Bonjour Diesel,

Je soupçonne, Eric, un peu d'espièglerie dans ton message précédent....

Cela mérite une punition pour l'exemple : une réponse longue !

Le SRK est un bon outil, c'est certain. Ses limites (outre les miennes) viennent de son cahier des charges. Analysons ensemble la situation de gestion

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L'industriel : L'industriel va utiliser une méthode comme l'analyse de la valeur (analyse fonctionnelle) pour optimiser la perception de la relation coût/efficacité existant entre le consommateur et l'outil. En clair, il s'agit d'économiser sur le produit lui-même afin de pouvoir mettre l'accent sur la relation client (marketing/pub). en effet, un consommateur lambda, ne peut acheter que ce qu'il connait et je dois évaluer dans sa décision d'achat des "plus produits" démarquant un item donné de ses concurrents.
Il doit prendre en compte les contraintes de production et l'utilisation optimale de son outil de production (capital immobilisé). Il s'agit de réaliser des lots importants de fabrication qui vont utiliser au mieux le capital immobilisé dans l'outil de production. Les coûts variables (consommation, MO) devront être réduits au plus bas....Le lots de fabrication seront les plus importants possibles, l'usure des outils et les coûts variables seront pris en compte...
Exemple : L'intérêt de la peinture noire du SRK, c'est principalement d'éviter une importante dépréciation des stocks au cours du temps (rouille). comme les couteaux sont produits par lots, il peut se passer plus d'un an entre la production et la vente....
L'artisan :L'artisan, n'a pas ces contraintes. La confiance est au centre de la relation consommateur/artisan. On commande une réalisation, sans obligatoirement s'assurer des "specs techniques" et sans s'assurer que les moyens de contrôle à la production sont en place (normes ISO...).
Notre garantie, c'est la réputation de l'artisan. Charge pour nous de distinguer dans cette réputation la fable de la réalité....
Pour l'artisan, la publicité vient principalement du bouche à oreille. Danjs le mix marketing du produit (4P), le prix final (Price), c'est principalement le coût de réalisation du couteau (product), pas de la pub (promotion), de la distribution (place).
L'artisan ne mesure pas exactement ses couts de revient, son temps ni l'usure de son matériel. Cela lui couterait trop de temps et d'argent à mettre en place ces contrôles. La rétribution de son travail, ne prends pas en compte que les aspects rémunération. Le plaisir qu'il ressent à faire un objet entre en compte dans son salaire.
Exemple : Faire des couteaux a steak en série, nécessiterait une forte rémunération (en euros) afin de combler la désutilité (l'ennui) du travail que ressentirait l'artisan à faire cette tâche ingrate. Alors que travailler sur un projet intéressant pour un gars qu'il estime.....
Au final, pas certain que le controle de gestion soit une discipline très élaborée chez Grinch Corporation...
Revenons à nos moutons : Un couteau c'est une émouture, un traitement thermique, un acier.
L'émouture du SRK est déterminé par sa facilité d'usinage et la solidité. Elle doit séduire le client (contre tranchant...) L'émouture sabre est parfaite pour ce cahier des charges. L'émouture du gulo, est fonction d'un cahier des charges basé sur l'expertise des participants de ce forum. Digérée par bibi. Le couteau doit convenir à un gars qui met du 9 en gant, et possède déjà un SRK (et quelques autres petits trucs)....et qui doit décider un artisan estimé pour sa commande.
Le traitement thermique du gulo est long et couteux en énergie. Il nécessite le recours à une main d'oeuvre experte (revenu différentiel). C'est impossible pour le SRK. Le prix de trois trempes et de deux revenus sur un lot de 100000 pièces serait exhorbitant en temps et en énergie....il est plus rentable d'investir dans le contre tranchant ki-fé-peur, dans un étui très réussi et dans un DVD de présentation.
Le choix de l'acier détermine, pour l'industriel, la facilité d'usinage et le traitement thermique. Si un acier B permet d'usiner un couteau en gagnant 0.3s par pièce, 2% d'usure en moins pour l'abrasif, et 0.005kw/h d'énergie par rapport à l'acier A, pour un industriel c'est un bon acier.
Pour l'artisan, qui ne compte pas son temps à la seconde et ne connaît pas exactement ses couts de revients....l'important c'est que l'acier lui plaise, soit disponible....et convienne à ce qu'il veut faire.
Pour l'amateur éclairé (rhoôô... il se fait plaisir le kilbith là). Le choix de l'acier sera fonction de l'habilité supputée de l'artisan pour cette nuance, et de ses fantasmes.

Au final, Le choix du A2 permet d'avoir une émouture plus fine que le choix du SRK. Ceci d'autant plus que le traitement thermique est sophistiqué. L'A2 est un acier très résistant au choc (résilience). Il y a mieux, mais les artisans ne peuvent se procurer ces aciers et/où ne possèdent pas le matériel adapté pour le traitement thermique. Il vaut mieux leur permettre de s'exprimer dans une nuance d'acier qu'ils connaissent bien. leur expertise repose sur le tour de main, ce qui peut être formidable....mais pas toujours. Errrare Humanum Est.
Comme ils ne procèdent pas à des contrôles rigoureux lors de la fabrication (Rayons X, ultra sons, contrôle des températures très précis, test Rc...), il faut vérifier au final si le facteur humain n'a pas entrainé une erreur lors de la fabrication. D'où l'utilité du test que je viens de faire.....sous l'amicale pression du Grinch.
Au passage, l'industriel ne s'imposera pas toujours des tests en cours de fabrication. Cela dépend de sa politique produit et de son mix marketing. Il se posera la question suivante : "pour le même coût dois-je contrôler aux rayons X mes couteaux ou bien offrir une garantie de 10 ans?" . Il réalise une étude sur l'intention d'achat, et si le client est plus sensible dans sa décision d'achat à une garantie de 10 ans, on élimine le contrôle rayon X. Si les retours ne sont pas trop nombreux et si l'image de marque n'est pas altérée : c'est de la saine gestion.
Conclusion : comme tu le faisais remarquer, avec son émouture fine et facile à aiguiser, le Gulo se montre naturellement supérieur au SRK. Il est avantagé, ici, par son mode de production qui lui permet d'avoir un compromis idéal (emouture/traitement thermique/acier) pour le budget de l'utilisateur qui passe commande.
J'ajoute que le test de l'encoche m'a étonné. Je pense que la poignée résiprène associée aux gants faisait que MA main ne pouvait pas contrôler le couteau à l'impact....
Ces résultats sont valables pour moi...je suis naturellement assez "gauche" avec les couteaux.

did,
