pour remonter le rio au plus court, dans l’eau.

Je retrouve ma piste vers 16h45. Je m’arrête remplir la gourde.

Je ramasse vite fait du petit bois.

Je vide mes bottes et les mets à l’envers sur une branche.

En tongs, j’allume le feu et fini de dîner dans le noir. Demain je recommence.

Sinon, coupures aux mains, ampoule pouce droit, hémorroïdes.

Ça va.

« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:55:50 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

29 octobre 2010 à 21:28:53
Réponse #28

guarocaliente


Vendredi 26 janvier 18h02


Mardi, mercredi à escalader les montagnes des alentours.

Mercredi matin, plusieurs coléoptères assez gros et assez bruyants sont venus tourner autour du camp.

Cela m’a rappelé ce que m’avait dit un dentiste.

Je l’avais rencontré avant ma première expé, sur mon lieu de vacance, pour vérifier l’état de mes dents avant de partir.

La personne qui me l’avait conseillé m’avait dit qu’il allait régulièrement en Guyane pour chercher des insectes. Nous avons parlé forêts.

Il m’avait dit que dans ces montagnes on trouvait un coléoptère argent et un doré.

Donc, j’étais en train de déjeuner quand un coléo tombe près du feu.

Je l’observe. Doré ! Tiens !

Le temps que je réagisse ils avaient disparus.

Furieux contre moi j’ai pris un sac de congélation pour essayer d’en attraper un si l’occasion se représente.

Mais je n’y crois pas trop.

Hier matin, alors que j’allais partir en vadrouille, mes insectes se représentent.

Je prends vite un sac et en capture facilement un. Pas très doré.

Je le relâche après avoir fait la comparaison avec un autre.

Attrapé, je le fais rentrer sans l’abîmer dans une boite de pellicule photo transparente.

Ensuite je rempli la boite avec du rhum blanc de ma réserve spéciale. Voilà.

La nuit dernière il a plu assez fortement jusqu’à tard ce matin.

Il y a beaucoup de vent dans cette vallée et les arbres au dessus de moi grincent sinistrement.



(La vache !! en faisant des recherches de photos je me rends compte du prix exorbitant de ces bestioles !! Dire que j'ai croisé de quoi rembourser mon billet d'avion !!)
« Modifié: 08 décembre 2014 à 02:59:02 par guarocaliente »
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29 octobre 2010 à 22:11:58
Réponse #29

guarocaliente


hummm tu es sur que tu ne sautes pas des passages ? leves la main droite et dis "je le jures"...     ;)

Je jure que je raconte la vérité. C'est déjà plus que certain que je connais.  ::) 

Mais, oui j'oublie des passages. ;D
Ici et Maintenant.

29 octobre 2010 à 22:34:34
Réponse #30

guarocaliente


Samedi 27 janvier 16h45


Je suis assis sur le rondin, sous mon hamac. Ce matin, le feu,



le déjeuner et la super corvée de bois qui m’a bien pris une heure et corvée d’eau avec le jerrycan.

En me préparant à ma journée d’exploration je me suis rendu compte que le sol était couvert de millions de fourmis en marche. Et pas des petites.

Manque de pot elles sont passées par le camp.

J’ai récupéré les cendres du feu avec le couvercle de la gamelle et ai fait un véritable épandage sur toute la surface sous mon toit.

De la neige dans la jungle. Technique à retenir, c’est très efficace.

Sans que je m’en aperçoive, j’ai eu les bottes couvertes de fourmis. Je me suis fait mordre plusieurs fois.

Mon pantalon était à sécher. Je suis parti en courant.

Je suis revenu au camp, le troupeau le contournait nettement. J’ai pris le flacon de DEET qui avait été très peu efficace contre les grosses mouches qui me piquaient à travers ma veste.

J’ai fait un essai sur le chemin des fourmis. Elles n’ont pas apprécié du tout.

J’ai aspergé les bottes, les lacets et le bas du pantalon avant de repartir en exploration. Reste de la journée sans intérêt.

Demain je bouge.

Ça fait déjà une semaine que je tourne dans les montagnes.

Comme je suis très en amont sur ce rio, je vais prendre le chemin du retour.

Les vallées seront plus larges, les nuits moins froides, les rios plus gros.

Et puis ça m’avancera pour le retour.

Évidemment j’abandonne le confort de cet abri presque en dur.

Mais la vie est dans le mouvement.

Demain je récupère ce que je peux en ficelle et fil de fer sur le camp.

Je doute que la toile en plastique soit encore utilisable. On verra.



Je vais garder le strict nécessaire en bouffe pour m’alléger.

J’étais large après tous ces jours de jeune sans eau, je serais juste.

Il faudra simplement faire attention à ne pas se faire repérer.

Et puis il n’a plu que 2 jours en 3 semaines.

Pour l’alcool à réchaud ce n’est pas grave si je n’en ai plus.

C’était destiné à me faire gagner du temps (et ne pas être repéré).

(En saison des pluies tout est trempé. J'ai déjà passé 2 heures (!!!) à me vider les poumons sur un feu pour le faire prendre. Et comme c'est trempé, ça se consume mal. Donc production d'une belle fumée blanche pas discrète du tout.. Donc réchaud plus discret. En saison sèche, aucune fumée parasite.)

Calcul basé sur la saison des pluies. Mais en cette saison et avec l’alcool en tablettes (je les coupe en deux et utilise une moitié comme allume feu. Elles sont inefficaces sous le réchaud. Altitude ? Eau trop froide ? Ou alors c'est juste de la M.  ;D)

il ne me faut pas plus d’un quart d’heure pour avoir de belles flammes.

Singe hurleur isolé.

J’ai pris des photos du camp et de moi près du feu. Couru toute la journée.

Poulet me manque. J’espère qu’il va bien.

Demain je bouge.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 03:08:00 par guarocaliente »
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29 octobre 2010 à 23:05:25
Réponse #31

Robin C


Super! Merci du partage, agréable à lire et instructif. Ça donne envie! :up:
ADAPTABILITÉ

30 octobre 2010 à 14:23:37
Réponse #32

Campeur


génial ! qu'est ce que tu veux dire de plus !
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

30 octobre 2010 à 16:02:19
Réponse #33

guarocaliente


Dimanche 28 janvier 18h14

J’ai bougé.

Ce matin, après déjeuner j’ai vidé les sacs de pâtes en trop près du feu.

Les rongeurs doivent faire la fête à l’heure qu’il est.

J’ai brûlé les sacs en alu des pâtes pour ne pas laisser de traces de ma nationalité puis j’ai enterré l’alu.



J’ai récupéré tout le fil de fer et la ficelle que je pouvais sur le camp.

Je suis parti vers 11h30.

Je suis plus léger sans les poches latérales du sac.

Je porte toujours la bouffe en poitrine pour équilibrer.

J’ai longé le rio jusqu’à la cascade.

Paysages superbes.



Je regrette de ne pouvoir partager cette beauté.

Vers 16h je me suis dit qu’il était temps de s’installer.

Le hamac entre deux arbres surplombe le rio à quelques mètres derrière moi.

J’ai l’impression de coucher dans une salle de bain.

Un petit feu a à peine cuit mes pâtes au fromage.

Pas le temps pour la soupe ou l’infu.


(Deux repas par jour. Le matin, café lyophilisé, sucre. Ensuite pâtes en sachet tout prêt (genre) puis quelques galettes.
Avant de me coucher j’ai le droit à une soupe en poudre, des pâtes et une infusion sucrée genre tilleul-menthe.
J’ai quelques paquets de galettes et de bonbons pour le moral.
Une petite bouteille de rhum blanc et quelques provisions de route au début du voyage.
J’ai essayé l’année d’avant les sachets genre lyophal avec des plats plus variés.
Pas assez copieux et beaucoup trop cher.
J’ai acheté des sachets en supermarché.
J’ai fait un trou microscopique dans chacun pour vider l’air qu’ils contenaient.
Fermé le trou avec du banal scotch.
Très efficace pour compacter le tout dans mes 4 poches de bergen.
Ces provisions étaient une base de survie que je devais compléter avec le produit de la chasse.
Comme je n’ai pas pu me procurer une arme, je me suis contenté de pâtes 80 fois de suite.
Ça calme.
Perte de masse musculaire garantie.)


La nuit tombe mais j’ai pu manger chaud.

Je rentre dans le hamac et CHTOING !! (Je devais peser autour de 75 kg) une cordelette du hamac cède.

Je ne peux pas rester dedans en espérant que ça tienne cette nuit.

Alors je sors et consolide les attaches avec de la para-corde.

Sensée tenir jusqu’à 250 kg.

On verra ça demain.

Sinon le moral est toujours très bon.

Je crois que j’ai bien fait de prendre le chemin du retour.

J’avais prévu 6 jours pour rentrer mais vu la végétation et les détours obligatoires le long du rio, cela me prendra beaucoup plus de temps.

Je repars demain matin.

« Modifié: 08 décembre 2014 à 03:26:00 par guarocaliente »
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30 octobre 2010 à 18:30:41
Réponse #34

Loriot


Fait gaffe! C'est trop bien a lire et si tu arrives au bout,'il va falloir que tu y retournes... ;D
Quand Pourine veut la lune tu lui baises les pieds

01 novembre 2010 à 20:31:33
Réponse #35

guarocaliente


Lundi 29 janvier

 
6h45

Hier soir, vers 20H CHTOING !!

La corde du hamac a cédé.

Je suis descendu d’un cran avec le hamac. Heureusement la para-corde a tenu.

La meilleure idée de la journée !

17h15

Je continue de descendre le rio rive droite.

Ce matin alors que je venais de me mettre en route j’ai vu un couple d’oiseau.

Peut être des pavons, ressemblant à des paons mais foncé.

J’aurais pu y goûter avec une arme…

En haut d’une colline je suis tombé sur trois poules. Deux se sont éloignés rapidement. J’ai pu m’approcher doucement de la troisième, qui devait penser ne pas être repéré, jusqu’à environ trois mètres.

Se doutant que la machette à la main lui était destinée elle s’est envolée pour se poser à moins de dix mètres. Là encore, avec une arme…

Je continue le long du rio, le soleil brille.

Vers 16h je vais prendre de l’eau. Feu énorme, je dîne au chaud.

A 17h42 je suis au hamac.


Mardi 30 janvier 18h16


Il y a un mois j’étais dans l’avion.

Dans trois semaines, je devrais être dans l’avion pour Paris.

A part ça, rien de bien palpitant à écrire.

Les petits événements de la journée sont bien légers. Mais bon.

Donc nuit désagréable. Tête du hamac trop haute.

J’ai passé ma nuit à glisser vers le bas. Pas confortable. J’ai bien essaye de me tourner dans le hamac mais c’était pire. De plus ce matin, j’ai forcé la tête hors du sac. Du coup le cordon de serrage de la tête du sac a lâché. Je suis parti assez tard, vers 10h30.

A un arrêt explo, je laisse le sac au pied d’une colline, le long du rio.

Je redescends et passe une heure à courir dans tous les sens pour le retrouver.

Sinon ce matin j’ai encore vu des poules.

Croisé une coquille d’œuf de la taille d’un œuf de poule.

Couleur bleu turquoise délavé.

Ensuite, en fin d’après midi alors que j’escaladais des arbres tombés à terre et recouverts de végétation, j’ai vu un serpent vert émeraude et jaune qui se sauvait sur le sol sous mes pas.

Je vais faire encore plus attention et arrêter de commencer à croire à leur absence à cette altitude.

Campement à 4 ou 5 mètres du rio.

Soupe de poisson, pâtes au fromage, infu avec miettes de biscuit, bonbons à la menthe.


Mercredi 31 janvier 17h55



Rien de spécial. Je longe toujours le rio pavo.



Tantôt à gauche tantôt à droite.

1900m.

Bien fait de partir plus tôt.

Nuit dernière froide. Il faudra que je prenne un duvet plus chaud, next time.

J’aimerais bien m’installer dans le coin.

Mais poulet…


Vendredi 2 février 18h36


Hier rien de neuf. Nuit dernière froide. Il fait 10° à 6H. Aujourd’hui je reprends l’escalade. Fatigué. Quand je m’arrête pour souffler sans enlever le sac, lorsque je me redresse, vertiges et baisse de l’audition passagère. Je ne mange pas assez par rapport à tous les efforts fournis. Au camp, la semaine dernière j’avais trois rations de pâtes par jour. Pour m’alléger je n’en ai pris que deux. Je sens la différence. Je recommence à fantasmer sur le repas que je ferai à Santo Domingo. Fatigué et découragé. L’idée m’a même traversé l’esprit d’abandonner et d’aller bruler mes 1000 $ restant sur une plage. Je savais que c’était du à la faim et à la fatigue. Après le diner ça va mieux.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 15:14:15 par guarocaliente »
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01 novembre 2010 à 20:50:22
Réponse #36

guarocaliente


Samedi 3 février 17h51


J’aime être un 3 février sous les tropiques. Je suis fait pour vivre au soleil. Bon, re nuit froide. Vivement que je mange de tout et à ma faim. Sinon, les distractions du soir sont un peu limitées. Écriture et ensuite, soit je visite le pays pour la 30eme fois, soit je révise mon espagnol. (J'ai un guide du pays et un dico espagnol) La prochaine fois j’emmènerai  tout Universalis en 30 volumes. Poulet me manque. J’aimerais revenir ici avec un copain. Cela serait plus agréable.


Mardi 6 février 18h03


Bien, cette nuit toujours froide. La lune éclaire énormément. La deuxième ampoule de Maglight s’est éteinte. Il m’en reste une. Cela suce énormément. Prévoir toujours 3 ampoules. Ce matin, double ration de pâtes au fromage. Je vais voir si mes collets d’hier soir ont fonctionné. Non. Je refais mon sac. La bouffe en sac de poitrine, je repars. Je longe le rio toujours vers le sud-ouest. Je continue à changer de rive selon la végétation. Vers midi, je redescends une crête, près d’un rio secondaire. J’aperçois quelque chose de noir accroché à un arbre.



Je m’accroupis derrière un rocher et pose mes sacs. Je m’approche. C’est visiblement un campement. Je mets les doigts dans la cendre du feu.



Complètement humide. Le site est bien choisi à coté du rio. Des tas de trucs traînent par terre. Des porcs. Boites de thon vides, sacs en plastique, papiers de bonbons, etc..



« Modifié: 08 décembre 2014 à 15:08:28 par guarocaliente »
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01 novembre 2010 à 20:51:09
Réponse #37

guarocaliente


Coincées dans une branche, deux brosses à dent très usagées.



Un petit tube de dentifrice pas terminé par terre. Une bouteille de liquide de frein, du sel, du café, un paquet de cire rouge pour cirer les meubles ou parquet, couvercle de gamelle en alu, dissolvant dans une bouteille en plastique, etc.. Dégueulasse. Je suis intrigué. Ils ont laissés les bâches en plastique bien roulées accrochées à un arbre. Pourquoi laisser les brosses à dent ? Et les bâches. Très peu de charbon et de cendres dans le feu. J’en produis plus en deux jours. Je suis la piste de mes campeurs crados. Elle est très marquée ça me fait progresser rapidement.



A un moment elle passe sous des branches très basses. Je suis obligé de passer à quatre pattes. Ils ne doivent pas avoir de sac à dos. Je perds la piste près du rio. Je traverse. Rien. Je continue sans aide. Dommage. A un moment, je passe devant un gros rocher. Un abri a été aménagé avec une réserve de bois.



Je grimpe sur la colline longeant le rio. Par hasard je tombe sur leur piste. Ils ont bien joué de la machette. Les coupes sont très nettes. Assez sèches pour que cela ne soit pas d’aujourd’hui. Combien de temps ? En tous cas, cela m’arrange bien. Je suis cette piste jusqu’à 15h30. Il est l’heure de songer à chercher un lieu pour camper. Ce coté (gauche) est trop en pente. Je vérifie que la piste continue bien plus haut pour demain et je descends pour traverser le rio. J’ai repéré, d’en haut, un endroit sympa. Je regrimpe un peu au dessus de la rivière. J’allume mon feu et vais au rio remplir la gourde et la gamelle de ce soir. A 10 mètres du camp je vois un truc accroché à un arbre. Encore ! J’arrive sur leur campement. Une porcherie ! Je vérifie que les cendres sont froides. Je suis de très mauvaises humeurs. Les enc**és. Bouteilles d’alcool vides, papiers bonbon, conserves, sacs en plastique.. Même un vieux matelas en mousse accroché à un arbre ! Je n’ai aucune envie de les rencontrer ! Je dine tranquille et grimpe dans le hamac presque dans la nuit. Demain je re pars dans leur piste si elle va dans ma direction. Si ce sont les mêmes qui on fait les deux camps, ils ont peu progressé en une journée. Ils perdent du temps avec la machette. Moi ça m’en fait gagner.


Mercredi 7 février 17h48 34e jour de jungle


Dans 13 jours je serai dans l’avion. Dans 2 semaines je serai avec mon poulet. Rien de bien exaltant. Cette nuit j’ai été réveillé par la soif. Je glande longtemps à regarder la forêt qu’éclaire fortement la lune. Je me lève dans la nuit pour aller à ma gourde. Penser à accrocher la gourde au hamac. Ce matin je me lève vers 6h30. Déjeuner. Je fais le point près du rio.



Je suis la piste un bon moment. Je reviens au camp. Je grimpe sur la colline. Je traine longtemps et pars vers 12h45. Je suis la piste un bon moment et la perd. Pendant les trois heures de marche de cette journée je passe mon temps à changer de rive. De temps en temps je suis diverses pistes. Je retombe sur un campement. Site superbe. Ils choisissent bien leurs campements. Provision de bois sous bâche plastique. Sous l’abri je trouve suspendu un paquet de cire rouge à parquet avec une boite d’allumettes. Compris. Je fais un essai. Ça brule très bien mais moins longtemps que mon alcool en tablette. Moins cher et plus facile à trouver. Je repars. Mets souvent les pieds au delà de la capacité de mes bottes. Sur l'autre rive je découvre un campement beaucoup plus ancien et rustique. Un toit en palmes tressées, très sèches, au dessus d'un semblant de sommier en bois à 30cm du sol. Je repars et l'autre de trouver un camp pour la nuit me trouve à flanc de colline. J'escalade. Je suis trempé de sueur. Je m'installe sur la pente. Je dine rapidement, dévoré par les moustiques. J'essaie de sécher mes chaussettes devant le feu. Demain je redescend près du rio pour déjeuner et tenter de retrouver une piste.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 15:03:17 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

01 novembre 2010 à 21:19:51
Réponse #38

Trekkal


Mais qui sont ces mecs ? des touristes?des locaux ? Arriveras tu a les apercevoir ? que de suspens...    :doubleup:    :doubleup:

01 novembre 2010 à 21:30:20
Réponse #39

guarocaliente


Mais qui sont ces mecs ? des touristes?des locaux ? Arriveras tu a les apercevoir ? que de suspens...    :doubleup:    :doubleup:

Des locaux, très certainement. Plusieurs possibilités.

Des chasseurs illégaux dans cette réserve. Très possible aussi qu'ils soient des pilleurs de tombes.

En tous cas ils sont plus que probablement armés et moi pas. Ils sont pauvres et moi pas  ;D (relativement à eux).

Donc c'est une bonne raison pour ne pas vouloir les rencontrer.
Ici et Maintenant.

04 novembre 2010 à 16:58:36
Réponse #40

FrancisZebra


On attend la suite avec impatience ;)
Merci encore.

05 novembre 2010 à 18:01:22
Réponse #41

Jérôme A


salut et merci pour le partage ...
 :up: :up:
Si vous vous sentez impuissant...
Aidez quelqu'un .

05 novembre 2010 à 18:12:43
Réponse #42

guarocaliente


Jeudi 8 février 17h56  35eme jour 21°


Nuit presque chaude en sac et doublure polaire  sans rien d’autre.
Veste en polaire sous les fesses. Depuis hier soir, 20° à 18h. 17 ou 18 à 6h.
L’eau est à 17°. Ce matin re descente vers le rio. Je déjeune et repars. Moi qui m’étais promis de ne plus me mouiller les pieds, c’est raté.
Tant pis ! Je traverse le rio avec de l’eau jusqu’aux genoux. J’ai perdu la trace de mes pollueurs. De toute façon il est temps d’obliquer vers le sud-ouest en direction de Santa Clara. Je remplis la gourde et prends dans le jerrycan ce qu’il me faut d’eau pour ce soir. Mon trajet vers Santa Clara comprend plusieurs étapes de rio en rio. Sans compter les ruisseaux qui ne sont pas sur ma carte. La saison sèche est de plus en plus marquée. Le fait que je redescende en altitude doit également jouer. Superbe soleil toute la journée. D’ailleurs il n’a pas plu une goutte depuis 13 jours. 2 jours de pluie depuis le 5 janvier. Donc après avoir fait provision d’eau je coupe au 200.(direction en degré sur la boussole) Je recommence les montagnes russes. A 15h40 je m’arrête camper. J’accroche mon hamac pendant que le feu s’embrase. Je pose ma montre sur le hamac et vais diner. Ensuite je retourne finir d’installer mon abri. Je tends le toit du hamac en oubliant la montre. Je range toute mes affaires dans le sac à dos, bottes dessus et poncho par-dessus le tout en cas improbable de pluie. Et je me souviens de la montre. Rien par terre. J’ai beau écarter les feuilles mortes je ne la retrouve pas. Je cherche partout pendant 20 minutes. Rien. La nuit tombe. Je suis à poil en tongues et les mouches me tournent autour en essayant de me piquer. Je range tout et grimpe dans mon nid. CRACK ! Des coutures cèdent. Plus que 8 nuits… En observant les coutures à la lampe, je retrouve ma montre coincée dans la moustiquaire. Quelle aventure palpitante ! A part ça ? Ta gueule.


Vendredi 9 février 17h40   36eme jour


Bon, today déjeuner envahi de mouches, des centaines ! Je pisse trop près du hamac !
Je repars. En milieu de journée je redescends dans un affluent du Pavo. Je remplis la gourde et  prend l’eau nécessaire pour ce soir et demain matin dans le bidon. Je remonte l’affluent pendant 20 minutes. Des locaux sont passés ici il y a longtemps.. En haut de la colline je fais le point. Je redescends au 220. Un insecte me cogne la joue gauche. Brulure immédiate. Surement un frelon. Je sors vite l’aspivenin de la pharmacie que je porte à la ceinture. Pas facile de trouver l’endroit de la piqûre dans la barbe. D’ailleurs avec tous ces poils le vide ne se fait pas. 2 gros bourdons tournent au dessus du sol. De rage j’en écrase un ! 2 autres m’attaquent, un me pique au poignet droit ! Je laisse la pharmacie par terre et pars en courant. Un peu plus loin je m’équipe. Moustiquaire de tête sur le chapeau, manches et boutons de la veste bien serrés, gants, je retourne chercher la pharma. Un bourdon m’agresse mais ne trouve pas d’ouverture. Je repars déguisé en apiculteur. Je ne savais pas qu’il existait des bourdons agressifs. (et que les nids sont sous terre. Merci wiki) Je continue les montagnes russes. En haut d’un plateau site idéal pour camper. Il n’est que 15h. Je passe le plateau et arrive devant une végétation très dense. Pour demain ! Je fais demi-tour et pose mes sacs. Flambée énorme. L’avantage de la saison sèche. Il ne faut que 10 minutes pour avoir un énorme feu. Cela me change de mes deux heures de la dernière fois. Évidemment il y a plein de bugs, mais pas de pluie. Sur la carte plastifié édité au pays voisin en 1963, il y a une route qui passerait à moins de 200 mètres sur mon chemin. La carte locale qui date de 1980 ne la mentionne pas. Bizarre. Je verrais demain si elle existe. De toute façon si elle est là, je ne la suivrai pas. Elle mène au « bidonville » d’où je suis entré dans la forêt. Je n’aurais pas de moyen de transport jusqu’à Santo Domingo. Je vais à Santa Clara où je devrais trouver un bus. C’est bientôt la fin de cette aventure…. Il faut que je revienne avec quelqu’un de compétent. Le copain de Fred m’a parlé d’un gars qui ferait la même chose que moi. Il faut que je le rencontre.


Samedi 10 février 17h32



La route existe, je l’ai rencontré. Étonnant qu’elle ne soit pas indiqué sur la carte du pays pourtant plus récente. Je suis parti à 6h ce matin. 30 ou 40 minutes après je croise ce chemin forestier.



J’avance assez vite. Je traverse un ravin d’une quinzaine de mètres de haut assis sur un arbre tombé entre les deux cotés. L’arbre doit bien faire 20 mètres de long. Je regrette de ne pas pouvoir photographier cela. (Ok ça fait Indiana Jones (je rêve ! En blouson de cuir dans la jungle !) mais c'est surtout complètement abruti de jouer à ça, seul, avec un gros sac sur le dos et le risque que le tronc soit pourri au milieu.. Bref. ) Arrivé de l’autre coté je dois me battre à la machette contre des buissons épineux très denses. Cela dure bien 30 minutes. Écorché un peu partout malgré le treillis et les gants. Je repars vers le sud. Vers 13h j’arrive sur l’affluent du rio Azul. L’affluent descend sur l’Azul qui doit être à 2 km. Juste derrière l’Azul, à moins d’un kilomètre se trouve Santa Clara, lieu de mon retour à la civilisation. Il ne me faut pas plus d’une journée et demie, voir moins, pour y être. Un peu trop tôt puisque je veux sortir de la forêt vendredi matin. Cinq jours donc, que je vais utiliser à me promener dans le coin, laver mes fringues pour ne pas avoir l’air de ce que je suis. Pourquoi ne sors-je pas plus tôt ? Parce que je ne suis pas venu ici pour me payer du bon temps. Parce que si je sors le plus tard possible, je pourrais mettre de coté plus de dollars pour la prochaine. Je ne comptais sortir que dimanche matin pour être à la capitale lundi midi (mon avion étant mardi matin). Mais je veux visiter les musées. Et ils sont fermés le lundi. Donc je sors vendredi matin pour être dans la capitale samedi midi. De plus, j’ai changé, en pensant acheter la carabine, beaucoup de dollars. Il faut que je rechange ma monnaie de singe avant le retour. Et si je sors dimanche, je ne pourrais pas acheter un pantalon propre. Il faut que je sois à Santo Domingo vendredi en début d’après midi pour acheter, si ce n’est pas trop tard, mon billet de car pour la capitale. Que j’achète un jean. Que j’appelle en France. Que je me lave à fond. Que je mange une énorme pizza. Et que je confirme ma place sur l’avion du retour. Plus que 6 jours en forêt.
« Modifié: 08 décembre 2014 à 01:59:37 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

05 novembre 2010 à 19:41:33
Réponse #43

guarocaliente


Dimanche 11 février 18h00  38°j


C’est comme à la Samaritaine ! Tous les jours il se passe quelque chose ! (allusion à un vieux slogan de pub d’un grand magasin parisien). Nuit chaude. Un animal est passé tout près du hamac. Cela est arrivé plusieurs fois. Ce matin réveillé vers 5h45. Le vent souffle très fort. Mais alors très très fort.
Des branches tombent. Les feuilles et des brindilles sont arrachées des arbres. Je reste au chaud dans mon sac de couchage.
Je regarde par la moustiquaire la cime des arbres.


(je regarde au dessus de moi si il n’y a pas une branche en équilibre qui pourrait m’écraser. C’est un danger très réel dans ces montagnes. En forêt tropicale en général, je crois. Les arbres sont enracinés très superficiellement et, évidemment, contrairement à nos forêts ça n’est pas entretenu. Les arbres pourrissent sur place et ça n’est pas évident à détecter. En saison des pluies c’est pire. Gorgé d’eau. Ça ajoute du poids. L’année d’avant j’étais dans la même zone. Une nuit j’ai entendu un arbre s’abattre tout près. Je me suis mis en boule dans le hamac. Rien d’autre à faire. Le lendemain je suis allez voir l’arbre tombé à une vingtaine de mètres.. Oui, probablement un des risques les plus grands..).

Une énorme branche tombe à 10 mètres. Bon. Je reste au chaud. CRAK ! Un arbre se casse en deux à 20 mètres. Je sors du hamac ! Mieux vaut que je puisse bouger rapidement. Partout dans la forêt j’entends les arbres qui s’écroulent. Je prépare mon feu. Dès que le vent redouble, je me colle au tronc de mon hamac, les yeux en l’air.

(d’un des arbres qui tiennent mon hamac, choisis pour son diamètre, son apparente santé et solidité et son houppier peu développé.
La vache fallait le caser « houppier »  ;D ! )


CRAK ! Deux arbres proches se cassent en deux. BAM ! Deux ou trois arbres s’écroulent à 20 mètres. Toute la matinée j’ai été au milieu de la tempête de décembre 99 !

(exagération. Je suis pourtant pas Marseillais.. Mais le spectacle était très impressionnant. Pas une tempête mais les arbres qui tombent ou se cassent en deux ça calme).

Mais au milieu d’une forêt, je regarde bien au dessus de moi. Je pars quand ça se calme vers 11h30. La forêt est ravagée. Des arbres sont abattus partout ! Je me demande si ils ont souffert un peu plus bas.

(au pied des montagnes, dans la vallée)

Je descends ma rivière. Des arbres éclatés sont couchés en travers. Le chaos. Je continue tranquillement ma descente. Il fait très chaud et les insectes sont de plus en plus pénibles à supporter. Vers 14h je commence à chercher un endroit pour le soir. Pas facile ! Il faut que je trouve deux arbres solides assez éloignés de ceux qui sont prêt à tomber. De temps en temps j’en entends un qui s’écroule. J’ai fais un énorme feu contre un gros arbre. Je me suis installé sur une petite crête. Un peu plus haut, le plateau est ravagé ! Une belle clairière. Pour l’instant l’air est stable. J’espère que je n’y aurai pas (le) droit de nuit. Sinon, rien de spé. Je viens de me rendre compte seulement ce soir qu’il fallait mettre plus d’eau dans les pâtes ! J’en ai mis trop ce soir et je n’ai pas eu d’autre choix que laisser l’eau s’évaporer. Alors les pâtes ont beaucoup gonflées. Du coup ça m’a un peu plus calé que d’hab. Je recommence demain pour voir. Hier soir, comme souvent, j’ai relu dans mon guide et mon dico, tous les plats Espagnols ou locaux. J’en salivais ! J’ai imaginé tout ce que je pourrai bien préparer à mon retour (si le ciel ne me tombe pas sur la tête !). Je recommence ce soir. 5 nuits. 4 jours. Pas envie de rentrer à Paris l’hiver. Pas envie de rebosser. Envie de voir mon lapin.
M*rde, le vent se lève.

« Modifié: 05 novembre 2010 à 19:50:58 par guarocaliente »
Ici et Maintenant.

05 novembre 2010 à 23:06:36
Réponse #44

Neibaf


 :love: :love: :love: :love:

Bravo à toi pour ce voyage et merci de nous le faire partager

 :love: :love: :love: :love:

Fab
"Qui veut faire quelque chose trouve un moyen, qui ne veut rien faire trouve une excuse"

05 novembre 2010 à 23:30:19
Réponse #45

Stephane


Eh oui, les bourdons piquent et construisent habituellement leurs nids dans la terre. Par contre, ils sont habituellement peu agressifs et ne piquent en général pas facilement, tu as du marcher sur leur nid.
Super ton récit, et la République a vraiment de beaux coins a visiter, suffit de les trouver par contre. T'as bien choisi, il n'y a que peu de reptiles ou mammifères qui peuvent causer des problèmes. C'est un pays super pour ce genre de voyage.
Stephane Deshaies
Estrie, Quebec

Pour conserver la même opinion en politique, il faut souvent changer de parti!

06 novembre 2010 à 07:15:09
Réponse #46

Trekkal


toujours aussi bon a lire .   :up:

06 novembre 2010 à 14:21:05
Réponse #47

Jérôme A


salut ,

franchement je trouve que tu as un grand talent d'écriture félicitation ... :akhbar:

c'est passionnant merci  ;)

soul,
Si vous vous sentez impuissant...
Aidez quelqu'un .

06 novembre 2010 à 15:58:19
Réponse #48

Maximil


Fabrication maison de stylo-plume , roller , bouchons de bouteilles , kubotan , koppo-stick etc... http://maximil.chez-alice.fr/index.htm
Photographies de Maximil
Patines de chaussures de Maximil

06 novembre 2010 à 16:42:04
Réponse #49

guarocaliente


... je trouve que tu as un grand talent d'écriture félicitation ... :akhbar:


Pas moi  :D Mais merci quand même.
Ici et Maintenant.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
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