petite info complémentairespour les ancrages :
Notre cerveau établi sans arrêt des neuro-associations entre des éléments a priori sans lien , un mot évoque une image qui rappelle une sensation qui déclenche à son tour un souvenir . Certaines connexions sont fragiles et ne durent pas dans le temps , d’ autres par contre sont tellement ancrées dans notre système neurologique qu’elles restent actives à des années de distance , si j’ai une réussite exceptionnelle qui m’a mis dans un état de confiance énorme et que juste à ce moment là j’étais en train d’entendre une musique particulière , il est fort probable qu’une neuro-association s’est produite inconsciemment entre mon état interne de confiance et cette musique , le simple fait d’entendre à nouveau cette musique va me remettre en contact avec cette sensation de confiance ou d’ émotion ( exemple les hymnes nationaux ) .
C'est sans doute une sottise que de faire le parallèle, mais je ne peux m'empêcher en lisant cela de penser à ce passage :
Et tout d'un coup le souvenir m'est apparu. Ce goût, c'était celui du petit morceau de madeleine que le dimanche matin à Combray (parce que ce jour-là je ne sortais pas avant l'heure de la messe), quand j'allais lui dire bonjour dans sa chambre, ma tante Léonie m'offrait après l'avoir trempé dans son infusion de thé ou de tilleul. [...] quand d'un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l'odeur et la saveur restent encore longtemps, comme des âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l'édifice immense du souvenir.
Marcel Proust, À la recherche du temps perdu. Du côté de chez Swann, 1913.
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