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Auteur Sujet: Savoir gérer une crise d'épilepsie !  (Lu 19630 fois)

15 décembre 2009 à 18:00:32
Réponse #25

fry


Pour Phil:

De principe on parle de facteurs favorisants, mais s'ils sont favorisants ils ne sont pas exclusifs. Chez un épileptique "grand mal" connu la crise peut survenir absolument n'importe quand.

C'est pour cette raison qu'on leur interdit de se baigner seul ( dans une baignoire comme à la mer ), de conduire une voiture ( a moins d'une autorisation spéciale de la commission du permis de conduire si la maladie est jugée assez stable ), et bien sûr interdiction absolue de tous les types de sports à risques comme l'escalade, la plongée, et interdiction absolue d'exercer le métier de pilote, conducteur de poids lourds ou métiers de sécurité ( police, gardien, etc... ).

Cependant ces mesures sont appliquées aux épileptiques chroniques connus.

Souvent, surtout chez les personnes d'un certain âge, une crise d'épilepsie peut survenir dans un contexte particulier et ne jamais se reproduire. On ne donne pas un traitement anti-epileptique à la première crise si on ne retrouve aucune cause, on attend de voir si c'est une véritable épilepsie maladie qui va s'étendre sur le long terme.
Si ce genre de patient a une épilepsie ayant tendu à se répéter mais désormais très bien stabilisée par les traitements au long cours ( et / ou pas de nouvelle crise depuis 2 ans ), elle peut aussi poursuivre la conduite sans problème, avec l'accord de son médecin.

16 décembre 2009 à 07:47:29
Réponse #26

fredFLT


Salut à tous,

Une petite précision par rapport à mon précédant envoi.
Je ne parlais pas d’une première crise convulsive qui doit faire l’objet d’un bilan clinique poussé avec examens complémentaires (biologie, électroencéphalogramme, scanner cérébral…)
Mes propos étaient valables dans le cadre d’une épilepsie connue.



18 juillet 2012 à 10:21:59
Réponse #27

Meven


Salut à tous,


Je profite d'un post récent pour faire remonter ce topic, plein de bonnes infos. (cf posts de cubitus, fredFLT, fry)


Comme il me semble illusoire de vouloir bien gérer quelque chose que l'on a jamais expérimenté, ou à minima vu au moins une fois, il me parait important que tout le monde puisse se représenter ce à quoi ressemble une vraie crise d’épilepsie généralisée, appelée aussi crise comitiale tonico-clonique, ou "grand mal", et qui reste quelque chose de très impressionnant.


<a href="http://www.youtube.com/v/6Xmt6zZz9aY" target=_blank class=new_win>http://www.youtube.com/v/6Xmt6zZz9aY</a>


<a href="http://www.youtube.com/v/n5x22ry4wMU" target=_blank class=new_win>http://www.youtube.com/v/n5x22ry4wMU</a>



Une crise tonico-clonique se déroule en plusieurs étapes :

1) Une phase de prodromes, qui peut ne pas être présente, durant laquelle la personne, consciente, "sent" la crise venir.

2) Une phase "pré-crise", de mouvement réflexes, d'automatismes gestuels ou faciaux. (cf début de la vidéo 1) Elle peut également être absente.

3) La crise en elle-même : d'abord, une phase "tonique", statique, durant laquelle la personne se raidit. Le tonus musculaire est extrêmement important, certaines personnes pouvant même se casser les dents du fait de la contraction de leurs muscles masséters... on comprend donc facilement qu'essayer de mettre quelque chose dans la bouche à ce moment-là, est une très mauvaise idée.

4) Puis ensuite, une phase "clonique", dynamique, ou des secousses des membres vont alors apparaitre.

5) Enfin, Une phase "post-crise". La personne n'a plus de secousses, et présente une hypotonie musculaire importante. Elle reprend peu à peu connaissance, mais reste franchement dans les choux : c'est la "confusion post-critique", qui dure classiquement une vingtaine de minutes. Inutile donc d'espérer une réponse de sa part dans ce laps de temps.
Une respiration bruyante, impressionnante appelée "stertor", qui peut faire penser à tort que la personne s’étouffe, est normale et sans gravité. (on peut d'ailleurs l'entendre dans les deux vidéos)
La perte des urines, et des plaies de la langue ou de l'intérieur des joues par morsure lors de la crise sont aussi classiques. Il n'y a pas de choses particulières à faire pour les éviter.


Pour enfoncer le clou par rapport aux posts précédents ("la répétition fixe la notion") :

Lors de la phase "Pré-crise" : l'important est d'éviter le traumatisme du à la chute au sol lors de la perte de connaissance : si possible on évitera donc d'emmener la personne (dans le cas où elle sent sa crise venir) dans la salle de bain où il y a du carrelage bien dur, pour plutôt préférer les coussins moelleux du salon, et on l'accompagnera au sol. En extérieur, même raisonnement, on préférera l'herbe au bitume, si possible.

Lors de la Crise en elle-même : cf les vidéos : il y a peu de chose à faire, si possible maintenir la personne sur le côté, et appeler les pompiers. Pour info, les personnes intervenant au cours des vidéos ci-dessus sont des infirmier(e)s d'épileptologie, qui ont l'habitude de gérer quelques centaines de malaises par an.

Lors de la phase "Post-crise" : Mettre la personne en PLS, la couvrir si besoin, et attendre les secours. Laisser les sécrétions/le sang s'écouler par la bouche, la rassurer (et même si elle ne s'en souviendra probablement pas) et rassurer les témoins, à plus forte raison s'il y a des enfants présents ("c'est une crise d'épilepsie, c'est terminé, il ne risque plus rien, il va bien, les secours arrivent et vont prendre soin de lui/d'elle", etc...).


Mon gravier,


Meven
« Modifié: 18 juillet 2012 à 11:10:04 par Meven »

18 juillet 2012 à 12:40:11
Réponse #28

redemsky


Bien reagis mon gros calou ...

Beaucoup de personne se serait contenter d’appeler les secours en hurlant dans le téléphone (j'en connais un rayon je les ai en premier  ;# )
J’arrêterais de faire de la politique quand les hommes politiques arrêteront de nous faire marrer (Coluche)

18 juillet 2012 à 21:22:36
Réponse #29

fall7stand-up8


Salut à tous,

Lors de la phase "Post-crise" : Mettre la personne en PLS, la couvrir si besoin, et attendre les secours. Laisser les sécrétions/le sang s'écouler par la bouche, la rassurer (et même si elle ne s'en souviendra probablement pas) et rassurer les témoins, à plus forte raison s'il y a des enfants présents ("c'est une crise d'épilepsie, c'est terminé, il ne risque plus rien, il va bien, les secours arrivent et vont prendre soin de lui/d'elle", etc...).


Mon gravier,


Meven

Bonsoir @Meven

Permets moi de ne pas etre d'accord avec la conduite à tenir que tu donnes pour la phase post crise du moins dans la forme ou tu la donnes

Cela présuppose que la victime est inconsciente et respire
Or d'autres cas sont possibles
1/ La victime a repris conscience
2/ La victime est inconsciente mais ne respire plus

A chaque fois les conduites à tenir seront différentes.

Selon moi, dans la phase post crise il convient de faire un bilan vital conscience, ventilation....circulation pour les plus formés, et seulement à ce moment là de décider s'il faut mettre en pls ou démarrer une rcp.

Cela va peut etre de soi pour quelqu'un comme toi qui a une formation solide  mais il vaut mieux le repréciser pour éviter un raccourci post crise = PLS

Bonne soiree



18 juillet 2012 à 21:26:30
Réponse #30

Oim


Merci Meven pour ces info sur la conduite à tenir !
Simple, clair, bref applicable....

Oim
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

19 juillet 2012 à 01:44:55
Réponse #31

Meven


Bonsoir @Meven

Permets moi de ne pas etre d'accord avec la conduite à tenir que tu donnes pour la phase post crise du moins dans la forme ou tu la donnes

Cela présuppose que la victime est inconsciente et respire
Or d'autres cas sont possibles
1/ La victime a repris conscience
2/ La victime est inconsciente mais ne respire plus

A chaque fois les conduites à tenir seront différentes.

Selon moi, dans la phase post crise il convient de faire un bilan vital conscience, ventilation....circulation pour les plus formés, et seulement à ce moment là de décider s'il faut mettre en pls ou démarrer une rcp.

Cela va peut etre de soi pour quelqu'un comme toi qui a une formation solide  mais il vaut mieux le repréciser pour éviter un raccourci post crise = PLS

Bonsoir fall7stand-up8,


Tu soulèves effectivement une contradiction par rapport à ce qui est enseigné dans le PSC1, qui a vocation à être extrêmement simple (simpliste ?) pour éviter les noeuds aux cerveau le jour ou l'on en a besoin. Seulement les choses ne sont souvent pas aussi dichotomiques que dans les modèles enseignés...

Dans la phase post-critique, on se retrouve souvent avec un état modifié de conscience, la fameuse confusion post-critique déjà mentionnée plus haut. En gros la personne est consciente, mais très loin de la pleine possession de ses moyens, et ne se souvenant même pas dans la très grande majorité des cas de ce qui se passera durant cette phase.
Pour t'en convaincre, je t'invite à regarder les tracés d'EEG sur les vidéos que j'ai posté précédemment, au moment où les secousses cessent : le tracé est plat. Le cerveau est "out", il n'imprime plus rien. La reprise de l'activité cérébrale se fera ensuite, progressivement.

De plus, on retrouve, et c'est le propre d'une crise d'épilepsie, au cours de cette phase post-critique une grande hypotonie musculaire, malgré un état de conscience (partiel), ce qui expose exactement aux même risques que lors d'une absence de conscience.

Le raccourci "épilepsie phase post-critique = PLS systématique" était donc fait à dessein, toujours dans une optique d’éviter les nœuds au cerveau, et même si cela peut paraitre de prime abord contradictoire avec ce qui est enseigné dans le PSC1. Il ne t'aura d'ailleurs pas échappé que la gestion de la crise d"épilepsie est précisément hors du programme de cette formation.


Là ou tu as cependant raison, c'est qu'il est fortement recommandé de s'assurer des signes vitaux (respiration surtout) même s'ils sont dans le cas d'une crise d’épilepsie évidents (reprise de respiration bruyante : stertor), chose que j'avais effectivement omise et que tu fais bien de rappeler.  ;)


Au passage, pour toutes celles et ceux qui auraient lu jusque-là, et qui n'auraient pas leur PSC1, ça se passe ICI.

++

Meven
« Modifié: 19 juillet 2012 à 02:25:04 par Meven »

19 juillet 2012 à 09:59:31
Réponse #32

fall7stand-up8


Merci Meven pour cette réponse documentée
cela appelle deux reflexions de ma part

1/La question de la crise d'épilepsie hors programme ou pas vient systématiquement à chaque session de psc1 que j'anime. j'avais pris pour habitude pour répondre sans faire de Hors sujet PSC1 et pour éviter de tomber dans le médical (vu que je ne suis pas toubib ni infirmier) de leur donner une CAT identique à ce que tu préconises à ceci près qu'en post crise je leur demandais de se comporter comme pour n'importe quelle victime. Conscience, ventilation....
La notion d'état de conscience modifiée que tu décris me pose un problème pédagogique sur la clarté du message que je vais faire passer (les fameux noeuds au cerveau dont tu parles) 
Serait il pertinent de dire aux stagiaires d'apprécier une ventilation sans tenir compte d'eventuelles manifestations trompeuses et de placer en pls si ventilation présente et masser et inssufler si ventilation absente?

2/ Pour mon information personnelle, le risque d'arret ventilatoire post crise est il fréquent ou anecdotique? et enfin, tu parles d'hypotonie musculaire et d'eeg plat, cela pose la question du fonctionnement des muscles de la respiration eux memes commandés par le systeme nerveux central?

Merci de m'éclairer car je suis un peu perdu....




19 juillet 2012 à 12:35:32
Réponse #33

Meven


La notion d'état de conscience modifiée que tu décris me pose un problème pédagogique sur la clarté du message que je vais faire passer (les fameux noeuds au cerveau dont tu parles)  
Serait il pertinent de dire aux stagiaires d'apprécier une ventilation sans tenir compte d’éventuelles manifestations trompeuses et de placer en pls si ventilation présente et masser et inssufler si ventilation absente?

Non, car :

1) D'un point de vue pédagogique, tu laisses les "manifestations trompeuses" à leurs propres interprétations, ce qui va profondément à l'encontre de la volonté d'enseigner des procédures simples, efficaces, systématiques, et surtout non "personne-dépendantes". Sans compter que tu risques de te retrouver bien embêté lorsqu'ils te demanderont des précisions sur ces fameuses "manifestations trompeuses"...

2) D'un point de vue technique, une personne dans la phase post-critique peut très bien répondre, même verbalement, de façon automatique, réflexe, faisant donc conclure qu'elle est consciente. Il n'en demeure pas moins que l'hypotonie musculaire persiste, et avec elle le risque d’étouffement par inhalation.


La message qui prévaut est donc épilepsie phase post-critique = assimilé inconscient qui respire = PLS + surveillance en attendant les secours.


2/ Pour mon information personnelle, le risque d'arret ventilatoire post crise est il fréquent ou anecdotique?

Si l'on considère le cas qui d'une crise d'épilepsie généralisée, classique, isolée, ce qui représente l'immense majorité des cas, il est inexistant.

Petit aparté : il arrivait jadis que suite à la présence d'un secouriste un peu trop zélé avec le Valium, on se retrouve avec des cas d'arrêts respiratoires. Je prends le risque d'espérer que c'est quelque chose qui a actuellement disparu...


et enfin, tu parles d'hypotonie musculaire et d'eeg plat, cela pose la question du fonctionnement des muscles de la respiration eux memes commandés par le systeme nerveux central?

Un EEG est un examen d'enregistrement electroneurophysiologique qui s'effectue à l'aide d'électrodes placées sur le scalp, et qui enregistre surtout l'activité électrique du cortex, soit la partie la plus superficielle du cerveau, dédié principalement aux fonctions supérieures.

Les centres nerveux responsables des mouvements respiratoires sont eux situés au niveau du tronc cérébral, situé dans la fosse cérébrale postérieure, et non dans le cerveau.


Meven
« Modifié: 19 juillet 2012 à 12:43:07 par Meven »

 


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