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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Douleurs  (Lu 11651 fois)

24 septembre 2009 à 12:42:37
Lu 11651 fois

Berhthramm


Bon voici donc un petit sujet sur la douleur tellement présente dans notre vie, j’essaie de faire le tri dans ce que j’en sais à l’issue de pas mal d’expérience et de formation, et surtout de le remettre dans une optique utile ici.

Je propose de procéder avec le plan suivant (j’alimenterais au fur et à mesure mais assez rapidement).

- Définitions

- Composante et modèle didactique

- Utilité de la douleur ?

- Physiologie de la nociception

- Physiologie de la régulation

- Evaluation sémiologie

- Méthodes de traitement médicamenteuses (loin de moi l’idée d’en faire un substitut au médecin mais seulement un aperçu informatif (et si cette partie est prise en charge par un volontaire du corps médical c’est encore plus top)…

- Méthodes de traitement non médicamenteuses

- Douleurs et Survie ?

Le but est bien sûr d'avoir un truc inter-actif est pas un monologue.

:)


24 septembre 2009 à 15:04:06
Réponse #1

Berhthramm


Citer

Définitions.

Je mets volontairement au pluriel car le phénomène est complexe, que l’on soit soignant ou pas, et selon l’appartenance disciplinaire, les définitions de la douleur seront différentes tant le phénomène est complexe. C’est entre autre à cette complexité et à cette diversité d’opinion et de perception du phénomène que se heurtera John Bonica dans son combat pour la reconnaissance du phénomène et son traitement/prise en charge en tant qu’entité spécifique. C’est justement l’International Association for the Study of Pain que Bonica a fondée et présidée longuement qui donnera la définition qui est actuellement reconnue comme la plus juste et la plus consensuelle (avec toutes les limites que cela implique).

« La douleur est un phénomène sensoriel et émotionnel, désagréable, associé à un dommage réel ou virtuel ou décrite en termes d’un tel dommage ».

Chaque terme de cette définition est important.

Sensoriel et émotionnel : on fait bien là appel au senti mais aussi au ressenti.

Désagréable : pourtant certains la rechercheront systématiquement ou presque dans des activités de loisirs (ou pro) : le cycliste à la fin d’un contre-la-montre ou d’un sprint, le coureur, etc… bien souvent douleur et sport de compétition sont étroitement liés, le contexte changeant elle devient cependant « acceptable et acceptée ».

Dommage reel : pas de soucis tout le monde comprends que si je mets la main sur une plaque chauffante allumée j’ai mal…

Dommage virtuel : ce sont ces douleurs dont toutes les causes anatomiques ont disparu et qui pourtant persistent…

Décrite en terme d’un tel dommage : il n’y a jamais eu de lésion, pourtant le patient dit avoir mal, ce sont les douleurs « sine materia » qui nous déconcertent parfois tant en tant que soignant ou proche ou victime… Des douleurs qu’on aurait tant tendance à les classer dans les phénomènes ésotériques ne méritant pas notre considérations pragmatiques et cartésiennes : « il a pas mal c’est dans la tête c’est psy »… Si elles méritent un traitement différent, elles méritent bel et bien un traitement.
« Modifié: 24 septembre 2009 à 15:09:44 par Berhthramm »

24 septembre 2009 à 15:12:18
Réponse #2

Berhthramm


sur le dernier tiret j'aimerais "rebondir", car "décrire en terme d'un tel dommage", celà necessite d'avoir accés à la parole et à l'expression, hors dans pas mal de situations la communication même non verbale est impossible :

- langues différentes
- âge (le plus petit et le plus âgé)
- coma
- polyhandicap
- sénilité et démence

etc...


24 septembre 2009 à 16:19:59
Réponse #3

Berhthramm


Citer
Composantes et modèle didactique

Avant d’aborder cette partie, posons un préambule et illustrons le : la douleur est un phénomène complexe, comme une montre chronographe automatique est une mécanique complexe…

Pour comprendre l’un et l’autre il faut les démonter et observer leurs composantes, leur rouage MAIS si on oublie qu’initialement ces composants formaient un TOUT unique et indissociable alors on manquera complètement l’essentiel de la compréhension. ; Bref après avoir démonté et observé il faut remonter et comprendre les articulations ; Sinon d’un côté on a un tas de rouages et de ressort qui ne donneront plus jamais l’heure et de l’autre on a une juxtaposition de phénomènes qui ne seront JAMAIS la douleur d’un individu (j’ai été tenté d’écrire « un individus douloureux »)….

On décrit classiquement à la douleur 4 composantes que nous détaillerons une par une.

24 septembre 2009 à 16:43:28
Réponse #4

Berhthramm


Citer
La composante sensorielle ou sensori-discriminative

C’est celle qui correspond au « senti ». Elle donne à la douleur ses caractéristiques d’intensité (et encore c’est à pondérer), de typologie, ses caractéristiques géographiques, ses caractéristiques temporelles. Ce système est loin d’être parfait (phénomène des douleurs projetées) et fiable (certaines pathos peuvent longuement évoluer sans douleurs). Par ailleurs il est partiellement variable et propre à chaque individu, ainsi par exemple le seuil neurophysiologique de perception de la douleur est variable en fonction de chaque individu.

Au-delà c’est trop souvent sur cet aspect et seulement sur cet aspect qu’on essaye de travailler dans notre évaluation ou nos tentative de soulager…

Il est à noter que cette composante est particulièrement liée à la capacité à verbaliser avec toutes les limites que cela comporte…

Ainsi vous connaissez sûrement tous Alphonse Daudet dont vous admettrez facilement que ce monument de la littérature avait un vocabulaire et une aisance de langage supérieur au commun. Ce que l’on sait moins de Daudet c’est qu’il est mort après des années d’évolution du Tabes Dorsalis qui est une maladie dégénérative se caractérisant par des crises douloureuses paroxystiques (à type de brulure, décharges electrique, etc… --> mécanisme neurogène).
Daudet a tenu durant son agonie un « carnet de route » (La Doulou (publié en posthume)). Il écrit ce ci suite à l’une de ses crises :

Citer
« Ce que j’ai souffert hier soir – le talon et les côtes ! La torture… pas de mots pour rendre ça, il faut des cris.
D’abord, à quoi ça sert les mots, pour tout ce qu’il y a de vraiment senti en douleur (comme en passion) ? Ils arrivent quand c’est fini, apaisé. Ils parlent de souvenirs, impuissants ou menteurs. »


Effectivement la douleur étant une sensation elle reste particulièrement peu accessible au langage… (si vous n’êtes pas convaincu essayez de décrire une sensation agréable comme par exemple « comment ça fait de caresser la tête d’un chien » « comment ça fait de sentir le vent dans ses cheveux » «  de nager dans un étang frais une chaude journée de canicule »… et ceci si possible sans faire appel à des analogie de langage)…  Et elle est d’autant moins accessible que lorsqu’on a mal (comme Daudet) on a autre chose à gérer que d’essayer d’analyser ça…

En fait certains postulent que l’on a pas de reel souvenir de la douleur, en tout cas pas de souvenir autres que le souvenir « physiologique » (le corps apprends et a priori pas dans le sens de l’endurcissement contrairement à l’idée reçue)… Par contre on garde un bon souvenir du contexte et on se rappelle bien que ce n’était pas agréable… Ce qui m’amène aux autres composantes qui sont moins physiologique et animales et plus situées dans les fonctions dites supérieures…

24 septembre 2009 à 17:27:55
Réponse #5

DavidManise


Moi je trouve ça extrêmement intéressant...  et parfaitement et totalement utile pour la survie.  Le rapport entre douleur, souffrance, motivation, envie de vivre, et capacité à est étroitement lié dans le monde réel...

Je te lis avec grand intérêt, Berthramm, d'autant que je sais que la douleur est une de tes spécialités...  

Berthramm uh akhbar :akhbar:

David ;)

P.S.: je vais me faire mal au karaté et ensuite je reviens discuter ;#
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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24 septembre 2009 à 18:39:07
Réponse #6

Wapiti


Bjr.

J'abonde dans le sens de Berhthramm.

Les douleurs sont bien réelles, cependant chaque individu les gère différemment. Il est même des personnes (rares), qui ne la ressentent absolument pas. Dangereuses pour elles-mêmes et pour leur entourage, il est difficile de leur porter attention (n'ayant pas mal, elles ne se plaignent jamais) et peuvent mettre les autres en danger.

Un autre facteur est a prendre en compte, la peur, souvent irraisonnée, que suscite la douleur selon son emplacement. Et la peur provoquée par la douleur d'autrui : le môme qui se prend un gadin, qui se relève sans un mot et qui se met à pleurer affolé par les cris de sa mère. L'incapacité de réagir, paralysé par la détresse d'autrui, n'arrange pas ses réactions

Il est des manifestations silencieuses de la douleur à considérer : avoir chaud ou froid, celui qui ne les ressent pas se met en danger sans le savoir.

De même, son approche culturelle est très souvent imbécile : les hommes ça ne pleure pas, sinon ce sont des mauviettes, combien de fois l'avons-nous entendu ? Sous ce prétexte on se manifeste peu, alors que le processus vital peut être engagé. Combien aussi, entendons-nous, il s'écoute ?

Son évaluation est des plus difficiles, à plus forte raison celle des autres. La décrire aussi malgré certaine échelle (exquise, intense, lancinante, récurrente, irradiante, ponctuelle, contiguë, etc.)

Oh, non ! Pas emmernuyant du tout, au contraire, très intéressant et, si j'ose dire, préoccupant.

À +
« Modifié: 25 septembre 2009 à 10:05:08 par Wapiti »

24 septembre 2009 à 20:11:15
Réponse #7

Berhthramm


Oui donc ta perspective est axée sur le traitement symptomatique.
C'est parfaitement logique d'ailleurs par rapport à une optique survie.
Ostéopathie, douleurs chroniques, etc. c'est hors sujet... je vire mon post  :-[


Merci Berhthramm  :up:
non non laisse ton post, j'aborderais le truc de toute façon et aussi la douleur chronique, le traitement de la cause c'est même la première démarche si on peut...

exemple tout c*n que je donne aux étudiants :

- j'ai mal au pied

- ah ?

- oui j'ai un caillou dans ma grolle

- vire le caillou

- merci j'ai plus mal...

;)


24 septembre 2009 à 20:26:05
Réponse #8

** Mathieu **


Ok donc re :

Salut  :)

J'ai glâné quelques infos à droite à gauche sur les aspects neuro-cérébraux de la douleur, sur la mémoire de la douleur, sur la composante somato-émotionnelle de la douleur.
Je les signalerai au moment opportun.

______________________________________________

SUR LA DOULEUR :

Je signale un reportage intéressant sur le sujet, diffusé il y a deux ans sur Arte : L'HOMME SANS DOULEUR
Bande-annonce : http://video.google.fr/videoplay?docid=281799562001671826&ei=wJe7StDNBsaA-AaXvv3vBg&q=l%27homme+sans+douleur&hl=fr#
VOD : http://www.artevod.com/detailFiche.html?ficheId=1323

Et également quelques extraits d'un reportage plus axé sur les douleurs chroniques : VIVRE AVEC LA DOULEUR
http://www.youtube.com/watch?v=qUwcmhE3RAU
http://www.youtube.com/watch?v=2HWNI_eRLnI
http://www.youtube.com/watch?v=w8yh6TjEoWM
http://www.youtube.com/watch?v=zmRrlBFphQs
______________________________________________

Dans les modes de traitement non-médicamenteux, pourra-t-on aborder l'approche de l'ostéopathie ?

ça m'intéresse   ;#

D'ailleurs est-ce que quelqu'un connait le travail de Jean-Pierre Barral ?
Il paraît que cet ostéopathe a fait pas mal progresser la discipline ces dernières années...
Qu'est-ce à dire ?

http://books.google.fr/books?id=PxyTrLzzB9gC&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22#v=onepage&q=&f=false
http://books.google.fr/books?id=a1OCAd0jHF4C&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22#v=onepage&q=&f=false
http://books.google.fr/books?id=d8bMpVb8vesC&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22#v=onepage&q=&f=false
http://books.google.fr/books?id=O5R9t7xY1x8C&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22#v=onepage&q=&f=false
http://books.google.fr/books?id=n5O8Nf_aYREC&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22=onepage&q=&f=false
http://books.google.fr/books?id=Geu3mys_4ycC&printsec=frontcover&dq=%22Jean-Pierre+Barral%22#v=onepage&q=&f=false

http://video.google.fr/videoplay?docid=4044295206652194472&ei=WYy7Suj8M5Cl-AapmuDPBg&q=%22Jean-Pierre+Barral+%22&hl=fr#
http://www.youtube.com/watch?v=Rxi8xJm82CU&hl=fr

26 septembre 2009 à 11:34:58
Réponse #9

Berhthramm


La suite et pardon pour le retard, problème de temps et problème de migraine... ;)

Citer
La composante affective ou affectivo-émotionnelle

Sûrement une des composantes principales et celle sur laquelle on peut jouer de manière assez simple parfois (en tout cas dans le soin mais dans pas mal d’autres situations)… C’est celle qui justifie le « et émotionnelle » de la définition. C’est elle qui donne la tonalité désagréable, pénible et parfois insupportable de la douleur. Il est tout à fait juste de dire qu’émousser la tonalité affective péjorative de la douleur est en soit une façon de la soulager.
Cette tonalité est liée à chaque individus bien sûr (comme la première) mais elle est aussi énormément liée à la cause de la douleur et à son contexte, parfois décaler la perception contextuelle du « souffrant » est un moyen de le soulager. C’est Beecher qui par ses travaux a mis en évidence l’influence du contexte de survenue de la douleur ou de l’accident initiant la douleur sur sa perception.

Pendant la seconde guerre mondiale Beecher observe que des soldats retirés du front pour des blessures souffrent moins que des civils pour des blessures similaires… Il en arrive à la conclusion que pour les uns la blessure implique un bénéfice secondaire qui rend la douleur supportable, alors que c’est absent pour les autres (je schématise beaucoup).

Prenons un  exemple simple à comprendre et proche de nous pour saisir ça :

Situations 1 :

-   Je prends l’un d’entre vous n’importe lequel, David par exemple, et je le pique avec une bonne grosse aiguille pour lui prélever ½ litre de sang, en le faisant je lui affirme que ce que je fais est absolument gratuit, ne sert à rien d’ailleurs je ne mets pas le sans dans une poche mais je le laisse s’écouler par terre, j’affirme aussi que je pique comme un pied, que l’aiguille est émoussée et que c’est fait exprés… Le tout se passe dans un endroit sordide…

Situation 2 :

-   Je prends l’un d’entre vous n’importe lequel, David par exemple, et je le pique avec une bonne grosse aiguille pour lui prélever ½ litre de sang, en le faisant je lui affirme que le don qu’il fait est une excellente chose, que c’est un acte citoyen et humain, qu’il va sûrement contribuer à sauver une vie, peut-être un gamin, je recueille le don avec le plus grand soin comme un trésor précieux. Je montre de la sûreté dans mes gestes et mon matériel semble nickel… Cela se passe dans un centre de recueil de don, c’est propre, joyeux et lumineux…

Vous concevez facilement que dans un cas la douleur (pourtant physiologiquement exactement similaire) est perçue différemment, et là j’ai juste bosser sur le contexte et l’attitude…

Autre situation (plus personnelle)…

Lors de la naissance de mes enfants (5 dont 1 est DCD) j’ai à chaque fois accompagnée mon épouse (j’ai eu la chance de pouvoir)… Elle a toujours accouché sans péridurale par choix.
Déjà c’est complètement différent d’accompagné une naissance pour un enfant dont on sait qu’il est DCD (le premier pour nous) d’une naissance d’un enfant dont on sait qu’il est potentiellement en bonne santé….  
Pour François-Joseph (notre ainé) j’étais là mais je savais pas trop quoi faire, Pour Marie-Amélie pareil (même si je savais un peu à quoi m’attendre mais toujours pas trop quoi faire à part encourager comme pour FJ)), pour Pierre-Olivier j’ai essayé de décaler la perception des sensations de contractions, plutôt que « tiens bon » »allez » ou ce genre de truc, j’ai répété « chaque contractions te rapproche de la naissance » « cette contraction te rapproche du moment ou tu auras ton bébé dans les bras », bref j’ai indiqué le but et la raison, j’ai donné du sens, et d’après mon épouse c’était bien. Pour louis-Xavier c’était trop différent pour pouvoir vraiment comparer, l’accouchement a quasiment eu lieu dans la voiture, j’ai donc étais plus hyper concentré sur la gestion de la conduite rapide entre la maison et l’hosto que par le reste…

Travaillez sur le sens en accompagnant le souffrant, expliquez les gestes, ou quand on souffre essayer de décaler sa perception du contexte, permet de jouer sur cette composante affectivo-émotionnelle….


(Soyons quand même bien d’accord : si c’était toujours si simple… personne ne souffrirait).

La composante émotionnelle douleur a des expansion sur l’humeur, la qualité de vie, la dépression… etc…

« Modifié: 26 septembre 2009 à 19:27:10 par Berhthramm »

26 septembre 2009 à 11:45:00
Réponse #10

Berhthramm


ah j'oubliais un truc, c'est quand on commence à entrevoir la dimension psycho-affective qu'on pige aussi pourquoi un sportif recommence...

;)


26 septembre 2009 à 14:43:58
Réponse #11

TRTL


Dans certains cas la douleur physique, et non ''affective'', peut être bien accueillie. Dans le cas, par exemple, où l'on retrouve la phrase:''Les hommes ne doivent pas pleurer'' ou aussi:''Les hommes ne pleurent jamais'', il arrive qu'il découle de la sensation de douleur physique une ''joie'', celle de sentir ''fort'' (j'insiste sur les guillemets), ou aussi ''homme'', ''viril'', etc...

C'est là que je me demande si on peut appeler ça une douleur. Je pense que si l'on considère ''ce qui fait mal'' et ce qui en découle comme sensation (la joie, la force, etc...) comme un ensemble, ce n'est plus une douleur.

26 septembre 2009 à 15:11:52
Réponse #12

Berhthramm


Dans certains cas la douleur physique, et non ''affective'', peut être bien accueillie. Dans le cas, par exemple, où l'on retrouve la phrase:''Les hommes ne doivent pas pleurer'' ou aussi:''Les hommes ne pleurent jamais'', il arrive qu'il découle de la sensation de douleur physique une ''joie'', celle de sentir ''fort'' (j'insiste sur les guillemets), ou aussi ''homme'', ''viril'', etc...

C'est là que je me demande si on peut appeler ça une douleur. Je pense que si l'on considère ''ce qui fait mal'' et ce qui en découle comme sensation (la joie, la force, etc...) comme un ensemble, ce n'est plus une douleur.

tout plein de phrases issues de notre culture doloristes...

Pas mal de rites initiatiques incluent la douleurs dans le passage, mais justement là elle est bien acceuillie et acceptée car elle a un sens, on bosse bien sur la zone affectivo-émotionnelle.

:)

27 septembre 2009 à 10:51:48
Réponse #13

Berhthramm


Citer
Composante cognitive

Encore une fois étroitement liée à la précédente et interagissant sur l’ensemble… C’est ce que l’on sait (ou que l’on croit savoir) de la douleur :

-   expérience
-   représentation
-   référence
-   apprentissage
-   imitation
-   modèle

C’est en partie aussi cette composante qui va être générative d’angoisse, ex : je dois aller chez le dentiste, je reconnais la douleur qui m’amène à me dire que je dois y aller, je commence à me projeter dans les soins et je sais que ayant déjà eu ce type de douleur, ça va se traduire par tel type de soin que je redoute…. C’est cette composante par exemple qui vous donne la poussée d’angoisse quand le dentiste (j’aime bien cet exemple souvent ça cause à tout le monde) vous annonce : « il va falloir extraire cette dent », à cette petite phrase vous sentez déjà le davier travailler, la table osseuse craquer, etc… (je sais je suis un salaud mais là je travaille juste sur vos composantes affectivo-émotionnelles et cognitives)…

C’est cette composante qui permet souvent au sujet douloureux de trouver au moins partiellement ses propres méthodes de « coping » et de soulagement… à conditions qu’on lui en laisse la liberté et le loisir. Il y avait récemment un post sur le forum sur lespositions d’attentes pour un blessé, le posteur initial rapporté une expérience ou c’est le blessé qui finalement trouve sa position antalgique de confort.

Cette composante étant tés centrée sur l’appris et l’expérience c’est aussi sur celle-là que se justifie le fait qu’il faut particuliérement blinder la réussite antalgique dès les premières expérience douloureuse de type soins, ça évite de faire une association apprise entre soins = douleurs. D’ailleurs les dentistes (encore eux) l’ont bien compris et se sont vite penché sur la douleur (le président de la Société Française d’Etude et de Traitement de la Douleur a longtemps été un dentiste d’ailleurs) et réussisent plutôt pas mal… Nos enfants n’auront sûrement plus les même réactions que nous face à ces soins… surtout si de notre côté nous leur donnons les bons modèles cognitifs et comportementaux.

Un bon moyen de jouer sur cette composante c’est de rationnaliser et d’essayer de passer dans le factuel, ça calme au moins l’angoisse et le « j’ai déjà mal avant que ça aille commencer »…

Nous avons dans mon service pas mal développer des démarches de relaxations (on est formé pour) pendant les soins douloureux, ceci afin essentiellement de bosser sur le stress lié aux soins (nous avions pris comme maître étalon initial la ponction lombaire) car le côté physiologique est plutôt bien cadré par les démarches antalgiques de bonne pratique (anesthésie cutanée locale par crème type EMLA et inhalation de mélange équimolaire de protoxyde d’azote)… ça marche plutot bien et le travail se pose plutot sur les composante cognitive (travail sur l'expérience) et affectivo-emotionnel (no stress, contexte agréable).
« Modifié: 29 septembre 2009 à 18:10:51 par Berhthramm »

27 septembre 2009 à 10:54:31
Réponse #14

Berhthramm


hihi sinon en écrivant ça et vous en me lisant... on modifie les un et les autres notre "cognitif" et donc notre perception de la douleur (la notre et celle de l'autre)...


 :lol:

27 septembre 2009 à 11:04:13
Réponse #15

Berhthramm


sur cette vdo (merci Mathieu) :

http://www.youtube.com/watch?v=qUwcmhE3RAU

entre 23 et 30 seconde, la jeune fille fait une demonstration de sa composante cognitive, elle sait comment elle a mal et comment ça influence sa vie, elle "bugue" là dedans et n'en sort pas, c'est une des raisons pour laquelle les phénomènes de douleurs chronique mais à la limite tous les phénomène de douleurs ne répondent JAMAIS a des approches de traitement univectorielle...

:)


29 septembre 2009 à 18:20:39
Réponse #16

Berhthramm


Citer
Composante comportementale

C’est l’ensemble des manifestations verbales et non verbales observables chez une personne qui souffre.

Cette composante est hautement liée à l’âge, au sexe, mais aussi à l’appartenance ethnique et social  et donc en simplifiant à la « culture ».

Il ne faut pas négliger le fait qu’elle est bien sûr variable en fonction de l’individu MAIS aussi en fonction de l’interlocuteur, et le comportement de l’interlocuteur va influer sur la victime (en bien ou en mal)…

Cette composante est lié au « vouloir exprimer » et au « pouvoir exprimer » (pour ce dernier point on peut se referrer comme dit ailleurs à l’excellent « Johnny got his gun » …

Si cette composante est souvent prégnante (trop selon certains et ils n’ont pas forcément tort) dans la relation avec le patient douloureux il ne faut jamais oublier qu’il s’agit d’un indicateur de la douleur mais somme toute d’un indicateur fort peu fiable (nous reviendrons sur ce point dans la sémiologie).

Les post s'espacent un peu j'en suis désolé, je suis en pleine certification dans l'hosto (grosso merdo l'ISO 9002 des ets de santé...  :o )


29 septembre 2009 à 18:29:42
Réponse #17

Berhthramm


La phase "composantes" se referme....


MAIS n'oubliez pas :

ça c'est utile :



ça c'est inutile si on ne sait pas le remonter (et ça ne donnera jamais l'heure) :



Toutes les composante inter agissent entre elles, sont étroitement liées et indissociables.
« Modifié: 29 septembre 2009 à 20:27:27 par Berhthramm »

30 septembre 2009 à 19:55:51
Réponse #18

Berhthramm


Citer
De l'utilité de la douleur ?

La douleur est-elle utile ? Pour paraphraser l'homme à la salopette rayée, je dirais "en voilà une question qu'elle est bonne !!!"

Pour y répondre (enfin plutôt essayer), je vais déterminer plusieurs type de douleurs et classifié un peu sinon c'est impossible ou bordélique.

(et là je me rends compte que mettre de la physio avant eu été intelligent... :( ) ça viendra après un plan c'est un partis pris...

La douleur aiguë par excès de nociception

C'est celle que nous ressentons quand un stimulus est directement traduit comme douloureux  ou quand c'est un stimulus standard (froid, chaud, pression MAIS au delà du seuil normal

Clairement le stimulus de départ est une AGRESSION, il doit être traduit comme un danger ou une priorité absolue et traité comme tel par la victime.

Dans ce cas là douleur est UTILE, elle a un rôle de signal d'alarme et elle doit pouvoir le jouer.

Certains patients souffrent dans certaines zones corporelles d'une anesthésie totale, ils ne ressentent donc dans ces zones aucunes douleurs, la prévention/protection et le traitement précoce de lésions dans ces zones est une priorité de soins absolue. en son absence, la blessure n'est pas considérée, elle est négligée et s'aggrave (ex : certaines pathologie neurologiques périphériques ou centrales qu'elles soient acquise ou congénitales). Pour certains patients ils ont une agénésie totale à la douleurs et usuellement leur espérance de vie est trés réduite (si mon souvenir est bon le plus "vieux patient" souffrant de ce type de patho est mort à 22 ans, c'était une jeune fille, elle a été immédiatement placée en controle médicale rapprochée (parents médecins), elle est morte d'une péritonite sur appendoc).

Quand cette douleur à jouer son rôle de signal d'alarme elle doit être traitée efficacement.

la douleur par excés de nociception pendant les soins

Elle est parfaitement prévisible et inutile (sauf éventuellement à titre d'exploration) elle doit être prévenue est traitée. C'est une obligation : morale, éthique et légale (en France).

La douleur chronique

C'est une douleur qui évolue depuis plus de trois mois.

Elle est inutile.

Par se implications, elle détruit l'individu progressivement dans toutes ses dimensions : physique, psychologique, familliale, professionnelle et sociale.

Sans appel elle doit être traitée dans toutes ses dimensions, ces cas sont malheureusement souvent si complexes et évoluent depuis si longtemps que les voies de traitements ne sont parfois que palliatives.

Son traitement nécessite obligatoirement un abord pluri vectoriel.

Ne jamais oublier qu'une douleur chronique a été d'abord une douleur aigue... ne pas laisser se chroniciser celles-ci est une bonne démarche.


30 septembre 2009 à 19:58:58
Réponse #19

Anke


Suivi  ;)

30 septembre 2009 à 19:59:16
Réponse #20

Berhthramm


n'hesitez pas à réagir pour redonner des cadrages ou avis ou demande...

Je posterai à chaque fois les parties théoriques de départ de réflexion en mode "quote" pour qu'elles soient facilement repérable en lecture rapide. Sinon par MP aussi.

:)
 

17 octobre 2009 à 22:05:13
Réponse #21

Berhthramm


Citer
Physiologie

niveau médullaire


1/   Activations des terminaisons libres (nocicepteurs).
2/   Activations des terminaisons libres par des substances algogènes (sérotonine, histamines, bradykinine, prostaglandines).
3/   Fibres nociceptives Ad et C (vitesse de conduction < 40m.s-1).
4/   Arrivée dans la corne postérieure.
5/   Synapse entre le premier neurone et le deutoneurone (possibilité d’inhibition par le « gate control » ).
6/   Activation du neurone moteur par une synapse
7/   Muscle effecteur (réactions de retraits et de défenses).
8/   Transmission vers le cerveau.

   Il y a stimulation de la transmission des messages nociceptifs, soit par une stimulation directe des récepteurs périphériques soit par une stimulation faisant intervenir un médiateur chimique initiateur de l’influx. Le message nociceptif est transmis par les fibres Ad et C (vitesse de conduction lente < 40m.s-1), la présence de ces deux types de fibres expliquent le phénomène de double douleur ressentie lors d’un stimulus nociceptif isolé bref et intense : une douleur intense isolée suivie d’une seconde plus diffuse. Ces fibres pénètrent dans la corne postérieure de la moelle où elles forment une synapse avec le deutoneurone, ce dernier décusse  et l’influx est transmis vers le cerveau par les faisceaux réticulé spino-thalamique (FSRT) et spino-thalamique (FST).
   Dans la genèse de l’influx douloureux, il faut noter l’importance du rôle des médiateurs chimiques initiaux ou substances algogènes : bradykinine, histamine, sérotonine, prostaglandine, substance P, CGRP etc. Les prostaglandines sensibilisent les nocicepteurs à l’action d’autre substances algogènes. Les substances algogènes conjointement à la neuroplasticité jouent certainement un rôle dans la chronicisation de douleurs par excès de nociception.




:)


29 octobre 2009 à 19:48:20
Réponse #22

Berhthramm


Citer

Le niveau cortical.

   Il n’existe pas de centre anatomiquement défini de la douleur, la projection de l’influx douloureux s’effectue sur les différentes aires , principalement situées au niveau du thalamus, du mésencéphale et du bulbe, puis diffusé ensuite vers les régions hypothalamohypophysaire (stress), limbique (mémoires et émotions) et le cortex pariétal (conscience).


12 novembre 2009 à 21:21:29
Réponse #23

Gros Calou


Je fais remonter ce post  :)

Voilà, j'avais à l'épaule, douleurs éveillées chez mon Titi, la semaine d'après, stage ACDS chez Patrick, très très mal   :'( ! Patrick, David (pour m'avoir trituré la couenne  :love:), mon JP et Jeff en sont témoins, dur dur ! Médecin qui passe à la maison, Anti-inflammatoire "et si ça va pas Osthéo". Passé chez l'osthéo ce soir, il m'a fait craqué que dis-je craqué, Apocalipsé le dos, les omoplates et tout le toutim et voilà, je peux faire 1er danseur du Bolshoî !

Que ceux qui me connaîsse, imaginez moi en tutu rose  ;# Ca le fait non ????  ;#

Voilà je suis dur au mal, en voilà une belle connerie, celà viens avec l'habitude de ne pas s'écouter (quotidien oblige), mais si j'étais passé par la case osthéo dès le départ et bien j'aurais économisé 3 semaines de douleurs et j'aurais frappé plus fort les paos au stage ACDS Sud Est  ;# . (une pensée pour Gillou  :love:)

 ;)


12 novembre 2009 à 23:21:14
Réponse #24

lilou6201


La prochaine mon grand frappe les en premiers et va voir l'osthéo pour beaucoup ils font du super boulot sinon y a l'acupuncture ou la joie de devenir hérisson (moi bientot lool)
Maitenant ça va mieux et c'est le principal bonne nuité

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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