Trois jeunes cons partent en randoC'était l'heure des éboueurs. J'avais le torse en sueur et les reins au froid, et la barre en métal froid vicieusement cachée au fond de ce vieux canapé trop mou me rentrait dans les côtes sans que je n'y oppose plus de résistance. J'avais essayé de trouver une position un peu moins inconfortable que les autres tout au long de cette nuit sans repos, mais j'étais excité et inhabitué aux bruits qui rythment la nuit d'un centre ville touristique en vacances. Les fêtards les plus noctambules étaient rentrés à leurs campings, après quoi quelques casanovas en mobylette avaient fait pétarader les rues de Die -- ce qui avait le mérite de couvrir les cris des ivrognes qui restaient.
Lorsque le dernier échappement libre a expiré, les éboueurs sont passés. Après les éboueurs ce furent les livreurs, le gars qui nettoie les trottoirs, les rideaux métalliques qui se lèvent, le marché qui se monte, les commerçants qui s'apostrophent avant de commencer leur journée.
Je me suis levé avec la bouche pâteuse et dans les yeux le même sable que la veille au soir, et suis descendu dans la cuisine. C'était une maison de centre-ville ridiculement étroite, chaque étage logeait seulement une petite pièce. Les étages s'appelaient ainsi cuisine, séjour et chambre. Elle avait appartenu à l'arrière-grand mère de mon ami Julien. Lui, il venait juste d'entasser son sac de couchage près de l'évier et il me regardait avec ses yeux cernés et le teint gris :
" - Toi non plus ?
- put**n moi non plus..."
On s'est assis face à face autour de la petite table, chacun le nez planté dans un grand bol de café, et on s'est écouté mâcher lentement des krisprolls. Julien c'était mon pote. On s'était rencontrés au lycée, entre nous le courant passait simplement, on se comprenait sans parler -- dans les soirées on se disputait les mêmes filles. On avait juste dix-huit ans et on partait conquérir le Vercors. Sauf qu'on n'avait pas encore mis un pied devant l'autre que déjà ce matin-là m'enseignait une leçon maintes fois répétées depuis : quand on a un truc grandiose à faire, les conditions ne sont jamais idéales.
Puis quelqu'un a déboulé dans l'escalier, et le troisième larron nous a terrassés avec son énergie habituelle :
" - Ca va vous êtes prêts ? Bon on déjeune vite puis on fait les sacs et on y va, on a une grosse journée devant nous !
- Attends, t'as dormi toi ?
- Bin ouais j'ai super bien dormi, pourquoi ?"
Il avait dormi dans la chambre, lui, quoi que ça ne devait pas être bien plus calme. A l'époque Jérémie avait ce don pour ne pas comprendre la souffrance des autres, mais on l'aimait bien quand-même. Il était intelligent, rigolo, musicien, sportif, bouillonnant d'idées intéressantes et jamais fatigué. Il randonnait souvent en famille et son expérience faisait de lui notre leader naturel pour cette ballade. Lui, Julien et moi avions planifié cette randonnée pour les vacances d'été en rêvant notre parcours sur des cartes en relief un soir au coin d'un feu de cheminée. Ma première rando. Christophe Colomb décidant de partir à l'ouest ne pouvait pas être plus enthousiaste que nous ce soir là.
On s'était un peu préparés dans la semaine suivante. J'avais acheté une paire de godasses exprès, au surplus militaire du coin, des rangers. Elles étaient massives, tout en cuir, et si c'était militaire ça ne pouvait pas être mauvais. Je les avais un peu portées, il paraît que les rangers il faut les "faire". Je les avais balladées un jour ou deux en ville, et une heure ou deux dans les champs. Ca devait bien suffire. Je n'avais pas réalisé qu'elles étaient un poil trop petites -- ou trop grandes, je n'en sais rien en fait.
Nous avons bouclé nos sacs et sommes sortis. Je portais mes rangers, un jean, une chemise manche-courtes à carreaux, et un énorme sac-à-dos qui me donnait l'impression d'être un semi-remorque à pattes. Je l'avais emprunté à mon père, ce sac de 60 litres qui s'était rempli à bloc sans que je sache bien comment. J'avais dû accrocher à l'extérieur le tapis-mousse, le sac de couchage et la toile extérieur de cette lourd tente 4 places. Jérémie portait les arceaux et les piquets, et Julien avait la tente intérieure. On se sentait forts -- avec du recul je réalise que c'était en partie dû à l'inertie de nos sacs à dos. J'étais convaincu de faire forte impression aux touristes hollandais en tongs qui trimballaient un crocodile gonflable. On est passés par le marché, j'y ai complété mon attirail par un chapeau à large bords tout mou en coton, puis on est allés frapper la route de nos semelles.
Nous avons quitté Die vers le sud, sur les bas côtés et sur le goudron, avons bifurqué et longé les routes jusqu'à l'abbaye de Val-Croissant. Sept kilomètres.
Arriver jusque là après une nuit sans sommeil, tout déshydraté, avec un sac à dos qui me labourait les épaules (personne n'avait eu l'idée de m'expliquer comment porter sur la ceinture ?) ça aurait pu être une belle petite trotte revigorante au soleil. Mais ce n'était que le tout début de notre ballade.
La suite était une montée sous couvert forestier.
La rando ça fait mal"- C'est là qu'on va jouir !"
Jérémie annonçait le programme. Il est parti bon train. Nous avons suivi. J'avais soif, j'avais chaud, le sac était lourd sur les épaules, j'avais envie de faire des pauses, mais Jérémie me prodiguait de bons conseils : "Bois pas trop, ça coupe les jambes !". J'avais confiance en son expérience. J'acceptais volontiers l'eau qu'il me tendait, confiant ainsi de ne pas gaspiller ma charge d'eau à moi, juste au cas où. Je crois bien que je transportais une bouteille d'eau d'un litre et demi, rien de plus.
Notre file s'étirait de plus en plus, Jérémie en tête, Julien au milieu. Moi, derrière, je voyais Julien, son sac trop petit et trop chargé, ses bras agrippés aux bretelles, ses mollets qui descendaient dans une paire de Doc Martens. Quand je trouvais qu'ils étaient trop loin devant je coupais les lacets en montant tout droit pour regagner quelques mètres. Jérémie faisait quelques pauses pour ne pas perdre le groupe, mais il repartait dès que j'approchais. C'est ainsi celui qui avait le plus besoin de pauses qui en faisait le moins. Mais mon pote m'assurait que si je cassais mon rythme ce serait pire.
Comment aurait-ce pu être pire ? J'avais mal à mes mollets, j'avais un tendon inflammé à une aine, mes pieds me brûlaient et je savais que j'allais bientôt avoir des ampoules aux chevilles et à tous les orteils, sous la belle coquille noire des rangers. Mais je ne disais rien, évidemment, les ampoules ça fait partie de toute rando, non ? J'ai donc simplement dit d'arrêter de m'attendre, qu'on n'avait qu'à se retrouver quelque part pour une vraie pause.
"- Non, on sépare pas le groupe ! T'inquiète pas ça ira, c'est pas si dur.
- Oui mais je vais marcher plus doucement quand-même. J'ai mal à l'aine, et j'ai mal aux pieds.
- Oh tu vas quand-même pas attrapper une ampoule hein !
- Bin on verra bien..."
La montée se prolongeait, puis finalement il y eut une courte descente dans la forêt. On venait de passer le col du Ménil. Après ce col nous avons débouché sur un terrain plus ouvert à flanc de montagne. Malgré l'assurance que les prochains kilomètres seraient à plat, j'avais de plus en plus de mal à tenir la distance, mes deux potes étaient hors de vue la plupart du temps. A un moment je les ai retrouvés alors qu'ils se ravitaillaient en eau dans un torrent qui croisait le sentier. Une petite maladresse a envoyé un gobelet rebondir loin dans les roches en contrebas, et le temps que Jérémie a mis pour descendre le chercher puis regrimper était ma première vraie pause depuis l'abbaye. J'ai passé ce moment debout sur un rebord un peu étroit, avec les mains aggripées à une roche pour garder l'équilibre. Puis nous avons continué.
Nous nous sommes arrêtés quelque part sur un des tronçons un peu escarpés des balcons du Glandasse. C'était un large sentier nivelé au dessus d'un précipice et sous les falaises du plateau, avec une vue qui me paraissait alors unique au monde. On a fait une vraie pause, une où on pouvait s'assoir longtemps en toute bonne conscience. J'ai posé mon sac, me suis assis en travers du chemin, face au précipice. J'ai douloureusement ramené mes jambes vers moi et délacé mes chaussures. J'en ai retiré une. Quand j'ai essayé de retirer l'autre, ma cuisse a été prise d'une crampe incontrollable, ma jambe s'est brutalement dépliée et ma chaussure serait partie voler dans le précipice si elle n'avait pas été miraculeusement capturée par un tout petit buis juste devant moi. On en a rigolé. On a partagé le saucisson. Je n'ai pas enlevé mes chaussettes (en coton, évidemment), pour ne pas voir l'état de mes pieds. On a causé de tout et de rien. Julien et moi avons un peu tancé Jérémie parce qu'il marchait trop vite. On prétextait qu'à ce rythme il ne pouvait même pas voir le paysage, à quoi il répondit évidemment "bin si, là tiens, je le regarde le paysage là par exemple !".
Après ça, pour mon confort moral et mon honneur d'homme, j'ai réussi à convaincre les autres de repartir à leur rythme et qu'on se retrouverait pour les pauses.
Ils ont vite disparu loin devant, et je commençais à marcher d'un pas plus lent sur mes pieds délabrés, mon aine douloureuse et mes jambes pleines de crampes. Un peu plus loin pourtant mes deux compères m'attendaient de nouveau, à un endroit où le sentier s'était fraîchement éboulé. Il fallait traverser une dalle nue sur quelques mètres. Julien l'a retraversée dans l'autre sens pour prendre mon sac à dos puis m'a tendu une main pour m'aider à me rétablir sur le sentier. Deux petits gestes de rien du tout qui dix ans après me vont encore droit au coeur.
Puis nos allures différentes nous ont séparés de nouveau.
Je me traînais. Je m'asseyais de temps en temps, mais le chemin n'en paraissait que plus interminable. Les buissons ont fait place à une forêt. A une bifurcation j'ai hésité. J'avais une carte, celle prévue pour le lendemain... j'étais encore au sud du bord sud de ma carte, c'était Jérémie qui avait la carte du jour. J'étais assez groggy pour ne pas remarquer tout de suite que par-terre dans les feuilles des bâtons formaient une flèche et un "M" distincts. J'ai grogné un remerciement à mes amis et j'ai continué sur le sentier indiqué par la flèche.
La temps s'étalait, le soleil baissait, j'étais encore très loin du but. Je m'asseyais souvent et de plus en plus longtemps, tenté de ne pas me relever, je voulais juste m'endormir là dans les feuilles tièdies par le soleil et oublier la souffrance, la rando, mes copains, juste dormir. Mais je me relevais à chaque fois. Mes jambes étaient devenues tellement crampées et douloureuses que j'avais attrappé un genou de mon jean dans chaque main et que j'aidais chaque pas avec la force d'un bras, en tirant la jambe vers le haut. Cette démarche peu élégante m'a permis de continuer. A un moment j'ai confondu le sentier qui remontait avec une la tranchée raide visiblement laissée par une coupe au câble. Peu importe, j'ai rampé dans les herbes raides en espérant retrouver le sentier plus haut. Bingo. Enfin un truc qui marche. Puis les arbres se sont clairsemés et je suis enfin arrivé sur le plateau.
Des scouts faisaient une pause au pas où mon chemin rejoignait un GR. Ils m'ont vu arriver doucement, levant misérablement mes jambes en tirant les genoux avec mes bras. Ils ne s'en sont pas formalisé. On a discuté un peu. On allait au même endroit, Pré-Peyret. Une heure de marche, qu'ils disaient. J'avais qu'à finir la route avec eux. Malgré mon aversion pour les scouts, ils étaient plutôt sympas et j'étais soulagé d'avoir la compagnie de gens qui semblaient savoir où ils allaient. On s'est remis en marche tous ensemble. J'ai fait de mon mieux pour tenir le rythme. Ils ont entonné : "Et pour Mathias hip-hip-hip, et pour Mathias hip-hip-hip, et pour Mathias hip-hip-hip hourra !". Sauf que mes muscles desséchés n'entendaient pas la chanson, et dans la première montée je me suis assis.
"- On se retrouvera un peu plus tard au refuge.
- Pas de problème. On dit à tes potes que tu arrives. A tout' ! "
J'ai continué seul la danse ridicule du gars qui tire son jean. Certaines articulations sur le dessus de mes poings commençaient à saigner. J'avais été fatigué et deshydraté toute la journée, et il ne restait qu'un ou deux décilitres au fond de ma bouteille. Mais tout cela ne me causait pas de souci, bientôt je serais au refuge ! Je n'avais qu'à suivre la trace balisée de cairns à la marque blanche et rouge. Pour faire passer le temps plus vite et oublier un peu la douleur j'ai continué mes rêvasseries en "marchant".
Où le héros se perdTiens... Plus de trace. Plus de cairns non-plus, où que je regarde. Juste les collines qui roulent sur le plateau et se ressemblent toutes. La seule chose que j'ai ressentie, ce fût de l'exaspération envers moi-même. Fallait vraiment que je sois capable de merder jusqu'au bout. Ca me dégoûtait de penser que des milliers de gens randonnent par là chaque année avec plaisir et sans aucun problème.
J'ai essayé de me souvenir de ce que j'avais vu sur la carte de Jérémie. Un peu plus loin au nord il devrait y avoir devant moi une vallée qui remontait vers le nord-ouest. Par contre je ne savais pas comment le sentier se positionnait par rapport à cette vallée. Le refuge était indiqué sur le bord sud de ma carte, mais la vallée pas vraiment. N'importe quelle personne sensée aurait pensé que la vallée offrirait des points de vue et une solide référence pour l'orientation ; il suffisait d'aller au nord-ouest pour la croiser et recaler la navigation. J'aurais sûrement aperçu au loin des artefacts qui figuraient au sud de ma carte. Mais mon esprit inexpérimenté décidait que les falaises qui bordent la combe pouvaient me causer des problèmes, et quelque part je pensais que le GR était à ma droite. J'ai donc décidé d'éviter la vallée et chercher des hauteurs. J'ai sorti ma boussole, un poing écorché a tiré sur une cuisse de mon jean, et c'était mon premier pas vers le nord-est.
J'ai laborieusement gravi une première colline. Ca a duré une éternité, en m'asseyant souvent. Arrivé en haut je n'ai vu que d'autres collines. L'une d'elle était cônique et présentait une éboulis face à moi. Je me souvenais que le refuge était près d'une colline cônique avec un éboulis. J'ai commencé à redescendre vers elle.
Une sensation bizarre dans un de mes talons me parvenait malgré les ampoules qui cuisaient mes pieds. J'ai regardé ma rangers. Un talon commençait à se décoller.
Le soleil est passé sous l'horizon, mais le crépuscule estival promettait de durer encore. Loin au sud je voyais un beau gros cumulo-nimbus.
J'ai gravi cette colline encore plus lentement que la précédente, dans les éboulis. Le refuge serait peut-être visible de là. Seulement, arrivé en haut j'ai réalisé qu'elle n'était pas cônique du tout. Elle formait une crête ronde cachée derrière le demi-cône. Ca ne pouvait donc pas être ma colline promise. Peu importe, la colline menait vers le nord, je l'ai longée. Mon talon était complètement décollé à présent et faisait flop-flop.
Je me suis dit que je ne pouvais pas continuer comme ça éternellement. Mais je ne me résolvais pas encore à bivouaquer tout de suite. Je n'avais jamais bivouaqué d'ailleurs. Sur le forum les premières se font dans le jardin. Moi ma première je la ferai dans une prairie au dessus d'un plateau sauvage, à 1800 mètres d'altitude, perdu, déshydraté avec une bouteille désormais complètement vide, très fatigué, avec du matériel inadéquat, une météo incertaine et les pieds explosés par des ampoules, un tendon inflammé et des crampes plein les pattes. Mais en vérité ça ne me causait pas plus de soucis que ça. J'espérais juste éviter l'orage, surtout avec les squelettes d'arbres foudroyés sur cette crête. J'ai décidé que ma journée serait terminée quand le talon de ma chaussure se détacherait complètement.
Un troupeau de moutons épars a filé en me voyant. Le premier mouton à déguerpir était à ma droite. Il est donc logiquement parti à droite. Et du coup le reste du troupeau à fait ce truc typiquement moutonnesque, ils sont tous partis vers ma droite, même ceux qui étaient à ma gauche. J'ai donc tranquillement attendu que des moutons paniqués foncent vers moi pour me fuir. Logique de mouton. Les loups ont la vie facile, finalement. Seule l'une des boules de laine ne courait pas. J'ai regardé à dix pas devant moi ce gros bélier qui me faisait face. Il n'a pas bougé. J'ai détaillé ses cornes et surtout son énorme front laineux derrière lequel je devinais facilement le crâne blindé. Je savais que s'il me chargeait je ne pourrais rien faire du tout dans mon état, et qu'il me défoncerait sûrement plusieurs côtes d'un seul coup. La pensée m'est venu sans aucune émotion. Nous sommes restés ainsi face à face jusqu'à ce que la dernière brebis ait disparu, puis il est parti les rejoindre.
La nuit était complètement tombée. J'arrivais à la fin de la longue colline. Au loin, une lumière. Ca ne pouvait être que le refuge. Mon talon a lâché. Fin de la journée, demain j'irai facilement au refuge.
La nuitJ'ai enlevé mes chaussures et me suis posé exactement là où j'étais dans la pente herbeuse. Je n'avais aucune raison de chercher un lieu meilleur. J'ai aligné trois grosses pierres et coincé le bord d'une couverture de survie en dessous.
J'ai déroulé mon matelas mousse et j'ai déplié mon sac de couchage. Ce sac était une m*rde. Un sac synthétique estival, rectangulaire et sans capuche, plus âgé que moi. La vérité c'est qu'il datait de 1969. Il était décoré de jolies fleurs, mais c'est tout ce qu'il avait comme qualité. Mais à l'époque je n'y connaissais rien du tout en sacs de couchage, et je me disais que si mon père l'avait utilisé en 69, je pouvais bien l'utiliser moi aussi, et je ne lui trouvais alors aucun défaut.
Je me suis calé avec les pieds contre les trois grosses pierres qui m'évitaient de glisser. Puis j'ai tant bien que mal replié la couverture de survie sous mes chaussures à côté de moi, et le sac à dos juste contre mes jambes. J'ai fermé les yeux.
Quelque chose comme deux minutes plus tard, la couverture de l'espace était en lambeaux. Je l'ai remplacée par la toile de tente, en l'utilisant de la même manière : comme un couvre-lit. J'ai refermé les yeux. J'ai dormi un peu. Quand je me réveillais j'étais transi de froid et de crampes. Le vent poussait désormais une couverture de nuages, mais il n'a pas plu. J'ai passé la nuit ainsi.
Fin de la première partie
