Bon ben c'est pas la première fois que des touristes se perdent une fois que les cordes et les jalons ont disparus du champ visuel.
La première leçon à retenir c'est que même si vous êtes dans une ambiance qui ressemble à un skate park avec des balises de couleur, des jeux pour les djeuns, des pancartes en 25 langues et des gars tout prêt à aller vous chercher quel que soit la situation, une fois sorti du square aménagé, vous êtes lâchés en montagne... Il n'y a plus de distinction entre le presque hors piste, le moyen hors piste, le moyen grand hors piste...et la montagne tout court.
Traduction, soit on reste sur les pistes et on est pistard et on le reste, soit on s'engage et dans ce cas on change de classe, on passe montagnard ou alpiniste, bref on évolue en tant que tel avec les précautions, les usages, les techniques, le matériel qui s'impose. Il suffit en effet de pas grand chose pour que ca tourne au vinaigre.
Bref, c'est fait vous êtes paumés, c'est la crise...La clef majeure dans ce cas c'est de chercher à jamais rompre le contact et de donner un message clair et complet a ses collègues, et de les faire noter tout ca pour éviter les pertes d'infos. Ensuite, rester sur place ou à proximité, s'isoler, se faire un abri, attendre.
La marche en montagne par temps de brouillard et sans expérience ni matériel et dans un coin inconnu reste très hasardeuse voire dangereuse.
J'appuie sur le fait que les catastrophes dans ce cas sont souvent une accumulation de petits ennuis qui terminent au drame.
Je m'égare + je perd le contact avec le monde + je m'épuise + j'ai froid + je m'écorche + je glisse et me fait mal ... a chaque étape vous perdez des points et on fini par vous retrouver au printemps dans un coin improbable...
Quant à l'arva, les portées ne sont pas énormes, on va dire sans chipoter qu'une portée pratique d'une trentaine de mètres est déjà fort honorable...Il n'est donc pas question d'imaginer repérer un appareil perdu dans une face avec un arva...à la différence par contre d'un téléphone portable qui peut se trianguler dans la mesure ou il puisse émettre et avec une carte SIM.
Enfin, le 112 est un numéro d'urgence européen, et même si l'interlocuteur ne parle pas la langue espagnole ou autre, il n'est pas trop difficile d'expliquer avec des mots simples la situation. Je pense que " Deux alpes + snowboard +perdido, lost + help" suffirait à déclencher une recherche.
J'ai l'impression qu'il faut ajouter à cette histoire un problème de facteur humain...selon géographe, il semble qu'il y ait eu du temps entre les appels, ce qui traduirait un prise de conscience tardive de la gravité de la situation. Attention au facteur social...trop souvent le gars qui s'inquiète est pris pour une c*ille molle, la fifille du groupe... et bon gré mal gré on se retrouver avec des situations pourries par le bagou des chefs de meute.
C'est bien souvent le cas dans les accidents d'avalanche. "On avait tous un peu peur, on ne le sentait pas mais bon on a suivi, on a rien dit".
Ici, on imagine assez bien les copains de notre idalgo le charrier au téléphone, puis le rappeler ne le voyant pas arriver.... J'imagine que si le groupe avait percuté direct sur la gravité du problème, ils auraient directement contactés les secours, voir l'auraient conseillé..????