Petit retour sur une rando raquettes dans le Vercors (fin 03 - début 04 2008)

Démarré par L'Yéti, 04 Mai 2008 à 13:16:56

L'Yéti

Salut à tous,

L'an dernier, un pote et moi avons traversé le Vercors depuis Die jusqu'à Grenoble sans raquettes en mars. Comme il y avait peu de neige, nous avions pu utiliser les traces des personnes passées avant. Dans le cas contraire, nous aurions fait une autre rando. Nous avions un ticket aller Die et retour de Grenoble 6 jours plus tard.


Voilà pour l'introduction. Cette année, nous (le même pote et toujours moi) savions qu'il y avait plus de neige et nous avons voulu faire la traversée des hauts plateaux à raquettes cette fois. Pour changer, nous avons décidé de partir de Grenoble (un car nous déposant à Lans en Vercors) et de prendre un billet retour de Die.

La neige était bien entendu au rendez-vous.

Le but de ce post est uniquement de vous faire un retour sur le cheminement qui nous a amené à faire demi tour pour contourner par l'ouest les hauts plateaux.

Lors de la troisième étape, nous partons de Bois Barbu au dessus de Villard de Lans. Le temps est neigeux et la visibilité est assez réduite.
Nous passons par Corrençon en Vercors puis entamons notre montée sur les hauts plateaux avec comme objectif de la journée [1] la cabane de la Jasse du Play.

Comme je le précisais plus haut, il neigeait et la visibilité était médiocre. Une fois passé les lieux de randonnée à la journée, nous avons vu les traces de raquettes de plus en plus difficiles à trouver. Nous avions bien la carte, la boussole et le GPS. Nous étions sur le GR 91.
MAIS :
- nous n'avons jamais réussi à calculer deux fois de suite des points GPS sans nous tromper entre quelques mètres (ce qui reste raisonnable) et 800 mètres !
- les traces du GR 91 sur les hauts plateaux se font beaucoup sur les pierres... recouvertes de neige !
- dès l'après-midi, le vent recouvrait les anciennes traces si la neige n'oeuvrait pas assez :(
- du fait du manque de traces, notre avancée était plus difficile (neige plus profonde et en paquet dans un canion)

Tout celà a fait qu'il était 17:15 (après passage à l'heure d'été) et que nous arrivions tant bien que mal à proximité d'une cabane (Tiolache du milieu) à minimum 1 heure à 1heure 30 de notre objectif initial. Nous avons un peu tourné pour finalement la trouver vers 18 heures.
Nous étions trempés (surtout moi). Ma veste hiver qui me sert de coquille contre la neige était en fait bien trop chaude pour les 0-4°C en journée. Du coup, trempé en dessous et au dessus. Sans veste, le vent me refroidissait trop et en changeant ma veste contre ma polaire Softshell en cours de route aurait eu pour résultat d'avoir deux vestes de trempées...

Une fois à la cabane, corvée de bois, sêchage des bons hommes, et des affaires... soirée très sympatique ;)


Le lendemain matin, il ne neigeait pas mais les nuages étaient très bas. La visibilité était donc mauvaise et nous avions aucune traces pour nous retrouver... et toujours ce problème de GPS.
Il nous restait la boussole et la carte (éléments les plus importants) pour continuer à avancer vers la Jasse du Play puis continuer vers le sud.


Les raisons qui nous ont poussées à faire demi-tour pour ensuite bifurquer vers l'ouest pour arriver à Rousset le soir (via la Chappelle en Vercors) sont les suivantes :
- nous ne savions pas trop comment allait évoluer la météo (depuis deux jours, nous ne pouvions pas compter sur ce qu'avait dit la météo et en plus je crois qu'ils étaient en grêve donc pas de bôle de ce côté-là)
- le manteau neigeux était assez épais et le neige très lourde
- les marquages GR 91 sur les hauts plateaux sont assez espacés et souvent sur des pierres
- un peu la peur de se planter dans un tracé tout droit avec carte et boussole

Nous avons donc bifurqué par la Chapelle en Vercors puis Rousset. Le lendemain nous sommes remontés sur les hauts plateaux par le Pas de Econdus pour redescendre par le Col des Bachassons pour rentrer sur Die. Nous sommes finalement rentrés un jour plus tôt que prévu.

La question : vous me direz que nous avons eu raison de faire demi-tour puisque nous sommes rentrés vivant mais pour celles et ceux qui auraient continué, quelle(s) en est(seraient) la(es) raison(s) ?

A+
L'Yéti.

[1] : Nous nous fixons des objectifs à la journée tout en sachant que notre objectif principal est de revenir entier et de prendre tant qu'à faire notre train à Die six jours après notre départ.


Vulpus

Salut Yéti!
Jolie ballade...! Je n'aurais pas fait autrement que toi, si vous ne connaissez pas par coeur les chemins, il faut pas prendre de risques. Et même si tu connaissais le chemin, il se peut que t'aurais choisi à faire pareil! D'autant plus que ton GPS ne marchait pas comme vous l'auriez souhaité...
Bien joué donc! 
Merci pour le récit, j'ai pris ma carte IGN pour suivre votre route. Je ne trouve pas la cabane de la Jasse du Play... c'est où exactement?
La plus grande sagesse est de paraitre fou - Dionysius Caton

Anke

Bien joué l'Yéti, ceux qui aurait continué auraient probabblement eu des pbs qui les auraient empèché( définitivement ?) de recommencer .... plus tard.
Faut pas jouer avec la montagne, ni la mer. On le sait bien !

Kilbith

Salut Yeti,

Un petit retour sur le sac de couchage triple zero maintenant que tu as du recul ?

did, ;)
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

L'Yéti

Citation de: Vulpus le 04 Mai 2008 à 19:08:31
D'autant plus que ton GPS ne marchait pas comme vous l'auriez souhaité...
Le GPS fonctionne certainement très bien mais nous n'arrivons pas à calculer avec peu d'erreur des points.

Citation de: Vulpus le 04 Mai 2008 à 19:08:31
Merci pour le récit, j'ai pris ma carte IGN pour suivre votre route. Je ne trouve pas la cabane de la Jasse du Play... c'est où exactement?
Si je me souviens bien (je n'ai pas les cartes avec moi) c'est un petit peu plus au sud après l'intersection entre le sentier central (partant de Saint-Agnan et allant vers l'est) et le GR91.

Citation de: Did le 04 Mai 2008 à 19:46:18
Un petit retour sur le sac de couchage triple zero maintenant que tu as du recul ?
Il est très confortable en cabane , en gite... :D Nous n'avons pas dormi sous tente cette fois-ci.

A+
L'Yéti.

guillaume

Sympa tout ça!

AMHAn tu as très bien agit et je pense que j'aurais fait pareil (même si je ne le saurais jamais).

a+

L'Yéti

Petit ajout... Je ne savais pas trop où le mettre.

Je voulais remplacer mes traditionnelles nouilles chinoises par bouillon cube + cheveux d'anges en utilisant la même méthode de préparation, ie faire chauffer l'eau uniquemenet (pour ne pas salire le récipient) puis verser dans le contenant des nouilles + bouillon cube.
Ca ne m'a pas trop convaincu. Les vermicelles ne se chargeaient pas assez d'eau (j'en mettais pas mal ;) ) et du coup s'était très pateux.

A+
L'Yéti.

Diesel

J'adore ces paysages  :love:

Citation de: L'Yéti le 04 Mai 2008 à 13:16:56- nous n'avons jamais réussi à calculer deux fois de suite des points GPS sans nous tromper entre quelques mètres (ce qui reste raisonnable) et 800 mètres !
A quoi attribues tu ces erreurs ?
Je n'ai jamais utilisé de GPS pour de la rando, des erreurs allant jusqu'à 800m me paraissent énormes.
C'est du aux relèvements des coordonnées sur la carte ? au GPS ?.  :-\

L'Yéti

Citation de: Diesel le 22 Mai 2008 à 10:29:55
A quoi attribues tu ces erreurs ?
Je n'ai jamais utilisé de GPS pour de la rando, des erreurs allant jusqu'à 800m me paraissent énormes.
C'est du aux relèvements des coordonnées sur la carte ? au GPS ?.  :-\
Sur une carte au 1/25000 comme chacun sait ;) on a 1 cm = 250 m.
Admettons que nous ayons la bonne méthode mais que le relevé ne soit pas assez précis du genre au max une erreur de 1 cm à l'horizontal et 1 cm à la verticale, nous aurions au max une erreur de 1.41 cm soit 352 m d'erreur...
Et des fois on arrivait à 800 m d'erreurs.
Donc si on considère que le GPS fonctionne bien alors on s'est encore plus gourer dans les méthodes de calculs !!!  :(
Il faudra qu'on se repenche la dessus  :)

A+
L'Yéti.



Diesel

Il semble que les GPS soit bien moins précis qu'annoncé de toute façon.
La précision serait de l'ordre de 50m  (jusqu'à 100m en montagne).
Alors avec une carte qui se basse sur une projection (donc seul quelques points bien précis sont géographiquement fiables avec des coordonnées précis), plus une une erreur de quelques mm sur la lecture de la carte plus la précision du GPS, ça doit pouvoir faire de sacrées distances. Je ne suis pas très surpris qu'il y ait de telles erreurs.
Rentrer un point d'après une carte me parait être une gageure.  :-\
ça me parait plus simple de procéder à l'inverse : rentrer les coordonnées d'un point pour y revenir plus que d'y aller.  ;D
Quelqu'un a d'autres expériences de rando avec un GPS ici ?.

MuleSkinner

salut j'adore les photos en fait la lecture de ton récit m'inspire plusieurs réflexions:
- d'abord la neige gomme les reliefs, les distances, et rend l'orientation assez délicate en l'absence de points de repère tangibles ; si le brouillard se met de la partie et que tu ne connais pas le terrain comme ta poche tu peux te perdre et rester perdu un sacré bout de temps. C'est à la fois pernicieux et dangereux, et cela peut t'obliger à t'arrêter n'importe où, d'où l'importance de pouvoir bivouaquer sur place, faute de pouvoir rejoindre une cabane.
- tu as su renoncer en jugeant d'une situation par rapport à ce que tu sais pouvoir affronter. On ne peut pas juger dans l'absolu, là où tu as fait demi-tour à bon escient un autre aurait pu passer et s'en tirer, comme y laisser des plumes. Chacun aurait jugé la situation différemment par rapport à son vécu (expérience de situations similaires) et aussi avec plus ou moins d'inconscience. Ce qui m'amène à évoquer que quand on se déplace en groupe et qu'un tel problème survient il y en a toujours des qui veulent continuer et des qui veulent renoncer. Dans ceux qui veulent continuer il y a ceux qui savent pouvoir le faire et ceux qui pensent pouvoir le faire. Dans ceux qui veulent renoncer il y a ceux qui n'auraient pas pu suivre et ceux qui l'auraient pu. En général, les inconscients qui veulent continuer en supposant en être capables poussent très fort, ceux qui veulent faire demi-tour on toujours le sentiment de gâcher le plaisir des autres et craignent de passer pour des dégonflés. Dans ces conditions l'obtention d'un consensus laisse souvent présager d'une catastrophe si la chance n'est pas au rendez-vous. Pour cela, doublement bravo d'avoir renoncé en bloc : cela atteste d'une bonne maturité sur le sujet, ainsi que de la cohésion du groupe. De toute façon lorsqu'on continue sans bien sentir le coup, le moral n'y est plus, l'angoisse gagne, et les problèmes surviendront très rapidement.
- dernier point sur le matos, le GPS est doublement non fiable, d'une part parce que sa précision en montagne, par rapport aux cartes etc...est pitoyable, et d'autre part et surtout parce qu'on s'appuie inconsciemment sur son verdict. En fait sans GPS on navigue à la carte, en repérant attentivement sa position et son itinéraire. Le GPS laisse augurer la possibilité d'être moins attentif, et ses informations désordonnées sèment le doute quant à la position estimée sur la carte. En revanche l'utilisation d'un simple transistor gâche un peu le plaisir lié à un tel moment d'évasion, mais permet d'avoir la météo et de pondérer son itinéraire en fonction des coup de chien annoncés.
@+

jeremy

salut,

Merci beaucoup pour le retour d'expérience.

Je n'y connais pas grand chose en GPS, mais j'ai un Garmin etrex color C que j'emmène systématiquement et que j'allume de temps à autre quand je m'égare  ;D (qui a dit perdu?!)
Dans les Vosges (le truc le plus montagneux que je conaisse  ;D , j'arrive à une précision d'une dizaine de mètres sur la carte. Jamais plus de 50.
Mais:
- Je prends mon temps
- J'affiche en permanence sur l'écran la précision en mètre.
- Je regarde sur combien de sat se base la lecture.
- J'attends vraiment que le signal se stabilise. Le GPS donne toujours une localisation. C'est ça le piège.
- Et j'utilise une petite grille imprimée sur un transparent que je place sur la carte. Ainsi, pas de calcul, pas de problème.

Ces précautions sont le fruit de l'expérience et de bien des déboires  :lol:

Bien à vous,
:)
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

François

Citation de: Diesel le 22 Mai 2008 à 11:02:17
Il semble que les GPS soit bien moins précis qu'annoncé de toute façon.
La précision serait de l'ordre de 50m  (jusqu'à 100m en montagne).
Alors avec une carte qui se basse sur une projection (donc seul quelques points bien précis sont géographiquement fiables avec des coordonnées précis), plus une une erreur de quelques mm sur la lecture de la carte plus la précision du GPS, ça doit pouvoir faire de sacrées distances. Je ne suis pas très surpris qu'il y ait de telles erreurs.
Rentrer un point d'après une carte me parait être une gageure.  :-\
ça me parait plus simple de procéder à l'inverse : rentrer les coordonnées d'un point pour y revenir plus que d'y aller.  ;D
Quelqu'un a d'autres expériences de rando avec un GPS ici ?.

J'ai une grosse expérience de l'usage du GPS, beaucoup utilisé professionnellement et aussi, plutôt par curiosité, en rando en France.
Utilisé dans de bonnes conditions, on peut compter sur une précision de 20 mètres. C'est souvent meilleur, et très rarement moins bon. 20 mètres, cela fait 0.8 mm sur une carte au 1/25000éme, c'est une précision tout à fait intéressante.

Les bonnes conditions :
- Un GPS, c'est d'abord un récepteur radio qui capte les faibles émissions de satellites très éloignés. Pour qu'il marche bien, il faut que les conditions de réception soient bonnes. Pas de brouillage (ligne haute tension, autre appareil électronique à proximité). Pas d'obstacles. Etant donnée la fréquence du signal radio, l'eau liquide est un obstacle quasi infranchissable. Une toile imprégnée d'eau, un arbre ou une forêt de feuillus après la pluie peuvent suffire à  masquer les émissions des satellites qui sont derrière. Un mur, un rocher, une paroi verticale, un toit en tôle ou en tuile ou bois humides encore plus, bien sur. Les GPS les plus modernes, conçus pour supporter un usage en voiture en milieu urbain, sont beaucoup plus performants dans cette fonction de réception. Quelques fois trop, et cela leur fait parfois commettre des erreurs (en gros, plutôt que dire qu'il ne captent pas bien, ils disent n'importe quoi en se basant sur la dernière position connue et la trajectoire supposée du véhicule)
En montagne, la précision peut être meilleure qu'en plaine quand on est sur une crête, ou plus mauvaise si on est dans une vallée encaissée, ou à flanc d'une paroi abrupte dont l'orientation est telle qu'elle masque trop de satellites.
- Ensuite, un GPS doit connaitre la position exacte des satellites. La trajectoire de ceux ci n'est prévisible avec une précision suffisante que pendant quelques heures. Aussi des corrections sont transmises en permanence par les satellites eux même. Le GPS doit charger périodiquement ces corrections, en particulier quand on l'allume après un arrêt de plusieurs heures. Cela peut prendre un bon quart d'heure, et tant que cela n'est pas terminé, la position indiquée peut être erronée de plusieurs centaines de mètres.
- Au démarrage, il y a aussi une phase de recherche et de reconnaissance des satellites "audibles". A ce moment la réception doit être la meilleure possible. Une fois que le GPS s'est calé sur les bons satellites, il gardera assez facilement le lien avec eux et on peut le soumettre à des conditions de réception plus difficiles. En clair, on allume le GPS dans un endroit dégagé d'où la majeure partie du ciel est visible, et après un quart d'heure on peut pénétrer dans la forêt humide ou le ravin encaissé.
- Ensuite, selon la position relative des satellites, le calcul est plus ou moins précis. C'est cette précision qui est indiquée par le GPS. Tant que le GPS avoue une précision plus mauvaise que 50 mètres, il faut considérer que la position est inutilisable.
- Enfin, le GPS calcule sa position par itérations successives, à partir du dernier point connu. A l'allumage, plus cette position est éloignée de la position actuelle, plus le premier calcul est long.
Si le GPS est inutilisé depuis plusieurs semaines, ou qu'on s'est déplacé de plusieurs milliers de km depuis le dernier allumage, l'ensemble de ces phases peut prendre jusqu'à une demi heure sur les GPS les moins rapides.

Les coordonnées relevées sur une carte : il y a plusieurs pièges à éviter.
- Erreur de datum. Un datum c'est l'ensemble des conventions qui définissent le système de coordonnées utilisé. Pour diverses raisons, il y a de nombreux datums. Et un même point à la surface de la Terre n'a pas les mêmes coordonnées dans chacun d'eux. Il faut donc utiliser le même datum sur le GPS et la carte. Les GPS n'ont généralement pas les datums Lambert en usage en France. Mais sur les cartes IGN, on trouve plusieurs autres quadrillages qui sont décrits dans la marge de la carte. Sur les cartes marquées "compatible GPS" on trouve en particulier le datum WGS84 qui est le datum par défaut des GPS. Sinon, il faut repérer quel est le datum le plus pratique sur la carte, lire ses caractéristiques dans la marge, et régler le GPS pour qu'il utilise le même.
- Erreur de lecture des coordonnées. Sur les cartes qui présentent plusieurs systèmes de coordonnées, il faut faire attention à lire la bonne coordonnée. C'est une erreur assez fréquente dans la précipitation, en particulier quand la carte présente les datums WGS84 et ED50 qui sont assez proches pour que l'erreur ne soit pas repérable au premier coup d'œil.
Voilà, on peut faire un livre entier sur l'usage du GPS, mais j'espère que ces quelques mots aideront un peu :)
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

L'Yéti

Merci pour les retours.

Citation de: François le 25 Mai 2008 à 08:10:31
- Ensuite, un GPS doit connaitre la position exacte des satellites. La trajectoire de ceux ci n'est prévisible avec une précision suffisante que pendant quelques heures. Aussi des corrections sont transmises en permanence par les satellites eux même. Le GPS doit charger périodiquement ces corrections, en particulier quand on l'allume après un arrêt de plusieurs heures. Cela peut prendre un bon quart d'heure, et tant que cela n'est pas terminé, la position indiquée peut être erronée de plusieurs centaines de mètres.
Lorsqu'on utilisait le GPS, s'était pour faire un relevé. En gros, on l'allume, il nous donne la position, on l'enregistre puis on l'éteint.
Tes explications sont peut-être la réponse à nos erreurs trop souvent répétées. Merci  ;)

A+
L'Yéti.

Diesel

Merci François.  ;)
On est loin de l'idée de la petite boite qui ne demande qu'a être lu sans réfléchir.  ;D
Je ne savais pas que la présence l'eau avait autant d'incidence sur la réception du signal.

Langouste

Citation de: François le 25 Mai 2008 à 08:10:31
[...]Voilà, on peut faire un livre entier sur l'usage du GPS, mais j'espère que ces quelques mots aideront un peu :)
:up:

J'ajoute une source importante d'erreur : le bonhomme qui tripote l'appareil !  ::)
Me suis fait couillonner souvent par des mauvaises saisies de coordonnées (erreur de "frappe", transmission pas claire par radio, prise de note à l'arrache sur un vieux papier qui traîne, mauvais datum, confusion entre dd° mm' ss" et dd° mm.mm'...) et au final des heures perdues à tourner dans la pampa pour trouver un point qui n'était pas du tout là... >:(

Autre problème possible: le réglage de la limite de vitesse à partir de laquelle le compas électronique est utlisé au lieu du compas GPS. Si la limite est trop haute et que le compas électronique n'est pas calibré, on peut avoir des indications aberrantes à l'approche d'un point recherché.


Kilbith

salut François,

La précision de 20m inclut-elle les modèles "WAAS/EGNOS" ?

Juste un petit avis. J'ai eu deux GPS. Le premier (je ne me souviens plus du modèle) je l'ai acheté pour tester. Je n'ai pas trouvé d'utilité à l'époque. A l'époque, la précision était de l'ordre de 200m car les militaires US cryptaient les signaux (ils ont le droit, le système est à eux et ce sont les contribuables US qui ont financé le réseau...).
200m c'est génial en mer et dans le désert. Totalement inutile en montagne AMHA, sauf pour signaler sa position à des secours, mais à l'époque pas de téléphone portable.... J'ai donné ce GPS à un copain qui faisait de la voile pour qu'il l'utilise comme backup.

Entre temps, les militaires US ont débloqué le cryptage ce qui a amélioré la précision (20m), mais ils peuvent le rétablir sans avertissement. Des moyens supplémentaires (stelites) ont été déployés ce qui permet, dans certain cas, une précision de l'ordre de 5m (waas). La précision sur l'altitude à aussi été améliorée...


A la suite de plusieurs sorties avec des gens équipés, j'ai acheté un modèle récent. Je ne m'en sert quasiment pas. Il annonce une précision de quelques mètres (Waas).
*En rando, pour obtenir un tracé il faut le laisser constamment branché et visible des satellites. Cela me gave, je préfère regarder le paysage que de faire de la technique. L'autonomie est limitée.
*Je n'ai pas de carte dessus. Mais franchement, je ne vois pas l'intérêt d'une carte de quelques cm². Déjà que les grandes cartes au 25000 sont imprécises.
*Il y a un intérêt pour les pros qui récupèrent leur itinéraire sur internet, le charge dans le GPS et suivent les "Way points". Mais moi, passer X heures à planifier une sortie sur l'ordi : Bof !
*Il y a un intérêt en hiver pour se diriger dans le white out. Spécifiquement pour trouver les refuges enfouis sous la neige. Mais dans le groupe en hiver, il y a toujours un fana de GPS.

Je précise que je randonne en haute montagne. Il est plus important de suivre le "bon chemin" afin d'éviter les falaises, torrents, soleil,  itinéraires exposés,  couloirs d'avalanches....qu'une direction.

Si je randonnais en plaine, dans le désert, dans la toundra ou dans une forêt immense sans points de repères, je verrais certainement les choses autrement.

Conclusion : j'ai pris le plus léger fonctionnant avec des piles AA comme mon ARVA ou la maglite, et je ne l'emmène que pour alerter des secours en cas d'urgence : relever la position, appeler avec le portable les secours.

PS : en montagne, je trouve l'altimètre bien plus utile.

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

Pierre

Salut tous le monde  :D,

Je passais par hasard sur le forum et je tombe sur une conversation sur le GPS ! ;D  Alors là je ne peux pas m'empêcher de participer !!!

Je n'ai que peu de temps alors :

1) Je ne vais pas revenir sur ce qui a techniquement été dit par Francois et avec qui je suis TAFDAK. Je rajoute simplement pour enfoncer le clou :
- avec des GPS récents la précision est de l'ordre de quelques m en terrain dégagé (j'ai souvent 3 à 5 m en montagne WAAS/EGNOS activé http://fr.wikipedia.org/wiki/European_geostationary_navigation_overlay_system)
- le temps de prise des satellites est variable comme l'a expliqué Francois Il est donc très important d'attendre la stabilisation sur la réception optimale avant de faire un relevé !

2) Si vous randonnez en France avec des carte IGN 1:25000 marquée "GPS" ne vous posez pas de questions :
- sur le GPS paramétrez le datum sur WGS84
- paramétrez les coordonnées sur UTM : ce sont des coordonnées métriques et donc bien plus faciles à calculer et à gérer (1 cm = 250 m donc 250 'unités' UTM) que des coordonnées angulaires.
- il y a sur les cartes, une grille bleue avec un quadrillage de 4 x 4 cm (1 km x 1 km) avec en bord de carte l'étalonnage UTM (en km) de cette grille, en bleu lui aussi.  Il est donc très facile de connaitre les coordonnées des bords d'un carré sur la carte et donc de calculer approximativement  ou précisément avec une règle en cm (1cm = 250m) les coordonnées d'un point dans le carré que ce soit pour reporter un point de la carte sur le GPS ou du GPS sur la carte ! Impossible de se perdre  ;)

3) Je discute GPS avec de nombreux clients et y compris avec des accompagnateurs de moyenne montagne, des pisteurs, gendarmes (PGHM) ... et je suis sidéré par le peu de personne qui savent utiliser leur GPS : il existe de bon bouquins sur le sujet : http://www.espace-gps.com/index.php?famille=36&produit=349  Je vous conseille d'associer l'achat d'un GPS avec l'achat d'un bouquin.

4) Quant à l'utilité d'un GPS en rando en France elle est effectivement discutable  ;D, comme toute technologie, je ne polémiquerai pas sur le sujet mais je peux simplement vous dire que si l'on sait s'en servir :
- C'est très sécurisant : on peut donner ses coordonnées au secours en cas de pb.
- Permet de retourner sur ces pas ou de trouver des points de repères même par conditions de visibilités quasi nulles (dans ces conditions un fond de carte intégré est également un plus incontestable)
- Permet de marquer des points remarquables pour y revenir (bivouac, champignons, observations d'animaux ... )
- Permet d'enregistrer sa trace et de l'afficher sur PC sur fond de carte avec le parcours exact, les temps de progression, d'arrêts, les dénivelés ... . De la conserver et de l'échanger (mail, internet ...)
- Permet de préparer sa rando avant, bien sur, en prévoyant ses points de passages et en visualisant sa position par rapport à ces points de passage même si sur le terrain la rando évolue (en raquette par exemple ou l'on s'affranchit des chemins, c'est vraiment génial)
- Permet donc une assurance dans une région que l'on découvre que l'on aurait pas sans ces conditions
- je vous passe tout un tas d'autres utilisations moins intéressantes pour le sujet (calculs de surface, suivis, géocaches, jeux ...)

Je ne parle évidemment pas de conditions comme la mer, des zones désertiques ou très sauvages où là le GPS permet une liberté et une sécurité optimales).

En revanche, le GPS ne doit jamais faire oublier les règles de sécurité élémentaires, d'emmener toujours une carte et une boussole (en sachant s'en servir) et que l'électronique peut tomber en panne  :(.

Pardonnez moi pour la longueur  :o il y aurai encore tant de choses à dire ...
En espérant avoir quand même fait avancer le schmilblick !

A+
Pierre   

wolf

puisque ce fil a dérivé sur les gps............

Je prépare la GTV en solo l'hiver prochain et le gps me semble être un trés bon accessoire de sécurité (malgré toutes les réserves que vous avez formulé.

Mais quel modèle choisir?

"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

Pierre

Salut Wolf,

Citation de: wolf le 28 Mai 2008 à 15:08:04
puisque ce fil a dérivé sur les gps............

Je prépare la GTV en solo l'hiver prochain et le gps me semble être un trés bon accessoire de sécurité (malgré toutes les réserves que vous avez formulé.

Mais quel modèle choisir?



Sur le sujet, je peux peut être t'aider, mais pour éviter de 'trop' polluer le post (Je sais c'est trop tard  :-[ ), envoies moi un mail privé ou alors ouvre un autre post, comme ca, tu auras plusieurs avis  ;D .

A+
Pierre

François

Citation de: Did le 26 Mai 2008 à 10:56:15
salut François,

La précision de 20m inclut-elle les modèles "WAAS/EGNOS" ?

20m sans EGNOS. Je n'ai pas beaucoup expérimenté le WAAS (nord-américain) ni l'EGNOS (Europe et Asie).

Citation de: Did
*En rando, pour obtenir un tracé il faut le laisser constamment branché et visible des satellites. Cela me gave, je préfère regarder le paysage que de faire de la technique.
On peut le laisser branché, sans le regarder pour autant. C'est la meilleure manière pour qu'il soit opérationnel en cas de besoin.

Mais :

Citation de: Did
L'autonomie est limitée.
Cela reste le principal point noir. Je rêve d'un GPS qui ait une semaine d'autonomie avec 2 piles AAA ::)

Citation de: Did
*Je n'ai pas de carte dessus. Mais franchement, je ne vois pas l'intérêt d'une carte de quelques cm². Déjà que les grandes cartes au 25000 sont imprécises.
Sur un GPS, ou une carto embarquée, on a le droit de zoomer et "dézoomer" :)

Citation de: Did
*Il y a un intérêt pour les pros qui récupèrent leur itinéraire sur internet, le charge dans le GPS et suivent les "Way points". Mais moi, passer X heures à planifier une sortie sur l'ordi : Bof !
Ce que je préfère c'est c'est préparer la rando, ou le voyage, sur carte sur un logiciel de carto (OziExplorer, TTQV, GPStrack, etc ...) et prendre au passage quelques points utiles. Le transfert des points sur le GPS ne prend lui que quelques minutes.

Citation de: Did
Je précise que je randonne en haute montagne. Il est plus important de suivre le "bon chemin" afin d'éviter les falaises, torrents, soleil,  itinéraires exposés,  couloirs d'avalanches....qu'une direction.
Sans suivre aveuglément une direction (ce que je ne fais jamais, c'est mon coté "personne me dit où je dois aller, et surement pas un bête assemblage électronique"), c'est utile de se situer par rapport à un point remarquable : point de passage obligé, ou point à contourner, ou sentier dont on a relevé le tracé sur la carte.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

François

Citation de: wolf le 28 Mai 2008 à 15:08:04
puisque ce fil a dérivé sur les gps............

Je prépare la GTV en solo l'hiver prochain et le gps me semble être un trés bon accessoire de sécurité (malgré toutes les réserves que vous avez formulé.


Oui, mon post était assez orienté sur les défauts possibles. Pour compenser l'impression négative que cela donne, mon avis général est qu'utiliser un GPS est à l'heure actuelle la méthode la plus simple, la plus fiable et la plus rapide pour savoir où on est et où on va ... Même s'il faut respecter un mode d'emploi et ne pas lui faire une confiance aveugle.
Et comme le dit Pierre, il faut toujours avoir une solution de rechange pour s'en tirer sans.
C'est aussi vrai et sans aucun doute plus difficile, si on fonctionne uniquement avec une carte et une boussole, qui sont au moins aussi faillibles qu'un bon GPS.
:)
Espérer le meilleur, prévoir le pire.