- comment entretiens-tu ton 12 en forêt humide ? comment le transportes-tu ?
- quid en cas de maladie ?
- pas de soucis avec des pirates/contrebandiers etc. ?
J'ai acheté mon calibre il y a quelques années pour la forêt équatoriale.
Contrairement à beaucoup d'
aventuriers (ironique), je l'ai choisi le plus simple et le plus solide possible.
C'est un juxtaposé à crosse de bois, sans la moindre fioriture, ni décoration.
Et très facilement démontable.
J'ai pris un calibre 12 parce que ce sont des munitions adaptées à la chasse, et plus ou moins universelles.
Par cela, je veux dire qu'on en trouve un peu partout.
Pour l'entretient c'est relativement simple.
Nettoyage de la partie métallique au chiffon sec tous les jours pour enlever la poussière, les brindilles, etc.
Huilage des mécanismes toutes les semaines pour éviter que l'humidité ne les détériore.
Pour la crosse en bois, aucun entretient particulier.
Si jamais elle casse, ou pourrie, mes 4 ans à l'école d'armurerie Léon Mignon de Liège me serviront pour en fabriquer une sommaire en quelques heures.
C'est une arme de la manufacture d'armes de St Etienne.
Simple, fiable, et extrêmement résistante.
Elle a plusieurs années de forêt à son actif et de nombreux passages dans l'eau sans aucun dommage constaté.
Pour le transport, sanglée au sac à gauche, la machette étant à droite quand je n'en ai pas besoin.
On est pas dans un film, je n'ai pas besoin de sortir de flingue d'un coup pour buter un pauvre singe qui passe alors que j'ai fumé un pac la veille.
Je ne chasse qu'après avoir établi mon bivouac, sans matériel pour me gêner.
En cas de maladie, je n'ai plus qu'à espérer relier en pirogue la ville la plus proche.
Le pire que j'ai eu à endurer en forêt a été une petite fièvre suite à une morsure de matoutou.
Bourré d'aspirine, en quelques heures les symptômes ont disparu.
Il y a des règles à respecter dans ce milieu pour ne pas risquer d'ingérer de l'eau ou de la nourriture qui serait mauvaise.
Et pour éviter les dangers naturels. Animaux, plantes, accidents de terrain.
Je n'ai jamais eu à déplorer, seul ou en groupe, d'ennui grave,
car à mes débuts j'ai toujours été accompagné par des gens d'expérience qui ne se la jouent pas Indiana Jones,
qui savent que la forêt est dangereuse et qui ne prennent pas leur expérience pour une assurance vie.
En cas de blessure c'est différent.
Un membre brisé (sans complications) permet généralement de pouvoir se déplacer un minimum.
Je pense pouvoir pagayer avec une jambe pétée.
Après tout est histoire de circonstances.
A moi de savoir réagir et gérer la situation en cas de problème.
Pour les pirates et contrebandiers.
Généralement en forêt on tombe plus souvent sur des orpailleurs clandestins.
Car ils ne bougent pas souvent contrairement aux deux autres précités.
Ce sont des hommes pour qui la recherche de l'or n'est qu'un prétexte pour vivre en forêt.
Une fois qu'ils sont convaincus que tu n'es pas là pour leur piquer leur or, ils veulent bien accepter, parfois, de partager un repas avec toi.
Et il y a beaucoup à apprendre de ces hommes.
Pour info, les légos du 3ème rei aiment beaucoup les rencontrer en forêt ou lors de leurs passages en ville pour discuter avec eux.
Ils ont énormément de respect pour ces gars.
Par contre ce sont des durs. Leurs fusils n'ont pas servi que pour la chasse, et la plupart sont recherchés pour des crimes violents.
La prudence est de mise. Perso, si je partage un repas avec eux, c'est toujours en journée, et je veille à être assez loin d'ici la tombé de la nuit.
Ceux que l'on pourrait appeler des pirates, sont plus souvent en mer.
Et les contrebandiers aussi.
La pêche à la crevette en eaux françaises est apparemment très lucrative, car un ami, commandant du patrouilleur La Capricieuse à l'époque, me disait en arrêter presque toutes les semaines.
Je sais qu'il y a beaucoup de trafic de drogue en Guyane, mais je les vois mal se faire chier en forêt lorsqu'un avion volant au ras des pâquerettes est si simple. Mais je ne connais pas vraiment le milieu non plus.

Il faut savoir aussi qu'en Guyane la chasse est plus ou moins réglementée.
Les suidés et les singes sont souvent en surnombre
et contrairement à ce que l'on peut entendre dire, il y a très très peu d'espèces en voie de disparition dans cette partie du monde.
Il y a sûrement des anti-chasseurs sur ce forum des amoureux de la nature, et je ne veux pas lancer le débat.
Juste que je n'ai jamais chassé en France, j'achète ma viande chez le boucher comme tout le monde.
Mais en forêt, il faut bien que je vive. Je ne chasse que pour manger, jamais plus.
Et je gaspille au minimum. Je boucane ce que je peux. Les abats me servent pour pêcher comme appâts.
Parfois je garde un sabot, une corne, une défense, un crâne ou des os pour les sculpter ou les revendre.
Le reste est laissé sur place, les fauves et rongeurs s'en occuperont. Rien de plus naturel.