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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: GR20 - Mais qu'est-ce qu'ils ont tous?  (Lu 11176 fois)

08 septembre 2009 à 21:40:30
Lu 11176 fois

Bison


Qu'est-ce qu'ils ont tous, à vouloir se lancer sur le GR20 dans les pires conditions?

- Sans grande expérience de la rando en montagne, ni de la rando en ligne sur 10 jours et plus!
- En solo
- En autonomie "complète"
- quand ce n'est pas en arrière saison ou de nuit ...

Qu’est-ce qui les attire, à se lancer ce défi pour le moins téméraire ?
Tout, tout de suite ?
Après cet exploit, on se considérera « à la hauteur » des pros ? Et on passera à autre chose?

Les pros de l’aventure sont audacieux, mais pas téméraires !
Leur savoir faire est le fruit d’une expérience bâtie au cours de nombreuses années.
Leur « prise de risque » est assumée en connaissance de cause … et ils se donnent, chaque fois que possible, une porte de sortie. Du fait de leur expérience,  ils savent quand il vaut mieux ne pas persévérer dans le plan initial.

Alors, pourquoi ne pas se « construire » cette expérience, afin d’être réellement à la hauteur du défi que l’on se lance. Car il faut bien le dire :  "faire" le GR 20 une fois ne veut pas dire que l'on est réellement "à la hauteur" des difficultés et des pièges du parcours …

Bon, ce sont là des considérations de sagesse, et j’ai un peu honte de les énoncer, moi qui ne suis ni sage ni jeune.

Ce qui m’attriste en réalité, c’est qu’en visant directement une difficulté majeure, on risque de passer à côté de tellement de difficultés intermédiaires, d’étapes initiatiques qui chacune apportent bien des plaisirs, des joies, des petites victoires … et qui permettent à « l’expérience » de pénétrer nos esprits. Sans parler de l'entraînement physique, bien entendu! (Le fameux "pied du montagnard"!). Il faut se bâtir un « socle » de compétences, bien large, bien solide pour réduire l'imprévu et affronter l'imprévisible!

Alors, à tous les futurs vainqueurs de l’Everest, je propose une progression , une « voie » riche de nombreuses petites victoires. (Certains sont déjà dans cette démarche …)

1. Deux cent dix kilomètres sur le Chemin de Compostelle
Voir le topo de la FFRP réf # 651 (GR65)

Soit le début de l’itinéraire, entre Le Puy-en-Velay et Conques. Ce sera aussi cool ou aussi « dur » que vous le voulez. Ce sera aussi riche que vous le voulez … Il y a du dénivelé, et des problèmes d'orientation si vous vous aventurez sur les variantes non balisées en Aubrac.
Ce n’est pas glorieux … mais vous ne regretterez pas ! Déjà vous aurez endurci votre corps, éprouvé votre moral (n’espérez pas échapper aux petites misères …), affûté votre lecture de carte, testé votre matériel, et commencé à alléger votre sac …
Vous aurez certainement fait des rencontres inoubliables en chemin ou dans les gites.



Vous aurez découvert des paysages … des paysages … 
(Prévoyez quelques cartes de réserves pour votre APN …)



2. Quinze jours dans les Hautes Vosges.
Topo FFRP réf # 502 (GR5 & GR52)

Pour bien roder les techniques de bivouac, d'orientation (cela reste facile, par beau temps – mais vous aurez du mauvais temps, presque à coup sûr !), pour améliorer vos capacités à "avaler" du dénivelé …

Car du dénivelé, là, il y en a « tant qu’on veut ». Facile 800 m et plus à la journée …



Les sentiers sont bien balisés et pas trop difficiles.
Nombreux points de ravitaillement.
Nombreuses cabanes avec possibilité de feu.
Le bivouac est « normal » dans cette région.
Le bonheur !

Au bilan :  déjà des bonnes jambes, déjà une pratique naturelle du bivouac, déjà, probablement, la rencontre avec de beaux orages, sans beaucoup de possibilité de repli …

Vous commencerez à vraiment vous poser les bonnes questions sur l’équipement vraiment nécessaire !

3. Trois semaines dans les Pyrénées.
Documentation :  Rando-Éditions et FFRP :  GR10

La montagne. Et tenir la distance …
On peut imaginer traverser toute la chaîne de l'Atlantique à la Méditerranée (6 à 8 semaines).
Il existe – pour les montagnards confirmés – un itinéraire technique plus prestigieux que le GR20 :  la HRP (« Haute Route Pyrénéenne » ).
Et il existe un itinéraire moins exigeant :  le GR10.

Le GR10 n’est pas moins « dur » au niveau physique, pas moins gratifiant au niveau des paysages. Mais le sentier est balisé :  peu de problème d’orientation, l’itinéraire étant quasi « évident ».
Au long du GR10, les montées et descentes, quoique bien raides et bien longues sur certains tronçons, ne sont pas vraiment « piégeuses ».
En été, la fréquentation est suffisante que pour être secouru assez rapidement en cas d’accident.
Les points de ravitaillement sont moins nombreux que dans les Vosges … mais on peut facilement imaginer un « mix » bivouac / refuges.

La météo est la météo de montagne :  pluie de neige fondante ce 17 juillet 2009 au matin au refuge des Bésines, à 2.100 m d’altitude. Ciel serein et lumière éblouissante en journée

Une petite tof en passant … mais il y en aurait tant et tant …



Attention !
Après un premier séjour rando dans les Pyrénées ... vous aurez probablement plus envie de vous frotter à la HRP qu’au GR20 !

En tous cas, vous serez rôdés pour aborder – en été du moins - les randos plus difficiles.
Mais vous n’aurez pas encore « appris » de la part d’un pro de la montagne, c’est pourquoi je vous propose une quatrième étape ...

4. Stage FFME :  Passeport vert « complet »
Contenu du premier volet
Contenu du deuxième volet

La Fédération Française de l’Escalade et de la Montagne propose un système de certificats de compétence  appelés « Passeports » (pour ne pas faire peur) … et organise des stages (à un prix raisonnable) pour les obtenir.

Le Passeport Vert complet atteste qu’un randonneur possède les capacités requises pour randonner en montagne « en pleine responsabilité »  (en condition non enneigée).

Bref, c'est exactement le genre de compétence que l’on attend d’un randonneur qui veut se lancer, de sa propre initiative et en solo, dans une randonnée en montagne.

C’est aussi le genre de compétences que l’on attend d’un équipier, quand la rando est « difficile »

Alors, quelles que soient les connaissances et savoir-faire que vous auriez acquis au préalable, pourquoi en pas se mesurer à l’aune d’un standard quasi officiel ? Ce n’est pas obligatoire, bien sûr, mais on ne risque qu’une chose :  apprendre deux ou trois trucs, découvrir une façon de voir les choses, combler une lacune, corriger une mauvaise habitude …

5. Vos premières randos difficiles, faites les avec des équipiers expérimentés

Si vous avez suivi une « progression » logique dans l’art de la rando en montagne, vous avez rencontré du monde, vous avec fait des connaissances … sur les sentiers, aux refuges, en club, en stage, chez RL et bien sûr ici chez David. Trouver un ou deux bons coéquipiers ne sera plus un problème.

A deux c’est mieux …
A deux, on confronte les expériences, les appréciations …
A deux, on s’assure mieux, dans les passages difficiles …
A deux, on n’est plus tout seul en cas d’accident …

A trois ou quatre, c’est pas pire, si on se connaît assez bien.
Au-delà, il vaut mieux avoir un « chef », un chef vraiment à la hauteur, vraiment apte à conduire un groupe, à prendre les bonnes décisions dans l’intérêt du groupe, quand les circonstances l'exigent.

Alors, après quelques randos "difficiles" en groupe, et si l'envie vous taraude toujours de réaliser un exploit en solitaire, ou simplement de partir tout seul avec vous même, alors ... go!

Ne vous contentez pas alors de « faire » le GR20 … allez aussi « explorer » le GR20 dans ses variantes, dans ses moindre recoins. Et tant qu’à faire allez aussi découvrir les autres sentiers de la Corse …

Alors, vous serez à la hauteur de votre exploit, parce que vous aurez assumé en toute connaissance de cause, et vous aurez limité au maximum, les risques particuliers propres à la rando en solo.

 _ _ _ _ _ _ _

Et ensuite ?
Ensuite il vous restera la rando dans la neige, la rando glaciaire, la rando tropicale, le désert, l'arctique ...
Vous n’aurez jamais fini de découvrir le monde, vous n’aurez jamais fini d’apprendre à randonner, d’apprendre faire face aux imprévus, à survivre en conditions précaires

Bison, qui apprend à survivre depuis 62 ans.
« Modifié: 09 septembre 2009 à 09:04:56 par Bison »
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

08 septembre 2009 à 21:42:48
Réponse #1

DavidManise


"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

08 septembre 2009 à 21:50:06
Réponse #2

Bison


Merci!

Diable, "lu et approuvé" deux minutes dix-huit secondes après la parution!
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

08 septembre 2009 à 21:50:57
Réponse #3

jbc



08 septembre 2009 à 22:00:01
Réponse #4

DavidManise


Diable, "lu et approuvé" deux minutes dix-huit secondes après la parution!

Mon contrat de mariage aussi, je l'ai lu trop vite ;#

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

08 septembre 2009 à 22:07:23
Réponse #5

TRTL


Merci pour ces propositions, ca fait rêver :love: et ca donne des idées  ::)

C'est vrai, beaucoup de gens reste sur ce qui est connu, il suffit de voir l'attention qui est portée pour l'Everest... Et ces même gens ratent tant de choses à côté.

08 septembre 2009 à 22:11:58
Réponse #6

Lemuel


Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

08 septembre 2009 à 22:22:32
Réponse #7

Pics (Vincent.D)


KISS

08 septembre 2009 à 22:29:36
Réponse #8

crotale


La grande classe :up:....et l'art de savoir convaincre avec talent :doubleup:
http://fredbouammache.blogspot.com/    "Qui s'instruit sans agir, laboure sans semer !"

"Finir est souvent plus difficile que commencer". Jack Beauregard.

08 septembre 2009 à 22:31:37
Réponse #9

tbird


La messe est dite, je ne vois pas quoi rajouter a part  :love: et  :akhbar:

Belle leçon, Bison.

A+ Tbi...

08 septembre 2009 à 22:32:23
Réponse #10

Barnabé


Super génial post !

Et très belles photos !

Si je pouvais me permettre d'ajouter des étapes encore préalables :
- commencer par marcher/randonner une heure par jour, au moins trois jours par semaine.
- quand cet étape est franchie, augmenter progressivement la durée et la difficulté, et ajouter l'orientation (carte + boussole)
- quand on est capable de marcher plusieurs heures par jour avec sac à dos, en s'orientant à la carte et à la boussole, alors on est tout à fait capable de se lancer dans les belles randonnées décrites par Bison.

C'est toujours extrêmement triste et regrettable quand des personnes non entraînées se lancent dans une grosse rando avec un sac de 20 kg au dos et des chaussures neuves aux pieds ! Le résultat est invariablement les ampoules et l'épuisement, et parfois les douleurs et blocages articulaires, les larmes, les crises, les "plus jamais". Toute activité mérite d'être commencée doucement et progressivement si l'on ne veut pas s'en dégoûter.

09 septembre 2009 à 01:19:50
Réponse #11

floproteus


 :akhbar: AMEN ! :akhbar:
...et merci pour les idées de rando !  :doubleup:
<<<  cliquez ici ;) !

09 septembre 2009 à 06:41:26
Réponse #12

arzh


merci pour ces beaux textes et ces belles photos
ca redonne envie de repartir sur les chemins apres 6 mois de repos forcé
ca fait du bien avant de partir au taf quand il fait nuit a 6 heure du mat

09 septembre 2009 à 09:08:33
Réponse #13

Bison


J'ai modifié le titre pour y inclure "GR20" ... afin qu'il tombe dans le filet d'une recherche sur le GR20.
A l'intention donc des candidats baroudeurs.

Candidats que je ne blâme pas, hein!
A 20 ans, j'aurais foncé tête baissée!

J'aurais même pas consulté un forum! (et pour cause ... :( )
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

09 septembre 2009 à 09:23:20
Réponse #14

Lemuel


"Car il faut bien le dire :  "faire" le GR 20 une fois ne veut pas dire que l'on est réellement "à la hauteur" des difficultés et des pièges du parcours "

Mais signifie plus probablement que ceux ci ne se sont pas présentés. J'avais jamais vu ça sous cet angle.
Don't watch the tool, the work it can do
Watch the man that's behind, yeah !


http://natureandforcefield.tumblr.com

09 septembre 2009 à 09:43:42
Réponse #15

Kilbith


"Car il faut bien le dire :  "faire" le GR 20 une fois ne veut pas dire que l'on est réellement "à la hauteur" des difficultés et des pièges du parcours "

Mais signifie plus probablement que ceux ci ne se sont pas présentés. J'avais jamais vu ça sous cet angle.

Merci (bien sûr) Bison pour ce texte...

Pour Lemuel : C'est un point important. Bien des gens estiment avoir de l'expérience, alors que quand tu les interroges il ont surtout eu beaucoup de chance.


Un exemple : je suis au Printemps en Altitude dans la neige, je marche à distance de la crête mais pas loin quand même (paysage magnifique) et j'entends "whouf", je m'arrête, m'éloigne de la crête et en profite pour casser la graine.
Un type survient, je lui indique le risque de rupture s'il continue sur la trace. Il m'envoie paitre poliment en me faisant remarquer que la trace est visible :donc c'est sûr. Et il traverse sans problème....j'ai droit alors à une remarque sur les "poules mouillés"  ::)

Un autre exemple : l'hypothermie. Tant que l'on a pas constaté un cas réel, cela semble improbable si on est dans une situation "normale" avec des gens "normaux" et équipé "normalement". Pourtant en montant à la Madamète en Hiver, une fois arrivé à la cabane au pieds du col un membre de mon groupe s'est mis à trembler. Un type jeune, convenablement équipé et nous avions du feu (on avait monté les bûches de la vallée). Les conditions n'étaient pas atroces cette fois-ci. C'est juste qu'il avait, ce jour là, un coup de "moins bien". Et bien c'est galère, même au sec dans une cabane avec des sacs de couchage et du feu, de rattraper un type partant en LEGERE hypothermie...j'imagine dans la vraie tempête 1000m plus haut.

Plus jeune, il m'est arrivé de conduire en ayant plus de 0,5 g d'alcool....je suis toujours là, mais je conseille et m'essaye à l'abstinence car depuis j'ai pris conscience que "Saint Didier" pouvait avoir des absences.

 ;)
« Modifié: 09 septembre 2009 à 09:53:35 par kilbith_2 »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

09 septembre 2009 à 11:33:58
Réponse #16

Trekkal



09 septembre 2009 à 12:04:35
Réponse #17

Nirgoule


Je pense que le GR20 attire  en partie à cause de sa médiatisation.

Un peu comme si on ferait son apprentissage d'alpinisme en commençant par le mont Blanc. On passe directement au GR 20 pour dire " je l’ai fait". "Ouais l'alpinisme je connais  :glare: , la rando aussi". Et basta je passe à autre chose, le bobsleigh par exemple.

C’est une démarche particulière. Les touristes  américains font l’Europe en 15 jours, 2 à Paris, 1 à Rome et Venise, etc. "Ouais La France je connais  :glare: , l'Italie aussi".

La marche à pied médiatisée, le GR20 aussi et bien je me lance novice dans le truc. En plus l’été j’ai 99,99 % de chance que ça passe. C’est la culture zap. Attention la culture zap nous guette tous.  :ohmy:

Après il y a l’instinct grégaire de l’espèce humaine, observée dans les bouchons autoroutiers le dimanche soir. Il se produit aussi lors des sorties rando du WE, de Saint Jacques de Compostelle (mon seul point de désaccord peut être avec Bison) et donc du GR 20. Se sentir moins seul, se faire prendre en charge par les autres, « Ouais je suis parti en solo  :glare: sur le GR 20 la première semaine d'août !»




« Modifié: 09 septembre 2009 à 17:31:30 par Nirgoule »
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

09 septembre 2009 à 14:24:26
Réponse #18

lambda


Je pense que le GR20 attire  en partie à cause de sa médiatisation.

Un peu comme on  fait sa première d'alpinisme par mont Blanc. On passe directement au GR 20 pour dire " je l’ai fait". "Ouais l'alpinisme je connais  :glare: , la rando aussi". Et basta je passe à autre chose, le bobsleigh par exemple.

C’est une démarche particulière. Les touristes  américains font l’Europe en 15 jours, 2 à Paris, 1 à Rome et Venise, etc. "Ouais La France je connais  :glare: , l'Italie aussi".

... C’est la culture zap. Attention la culture zap nous guette tous.  :ohmy:
...

Bison a bien illustré cette démarche d apprentissage progressive afin d obtenir une vrai experience durable dans le fond  :doubleup

et je plussoie aussi avec Nirgoule quant a cette tendance (nouvelle?? je sais pas) qui consiste a vouloir tout faire, tout de suite partout afin de "prouver"  qu on est des vrais...

cette recherche de performance et de l exploit "qui en jette", cette envie de reconnaissance par l autre qui peut pousser a faire des conneries, risquer sa vie, alors qu avec une preparation dans le temps, la meme crapahute aurait posée moins de problèmes ou tout le moins des problèmes gérables...

y a comme un manque d humilité quelque part, ou un manque de prise de conscience de ses proprs limites...
- dû a un esprit "toujours plus haut, plus vite, plus fort...", un "toujours plus..." général quoi.
- une mediatisation et une "banalisation" des milieux propres a aux activités outdoors plus ou moins engagée.
- une surenchère de l aspect équipement au détriment du mindset et des compétences réelles... en gros, on a les 1500 euros d équipements sur le dos, alors ca ne peut qu être: "fingers in the nose"... :down:

bref on est dans cette put**n de spirale infernale qui veut nous pousser a penser que "tout est possible", "no limit... (avec le "yeahhhh" et les dents blanches qui vont bien ...)"...

et ca se retrouve a tous les niveaux des activités outdoors, grimpage de "mont blanc", "everest", "GR20", " virée Skidoo en Finlande au mois de janvier en jean, parce "c est trop facile avec le skiidoo, il peut rien nous arriver..."  ::)

suivi (quand il n y a pas eu de catastrophe...) de ce plaisir non dissimulé de se pavaner comme un "baroudeur" connaisseur de la chose pendant une soiree mondaine...

je vais simplement prendre mon chti vecu comme exemple, mon truc c est "la haut au dela du cercle...", ca fait quelques fois maintenant que j y vais régulièrement afin de vivre mon rêve tant que possible... mais même si d autres zones seraient passionnantes, je trouve qu il y a tellement a apprendre ne serait ce que pour évoluer entre le point A et B sur plusieurs jours sans que passer l arme a gauche, assurer les plus simples tâches domestiques en campement, "lire" le paysage, etc... dans ce genre d environnement arctique hivernal, qu il ne me suffirait pas d une vie pour tout connaitre et m estimer "expérimenté"...
aujourd hui, j'estime être tout juste "digne" d y aller et de mener mes projets (de nature très simples) de facon "autonome", mais toujours avec une put**n de préparation aussi poussée que je le peux...
et ce en m appuyant sur le vécu et l expérience des fois précédentes....
et ca ca veut dire que ca nécessite du temps... temps que les gens ne veulent peut être plus prendre... tout voir, tout faire, tout de suite, en un minimum de temps... et ne rien avoir appris au final...

Quand je cause de mes virées scandi ou finlandaises avec des gens, et que je leur parle de la facon de gérer la crotte du matin ou du soir, de gérer sa flotte ou l usage de ses petites laines... je sens comme une déception, car ca manque de "sensationnel"...

perso c est pour ca que je prefere répeter les expériences dans une même zone géographique, un même environnement, avec des variantes et traîter des problèmes nouveaux a chaque fois, ceci afin d essayer d avoir un minimum e connaissance de fond sur ce type d univers...

et je pense que de nos jours, encore une fois malheureusement, la forme (la photo du mec au sommet du... vous mettez ce que vous voulez la...) l emporte sur le fond... on veut "afficher" ces destinations comme des diplômes... mais sans la "partie initiatique" du truc...

désolé si je vire légèrement HS... enfin pas trop désolé quand même, hein?  ;)

a+,
Lambda


"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

09 septembre 2009 à 14:45:02
Réponse #19

Aust


Au contraire Lambda, au contraire, c'est instructif à lire. Tu soulignes bien l'importance de l'expérience. Beaucoup de gens oublient que la montagne tue chaque année.

edit: Au temps pour moi Plumok, simple défaut de langage!  :doubleup:
« Modifié: 09 septembre 2009 à 17:07:09 par Aust »
"Il faut vouloir vivre et savoir mourir" Napoléon Ier

09 septembre 2009 à 15:16:46
Réponse #20

Chris-C


Citer
- une surenchère de l aspect équipement au détriment du mindset et des compétences réelles... en gros, on a les 1500 euros d équipements sur le dos, alors ca ne peut qu être: "fingers in the nose"...

ça me fait penser au dernier slogan de D4 "mieux équipé on se sent plus fort"


Citer
Beaucoup de gens oublient que la montagne tue chaque année.

la montagne c'est la montagne et elle tue personne, c'est les gens qui meurent à la montagne, comme il le font ailleur.....  ;)

Super ce post, ça va cogiter, même si tout de suite ça me donne envie d'aller ballader.....

je connaissais pas les passport de la FFME, quelqu'un a une expérience avec c'est passeport?


09 septembre 2009 à 16:13:54
Réponse #21

Lynx


+1
on a tendance à être leurré par cette société moderne qui veut que tout soit facile, accessible...on ne supporte plus de prendre le temps, d'apprendre par l'expérience, d'accepter le conseil, l'encadrement...quitte à prendre des risques puisque de toute facon, il y a les secours dans mon portable...

Cet acquis, cette façon de la connaissance par l'expérience dont parle bison est tout simplement indispensable.
Elle l'est parce qu'elle permet d'apprendre tout simplement.
Apprendre sur soi d'abord, a se connaitre physiquement, psychologiquement, à se préparer, à réaliser, à réagir, à savoir ... abandonner aussi et surtout.
Apprendre sur le milieu ensuite ce qui demande du temps, de la patience, et des années de pratique, de vie dans ce milieu...apprendre l'humilité, la volonté contre l'évidence.

si tout n'est pas forcément possible,  beaucoup de chose sont quand même accessibles a la plupart.
Et dans toute progression, il faut apprendre à connaitre humblement ses limites et à distinguer le facile du faisable, le raisonnable du rêve et se sortir de la représentation par la confrontation au réél.
Cela veut dire curiosité, recherche de l'information, de la formation et surtout de l'EVALUATION.

L'évaluation par soi, par le groupe dans une progression graduelle et mesurée.
Et ne pas hésiter à chercher l'évaluation par plus expérimenté, pros etc. C'est essentiel.

Pour des gens expérimentés, (et d'autant plus pour les pros) il est assez facile de tester les gens et de se rendre compte de leurs lacunes. Un peu comme un prof qui va cibler l'état des troupes à la rentrée, un bon week end sur le terrain associé à des échanges autour des repas permet d'évacuer pas mal d'incertitudes et de confronter la personne à ses doutes, ses erreurs, ses lacunes et permet surtout d'orienter sur un plan de préparation ou sur les sorties adaptées au niveau.

Rien de tel que de sortir de l'autosatisfaction par la preuve matérielle pour prendre du recul, dans la mesure ou cette preuve reste engendrée dans un environnement maitrisé et surveillé pour éviter l'échec réel sur le terrain avec tout ce que cela comporte comme risques.

La grosse différence entre les sports de nature et les autres sports est que le risque d'échec est plus diffus,plus vague, moins évident aux yeux des néophytes. On ira pas s'inscrire à Rolland Garros six mois après avoir acheté sa première raquette parce que ca avait l'air facile a la télé, et pourtant on retrouve des gens partis grimper des sommets pas possibles parce que ca avait l'air facile d'en bas, parce que on leur avait dit que c'était sympa...mais si l'échec à Rolland Garros s'arrête à se prendre une déculottée au premier match ou a se faire virer par un vigile mort de rire, un bon orage sur un sommet peut tout simplement vous conduire dans une situation autrement plus critique.
Les dangers objectifs imposent à la base un risque, même aux plus prudents. La surenchère par méconnaissance ou excès de confiance ne fait alors qu'ajouter des chances de problèmes.

comme on dit par chez moi, un bon montagnard est un montagnard vivant...




















Poussière aux pieds vaut mieux que poussière aux fesses. Proverbe Peul

09 septembre 2009 à 17:12:22
Réponse #22

tof


Salut,
Je part à la fin de la semaine pour 15 j de rando en corse (2*7 jours), et tous le monde me demande si je fais le GR 20 c'est l'hallu...
Alors que des randos vachement plus sympa existent en Corse exemple la vallée du tavignano ( refuge de la sega, refuge de Mangane, lac de creno, lac de nino, l'arche, etc). Quel bonheur de ne pas se trouver sur la ligne de crête et de suivre les torrents...
@+
Tof

09 septembre 2009 à 17:32:31
Réponse #23

TRTL


C'est vrai que quelqu'un qui à risqué sa vie de façon idiote est plus écouté que une personne où tout va bien...  Il faut prendre ses responsabilités et se dire:''non. Je peux pas.m Faut que m'entraîne, que j'expérimente, etc...''

09 septembre 2009 à 19:45:06
Réponse #24

Anke


Y'a pas un mec qui a écrit un jour : " l'aventure est au coin de la rue" ou un truc du genre ?

Chui juste amoureux de mes falaises et des jolis moments où qu'ils soient et j'enquiquine les chercheurs d'exploits.
" T'as vu , j'ai un gros couteau, t'as vu j'ai fait tel truc, t'as vu j'ai tel matos... Oui, c'est bien mon bonhomme, dis moi, c'est quoi ta vie ?"

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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