Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Se déplacer en étant blessé ou diminué (du vécu si possible).  (Lu 8950 fois)

24 juillet 2011 à 18:32:55
Lu 8950 fois

undujura


Pour prendre de bonnes décisions en cas de situations difficiles, voire critique il peut-être utiles de savoir ce qu'il est possible de faire physiologiquement. Par exemples avec un pied cassé ne permettant plus de se tenir debout, est-il possible de ramper? Sur quelle distance et à qu'elle vitesse? Si, il fait froid en combien de temps on va se refroidir? etc....

Pour ma part j'ai quatre expériences vécues.

Hiver chute à ski (Jura toujours), fémur brisé. Impossible de bouger le bassin. J'ai perdu connaissance à plusieurs reprise en essayant. J'ai ajusté mes habits au mieux pour lutter contre le froid, bonnets, capuchon, gants, avec un bâton j'ai déchaussé les ski (toujours fixés aux pieds), et ouvert les boucles des souliers. C'est très douloureux, j'ai attendu les secours deux heures, par temps neigeux et température de environ moins 8° celsius. Mon gros pull de laine, ma veste gore-tex serrée à la taille par une jupe intérieure, mes caleçons long en laine (cabelas) et mes pantalons en wool-wipcord (Filson) m'ont aider à résister au froid. J'ai eu la chance d'être à quelques centaines de mètres d'un petit téléski, une saute de vent à permis que mes appels soient entendus sinon j'étais cuit.

Chute à VTT, sentiers jurassiens, 1400 mètres, pluie et neiges fondues au printemps, nerf de l'avant bras droit (je suis droitier) sectionné (griffe cubitale), hémorragie peut importante. Réussi a regagner la plaine en tenant le guidon à une main, distance parcourue 2 ou 3 km de sentiers, puis 6 ou 7 de mauvais goudron avec une pente d'environ 10 à 15% suivant les endroits. Assez douloureux mais pas suffisamment pour perdre conscience. Pas de danger fatal, mais en cas d'immobilisation durable l'hypothermie aurait été menacante. L'équilibre et la trajectoire était précaire et le sur-accident pas très loin. Je procédais par bond de quelques centaines de mètres.

Chute à VTT de nuit à grande vitesse sur le goudron, 60 à 70 km/h, percuté un renard, pas de lumière, clair de lune, habillé chaudement avec gros gants de ski, gros pull de laine, veste goretex  (forte bise, temps froid et sec, route sèche). Les habits ont fondu sur le côtés, le casques aussi à la hauteur de la tempe. Bien sonné, repris mes esprits  quelques minutes, ai continués plus prudemment environ 15 km jusqu'à la maison. La chute aurait pu être fatale. Ensuite plus de danger, se concentrer (j'étais quand même sonné) De la chance et protégé par un habillement solide et épais.

Planche à voile en hiver sur un grand lac suisse, fort vent d'ouest, grosse vague, bris de mâts, la nuit tombe, je suis à environ 4 ou 500 m du rivage. J'attends les secours, ne  suis pas repérés et contrairement à mes habitude je n'avait avertis personnes de ma sortie, la nuit est venue. Contrairement à mes habitude, je pratiquais pas au vent  immédiat du bord, début d'hypothermie. Contrairement à mes principes, je décide de rentrer à la nage. J'avais une bonne combi isothermique en néoprène, avec cagoule de plongeur et le visage enduit de graisse à traire. Malgré l'eau à 4°, en m'immergeant je n'ai plus subis je refroidissement éolien, les premières minutes ont été très difficiles, essoufflement. Le coeur aurait pu lâcher. La pratique régulière de sport d'endurance (souvent 60 à 70 km de course à pied par semaine, m'ont été très utile), il fallait tenir, j'ai tenu. J'ai été vraiment en danger, je n'aurais pas tenu plus de 2 ou 3 heures et en décembre exposé sur une planche ayant environ 100 litres). J'ai terminé en bus, c'était un vendredi soir, les gens sortaient en ville, ils me regardait bizarrement. J'étais content d'être là. La  thune coincée dans un botillon isothermique ma permis de bâfrer trois mars en quelques minutes. Une heure et demie sous la douche, j'ai terminé la nuit en faisant la fête avec les copains.

Ce vécu est arrivé entre 20 et 34 ans. Une très bonne condition physique,  un bon équipement m'ont permis de faire face. La chance était au rendez-vous aussi. A plus de 50 ans maintenant, avec une douzaine de kg en plus, je ne sais pas ce qui se passerait. Le poids supplémentaire pourrait accentuer les conséquences des chutes à vélo, ou rendre le pilotage d'une main encore plus problématique. Le coeur pourrait lâcher lors de la natation en état d'hypothermie.

Pour moi la jeunesse et une bonne conditions  physique sont des facteurs de survie très important. Quant ils ne sont plus là, on pallie par la prudence et l'expérience.

Je propose de limiter les interventions aux expériences vécues personnellement. Les exemples littéraires ou de secondes mains sont innombrables.

undujura



24 juillet 2011 à 19:13:19
Réponse #1

Melkor


C'est certain qu'il y a une prise de conscience a avoir en amont.
La première ligne de la règle des 3 aurait sans doute évité une bonne partie de tes accidents.

Quand à "savoir ce qu'il peut être possible de faire physiologiquement", je ne suis pas sur qu'on puisse établir de règles.
Comme tu le dis toi même, la situation ne serait sans doute pas la même à ton âge actuel. La condition physique, l'expérience, le sexe, le mental, et le vécu en général, sont autant de paramètres à prendre en compte et différents pour chaque personnes, évoluant au fil des ans.

Alors un topic pour raconter nos mésaventures avec blessures physiques graves, et ainsi pouvoir analyser les erreurs qui nous ont conduites à ce résultat pour éviter aux autres de reproduire le même shéma, je dis pourquoi pas.
Un topic pour savoir ce qu'il est possible de faire physiologiquement avec tel ou tel type de blessure c'est, selon moi, irréaliste.

24 juillet 2011 à 19:27:10
Réponse #2

Campeur


je suis intéressé ! j'avais posté il y a un certain temps sur le sujet en espérant avoir des retours, mais ça avait fait flop  :-\. certes l'idée est de prévenir et d'éviter les situations à la con, mais quand on est dedans, il faut savoir s'en sortir.

allumer un feu, construire un abri, filtrer de l'eau,... c'est nettement plus difficile avec un genoux en vrac ou une épaule démise. je n'ai heuresuement pour moi aucune expérience sur le sujet, mais je pense que parmi les vrais baroudeurs du forum, les expé ne doivent pas manquer.

Comment faire une atelle de fortune ? porter un bléssé avec les matériaux qu'on a sous la main... autant de techniques qui peuvent valoir, je pense, celles qui sont décrites en long et en large sur le site en ce qui concerne le feu, les abris.... j'ai un petit bouquin sur les secours en montagne que je n'ai pas sous la main. je vous posterai les références pour ceux que ça intéresse.

curieusement le sujet ne semble pas souvent abordé, j'espères que tu auras plus de chances que moi undujura !

Salut
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

24 juillet 2011 à 20:34:45
Réponse #3

guillaume



curieusement le sujet ne semble pas souvent abordé, j'espères que tu auras plus de chances que moi undujura !


Moi aussi ça m'intéresse. Seulement, je trouve que c'est un truc qu'on ne peut pas vraiment apprendre sur le net. C'est sur que poser un attelle de fortune n'engendre pas de gros risques (quoique sur une fracture non diagnostiquée...) mais certains gestes de 1er secours en milieux éloignés sont des actes à ne pas prendre à la légère...
Le problème étant que pour avoir une formation à ce type de 1er secours, il faut souvent être dans des milieux assez particuliers :-\.

a+

24 juillet 2011 à 20:45:42
Réponse #4

b@s


bah ça m'a tout l'air de partir sur de bonnes bases ce post  ;# détendons nous les gars !

sur le fond, même si c'est abrupt, j'aurai tendance a dire que moleson n'a pas tort : on a tous fait des conneries, seulement qui prend le temps de réfléchir un peu à ne pas les reproduire ?

par exemple, de nuit, même par pleine lune, jamais de grande vitesse en vélo ... bon, je te l'accorde, c'est plus facile à dire après. mais parfois faut enfoncer les portes, même ouvertes.

pour revenir à ton fil, ma seule grosse aventure merdique : nous étions ados et avec deux camarades nous partons faire de l’escalade en bloc, dans un coin connu, sans prévenir personne. un des joyeux lurons fait une chute de 5 ou 6 mètres et se pète les deux coudes  :o >:( et bien sur la voiture est à 2 ou t3kilomètres, pas de portables à l'époque

on a fait ce qui nous semblait le mieux à l'époque  ; on est retourné tous les trois à la voiture et on l' a emmené nous mêmes à l'hosto ... ::) je crois qu'on dit jeunes et cons !

24 juillet 2011 à 22:37:21
Réponse #5

undujura


Extrait du post récent '' mort sur le ben nevis''.http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,49610.0.html
<<- Avec des copains de RL : on descend de nuit après un portage en décembre. Mon  voisin très expérimenté glisse (sur une pierre plate humide) et se casse la cheville : Pas de réseau. Heureusement on était à 30 mètres des voitures. Si le copain avait été seul et pas à 30 mètres des voitures :>>

Qui a déjà été contraint de ce se déplacer avec une cheville brisée? Est-ce possible avec une attelle? La douleur fait-elle perdre connaissance? Je pense qu'un certain nombre de blessures induisent des limites physiologiques. Ainsi, un bris de fémur correspond à une partie du supplice de la roue. D'après le médecin qui m'a opéré de ce genre de fracture, sans soins,  est mortel en 48H00 heures. On est mourrait encore à l'hôpital il y a pas si longtemps que ça.

Certains arts martiaux ayant pour but de tuer sont basés sur les limites physiologiques de certains centres nerveux. Les limites sont bien là. Il y a également des limites psychologiques quant à la quantité de stress qu'un être humain peut encaisser. Après un certain nombre de mission de combats (aviateurs), ou de temps en première ligne (fantassins) les soldats ne sont plus aptes au combat.

Autre exemple extrême le cas des personnes dont la psyché et le métabolisme s'effondrait totalement après environ 3 mois de privations dans les camps nazis, dans l'argot des camps ils étaient appelés ''musulmans''  (Ce terme est une appellation historique qui n'a bien sur rien à voir avec les pratiquants de cette religion).

La règle des 3 heures d'exposition au froid sans une protection suffisante en est un exemple. La perte de 2 ou 3 litres de transpiration induit une baisse des performances physiques (autre exemple).

Je vous invite à partager vos expériences d'accidents, surtout si vous avez dû agir pour vous signaler aux secours, ou vous déplacer pour vous sauvez vous-même.

24 juillet 2011 à 23:25:46
Réponse #6

Flay


Pour ma part, connerie à l'état pure et qui m'a bien servi de leçon...J'utilise des flèches en carbone pour mon arc, et j'étais curieuse de voir le resultat en façonnant moi même deux ou trois flèches..je saute sur mon vélo, emprunte les petits sentiers de campagnes à l'affut d'un bosquet interessant, que je trouve au bout de 500m (dieu merci). Je prelève deux ou trois branches fines et droites donc, et je me dis que je ferais peut etre mieux de l'écorcer pendant que le bois est vert, ce que je fais avec mon couteau, une lame d'environ 8 cm de long et 2/2,5 de large. Une fois le boulot fait, je me dis "hm, peut etre que tu devrais tout de suite faire l'encoche aussi, essaye sur une des branches"
J'étais à genoux dans l'herbe. J'ai voulu inciser un peu la branche. La branche que j'avais calé sur mes cuisses  :doubleup:
Résultat, la lame bien droit dans ma cuisse gauche jusqu'à la garde, un peu au dessus du genou. Par reflexe, je retire la lame sans reflechir et là ça pissait le sang. Panique, j'ai failli m'evanouir direct mais je me suis forcée à rester consciente. Seconde erreur, summum de la bêtise, j'ai pas fais de garrot. Je me suis dis que je pouvais pas pedaler dans cet état, j'avais mon portable mais, bien sûr, ça captait pas (sinon c'est pas drôôôle)
J'ai clopiné jusqu'à la route, à mi chemin yavait du reseau donc j'ai pu appeler les secours, ma jambe était inondée de sang, mes chaussures aussi, et moi j'étais au bord du gouffre^^.
Autant vous dire que les ambulanciers ont bien rit quand ils ont su comment je m'étais fait ça  ;D

25 juillet 2011 à 00:41:51
Réponse #7

mrfroggy


J arrête la , ça va mener nul part.

[modo=Bison]

Bon, j'ai fait le ménage sans pitié  ;#
Je trouve cette discussion intéressante et je voudrais lui donner une chance de survie!

Les grosses galères, qui commencent souvent par des petites, et les accidents, qui sont souvent la conséquence d'une chaîne d'erreurs plus ou moins longue, sont toujours riches d'enseignements.

Cette discussion ne porte pas sur la prévention ...
Elle porte sur la survie proprement dite, après un accident.
Il semble (heureusement) que les vraies expériences de survie soient assez rares, bien que, vraissemblablement, nous soyons nombreux à avoir été imprudents, "autrefois" ...

Alors, si quelqu'un a un vécu personnel dans ce domaine, qu'il n'hésite pas à le partager, pour l'édification de tous ...
Et merci d'avance à lui.
(Personnellement, désolé :  pas d'apport perso, pour cause de bol pas possible)

[/modo]
« Modifié: 25 juillet 2011 à 11:03:51 par Bison »
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

25 juillet 2011 à 11:52:37
Réponse #8

Moleson




[modo=Bison]

Bon, j'ai fait le ménage sans pitié  ;#
Je trouve cette discussion intéressante et je voudrais lui donner une chance de survie!

Les grosses galères, qui commencent souvent par des petites, et les accidents, qui sont souvent la conséquence d'une chaîne d'erreurs plus ou moins longue, sont toujours riches d'enseignements.

Cette discussion ne porte pas sur la prévention ...
Elle porte sur la survie proprement dite, après un accident.
Il semble (heureusement) que les vraies expériences de survie soient assez rares, bien que, vraissemblablement, nous soyons nombreux à avoir été imprudents, "autrefois" ...

Alors, si quelqu'un a un vécu personnel dans ce domaine, qu'il n'hésite pas à le partager, pour l'édification de tous ...
Et merci d'avance à lui.
(Personnellement, désolé :  pas d'apport perso, pour cause de bol pas possible)

[/modo]


J'aimerais juste savoir, ce que tu pense ce qui peut en sortir. Car moi je ne vois que deux choses.

Soit la personne a eu de la chance, soit la personne dans sa préparation avait ce qu'il fallait pour améliorer sa survie. Dans le premier cas, c'est domaine de l’anecdote (et on peut probablement tous en citer une ou plusieurs) ou en rentre dans le domaine de la survie ou le travail en amont est d'autant plus important que le risque potentiel est grand.

Dans les trois incidents rapporté par Undjura, dans deux il a juste eu beaucoup de chance, le troisième était gérable. Peut-être la seule chose que l'on peut dire est de s’entraîner à prendre les bonnes décisions, même si on a mal, au lieu de paniquer et d'aggraver la situation. Mais finalement si on est équipé pour pouvoir durer dans le temps y compris blessé, on a aussi la liberté d'action qui permet plus facilement de ne pas paniquer, donc on retombe sur le travail en amont.

Après, les questions, est-ce que on peut se déplacer avec une cheville/jambe brisée, la réponse est oui, mais il faut savoir et pouvoir se faire une attelle, donc on est de nouveau sur le travail en amont (préparation matérielle et des connaissances).
Peut-on se déplacer avec un bras/clavicule brisée, sans aucun problème.
Peut-on se déplacer avec un fémur brisé: Non et de plus on perd énormément de sang
Peut-on se déplacer avec une fracture du col du fémur: c'est selon, si c'est impacté oui, autrement non.
Peut-on se déplacer avec un bassin brisé: ça dépend

Puis-je arrêter une hémorragie?: Oui si et on repart sur le matos et les connaissances.

etc...

Donc de nouveau outre les connaissances et le matériel, le facteur chance va intervenir et déterminer le type de blessure.
 

Moléson

25 juillet 2011 à 12:09:29
Réponse #9

Chris-C


Citer
Pour prendre de bonnes décisions en cas de situations difficiles, voire critique il peut-être utiles de savoir ce qu'il est possible de faire physiologiquement. Par exemples avec un pied cassé ne permettant plus de se tenir debout, est-il possible de ramper? Sur quelle distance et à qu'elle vitesse? Si, il fait froid en combien de temps on va se refroidir? etc....

Je crois que c'est ton ressenti sur le moment qui te diras si tu peux ou pas bouger, ramper....

Si tu es conscient la 1ère chose à faire c'est:
-analyser la situation: qu'est ce qui ce passe (pour de vrai)
-établir les priorités pour ne pas dégrader la situation

Vouloir bouger c'est sûrement instinctif, d'où l'intérêt de bien analyser la situation. Si c'est pas nécessaire pourquoi risquer d'aggraver ton état?

Si tu dois a tout prix bouger (risque à rester sur place) il faut atténuer la douleur pour pouvoir la supporter.
ATTENTION c'est un choix avec de possible conséquence sur ton futur. Si la douleur te clou au sol, c'est une info importante sur la gravité de la blessure, passer outre est un gros risque.
C'est une histoire du choix le moins pire, risquer de finir sous quelques tonnes d'éboulis ou boiter toute sa vie pour avoir forcé sur une jambe qui aurait du être immobilisé jusqu'à l'intervention chirurgicale.

C'est des choix a faire sur le moment en fonction, et qui demande d'avoir cogité à ton kit de signalisation, qui est au courant que je suis dans le secteur, pharmacie efficace ect..... tout ce qui faut pour réduire le temps ou tu seras pris en charge.

A chaque fois que je me suis retrouvé dans des situation délicate, rien de grave par apport aux exemples que tu attends, j'ai remarqué un moment de flottement "c'est pas possible, pas ici, pas maintenant," ce qui m'a toujours aidé à me recaler sur le concret et l'urgent c'est
que le cerveau liste très rapidement ce que j'ai sur moi pour palier au problème. Et j'ai toujours était soulager d'avoir ce qu'il fallait même si c'est du matos que tu utilises pas souvent.
Du coup je peux dire que un bon fond de sac et de bons kit bien pensés sont une aide précieuse au niveau psychologique dans les 1er moments. Et la psychologie dans ces moments c'est un gros % pour se sortir de la mouise.

A+


25 juillet 2011 à 12:30:13
Réponse #10

Campeur



Après, les questions, est-ce que on peut se déplacer avec une cheville/jambe brisée, la réponse est oui, mais il faut savoir et pouvoir se faire une attelle, donc on est de nouveau sur le travail en amont (préparation matérielle et des connaissances).
Peut-on se déplacer avec un bras/clavicule brisée, sans aucun problème.
Peut-on se déplacer avec un fémur brisé: Non et de plus on perd énormément de sang
Peut-on se déplacer avec une fracture du col du fémur: c'est selon, si c'est impacté oui, autrement non.
Peut-on se déplacer avec un bassin brisé: ça dépend

Puis-je arrêter une hémorragie?: Oui si et on repart sur le matos et les connaissances.

etc...  

Moléson

Moi ce que je me demande, c'est comment faire une atelle avec du matos de randonnée ->  avec un tapis de sol, des bâtons de randonnée et des sangles.
est ce que c'est intéressant d'avoir dessiner sur un matmouss, un collier cervical, qu'il n'y a plus qu'à découper et à mettre en place le cas échéant ?
Comment on fait un pansement compressif avec ce que j'ai au fond du sac...

j'ai lu un retour d'expérince sur une rando dans un autre fil, ou un des participant avait porté une tierce personne sur son dos, en s'aidant d'un espèce de baudrier de fortune, qui permettait un transport plus aisé.

bref des astuces qui, et je suis d'accord avec les sceptiques ne remplaceront en rien, une formation sérieuse au premier secours, mais qui peuvent être un bon complément. Peut être que certains ont déjà testé ce type d'astuce en situation réelle.

Salut
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

25 juillet 2011 à 12:51:46
Réponse #11

Bison


Citation de: Moleson
J'aimerais juste savoir, ce que tu pense ce qui peut en sortir.

Une discussion n'aurait pas d'intérêt si on savait d'avance ce qui en sortira ...

On pourrait avoir le témoignage d'une personne qui se serait gravement brûlée, par exemple ... comment elle aurait géré ou pas sa douleur, avec ou sans médocs ...
Ou d'une personne qui aurait reconnu les premiers symptômes d'une insolation ou d'un coup de chaleur ...
Ou d'une personne mordue par un serpent ... d'une autre intoxiquée par je ne sais quoi.

Et de toute personne en général qui aurait utilisé au mieux les moyens du bord pour "rejoindre", malgré une blessure ...

En tout état de cause, les rétex perso font la différence entre la pratique et la théorie.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

25 juillet 2011 à 21:06:54
Réponse #12

Outdoorsman


Intéressé aussi par le sujet, je mets quelques cailloux à l'édifice.

1/ entorse du genou en montagne

Au départ une connerie de ma part (état de la neige mal jugé, excès de confiance). Bref, je me retrouve à rouler bouler sur une pente à 45° sur 300 mètres de déniv. Résultat : grosse entorse du genou. Je m'en sortais pas mal, l'addition aurait pu être beaucoup plus lourde.

A l'époque le GSM n'existait pas et on était à 3h de la voiture, à 4h de la première habitation.
Bien que dans l'incapacité de m'appuyer sur ma jambe, soutenu par mon camarade d'infortune, j'ai pu redescendre en claudiquant et en mettant bien sûr le double de temps.
J'ai dû serrer les dents et prendre sur moi mais je ne regrette pas d'avoir tenté de m'en sortir par mes propres moyens.

2/ nuit en haute montagne sous l'orage et sans équipement de bivouac

A 3000 m d'altitude, en route pour un refuge on s'est fait prendre par un orage. Pour des raisons trop longues à expliquer ici, on a préféré rester sur place plutôt que de chercher  le refuge à taton. On a donc passé la nuit en position fœtale avec nos gore tex (haut et bas) pour toute protection (bien sûr, passe montagne, gants, polaires, etc... en dessous). Pas de tapis de sol ni tarp, ni poncho. La température oscillait entre 0 et 7-8°, la pluie alternait avec la grêle.

La nuit a été une des plus inconfortable de ma vie, où les minutes paraissent des heures et les heures de siècles. J'ai eu froid mais pas de tremblements ininterrompus ou autres trucs alarmants. Bref, je ne me suis pas senti en insécurité.
Il n'y a pas eu de panique ni d'inquiètudes outre mesure, seulement une conscience de la situation à son juste niveau et une confiance en notre expérience et en nos capacités.
Bref, un état d'esprit positif qui a fortement contribué à ce que tout se passe bien.

Mes 2 cailloux
"On a beau donner à manger au loup, toujours il regarde du coté de la forêt. " Ivan Tourgueniev
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin" Edward Whymper
"Dégaine toi du rêve anxieux des bien-assis" Léo Ferré

26 juillet 2011 à 09:05:09
Réponse #13

psion


lors de mon passage sous les drapeaux, une mauvaise réception en sautant d'un camion de nuit qui roulait encore un peu trop vite sur une piste en sable gelée, bilan un genoux bien secoué, avec une déchirure partielle des ligaments, un ménisque branlant et du cartilage tassé. Le chef de section me laisse le choix entre attendre au moins deux heures un véhicule sanitaire, ou rentrer à pied avec les copains, j'ai fait 17 bornes environs, avec le sac F1 sur la moitié du trajet et juste le Famas sur le reste. Et bien à chaud en serrant les dents j'ai tenu le coup mais à l'arrivé le treillis était trop étroit pour contenir le genoux et depuis cette épisode je sais à coup sûr quand il va neiger grâce à mon baromètre biologique  :lol:. Moralité si c'était à refaire j'attendrai deux heures (secours prévenu, localisation facile) au lieu de laisser la testostérone me faire avancer.



26 juillet 2011 à 11:07:41
Réponse #14

aquinatis


je fais de la montagne depuis 25 ans: n'importe quel alpiniste amateur ou pro a vécu quelques galères limites pendant tout ce temps, qu'il s'agisse de blessures, ou de situations qui dégénèrent et mettent rapidement en danger une ou plusieurs personnes.

C'était en 1990. J'avais 25 ans, et avec un pote, sa copine  (tous les trois nous vivions à La Paz en Bolivie depuis plus d'une année, aux alentours de 4000m donc, avec une bonne acclimatation et une bonne condition physique), et un médecin guide de haute montagne, membre de l'ARPEE (association pour la recherche physiologique en environnement extrême) qui venait de débarquer de France, nous voulions faire l'ascension du Huaynah Potosi, beau sommet de 6088m qui culmine au-dessus de La Paz. Une ascension de difficulté moyenne, équivalente à un Mont-Blanc pour quelqu'un acclimaté, peut-être un peu plus technique.



Départ minuit au pied de la montagne, dépose d'une tente  un peu plus haut, à l'entrée sur le glacier, sommet prévu "dans la matinée". Là-bas on grimpe en hiver, qui est la belle saison. Le soleil se lève très vite vers les six heures trente, se couche très vite douze heures plus tard. Le jour, il peut faire très chaud sur le glacier (on est entre le tropique et l'équateur), jusqu'à 40°C, et on grimpe souvent en tee-shirt.

Pas de bol, il fait si chaud que la neige se transforme vite, trop vite: on nage plutôt qu'on ne marche, parfois avec la neige jusqu'aux épaules. Arrivée sous le sommet, deux cordées (moi et mon pote, sa copine et le guide) vers 17h. Cinq heures de retard déjà: je propose de renoncer, la nuit arrivant vite. Mais le doc-guide n'est pas venu pour rien: il veut le sommet. Ça ne me plaît pas, je renonce, la copine trop fatiguée reste avec moi, les deux autres font le sommet et reviennent une heure et demie plus tard. La nuit est là: grosse chute de température, en une heure on passe sous les moins trente.
Nuit, 6000m: la descente commence: on la raccourcit en empruntant un passage plus technique, qui nécessite un rappel. Notre guide plus expérimenté passe en dernier, je l'attends, et je le vois s'approcher de moi "ça ne va pas, j'ai froid, je vais tomber dans les pommes". Voilà, ça commence à merdouiller, "comme prévu". Un rappel qui fait gagner du temps, mais immobilise 4 personnes plus de 30 minutes par moins 30°C.

Descente sur le glacier, désencordés (là on peut discuter longtemps: j'ai appris la montagne avec des gars qui grimpent en Himalaya, et c'est la règle dans les ascensions peu techniques, chacun pour soi, étant donné qu'assurer sa propre sécurité est déjà bien assez difficile, que retenir une chute est illusoire sans tirer des longueurs... Bref c'est un autre débat). Mon pote et moi restons assez en forme, mais le guide-doc et la copine explosent. Arrêt toutes les deux minutes, ils s'endorment sur le glacier. J'y vais à grandes claques dans la figure pour les faire descendre. Deux fois je porte le guide (1m90, 95kilos de viande basque :-) ) qui perd plus ou moins connaissance. Une fois il passe dans une petite crevasse (les pires) et, coup de bol, reste coincé avec son sac.

On reprend les cordes pour un passage particulièrement crevassé: pendant les manœuvres, alors que le vent s'est levé, mon pote perd son gant, qui disparaît dans une crevasse. m*rde, ça continue... Il lui reste une paire de chaussettes au fond du sac.

Arrivée au lieu où l'on a laissé une tente: guide et copine sont dans le coltard. Mon pote et moi déplions la tente, une rafale et elle s'envole, comme un joli cerf-volant, 100, 200 m au-dessus de nos têtes.
Je sens mal la suite de l'histoire, sans tente, par moins trente, à 5600m (pas question de faire du feu avec des cailloux et de la glace...). d'autant plus que, furax, le pote a disparu en courant derrière la tente, courant entre les crevasses (malin hein?, mais nous étions jeunes, et inexpérimentés).

Fatigue, froid, déshydratation: il faut faire de l'eau: il y a un réchaud. m*rde encore, pas de quoi l'allumer, pourtant je suis bien sûr d'avoir pris des allumettes étanches. .
Une heure passe, le pote revient (miracle non?), avec la tente. Chiotte pas de piquets ni arceaux non plus: je fouille quatre ou cinq fois le sac où je les avais mis. Rien. On va donc se servir de la tente comme d'un duvet: on fourre les deux zombies dedans, mon pote y rentre aussi. Pas de place pour moi. Je reste dehors le reste de la nuit, à marcher sur deux mètres carré, sucer des glaçons. Je ne sens plus mes pieds, je tape sur les chaussures, et puis tiens je décide de les quitter (hum...). Rien à faire tout est gelé: ce sont des pompes neuves en cuir. J'ai un couteau, de rage je découpe la pompe au couteau pour sortir les pieds (pas malin pour finir la descente le lendemain).

"Réveil" sous le soleil, de nouveau la chaleur, fin de la descente galère mais sans surprise. On a pu boire de nouveau au matin, puisque j'ai retrouvé les allumettes, sur lesquelles je suis resté assis une bonne partie de la nuit. En refaisant mon sac, je retrouve aussi les piquets, là où je les avais mis avant le départ. Mais je n'ai rien vu la veille au soir.

 Bilan des courses: des gelures, un mois de soins environ. Rien de très grave donc. Grosse fatigue pour tout le monde
Moins une quand même pour le doc-guide et la copine, qui auraient bien pu finir la nuit, et leur vie, sur le glacier, là-haut à 6000m.

Pas besoin de commentaires, accumulation de mauvaises conditions, obstination, conneries, mauvaise forme physique pour certains, et après, on connaît le mécanisme. Tout va vite, très vite: je me souviens encore très bien des lumières de La Paz que l'on voyait sur l'altiplano, toutes proches, tandis que gueulais après guide et copine pour les réveiller, tout là-haut...

23 août 2011 à 05:29:24
Réponse #15

zebzeb


Salut,

Si tu crapahutes en montagne, une bonne paire de battons télescopique n'est pas superflue voir indispensables:
- aide a "tâter" le terrain avant de poser les pieds
- soulage les jambes, améliore la grimpe
- permet de se rattraper lorsque le pieds dérape
- soulage le gonflement des mains lors des longues marches
- d'autres trucs (montages de tarp, séchage des vêtements, etc...)

Et peuvent bien sur s'utiliser comme béquille. Je les ai utilisé comme ça alors que je devais descendre 1000m de caillasse et que j'avais un genou foulé.
Gaffe: les battons télescopiques peuvent être fragiles, pas idéal pour appuyer tout le poids du corps dessus.

25 août 2011 à 06:46:20
Réponse #16

fredFLT


Bonjour à tous,

Le sujet «  se déplacer en étant blessé ou diminué » est un thème intéressant mais très vaste et difficile à traiter du fait même de la multitude de situations possibles.

Toutefois, à mon humble avis, la démarche générale pourrait être la suivante :

1) Analyse de la situation « locale » (la blessure et ses conséquences) : En gros « puis-je me déplacer sur la distance requise et sur ce terrain? »

2) Analyse de la situation « générale » (présence humaine, conditions météorologiques…): En gros : « dois-je impérativement me déplacer ? »

3) Prise de décision : rester ou partir

4) Action :
Soit rester sur place et effectuer le nécessaire pour être dans les meilleures conditions (améliorer son confort, lutter contre le froid ou la chaleur, etc…)
Soit partir après avoir effectué le nécessaire pour être dans les meilleures conditions : conditionnement local (attelle, pansement, etc…) et général (antalgique, assurer son équilibre, etc…)

D’une façon générale, la règle n°1 me parait plutôt de ne pas se déplacer ni déplacer un blessé sauf nécessité impérieuse. Evidement cela est à adapter au cas par cas.

25 août 2011 à 19:45:21
Réponse #17

Patrick


Bonjour à tous,

Le sujet «  se déplacer en étant blessé ou diminué » est un thème intéressant mais très vaste et difficile à traiter du fait même de la multitude de situations possibles.

Toutefois, à mon humble avis, la démarche générale pourrait être la suivante :

1) Analyse de la situation « locale » (la blessure et ses conséquences) : En gros « puis-je me déplacer sur la distance requise et sur ce terrain? »

2) Analyse de la situation « générale » (présence humaine, conditions météorologiques…): En gros : « dois-je impérativement me déplacer ? »

3) Prise de décision : rester ou partir

4) Action :
Soit rester sur place et effectuer le nécessaire pour être dans les meilleures conditions (améliorer son confort, lutter contre le froid ou la chaleur, etc…)
Soit partir après avoir effectué le nécessaire pour être dans les meilleures conditions : conditionnement local (attelle, pansement, etc…) et général (antalgique, assurer son équilibre, etc…)

D’une façon générale, la règle n°1 me parait plutôt de ne pas se déplacer ni déplacer un blessé sauf nécessité impérieuse. Evidement cela est à adapter au cas par cas.

Fine analyse, mais je fais juste une différence.

1) Analyse de la situation « générale » (présence humaine, conditions météorologiques…): En gros : « dois-je impérativement me déplacer ? »

2) Analyse de la situation « locale » (la blessure et ses conséquences) : En gros « puis-je me déplacer sur la distance requise et sur ce terrain? »

3) Prise de décision : rester ou partir

4) Action :

5) gestion du déplacement sur la durée et mesure d'adaptations (temps de pauses, atteles, camouflage, etc..)

26 août 2011 à 07:12:59
Réponse #18

fredFLT


Tout à fait d’accord

C’est vrai que j’étais plutôt resté sur la prise de décision et qu’il y a ensuite toute la gestion du déplacement

26 août 2011 à 18:55:33
Réponse #19

Campeur


(...)

.... j'ai un petit bouquin sur les secours en montagne que je n'ai pas sous la main. je vous posterai les références pour ceux que ça intéresse.

(...)
quote]

ben j'ai retrouvé les références :

http://www.amazon.fr/Secours-pour-randonneurs-en-montagne/dp/284394368X

Salut
"Posséder les arts de la paix mais non ceux de la guerre, c'est un manque de courage...posséder les arts de la guerre mais non ceux de la paix, c'est un manque de sagesse" Wang Yang Ming (1472 - 1529)

27 août 2011 à 22:14:39
Réponse #20

aquinatis


Salut,

Si tu crapahutes en montagne, une bonne paire de battons télescopique n'est pas superflue voir indispensables:
- aide a "tâter" le terrain avant de poser les pieds
- soulage les jambes, améliore la grimpe
- permet de se rattraper lorsque le pieds dérape
- soulage le gonflement des mains lors des longues marches
- d'autres trucs (montages de tarp, séchage des vêtements, etc...)

Et peuvent bien sur s'utiliser comme béquille. Je les ai utilisé comme ça alors que je devais descendre 1000m de caillasse et que j'avais un genou foulé.
Gaffe: les battons télescopiques peuvent être fragiles, pas idéal pour appuyer tout le poids du corps dessus.


yes... tu prêches un converti: aujourd'hui j'emmène bâtons télescopiques (il y a des modèles solides, mais chers) et piolets techniques. Exit le piolet rando, remisé au placard depuis 15 ans.

16 septembre 2011 à 16:09:44
Réponse #21

kovaks


Petite expérience personnelle, j'ignore si elle apportera quoi que ce soit au schmilblick.
Accident de moto sur une route fréquentée, droite, et où tous bombardent pas mal. Je me fais éjecter à 60km/h de la bécane par une indélicate qui prend la fuite (mais c'est un autre problème).
Séquence 1 : gamelle.
Séquence 2 : glissade sur une quinzaine de mètre, après chute sur une bordure de trottoir.
Séquence 3 : je me relève sur les fesses, sonné, zut, mon pantalon en cuir est abimé, zut je me suis brulé. Ma moto continue de glisser, hors de vue (de la mienne et de celle des automobilistes, ça a une importance).
Séquence 4 : En fait la jambe est ouverte de A à Z, en trois endroits, le quadriceps, pourtant fourni en viande, a éclaté sur la bordure de trottoir. Je vois mon fémur, il est rose. Je vois quelques nerfs et ligaments, à l'air, avec des gouttes de sang qui glissent dessus comme de la rosée sur une corde de violon. Mon quadri est littéralement étalé sur le bitume, ma cuisse fait 40cm de large. Bref. C'est gore, j'ai pas trop mal mais surtout une *p..ain* de pétoche.

Gros moment d'humilité. Effet tunnel du à la blessure et son aspect gore (pis c'est MA viande...).

Problème, le sang commence à remplir le fond de la cavité sous le fémur (il reste de la viande derrière, ouf, c'est là qu'est la fémorale). J'ai peur pour ma fémorale, ça ne gicle pas comme si elle était touchée, mais j'ai des doutes quant à mes facultés d'analyses sur le moment. je pense à mes mômes. Agir, on pleurera après, pourtant c'est pas l'envie qui m'en manque...
Séquence 5 : Point de compression fait tout seul, au pli de l'aine, comme je peux. Moment de répit du à l'arrivée à un point "stable" de la situation.
Et là, élargissement du champ de conscience (De 1 à 5, ça a duré 15 secondes grand max. Enfin je crois). J'ai glissé au milieu de la route. Je prends conscience de la voiture qui vient de me frôler. En klaxonnant. Merci, crétin. De celles qui sont peut-être derrière.

Je ne sais pas quoi faire. Lâcher le point, et ramper? Et si la fémorale est touchée? Ou peaufiner le point, et ramper, en perdant du temps, au risque de me faire shooter? Je décide de consolider le point à l'arrache, avec mon gant en boule coincé sous ma ceinture (très dur d'enlever une ceinture en cuir d'un pantalon en cuir...) autour de la guibolle. 25 secondes encore. 2 voitures m'évitent. Fait chaud, dans ce casque. Fiston, Fifille, je vous aime.Pensée pour les enfants, émotions, puis rage d'être là, rage qui m'aide beaucoup.

Puis ramper, pas comme dans les films, mais sur le cul, moins classe, pour avoir un œil sur la blessure en même temps. Pousser sur la jambe valide, tirer sur les bras, pousser, tirer, pousser, couiner, tirer. J'arrive sur le trottoir. On dirait que le bon dieu a attendu ce moment pour libérer les chevaux, ça roule de partout.

Le reste est hors-sujet.
J'en retire que :
- dans certaines situations, le temps de réflexion est dramatiquement restreint. Mais une fois un choix fait, bon ou mauvais, il faut continuer.
- dans certaines situations, il faut avoir du bol.
- j'ai bien fait pour le point, le corps médical me confirmera ensuite la grosse hémorragie (bien que non artérielle).
- quand on bouge dans l'urgence, on ne réfléchit pas (ou moins). Quant on s'arrête, on gamberge plus. ça peut être un frein (émotion) ou au contraire une aide (coté affectif qui permet de tenir).

16 septembre 2011 à 16:27:07
Réponse #22

DavidManise


Kovaks : superbe compte-rendu.  Tu as assuré, sur ce coup.  Bravo.

On voit bien, et ça, ça me fait plaisir, que les points de compression à distance parfois ça sert...  !!!  C'est une connerie de les retirer des programmes de secourisme de base, à mon humble avis.

Ensuite, on voit bien le côté psychologique, où la rage et l'action sont un moteur pour agir vite et fort, malgré des conditions plus que dégradées...

Franchement, respect.  Un sacré sang froid et une put**n de réaction saine dans le contexte.  Peu importe le "hors sujet", tu as fait ce qu'il fallait, et tu es là pour le raconter.  Darwin t'a laissé passer. 

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

16 septembre 2011 à 20:39:54
Réponse #23

VERDUG0


Bravo Kovaks.

Si tu fréquente un forum de motards, tu devrais leur faire passer le mot: formations ET prudence.

J'ai eu une seule gamelle interessante dans ce cas=
80Km/h, pantalon en kevlar. J'ai RIEN eu.
Le scout qui roulait sur la voie parallèle a glisse en même temps que moi sur une zone de graviers, verre, carénages etc...

Petit shema:

-Ma moto se couche, je glisse. Le scoot suivra juste après, le fracas de son véhicule me fait penser qu'une voiture a percute ma moto ( je n'avais a ce moment pas vu que je n’étais pas seul sur le tas ), ce qui a un avantage= elle va s’arrêter.

-Je tente de diriger ma glissade. Quelques mètres après ( 20..? ) je me stoppe a 2 mètres de la bande d’arrêt d'urgence, j'y fonce


-Je me rends compte tout de suite qu'a environ 3 mètres de la bande d’arrêt d'urgence, y a un gars sur l'autoroute. Sur le ventre, les mains sur l’arrière du casque. Je vois en amont une scène que je ne comprends toujours pas.

-Notre voie est bloquée, mais pas celle a cote: des voitures passent, certaines en ralentissant, je retire et pose mon casque; a un moment " vide ", je vais le chopper et le traine par le col du blouson.
Il pousse sur ses jambes...

-Je le traine au plus loin contre la rambarde, je la franchis, il se leve et fait de meme.

-Il me dit qui a mal un peu partout mais ca va aller, il a rien de serieu.
J’appelle les pompiers et je vais récupérer ma moto, et laisse son deux-roues la ou il est: il a percute la rambarde, j'y touche pas.

Points intéressants:
-J'ai agis vivement dans l'action, puis ai bêtement attendu avec lui l'arrive des pompiers: je ne calculais PLUS DU TOUT mon kit de soin dans on sac a dos.
En dehors de ça, je n’étais plus vigilant du tout, entre code blanc et noir: code gris.

-Le gars a attendu d’être secouru...  il aurait regarde autour de lui, il aurait bien vu qu'il pouvait se lever. d'ailleurs il bougeait normalement lors du franchissement.


Les deux derniers récits ne concernent que se déplacer (avec un) blesse sur quelques metres/secondes
Bivouacs et cuisine des bois : https://youtu.be/IxatC2v-X2k

17 septembre 2011 à 00:27:35
Réponse #24

gglt


Il y a des trucs pas drôles à vivres et pas faciles à raconter ...

J'habite vers Chartres, ma mère vers Orléans : 70 km. J'ai déménagé il y a 1 mois. Nous sommes toujours dans les cartons. Ma copine va nettoyer notre ancien appart' pendant que je vais passer le motoculteur (pour ceux qui ne connaissent pas, ça ressemble à ça et ça sert à labourer un jardin) chez ma mère.
Au bout de mon sillon, j'entamme un demi-tour pour attaquer le suivant. Puis dans la manoeuvre, je fais une marche arrière avec le pied trop près de la fraise (la roue constituée de lames) ... Place aux réactions du moment :
 - Tiens ! Il y a un truc qui me monte sur le pied ... la botte (qui ns'enroule autour du truc) ... la patte (le pantalon aussi s'enroule autour du truc), la jambe ...
 - Je commence à hurler, puis me retrouve le cul par terre, et je hurle enfin de toutes mes forces
 - Il faut arrêter ce put**n de truc, mais comment ? Je n'ai que 2 mains d'utilisables ! J'attrape les fraises à pleines mains et les bloque dans leur mouvement. Comment se fait-il que je vois un morceau de métal dépasser de mon avant-bras ? Une idée fugace : ne jamais retirer un corp étranger d'un plaie ! put**n, je suis dans l'action et il faut que cette m*rde cesse ! Je prends et j'applique presqu'inconsciemment la décision de retirer mon bras pour attraper à nouveau cette fichue fraise amoureuse. Un regard à l'avant-bras pendant que je hurle toujours : put**n, ça va ! Pas de sang qui coule ! YES !
 - Une silouhette aperçue du coin de l'oeil ... Mon beau père 75 ans, le quintal bien tassé, pas sportif pour 2 sous, mais un coeur trop gros pour tenir dans sa poitrine ! Il court put**n, et avec une prestance et une volonté que ... un index pointé en avant ... le moteur qui s'arrête ! Enfin ! Merci mon Tatave !
 - La suite, dans un jardin, pas besoin de bouger pour se sauver, mais avec un motoculteur sur le pied, ben ... ça ne le fait pas du tout. Alors heureusement que je ne le pouvais pas.
 - Un beau père qui fini par perdre ses moyens, une maman qui ne sait plus s'il faut composer le 18 ou le 118 pour joindre les pompiers, une femme de ménage qui ne sait plus prendre d'initiatives ... et une victimes qui prend les opérations en mains ;-).
 - Je dicte à ma mère tout ce qu'elle doit dire aux pompiers (localisation, situation de l'accident, bilan primaire du blessé ...) et aux 2 autre, je leur demande d'apporter de l'eau, des couvertures et des ciseaux ! Et découpez ce foutu pantalon !
 - Les pompiers arrivent et entreprennent de démonter le motoculteur. Il sera resté 1h30 sur ma cheville (2h avant que la dernière lame ne soit retirée de mon mollet). C'est trop lourd pour pouvoir bouger tout seul sans tout arracher. Bilan, rien de grave, plus de peur que de mal, mais voila, avant de bouger, il faut le pouvoir : tant physiquement que moralement.
Il n'y a qu'une seule manière de le savoir : il faut essayer.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //