Salut Julien,
Un tout grand merci pour ton feed-back.

Pour te répondre sur certains points:
"Ça ne doit pas être simple pour les instructeurs de travailler avec des personnes vierges de tout entrainement martial, à qui il faut tout, tout inculquer : perso je n'ai par exemple pas le réflexe d'aller vers l'adversaire s'il me rentre dedans, j'en suis encore à reculer ('being defensive, by it's very nature...')"
Je laisserais Rod répondre pour lui, mais personnellement j'aurais tendance à préférer travailler avec un quelqu'un de "vierge" que de devoir "reprogrammer" des mecs entrainés même (et surtout) d'un haut niveau.
La raison principale, c'est qu'avec quelqu'un qui à déja un background, on doit constamment "lutter" car consciemment ou inconsciemment, la plupart ont envie de vouloir faire coïncider la réalité avec leur connaissances acquises, et non de vouloir conformer leurs connaissances/capacités/whatever avec la réalité.
Le fait de "rentrer" dans une attaque est logique , mais va complètement à l'encontre de la tendance naturelle d'un individu "raisonnable" (si ça vient vers moi je me recule).
C'est le genre de trucs qui prend du temps à intégrer, on ne peut rein y faire...
Et si ça peut te rassurer avec des mecs "entrainés", typiquement les boxeurs pieds-poings, c'est encore plus dur, car ça les positionne en dehors de leur zone de confort habituelle, chose dont ils ont horreur.

S'il on avait eu encore plus de temps (ce sera pour une prochaine fois), j'aurais bien aimé avoir entre autres un avis des instructeurs sur la capacité (décisionnelle) des gens à se défendre (le 'fight' du 'fight/freeze/flight') : comment ça se travaille pour les gens qui n'ont jamais frappé/mordu/griffé leur prochain ?
Sur le long terme, au travers de différents drills et conditionnements, car contrairement à ce qu'on pourrait croire il y a (heureusement) une véritable résistance psychologique qui s'exerce contre une action visant à blesser un autre être humain.
Mais en fait, l'important c'est d'abord de travailler sur la faculté à
prendre une décision.
A partir du moment ou on sait ce qu'on veut, que ce soit combattre ou s'enfuir, c'est déjà beaucoup plus facile de mettre en oeuvre les moyens nécessaires.
In situ, ce qui tue, littéralement, c'est l'hésitation et l'inaction...
L'autre facette de ce travail, c'est d'instiguer le "commutateur inverse", à savoir le "OFF".
Quand la menace cesse, l'action s'arrête et on évalue la suite des événements.
Ca aussi c'est un aspect très (trop) souvent oublié de l'instruction au combat.
"Des questions sous le coude aussi concernant les systèmes de SP : il y en a plein ? Est-ce que Senshido, ACDS et combatives sont très différents ? Bref, plein de questions."
Je pense que Rod a répondu en début de stage en ce qui concerne l'ACDS et le Senshido...
Mon avis, c'est que les différences, aussi flagrantes soient-elles, sont en définitive mineures et plutôt à comprendre comme des "chemins" différents menants dans la même direction.
La différence est peut-être finalement moins dans les systèmes que dans la façon de les enseigner.
A bientôt,