Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu naturel => Discussion démarrée par: ipphy le 19 novembre 2006 à 15:31:03
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C'est le sujet de la survie en mer
Venez relater des faits-divers, des récits ou roman, et partager vos idées et votre expérience
Un exemple récent assez édifiant:
Le touriste belge retrouvé vivant après 18 heures en mer
Geert De Baere et Paul Van Uytvange. Ce sont les deux touristes belges, emportés dans l’océan par les courants d’une ravine en crue jeudi après-midi à Sainte-Rose. Le premier a été sauvé quelques heures après l’accident. Le second est un véritable miraculé : il a été retrouvé hier matin seulement... à Saint-Benoît. Soit à 18 km du lieu de l’accident après avoir dérivé toute la nuit en mer.
http://archives.clicanoo.com/article.php3?id_article=143428&var_recherche=belges (http://archives.clicanoo.com/article.php3?id_article=143428&var_recherche=belges)
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Oui, comme par exemple l'histoire des trois pêcheurs mexicains ayant dérivé pendant 200 j...
Alors finalement, c'est vrai ou c'était bidoné ?
L'article ICI (http://fr.news.yahoo.com/17082006/290/des-pecheurs-mexicains-ont-derive-9-mois-dans-l-ocean.html)
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Pour les 3 mexicains, il semblerait que cela soit vrai...
Un ancien post faisait référence à cela (avec les liens vers les articles...).
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Ne pas oublier le plus célèbre d'entre tous, le naufragé volontaire. Alain Bombard
http://perso.orange.fr/lamer/alain_bombard.htm
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Effectivement c'est dramatique pour ces personnes qui ont péri. Mais cela n'a rien a voir avec avec son expérience de survie en mer. Cet accident a eu lieu lors de la mise au point de canot de survie, canot qui par la suite à sauver des tas de vies humaines.
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C'est certain que ce drame fut terrible, mais dans son bouquin qui date des années 50, Bombart donne des chiffres édifiants sur le nombre de mort en mer! (dans 100 à 200 000 par an dans le monde si ma mémoire est bonne, et au moins plusieurs centaines en france).
Donc par la force des choses, ses amélioration des canots de survie furent bénéfiques!
Et comme il le disait, comment faire confiance à des radeaux inventés à paris et testé dans le golfe du morbihan (c'est pas lui qui a dit ça, je me suis trompé)
. Bombard voulait tester le matériel en conditions réelles et extrème car un naufrage se produit que rarement en eau calmes!
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Chacun pense ce qu'il veut... ::)
Exact, c'est une des dernières chose qui nous reste!!
Ne prend donc pas mon 2éme post comme une attaque, mais plutôt comme une vision, et une approche différentes des choses. Toi,tu te mets à place des gens qui sont mort dans cette épreuve, moi, je pense plutôt à tout ceux qui ont eu la vie sauve, grâce à ces canots de survie et à ces malheureuses, mais n'est en moins nécessaires expériences.
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Salut
Petite précision : Etel ne se trouve pas dans le golfe du Morbihan mais sur l'Atlantique...
Je vais arrêter là de pourrir le post original qui traite de la survie en mer ;)
@'pluche
Je ne faisait pas référence à Etel, et en plus je ne suis même pas sur que ce soit dans le bouquin de Bombard...j'ai un doute ;D
Pour relancer le dabat, savez vous si un les études de Bombard ont été remises à l'odre du jour...le bouquin date des années 50, y a peut être eu des publications plus récentes dans ce domaine?
Reste jpdelx, tu as raison, il ne faut pas oublier ceux qui sont morts pour le progrès...
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Bon les enfants ne nous énervons pas...
Les différents travaux de Bombard ont déjà fais l'objet d'un poste dans lequel je remettais également une couche sur l'histoire d'Etel... (Etel est bien dans le Morbihan et se situe sur la côte Atlantique entre Lorient et la presqu'ile de Quiberon).
Ces travaux étaient effectivement précurseurs dans le domaine. Depuis pas mal d'écrit ont été rédigé sur le domaine...
D'autres ont également essayé les expériences volontaires de naufrage dans un radeau (SOS en mer de Pierre SPINELLI...).
MAintenant, comme c'est un sujet que je connais un peu on peut continuer à discuter...
A+
Mike
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Pour en revenir à l'exemple des touristes belges, je pense que le moral est indispensable pour se surpasser!
Le type est resté 18h dans l'eau, sans avoir de quoi flotter :up:
Son avantage était je pense de voir la cote et de ne pas savoir qu'il était dans un véritable nid à requins...si j'avais été sa place j'aurai tout de suite pensé au requins, de plus l'eau était trouble, ce qui favorise encore plus les attaques! Faut croire que les squales n'aiment la viande flamande ;D
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Pour les 3 mexicains, il semblerait que cela soit vrai...
Et bien, bel exploit que voila...
Ils avaient la vie chevillée au corps !
Un ancien post faisait référence à cela (avec les liens vers les articles...).
Oui, le post est sur l'ancien forum... voir ICI (http://www.davidmanise.com/cgi-bin/yabb2/YaBB.pl?num=1155754591)
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Le type est resté 18h dans l'eau, sans avoir de quoi flotter :up:
Heu... Je ne sais pas pourquoi mais j'ai du mal à le croire ::). On a des preuves formelles?
a+
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Je me suis accroché à un matelas
je pense qu'il parle d'un tapis de sol en mousse
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Le type est resté 18h dans l'eau, sans avoir de quoi flotter :up:
Heu... Je ne sais pas pourquoi mais j'ai du mal à le croire ::). On a des preuves formelles?
a+
Le coup du matelas j'en sais rien, peut être un vulgaire truc en mousse, ou un vieux matelas. En tout cas il dit bien qu'il n'a pas arrêté de nager, donc il ne devait pas avoir de quoi flotter réellement. En tout cas ma mère a vu le reportage au JT et le mec disait bien qu'il a nagé et fait la planche toute le nuit ! Bon c'est l'océan indien et pas l'arctique, l'eau devait être au moins à 22-24°C, mais bon déja 18h dans la flotte t'es limite en hypotermie ::)
Et puis il faut pas remettre la parole des belges en question ;D une fois :D
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http://www.20minutes.fr/article/814922/navigatrice-florence-arthaud-sauvee-noyade
Rien de très instructif, mais même les meilleurs peuvent faire des erreurs
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Grâce à la géolocalisation de son téléphone portable, et au fait qu'elle portait toujours sa lampe frontale, Florence Arthaud est repérée
Consciente mais en état d'hypothermie - l'eau affichant 18 degrés
Ça tient quand même a peu de chose :o Par contre, pas de gilet sur elle apparemment >:( On continue à montrer le bon exemple...
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On n'a pas tous les détails, il est possible qu'elle ait porté une veste à flottabilité incorporée.
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C'est ce qu'ils ont annoncé à la télévision... :-[ C'est Florence Arthaud qui l'avoue elle-même.
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C'est ce qu'ils ont annoncé à la télévision... :-[ C'est Florence Arthaud qui l'avoue elle-même.
Je confirme, j'ai vu le reportage aussi. Pas de gilet ni de harnais, de son propre aveu... "Comme d'habitude", dit-elle...
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Eh bien elle a eu une sacrée résistance pour se maintenir en surface pendant plus d'une heure avec ses habits !
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Bonjour,
En Mediterrranée ,un commis sur un chalutier prend de l'eau avec un seau ,le seau se remplit d'un coup ,le commis ne lache pas prise et se fait entrainer . c'est la nuit et personne ne se rend compte de la disparition du commis avant le lendemain .Le commis a retourné le seau pour y emprisonner de l'air ,a passé une jambe dans l'anse puis il a posé sa tete sur le cul du seau et a attendu. Le lendemain au soir ,il a été retrouvé à demi conscient et castamé par le soleil .Un grand classique.
J'ai eu connaissance de cette histoire vers les 6/7 ans .j'ai ,depuis ,toujours attaché le seau aux chandeliers avant de le lancer.
Pour avoir pu receuillir les impressions de personnes tombées à la baille (moi ,ma mere ,mon pere ,deux amis de mes parents) il y a toujours un moment où on finit par penser aux prédateurs ,surtout si on s'est blessé en tombant et que ça saigne dans l'eau .
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La mer c'est traitre... Je ne sais pas si mon histoire va rentrer dans le cadre du post mais bon.... Je pratique la chasse sous marine depuis quelques années, et je me suis deja fait surprendre par le temps. Je plonge toujours en binome ( avec mon meilleur pote qui vient d'ailleur de s'inscrire sur le forum :) ), cette année nous n'avons pas eu beaucoup d'occasion d'aller plonger donc ben meme par mauvais temps ( temps gris sans trop de vent ) nous avons decider d'aller plonger... Pas malin me direz vous, ben vous auriez raison.
La Méditerrannée étant beaucoup frequentée par les chasseurs sous marins, le but est d'arriver le plus vite possible sur les spot de chasse, donc nous partons vite, sans echauffement ( ... ), en se pressant un maximum pour arriver autour de notre ile préférée. Le mauvais temps se lève, un vent fort souffle, un courant terrible ( le genre de courant qui te fait reculer meme si tu palme intensivement avec des palmes de chasse qui font 90 cm de long)... La prospection en apnées successives nous epuisent, la temperature de l'eau ( pas idéale pour les apnées) nous fatigue encore plus vite et ne parlons pas du courant qui nous casse les jambes ( on doit palmer constament pour rester sur notre spot). Les vagues m'empeche de voir mon coéquipier, je ne sais pas si il est toujours la ou si il a fait demi tour ou pire. Je me decide au bout de 1h30 de plongée a faire demi tour et a me rapprocher de la cote... Quelle galère!!!! Le courant de travers m'empeche de retourner vers la cote, l'acide lactique fais son office, mes muscles me brulent horriblement, mon souffle devient plus intense, je n'avance pas... C'est la premiere fois pour moi ou je fais le rapprochement entre survie et plongée... Je m'explique, je me suis dit si cela s'intenssifit, si je n'ai plus la force de revenir, quel equipement j'ai sur moi qui pourrait m'aider... Et la le drame je me rend comte que je n'ai que ma bouée de signalisation pour m'aider... Ma combinaison n'est utile que pour quatre ou cinq heure vu la temperature de l'eau, mon couteau ne me sert a rien dans cette situation ( pourtant il m'a servit dans d'autre situations délicates genre filets illegal ou palangre qui s'emele dans nos palmes....) et c'est le seul materiel que j'ai ... ( pas encore de planche pour m'en servir comme flotteur et emporter de la nourriture et de l'eau ). J'essais quand meme de me rapprocher de la cote malgrès le courant, j'y arrive non sans efforts, non sans peur mais je mettrai quand meme 30 minutes pour faire 150 ou 200 metres... Une fois hors de l'eau je suis soulagé d'etre sortit de la et surtout d'avoir retrouver mon coequipier en route ( je crois que j'ai moin peur qu'il m'arrive quelque chose que de ne pas le retrouver ). Je crois que ce jour la nous nous sommes fait peur tout les deux...
Tout ca pour dire que la mer est dangereuse ( ce n'est pas une grande nouvelle ) meme si nous ne sommes pas loin du rivage. Meme en Méditerrannée le temps change vite, beaucoup de paramètres sont a prendre en compte ( courant , vent, froid, etc...). Cela donne a reflechir, par grand fonds, au large les conditions sont extrèmement difficilles. L'hypothermie nous guette, ainsi que la noyade et la perte de " motivation a survivre ".
Voila mon temoignage, j'en ai tirer quelques leçons. Nous avons prevu la construction d'une planche qui nous permetrait d'emporter plus de materiel de securité afin de prevenir ce genre d'incident et surtout de nous surveiller mutuellement encore plus pour eviter tout probleme.
Mani.
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Bonjour,
En Mediterrranée ,un commis sur un chalutier prend de l'eau avec un seau ,le seau se remplit d'un coup ,le commis ne lache pas prise et se fait entrainer . c'est la nuit et personne ne se rend compte de la disparition du commis avant le lendemain .Le commis a retourné le seau pour y emprisonner de l'air ,a passé une jambe dans l'anse puis il a posé sa tete sur le cul du seau et a attendu. Le lendemain au soir ,il a été retrouvé à demi conscient et castamé par le soleil .Un grand classique.
J'ai eu connaissance de cette histoire vers les 6/7 ans .j'ai ,depuis ,toujours attaché le seau aux chandeliers avant de le lancer.
Pour avoir pu receuillir les impressions de personnes tombées à la baille (moi ,ma mere ,mon pere ,deux amis de mes parents) il y a toujours un moment où on finit par penser aux prédateurs ,surtout si on s'est blessé en tombant et que ça saigne dans l'eau .
Extrait de "SURVIVRE, comment vaincre en milieu hostile" de Xavier Maniguet. C'est mieux de donné le nom de l’auteur quand on fait un copier-coller d'un extrait.
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Je cite le souvenir d'un conseil que mon vieux m'a donné quand j'ai commencé à prendre de l'eau par dessus bord
Je ne savais meme pas d'où il sortait cette histoire et je n'ai jamais lu ce livre (ni mon pere d'ailleurs)
Merci Luffy de cette précision
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Je suis tombée (par hasard, mais visiblement ça tourne un peu sur les réseaux sociaux en ce moment) sur cet article :
http://mariovittone.com/la-noyade-en-francais/
Et notamment ceci :
"La noyade est presque toujours un événement trompeusement silencieux. Les grands gestes avec les bras, les éclaboussures et les cris auxquels on s’attend à cause du conditionnement spectaculaire de la télévision sont rarement vus dans la vraie vie.
-Caractéristiques de la Réponse Instinctive à la Noyade:
1. Sauf dans de rares circonstances, les gens qui se noient sont physiologiquement incapables d’appeler au secours. Le système respiratoire a été conçu pour la respiration. La parole est la fonction secondaire, ou superposée. La respiration doit être accomplie avant que la parole puisse se produire.
2. La bouche des gens en train de se noyer est alternativement en train de couler sous l’eau et de réapparaître au-dessus de la surface. La bouche des gens en train de se noyer n’est pas au-dessus de la surface de l’eau suffisamment longtemps pour qu’ils puissent expirer, inspirer, et appeler au secours. Quand leur bouche est au-dessus de la surface, ils expirent et inspirent rapidement alors que leur bouche recommence déjà à couler sous l’eau.
3. Les gens en train de se noyer ne peuvent pas agiter les bras pour appeler à l’aide. La nature les force instinctivement à étendre leurs bras latéralement et à appuyer sur la surface de l’eau. Pousser sur la surface de l’eau permet aux gens qui se noient de faire un effet de levier sur leur corps afin qu’ils puissent relever leur bouche au-dessus de l’eau pour respirer.
4. Pendant la Réponse Instinctive à la Noyade, les noyés ne peuvent pas contrôler par la volonté leurs mouvements de bras. Physiologiquement, les gens qui se noient et qui luttent à la surface de l’eau ne peuvent pas stopper la noyade ni effectuer des mouvements volontaires comme lever les bras pour appeler à l’aide, nager vers un secouriste ou s’accrocher à du matériel de sauvetage.
5. Du début à la fin de la Réponse Instinctive à la Noyade, le corps des gens reste droit dans l’eau, sans aucun signe de battements de pieds pour se maintenir. À moins qu’ils ne soient secourus par un lifeguard entraîné, ces noyés ne peuvent que lutter à la surface de l’eau de 20 à 60 secondes avant que la submersion se produise.
Cela ne veut pas dire qu’une personne en train de crier au secours et de se débattre n’est pas en grandes difficultés – elle est en plein aquastress. Pas systématiquement présent avant la Réponse Instinctive à la Noyade, l’aquastress ne dure pas longtemps – mais à la différence de la vraie noyade, ces victimes peuvent encore participer à leur sauvetage. Elles peuvent attraper une corde, une bouée, etc.
- Soyez attentifs à ces autres signes de noyade :
- Tête basse dans l’eau, bouche au niveau de la surface ;
- Tête renversée en arrière avec la bouche ouverte ;
- Yeux vitreux et vides, incapables de fixer ;
- Yeux fermés ;
- Cheveux sur le front ou les yeux ;
- Personne qui n’utilise pas ses jambes, à la verticale ;
- Hyperventile ou halète ;
- Essaye de nager dans une direction mais fait du sur-place ;
- Essaie de se retourner sur le dos ;
- A l’air de monter à une échelle invisible.
Donc si un membre d’équipage tombe par-dessus bord et que tout a l’air OK, n’en soyez pas si sûr. Parfois le signe le plus évident qu’une personne se noie est qu’elle n’a pas l’air de se noyer."
Je ne sais pas trop si ces infos/cet auteur est fiable -apparemment ancien sauveteur de la "Coast Guard" (le reste, tout est en anglais et je suis une vraie bille...), l'un d'entre vous peux confirmer ces informations ?
Merci !
:)
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Bonjour à tous
Il y a déjà eu sur ce forum une discussion à propos de cet article.
En gros les réponses allaient dans ce sens:
Les signes donnés sont un peu trop fins à observer surtout quand la distance ou les vagues ne nous permettent pas de bien voir la victime.
En conclusion toute personne qui n'est pas en train de nager efficacement ou de se baigner sereinement doit faire l'objet d'une vigilance voire d'une intervention.
Pour le reste je relève une petite erreur concernant la soi disant impossibilité "physiologique" d'agiter les bras pour appeler les secours.
Il se trouve que toutes les parties de notre corps qui sont au dessus de l'eau nous font couler. donc agiter les bras est contre productif et à ne pas enseigner aux gens. on doit au contraire leur apprendre à n'émerger que ce qui est utile à la respiration.
Mes deux bouées canard
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Salut a tous ! Cela fait paisir de se reconnecter un peu sur ce forum :)
Je viens partager avec vous une des experiences que j'ai eu assez recemment. premierement, je contextualise, puis j'expliquerai les faits. J'aimerai seulement qu'il soit eviter des reflexions et reponses de types "c'etait inconscient, irresponssable, etc". On est libre de faire les choix que l'on veut, en son ame et conscience, si on est pret a en affronter les consequences.
L'histoire commence lorsque j'arrive aux canaries apres un long voyage a pied et en stop en Scandinavie durant l'hiver, puis a droite a gauche en Europe, pas mal de temps au Maroc, embarquer en tant qu'equipier sur un bateau pour les iles canaries, et de la, embarquer sur un bateau a nouveau pour l'autre cote de l'atlantique, peu importe ou...
Ca, c'etait l'idee de base. Finalement, au bout de 2 jours seulement, j'ai abandonne l'idee du bateau-stop. Autant, ma premiere experience etait extraordinaire, avec un capitaine mythique. J'avais eu de la chance visiblement.
Je n'aime simplement pas ca. Une floppee de bateau-stoppeur qui ne cherchent des bateaux que pour voyager moins cher, et pouvoir dire qu'ils ont traverse l'atlantique a leur copains (vous savez, la maladie de la "to do list..."). De l'autre cote, des capitaines froids, qui en font un business, etc. Bref je passe un peu sur les details, mais ca a ete suffisant pour me decevoir au plus haut point, moi qui m'attendais a trouver une communaute de clochards des mers dans lesquels je puisse reconnaitre ma vision des choses, la mer, la navigation, etc.
Bref, je part m'isoler dans un bled plus tranquil que l'horrible las palmas et reflechis a la maniere de traverser la grande bleue. Pret a tout, je pense a bricoler mon embarcation, meme pret a ramer avec une equipe d'acharne sur une embarcation type vieux drakar... bref pret a tout, en route pour l'aventure.
Finalement, je mets la main sur un bateau abandonne, qui va finir a la casse dans quelques mois. Voila mon embarcation. Le projet est risque, tout est fatigue sur le bateau. Je selectionne un equipage (ca a mis du temps...) pret a suivre et sachant dans quoi ils embarquent, et que tout peut arriver, il peut meme arriver qu'on arrive pas.
Un bateau rouille, sans electricite, ni electronique ni rien, il manque la grand voile, pas de moteur (pour un voilier de 15 metres en acier).
Point de vue securite, on recupere un canot de sauvetage, des fusees de detresses, et on embarque un petit GPS de randonnee. Je fabrique un sextant homemade et on photocopie un paquet de cartes de differents endroits de l'atlantique. La navigation se fera principalement aux etoiles.
Pour la nourriture, on a recycle pendant des semaines dans les poubelles de supermarche et fait des conserves avec les fruits et legumes, et pates, riz, goffio.
L'eau : environ 700 litres.
On part sans papiers.
Navigation entre canaries et cap vert parfaite, j'adapte un foc en guise de grand voile, en donnant un angle a la baume et en attachant tout le long du mat. Par securite, et parce que en cas de grain il n'est pas facile d'intervenir sur la GV avec cette configuration, nous evoluons systematiquement avec deux ris. Pas rapide, mais on s'en fou, nous c'est l'ocean, la navigation, et la liberte ; pas la regate. Et ce bout de voile est suffisant pour maitriser le roulis.
Commence quelques pepins au milieux de l'atlantique : Le winch babord qui lache, impossible a reparer. Par un systeme de poulies, je renvois l'ecoute sur le winch tribord, organise et explique a l'equipage la nouvelle manoeuvre en cas de changement d'amure (rare au milieux de l'atlantique).
La baume casse egalement.
Puis un hauban a babord qui est au bord de la rupture. Je le change immediatement, avec une technique DIY simple mais efficace. La traversee continue, je ne m'attarde pas sur les beaute de la navigation et la magie de la traversee d'un ocean.
Finalement, arrive a 300 milles des cotes de la Guyane, nous dematons, meme pas 1 minutes apres que j'ai ete en tete de mat faire une verif...
Premiere constatation : J'ai bien choisi l'equipage et les avait bien informes sur les risques. Pas de surprises, personne ne panique, les gens attendent juste mes instructions, et essai de descerner la moindre trace d'inquietude sur mon visage, ce que je ne montre absolument pas.
Un mois que nous sommes en mer, tous le monde un peu fatigue (conditions de nav assez rude, pas de pilote auto, etc.). Forcement, l'eau est la nouriture sont deja asses bas...
Premiere chose, nous coupons tres rapidemment les haubans qui retiennent le mat qui pourrait percer la coque, facon belier, puis rangeons tous le pont de maniere tres claire, puis ensuite reunion dans le cockpit. Certains membres d'equipage rangent frenetiquement, comme pour eviter cette conversation et rester l'esprit occupe pour ne pas voir la verite de la situation en face : Nous derrivons en arriere, vers le milieux de l'ocean, l'eau est bien attaque, encore plus la nourriture, nous n'avons pas vu un bateau depuis le cap vert, pas de radio. Mais des nerfs d'aciers.
A ce moment, nous croisons le premier bateau, un cargot qui nous passe a une centaine de metre, en plein jours, et ne s'arretant pas malgres la fusee de detresse. Cela donne un coup au moral de l'equipage, mais moi ca me donne finalement la conduite a tenir : J'envois la moitie de l'equipage faire l'inventaire precis des vivres et eau, pendant que les autres et moi dressons un greement de fortune. Nous fixons le tengon en guise de mat, haubanage de fortune avec les bouts qu'il reste et que l'on double a chaque fois, et un foc que l'on hisse dessus, mais sur le cote. Difficile a expliquer, mais le resulat est que nous pouvons reprendre la barre, nous avencons 0.5 noeuds en direction de Bresil-Guyane... Au meme moment, j'ai le resultat de l'inventaire qui redonne du moral au troupe. En rationnant presque a l'extreme, mais suffisament tous les jours pour rester physiquement et mentalement efficace, nous pouvons tenir deux semaines et demi de plus. Ce dont je suis parfaitement conscient, mais pas vraiment mon equipage, c'est que il nous faudra plus de 3 semaines pour rejoindre les cotes, ce n'est donc pas assez, mais je dis que la situation est excellente, l'affaire et dans la poche, tout ce qu'on a a faire c'est garder la bonne humeur comme pour une nav classique, en faisant un peu plus attention au nerfs de chacun. Le jours qui suit, deux bateau de plus passent et nous ignorent (ils peuvent pas ne pas nous avoir vu) : L'explication sont les directives bidons et la paranoia des gens face aux risques de piratage dans ces eaux la.
Nous n'avons plus de fusee de detresse. Mais mon choix est fait :
Je pourrais : decider d'aller avec le courant, et finir sur trinidad-tobago, mais risque car si on les rate on part dans l'ocean, de plus je ne fais pas completement confiance au greement.
Continuer vers la guyane, avec le vent mais contre le courant. Mais les vivres ne le permettent pas vraiment.
Pour moi la solution est d'essayer de rester dans cette zone de trafic maritime, et rester visible quoi qu'il arrive. J'organise pour la survie : Distillateur d'eau salee a partir de tubes, de bidons d'eau, de plastique noir et de coton imbibee d'eau pour refroidir la vapeur. Recuperateur d'eau de pluie (avec mon tarp). Pour la nourriture, je fais un filet de peche, des harpons a partir de bambous que l'on avait embarque a bord, et surtout des leurres :
Une sorte de leurre a partir de cordage dont j'enleve une partie de la gaine, ca se rapproche de la pieuvre de maniere efficace, et des amecons en plus avec des vieux clous. Face a la difficulte de faire un stop sur un amecon fait a base de clou, la forme a donner est un amecon qui forme une boucle, presque fermee. Les dorades repondait tres efficacement a ce systeme. Il faut les pecher lorsqu'elle deviennent coloree (jaune, vert, bleu). Si elles sont bleu foncee elles n'attaqueront pas. Et finalement, un certaine nombres de sacs poubelles remplies de truc inflamables, certain fait pour faire des flammes vives (pour la nuit) d'autres de la grosse fumee noire (pour le jour), pet a etre allume en une seconde.
C'est comme ca que nous avons ete secouru le jours d'apres par un bateau de peche venezuelien avec qui je suis reste travailler un moment. Nous avons attendu qu'il soit assez proche, avons allume l'un de nos sacs poubelles "flammes vives" car de nuit, SOS avec la lampe torche. Apres negociation, nous avons abandonne le navire et sommes parti en direction de trinidad. La suite (probleme d'immigration, etc blabla) n'est pas triste non plus mais est hors contexte.
Je suis maintenant a Bequia et rejoins prochainement Carriacou, ou je prevois de me fabriquer une sorte de pyrogue, greement pince de crabe, pour rejoindre venezuela et pourquoi pas Colombie si tout va bien.
C'est un condense de mon experience, j'attends en realite des reactions et des questions pour pouvoir detailler proprement les choses qui semble interessante sur le sujet de la survie. Je repondrais avec plaisir, uniquement par rapport a cette experience, car j'ai pu experimenter ce qu'est que d'avoir la gorge seche face a la perspective de peut-etre...mourir.
Pour conclure, je dirais que ce genre de situation, ce qui sauve c'est bien sur a quel point on est pret a faire face a une situation, mais surtout ne jamais arreter de prendre des decisions, et utiliser ses competences pour les mettre en oeuvre.
A plus ! ;)
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Récit incroyable, tu pourras écrire ton propre bouquin d'aventure. Pour avoir foulé des pieds Bequia et fait un peu de voile dans ce coin des caraïbes, je me projette assez bien dans cette situation sans vouloir vendre ma peau contre la tienne pour autant au moment où vous êtes tombés en rade...
Tu ne voulais pas qu'on te reproche le caractère inconscient, je ne le ferai donc pas, mais dis-toi tout de même que si tu avais démâté quelques jours / semaines plus tôt en plein milieu de l'océan tu ne serais probablement pas là pour nous raconter tout ça, sans parler de tous les " et si " potentiels que votre organisations de survie minimale n'aurait pas pu absorber ( n'importe quel problème médical un peu sérieux ou du moins qui ne puisse attendre 3 semaines pour être pris en charge autrement que par un petit nécessaire de soin au milieu de nulle part ), une voie d'eau opiniâtre...
Ne serait-il pas possible de prévoir à l'avenir au moins un objet qui serait un garde fou, garant de ta survie en cas de gros pépin, si pas de moteur / radio alors un téléphone satellite ou équivalent ?
Il y a dans la zone et jusqu'à presque 200 nautiques des côtes martiniquaises la possibilité de secours héliportés français depuis une base terrestre, et si jamais tu te retrouves plus loin, la frégate Nivôse croise souvent dans le coin et peut très rapidement apporter assistance, fût-ce par son hélicoptère embarqué, et elle ne risque pas de te laisser t'éloigner si elle te prend pour un pirate.
La question que je me pose est: comment as-tu trouvé un équipage de gars aussi aventureux que toi, pour un projet aussi "audacieux" et surtout risqué...
Autre question, si je comprends bien tes lignes improvisées ont mordu ? Dans une situation où le risque est aussi le manque de vivres si problèmes prévisibles de voilure en plein milieu de l'océan ( puisque tu es parti sans grand-voile, avec un navire bon pour la casse et avec des pépins en perspective ), pourquoi ne pas s'être procuré du bon matériel de pêche, ça va forcément servir pour éventuellement économiser les vivres et apporter un peu d'alimentation fraiche durant la traversée, et permettra de palier à des imprévus, je ne sais pas quelle était la vitesse moyenne de ton embarcation mais en laissant négligemment traîner une ligne bien conçue avec de beaux appâts, il y avait moyen de se faire plaisir de temps en temps sans besoin de bricoler quelque chose à la va-vite au pied du mur...
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Yo,
Avant tout: content que vous vous en soyez sortis! Et chapeau sur pour ta gestion du problème et ta gestion du groupe ("coup de bol" tu as échappé au moment où il y avait vraiment pénurie...ce qui ne retire rien à ton sang froid).
Un truc que je retiens c'est d'avoir gardé ton équipage actif au moment du problème. :up:
J'ai fais pas mal de voile plus jeune, mais uniquement dans des eaux intérieurs et sur des durées beaucoup moins importantes (genre la journée au max), j'ai donc peu d'idées de ce que vous avez pu rencontrer ou très vagues (bon, ok: je sorts ;# ). :blink:
Pour la gestion des risques, je rejoins Fry sur un point:
pourquoi ne pas s'être procuré du bon matériel de pêche, ça va forcément servir pour éventuellement économiser les vivres et apporter un peu d'alimentation fraiche durant la traversée, et permettra de palier à des imprévus, je ne sais pas quelle était la vitesse moyenne de ton embarcation mais en laissant négligemment traîner une ligne bien conçue avec de beaux appâts, il y avait moyen de se faire plaisir de temps en temps sans besoin de bricoler quelque chose à la va-vite au pied du mur...
C'est un point assez facile et peu onéreux à mettre en oeuvre et niveau gestion des vivres c'est que du plus. :up:
Quelques questions après:
Durant la traversée, avez vous essuyés des intempéries ou tout est allez plutôt pas mal niveau météo?
A bord, niveau bouffe, vue que vous n'aviez pas d'électricité, je suppose que vous ètes partis sur du gaz pour préparer la popote?
Vous avez préparé des conserves avant, mais aviez vous d'autres moyens de conservations à bord? (genre, par exemple, du sel).
Niveau hygiène (nettoyage des bonshommes, déchets humains et alimentaires), comment vous y êtes vous pris?
Votre carrosse des mers, avait il des coins pour vous abrités du climat (soleil, vent, pluie)?
Bonne soirée
Hugo
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Salut fry !
Je commence par rectifier l'adjectif inconscient que tu emplois, etant parfaitement conscient de ce dans quoi je m'embarquais. Temeraire, n'etant pas plus jolie, est cdependant plus adapte.
concernant les tel satellites et autres choses comme ca, je me refuse a les utiliser pour plusieurs raisons. La premiere est que je ne veux pas limitter mes ambitions pour des questions de budget, pour quelques chose d'aussi insignifiant pour moi que les sous, ce consommable parmis d'autres (pomme de terre, banane, etc). Mes ambitions et mes aventures ne seront limitte que par une seule chose : mes capacites et competences, rien d'autres.
Cela m'amene au deuxieme point : si j'ai tous le necessaire pour me faire porter secours, quand et comment pourrais-je faire appel a ces competences ? Tu ne peux te connaitre que dans une situation reelle, pas en exercice quelque soit la durete de ce dernier. J'ai envi d'experimenter ca, le meilleur comme le pire, pour ma propre experience, et pouvoir egalement m'exprimer dans la vie en connaissance de cause. Je rajoute que je n'en suis pas a mon coup d'essai malgres mon jeune age. J'ai fait le meme type de trip un hiver entier en solo dans le grand nord, 1 mois entier a comprendre comment vivre dehors convenablement, sans matos ni trop de vivres.des trucs similaires en montagnes, ou encore dans un autre registre vivre a la rue dans certains quartiers et ville dont on te promet de ne pas passer la premiere nuit. Bref, j'experimente par moi meme et revient avec mon opignon. Je ne suis ni inconscient, ni suicidaire, oh non bordel, comme j'aime ma vie :)
Concernant le materiel de peche, nous avions de bons leurres qui ont tous ete gobe les un apres les autres. Ne nous restait plus que de la bonne ligne et des petits amecons
Les leurres improvise ont tres bien mordu. J'utilisais parfois du poisson volant qui tombe en nombre tous les jours sur le pont.
Hesite pas si tu veux d'autres precisions !
A plus ;)
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Aah oui je veux revenir sur ce point important que tu souleves, si le mat avait lache quelques semaines plus tot, je ne serais pas la pour raconter. Je ne suis pas d'accord. Qu'en sais-tu, qu'en sais-je ? Qui sait les solutions que nous aurions trouve, les systemes mise en oeuvre pour ne pas se laisser crever car ne pouvant compter que sur nous meme ? C'est la toute l'essence de la chose ;)
A plus !
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Salut Hurgoz !
Je reponds a tes questions dans l'ordre, aillant deja repondu a celle de la peche.
Pas d'intemperies extraordinaires, parfois des gros grains mais bien gere, je dirais juste une ou deux nuits particulierement solide entre canarie et cap vert. Autrement, des alyzee bien etablis, 20 noeuds en moyenne. De plus je le redis, pour les raisobs evoque nous avions systematiquement 2 ris dans la GV.
Nous cuisinions au gaz, 2 grosses bouteilles recupere dans un squat, nous n'en avons meme pas fini une.
Aucun autre moyen de conservation a bord. Mais c'etait sence arriver dans la phase 2 du projet.un sechoir fait a partir d'une glaciere type celles que les gens ont sur la plage, et de canettes.
Pour l'hygiene, lavage de tout a l'eau de mer (on cuisinait egalement avec une certaine proportion d'eau de mer).dechet humain, tout par dessus bord, excepte de nuit et par gros temps : d'abord dans un seau, puis par dessus bord.
Pour s'abriter des intemperies, nous avions nos cabines, parfois mon tarp pour couvrir le cockpit en cas de besoin (soleil, pas pluie). Les quarts etaient bien organises, personne n'a trop souffert.
A plus !
Ps: a tous, desole pour la redaction, j'ecris sur le tel d'une amie et je galere un peu
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C'est là une différence de philosophie entre nous, pour toi le risque amène l'émulation ( des compétences, de l'ingéniosité ), pour moi le risque amène avant tout le risque, en tout cas quand il est porté à ce niveau. En espérant que tu t'en tires toujours aussi bien que cette fois-ci, je n'ai pas la prétention d'imposer ma vision à la tienne et ce n'est d'ailleurs pas l'objet de ce sujet, tu es adulte et libre.
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Merci fry ;).
J'ajouterai cependant que je ne suis pas non plus en total desaccord avec ton opinion, loin de la. Mais c'est une toute autre, et longue conversation !
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Yo,
Perso, quand je prépare mon sac, je laisse toujours une place pour l'imprévu, l'incertitude, la magie et le rêve.
Parcontre, je ne perd jamais de vue que face aux éléments, je reste tout petit ;)
Donc n'oublis pas de faire preuve d'humilité (ce qui ne veut pas dire revoir tes ambitions à la baisse, hein!): la grande bleue a été plutôt sympa avec vous sur ce coup là Aleksi ;)
Tcho
Hugo
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Salut !
Je suis entierement d'accord avec toi sur ce point, nous ne sommes pas grand choses lorsque la nature commence a montrer de sa splendide ferocite.
A plus
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Je suis pas marin pour 2 sous et n'y connait rien. Donc pas capable de juger si ce que tu as fait était une tentative de suicide avortée ou une prise de risque élevée mais évaluée au plus juste ;D
Juste deux choses. En montagne, on avait l'habitude de dire "Ce sont les alpinistes trop prudents qui rentrent" Ce qui ne les empêchaient pas de faire des trucs extraordinaires.
Ensuite la gestion de l'autre. Lorsque on part en rando accompagné, on est responsable de ceux qu'on embarque que ce soit des animaux ou des humains.
On a la liberté de sa vie et on en fait ce que on en veut (quitte à faire des expériences dont on ne revient pas) mais on est responsable de la vie des autres, que ce soit celle de ceux qui nous accompagnent ou celle de ceux qui risqueront la leur pour venir nous chercher quand on sera dans la m**de.
Ton équipage est-il pleinement conscient des risques qu'ils prenaient et surtout, avaient-ils les connaissances et l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient ?
En tant que capitaine, ils étaient sous ta responsabilité.
Quand j'entends des personnes me répondent à la question "As tu anticipé les risques ?", "j'ai un téléphone GSM, Satellite, balise GPS..." >:(
Ca veut dire que pour eux leur backup, c'est la vie d'autres. Certes ils ont choisi ce métier, ce volontariat, ils sont payés pour ça mais c'est pas une raison.
Voila, c'est pas particulièrement pour toi Aleksi, mais ça fait deux fois ce WE.
Après, je suis d'accord, on peut pas gérer et anticiper 100 % des risques sinon on fait rien mais y a un juste milieu. :D
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Salut musher !
Mon equipage etait pleinement conscient des risques, crois moi j'ai meme accentue le tableau. A ce niveau je ne sais pas ce que j'aurai pu faire de plus, et la plupary d'entre eux ce sont grefe au projet de leur plein gres, au moment ou d'autres ont decide d'abondonner.
Je ne demandais a personne de risquer sa vie pour moi, d'autant plus que je savais le projet tres risque. Intercepter un navire de peche ou marchand qui passe a proximite ne mets personne en danger ;)
J'ai ete capitaine par defaut, et etant initiateur du projet. Mais a mon bord, un skipper et un autre experimente. Tous ensemble nous etions conscient des risques, pas moi pour eux mais tous ensemble.
Pour moi, il faut aussi mettre des limittes a ces conneries sur la responssabilite. Qu'un skipper pro face a ses clients le soit, ok. Pareil pour un guide haute montagne.
Mais si un compagnons de corde se ramasse et se tue, meme si il etait parfaitement conscient des risques et au niveau pour le surmonter, tu risques de te faire charger la tronche parce que parmis tous les membres presents se jour la tu es le seul a grimper dans du degres 7, tous les autres evoluent dans le 6. Tu es declare plus experimente, donc responssable. Pour moi, c'est de la flute.
Bonne soiree !
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Je parlai pas de responsabilité juridique mais de responsabilité morale.
Sinon sur la responsabilité juridique du plus expérimenté dans un groupe de copains. Ok avec toi
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Yo,
Je parlai pas de responsabilité juridique mais de responsabilité morale.
Sur la responsabilité morale, il y a deux choses (pour moi):
- La responsabilité face aux risques pris par les secouristes qui vont devoir risquer leur peau parce qu'on est parti à l'aventure en se croyant dans son salon, et là, perso, je te rejoins quand tu dis que risquer leur vie par excès de zèle est limite
- La responsabilité face aux personnes engagée dans l'aventure avec soi: là à partir du moment où on ne fait pas sa a titre pro, que le CdC est clair et qu'il s'agit d'adultes, alors chacun est grand et assume ces choix (je parle pas d'un accident, où, là, évidemment le problème est différent). Parce que sa va bien 5min les gens qui se pointent pour faire de la rando chargés comme des dromadaires, en croyant qu'il vont faire un pic nic dans le jardin...perso, s'ils doivent finir la montée en laissant les 2/3 de leur paquetage sur le bord, sa ne m'empêchera pas de pioncer. Edit: tout comme il est passé le temps où je chargeais x2 quand je partais en groupe pour pâlier aux avaries des autres. Déjà, pour la raison précédemment cité: les gens sont grands et doivent apprendre à l'être et secondo, parce que lorsqu'on commence à prendre pour les autres, alors ceux ci se reposent sans arret sur toi, et donc la aussi: non.
(désolé, je me suis reposé sur l'exemple de la rando, mais je suppose qu'on peu trouver des équivalences dans la navigation)
Tcho
Hugo
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@ Aleksi
En lisant ton récit, j'avais cru que c'était toi qui possédait la connaissance et qui donc "pilotait" l'équipage
Ce dont je suis parfaitement conscient, mais pas vraiment mon equipage, c'est que il nous faudra plus de 3 semaines pour rejoindre les cotes, ce n'est donc pas assez, mais je dis que la situation est excellente, l'affaire et dans la poche,
Après si chaque membre de l'équipage avait les compétences pour juger du risque de l'expédition, ils ont choisi en connaissance de cause.
Et je suis d'accord que la prise de danger est pas la même entre le déroutement d'un navire marchant et la sortie d'une vedette de la SNSM ou un hélico de la Marine Nationale.
@Hurgoz
Effectivement sur une sortie du forum avec un CDC clair, on est pas là pour poupouner.
J'ai emmené des amis en randonnée à cheval ou en raid en traineau. Ils avaient ni les connaissances ni l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient. J'avais une responsabilité morale vis à vis d'eux en choisissant un itinéraire, une météo, un équipage et en complétant en matos technique leur sac.
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[Petite disgression]
J'ai emmené des amis en randonnée à cheval ou en raid en traineau. Ils avaient ni les connaissances ni l'expérience pour juger des risques qu'ils prenaient. J'avais une responsabilité morale vis à vis d'eux en choisissant un itinéraire, une météo, un équipage et en complétant en matos technique leur sac.
Bref, tu étais le "leader"
Dès lors, tu avais même une responsabilité pénale et civile ... "par défaut" en tant qu'initiateur du projet (au moins en France ou en Belgique, (articles 1382 & 1383 du code civil : "celui qui par sa faute cause un dommage à autrui" )
Ou simplement en tant que "le plus compétent du groupe".
À toi la charge de la preuve d'avoir agi "en bon père de famille", ce qui n'est pas évident à démontrer dès lors justement qu'il y a eu un accident ... (Parce que si tu a as agi en bon père de famille (prévoyant, prudent etc), alors il n'y a pas "faute" en principe - mais il faut le démontrer ...)
Si un membre du groupe se retrouve, disons handicapé à vie, donc si des sommes très importantes sont en jeu, compte sur les assurances sociales et autres de la personne handicapée pour se retourner contre toi, systématiquement, avec toutes les ressources de leur service juridique : c'est leur job ...
Il y a toujours intérêt à avoir un assurance RC béton pour couvrir les activités "en groupe" ...
Sans que cela ne tourne à l'obsession ... Mais un coup de pointe de bâton dans l'œil du suivant ... c'est quand même vite arrivé.
Ne compte pas trop non plus sur l'assurance RC familiale, dès lors qu'il s'agit d'une activité "à risque", avec une assurance fédérale spécifique plus ou moins obligatoire.
Perso, l'assurance du CAB (Club Alpin Belge) couvre (largement) ma RC au cours de toutes mes activités rando, alpinisme ... sans restriction ni de territoire, ni d'altitude, ni d'enneigement ...
Des assurances semblables existent en France, je crois, mais peut-être moins "claires", plus arnaqueuses.
Et jamais elles ne protègent contre des poursuites au pénal ...
Et c'est une disposition de droit public, à laquelle personne ne peut se soustraire, même pas par une décharge signée avant le départ.
Bref, en groupe, faut pas faire le mariole ...
En solo non plus d'ailleurs ...
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Je sais.
Bon, c'était majoritairement dans les années 80/90.
Maintenant, même au sein d'une famille. La sécu et les mutuelles attaquent le père de famille si son enfant reste handicapé, pour pas payer les frais.
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Salut à tous.
Cela fait un moment que je souhaitais relater une autre mésaventure récente en mer, je profite d'avoir un peu de temps.
La dernière traversée effectuée entre Trinidad-Tobago, j'ai été embarqué avec ma copine en tant qu'équipier par un navigateur Brésilien de renommé. Ca a été 1 mois en mer très compliqué. Parce que le pilote auto nous a laché le deuxième jours, moment que le capitaine a choisi pour devenir mystérieusement aveugle, ou presque. En tout cas juste capable de me dire que faire, ne pouvant rien faire lui même (ou presque).
Je n'ai aucun soucis avec la gestion d'un voilier, mais ne suis pas méchano pour deux sous (un peu plus maintenant, du coups ::)). Hors, nous utilisions beaucoup le système voile-moteur par choix du capitaine, car vent et courants contraires (pas de débat sur ce sujet svp ;), je sais qu'en septembre en rasant la côte, ca passe mieux).
Le fait d'être sans arrêt solicité et d'avoir que très peu de sommeil, car toujours à la barre, qu'on se partage à deux avec une plus grande partie pour moi (ca, c'était mon choix), et reveillé sans pitié pendant mon temps de repos pour n'importe quel type de manoeuvre, même mineure, rendait déjà la situation un peu particulière, mais j'aime la mer et le bateau, et je sais ne pas créer de tensions, obtempérer sans boncher...
Beaucoup de violents coups de vents, de manoeuvres de voiles de nuits bien mouillé car petit voilier, très lourdement chargé de diesel.
Beaucoup de méchanique, par tout temps, car moteur en mauvais état. Pour le démarer, il falait régulièrement ouvrir entièrement les lourdes paroies qui isolaient le moteur, brancher une batterie et court-circuiter le solenoide.
Beaucoup de bricolage électrique pour garder les pompes en fonction, le bateau prenait l'eau par l'hélice.
Je zappe quelques détails et événements sans importances ici, mais le contexte est globalement posé. On dirait pas, mais tout cela sans arrêt à la gite en tappant bien la vague, les quarts généralement mouillé, etc, ca fatigue. Mais rien de spécial, le bateau, la vie quoi.
Au bout de trois semaines, aux environs de 17h, j'étais tranquilement à la barre à apprécier la grande étendue bleue, tout sourire, moteur éteint. Soudain une "odeur de court circuit" me sort de mes rêveries et 5 secondes après, je vois une fumée noire d'une épaisseur indescriptible, suivi de flammes gigantesques, sortir de la descente, en dessous des marches de la descente (en formica donc combustible) isolé avec une grosse épaisseure de mousse (combustible), se trouve le moteur (qui était éteint) et le circuit électronique du pilote.
Je hurle "au feu" et suis le seul sur le pont, donc à pouvoir agir de l'exterieur. Très rapidemment le capitaine se saisit des extincteurs, pendant que je me débat avec un noeud mal fait qui me fait perdre d'extrêments précieuses secondes.
Aucun des extincteurs ne fonctionnent, le feu grandit, au dessus se trouve le dog house qui commence à s'enflammer et si c'est le cas, le feu sera transmis immédiatemment à la GV, car bien bordée à l'intérieur. La seule chose que je peux faire, c'est balancer des sauts d'eau et hurler à ma copine de garder la tête, tout du moins le visage, sorti au hublot de la cabine.
Je balance le premier saut d'eau qui génère énormement de fumée et essai de faire comprendre sans succès au capitaine d'ouvrir l'écoutille du salon, mais pour cela on doit se synchroniser car elle est en mauvais etat. De l'exterieur, je dois marcher dessus et il doit dévisser de l'interieur. C'est la seule issue par laquelle ils peuvent évacuer sur le pont tous les deux. La coque est en acier, il suffira selon ma vision des choses à ce moment la, si besoin, de laisser bruler tout ce qui peut bruler en attendant dans l'eau, amarré au bateau, puis remonter à bord, le bateau flottant toujours, ensuite on fera avec gréement de fortune et compagnie. Seulement, avec le feu, la panique la différence de langage, impossible de me faire comprendre correctement, il est bloqué au sol en mode "agua ! agua ! agua !", ce que bien sur je n'est pas arreté de faire (j'essai de réfléchir en même temps que j'agis). La fumée ne se calme pas, j'ai au niveau de mes pieds le visage de ma copine qui sort pour essayer de respirer, mais elle commence à suffoquer, sans paniquer... Cette vision me glace le sang, et je ne peux rien faire d'autre que balancé des sauts d'eau. La situation ne s'améliore toujours pas, et nous avons beaucoup de diesel a bord. Ca peut devenir extrêment pire en quelques secondes. Je décide que si rien ne se passe aprés le quatrième saut d'eau, je sauve au moins la peau de ma copine : Je connais en fond de calle ou se trouve tout le système hydraulique de la barre, accessible par le cockpit, une faiblesse dans une paroie, constatée lors d'un des nombreux bricolage, qui communique avec la cabine ou elle est prisonière. je peux la sortir par là, mais le capitaine non, il est trop corpulent, je ne pourrais pas le sortir par la. Mais je ne vois pas d'autres solutions.
Finalement, miraculeusement, le quatrième saut d'eau stabilise la situation, et en continuant ainsi, nous maitrisons finalement la situation. Le capitaine est trés amoché, je suis également brulé à plusieurs endroits mais superficielement, ma copine est ok. La barre ne répond plus. Nous essayons de monter la barre de secours et après plusieurs heures de galère, on s'apercoit qu'elle n'est simplement pas adaptée. On bricole un gouvernail de fortune, avec le tengon et le plancher, mais il est tard, nous sommes fatigués, assoifés et affamés, et toutes les blessures accumulées font l'effet de brulure de cigarette avec le sel. Nous decidons d'aller nous reposer et passer une nuit à la dérive, le temps est clément.
Le lendemain je propose de tenter de réparer le système hydraulique. Assez facilement, nous identifions le problème, et isolons le pilote auto du reste du système hydraulique en coupant quelques connexions et bouchant avec du durepoxi (nécessaire car forte pression). Nous pouvons à nouveau diriger le bateau, mais il ne reste que très peu d'huile et persiste une fuite que nous n'arrivons pas à boucher parfaitement. Nous choisissons donc d'avancer principalement en réglant correctement les voiles. Après une heure et plusieurs marques de repèrages sur les écoutes, nous sommes au cap et ne touchons pas la barre pendant 2 jours et demi. Au milieux de la deuxième nuit, le vent forcit et plusieurs fois je réveil le capitaine pour lui dire qu'il faudrait réduire la GV. Il refuse. Nous perdons la GV, qui se déchire. Nous n'avons plus qu'un genois sur enrouleur et décidons de prendre le cap de la ville la plus proche, Fortalezza, que nous atteignons après 3 jours de gros vents, les deux premiers autour de 40 noeuds avec des grains et une mer très formée, au près. Nous arrivons à Fortalezza cependant sans incidents majeures, seulement à l'arrivée ou je propose de suivre un voilier de touriste pour rentrer au port car beaucoup de rocailles et épaves. Le capitaine refuse et me demande de continuer tout droit, il connait bien. Nous tappons une épave qui m'envoie tête la première dans la barre à roue, me déchausse une dent. Nous ne coulons pas et avec différentes manoeuvres de voiles, sortons de la. Je suis K.O au moment du mouillage, du sang pleins la bouche, mais bien arrivé.
Remarque générale tirée de mon expérience : Je retiens que dans ce genre de situation il faut se ménager et continuer à faire les choses calmement et dans les règles de l'art car généralement, on est déjà épuisé, mais à la dérive tout devient encore plus fatiguant et on a tendance à vouloir régler la situation le plus vite possible, donc on ne boit pas, on ne mange pas, on s'active. Faire les choses correctement est important car on avance généralement à tatons dans les solutions d'urgence, le premier essai est rarement le bon, et si tout est plus compliqué à défaire qu'à faire, pour ensuite tout refaire différement... bref, simple, propre et au maximum réversible.
J'ai dû également à un moment envisager la possibilité de laisser mourir une personne, pour pouvoir sauver une autre car c'était le mieux que je pouvais faire. Je crois l'avoir fait sans "ordre de préférence" malgrès les apparences, mais en fonction des possibilités.
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Tout d'abord, je suis heureux que tu ailles bien, et surtout que l'équipage ta copine et toi soyez tous vivants.
Malgré le très net intérêt de ce retex en matière de survie qui je l'espère servira à plus d'un ici, je ne peux m'empêcher de faire des remarques relatives au débat sur la sécurité et la question de la prévention.
A la lecture on a quand même la ferme impression que le capitaine de ce navire est un irresponsable: extincteurs et matériel incendie inefficient, pompes qui marchent à peine avec une voie d'eau par l'arbre d'hélice, machines défaillantes, succession de mauvaises décisions compromettant la sécurité de l'équipage si je m'en fie à ton récit, le tout accompagné d'une cécité inexpliquée n'aidant sûrement pas ses capacités de commandement.
Je pense qu'en terme de survie, on ne fait pas mieux que la prévention. Ici toutes les conditions étaient réunies pour un accident, et il y a eu effectivement accident qui aurait pu être encore bien plus grave avec mort d'homme.
Une question maintenant: quel type de navire étais-ce ? N'était-il pas au moins doté d'un système VHF marine classique, avec son cannel 16 et son appel de détresse ASN par simple bouton pression ( la sélection facile de l'onglet " feu " à bord ne prenant d'ailleurs pas plus de temps ). Il est évident que dans les premières minutes ta réaction était la seule possible pour essayer de circonscrire le feu et sortir de là les membres d'équipages pris au piège par l'incendie, mais je comprends moins l'attente d'une journée entière avec plusieurs membres d'équipage brûlés, le réflexe de penser immédiatement à la manière de faire un gréement de fortune et / ou dériver plutôt que transmettre un appel de détresse, etc...
Etiez-vous loin des côtes ? Loin de toute voie de navigation, et de la portée d'un autre navire pouvant vous porter assistance ?
Un incendie à bord est un élément de particulière gravité tu en conviendras, outre les membres d'équipage atteints dont le capitaine que tu décris comme amoché, ton récit rapporte des intoxications aux fumées, au moins celle de ta copine. Ce sont des situations graves d'ordinaire sur les accidents domestiques du fait des hautes teneurs en cyanure et des dégagements concentrés de CO issus des fumées ( et encore davantage sur un navire du fait des combustions de divers surfaces en particulier les peintures de coque et des revêtements qui dégagent des composés très toxiques ), même si on à l'impression de s'en être bien tiré, et une évaluation médicale est impérative, c'est un mal qui en plus du problème aigüe est très traitre, et silencieux.
Ce genre d'accident peut avoir de grosses répercussions différées de plusieurs heures voire de demi-journées, à base de détresse respiratoire ou d'aggravations diverses et brutales de l'état de santé d'évolution rapide.
J'imagine que vous aviez des moyens de communication, vu la description que tu nous donnes de la tenue du navire je ne me fais pas trop d'illusion sur un système inmarsat, mais au moins un système radio standard.
Je suis conditionné par un milieu opposé au tiens où la rigueur sur la sécurité est extrême et où on ne laisse pas l'opportunité au destin de nous jouer un revers fâcheux en étant les plus prévoyant possibles, mais même si ton approche de l'aventure te place dans un autre type de raisonnement, comme lors de notre précédente discussion je ne peux m'empêcher de penser que de tels risques auraient pu et auraient dû être minimisés avec des moyens simples, peu coûteux, et qui selon l'évolution de cet accident auraient pu sauver une ou plusieurs vies.
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Salut Fry ;)
Je pense comme toi que le capitaine est irrésponssable.
Pour cette nav', j'étais en fait juste à la recherche d'un lift pour rejoindre le continent. Quand j'ai eu l'opportunité j'ai inspecté le bateau à quai et me suis renseigné sur le capitaine auprès de connaissances. Les réponses étaient unanimes, du genre pas de soucis, c'est une pointure. J'avoue que j'étais plutot confiant et excité par cette nav' en dehors des grandes routes.
Le bateau n'était pas le sien, mais celui d'un ami à qui il rendait le service de le descendre de Miami à Recife (Bresil).
Le navire, en comparaison de tout le reste, était ridiculeusement sur-équipé en moyen de communication. VHF, un bipper qui donnait notre position quotidienne sur internet (désolé je ne connais pas bien ces joujou ni leurs noms), et système AIS.
Nous étions à environ 300 milles des côtes. Après l'incident, ma copine n'était pas amochée, moi seulement des brulûres légères (juste douloureux, lors des manoeuvres, rien de plus). Le seul vrai amoché était le capitaine, hors pour lui hors de question de 1- Dévier de la route 2- Appeler les secours. Sachant qu'il était pleinement conscient, je n'ai pas jugé nécessaire de prendre d'initiative à ce niveau, pour moi non plus il n'y avait pas encore de raison pour message de détresse.
Globalement, la situation n'était pas si mal, mais j'ai conscience que c'était trés limitte. Le feu, ca va très très très vite et dans un espace si réduit, la fumée devient instantanémentun problème. C'est très violent et on a peu de temps pour réagir.
Clairement, désormais il y a des points suplémentaires à vérifier lorsque je monte à bord pour de longues nav' sur une bateau qui n'est pas le miens. Pas forcément qui me feront refuser d'embarquer, mais au moins me permettra d'anticiper (encore plus) en cas de situation.
Le capitaine était très bon techniquement (son côté régate je suppose) mais tout le reste était trés punk. Souvent ca passe, parfois non. La loie de l'emmerdement maximal fait le reste.
Bonne soirée !
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Au delà des risques d'intoxication et de brulures, le feu est une des rares avaries qui puisse faire couler rapidement un voilier en bois ou en plastique, et une explosion due à un incendie peut couler tout type de voilier. C'est donc un point à surveiller de près. Avant l'embarquement, mais surtout au quotidien. Les fusibles doivent être vérifiés (le danger ce sont des fusibles inadéquats ou court-circuités), et un circuit électrique suspect, qui chauffe ou qui a des faux contacts ou un aspect anormal, doit être réparé, remplacé ou débranché sans délai.
A noter qu'un voilier peut très bien naviguer sans électricité du tout, surtout au large.
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Pour continuer sur les causes les plus fréquentes d'incendie à bord des voiliers :
- Le gaz. Comme pour l'électricité, le circuit et le matériel utilisant du gaz doivent être surveillés de près. Au moindre soupçon, réparation ou désactivation. C'est plus difficile de vivre sans réchaud que sans électricité, mais c'est préférable que de risquer l'explosion ou l'incendie. Le butane est plus lourd que l'air et peut s'accumuler dans les fonds, même en cas de fuite minuscule et intermittente, ensuite il suffit d'une étincelle et BOOM.
- L'essence. Carburant du moteur auxiliaire (hors-bord du bateau ou de l'annexe, plus rarement utilisé pour un moteur in-board). Les vapeurs d'essence sont aussi explosives que le gaz, mais elles ne vont pas stagner durablement dans les fonds et il suffit d'une bonne aération pour les dissiper.
- Les feux de cuisine. Comme à la maison, éviter les fritures incontrôlées, en tenant compte du danger supplémentaire de débordement ou renversement du aux mouvements du bateau.
- Le gas-oil ou le pétrole utilisés pour le moteur auxiliaire, la lampe à pétrole du carré, le chauffage, la cuisinière. sont beaucoup moins inflammables, mais à surveiller quand même.
- Fumer au lit, à éviter surtout avec des sac de couchage ou des couvertures en synthétiques. (la laine n'est plus guère utilisée au large, et la plume très rarement)
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Merci Aleksi pour cet édifiant retex...quand rien ne fonctionne, les emm*rdes volent en escadrilles.
Je me dis aussi, encore plus compte tenu de la région, que le bateau n'était peut être pas totalement clean, d'où le refus de demander de l'aide.
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Demander de l'aide quand on est à 300 milles des côtes, on le fait pas à la légère. Cela met en jeu de gros moyens, avec des délais importants et des résultats aléatoires. Cela implique presque certainement l'abandon du bateau. Ça va couter très cher à un peu tout le monde pour une amélioration parfois douteuse de la situation. Donc, sauf risque vital avéré, on évite. Le mieux, en cas de blessure ou de maladie graves est sans doute de se faire conseiller par radio ou téléphone satellite, ce qui implique d'avoir un peu de matériel médical à bord pour effectuer les soins prescrits. Et si on craint que la situation ne s'améliore pas, faire route sur le port bien équipé médicalement le plus proche. Ce ne serai de toutes façons pas plus rapide de faire faire un aller-retour à un patrouilleur d'un pays riverain, et aussi efficace que d'embarquer à bord d'un chalutier local qui aurai accepté de se dérouter.
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Le mieux, en cas de blessure ou de maladie graves est sans doute de se faire conseiller par radio ou téléphone satellite
Tout à fait... et pour ce faire, il faut donc être capable de contacter les dits centres. Un CROSS (http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_r%C3%A9gional_op%C3%A9rationnel_de_surveillance_et_de_sauvetage) ( ou MRCC en anglais ), ou à défaut par voie satellitaire directe ( téléphone satellite / inamarsat ) le CCMM (http://www.chu-toulouse.fr/-centre-de-consultation-medicale-) de Toulouse, francophone, où des médecins dédiés à cette activité répondent 24/24h ( c'est le même principe qu'un centre 15 classique ).
Il est plus sage de leur laisser juger du besoin ou pas d'utiliser l'un des moyens disponibles ( simple conseil médical, détournement d'un navire voisin, envoi d'un vecteur SAR ).
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Salut !
J'oubliais ! Nous avions un telephone satellitaire egalement... Pour tenir au courant le proprio, regulierement ::).
Francois, naviguer sans electricite est habituellement plutot mon style effectivement. Je crois que la cause de l'incendie et un court circuit dans le pilote auto. Pour moi egalement, barre hydrolique = jamais sur mon bateau quand j'en aurais un (autre ;D).
Desole pour les accents, desormais en Bolivie les claviers ne m'aident pas.
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Bah, même si c'est utile de savoir s'en passer, la solution ce n'est pas de supprimer tout ce qui peut poser problème. Sinon, pourquoi ne pas supprimer les drisses et les écoutes* ? Il faut y faire des nœuds ou des épissures à chaque bout, c'est fatiguant, et en plus tôt ou tard ça va casser si on ne les surveille pas. :)
Non, je crois qu'il faut mettre en balance l'utilité d'un système et les contraintes que cela apporte. Pilote électrique (ou hydraulique), régulateur d'allure, les deux, ou rien de tout ça ? Chaque solution a ses avantages et ses inconvénients, mais pour profiter des avantages il faut assumer les contraintes associées.
* EDIT : je réalise qu'il n'y pas que des spécialistes qui lisent, alors j'ajoute que les drisses et les écoutes sont des cordages qui tiennent les voiles, et que sur un voilier on considère que c'est plutôt utile, d'où -> gag :) (autodérision inside)
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Bruit total assumé :
J'avais pas envie de juste cliquer sur merci sur chacun des posts qui précédent, alors je l'écris. Merci. Super discussion, même pour un néophyte complet en la matière.
:)
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Yo,
Aleksi, j'aime bien tes récit, mais t'arrive-t-il des fois de faire un voyage sur mer sans passer à deux doigts de l'étape Robinson? :lol: ;#
Plus sérieusement, tu dis avoir passer quelques jours avec des brûlures superficielles. Y avait il à bord quelques moyens médicaux?
Après, j'émet de gros doutes quand à la réutilisation de la coque en métal après un incendie: dans le cas où elle s'en serait sortie indemne, il y a fort à parier qu'avec la chaleur la peinture et l'imperméabilisation auraient bien morflé. Y avait il à bord des canots de sauvetage?
En tout cas, merci pour le retex.
Tcho
Hugo
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Salut Hugo,
Clair que les deux dernieres grandes virees ont ete chaudes :). A bord non, rien pour les premiers secours quand j'y repense. Pour me soigner et soigner le capitaine, j'ai du tapper dans mon propre kit (basique mais assez complet). Le fait d'en parler et d'ecrire me fais realiser bien des choses dis donc...
Encore une fois, j'aurai desormais l'oeil plus aiguise sur certains details. De maniere generale, mes verifications anterieures se limitaient au greement, la coque, le pont et le capitaine si possible.
A bord oui, 1 canot de sauvetage en parfait etat, qui n'a pas ete amoche par les flammes.
A plus !
A plus !
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Les mésaventures d'Aleksi et les messages qui ont suivi, m'ont indirectement inspiré ce petit résumé sur les appels de détresse et les secours en haute mer, appliqué au cas d'un petit navire :
Suivant la distance de la côte et la région du monde, l'alerte peut être donnée par téléphone mobile (GSM et autres), radio courte distance (VHF), radio moyenne distance (MF), radio longue distance (HF) ou satellite. Certains de ces matériels sont plus efficaces car ils s’intègrent au Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer.
Les océans sont divisés en zones SAR réparties entre les pays riverains responsables de l'organisation et la coordination des secours.
Selon les conditions météo, la distance et l'équipement des centres de secours les plus proches, les secours interviendront avec un canot léger, un canot de sauvetage, un hélicoptère, un patrouilleur côtier, une frégate ou autre navire de haute mer, ou un navire de pêche ou commercial ou de plaisance déjà présent à proximité. Ou une combinaison de ces moyens.
Des conventions internationales régissent et organisent la sécurité en mer, y compris dans les eaux internationales qui sont soumises à très peu d'autres règles.
Depuis 1912, à la suite de l'émotion causée par le naufrage du Titanic et les insuffisances qu'il avait mis en évidence, les conventions internationales SOLAS (http://fr.wikipedia.org/wiki/SOLAS) (Savety Of Life At Sea) successives ont peu à peu organisé la sécurité en mer.
Le volet secours en mer est intégré à la convention internationale SAR (http://"http://fr.wikipedia.org/wiki/Recherche_et_sauvetage#Domaine_maritime") (Search And Rescue) de 1985, qui concerne aussi les secours aériens et terrestres.
Plus précisément, depuis 1999 les appels de détresse (émission, veille et réception, transmission) et la coordination des secours en mer sont organisés au niveau mondial par le SMDSM (http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_mondial_de_d%C3%A9tresse_et_de_s%C3%A9curit%C3%A9_en_mer) (Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer)
Le principe général est qu'un appel de détresse est reçu par - ou relayé vers - une station terrestre du réseau SMDSM, qui le transmet au centre de coordination chargé de la zone SAR où se situe le navire en détresse, qui organise les secours en faisant éventuellement appel aux navires présents sur zone.
Cela n'interdit pas aux navires qui entendent l'appel de détresse d'agir en anticipant les instructions du centre de coordination. Au contraire, porter secours à un navire, ou un avion, en détresse est obligatoire (et en principe gratuit quand il s'agit de sauver des vies), sauf si on est certain que quelqu'un d'autre le fait et sauf dans le cas où on se mettrai ainsi soi même en danger. Mais le centre de coordination doit être informé des actions entreprises, et peut juger préférable de mettre en œuvre d'autres moyens.
Les grands navires et les navires commerciaux sont soumis aux conventions SOLAS et donc astreints à pouvoir envoyer et recevoir des messages de détresse, et des instructions de sauvetage, par différents moyens performants et normalisés (au moins deux indépendants)
Ce n'est pas le cas des petits navires de plaisance et de pêche. Ce serai d'ailleurs peu réaliste tant techniquement qu'économiquement. Néanmoins ces petits navires s’insèrent en cas de besoin dans le dispositif SMDSM.
Chronologiquement on a :
1° Appels de détresse
Avec, classés par ordre de portée croissante, les moyens de communication suivants :
- Téléphone portable terrestre (GSM en Europe).
Portée : 15 à 20 km d'une zone côtière ou insulaire habitée. Les services de secours ne disposent pas des moyens nécessaires pour les localiser, ni pour se guider dessus, contrairement aux VHF. Leur usage est en principe limité à signaler une détresse, vue de terre (puisque l'usage d'une VHF est interdit à terre).
En France, téléphoner au 196 met en relation avec un CROSS (http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_r%C3%A9gional_op%C3%A9rationnel_de_surveillance_et_de_sauvetage) (Centre régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage), sinon le 112 est le numéro d'urgence en Europe et un peu partout dans le monde là où le protocole GSM est utilisé.
- VHF portable basique, en phonie sur le canal 16.
Portée : environ 5 milles de bateau à bateau, parfois plus avec une station terrestre. Dans le système SMDSM, l'usage des VHF portables est limité au contact avec les secours quand ils sont arrivés sur place, mais rien n'empêche de tenter de faire entendre un appel de détresse par ce moyen. En phonie, la procédure complète comprend d'abord un message d'alerte MAYDAY MADAY MADAY (à prononcer comme «m'aider» en français); ICI le nom du navire (3 fois) et l'indicatif de l'émetteur; en principe on attend un peu et on répète ce message d'alerte; puis suit le message de détresse proprement dit : à nouveau MADAY (une fois) ICI (ou FROM) « nom », « indicatif », la position géographique, la nature de la détresse, la nature de l'aide demandée, etc.
On répète la procédure, jusqu'à obtenir une réponse, en faisant entre chaque appel une pause suffisante pour permettre à quelqu'un de répondre. Les navires qui seraient en veille sur le canal 16 et qui entendent les messages d'alerte puis de détresse laissent libre le canal 16 en attendant (5 minutes en principe) qu'une station côtière réponde. Passé ce délai, qui par ailleurs laisse le temps de comprendre et d'analyser la situation, un navire peut tenter de relayer le message à une station côtière, ou intervenir, ou souvent faire les deux à la fois.
A noter qu'en France, depuis quelques années, la possession et l'usage d'une VHF portable de faible puissance ne sont plus soumis à taxes spéciales, certificat, examen ni permis d'aucune sorte. Seulement à une déclaration.
A noter également que, toujours en France, l'usage de la VHF est interdit à terre, tout comme l'usage de la CB est interdit en mer.
- VHF fixe, avec ASN (Appel Sélectif Numérique) sur le canal 70 pour les appels de détresse.
Exemple : VHF fixe ASN (site commercial) (http://www.accastillage-diffusion.com/conseils/Quelle-VHF-choisir,282753,fr.html)
Plus puissantes que les VHF portables, et avec une antenne en tête de mat, leur portée est de 15 à 20 milles de bateau à bateau, et jusqu'à 40 milles entre bateau et station côtière. Au large, l'utilité des VHF est limitée. Il n'y a pas forcément d'autres navires à portée. Et même prés des côtes, les stations veillant efficacement la VHF sont rares à travers le monde. Si les côtes d'Europe de l'Ouest (hors Portugal) sont bien couvertes, ce n'est pas le cas partout, comme on le voit sur la carte (zone A1)
(http://gmdss.free.fr/zones/planizone_1000x697.jpg)
carte de l'excellent site http://gmdss.free.fr/index.html (http://gmdss.free.fr/index.html)
L'appui sur le bouton « détresse » d'une VHF équipée ASN SMDSM déclenche l'émission d'un message de détresse numérique comportant l'identité de l'émetteur et si possible sa position et la nature de la détresse. L'appel est automatiquement ré-émis jusqu'à que quelqu'un le capte et accuse réception (seuls peuvent recevoir cet appel les stations et les navires équipés eux aussi de VHF ASN). Suit normalement un dialogue en phonie sur le canal 16. On est dès lors dans le circuit normalisé de communication, coordination, et exécution des opérations de recherche et sauvetage.
Ce type d'appareil faisant partie du SMDSM, chaque navire soumis à la convention SOLAS doit en avoir un en veille, paré à émettre ou capter un appel de détresse. La tendance réglementaire est de vouloir les rendre également obligatoires à bord des navires professionnels trop petits pour être soumis à la convention SOLAS, le but étant à la fois d’améliorer la sécurité de ces navires, et de densifier la veille VHF ASN (donc veille assistée électroniquement) dans les zones côtières.
- Radios MF et HF
D'une portée de 200 à 400 milles pour la MF et monde entier pour la HF. Il est de plus en plus rare d'en trouver à bord de voiliers ou de petits bateaux à moteur, car elles imposent des antennes démesurées et sont très gourmandes en énergie (comparées aux téléphones satellites). On en trouve quand même sur certains voiliers de grande croisière, où le pataras est modifié pour servir d'antenne. A la base, elles permettent des communications gratuites entre navires, la réception d'infos météo, l'échange d'email, etc. Elles peuvent être équipées de l'ASN, et dans ce cas peuvent fonctionner de la même manière que les VHF ASN, avec une portée très supérieure.
- Téléphones satellites non-SMDSM
Les téléphones satellites Iridium, Thuraya, Globalstar, Inmarsat Mini-M, etc .. ne sont pas dotés de fonctions d'alerte SMDSM, leur couverture est variable, la disponibilité du réseau n'est pas garantie et les appels de détresse n'y sont pas prioritaires. Ils peuvent néanmoins être utilisés pour essayer de contacter un centre de secours. Soit le centre de secours chargé de la zone où on se trouve, soit un centre secours parlant une langue plus familière. Par exemple, pour les français cela pourra être le Centre de consultation médicale maritime de Toulouse pour une urgence médicale, ou le CROSS Gris-Nez pour une détresse maritime. Ce centre est chargé de la coordination avec les équivalents étrangers des CROSS dans le monde entier, hors Méditerranée pour lequel c'est le CROSSMED qui en est chargé.
- Les balises de localisation et de tracking par satellite ne sont pas des balises de détresse. Quand elles possèdent une fonction d'alerte, la transmission et la réaction à cette alerte dépend de la disponibilité du réseau satellite qu'elles utilisent et de la compétence du service ou de la personne qui reçoit cette alerte.
- Téléphones satellites compatibles SMDSM
Bien que cela ne soit plus sa spécificité, Inmarsat (http://fr.wikipedia.org/wiki/Inmarsat), commercialise encore quelques systèmes de transmission voix/données par satellite compatibles avec le SMDSM :
Le standard B, énorme radôme, grosse puissance, il n'est pas adapté aux petits navires.
Le système Fleet 77, plus petit que le précédent, il est quand même un peu gros pour les voiliers de moins de 20 m ou les petits bateaux à moteur.
Le standard C est une sorte de modem fax/email/sms à 600 bit/s, sans capacité téléphonique; ses atouts sont sa simplicité et sa légèreté (comparée aux systèmes précédents), il peut lancer un appel de détresse prioritaire et assurer le dialogue avec les sauveteurs.
La couverture Inmarsat ne comprend pas les zones polaires.
- Balises de détresse Cospas-Sarsat (Kannad, Mcmudo, ACR, etc)
Balises personnelles (PLB) ou bien associées au navire.
Elles envoient un appel de détresse compatible SMDSM sur 406 Mhz à destination des satellites Cospas-Sarsat et bientôt peut être Galileo, qui localisent au besoin la balise par effet Doppler et transmettent l'info aux centres de secours.
Elles émettent également à faible puissance sur 121.5 Mhz, uniquement pour le radio guidage de proximité.
Elle fonctionnent dans le monde entier.
Lien intéressant : http://www.capbreizh.com/tutoriaux/balises/balises.htm (http://www.capbreizh.com/tutoriaux/balises/balises.htm)
Quelques centaines de grammes, quelques centaines d'euros, fiables et efficaces, elles ont beaucoup d'avantages. On peut leur reprocher leur spécialisation et leur capacité de communication très limitée dans le sens victimes->sauveteurs et nulle dans le sens sauveteurs-> victimes.
2° Organisation des secours
Les mers et océans sont divisées en zones SAR où un pays a la responsabilité de l'organisation et de la coordination des secours. C'est à son centre de coordination (RCC) qu'aboutit finalement en principe l'appel de détresse. Ce centre organise les secours, mettant en œuvre ses moyens de secours, les navires présents à proximité du sinistre, ou les moyens de secours d'un autre état s'ils sont plus adaptés.
Il peut arriver qu'un centre de coordination délègue sa responsabilité à un autre centre (par exemple quand, en eaux internationales, naufragés et sauveteurs sont d'une même nationalité, autre que celle du centre responsable de la zone où ils sont)
Zones SAR de l'Atlantique :
(http://fbouf.fr/photos/French_Search_and_Rescue_Area_600x813.gif)
On y voit que ce zonage ne dépend ni des eaux territoriales, ni des zones économiques exclusives (zone des 200 milles).
3° Déroulement du sauvetage
Selon la distance à la côte, les conditions météo, la nature et la gravité de la détresse, peuvent être impliqués :
- Dans la bande côtière, de quelques centaines de mètres à quelques milles de la côte.
Les embarcations légères des pompiers, gendarmes, organisations de sauvetage - A moins de quelques dizaines de milles de la côte.
Les canots de sauvetages des gardes-côtes ou des sociétés de sauvetage (SNSM en France), les vedettes rapides des polices ou des marines locales - A moins de 100 à 200 milles de leur base, selon le type d'appareil.
edit : de leur base (qui peut être un navire) ou d'un endroit où ils peuvent refaire le plein.
Les hélicoptères équipés SAR - Dans leur zone de patrouille (en général moins de 200 milles des côtes)
Les patrouilleurs côtiers - Au large et dans toutes les zones précédentes.
Les navires militaires, navires-hôpitaux*, de plaisance, de compétition, de pêche, de transport de personnes ou de marchandises les plus proches. Ces navires peuvent avoir entendu l'appel de détresse et s'être signalés au RCC. Ou, s'il sont soumis à la convention SOLAS, et leur position étant donc connue, avoir été sollicités par le RCC.
Abréviations
ASN : Appel Sélectif Numérique. Système utilisant un code de dix éléments avec une détection d’erreurs. Anglais : DSC - Digital Selective Calling
COSPAS-SARSAT : Cosmicheskaya Sistyema Poiska Avariynich Sudow – Search and Rescue Satellite-Aided Tracking. Système mondial d’alerte et de localisation de sinistre par balise de détresse, dérivé du système ARGOS, et combinant les systèmes russe (COSPAS) et franco-américano-canadien (SARSAT)
CROSS : Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage en mer
GSM : Global System for Mobile Communications. Norme européenne de téléphone numérique terrestre.
HF : high Frequency. Radio haute fréquence. Portée mondiale, mais propagation capricieuse.
Inmarsat : INternational MARitime SATellite organization. Organisation mondiale de téléphonie par satellite, privatisée en 1999.
MF : Medium Frequency. Radio moyenne fréquence. Portée de quelques centaines de milles.
OMI : Organisation Maritime Internationale. Anglais : IMO
PLB : Personal Locator Beacon. Balise de localisation personnelle du système COSPAS-SARSAT. Portables elles sont déclenchées manuellement ou automatiquement.
RCC : Rescue Coordination Centre. Centre de coordination pour les opérations de sauvetage. En France, pour les sauvetages maritimes, ce sont les CROSS
SAR : Search And Rescue. Recherche et sauvetage.
SMDSM : Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer. Anglais : GMDSS - Global Maritime Distress and Safety System
SNSM Société Nationale de Sauvetage en Mer.
SOLAS : Safety Of Life At Sea. Convention internationale pour la sauvegarde de la vie humaine en mer et du milieu marin.
VHF : Very high Frequency. Radio très haute fréquence. Portée optique.
J'ai essayé de faire simple. Pas absolument certain d'y avoir réussi :)
Pour aller plus loin, en français, les ouvrages SHOM :
Guide du Navigateur – Volume 3 Réglementation nautique (300 pages – 21.52 euros) – chapitres 5 et 6,
et
Radiocommunications maritimes – Volume 92.4 Système Mondial de Détresse et de Sécurité en Mer (330 pages – 73.55 euros).
Edit :
* ajouté les navires-hôpitaux. Je les avais oubliés, ni les français, ni les britanniques n'en possédant. Militaires ou civils, publics ou privés, ils sont employés pour les armées en opérations extérieures, à l'assistance des flottilles de pêche, au secours en cas de catastrophe naturelle à proximité des côtes (75% de la population mondiale est à portée des hélico et canots d'un navire-hôpital), et aux secours des détresses maritimes diverses.
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Je suis tombé par hasard sur cet article, qui fait le lien avec un peu d'humour entre vie en mer, autonomie, preper, survivalisme, vie en conditions dégradées :
Survivalist , Preper - Trawler long-cours (http://www.long-cours62.com/2014/03/survivalist-preper-les-marins-plaisanciers-ou-non-sont-ils-des-survivalistes-qui-s-ignorent-apres-etre-tombe-un-peu-par-hasard-sur.h)
Il y a assurément des techniques communes entre vie en mer et survie à terre :)