- Bonsoir ma chérie

! As-tu passé une bonne journée ?
- Guillaume, j'ai à te parler ... C'est pour ton anniversaire ... il me faut ton accord.
Ça y est, c'est parti, ma chérie m'offre le stage niveau 2 !
Un court échange avec JBC : nous allons covoiturer. Je l'accueille à la gare, un échange de sourire : "Comment vas-tu ?" Première rencontre avec JBC, première d'un riche week-end.
Nous poserons vers 2h du mat', à la belle étoile dans une petite vallée près de Die, il fait 1°C. La space-blanket tendue pour nous abriter d'un petit vent frais, lui dans son tout nouveau wiggis, moi sous mes 2 couvertures en laine.
JBC a glissé toute la nuit sur le sol en pente. J'entendais tantôt un ronflement, tantôt une chenille qui remonte son toboggan. Je me réveille avec un iceberg dans chaque chaussure ... Une petite eau chaude et nous nous rendons à la gare de Die : point de ralliement donné par David 2 jours plus tôt.
Présentations, bisous et salamalecs d'usage, et nous partons vers le début de notre périple. Là, David vérifie que nous avons tout ce qu'il faut pour que notre sécurité ne soit pas compromise. Première consigne : "Ne vous mouillez pas !"
L'aventure commence par une petite marche à la vitesse "tai-chi" pour mieux gérer notre énergie et notre température corporelle. Nous progresserons dans une alternance de vent, pluie, neige et soleil (si si, il y en a aussi eu un peu). Pour ma part, je vais enfreindre la première consigne et me retrouver bien humide sous ma vieille goretex.
Arrivés sur les lieux, David organise 2 équipes qui doivent s'attaquer à la phase de construction de leur abris. Je ferai équipe avec Marine et Jérôme (les 2 journalistes) et JBC. Nous nous organisons donc pour couper de grandes gerbes d'herbe et les attacher de façon à faire des paillasses qui nous isolerons du sol. Afin d'augmenter l'épaisseur de notre couche, nous ajouterons en dessous, des genêts, de petites branches de pins et la couverture de survie suisse. Notre abri : 4 perches sur lesquelles nous apposons un tarp D4, une space-blanket et un poncho. Vient enfin le moment de préparer notre feu pour la nuit. Des couteaux, une hachette et une scie remplissent leur devoir, et nous offrent quelques pins mort et du bois gras. JBC propose de faire un feu en top-down et dépose les bûches les unes sur les autres. Pour ma part je prépare le petit bois, le bois gras et des écorces de pins pour faire un tipi qui abritera le départ. Le bois est plutôt humide, mais le démarrage du feu semble bien se faire. C'est là que Greg vient pour faire son cours de botanique. David reste donc au bivouac pour s'occuper des 2 feux naissants pendant que nous partons cueillir notre repas du soir. Coings, poires, noix, orties, carottes sauvages, orpin, genévriers, gratte-culs, pins, etc.
De retour au bivouac, à la nuit tombée, nous ne voyons plus qu'un seul feu. La pluie tombée lors de la récolte avait mis à mal le démarrage des 2 feux, et David a dû choisir d'en abandonner un pour préserver l'autre. Nous nous escrimons donc avec JBC, David et les journalistes à le rallumer au plus vite, en soufflant dessus, fendant du petit bois et ajoutant d'autre bois gras. Quand notre feu redémarre enfin pour de bon, nous nous posons pour profiter des restes de notre casse-croûte du midi, agrémenté des fruits de notre cueillette ainsi que du panier très bien garni laissé sur place par Greg. Pour ma part, je me couche sous ma couverture de survie, et m'endors assez vite pendant que les autres continuent à bavarder.
J'ai passé une bonne nuit, durant laquelle je n'ai presque pas eu froid. Juste un peu aux pieds, mais moins que la nuit précédente. D'après ma montre thermomètre, la température a oscillé entre 1 et 6°C à l'entrée de notre abri. Vers 2h de mat', je me réveille pour prendre la relève du garde-feu. Marine (la journaliste) ouvre un oeil, et nous dit qu'elle a trop chaud ... elle dort dans son petit sac à 6°C de confort lui même dans un autre sac prêté par Greg à -15°C de confort ! JBC est un peu écoeuré. Plus tard, il va se coucher et je fais enfin sécher mes chaussettes auprès du foyer. Je me recouche en pensant juste me reposer un peu, mais je me rendors. 5h, JBC à froid, se lève et là, je me réveille en m'apercevant que j'ai failli ... Il ne reste que des braises ! Nous allons couper un peu de bois, ce qui réchauffe JBC, qui retourne au lit. Je veille sur le feu pour de vrai ce coup-ci, en rendant visite de temps en temps, aux autres qui ont un peu trop froid pour dormir.
Lendemain matin, nouvelle cueillette avec Greg, puis nous plions le camp pour laisser le moins de traces possibles.
Séance immersion en silence, chacun de son côté, pour s'imprégner de l'environnement, puis David nous initiera à la marche silencieuse et aux rudiments du pistage. Comme un goût de trop peu : j'ai adoré !
Retour au même rythme qu'à l'aller, débriefing : "Au revoir et merci" ...
Je prépare un petit tableau synthétisant mes impressions sur la nuit, et l'équipement employé. Mon kit de survie a commencé à évoluer. Le taberneck, par exemple, est clairement insuffisant pour allumer un feu sous la pluie.
@+
Guigui
P.S. : Au fait, David, tu demandais des critiques constructives ... Juste une qui me vient pour l'avant stage. Le manque d'infos sur la réception et/ou l'admission du dossier, ça peut être bien pour les stagiaires s'ils savent à quoi s'en tenir quand tu prends les inscriptions. Pour le reste, ben ... ENCORE !