... Et bien me revoilà avec Abisko s'éloignant dans mon dos, parti en bus, les vêtements sentant les croquettes et le chien...

je veux à présent rejoindre mon copain finlandais, pour la seconde partie de ce voyage (seconde moitié de mars), sur son territoire au nord de la Finlande, dans les espaces suavages aux abords du lac Inari... et continuer à l'aider dans sa tâche démarrée l annéee dernière, en février 2009: commencer à construire son sauna a partir des troncs tombés l'année dernière...
Pour un rappel ainsi qu'un descriptif de la situation géographique et des conditions de vie et de travail au camp, je vous renvoie à ce fil:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,15608.0.html...En effet, histoire de ne pas être trop redondant, beaucoup d'éléments vont se être revécus ici, les conditions étant relativements similaire avec peut être un poil plus de neige et des températures plus froides (beaucoup de journées à -20 et quelques nuits à -30...). Je mettrais l accent sur les choses nouvelles que m'ont apporté ce nouveau séjours...
Ainsi, après avoir rejoint la frontière suédo/finnoise au village de Karesuvando (côté suédois)/Karesuvanto (côté finnois), me voilà à faire le pied de grue au bord d'une nationale à faire du stop pendant 5 heures d'affilée par -20...
j'en profiterais pour "apprécier" les qualités de mes vêtements par ces conditions en statiques. j'avoue avoir eu peur de me les geler sévères mais en fait, avec la doudoune sur le dos et les mêmes vêtements et sous-vêtements indiqués dans le premier post de ce fil, tout s'est bien passé et je n'ai jamais vraiment ressenti un froid prononcé. tout au plus ce que David appelerait le "froid confortable"...
Bref, après avoir été enfin pris me revoilà en direction de Muonio, mais plus tard je serai malgré tout obligé de redescendre jusqu'à Rovaniemi, d'y passer la nuit et de prendre un dernier bus qui m'amènera enfin à Inari... 2 jours et demi pour faire quelque chose comme quoi, 500 km à la louche?
enfin... une fois arrivé, je fais quelques courses a la demande de mon pote par sms, je mange un bout et saute dans une paire de raquettes et harnache ma pulka (le même materiel loué dans la même échoppe que l'année dernière) et m'engageant en milieu d'aprèm sur le lac d'Inari...
excellente introduction "sportive"

et profitons d'un temps magnifique... (vue en direction d'Inari, dans mon dos...)

le temps passe, je trotte, mais pas rapidement, n'étant pas une flèche...

mais je m'en fous, je suis bien...
La nuit commence à tomber et au loin, j'aperçois 2 points qui me font dire que ce sont peut être mon pote et une autre personne venue l'aider pendant 2 semaines avant mon arrivée, marchant à ma rencontre? et bien non, en me rapprochant...

... 2 "flaneurs" croisant mon chemin... ou plutôt devrais je dire: j'ai croisé le chemin de ces 2 "flaneurs"...
Le temps se dégrade vite soudainement, la nuit est tombée et la neige se met de la partie...
à environ un km de son camp, j'hésite sur le chemin à suivre, normalement facile car correpondnat aux traces de skidoo des éleveurs de rennes de la région. Mais c'est que c'est un vrai réseau de traces que voilà et dans le doute, é la frontale, je décide de choisir celle qui, dans le pire des cas me ramènerait sur le lac d'Inari, ou si nécessaire je pourrais soi:
- bivouaquer sur l'un des ilots du lac d Inari, en vue du village d'Inari,
soi
- rejoindre directement le village, si la fatigue n'est pas trop grande.
au bout de 20 a 30 minutes d avancee dans le massif forestier, a la frontale sous la neige. je me dis que l endroit ne me rappelle rien et ne correspond vraiment pas aux indications rappelees par mon ami....
je stoppe tout.... on va reflechir 2 minutes. observation des environs dans la nuit naissante, observation et releve des points remarquables au compas et report sur la carte pour une "triangulation sommaire" (ne pas oublier la deviation des valeurs lues au compas, due a la declinaison magnetique en cet endroit qui est de l ordre de 11 degres Est, cette annee...). et enfin controle et verification au GPS (modele de base: Garmin 60) (j avais penser a programmer la bonne geodesique et bonne grille avant le voyage en remettant les coordonnees du camp de mon pote en memoire...). tout concorde et en effet, je me suis bien rapproche du lac comme prevu, mais suis bien dans les choux d un bon km par rapport a la position de mon pote...
Du coup je retourne sur mes traces jusqu a l endroit ou j ai "loupe le coche" et apres avoir fait le point au compas a nouveau et reverifier ma position relative a celle de mon pote sur le GPS, je me remets en marche et retrouverais la bonne "piste quasi immediatement...
Peu apres, dans la demi heure qui suivra je rejoindrais mon pote et son comparse qui m acceuilleront avec un feu de camp au bord d un petit lac bordant son territoire. Le feu etant un veritable phare dans la nuit pour moi...
Quoique pas inquiet, etant pret a bivouaquer "sur place" si je n avais pas reussi a retrouver mon chemin une heure de plus, de nuit et sous la neige, j avoue que ce feu dans la nuit a ete un vrai plaisir a voir au loin...

je passerai cette premiere nuit dans la tente "de surplus" de mon pote en attendant de pouvoir installer mon propre petit "nid" demain matin. ce nid sera l occasion de tester un grand tarp en 4X3 m "maison", dessine par votre serviteur et cousu par le tailler de mon quartier dont je vous ai deja parle...
tarp en coton, utilise comme toile exterieure de tente, boucle de fixation aussi en coton.
Ce jour la, mon pote me laissera pendant 2 jour la garde du camp, il retournera a Inari raccompagner son pote qui le quitte et rgler 2 ou 3 affaires "en ville"

j en profite pour installer peper mon camp, bricoler un peu, visiter le chantier en cours... bref m "approprier" un peu les lieux...


un des 2 lits qu ils se sont bricoles...

la c est mon camp

, un peu de guiguois, ou je passerais toutes mes nuits pendant la prochaine quinzaine.
Matelas de branches de sapin + couverture de survie suisse + peau de rennes et "matelas maison" et le valandre par dessus tout ca... un de mes sacs comme oreiller, la bouteille a pipi... vital

... ca ira, oui...


la pulka pour "fermer" un peu l entree en cas de coup de vent... roulez jeunesse!...
a present un petit tour du chantier prepare et demarre par les 2 comperes, et ou je bosserais pendant les 2 semaines suivantes...
5 postes du premier plan au fond de l image, dans le sens inverse des aiguilles d une montre:

- marquage des troncs,
- presciage
- transformation en "poutres" avec 2 meplats avec un premier type de hache... ca sera mon boulot
- affinage et finition avec un second type de hache... ca sera le boulot du pote...
- stockage avant d etre transporte sur le lieu ou s elevera le sauna, au bord de son petit lac...

l abri pour le sechage ou sont stockes les troncs de pins qu on a tombe l annee derniere

Hache pour la preparation des meplats de part et d autre des troncs:


remarquez le cote "chisel" de la lame

ici se trouve la hache utilisee pour effectue les travaux de surfacage et de finition des deux faces planes obtenues avec la premiere hache...



notez l epaisseur de la lame, conjuguee a la finesse de l oeil et de la jonction lame oeil permettant d avoir la main "porteuse" au plus pret de la lame pour un boulot plus precis...

ces 2 haches ont ete forgees par un artisan finalndais.
quelques outils plus courants que vous reconnaissez

dont le kasimodo et en premier plan, une plane que j avais forgee il y a quelques temps et que je voulais tester ici pour l occasion... j y reviendrais.

en attendant mon pote, ben pourquoi ne as bricoler un peu... c est pa la matiere premiere qui manque!
la vaisselle trainant quasiement tout le temps au beau milieu de la tente, j ai eu envie de mettre moi aussi une touche perso dans le "mobilier" du gars...

Une demi buche obtenue a la hache un peu planifiee au kasimodo, 4 trognons de branches, 4 pet de chignole... et voila...
Ikea n a qu a bien se tenir...

j en a profite pour faire un peu de vaisselle, du rnagement, bref j ai ete l espace de ces 2 petites journees un vrai petit "trappeur d interieur"...

Corvée d'eau dans le lac aussi, comme je le disais précédemment, on passe un temps fou à "faire" son eau, remplir des thermos d'au chaude...hyper important. c'est un environnement ou on se deshydrate vite sans vraiment s'en rendre compte... d'autant plus que l'air est très sec en cette saison...
je vous sais amateur de bouilloires en tout genre aussi... une petite photo de famille d´un trio gagnant avec 2 "opa" et une trangia...

avant de partir le "chef" m a confie une tache preliminaire: recolter un peu d ecorce de bouleau, excellent allume feu comme vous le savez bien sur, mais aussi utilise comme "intercalaire" entre les piliers soutenant la construction (4 pierres ou tas de pierres situes au 4 coins du sauna) et les premiers morceaux de bois formant la base du batiment. Ceci afin de limiter au maximum les remonter d humidite par capilarite entre le sol, par le biais de la pierre, jusqu au bois. en effet. L ecorce de bouleau est imputrescible et blooquera l humidite et limitera donc les problemes de deterioration du bois... d autant plus important pour un sauna...
apres avoir choisi un bouleau, on recoltera la partie externe de son ecorce en esperant ne pas le faire crever, ce qui normalement, quand on est pas bourrin, est le cas...





on bricole on bricole, mais le soir arrive... une petite flambee sous la tente...

le feu lui aussi efface bien la solitude d une soiree
et avant de rejoindre mon nid, un peu de contemplation celeste...


Le lendemain soir le pote sera là et le surlendemain matin les choses sérieuses commenceront:
ici, je vais tenter succintement de vous présenter un peu la chronologie de préparation du bois menant du tronc écorcé à l?élévation des murs du futur sauna.
Il faut tout d 'abord selectionner son tronc et repérer la courbure de celui ci de façon à ce que le sommet de la courbure, si possible au centre du tronc, soit "le dessus" du futur madrier. La raison est que ce type de batiment, au cours du temps, se tasse et "s affaisse", du coup, avec les madriers orienté de fa4on à présenter leur sommet de courbure au dessus tendent à s'opposer à cet affaissement. un peu comme un voute de cathédrale...

on scie proprement les extrémités du tronc, d'abord.

une fois bien orienté, on prépare le marquage pour définir les flancs intérieur et extérieurs (méplats) du futur madrier.





et pareil à l'autre extrémité du tronc. Le madrier résultant aura environ 13 cm d'épaisseur.

une fois cela fait on va tracer les 4 lignes longitudinales definissant la zone de bois à supprimer.
ce sera fait avec une "corde à craie".


et on fait les presciage pour faciliter le travail de "planage" à la première hache.
en doublant les traits de sciage ou les rapprochant lorsqu'on est dans une section de tronc comprenant un noeud.

une fois le presciage effectué, et bien il faut faire travailler la première hache et faire les meplats:
votre serviteur au boulot...

(un petit film arrivera aussi, mais faut que je le compresse un peu...)

Enlevement de matiere, controle du respect des lignes de reperage (haute et basse), enlevement de matiere, etc...
assez fatigant nerveusement pour faire proprement le boulot et ne pas enlever trop de matière du fait que le fil du bois est vrillé et tend a mener l outil trop loin dans le madrier, si je fais pas gaffe...
Mais il est vraiment étonnant, avec un peu d'habitude de voir comment on peut être précis et enlever de petites lamelles de bois avec un outil aussi gros!

tanchant rasoir oblige.... et encore, dans la vidéo, mes gestes sont approximatifs, en bon débutants que je suis...

Ensuite au poste suivant, mon pote entrera en jeu et fera la finition de surfacage avec la seconde hache...

Le pote en action...
http://www.blog.fr/media/video/mah01925/4541955en fin de travail sur la pièce on obtiendra un madrier prêt à être amené sur le site de construction:
là vous pouvez voir la difféerence, en cours d "usinage", entre une surface juste faite plate et après la finition:
à gauche résultat de la première étape, à droite résultat de la seconde étape

on voit mieux en premier plan le resultat de la seconde etape...

Nous aurons la chance d'avoir beaucoup de beau temps pendant ces 2 semaines...

alors pourquoi, après le repas deu soir ne pas profiter des aurores qui ne demandent qu'à parader pour le plaisir de nos yeux...
petite séquence faite sur environ 3 minutes (à la louche) ou on voit une aurore évoluer...



Le lendemain matin, evec un petit -24°C vers 8H30, je serais salué par un soleil resplendissant filtrant à travers les branchages gelés des arbres environnant le camp. cette gelée me laisse supposer d'ailleurs que le taux hygrométrique de l'air à pu augmenter en cours de nuit...

après notre matinée de travail, on déjeunera de quelques saucisses grillées, mais avant tout... préparons le feu...
Je vous l'avoue... un très grand classique, mais dont je ne me lasse jamais...


un bois sain, sec, sans noeud (du pin sec provenant des chutes de chantier...)... académique

un petit morceau d'écorce de bouleau... quelques etincelles de firesteel plus tard...


mais fi de la farneante... faut retourner au boulot...
ici, vous pourrez voir la mise en place dea madriers avec la méthodologie utilisée, du moins ces lignes globales...
Une fois le madrier prépré, surfacé, il sera amené sur le lieu de construction pour être déposé et assemblé avec les autres éléments du sauna.
là c'est la "première couche".

ici, vous voyez l'ensemble des encoches faites au ciseau à bois et à la scie...



la gorge que vous voyez sur la face inférieure du madrier supérieur sert de logement pour y installer une bande d'isolation en fibre de lin (ainsi que les 2 encoches verticales présentes à chaque extrémité du madrier). cette encoche sera réaliser avec un herminette telle que présentée ci dessous...



lors de l'installation du rang de madrier supplémentaire, il faut tenir compte de la conicité des chaque morceau et les mettre "tête bêche" de facon a ce que le sommet de chaque mur en construction s'élève de façon la plus horizontale possible en cours de chantier...
Une grosse difficulté sera de faire jointer le plus finement possible chaque madrier d'une même paroi entre eux (sans oublier de faire la gorge pour l'isolant...). il sera nécessaire de faire du "report de courbe" (avec un compas) de la face supérieure du madrier inférieure sur la face inférieure du madrier supérieur...
et d'enlever de la matière sur ce dernier, pour le faire "coller" à celui du dessus.
Là vous voyez le résulat "avant" (image de gauche) et "après (image de droite)...

Histoire de varier un peu les activités et de se refournir en matière première, nous irons tomber 2 arbres pour obtenir des madrier entre 4 et 5 m de longueur. abattu et trainer "à la main", comme l'année dernière.
Il faudra les écorcer pour les préparer au séchage... Ce sera une occasion de tester ma plane et de vérifier si mon boulot de forge tient la route

Un petit film ou vous voyez l'outil en action. initialement la plane est faite pour "planer"

mais la je l'utilise pour écorcer ce tronc. il faudra que je poursuive les tests pour sa fonction première.
http://www.blog.fr/media/video/mah02027/4551854?album_ID=421929#contentRésultat final après 20 minutes de boulot.


je suis pas trop mécontent de ces premiers copeaux...

La plane a été forgée dans de l'acier ressort (soies et lame étirées au marteau), trempe à l'huile et manche fait avec du bois que m'a donné ACORN (merci encore:love:)
du coup on voit pas le soir tomber quand on bosse comme ça...

il sera temps du souper et comme d'habitude, la cérémonie d'allumage du poele ne soufrira aucune exception...
au passage, on voit souvent la technique des "perruques" ou featherstick utilisés plus ou moins en tipi ou en "vrac", ici
on utilisera plutôt la technoque de l'empilement de petit bois, version mini "cabane" avec un peu d'ecorce de bouleau intercallée au milieu du "montage", et un petit plancher en bois pour supporter tout ca. Ca demande un peu plus de préparation, mais une fois l'allumette craquée, tout se passe tout seul... méthode bien adaptée, je trouve dans ce contexte.



ainsi d'écoulera le temps de mon sjour, entre travail, réverie et "expérimentation"...
une matinée sera consacrée à faire un peu de reconnaissance en ski de rando et préparer la piste qui permettra à des skidoos de ramener sur le territoire de mon pote d'autres rondins, mais beaucoup plus gros, consacré à l'autre partie de son projet, à savoir la fabrication de la cabane d'habitation à proprement dit.
Lors de mon départ... et oui, un jour il faut bien partir...

nous aurons la chance de repèrer les traces d'un carcajou venu marauder sans dout la nuit précédente pas loin de notre camp...




Une fois arrivée au village d'Inari ou je passerai les 2 derniers jours de ce voyage, j'aurai l'occasion d'assister à un évênement local, un kermesse ou se déroule tout les ans, depuis 60 ans je crois, une compétition de course se de rennes, sur 2 jours: un "coureur" en ski trainé par un rennes. la piste est aménagée sur le lac gelé d'Inari (inarijärvi) , c'est un peu comme une espèce de "derby" local, trés prisé par les gens de la région et majoritairement concouru par des saami. le fait d'être propriétaire d'un renne qui gagne le concours est de plus une façon de montrer la qualité de son cheptel. ainsi, bien que pas dit, il y a un veritable enjeu "publicitaire" ou "marketing" dans cette course pour tous les éleveurs de la région.



ici une petite vidéo des "coursiers" en action.¨
http://www.blog.fr/media/video/mah02078/4551888#contentC'était mes derniers moments dans cette merveilleuse région pour cette fois là, mais déjà sur le chemin du retour, j'étais déjà reparti, avec 2 ou 3 projets dans la tête...
Inoubliable, comme à chaque fois.

il y'aurait beaucoup beaucoup d'autres choses à dire, mais des fois les mots ne sont pas suffisants...
Le paradis, ca existe...
a+ et encore merci pour votre patience...

Lambda