Vie Sauvage et Survie

Équipement et matériel => Outils coupants => Discussion démarrée par: Kilbith le 01 mai 2008 à 23:21:51

Titre: Plazen : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 01 mai 2008 à 23:21:51
Le trip dans le Vercors et quelques échanges avec Anke, m'ont donné l'idée de vous faire partager cette petite expérience. Qui permettra, à minima, de se livrer à une petite séance de "knife porn".   :]]

Salut,

C'est rare que je poste dans cette section du forum. Mais j'ai pensé que certain pourraient être intéressé pour suivre le déroulement d'une acquisition coutelière chez un artisan.

Etape 1. Comment l'intérêt s'éveille, les motivations :

Je ne suis plus un lecteur assidu de la presse consacrée aux couteaux depuis une vingtaine d'année. Il m'arrive de fréquenter les forums de coutellerie mais c'est rare. Je ne suis inscrit que chez "Nouveauzen".
C'est donc par hasard, sur un marché de la région (Saint Girons dans le Couseran), que j'ai rencontré un bonhomme qui exposait des couteaux sur une petite table en face d'un marchand de sac en cuir et dans l'allée ou se vendait du miel et autres victuailles.

J'ai été spontanément attiré  par ses couteaux : simples, élégants, un poil rustique. Il était en train d'expliquer à un prospect ce que représentait ses couteaux. Des termes simples, mais en même temps de précisions techniques pointues sur le type d'acier et les traitements thermiques. J'ai été intrigué : quelqu'un qui fait des beaux couteaux, et qui sait pourquoi il les fait comme cela : ce n'est pas courant me semble-t-il !

Comme il m'arrive de me résoudre, parfois, à vaincre ma timidité dans le but d'échanger quelques paroles, je me suis approché et s'en est suivie une discussion relative à sa production mais aussi relative aux aciers et aux traitements. J'ai été enthousiasmé.

Malgré cela je n'ai pas acheté de couteaux pour trois raisons :
1. J'achète rarement sur un coup de cœur. J'aime prendre le temps de la réflexion. Enfin, j'aime le croire!
2. Les couteaux avaient tous des étuis de droitier. Si vous êtes droitier imaginez une échoppe qui ne vendrait que des outils destinés aux gauchers.....ce  ne serait pas très séduisant.
3. Les couteaux étaient clairement destinés à seulement couper, dans l'esprit des scandinaves. La dureté annoncée était au-dessus de 60HRc.

A ce moment là, il y a trois ans, je recherchais plutôt un couteau "outil super solide" ce qui m'a amené à commander un couteau en acier A2, dérivé du design "carcajou", auprès de notre Grinch. Je dirais, simplement et pudiquement, que je suis "rassasié" de ce coté là.  :closedeyes:

Donc pas d'achat ni de commande, en revanche j'ai mis cette "ressource" dans ma tête. On ne tombe pas souvent sur une bonne opportunité, autant ne pas la laisser passer. C'est un peu comme à l'université, peu importe la matière enseignée, ce qui compte au final c'est le prof. Même si, à ce moment précis, mes besoins (largement phantasmés)  ne concordaient pas à cette production particulière, c'était trop tentant.


Etape 2 : vers la mise au point du cahier des charges.

Ce n'est que récemment que j'ai recontacté ce coutelier afin de mener à bien un projet de couteau d'une douzaine de CM de lame. Il était hors de question de l'inviter à sortir de son "style" tellement celui-ci lui est particulier.
Disons que je lui ai indiqué que je cherchais un couteau solide d'une douzaine de centimètre de long pour lequel l'esthétique viendrait au second plan. Plus précisément l'esthétique serait le fruit de la fonction et non l'inverse.
En fonction de ces specs, l'artisan m'a fait parvenir quelques photos, afin de déterminer la forme du manche. Les trois photos ci-dessus permettent de mieux comprendre, je pense, pourquoi les réalisations coutelières de cet artisan, avait suscité de ma  part quelques intérêts.  8)



Proposition 1 : ( de mémoire : lame wootz au creuset Achim Wirtz, si ce n'est pas lui j'ai manipulé son frère)

(http://img371.imageshack.us/img371/746/plazen12ih5.jpg)


Proposition 2 : (de mémoire,  lame sandwich XC130 fdT ou équivalant japonais/fer ancien)

(http://img371.imageshack.us/img371/8321/plazen1aep0.jpg)


Proposition 3 : (de mémoire,  lame sandwich XC130 fdT ou équivalent japonais/fer moderne plus homogène)

(http://img229.imageshack.us/img229/5746/plazen13hv7.jpg)




Le choix a été difficile, c'est la raison pour laquelle j'ai pris la peine de demander l'avis de quelques amis...puis j'ai recontacté le coutelier pour en discuter.


Trois propositions, trois formes, il a fallut trancher.

La suite à venir....
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 01 mai 2008 à 23:26:59
vu le poinçon du 2 le coutellier c'est Eric Plazen tu seras pas déçu...



Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: davless le 02 mai 2008 à 01:06:22
Ca c'est du Plazen c'est sur , un excellent coutelier forgeron dont la réputation n'est plus à faire , ses tranchant sont à frémir  :o Y a plus qu'à choisir ... pas facile  ;)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: kodiak le 02 mai 2008 à 03:36:24
Nous avions déjà abordés , à ton  initiative il me semble d'ailleurs, la production du sieur Plazen,
Sa production est superbe  :doubleup:, les lignes sobres me plaisent énormément;

Si je peux émettre un avis, j'hésiterai ente le n°1 et n°3; le n°3 ayant toutefois ma préférence, en raison justement du manche, la prise en main me semble meilleure.
J'apprécie cette forme de manche, légérement bonbée vers le centre et évasée vers l'extrémité, généralement cela assure un meilleur contôle de la coupe et un meilleure confort de la prise.
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 08:35:41
Bonjour,  :)

Si vous le voulez bien je vais continuer de décrire la démarche, tout en précisant préalablement quelques points.

En effet, Berhthramm a parfaitement identifié l'artisan, auquel j'ai demandé l'autorisation de publication des photos avant de réaliser ce post (plus petit discussion de principe avec DM). Remarquez qu'il suffisait de regarder les propriétés des images pour identifier le coutelier. Ce n'est pas, non plus, un secret défense.
 
Mais, en ces temps de purge, il faut savoir se garder des attentions délicates (quoique  controversées par certains pensionnaires invités de la Loubianka, mais seulement jusqu'au commencement de leur première séance initiatique et introductive de TLP : Thérapie Libératoire par la Parole) à l'imitation du regretté, aimable et attentionné camarade Beria ; c'est la raison pour laquelle je souhaiterais me focaliser sur le processus de décision, plutôt que sur l'artisan, afin d'éviter le bruit excessif et pire le buzz.  ;D

Les photos qui m'ont été fournies par le coutelier avaient pour objet de faciliter exclusivement le choix du type de manche. Donc il s'agit de choisir la taille, la forme et le matériau.

Lorsqu'on s'adresse à un artisan installé c'est un peu comme l'on s'adresse à un architecte avec en tête un projet de maison.
En théorie on est le maitre d'ouvrage  à l'initiative du projet  et qui définit les spécifications en plus d'apporter les fonds. Le coutelier est  maitre d'œuvre, il fournit une expertise technique et réalise le projet. En pratique, on identifie l'architecte en fonction de ses réalisations antérieures et il s'établit un dialogue entre deux partenaires. Cela veut dire qu'il était hors de question de demander à cet artisan de réaliser un couteau en RWL34 avec un manche en lapis-lazuli ornementé de quelques gravures à l'eau forte le tout dans un étui tactique kydex. La demande aurait été déplacé, un peu comme si on demandait au jeu des milles euros, à un dirigeant chinois de nommer la capitale du Tibet dont le nom commence par L et finit par A .


Un couteau s'inscrivant dans un ensemble "bushcraft vie sauvage" :

Techniquement le couteau ne pouvait être réalisé que sous la forme  et avec les techniques d'un couteau d'inspiration scandinave et japonaise. Dans le cas contraire, il fallait m'adresser à quelqu'un d'autre ou me mettre à la forge ou au Backstand.  :o

Conclusion:
Un manche en bois traité à l'huile de lin, une soie et une lame sandwich d'acier carbone très carboné et de fer. La dureté finale sera importante >60HRc. . Le couteau sera, de ce fait, plus coupant que résilient. C'est un choix qu'il faut assumer. Mais tant qu'à faire ce choix (pouvoir de coupe maximal) ; autant s'adresser au Bon Dieu (Plazen) qu'à ses saints.
Ma demande n'a de sens que dans la mesure ou je possède une hache Roselli qui se chargera du travail de frappe.
Dans le cas de la perte de l'un des items, la forme particulière de la hache Roselli peut servir d'ULU, à l'inverse j'ai demandé une lame sandwich relativement importante afin de maximiser la solidité du design habituel de Plazen. 
 
Il s'agit pour moi  d'élaborer un ensemble apte au bushcraft : Hachette Roselli + couteau Plazen complété d'un SAK


Pour la matière du manche :
1. j'ai donné au coutelier la taille de ma main (9) et précisé que j'étais gaucher.
2. j'ai précisé que je cherchais avant tout quelque chose de solide. Compte tenu de ses habitudes de travail on s'est orienté vers du buis qui est une essence d'arbre très dure.
3. Le buis devait être plus solide qu'esthétique. Donc il fallait le prendre dans le fil, avec un grain compact et éviter les nœuds et encore plus les bois "ondés". Certes c'est beau mais c'est moins solide.
4. Le buis sera traité à l'huile de lin mais plus longtemps que les couteaux habituels.

Remarquez que j'essaye de m'appuyer sur l'expérience du l'artisan plutôt que d'essayer de le détourner de ses habitudes.
Mon objectif est d'utiliser au mieux ses "savoirs faire" et non de faire les frais d'une expérimentation hasardeuse. D'où l'importance du choix initial de l'artisan. Le produit final doit être "gagnant gagnant". Compte tenu des facteurs de motivation prépondérant chez "ceux qui ont le choix", le contenu du travail à effectuer est un facteur positif de motivation. Or la performance chez l'artisan c'est compétence x motivation.
Plazen monte parfois les lames "à la japonaise", montage demi plate semelle rivetée en travers. Je préfère un montage soie intégrale progressive forgée (pas d'angles à la jointure de la lame que des rondeurs) matée à froid avec virole frappée noyé dans l'araldite ajustage parfait : le manche est plus agréable en main, très solide, et surtout il est moins susceptible de recueillir des souillures.
En revanche, comme il est lisse on perd un repère tactile permettant, les yeux fermés, de savoir si la lame est saisie de la bonne façon.

Pour la forme du manche  :

1. Le couteau 1 (superbe et une lame réellement extraordinaire) possède un manche de forme typiquement scandinave. Il n'a pas de garde et il est relativement lisse. Certes, on peut mettre l'arrière du manche dans la paume afin de se servir de pouvoir "pousser"....mais ce n'est pas dans mes habitudes. Dommage.

2.Le couteau 2. Le bois ondé est plus beau que le bois compact, mais moins solide. De plus le manche est vraiment court.  C'est presque un "coup de poing Mongin". Or je souhaite une lame relativement longue cela ne sera pas très beau. De plus la forme du pommeau ne vient pas naturellement se loger dans ma paume comme pour le couteau 1. Pas pour moi.

3. Le couteau 3.
Cette forme, typique de l'artisan, revêtait à mes yeux plusieurs avantages :
- La forme finale du pommeau facilite l'extraction du couteau des gaines nordiques profondes. Pas évident avec les pommeaux ronds de 1 et 2.
- La forme galbée assure une prise en main ferme
- Le creux important à l'arrière permet une conduite du couteau par "le petit doigt" plutôt que par l'index. C'est mon habitude.
- En cas de coup d'estoc, la forme est "autoserrante". Moins bien qu'un quillon de garde, mais suffisant pour un couteau non destiné à "servir".

J'ai donc choisi la forme de manche semblable au couteau 3, peut être en communion de pensée avec kodiak, étant né dans la ville des sacres.  :D

(http://img229.imageshack.us/img229/5746/plazen13hv7.jpg)

En revanche le manche sera en buis non teinté. J'ai exposé le choix technique du buis. Pour la couleur, cela fera un bel ensemble avec la hache Roselli.

D'abord la forme au service de la fonction, puis l'esthétique.

à suivre.

did, ;)






Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 08:39:12
Nous avions déjà abordés , à ton  initiative il me semble d'ailleurs, la production du sieur Plazen,
Sa production est superbe  :doubleup:, les lignes sobres me plaisent énormément;

Si je peux émettre un avis, j'hésiterai ente le n°1 et n°3; le n°3 ayant toutefois ma préférence, en raison justement du manche, la prise en main me semble meilleure.
J'apprécie cette forme de manche, légérement bonbée vers le centre et évasée vers l'extrémité, généralement cela assure un meilleur contôle de la coupe et un meilleure confort de la prise.

Il y a d'autre projets en cours...mais sur le long cours !
 :)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 02 mai 2008 à 09:53:10
Super choix Did !
J'aimerai bien me prendre un Plazen aussi ! Mais il ne répond pas à mes mails... :'(
J'ai cru comprendre que c'était pas un fana de l'informatique cela dit... :)
Ma mère m'a offert un des couteaux-clip en promo à Armes Bastilles lors de son séjour à Paris (merci Maman !!! :love: :)) et c'est vraiment chouette comme couteau : très tranchant, et superbe ! C'est simple, c'est le petit fixe que j'ai tout le temps dans mon sac : d'une part parce que c'est un cadeau et d'autre part parce qu'il est sublime, léger et se dissimule bien dans mon sac à dos, à côté de ma DC4 et de ma Fenix L1P...
En tous cas, j'aimerai vraiment me prendre un ou 2 de ses scandinaves en sandwich c130/vieux fer car il semblerai que cela soit la spécialité du monsieur... En plus, ils ressemblent à mon Roselli Carpenter, qui est LE couteau que j'utilise tout le temps, en balade, dans mon jardin et tout...
Comment fais-tu pour le contacter Did ? :)
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 11:24:30

J'aimerai bien me prendre un Plazen aussi ! Mais il ne répond pas à mes mails... :'(
J'ai cru comprendre que c'était pas un fana de l'informatique cela dit... :)

Salut l'ami...

Ouaip, le moyen le plus simple c'est d'aller au marché de Saint Girons un samedi matin....sinon tu trouveras des infos sur ce lien du domaine public. Comme c'est relatif au "pays de l'ours", l'approche est délicate :
http://www.paysdelours.com/images/Professionnels_PDO/bonnes-adresses-2007.pdf (http://www.paysdelours.com/images/Professionnels_PDO/bonnes-adresses-2007.pdf)


Citer
En tous cas, j'aimerai vraiment me prendre un ou 2 de ses scandinaves en sandwich c130/vieux fer car il semblerai que cela soit la spécialité du monsieur... En plus, ils ressemble à mon Roselli Carpenter,
Il possède un roselli carpenter...cela fait déjà un premier point commun, bonne chance !  ;D
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 02 mai 2008 à 12:46:42
Et tu y vas souvent au marché de Saint Girons ? ;)
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 12:59:00
Et tu y vas souvent au marché de Saint Girons ? ;)

En fait pas souvent....même si les croustades sont  :love:

L'approche téléphonique, ou idéalement lors d'une exposition (Gembloux...) me semble plus pratique.  :closedeyes:
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 02 mai 2008 à 13:00:47
Je crois que j'aurais beaucoup hesité entre le 3 et le 2 mais pas pour les même usages, le 3 me semble effectivement un choix plus polyvalent... Par contre pour utiliser des manche trés court du style "palm knife" en travail du cuir, je trouve que ceux ci on l'avantage d'être trés précis et confortable dans les découpe longue, sinueuse et sur matériaux récalcitrants... Mais le 3 doit litéralement coller à la main dans pas mal de travaux, c'est un truc qui me séduit chez Plazen, l'ergonomie de ses manches on sent que ses couteaux ne sont pas fait pour être laissé dans une vitrine, ce sont des outils, de bons outils fait pour servir sans concession...
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 13:36:08
Bonjour,

En effet, la forme2 avec une lame à pointe tombante me semble particulièrement adaptée pour un travail de bourrelier, pour réparer des harnachements, ou sur du petit gibier.

Compte tenu de tes loisirs, cela ne m'étonne pas qu'elle t'ai "tapé dans l'œil".  8)


Personellement, j'étais plutôt sur une lame de forme très classique, proche du 3, mais plus ventrue.

Did, :)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Chris-C le 02 mai 2008 à 16:31:44
Salut Did,
désoler de faire un HS dans ton post...
peux tu m'envoyer ton adresse mail stp...
merci
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Patrick le 02 mai 2008 à 20:08:45
Did, bien belles lames et je ne doute pas de la facture sans faille, mais définitivement manche et lame dans le prolongement ça ne le fera jamais pour moi.

On a beau me dire que les nordiques font comme ça, je m'en fout, je ne suis pas nordique et moi je tire et je pousse, je pique, j'ai les mains moites ou humides ou je peux avoir un problème de préhension suite à un choc, etc...

Donc pour moi c'est soit un demi quillon, un trou ou une encoche de pouce.
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 20:31:26
Salut Patrick,  :)

Heureusement que tu es là pour critiquer le truc afin que nous puissions tous comparer nos points de vues et débattre. Soyons critique, c'est constructif !  :up:



Je comprends bien tes réticences, légitimes. C'est pour cette raison que le modèle de manche n°3 a ma préférence. La forme du manche rends la prise en main très ferme car le manche est en ogive vers la lame. De ce fait on obtient une bonne sécurité. Pour le travail en force, j'ai bien précisé que l'usage de la hache Roselli est nécessaire, d'autant que la forme particulière de son fer facilite les travaux de précision (utilsation comme ulu) et son port à la ceinture :

(http://www.knife-heaven-shop.com/catalog/images/r_850_860.jpg)

(petite revue : http://www.britishblades.com/forums/showthread.php?t=6199 (http://www.britishblades.com/forums/showthread.php?t=6199))


La forme de manche n°1 est pas mal non plus mais nécessite un apprentissage pour prendre l'habitude de bloquer le pommeau du manche dans le creux de la paume. Disons que c'est moins fiable "instinctivement".
Mais Berhtramm a noté que cette forme de manche, si elle est courte et accompagnée d'un drop point, avait pas mal d'intérêt pour la vie outdoor.

Mais, il faut bien admettre que dans le cadre d'une utilisation "panique" ou sous stress un couteau avec un quillon évite de commettre de grosses erreurs. Les couteaux "pour servir" doivent avoir un ou deux quillons et je dirais même qu'il doivent pouvoir être dégagés de leurs gaines sans risque de coupure. Ce n'est pas toujours le cas avec les couteaux courant qui nécessitent que l'autre main vienne saisir la gaine pour pouvoir sortir le couteau.

L'archétype du couteau utilitaire utilisable sous gros stress est pour moi le Glock , qui a un système de blocage de gaine rigide génial nécessitant une seule main pour la mise en service. Ce système est idéal du point de vue de la sécurité en cas de chute sur le coté et il est pratique car ambidextre et détachable. $
Malheureusement le matériau de son manche rond est "beurk" et la qualité de coupe médiocre. Mais le couteau est très solide, facile à nettoyer et le quillon du haut peut servir à ouvrir les bières....;D

(http://www.old-smithy.info/bayonets/fullsize/austria/Austria%20Glock%20fighting%20knife.jpg)


AMHA, il faut voir les couteaux de type scandinave pour ce qu'ils sont : des outils d'usage courant destinés à couper. Les couteaux de table n'ont pas de garde et des manches lisses...comme ils sont utilisés pour couper et sans stress : personne ne s'en plaint.

did, :)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 02 mai 2008 à 22:42:42
Patrick si je comprend ta critique, as tu peur que tes doigts glissent vers la lame ?

Un des avantage de la lame pile-poile alignée sur le manche est de gagner en précision, dans ce cas c'est assez explicable par la physio articulaire de toute la chaine d'orientation de la main, les différents axes de travail articulaire se trouvent alignés prono-supination surtout) et donc la lame devient vraiment un prolongement de la main, ça aide aux travaux de précision, le meilleur exemple dans ce cas est le tournevis... (je sais pas si je suis clair mais je peux scanner des schéma d'antomie appliquée pour expliquer (faudra juste que j'aille chercher mes bouquins au boulot demain))... d'ailleurs le manche du couteau choisi par Did me fait assez pensez à l'arrière des tournevis d'un celebre marques sur certains aspects... les bonnes solutions ergonomiques se retrouvent souvent.

;)

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 02 mai 2008 à 23:28:52
 Bonsoir,

Il serait temps de parler un peu de la lame.....

Forme :
Pour la forme, elle est classique. Le dos de la lame est dans le prolongement du manche selon les recommandations de pas mal de bushcrafteur.
Pas de forme compliqué, une forme semblable au couteau n°3, mais un peu plus de ventre afin de bénéficier d'un peu plus de pouvoir de coupe. Un ricasso réduit au minimum et une longueur de lame entre 10 et 12 cm. Je trouve que cette longueur est suffisante si on utilise, en plus, une hache.

Composition:
Dans ce domaine, la marge de manœuvre était faible. L'artisan contacté a la réputation d'être un bon forgeron et un expert en métallurgie. Il est d'ailleurs cité dans certain ouvrages traitant de la métallurgie comme étant une référence dans ce domaine. Lors du choix d'un coutelier, l'amateur est bien obligé de se fier à la "réputation" et cet aspect est beaucoup plus facile à appréhender de nos jours avec internet.
Je dois dire que ma démarche a été un peu différente, puisque j'ai d'abord rencontré l'artisan et sa production, ce n'est que par la suite que j'ai pris la peine de m'informer sur le net.
Afin de maximiser le pouvoir de coupe, la lame sera avec un cœur en XC130 des forges du Tarn. Initialement un acier élaboré pour faire des limes. Cet acier fin, au carbone, possède 1,30 % de carbone, un peu de manganèse et un peu de silicium. C'est tout.
Techniquement, il peut donc former beaucoup de carbures avec le fer, plus que la saturation (atteinte vers 0.8% de C ). Le reste du carbone se retrouvera sous la forme de cémentite intergranulaire. Le challenge étant d'obtenir un grain très fin (pouvoir de coupe, solidité) et d'éviter les agrégations (pas bon pour la coupe et la solidité). Cet acier peut atteindre une dureté, après revenu, de plus de 60 HRc. Sans problèmes.

Encore une fois, ce n'est pas l'acier qui détermine le pouvoir de coupe, ni la solidité de la lame, ni la solidité du couteau, ni son tranchant, ni sa prise en main, ni ses qualités d'usage.

Le choix d'acier est juste un facteur, c'est un POTENTIEL. Comme dans une chaîne, c'est l'ensemble des maillons qui détermine l'usage final. Exemple : le meilleur couteau du monde aiguisé par un maladroit (moi par exemple) ne vaudra pas grand chose sur le terrain.

LE XC130, n'est pas un acier résilient du fait de son taux élevé de carbone, il casse assez facilement (charpy test pas terrible et fragilité au froid). Afin de limiter ce phénomène inhérent à l'acier, on pratique un sandwich avec du fer pur, qui lui est très résilient.
Le coutelier utilise du vieux fer de cerclage de roue de charrette, peu homogène. Ce n'est pas que pour l'esthétique moiré et "vintage" que le fer procure sur le produit final. Selon lui, il se soude bien (ce qui est normal pour du fer) mais diffuse peu dans l'acier carburé de la partie centrale (ce qui est plus étonnant). Cela serait dû aux impuretés, de type soufre ou phosphore, que les fer anciens possédaient. L'ensemble forme un assemblage composite avec un cœur très dur mais peu résilient, entouré de deux couches de fer résilientes.
S'adressant à un coutelier réputé pour ses lames sandwich, il aurait été dommage de ne pas investir dans une lame de ce type. Par ailleurs cela procure un gain objectif en terme de fonctionnalité, ce n'est pas qu'un exploit technique ou un gain purement esthétique.
Mais si un item fonctionnel est, en plus, agréable à l'œil : c'est mieux.....n'est-ce pas messieurs ?   :honte:


Forge :
La lame est forgée dans une forge de type japonaise au charbon. Le soudage se fait à l'enclume (250kg) et au martinet. Dans l'atelier (bien rangé au passage) la forge est au fond du bâtiment, l'enclume principale devant à gauche et le martinet encore à gauche. Le martinet est un modèle à moteur électrique, entrainement par bande de cuir, rappel par ressort à lame. La commande se fait au pied et son action est dosable et très progressive. Pour moi le martinet est un outil totalement traditionnel : d'une part par le passé le forgeron avait des aides maniant la masse, d'autre part les martinets existent depuis plus de mille ans.
Pour le couteau, la soie est étirée à la forge ce qui est un gage de solidité. Cette façon de faire évite les angles vifs qui sont souvent la cause de ruptures au niveau de l'emmanchement.

Exemple sur un cold steel dont on distingue l'angle vif au niveau du ricasso. Ce qui pour un métallurgiste constitue une "amorce de rupture". Dans le cas des couteaux c'est souvent du au mode d'élaboration par stock removal avec les outils modernes :
(http://img292.imageshack.us/img292/1552/dsc03489gc9.jpg)

(La raison de la rupture n'est pas évidente. Outre une technique d'emploi du couteau inadaptée, il peut s'agir d'un défaut de géométrie dans le design du couteau (angle vif), d'autant plus que l'angle vif favorise l'oxydation interstitielle...elle même favorisée par la jointure manche/lame. On peut y voir aussi un problème d'austénite résiduelle s'étant transformée en martensite par grand froid.)

TT :

Liminaire :
Je vais essayer de donner quelques informations sur les traitements thermiques, au risque de me tromper. Lors de la livraison du couteau, nous avons passé quelques heures à en discuter, mais je ne peux pas affirmer d'avoir tout saisi. D'autant plus que d'autres sujets ont été abordés (Damas de corroyage, Damas au creuset...). Il peut donc y avoir confusion dans mon esprit.
Pour cette raison je vais décrire globalement le processus sans rentrer dans les détails opératoires. De même le "tour de main" est fondamental et il ne s'acquière que par l'expérience (que je n'ai pas) ou par l'imitation auprès d'un forgeron.
En clair : pour les détails et afin de s'assurer que je ne me suis pas trompé dans la description des TT, voyez avec Plazen.

(A noter que Plazen n'était pas opposé à parler de ses méthodes et à ce que je relate ses propos sur le forum. AMHA, seuls ceux qui sont assez sûr d'eux mêmes et de leur tour de main peuvent pratiquer dans la transparence...)

Il semble bien, à parcourir le net, que cet artisan soit reconnu comme étant compétent sur le sujet des TT, y compris par ses pairs. Il réalise souvent des formations de forges à destination d'un public de particulier et de professionnels. Voici ce que j'ai observé :
D'une part, il bénéficie d'une grande expérience accumulée car il travail souvent les mêmes matériaux. Il reste dans son style. Il n'hésite pas à casser des lames pour vérifier son travail et à solliciter l'expertise de son réseau d'amis, certains d'entre eux étant des métallurgistes confirmés.
D'autre part, il s'inspire des méthodes de forgeron japonais et semble avoir appris auprès de nombreux professionnels.
Mais, et c'est moins courant, c'est aussi quelqu'un qui est en recherche permanente sur le plan théorique afin d'éclairer sa pratique : il possède une bibliothèque avec de nombreux ouvrages sur la métallurgie dans plusieurs langues, il compile les articles scientifiques sur les aciers fins au carbone hypereutectoïdes (plus de 0.8 % de carbone).
Une Bible ("did certified"). ;)

Concrètement :
Je pense pouvoir dire que le couteau a été trempé à l'eau tiède, enduit d'une légère couche d'argile ce qui améliore la trempe :
source (grâce à Berthramm) : http://coustil.free.fr/metal_selective_fr.html (http://coustil.free.fr/metal_selective_fr.html)

(http://coustil.free.fr/images/select18_fr.jpg)


Quelques subtilités interviennent afin de minimiser les déformations lors de la trempe. La trempe à l'eau et à l'argile permet de descendre très vite en température (nécessaire avec le XC130) et d'éviter la formation de perlite (nez très proche dans un acier très carburé). Mais elle entraîne de fortes contraintes et donc des risques de rupture si la géométrie de la lame et l'étape de forge n'est pas maitrisée.
Avec ce fluide de trempe, la plus grande partie de l'austénite se transforme en martensite, la dureté de l'acier est maximale. Certaines subtilités lors de la phase initiale et le déroulement de la première partie du traitement thermique permettent d'affiner au maximum le grain.
Plusieurs revenus sont effectués afin de compléter la transformation de l'austénite dans la mesure ou la trempe initiale n'est pas menée à une température inférieure au 0°c, ce qui pourrait sembler souhaitable sur un acier fortement carburé. En effet la température Ms étant basse pour un acier très carburé, la température Mf n'est atteinte que pour une température inférieure à 0°C. Mais les moyens cryogénique (azote liquide...) ne s'inscrivent pas dans la tradition et sont chers et complexes à mettre en œuvre.
Pour pallier à cet inconvénient, il réalise des revenus multiples à la friteuse, selon des températures différentes et des temps déterminés, afin de traiter les éventuels problèmes d'austénite résiduelle. La soie subit un traitement spécifique afin qu'elle se montre résiliente.

Emouture :
Après avoir testé à la lime spéciale la dureté des lames issues du TT, elles sont travaillées au backstand (il en a deux). Puis affutage soigné. Vraiment soigné.  :o


à suivre....
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Anke le 03 mai 2008 à 12:15:16
Pinaise, c'est 'achement compliqué quand même ! Trop ?
J'ai appris ici que les solutions les plus simples étaient souvent les meilleures... Ce qui n'empêche évidemment pas de chercher à comprendre les phénomènes...
Je suis surement un peu primaire, mais pour moi, un couteau, ça doit être costaud( donc plate-semelle, ce choix n'engage que moi) et ça doit couper, si je l'affectionne( et si je n'ai que celui-là) j'en prends grand soin et en avant ! Le reste.... ben juste pour moi hein , c'est un peu du chinois littéraire, mais bon chui un "épais du bulbe" on va dire.
Juste pour info voir le travail de G. RAmstein ( alias Gil sur Webarcherie ou Raven sur Forgefr), de VeroS et MichelS( sur Forgefr), ça peut donner des idées....( j'ai pas de com', je rassure !) D'autant qu'ils sont loin d'être mauvais les bougres ....
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 03 mai 2008 à 12:51:23
Pinaise, c'est 'achement compliqué quand même ! Trop ?

 Salut Anke,  ;D

C'est de ta faute ce post (relis la phrase d'introduction). D'ailleurs j'ai discuté avec Plazen de toi....puisque nous avions évoqué dans le Vercors un moyen de faire une trempe "de type cryo" avec les moyens du bord . Je voulais avoir son avis sur ce point.   :closedeyes:

Sérieusement : cela paraît compliqué et ça l'est. Mais forger c'est aussi compliqué, tout est question d'apprentissage.

Sur la plate semelle :

Désolé de ne pas abonder dans ton sens mais le montage "plate semelle" n'est pas toujours idéal :
1. il nécessite la consommation d'une plus grande quantité d'acier. Ce n'est pas écolo, ni efficient. A minima cela alourdit les couteaux.
2. Il détermine une forme de manche particulière. Pas toujours ergonomique. L'équilibre du couteau est contraint par le fait que le manche est lourd.
3. Grinch faisait bien remarquer que selon la position des rivets ont pouvait avoir des montages plus ou moins solides.
4. Le montage plate semelle, est bien adapté aux méthodes industrielles basées sur le "stock removal". Cette pratique entraîne souvent la présence d'angles vifs dans le design du couteau.....la photo ci-dessus du Cold Steel et celle ci-dessous montrent bien que ce n'est pas toujours le summum pour la solidité!!!!

(http://img.photobucket.com/albums/v446/Nutnfancy/BustedRecon720.jpg)

(alors là l'erreur de géométrie est encore plus évidente. Peut être aussi un problème d'austénite résiduelle avec le froid, et une erreur technique lors du batonage : www.barkriverknives.com/docs/batoning.pdf (http://www.barkriverknives.com/docs/batoning.pdf) )

Je n'ai rien contre les plates semelles, c'est juste que ce n'est pas LA solution définitive. La preuve, les épées étaient souvent montées sur soie, et ne cassaient pas pour autant. Ni les "coutanke" d'ailleurs !  ;)

Les soies ne sont pas toujours du type "queue de rat", les ardennlames possèdent des soies très solides, pourtant c'est du 440C en général . Ceci dit, j'aime bien aussi les couteaux "plate semelle" que je possède (j'apprécie surtout la facilité éventuelle de réparation sur le terrain en cas de rupture des plaquettes).

Pour la sophistication :
En faisant plus simple on a peut être 80% de l'efficacité. On peut s'en contenter, c'est 99,99% du temps suffisant. En revanche, pour grignoter les 20% restant....cela demande un énorme effort supplémentaire. Il est logique qu'un professionnel cherche à grignoter ces 20%. Ne serait-ce que parce qu'il poursuit une "quête".
Dans le cas contraire, il se ferait "rattraper" par les industriels qui disposent de moyens techniques évolués ; ainsi que par les amateurs éclairés (qui ne comptent pas leur temps).

A l'heure d'internet, les savoirs diffusent très vite sur la planète, si on veux rester au sommet de la vague il faut progresser. La progression peut être dans le design innovant, la réponse à une nouvelle demande, dans la segmentation marketing (ex : exploitation d'une niche : le couteau western), sur la réputation (ex : grand mamamouchi du Damas), sur l'innovation technique (ex : acier niobium, trempe cryo...) ou bien encore sur le peaufinement de techniques ancestrales ( Démarche des japonais et....démarche de Plazen me semble-t-il).



Je ne connais pas les gens que tu cites car je ne suis pas un fanatique des forums sur les couteaux. Mais venant de toi, je ne doute de l'intérêt de tes recommandations, que je vais aller consulter de ce pas.... :)

did, ;)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Anke le 03 mai 2008 à 15:48:29
J'avais bien lu Did ( ça a flatté mon ego ! rahhhh lovely !), et je ne peux qu'être d'accord qu'avec tes explications qui sont ( comme d'hab) très complètes. C'est juste que ..... je ne suis pas coutelier en fait !
Et je l'avoue, les trucs et les bidules, je suis rétif. Mais ça c'est moi, j'aime pas les barrières même si elles sont quelquefois incontournables hélas. Disons que ma démarche vers le couteau est purement affective( j'avais demandé à Gil de me faire un couteau qui lui ressemble. ça situe bien je crois), tandis que la tienne est très technique. En mariant les deux, je pense que l'on arrive à une démarche très sympa.
Tu parles du Wootz de Mr AchimW, et tu as bien raison, car techniquement je crois qu'on peut se donner du mal pour trouver mieux, mais plus encore, c'est un homme remarquable.
Evidemment un professionnel fera la différence avec ses confrères sur les 20% restants, objets de concurrence et de bagarres. Ce sont des pros.
Les noms que je t'ai cité sont ceux de gens qui techniquement sont très forts( amha), Véro apporte à la coutellerie une féminité essentielle ( comment pouvait-on s'en passer avant ?) Gil est d'une rigueur impressionnante. De plus leur "humanité" se ressent dans leur travail réciproque.
Bien évidemment le travail de Mr Plazen est une référence que tout le monde s'accorde à reconnaitre dans le monde de la coutellerie, comment pourait-il en être autrement ?
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 03 mai 2008 à 18:41:11
Dernière étape....


Une fois les formes de manche déterminées, les échanges téléphoniques confirmatoires. Il ne reste plus qu'à attendre. L'attente fût brève.

Je reçois donc un mail avec un photo montrant DEUX couteaux. A moi de choisir ou de ne pas choisir, le coutelier proposant dans ce cas d'en faire d'autre :

voici la photo :

(http://img261.imageshack.us/img261/9469/plazen2compresslv4.jpg)


Vous préférez lequel ?   ;D
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 03 mai 2008 à 18:59:50
Quelque soit celui que tu prends, j'aimerai bien me prendre l'autre... Y'aurait-il moyen de passer par toi (j'arrive pas vraiment à le contacter...) ?
On peux en discuter via email, mon adresse est la suivante : yujiro-hanma chez hotmail point fr ...
Il me semble que celui du bas, a un profil de manche plus proche de ce que tu recherches mais cela n'engage que moi... Merci d'avance de ta réponse !
Vivien
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 03 mai 2008 à 20:24:22
Quelque soit celui que tu prends, j'aimerai bien me prendre l'autre... Y'aurait-il moyen de passer par toi (j'arrive pas vraiment à le contacter...) ?
On peux en discuter via email, mon adresse est la suivante : yujiro-hanma chez hotmail point fr ...
Il me semble que celui du bas, a un profil de manche plus proche de ce que tu recherches mais cela n'engage que moi... Merci d'avance de ta réponse !
Vivien

Je voulais t'envoyer un mail, mais j'ai un petit problème avec le serveur...cela devrait venir !

Au pire lundi quand les Diesel locaux reviennent de WE  ;)

did :)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 03 mai 2008 à 22:21:19
moi je prendrai le 2, le 1 a un peit air de Shivaki qui me chifonne...

:)

Titre: Re : Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 04 mai 2008 à 00:30:03
Je voulais t'envoyer un mail, mais j'ai un petit problème avec le serveur...cela devrait venir !

Au pire lundi quand les Diesel locaux reviennent de WE  ;)

did :)
Pas de problèmes !
J'attend de tes nouvelles avec impatience... Quoiqu'il en soit de ton choix, ils sont tous les 2 superbes pour moi et constitueront tous les deux de très très bon couteau... :)
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Patrick le 04 mai 2008 à 08:04:07
Patrick si je comprend ta critique, as tu peur que tes doigts glissent vers la lame ?

Un des avantage de la lame pile-poile alignée sur le manche est de gagner en précision, dans ce cas c'est assez explicable par la physio articulaire de toute la chaine d'orientation de la main, les différents axes de travail articulaire se trouvent alignés prono-supination surtout) et donc la lame devient vraiment un prolongement de la main, ça aide aux travaux de précision, le meilleur exemple dans ce cas est le tournevis... (je sais pas si je suis clair mais je peux scanner des schéma d'antomie appliquée pour expliquer (faudra juste que j'aille chercher mes bouquins au boulot demain))... d'ailleurs le manche du couteau choisi par Did me fait assez pensez à l'arrière des tournevis d'un celebre marques sur certains aspects... les bonnes solutions ergonomiques se retrouvent souvent.
Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.
Titre: Re : Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: P-H le 04 mai 2008 à 09:51:05
Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.
Ca, c'est parceque tu n'utilise pas de couteau sans rien ;D ;)
La plus part de mes couteaux n'ont pas de garde et je pense que la façon de le prendre est devenue inconsciente.
En meme temps, pour que ça marche, il ne faut pas changer de surin tous les 2 jours...  :lol:

Et puis, ça depent beaucoup de la forme du manche. Ceux d'Eric font partie de plus ergonomiques que je connaisse.

Enfin, on peu debattre durant des heures... ::)

Je file faire un surin avec une garde... ;D
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Anke le 04 mai 2008 à 10:39:09
+1 AVec P-H. C'est vrai qu'on est souvent tenté par le machintrukchouete dernier cri ou super beau et qui coute aumoins trois roubignolles( compulsifs les achats ? Meuh non....). Néanmoins, je vous fiche mon billet qu'un mec équipé avec un bête opinel bien usé qu'il trimballe dans sa poche gauche depuis des années, est plus efficace sur le terrain que moi qui vient de m'acheter le couteau de busch en acier turlupiné et trempé à l'urine de chameau malgache. ça ne veut pas dire que ce dernier n'est pas bien, ça n'est pas restrictif. ça veut dire juste que le couteau n'est pas une fin en soi;
J'explique un peu : avant de fréquenter ce forum, j'étais branché couteau pour le couteau, feuillettait "EXcal...." ou tout autre revue tous les mois, l'objet pour l'objet. Aujourd'hui, mes genoux, j'ai bien viré de bord, j'aime toujours les beaux couteaux en tant qu'oeuvre, prouesses techniques et tout le bazar. Mais maintenant, le couteau est un outil au sesn fort du terme, qui va me permettre de réaliser quelque chose pour m'aider à me sortir d'une impasse, d'une situation épineuse, que sais-je encore( tailler un truc, ouvrir une boite de conserve, faire un baton, couper la bouffe etc...). Ce doit être amha, le compagnon que si je ne l'ai pas dans ma poche, ben il me manque quelque chose. J'ai l'habitude, je sais où il est, son utilisation est automatique à force de répétition, d'usage ( c'est ça le drill ?). Du coup aujourd'hui, je me fiche un peu des fioritures et de tout le tralala en tant qu'usager ( je ne me place pas en tant que "bricouteforgelier", où là ma posistion est différente, j'apprends et je recherche...) et mon cahier des charges est minime, le couteau est pliant manche en bois, le moins de pièces possibles, facile à affuter, lame bloquable, si j'écorne la lame, facile à réparer, si je paume le couteau j'achète le même ( en vente partout !) pour une somme dérisoire.
Bon c'est ce qui correspond à ma démarche en ce moment hein. ça ne veut absoluement pas dire que je détiens "la" vérité !
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 04 mai 2008 à 10:44:41
 :love:

Moi ce que je j'aime....c'est quand mes modestes contributions suscitent des réflexions intéressantes comme celles que vous faites!  :doubleup:

Titre: Re : Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 04 mai 2008 à 10:53:36
Mon souçi c'est qu'en situation un peu agitée, les macanismes conscient s'effacent et la motricité fine avec et que dans ces cas là ou par simple manque de concentration dans d'autres, je préfère avoir une sécurité.

Toutefois, ce choix n'engage que moi, bien sur.

Merci Patrick, la réponse est tout à fait claire et je comprend mieux (j'utilise des couteaux dans des situations diverses depuis que je suis gamin et en particulier un gros Leuku Jarvenpaa (qui doit avoir 25 ans et qui n'a pas bougé d'un poil) et je n'avais jamais eu de problème mais je n'ai jamais eu à l'utiliser dans la situation que tu évoques... Pareil avec mon Dufort que j'utilise en camp, par contre celui-là c'est clair qu'il arrive souvent que les personnes qui me l'empruntent se coupent...
Titre: Re : Re : Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Patrick le 04 mai 2008 à 12:29:03
Ca, c'est parceque tu n'utilise pas de couteau sans rien ;D ;)
La plus part de mes couteaux n'ont pas de garde et je pense que la façon de le prendre est devenue inconsciente.
En meme temps, pour que ça marche, il ne faut pas changer de surin tous les 2 jours...  :lol:

Et puis, ça depent beaucoup de la forme du manche. Ceux d'Eric font partie de plus ergonomiques que je connaisse.

Enfin, on peu debattre durant des heures... ::)

Je file faire un surin avec une garde... ;D
Mon renardeau préféré, tu sais que je suis un grand fan de ta production et sur toutes les photos que j'ai de celle-ci il y a bien 85% ou il y a une séparation quelconque avec la lame  ;)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: P-H le 04 mai 2008 à 14:38:06
C'est pas faux... ;D
Meme si elle ne protege pas, elle permet au couteau de "trouver sa place" dans la main...
Titre: Processus de décision en matière coutelière...FIN !
Posté par: Kilbith le 05 mai 2008 à 18:35:46
Bonsoir,  :)

Le choix final....chez le coutelier

Rappel : les deux couteaux.

(http://img261.imageshack.us/img261/9469/plazen2compresslv4.jpg)




A la fin, il ne doit en rester qu'un  :o


Après un accueil chaleureux et avant le visite de l'atelier, j'ai été mis en présence des deux couteaux. Comment choisir :

Il y a les aspects "objectifs" : qualité de l'émouture, rectitude de l'emmanchement, éventuelles tapures....Les couteaux ne pouvaient être départagés. Cela ne veux pas dire que tout était parfait, rien n'est parfait dans ce monde. Si on veux un couteau parfait, il faut s'adresser à un mécanicien et faire réaliser son couteau sur une machine à commande numérique. La perfection ultime c'est soit ch*ant, soit dangereux.

Le n°2 était un poil plus ventru de lame(c'était dans le CdCf initial) mais le manche avait un très léger nœud sur la gauche avec une fente de 1,5mm au milieu du nœud. Le n°1 avait un plus beau manche et une émouture plus attirante...mais peut être une lame pas "pile poil" dans l'axe.....Dans les deux cas plus des impressions que des défauts.

Le choix a été difficile, et c'est la main qui a été le juge final. Seule la main peut apprécier l'équilibre général et l'ergonomie du manche. Le N°1 était plus ergonomique pour moi (léger renflement du manche sur le dessus) mais l'équilibre général ne me convenait pas.....Souvenons nous de la phrase d'Anaxagore de Clazomène :

"L'homme pense parce qu'il a une main"


Après un long moment à soupeser l'un et l'autre, ne pouvant acquérir les deux, j'ai en définitive pris le n°2  : à cet instant j'étais déjà inconsolable de la perte du n°1  :(


Caractéristiques :

Poids avec étui (cuir tanné végétal apte à conserver une lame carbone + cire d'abeille, d'où les moirures) : 250gr.
Poids du couteau seul : 165gr.
Longueur totale : 23,5 cm
Longueur lame : 11,1 cm
Largeur de la lame : 3cm au ricasso.
Epaisseur : 4mm environ
Emouture quasi droite partant de 5mm du bord supérieur.


Voici la bête :

(http://img410.imageshack.us/img410/7743/p1050010py1.jpg)


(http://img175.imageshack.us/img175/1462/p1050011zx7.jpg)


(http://img175.imageshack.us/img175/5079/p1050013uy8.jpg)


(http://img244.imageshack.us/img244/5908/p1050014nv6.jpg)


(http://img244.imageshack.us/img244/5638/p1050015rg5.jpg)


AMHA : Pas trop moche !   :closedeyes:


Il a un tranchant extraordinaire NIB (comme dirais Vivien). Je n'ai rien de comparable à l'exception d'un prototype BarkRiver en acier inox indéterminé mais vraisemblablement "à poudre", affilé par James. Mais ce proto est un couteau bien moins imposant, moins épais. Ce couteau coupe comme un rasoir et pourtant il est plus épais et n'a pas d'émouture creuse.

On ne peut pas atteindre un tel tranchant sans un grain d'acier extraordinaire. C'est vraiment sur ce point que Plazen   est incroyable.  :love:


Test :
On coupe du papier Clairalfa 80gr. à la volée. Facile. On coupe avec le poids du couteau en faisant des "S", moins facile. On coupe de petit hérisson dans le papier d'une épaisseur inférieure à la lame, pas facile du tout. On arrive à "peler" une feuille de papier dans l'épaisseur : test ultime AMHA.

Voili voili...J'ai essayé d'être précis, méthodique et objectif : j'espère que cela a été intéressant ET informatif.

did, ;)



(Aaaarghhhh ! j'entends des crissements de pneus et des claquements de portes....ce sont les sbires du NKVD_7 envoyés par BigManitouov dit "Beria" : je reconnais Maximoff, Corinoff, Patrickoff, Kartofeloff, Survivalfredoff, Fabsoff et l'infâme Bloodyfrogoff suivi de l'affreux Campoff!....ils ont même amené l'expert du domaine afin d'obtenir des aveux  particulièrement spontanés (mais quand même très très très détaillés) : l'horrible Humpfroff ! )

 :o :o :o :o
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 05 mai 2008 à 18:49:16
plazen est dans mes 3 couteliers préférés (avec Dufort et Delaunay), ce que tu dit de l'homme (au delà de l'artisan, c.a.d aussi le type capable de partager, de faire visiter, d'expliquer) et montres de sa production ne fait que me conforter dans mon idée : "un jour j'aurais un Plazen" (pour avoir déjà franchi le cap du couteau artisannal avec mon Dufort, je redis que c'est un moment assez unique que de concevoir, discuter et faire faire ce qui sera SON couteau)... Tu nous tiendras au courrant de la suite des tests ?
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 05 mai 2008 à 19:11:34
pTu nous tiendras au courrant de la suite des tests ?

Je ne vais pas faire de test de "solidité". Ce couteau n'est pas fait pour ça. Dans un contexte "vie sauvage" il faut l'utiliser conjointement avec une hache. Volontairement le traitement thermique et le choix de l'acier font que ces couteaux sont destinés à couper. Ils ne sont pas destinés à être maltraités.

Si on veux un excellent compromis solidité/coupe il faut plutôt s'orienter vers une réalisation de ce type là : :love:

(http://img339.imageshack.us/img339/7609/testsrkgulo010ym2.jpg)

http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2756.0.html (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2756.0.html)

Une superbe réalisation de Grinch en A2 (acier potentiellement très résilient mais un bon poil moins apte à faire du grain extra fin que le XC130) inspiré du design du carcajou. Grinch travail aussi, de son coté, dans le sens de l'obtention d'un pouvoir de coupe maximal, dans ce cas il utilise du 100C6 (acier à roulement). La méthode est différente, chaque artisan ayant une approche particulière de l'expression de sa personnalité par l'intermédiaire de la lame....
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 05 mai 2008 à 19:50:11
Did, je suis souvent un peu demeuré mais je parlais pas forcément de test de solidité, il ya plein d'autres façon pour qu'un couteau tienne ses promesses, je pensais plus à :

- est il sur le terrai bon à ce que tu avais prévus ?

- le tranchant est il durable ? (ça je suis quasi sûr que oui)

- est il facile à ré afuter quand le besoin s'en fait sentir ? (c'est souvent une crainte avec les tranchant au delà des 55 HRC)...

bref tu le sais bien semble t-il est moi aussi : il n'y a pas que le wood-chopping, le batonnage et autre joyeustés mahousse dans la vie d'un couteau...

;)

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 05 mai 2008 à 21:00:27
Re Berhthramm,  ;)

Je me doutais bien que tu ne t'attendais pas à du bâtonnage. Mais j'ai saisi l'occasion pour bien repréciser le contexte d'utilisation précis de ce couteau. Le gulo, que je cite, était spécifiquement conçu pour être très solide, c'était dans le cahier des charges. Et en plus il coupe vraiment bien, comme un couteau "normal". :up:

Pourles tests cela coule de source, mais il faut attendre septembre pour les tests en "situation"...
 
*AMHA, l'acier XC130  tel qu'il se présente ici, doit pouvoir s'aiguiser relativement facilement : il n'y a pas que la dureté qui interviens, surtout que de nos jours les pierres "extra dures" sont courantes. Il y a aussi l'émouture et surtout la grosseur du grain et la répartition des carbures.
*Je ne vais pas tester, mais je pense que ce couteau n'est pas si fragile que cela. Même si cela reste un acier très fortement carburé, donc structurellement très fragile. D'une part le grain fin est un facteur de solidité, d'autre part c'est un sandwich.
Enfin, le montage à soie traversante rivetée noyée dans l'araldite avec le cerclage de fer et une grosse épaisseur de buis (bon isolant thermique) inspire toute confiance. Même sans l'araldite, le montage est impeccable.

(surtout pas l'énerver, Berhthram, avec un nom comme ça....  ^-^ )


PS : ce topic a, avant tout, pour objet d'illustrer une démarche d'acquisition d'un couteau custom. Il m'a semblé que ce serait utile à certain forumeurs voulants survivre dans l'enfer du marché de la coutellerie. Ne serait-ce que pour séparer le bon grain de l'ivraie.
Le couteau en question n'est là qu'à titre d'illustration (enfin : pas tout à fait...ne soyons pas faux d*rche).
N'étant pas un couteau spécifiquement "survie" je n'en aurais pas parlé, ici, s'il s'agissait juste de faire étalage de quincaillerie.  ;)
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 05 mai 2008 à 21:33:54

PS : ce topic a, avant tout, pour objet d'illustrer une démarche d'acquisition d'un couteau custom. Il m'a semblé que ce serait utile à certain forumeurs voulans survivre dans l'enfer du marché de la coutellerie. Ne serait-ce que pour séparer le bon grain de l'ivraie.
Le couteau en question n'est là qu'à titre d'illustration (enfin : pas tout à fait...ne soyons pas faux d*rche).
N'étant pas un couteau spécifiquement "survie" je n'en aurais pas parlé, ici, s'il s'agissait juste de faire étalage de quincaillerie.  ;)

yep, tafdak avec toi et aussi sur le fait que ce genre de démarche pointue tu ne peux l'avoir que dans le dialogue avec un coutelier pro, bien sûr c'est en partie possible avec une lame indus, mais l'industriel prends pas ta taille de main, il discute pas avec toi de ce que tu vas faire en te conseillant éventuellement sur des choix.... personellement j'ai eu il y a 18 mois la démarche custom, je pensais que ça serait trop cher pour moi, j'ai demandé, proposé un dossier avec à la fois un cahier des charges de pièces archéo (ça je savais faire), une discussion sur l'acier, la trempe, le montage... on a adopté certains compromis moderne pour plus de praticité ou de sécurité ) on est finalement tombé d'accoird sur un ensemble de paramétres, ensuite Bruno a concretisé le projet... Je regrette pas un cents d'€ e ce que j'y ai mis etvraiment j'encourage tous ceux qui se pose la question du "et si je me faisait faire un couteau ?" de sauter le pas, c'est sans commune mesure avec le monde de l'indus... et le couteau artisannal ce n'est pas seulement (voire même surtout pas) le couteau d'art destiné à rester dans une vitrine et si compliqué qu'il n'a plus rien de l'outil, de l'arme du bons compagnon...

:)

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 05 mai 2008 à 21:39:46
Je tiens à remercier personnelement Did pour cette review... Le frangin du tien est maintenant réservé et bientôt strasbourgeois... ;D Donc il n'est pas tout à fait "perdu de vue" pour toujours  ;D ;)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Anke le 05 mai 2008 à 22:00:18
Berthram, faudrait que tu nous montres le couteau et puis que tu expliques tes choix et tes compromis. Avec l'expérience de Did en amont ça pourrait surement apporter beaucoup, déjà qu'avec ce post on a eu pas mal de richesse et de connaissances partagées, du coup on en aurait encore plus !


Anke toujours curieux depuis 1957. ( ça y'est re-crise de Kentonïte aigue....)
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 05 mai 2008 à 22:03:32
Si Did est d'accord pour pas non plus brouiller le post, mais ça resterait dans le thème je crtois).
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 05 mai 2008 à 23:01:02
Did non seulement il n'est pas proprio des lieux mais en plus il n'est pas "d'accord" : il est totalement pour  :doubleup:

M'enfin ce n'est pas pour faire de l'onanisme ce forum c'est pour ECHANGER !

 ^-^  ;D
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 06 mai 2008 à 13:01:53
Donc à moi de préciser la démarche qui m’a amenée au final à être le très heureux propriétaire et utilisateur d’un couteau artisanal forgé.

Pour mes activités de reconstitutions je cherchais un couteau regroupant plusieurs paramètres (par ordre croissant d’importance) :

1.   une historicité certaine ou pour le moins fort probable…

2.   la possibilité de l’utiliser pour des tâches multiples tout en ayant en tête que le couteau universel parfait n’existe pas… et la certitude que ce couteau ne me lâche pas.

3.   une esthétique qui me convienne (vu les répercussions de la démarche autant avoir au final quelques chose qui me fasse plaisir en tout point)

4.   un budget de l’ordre de 250-350€ (je reste volontairement vague mauis c'est le max que je pouvais mettre)

Une fois ces point fixé j’ai essayé d’y répondre simplement pour définir un cahier des charges :

1.   j’ai fait une compil de différentes sources existantes et finalement opté pour un seax de type II (classification de Wheeler), c’était encore à une période ou j’étais très accro aux classifications archétypiques. Le type II est relativement répandu, il est probable en Normandie (une difficulté de la reconstitution normande au XIième : les sources archéologiques ne foisonnent pas (ni le climat, ni la nature du sol ne s’y prête je crois)). C’est aussi une forme de couteau peu refaite en reconstitution moderne… Par analogie moderne ce type de forme serait maintenant appelée « sheepfoot » mais le type II est vaste on pourrait y revenir… Cette forme je l’aime bien, elle est original mais elle est aussi à mon sens très fonctionnelle pour pas mal de travaux communs en camp… Pour le montage c’était forcément un montage sur soie (y a pas de plate semelle à la période considérée).

2.   j’ai essayé de définir quelles étaient les tâches dévolues à ce couteau (hormis la marque ostentatoire de « je crâne, j’ai un beau couteau »)… il fallait donc que ce couteau soit à même de :

-   travailler le bois en bâtonnant ou en choping pour préparer le bois pour le feu, tailler des pointes facilement (emmanchage de lance, réparation de piquet de tente), graver éventuellement, écorcer facilement et proprement (bouleau)…

-   cuisiner en découpe de viande (souvent du lard) et de légumes, couper dans du gros pain large des tranches propres, etc…

-   couper du cuir sur des découpe précises (ce n’est pas sa destination cependant j’ai mes couteaux de savetier pour ça)… couper précisément pour diviser des plumes (confection de flêches, je suis pas archer mais c’est un truc qui me trotte parfois).

3.   pour l’esthétique, j’aime les manches en cerf poli, au-delà d’être historiquement correcte ça me plait (enfin seulement les manches en cerf poli à blanc)… je voulais un talon et une « garde » (ce n’est pas une vraie garde car elle ne dépasse pas) en laiton, légérement décorée (des points comme on retrouve sur pas mal d’objet de la période).


Et ensuite arrivé le choix de l’artisan, j’avais un premier paramètres : qu’il soit français parce que j’avais l’envie de soutenir un de ceux qui font le pari d’en vivre et aussi parce que ça faciliterait pas mal la communication surtout technique. Il y a donc trois couteliers que j’apprécie dans ce cas :

-   Duffort
-   Delaunay
-   Plazen

J’ai éliminé le dernier parce que le seax sortait un peu de sa production habituelle et pour des difficultés à le joindre (mais un jour j’aurais un Plazen c’est sûr mais pas un seax).

Delaunay a commis pas mal de très beaux seax (normal vu ses centres d’intérêts initiaux) mais avait annoncé dans un post sur forgefr à la période ou j’étais dans ma démarche d’acquisition ne plus avoir très envie de faire des montages sur soie… J’ai donc écarté Delaunay (mais un jour c’est sûr j’aurais un Delaunay et ce sera surement un seax).

Il restait donc Bruno que j’ai contacté facilement (via son mail), le choix était quand même assez naturellement tourné vers lui, non que ce soit un spécialiste du seax mais il est reconnu comme capable de produire de très bon couteaux de camps mais aussi de très bonnes répliques historiques (far-west et histoire américaine). Je lui ai exposé le projet pour lequel il a répondu ok du moment que je fournissais un croquis précis de ce que je voulais.

Les dimensions ont été définies dans un compromis raisonnable entre utilisation-poids-fiabilité-prix donc une longueur de lame de 24 cm une épaisseur importante pour pouvoir batonner tranquille donc 6 mm (j’étais partis sur plus (8mm) mais Bruno m’a conseillé sur ce compromis longueur-épaisseur et j’en suis content), avec un longueur total de 36 cm. Le poid est plutôt sur l’avant ce qui lui donne une bonne inertie en impact pour le choping.

Le choix des aciers était entre XC100, XC 75 ou 55S7, après discussion on s’est orienté sur le XC75 il correspondait bien à l’usage, la longueur de lame n’appelait pas absolument un acier ressort, je suis un utilisateur « raisonnable » (c'est-à-dire conscient de ce qu’il a en main et de ce pourquoi c’est fait), en plus Bruno est très habitué à cet acier (c’est aussi un déterminant important).

Les émoutures là je m’y perd un peu, plates, convexes, concaves, je ne sais jamais comment me déterminer et en fonction de quoi… J’ai donc laissé carte blanche à Bruno en fonction de l’utilisation prévue et de ses habitudes. Au final : emoutures plates légèrement bombées aux extrémités (tranchant et jonction avec le plat).
 
La soie est semi-traversante forcée-collée et rivetée, le rivet est pas histo (pas de trace sur les pièces archéo, mais ça c’est un compromis de sécurité au vu de l’usage prévu. Le manche est en bois de cerf (pas de l’européen cependant mais c’est pas grave) plus ou moins fossilisé (séjour long dans une atmosphère très sèche et ensoleillée (désert de l’Arizona). Les rondelles en laiton décorées sobrement…L’équilibre et la prise en main sont impec, le manche est plus large à la base qu’au cul, ça ne gène pas y compris en frappant (j’avais un peu peur qu’il m’échappe) et même avec les mains poisseuses, humides et boueuses ça tient (testé en situation en particulier sous des trombes d’eau à Eu l’année dernière)… La taille et le confort du manche n’amène pas de fatigue à l’usage, ni d’ampoule ou de conflit cutané.

Le ricasso n'est pas historique, c'est un compromis pratique et voulu sur un couteau de camp fonctionnel. Il est sensé facilité le montage (ça c’était à la limite pas mon problème, mais aussi l’affûtage)… Au départ je n’en voulait pas, au final on a opté pour un compromis minimaliste.

La trempe est différentielle par chauffe sélective.

J’ai pris l’option sans étui, d’une part parce que je préférais mettre mes billes financière sur le couteau, d’autre part parce que je travaille le cuir et tertio parce que les étui de seax c’est un peu particulier et en dehors de ce que fait Bruno usuellement…

Une fois tout cela bien défini on a aussi précisé le niveau de finitions qui était aussi un des postes ou gagner un peu de budget était possible (il y a par exemple une grosse différence de temps passé pour le coutellier entre un poli miroir, un satiné sans trace ou un satiné au 600 avec des légères traces de forge (mon option au final parce que j’aimais bien cet aspect là aussi)).

En définitive voici le résultat de notre démarche :


(http://i24.photobucket.com/albums/c27/berbove/63509797.jpg)

(http://i24.photobucket.com/albums/c27/berbove/43116569.jpg)

(http://i24.photobucket.com/albums/c27/berbove/32877096.jpg)

(http://i24.photobucket.com/albums/c27/berbove/14425157.jpg)

L’étui que je lui ai fait :

(http://inlinethumb46.webshots.com/10413/2872068750048954661S600x600Q85.jpg)

Dans la pratique c’est un excellent couteau surtout pour tout ce qui est bois, la pointe permet aussi des découpes précises un peu comme ce que l’on aurait avec un cutter et bien plus que ce que l’on a avec une pointe classique… Pour la cuisine je dirais que pour ce que je lui demande c’est sans soucis, petit bémol en ajoutant que si le tranchant descendait un poil plus bas que la ligne du manche ça serait plus pratique mais ce n’est pas historiquement correcte et à la base ce n’est pas un pur couteau de cuisine non plus… il est très efficace sur les jambons secs un peu durs ou ce genre de chose… Pour manger bien sûr cette taille de lame n’est pas des plus pratique mais pour ça j’ai un petit puukko. Avec ce type de manche on ne batonne pas non plus au cul du couteau, ce n'est pas du tout adapté (le laiton c'est pas top pour prendre des coups) mais ce n'est pas dans mes pratiques de toutes manières.

Pour l’affûtage c’est du XC75 bien traité par un très bon pro (c’est mon avis) c’est donc un affûtage facile et rare, le fil bouge en fait très peu même sur des usages poussés.

Je ferais quelques photos ou video de test...



Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 06 mai 2008 à 13:16:00
 :)

C'est vrai que les scramasaxe, les angons et les francisques cela me trotte dans la tête depuis un moment....  ::)


Je trouve la réalisation bien belle, et l'étui fantastique (respect). J'aimerais avoir ton avis sur deux points :

Pourquoi un montage de type soie dans les couteaux de cette époque ?
Pourquoi un simple emmanchement en force ?

C'est réputé moins solide...pourtant les gens de l'époque étaient plus des utilisateurs que des collectionneurs. C'est étonnant cet aspect cheap des emmanchements, alors que les étuis sont super sophistiqués !

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 06 mai 2008 à 13:54:59
on retrouve les deux emmanchements : forcé ou traversant, d'ailleurs là comme on est pas sur une soie traversante on est assez dans l'entre-deux, mais il y a aussi tellement de niveau différents de finitions et de richesses sur les seax retrouvés depuis le pur utilitaire ou couteau de prestige, bien que pleinement fonctionnel, (avec incrustations d'or (rare car trés peu prisé) ou d'argent ou de cuivre, parfois avec des ME FECIT extremmement prestigieux... C'est un outil, une arme mais aussi la signature ostentatoire d'un statut (celui d'homme libre)... La qualité et le soin d'ensemble est donc aussi en rapport avec ceci : du trés élevé au trés bas, fait à la maison et emmanchés rapidement, au besoin sur des materiaux de récup (une lame cassée n'est pas jetée, ça c'est un concept moderne, elle est reconditionnée en lames plus courtes (pas mal d'exemple là dessus)...

Par contre on retrouve trés peu (voir 0 à ma connaissance) plate semelle : trop consommateur d'acier, pas confortable par temps froids sans gants (ça c'est une supposition)...

Pour le reconditionnement des choses usées ou usagers c'est une importante caractéristoque du MA, surtout chez les gens modestes (mais pas seulement) : on ne jette rien, ou du moins tout est reconditionné et réutilisé (pas forcément par le proprio initial d'ailleurs)...

Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 06 mai 2008 à 14:00:19
o

Par contre on retrouve trés peu (voir 0 à ma connaissance) plate semelle : trop consommateur d'acier, pas confortable par temps froids sans gants (ça c'est une supposition)...


Peut être aussi un problème de transmission des vibrations....?
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 06 mai 2008 à 14:09:38
peut-être mais je crois vraiment que la problématique consommation d'acier reste primordiale : l'acier est cher, autant l'utiliser à de l'utile et étirer une soie à la forge c'est assez basique, d'autant que le forgeron part d'un lopin (alors qu'en concept moderne on part souvent d'un plat)... la rareté de l'acier conditionne d'ailleurs pas mal la typologie de l'armement du clampin de base (ce que je reconstitue à peu de chose prés (je me suis plutôt sur du "moyen de gamme") : la lance (peu consomatrice de métal, terriblement efficace, assez facile à apprendre), le couteau ou la petite hache (le plus souvent en back-up et bien connu parceque déjà des outils), aprés d'autres trucs sont des armes de spécialistes (l'épée, la grande hache danoise)... éventuellement même pour le clampin basique, civil qui vient remplir son devoir,  l'équipement est trés codifié (et fait l'objet de loi)... oups mais je m'éloigne un peu du sujet.
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: lambda le 06 mai 2008 à 14:35:20
Salut!  :)
Tout d abord, behrthramm, ton "processus de decision" est vraiment clair et on percoit bien:
- primo: une belle association entre tes connaissances historiques pointues et le souci de faire revivre l outil pas seulement en representation ou illustration d un epoque revolu, mais aussi fonctionnellement, en tenant compte de tes vrais besoins.
Chapeau!  :doubleup:
- secundo: ton souci de faire bosser les gars de chez nous et de mettre en valeur leur boulot, tout en montrant que le futur client d un coutelier forgeron n est pas forcement passif, et que finalement c est un travail d equipe quelque part. double chapeau!  :doubleup:  :doubleup:

Pour la rarete de l acier a l epoque, je crois que c est aussi pour cette raison que les techniques de Sandwich et tranchants rapportes etaient bien presentes a l epoque ...

a+,
Lambda
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 06 mai 2008 à 14:48:03

Pour la rarete de l acier a l epoque, je crois que c est aussi pour cette raison que les techniques de Sandwich et tranchants rapportes etaient bien presentes a l epoque ...



yep, c'est en particulier le point de naisance du "pattern welding" (qui n'est pas du damas à proprement parlé et j'ai pas le terme français pour ça (à force de trainer avec des gens d'horizon multiples (anglais, hollandais, polonais, allemands, aùéricains)  pour qui l'anglais devient la langue universelle on arrive à plus pouvoir-savoir bien parler la sienne).... mais au XIième la technique sans être perdue devient désuète et les lames homogènes sont les plus courrantes (peut de trace de lames composites sauf sur des lances je crois et là c'est surement du pur décoratif et ce sont des lances de prestiges).

ça me plairait justement beaucoup cette affaire de Pattern-Welding et tranchant rapporté, ça fera surement parti d'un autre processus de décision coutelière... la question étant ensuite oserais je l'utiliser à plein, parceque si c'est pour faire joli je trouve ça super dommage pour l'artisan, pour le couteau, pour le concept... un peu comme une belle voiture qu'on laisserait au garage pour pas risquer de la salir ou de l'user... (bon mais j'aime pas les voitures moi... c'est juste un truc utile parfois).

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 12 mai 2008 à 14:29:42
Bonjour,

Une petite précision venant du "fournisseur" concernant le montage de ses couteaux : je rectifie.

Extrait du Mail de Monsieur Plazen : "Bonjour... la virole n'est pas noyée dans l'Araldite, il n'y a pas un pet de colle ou de résine dans mes couteaux ...."

Excusez-moi   :-[
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: humpfrey le 12 mai 2008 à 18:07:53
J'ajoute que le frangin est bien arrivé à destination et qu'il s'agit vraiment d'un beau couteau ! Je vois pas ou tu as vu que la lame n'était pas pile poil dans l'axe... ;D ;)
Titre: Re : Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 12 mai 2008 à 18:27:06
J'ajoute que le frangin est bien arrivé à destination et qu'il s'agit vraiment d'un beau couteau ! Je vois pas ou tu as vu que la lame n'était pas pile poil dans l'axe... ;D ;)

 8) Il a bien fallut trouver un moyen de les départager afin de pouvoir conserver une "hygiène mentale" correcte....j'ai cru deviner une déviation d'un dix-millième.


Tu remarqueras que je suis très très nuancé :  :D
Citer
Le n°1 avait un plus beau manche et une émouture plus attirante...mais peut être une lame pas "pile poil" dans l'axe.....Dans les deux cas plus des impressions que des défauts.

Ce serait sympa d'avoir tes impressions plus en détail..... ;)

 
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Berhthramm le 11 novembre 2009 à 23:06:31
Killbith, je voudrais contacter monsieur Plazen, je suis loin de Saint Giron, je suis pas à l'aise au téléphone (pas du tout, je dirais même que c'est rédhibitoire à certaine décision chez moi) et j'ai bien envie de concrétiser un projet avec lui... y a t-il un autre moyen (mail ou courrier postal) si oui tu peux m'en dire plus ? au besoin en MP ?
Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: saul31 le 12 novembre 2009 à 04:14:36
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2980.msg54667.html#msg54667 (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,2980.msg54667.html#msg54667)

Titre: Re : Processus de décision en matière coutelière...
Posté par: Kilbith le 14 février 2010 à 18:20:05
Bonsoir,

Un couteau, même un couteau Plazen, c'est fait pour servir (pj). Toutefois, le tranchant est fragile par choix et pour briser les symphyses une hachette est préférable.

J'ai profité du fait qu'en ce moment pour les tests du forum j'emmène un appareil photo en activité, ce qui est rare.
Titre: Droit de suite...plazen 7 ans après.
Posté par: Kilbith le 23 septembre 2014 à 14:33:42
Bonjour,

C'est juste un petit up.

Depuis 7 ans, j'ai utilisé ce couteau pour la chasse et en outdoor. Dans la limite de son enveloppe d'utilisation (couteau fait pour couper et non pour autre chose) c'est un très bon couteau. Il ne vieillit pas.

Un petit bémol pour l'étui qui du fait de la forme du couteau a tendance à être transpercé par la lame quand on rentre le couteau. Il faut être précautionneux et bine "centrer" le geste. Ce n'est pas un défaut de qualité, c'est une contrainte de conception. Elle avait été signalée lors de l'achat.

Le couteau dont il est question ici est un sandwich C130+vieux fer, à l'heure actuelle je crois que la production a évoluée vers du 145 SC de chez Achim Wirtz (un référence dans le domaine des aciers).
Je crois que le changement a été effectué du fait de l'indisponibilité du C130 français (acier pour les limes) et conséquemment de la proposition d'Achim Wirtz.
Donc un acier, le SC 145, encore plus carburé et peut être plus "clean" c'est à dire sans inclusions de Si, S, P...ce qui est mieux pour la qualité du tranchant et sa durabilité.

Voilà, c'était juste un petit up. Plus d'informations et de visuel sur ce forum plus spécialisé :

http://forum.neoczen.org/viewtopic.php?f=11&t=984&start=3360