Vie Sauvage et Survie

Catégorie Générale => Feu de camp => Discussion démarrée par: adi06 le 12 janvier 2015 à 18:29:44

Titre: Vivre
Posté par: adi06 le 12 janvier 2015 à 18:29:44
Cela fait un bon moment que j'arpente les sections de ce forum, deux ans peut-être plus je n'ai pas vérifié, on s'en fout de toute façon.
J'ai appris grâce à vous une quantité de choses impressionnante et je vous en remercie toutes et tous.
Je repense souvent à cette phrase du patron : "Mon boulot c'est prolonger des vies". Ce site est remplis de conseils, trucs et astuces pour justement prolonger la vie, éviter le truc stupide qui fera que l'on va clamser comme un con.
Mais voilà, hier soir dans un moment de blues plus important que d'habitude je me suis poser la question : Pourquoi vivre ? Puis elle s'est tournée différemment : pourquoi prolonger la vie ?
Quelque soit la tournure que vous préférez la question reste sensiblement la même : pourquoi rester sur cette Terre ?
Alors à vous de jouer, merci de mettre ci-dessous vos points de vues, vos anecdotes qui feront que peut-être un mec on fond du trou passera par là et prendra une claque (positive) dans sa gueule et se dira un truc du genre : "m*rde, sors-toi les doigts et débrouille-toi pour vibrer, pour aimer la vie !"
Peut-être qu'on évitera ainsi (j'ai le droit de rêver) un Merah ou un Kouachi ou tout simplement un suicide.
Titre: Re : Vivre
Posté par: raphael le 12 janvier 2015 à 19:08:45
et toi comment vas tu ?  :-\ :-[
Titre: Re : Vivre
Posté par: mrfroggy le 12 janvier 2015 à 20:12:51
"N ayez pas peur du Bonheur, car il n existe pas".

J ai entendu cette citation aujourdhui, et elle m a plu.

Il ne faut pas chercher le "Bonheur" dans sa globalité.. c est clair qu etre heureux toute une vie ,c est  impossible.
Par contre,le bonheur est dans des "petits" ou grand moment d une vie..
Par exemple, jouer avec mes enfants et les entendre rire  :love:... la première fois que ma fille a dit "papa"..  :love:   
Boire une bonne bierre , lors d une pause de la sortie vélo avec un pote  :doubleup:
Se faire chauffer un café sur un feu , seul au fond des bois  :love:
Ouvrir la boite aux lettres et y apercevoir le colis tant attendu   :doubleup:  ;#

Rester vivant, c est peut être aussi croire en l Homme, et se dire que tôt ou tard, il peut en ressortir quelque chose de vraiment bien .
Se dire qu il y a des enfants gravement malades, qui eux souhaitent vivre , alors du coup, se poser soi meme cette question : "vivre pourquoi?" c est un peu déplacé, indécent.. :-[

Titre: Re : Vivre
Posté par: Cheguevarech le 12 janvier 2015 à 20:19:10
Quand je cafarde j'ai 2 ou 3 "baumes" littéraires :
- Les chemins de traverse de Nicolas Hulot où il retourne la phase de son frère suicidé "la vie ne vaut pas la peine d'être vécu" en "la vie doit valoir la peine d'être vécu", et il a je pense réussi à bien remplir la sienne.
- Les racines du ciel de romain Gary qui est un irrésistible élan d'espoir.
- Le bonheur, désespérément d'André Comte-Sponville, pour apprendre à dé-espérer.
Portez-vous bien
che
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Posté par: adi06 le 12 janvier 2015 à 20:45:36
@raphael assez bien pour ne pas me pendre je te remercie. Mais je ne vous imposerai pas ma thérapie ;)
@MrFroggy je suis tout à fait d'accord avec toi c'est indécent, déplacé, mais l'homme a une facheuse tendance à se regarder le nombril et il m'arrive comme a tant d'autres d'être un homme.
@Cheguevarech merci pour ces conseils de lecture, je tacherai de les lire sous peu
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Posté par: Arnaud le 12 janvier 2015 à 21:10:37
A chacun de trouver sa raison... on a tous le choix de vivre ou pas, de la manière dont on l'entend.

Hier, mon père arborai un t-shirt avec une citation qui m'a bien plu: "Think, it's not illegal yet."
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Posté par: mrfroggy le 12 janvier 2015 à 21:11:15
T en fais pas, je ne juge pas, je serais mal placé.. Il m arrive encore parfois d être mal dans ma peau, mais je vais chercher bien au fond de moi cette force . et elle est en chacun . Juste que la survie, c est d abord dans la tête et moi j aime a croire que je suis un survivant, et ça m aide. J aime ça.
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Posté par: adi06 le 12 janvier 2015 à 22:59:38
c'est peut-être juste un état d'esprit à avoir alors.
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Posté par: camoléon le 13 janvier 2015 à 06:34:29
Salut,

Citer
Juste que la survie, c est d abord dans la tête et moi j aime a croire que je suis un survivant, et ça m aide. J aime ça.

Dans ses stages, David nous dit "Si vous êtes devant moi aujourd'hui, c'est parce que vous êtes tous des survivants. Vos parents sont des survivants, vos grands-parents sont des survivants, alors vous êtes des survivants aussi..."

ça m'a marqué cette façon de voir les choses.


Autrement, attaché à la culture japonaise, je me rappelle ce petit mot "gambate", qui est leur devise nationale et que l'on pourrait traduire par "tenez-bon"
Quand on voit toute les catastrophes( naturelles ou pas) qu'ils ont traversés dans leur histoire, et l'état d'alerte quasi permanent dans lequel ils vivent avec stoïcisme, ça ne peut que m'inspirer.

Alors tiens-bon Adi06
Titre: Re : Vivre
Posté par: cassepied le 13 janvier 2015 à 08:50:29
pourquoi vivre?
parce qu'un jour je suis né , que j'ai aimé le jour d’après en me demandant si après demain pouvais être mieux. 
je vis ce jour parce que demain, j'ai mes enfants a m'occuper et que , eux, n'ont pas demandé a être là et qu'il est de mon devoir d’être là. 
après je compte bien trouver un autre motif pour vivre
Titre: Re : Vivre
Posté par: raphael le 13 janvier 2015 à 09:13:16
"Quand tout va mal" J'aime bien ce texte

http://www.marieandersen.net/articles/article9-3.html (http://www.marieandersen.net/articles/article9-3.html)
Titre: Re : Vivre
Posté par: Van le 13 janvier 2015 à 20:48:35
Pourquoi vivre ? Puis elle s'est tournée différemment : pourquoi prolonger la vie ?
Quelque soit la tournure que vous préférez la question reste sensiblement la même : pourquoi rester sur cette Terre ?

Une vie pour quoi faire ?
Un gars a répondu à cette question il y a longtemps. Il a dit : "pour aimer Dieu et son prochain comme soi-même".
Le gars qui a dit ça n'a plus la cote en occident, mais ça n'enlève rien à la pertinence du précepte. A la fin de notre vie pouvoir se dire : "l'Autre a été mon frère, j'ai essayé d'œuvrer pour lui comme pour moi-même", ça a de la gueule, je trouve.
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Tompouss le 13 janvier 2015 à 21:18:14
"Quand tout va mal" J'aime bien ce texte

http://www.marieandersen.net/articles/article9-3.html (http://www.marieandersen.net/articles/article9-3.html)

C'est malin tu m'as fait chialer en pensant au passé... Mais ce texte est vraiment pas mal et regorge de conseils pertinents. Et effectivement tant qu'on continue à mettre un pied devant l'autre on finit par s'en sortir.

Et sinon pourquoi vivre ? Pour moi ça se résume à donner le meilleur de moi même pour les proches qu'il me reste et a profiter pleinement de ce que j'ai au lieu de courir après ce que je n'ai pas.
Titre: Re : Vivre
Posté par: rezemika le 13 janvier 2015 à 22:41:55
Excellente question.
Je cherche la réponse.

Par moment, elle me parait évidente. Parfois, la vie me semble importante, car c'est un peu notre plus grand point commun.

Et puis des fois, je trouve tout ça futile. La vie me parait dépourvue de sens et je perçois notre existence comme étant le fruit d'un incroyable hasard physique, qui aurait rassemblé toute la matière noire et tout ce qui existe pour faire notre univers. Et nous n'en serions qu'une poussière, créée simplement pour exister.

Mais parfois, je me dis que même si tout ça ne sert à rien, autant être inutile et heureux. Si je dois mourrir, je ne sais comment, autant que j'optimise le taux d'endorphine dans mes veines. Une vie inutile et heureuse, c'est toujours mieux qu'une vie inutile et dépressive.

Peut-être que le sens de la vie n'existe pas, ou peut-être qu'il consiste à être cherché. Ma vision globale du truc, c'est "La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut le vie".

Bon je suis fatigué, j'argumenterais demain, désolé.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Patapon le 14 janvier 2015 à 01:19:57
Yo,

Je vais me lancer dans quelques affirmations, qui ne sont ni des vérités, ni des définitions, mais simplement mes découvertes tirées de mes expériences, et ne sont donc pas figées dans le temps: ce n'est que ma réalité. Je ne vais pas tout approfondir, sinon on va en avoir pour des heures (ce qui risque d'être long et chiant).

Avant tout, qu'est ce que "la vie"?

Lorsque l'on parle de notre vie, nous parlons de notre vécu. Celui ci ce qualifie en nombre d'expérience que nous aurons traversé depuis le jour de notre naissance, jusqu'à aujourd'hui. On peu donc affirmer que "la vie" de manière plus globale est le mouvement créer entre la naissance et la mort. Ce mouvement ce qualifie donc en matière d'évolution. Hors, comme jamais ce mouvement ne s'arrête, tout est donc vie, du minéral au végétal en passant par l'animal.

Dans l'autre sens, de la mort vers la naissance, il y a aussi un mouvement de vie, car, sans rentrer dans les notions de réincarnation, lorsque notre costume de peau retourne à la nature, il crée la vie (vers, engrais, etc)

Du coup, qu'est ce que vivre?

La réponse coule d'elle même: vivre, revient à expérimenter et évoluer. L'expérience en elle même, n'est jamais bonne ou mauvaise (qui ne sont que deux dualités, deux faces d'une même médaille). Parcontre, la façon dont tu vas les vivres, et ce que tu vas en tirer - qui ne dépend que de toi - te sera bénéfique ou pas. D'ailleurs, si on y réfléchis, même le négatif va te permettre de l'expérimenter et, qui sais, trouver de nouvelles forces cachées en toi :)

Donc, pourquoi vivre? ;)

Bonne soirée

Hugo
Titre: Re : Vivre
Posté par: fan le 14 janvier 2015 à 08:44:51
Merci pour cette poésie, ça réchauffe le coeur le matin.

J'ajoute une piste "chimique" possible pour les états dépressifs.

Notre cerveau (et donc notre ressenti) est sensible à des substances auxquelles nous sommes exposés.
Le domaine que je connais bien est celui du médicament.

Je ne conseille pas d'interrompre un traitement utile par ailleurs, mais de se poser la question: "et si c'était un médicament?" et d'en parler avec son médecin, en particulier pour des changements d'humeur sans cause évidente.


Titre: Re : Vivre
Posté par: Al Bundy le 14 janvier 2015 à 10:40:01
Règle de vie no1

< Nous sommes tous né en Arcadie, autrement dit nous entrons dans la vie pleins d'exigences de bonheur et de jouissance, et nous avons l'espoir fou de les réaliser jusqu'à ce que le destin nous tombe dessus sans ménagement et nous montre que rien n'est à nous, qu'au contraire tout est sien puisqu'il a un droit incontestable non seulement sur tout ce que nous possédons et acquérons, mais encore sur nos bras et nos jambes, nos yeux et nos oreilles, et même sur le nez au milieu de notre visage.
Vient alors l'expérience et elle nous enseigne que bonheur et jouissance sont de pures chimères qu'une illusion nous indique au loin; qu'un contraire la souffrance, la douleur sont réelles, qu'elles se font connaître elle-même immédiatement sans avoir besoin d'illusion et de délais. Leur enseignement porte-t-il du fruit?
Voici que nous cessons de rechercher bonheur et jouissance, et que nous sommes uniquement préoccupés d'échapper autant que faire se peut à la douleur et à la souffrance. Ou to hêdu, alla to alupon diôkei ho phronimos [Le sage n'aspire pas au plaisir, mais à l'absence de souffrances, Aristote, Éthique à Nicomaque]
Nous nous rendons compte que le meilleur qu'on puisse trouver sur terre est une vie présente sans souffrance, une vie qu'on puisse supporter paisiblement : une telle vie nous est-elle en partage, et nous savons l’apprécier ; nous nous gardons bien de la détruire par une quête sans fin de joies imaginaires et en nous souciant avec angoisse d'un avenir toujours incertain : ce dernier n'est-il pas entièrement entre les mains du destin, quels que soient nos efforts pour lutter contre lui?
Par ailleurs : combien il serait insensé de toujours veiller à jouir autant que possible du présent qui est seul certain, alors que pourtant la vie entière n'est qu'une part de présent plus grande, et comme telle totalement passagère.

Règle de vie no14

On pourrait dire qu'une grande part de la sagesse vécue repose sur la juste proportion selon laquelle nous portons notre attention tantôt sur le présent et tantôt sur le futur, afin d'éviter que l'un nous pervertisse l'autre. Beaucoup vivent trop dans le présent (les inconscients), d'autres trop dans le futur (les inquiets et les soucieux); il est rare qu'il y en ait un qui garde exactement la mesure.
Ceux que leur aspirations font vivre uniquement dans le futur, tourner leur regard toujours vers l'avant et courir impatiemment vers ce qui est en train d'advenir comme si ce dernier allait enfin apporter le vrai bonheur, ceux donc qui laissent passer le présent sans en profiter quand il est là et sans y prêter attention, ceux-là ressemblent à l'âne italien de Tischbein, avec sa botte de foin préalablement reliée à une corde pour accélérer son pas?
Ils ne vivent jamais qu'ad interim, jusqu'à leur mort.
La tranquillité du présent a tout au plus le droit d'être troublée par des maux qui sont eux-mêmes certains et dont le moment où il arrivent est également certain. Mais ils sont très peu nombreux : car, ou ils sont aux-mêmes simplement possibles, dans le meilleur des cas probables, ou ils sont certains mais le moment de leur arrivée totalement indéterminée, ainsi la mort.
Si nous voulons entrer dans ces deux logiques, nous n'avons plus un instant de tranquillité. Pour ne pas perdre la tranquillité tout notre vie durant avec des maux incertains ou indéterminés, nous devons nous habituer à considérer les premiers comme s'ils n'arrivaient jamais, et les seconds comme s'ils n'arrivaient certainement pas maintenant.

"L'art d'être heureux" Schopenhauer.

"N'attends ni ne redoute le lendemain" Sénèque

"Soit l'ami du présent, le futur et le passé te seront donné par surcroit" Clément Rosset

Contrairement à certains de mes camarades, je ne pense pas qu'aucun but ne puisse mener à une tranquillité sure, car on se retrouve frustré, déconnecté dans une certaine attente de ne pas avoir quelque chose qu'on a imaginé avoir besoin. De plus le bonheur arrivé porte en lui son deuil, donc une certaine amertume, ce qui engendre le rythme "souffrance du manque, ennui de posséder"

La ou Pierrot à raison de citer Boris Vian, c'est qu'il décrit une expérience esthétique, et pourquoi l’expérience esthétique nous parait belle et poétique?
C'est parce que le sentiment du beau nous défait de nos pensées, nous connecte au présent si difficile à atteindre.
Et il en va ainsi du reste du poème, une énumération d’expériences nous reliant au présent.
La je rejoins mes autres camarades, qui décrivent des instants de bonheur, qui sont toujours reliés au présent (enfants, amis, dont de soi etc (la nuance importante est alors de transmettre qu'il est rare de ne pas pouvoir y accéder, même si l'on est peu entouré))

"Tendre à désirer ce que l'on a", considérer qu'être>avoir, et de manière générale s’intéresser à la philosophie peut mener à un état d'esprit un peu moins tumultueux.

On vit parce que l'on est né pour cela, après nous avons une certaine responsabilité quant à COMMENT  ;)

Titre: Re : Vivre
Posté par: adi06 le 15 janvier 2015 à 03:29:45
Merci pour toutes ses réponses.
Je crois qu'au même titre qu'un EDC ou que la notion de "back up" la notion du bonheur ou de la raison d'exister est purement personnelle et qu'il doit y avoir autant de variante que de personnes.
Adolescent j'avais cette vision égoïste et mégalo de la vie à la Scarface "Je veux ce qui me revient... le monde Chico et tout ce qu'il y a dedans"
Depuis plusieurs années, la religion n'y est peut-être pas étranger, j'ai changé de philosophie pour "La vie n'a de sens que quand elle est consacrée aux autres" (c'est de ma moi mais je vous la laisse ^^)
Du coup bénévolat, création d'une association caritative, engagement politique etc... bref je me suis donné du mal pour... pas grand chose au final si on le compare à tout ce qu'il reste à faire. Mais bon Mère Thérésa disait quelque chose du genre : " Nous sommes conscient que ce que nous faisons n'est qu'une goutte d'eau dans l'océan, mais si elle n'existait pas elle manquerait"
Du coup on range son ressentit dans un coin, on ne pense pas trop à soi et on continu, on avance dans un certains sens, mais on n'avance que dans le temps, on vieillit mais on ne se bonifie pas pour autant et on est pas non plus pour autant satisfait ni même heureux.
Alors que peut-être le Sage a t-il raison, le secret du bonheur réside peut-être simplement dans le fait de ne pas être malheureux ou peut-être dans celui de ne manquer de rien ou encore d'être avec ceux que l'on aime.
Je vous embête avec mes dérivations à 03h30 du mat mais si je n'ai pas encore trouvé le moyen d'être heureux (et il serait prétentieux de penser percer ce secret un jour) je n'ai pas trouvé pas celui de ne pas être malheureux.
Titre: Re : Vivre
Posté par: camoléon le 15 janvier 2015 à 08:12:03
Salut Adio6,

-"plaidoyer pour le bonheur", de Mathieu Ricard:

"Nous aspirons tous au bonheur, mais comment le trouver, le retenir et même le définir ? A cette question philosophique par excellence, traitée entre pessimisme et raillerie par la pensée occidentale, Matthieu Ricard apporte la réponse du bouddhisme : une réponse exigeante mais apaisante, optimiste et accessible à tous. Cesser de chercher à tout prix le bonheur à l'extérieur de nous, apprendre à regarder en nous-mêmes mais à nous regarder un peu moins nous mêmes, nous familiariser avec une approche à la fois plus méditative et plus altruiste du monde... Riche de sa double culture, de son expérience de moine, de sa fréquentation des plus grands sages, de sa connaissance des textes sacrés aussi bien que de la souffrance des hommes, l'ambassadeur le plus populaire et le plus reconnu du bouddhisme en France nous propose une réflexion passionnante sur le chemin du bonheur authentique et les moyens de l'atteindre."

(présentation de l'éditeur)

une piste?

 ;)
Titre: Re : Vivre
Posté par: raphael le 15 janvier 2015 à 08:19:58
De mon expérience, j'ai découvert que l'on peut être heureux ou vivre des moments heureux sans en avoir conscience sur le moment. Dans une autre vie, je n'avais pas le sentiment d’être heureux (beaucoup d'épreuves....) mais si je me remémore désormais certains moments ; oui j'étais temporairement heureux.

Les moments positifs sont parfois noyés dans un océan d'emmerdes.

Vous connaissez la planche de Galton ?
J'y vois un parallèle avec le déroulement d'une vie ; quand on lance la bille en haut c'est la naissance ensuite chaque clou est un événement de la vie. La direction prise après chaque rebond correspond soit a du positif soit du négatif. Arrivé en bas (fin de vie) : il y a peu de billes tout a gauche (vie pleine d'embuches, vdm...), il y a peu de billes tout a droite (vie heureuse, sans problèmes) et une majorité de billes au milieu (la grosse majorité de la population)
Titre: Re : Vivre
Posté par: Patapon le 15 janvier 2015 à 09:22:18
Yo,

A la planche de Galton, je préfère l'image de l'avalanche, car en plus du terrain, nous rebondissons aussi les uns sur les autres  :)

Maintenant, pour ma part, je trouve que de se donner un objectif, aussi utopiste soit-il, permet de garder un cap et de ne pas s'encombrer de ce qui ne serre pas cet objectif (oui: ça fais du ménage et de la place ;# ). On en revient à la vieille question:"est-ce le parcours ou l'objectif qui compte ? " ;)

Tcho

Hugo
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Nemorale le 15 janvier 2015 à 11:40:34
Maintenant, pour ma part, je trouve que de se donner un objectif, aussi utopiste soit-il, permet de garder un cap et de ne pas s'encombrer de ce qui ne serre pas cet objectif (oui: ça fais du ménage et de la place ;# ).

Un objectif surtout utopiste est difficile à atteindre, selon celui qu'on s'est fixé. Cela m'a conduite à une dépression, donc je crois plutôt au parcours qu'à l'objectif.
Titre: Re : Vivre
Posté par: raphael le 15 janvier 2015 à 19:12:10
A voir ce soir

"Deux jours à tuer" sur FR3

Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?
Titre: Re : Vivre
Posté par: Claude Ponthieu le 16 janvier 2015 à 04:54:58
[point de vue]
PRÉCISION. Mes écrits lapidaires peuvent malheureusement être pris pour des assertions ou des affirmations, ils sont tout au plus qu’un point de vue.

Vie et Bonheur sont deux choses bien différentes.

Le bonheur est indissociable du malheur, surtout si cela devient le but de la vie.
Le but a généralement pour effet de voir la vie à travers des œillères — par effet de focalisation.
De plus, tant que nos agissements et attentes sont soumis aux regards des autres, nous sommes piégés dans nos ornières — par besoin de reconnaissance, etc.
Le monde extérieur n’est que le reflet de nos projections, nous le percevons à travers nos filtres : la croyance en notre pouvoir de transformer le monde ou d’avoir une emprise sur lui, a encore de beaux jours devant elle… — ce désir est basé sur l’Avoir.

Une transformation intérieure permet une transformation de l‘Être — c’est le seul pouvoir que nous ayons.

Autant il y a d’individus autant il y a de chemins, aussi nous devons découvrir notre propre voie et c’est peut être cela le début de la compréhension du sens de la vie.
[/point de vue]
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Nemorale le 16 janvier 2015 à 11:12:06
A voir ce soir

"Deux jours à tuer" sur FR3

Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l'argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement ?
Je lis sur Allociné que "Deux jours à tuer est adapté du roman éponyme de François D'Epenoux". A noter donc qu'il existe un récit écrit.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Tekkel le 18 janvier 2015 à 21:02:08
J'aime bien l'approche orientale des questions existentielles ( Taoisme et Zen ) :

L'importance n'est pas mise sur ce qui est donné ( la temporalité du pourquoi ) mais sur ce que l'on en fait dans l'ici et le maintenant. De plus, le tout et le rien sont en réalité la même chose.

Si on se pose la question du sens de la Vie, la réponse est brutale:
La Vie n'a pas de sens et le pourquoi-du-comment de notre existence nous échappe. Nous sommes dans le néant du sens. Dans le rien.
Mais alors...
Nous sommes aussi dans le tout.
Alors la Vie a tout les sens possibles
Alors on peut lui donner du sens, et le plus beau, celui que l'on veut.
A la question initiale : " Pourquoi vivre ?"
Ma réponse est : La question ne se pose pas puisque tu vis.
Pour moi la vraie question est : Qu'est-ce que tu as envie de vivre ?

Il n'y a rien de plus effrayant que l'inconnu.
On préfère souvent rester dans notre malheur connu et confortable plutôt de tenter l'inconnu, qui nous évoque le néant, le rien...le tout...tout le reste.
Et c'est parce que ça fait peur que c'est difficile et pas l'inverse.

Alors on serre les fesses et on avance comme dit plus haut : " Un pas devant l'autre."

Je crois aussi au parcours qui sert l'objectif. Cependant quand on est au fond du trou, tout paraît insurmontable.
Je suis aussi passée par l'approche Zen.
D'abord me maintenir propre et sainement nourrie.
Ensuite garder mon lieu de vie propre et rangé.
Il peut y avoir un rapport direct entre l'intérieur et l'extérieur.
" Certes mon monde s'écroule, ma vie part en sucette, mais si j'arrive à faire ma vaisselle CE soir, j'y arriverai pour le reste !"
L'entretien de soi et de son lieu de vie peut apporter des satisfactions, des réconforts, des sentiments d'accomplissement et de valorisation qui seront les premiers petits pas vers la sortie du trou.
Ça peut faire sourire ( moi-même je raconte ma ménago-thérapie au second degré ) mais quand on ne trouve plus grand chose à quoi se raccrocher parce qu'on y arrive plus tout simplement, alors chaque petite satisfaction est bonne à prendre...et doit être prise.


Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Al Bundy le 18 janvier 2015 à 21:26:30
J'aime bien l'approche orientale des questions existentielles ( Taoisme et Zen ) :

L'importance n'est pas mise sur ce qui est donné ( la temporalité du pourquoi ) mais sur ce que l'on en fait dans l'ici et le maintenant. De plus, le tout et le rien sont en réalité la même chose.

Si on se pose la question du sens de la Vie, la réponse est brutale:
La Vie n'a pas de sens et le pourquoi-du-comment de notre existence nous échappe. Nous sommes dans le néant du sens. Dans le rien.
Mais alors...
Nous sommes aussi dans le tout.
Alors la Vie a tout les sens possibles
Alors on peut lui donner du sens, et le plus beau, celui que l'on veut.
A la question initiale : " Pourquoi vivre ?"
Ma réponse est : La question ne se pose pas puisque tu vis.
Pour moi la vraie question est : Qu'est-ce que tu as envie de vivre ?

Il n'y a rien de plus effrayant que l'inconnu.
On préfère souvent rester dans notre malheur connu et confortable plutôt de tenter l'inconnu, qui nous évoque le néant, le rien...le tout...tout le reste.
Et c'est parce que ça fait peur que c'est difficile et pas l'inverse.

Alors on serre les fesses et on avance comme dit plus haut : " Un pas devant l'autre."

Je crois aussi au parcours qui sert l'objectif. Cependant quand on est au fond du trou, tout paraît insurmontable.
Je suis aussi passée par l'approche Zen.
D'abord me maintenir propre et sainement nourrie.
Ensuite garder mon lieu de vie propre et rangé.
Il peut y avoir un rapport direct entre l'intérieur et l'extérieur.
" Certes mon monde s'écroule, ma vie part en sucette, mais si j'arrive à faire ma vaisselle CE soir, j'y arriverai pour le reste !"
L'entretien de soi et de son lieu de vie peut apporter des satisfactions, des réconforts, des sentiments d'accomplissement et de valorisation qui seront les premiers petits pas vers la sortie du trou.
Ça peut faire sourire ( moi-même je raconte ma ménago-thérapie au second degré ) mais quand on ne trouve plus grand chose à quoi se raccrocher parce qu'on y arrive plus tout simplement, alors chaque petite satisfaction est bonne à prendre...et doit être prise.

Tu serais la personne qui connait le sens de la vie?  ;D

Je pense qu’on ne peut pas aborder la question du sens de la vie car elle amène tellement de questions philosophiques qu'on ne peut pas arriver, comme un théorème mathématique, à une certaine conclusion (de plus ne pas avoir accès au sens de l'avant vie et l'après vie bloque de toute façon les choses)

Au terme d'une vie philosophique ou par choix religieux (ou autre), on peut attribuer un sens qui sera l'objectif qui guidera à certains comportements, mœurs etc (il est prouvé que la spiritualité est bon pour la santé, excusez la source mais je n'ai pas le temps de me plonger dans les recherches http://www.psychologies.com/Culture/Philosophie-et-spiritualite/Meditation/Interviews/Mediter-c-est-bon-pour-la-sante)

Le tout, pour les personnes fragiles qui n'ont pas d'appui spirituel, étant de ne pas tomber dans le fanatisme quel qu'il soit, religion, sectes ou addictions diverses...
Titre: Re : Vivre
Posté par: Arnaud le 18 janvier 2015 à 23:23:52
Je demande pardon d'avance aux diptères ;#

Si le sens de la vie (au sens large) c'était rien d'autre que d'essayer de perpétuer cette vie au travers des générations successives ?

Quand je regarde la nature (y compris les Hommes qui font pourtant tout pour s'en extraire) c'est ce qui me fascine toujours: la vie au sens brute, la somme de toutes les vies... en transformation constante.

En ce qui concerne le sens d'une vie individuelle, c'est bien humain comme questionnement... mais bon on a le choix, alors pourquoi pas ;) m'étonnerai quand même que beaucoup d'autres espèces animales se pose la question, contrairement à d'autres questions plus universelles: manger ou être mangé ? se reproduire avec ce "partenaire" ou un autre ? etc...
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Al Bundy le 19 janvier 2015 à 00:04:26
Je demande pardon d'avance aux diptères ;#

Si le sens de la vie (au sens large) c'était rien d'autre que d'essayer de perpétuer cette vie au travers des générations successives ?

Quand je regarde la nature (y compris les Hommes qui font pourtant tout pour s'en extraire) c'est ce qui me fascine toujours: la vie au sens brute, la somme de toutes les vies... en transformation constante.

En ce qui concerne le sens d'une vie individuelle, c'est bien humain comme questionnement... mais bon on a le choix, alors pourquoi pas ;) m'étonnerai quand même que beaucoup d'autres espèces animales se pose la question, contrairement à d'autres questions plus universelles: manger ou être mangé ? se reproduire avec ce "partenaire" ou un autre ? etc...

Tu as raison: Toute vie tend à déborder d'elle même sous toute formes
Pour les autres espèces, on partage l'instinctif et la sensibilité/affectif/social, mais ils ne disposent pas vraiment de l'intelligence qui permet la mise en place de stratégie et l'anticipation (du moins pas dans la même mesure), source de nos questionnements

Extrait d'une interview de Nicolas Grimaldi:

La vie, dites-vous, est à elle-même son propre sens mais le sens de la vie est de donner la vie…

La vie est le dynamisme d’une expansivité, le propre de la vie est de déborder d’elle-même, de se répandre, de se diffuser. L’illusion c’est de croire que je suis une réalité, une substance, quelque chose qui existe pour soi-même et en soi-même. En fait, je ne suis qu’une médiation. On ne peut pas me séparer des autres, je ne vis que par eux et que pour eux, tout ce que je suis je l’ai reçu. On ne peut pas penser la vie sans sentir que c’est elle le principe, elle qui nous porte, qui nous traverse, nous la servons.

Mais d’où vient que le don soit le sens de la vie et que la vie nous le cache ?

C’est que la vie nous entretient dans une illusion qui est celle de notre singularité et de notre retranchement. Le moi est la mieux fondée mais la plus constante des illusions. Il y a un ordre de la représentation, nous dit Tolstoï, et un ordre de la vie, et le premier nous cache le second. Car le propre de la vie est qu’elle ne s’accomplit qu’en s’enfermant à chaque fois dans un individu. Il n’y a pas une cellule qui ne soit pas couturée par une membrane. L’individu est une unité qui s’éprouve comme une totalité, qui se croit close dans son épiderme. Nous pensons que c’est une frontière, une limite, mais l’épiderme n’est qu’un organe de communication. Parce que les choses n’existent pour moi qu’autant que je les perçois, je m’éprouve comme le centre du monde. Ce que je ne perçois pas, c’est comme s’il n’existait pas. Réciproquement, je n’existe pour les autres qu’autant qu’ils me perçoivent, qu’ils m’observent. Être, c’est être vu. N’être pas vu, c’est être aussi peu que rien. Il faut donc vivre sur l’estrade, attirer les regards, faire du bruit. D’où cette rivalité de tous contre tous. Pour ne pas y céder, il faut pratiquer une sorte d’ascèse intérieure, se rappeler sans cesse que le moi est un presque rien. Il est comme une vague, on le voit se former, enfler et cependant il n’existe pas. Si je me soucie de l’image que les autres ont de moi, je n’en maîtrise rien. Quoique j’en imagine, je m’abuse, ce ne sont que des fantasmes. Mon moi sous le regard d’autrui est donc le fantasme que j’entretiens avec moi-même. Il faut s’en détacher, se défier du désir de plaire. Les autres ne sont pas mon tribunal.
http://www.lemondedesreligions.fr/entretiens/nicolas-grimaldi-l-esprit-est-l-ultime-efflorescence-de-la-vie-30-11-2011-2055_111.php
Titre: Re : Vivre
Posté par: Nostoc le 11 juillet 2015 à 05:48:42
Vivre parce que le bonheur existe. Même si on le vit pas soi même là tout de suite.
Voilà pour essayer de répondre le plus franchement.

Je me demande aussi quel sens a cette furie à la survivance à travers les millions d'années. Et pourquoi en se bouffant les uns les autres ?
Dans les moments d'épuisement physique extrême, lorsque je peux me reposer enfin,  j'ai un sentiment de néant si intense que j'ai alors l'impression que c'est une vérité profonde et que c'est peut être ce qu'on trouve en mourant. C'est comme si la limite de mes forces sont la limite où mon être vivant se tient construit, qu'après c’est le chaos. Et oui j'ai toujours eu l'idée qu'après l'épuisement, il y a deux possibilités : se remettre ou mourir. Je n'aime pas cette sensation.

Et de mon expérience, je trouve qu'on oublie très vite les mauvais moments, sauf quand ils atteignent une certaine répétition et une certaine durée. Alors ils deviennent la note de référence et alors c'est l'horreur. Mais en dessous de ces limites ils ne sont que des incidents oubliés. C'est pourquoi beaucoup de gens sont incapables de comprendre ceux qui sont bloqués dans le mode horreur. (ou qui l'ont été avec les post traumatismes qui vont avec)
On peut passer du malheur au bonheur. Et l'hygiène de vie globale est importante.
Bon courage à ceux qui traversent de mauvais moments. Tenez bon.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Mrod le 11 juillet 2015 à 10:28:33
Bonjour,

J'étais passé à coté de ce post. Merci Nostoc de l'avoir remonté.

Comme beaucoup d'autres l'ont précisé, ce que je vais dire n'est que mon point de vue, fruit de ma propre expérience.

Pourquoi vivre?

Pendant longtemps j'ai cherché La réponse. A travers la spiritualité et divers expériences. D'autre on aussi emprunté ce chemin par le passé, et s'il y avait Une réponse y'en a au moins un qui l'aurait trouvé depuis le temps et ça se saurait.
J'y ait donc renoncé. J'y ait renoncé aussi car chercher cette réponse ne me rendait pas plus heureux, au contraire. J'ai aussi constaté que ceux qui ne se posaient pas la question était généralement plus heureux. Je pense aux personnes handicapées avec lesquelles j'ai vécu. La plus part n'ont pas notre degré de réflexion. Ils ne se posent pas cette question, ne peuvent pas ce la poser. Certains n'ont même pas conscience d'eux même, conscience de la vie. Ça ne les empêche pas de vivre et d'être heureux.

Je vais tout de même tenter d'apporter une réponse:
On vit parce qu'on est programmé pour ça, certain appellent ça l'instinct de survie mais je suis pas tout a fait d'accord. Ce que moi j'appelle "l'instinct de survie" ne ce manifeste (et nous influence) uniquement en situation réelle de survie. Le reste c'est juste du karma, une relation de cause à effet.

J'ai pas plus d'explication, on est des animaux fait pour survivre (et se reproduire). Les animaux ne se posent pas la question du "pourquoi", ils se contentent de répondre à leur besoins.

Quant à la notion de bonheur/malheur qui pour moi n'a rien avoir avec le sens de la vie j'ai une histoire, qui m'a permis de comprendre pas mal de choses.
C'était dans un parc à loup. Il y avait une meute et dans un grand enclos. Dans cet enclos un tout petit enclos avec un loup en piteuse état. Je discutes avec la soigneuse qui m'explique qu'il est le souffre douleur de la meute et qu'il est fréquemment amoché par les autres et ne se défend jamais. Ils sont obligé de le séparer de la meute de temps à autre pour qu'il se retape. Au début il le mettait à l'écart dans un autre enclos. Et il déprimait systématiquement, comme s'il était malheureux tout seul. Alors ils le remettaient avec les autres et les mauvais traitements recommençaient. Etc... Au bout d'un moment ils ont fait ce petit enclos pour le séparer des autres tout en le laissant à proximité de sa meute. Et il ne déprimait plus.
Il avait sa place dans la meute, même si elle était inconfortable, il était plus heureux comme ça. Son besoin social, de vivre en meute, était plus important que la souffrance que cela pouvait engendrer sa position. En quelque sorte il était heureux comme ça.

Nico
Titre: Re : Vivre
Posté par: Nostoc le 11 juillet 2015 à 13:22:17
Merci pour cette histoire de loup qui me touche beaucoup
Je pense que la place est nécessaire pour être heureux, sinon l'agressivité se déverse sur les maillons faibles. Ça se vérifie facilement avec les poissons en aquarium. La place : quelle quantité de place, quelle durée, quelle qualité de nourriture, quelle liberté, combien de temps,  etc...je pense que comme toutes choses naturelles, la réponse est subtile et notre corps sait nous le faire savoir avec une grande précision. Mais l'éducation nous apprend à ne plus écouter.

Je pense surtout à ceux qui sont en phase de doute sur l'utilité à continuer de vivre (survivre quand on se pose ces questions là). Mais autre chose me motive : un bonheur de grande qualité.
J'ai la certitude qu'il y a des degrés de bonheur et que pour être vraiment très heureux, il faut que tout le monde ait assez de place. Si un loup est le bouc émissaire, c'est que toute la meute souffre en fait. Mais un seul prend pour tous. Voilà, c’est mon côté utopiste, et c’est le sens de ma vie à moi quand tout va bien. (et quand ça va pas, le sens c'est de se battre et/ou de tenir)

Titre: Re : Vivre
Posté par: Arnaud le 11 juillet 2015 à 14:58:11
"... un petit enfant, il n'avait pas trois ans, s'amusait entre des tombes. Les adultes parlaient. Lui aussi parlait mais pour lui-même, avec un marmonnement d'artisan à son affaire. Il a trouvé des éclats de noisette mêlés à du gravier puis, s'éloignant du cercle fermé des voix adultes, il s'est égaré dans les allées. Il ne craignait ni la vie, ni la mort. Il les avait dépassées sans savoir. Il cherchait, disait-il, "des cailloux bleus". Ne pas en trouver ne l'attristait pas. Il n'avait jamais entendu parler de saint Paul. Inutile. On ne réveille pas un éveillé. J'écris ceci et je sais que vous ne me croirez pas : j'ai vu un enfant de deux ans et demi balayer la mort et chasser le temps du monde. Ce travail titanesque était fait en chantonnant, comme il convient."

C.Bobin
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: musher le 11 juillet 2015 à 16:06:55
Etc... Au bout d'un moment ils ont fait ce petit enclos pour le séparer des autres tout en le laissant à proximité de sa meute. Et il ne déprimait plus.
Il avait sa place dans la meute, même si elle était inconfortable, il était plus heureux comme ça. Son besoin social, de vivre en meute, était plus important que la souffrance que cela pouvait engendrer sa position. En quelque sorte il était heureux comme ça.
On retrouve des comportements similaires chez les chiens. Il y avait une vieille chienne que les autres battaient régulièrement. A chaque fois qu'on la séparait, elle se laissait dépérir. Lorsqu'on la mettait dans un box à côté, elle se blessait pour rejoindre les autres et finalement un jour les autres l'ont tuée car c'était écrit. C'était la loi. Ils avaient inscrits dans leur gêne l'élimination des maillons faibles (vieux, handicapés, estropiés...) même s'ils n'avaient plus besoin de chercher leur nourriture.

Dans le Montana, il y a des films ou une meute de loup se jettent sur un de leur membre et le tue.
Lorsqu'il s'agit d'un membre en bonne santé, l'Alpha le chasse de la meute mais là, toute la meute s'est jetée sur lui pour l'éliminer.


Pour savoir pourquoi on vit, regardez un jeune enfant, il se fait pas des noeuds au cerveau. Un rien le rend heureux.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Mrod le 11 juillet 2015 à 17:00:22
Nostoc,

Ce que je voulais dire avec cette histoire c'est que du moment qu'on est à sa place, on est heureux, quelque soit les coups qu'on prends dans la gueule. De toute manière on prends des coups, c'est inévitable.

Nico

Titre: Re : Vivre
Posté par: Nostoc le 11 juillet 2015 à 19:30:23
Il est certain que la nature est extrêmement cruelle, mais j'ai toujours du mal avec ces explications, qui servent souvent à des personnes se disant fortes de martyriser les faibles ou en tout cas ne pas faire d'efforts pour les aider.
Alors ça peut aider à accepter la réalité de se rappeler ces choses, mais je trouve que l'humain a un énorme potentiel pour modifier le cours de la nature.
Ça vous inspire quoi ces vérités ? ça vous aide ?
Titre: Re : Vivre
Posté par: musher le 11 juillet 2015 à 20:21:49
Nostoc,

La nature sauvage est cruelle car elle a besoin de ça pour survivre.
Une meute de loup qui garde ses "indigents" perd des forces à nourrir des éléments qui affaiblissent la meute. C'est pas le cas des louveteaux car eux sont l'avenir de la meute.

Mais les animaux "civilisés" perdent cet instinct. Nos chiens européens ne tuent plus leur congénaire affaibli, par contre les chiens esquimaux le font encore.

Au Japon, il y avait une tradition qui voulait que les anciens qui ne pouvaient aider à la communauté partent dans le froid pour mourir afin de ne pas être un poids pour leur famille.
Pareil chez certains Amérindiens.

Ces vérités m'inspirent qu'on a la chance d'avoir les caisses de retraite, l'allocation invalidité, l'aide "adulte handicapé".


Mrod,
Je sais pas si quelqu'un est à sa place comme souffre douleur des autres. Et c'est pas parce que la nature nous montre des exemples qu'on doit l'accepter.
Même si j'aime beaucoup mes esquimaux, c'est pas parce que ils ont cruels entre eux que j'accepterai qu'on le soit envers moi (ou que mes enfants se comportent entre eux comme mes chiots).
Titre: Re : Vivre
Posté par: Nostoc le 11 juillet 2015 à 23:47:14
Musher,

j'aimerais savoir : qui attaque en premier le plus faible ? Les autres faibles ou les plus forts ?

Quelque part, on est en train de parler de cette pulsion de destruction qu'ont certaines personnes devant les faibles. Et qui font souffrir  les boucs émissaires par exemple.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Claude Ponthieu le 12 juillet 2015 à 11:32:01
Mais les animaux "civilisés" perdent cet instinct.

Cette assertion sortie de son contexte (les chiens), pose question — l’homme, l’animal supérieur et de surcroît civilisé aurait-il perdu cet instinct ? :o


~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
Nos perceptions nous amènent à différentes perspectives…
Titre: Re : Vivre
Posté par: Mrod le 12 juillet 2015 à 11:57:18
On c'est mal compris,

Je voulais pas dire qu'il faut accepter les mauvais traitement de nos congénères. C'est beaucoup plus complexe que ça...
J'ai pas le temps de vous faire un roman philosophico-explicatif.

Claude,
L'homme est le seul animal, a ma connaissance, a tuer ses congénère pour d'autres raison que la survie.

Nico
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: musher le 12 juillet 2015 à 15:57:19
Musher,

j'aimerais savoir : qui attaque en premier le plus faible ? Les autres faibles ou les plus forts ?
Sur les reportages que j'ai vu sur les loups d'Amérique du Nord, c'était le couple Alpha qui commence (et non l'Alpha de même sexe comme pour une bagarre de domination).
Ensuite toute la meute, male et femelle compris se jettent à la curée.

Pour ce que j'ai vu dans les meutes de chiens primitifs, c'est en général le dominant qui provoque la bagarre et les autres qui suivent.
De toute façon, un bon dominant n'accepte pas de bagarre dont il est pas à l'origine.
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: musher le 12 juillet 2015 à 16:38:33
Cette assertion sortie de son contexte (les chiens), pose question — l’homme, l’animal supérieur et de surcroît civilisé aurait-il perdu cet instinct ? :o
A moins que tu considères le Japon du XVIII et les peuples amérindiens du XIX sc comme non civilisé ;-)
Au moyen age lorsqu'un siège durait trop longtemps, on jetait les veillards, les femmes, les enfants et tous ceux incapables de tenir une arme dans le no mans land ou ils étaient condanné à mourir de faim, entre les 2 armées.
L'homme n'étant plus dans une situation de survie alimentaire, n'a plus besoin de faire appel à cet instinct. De la à dire qu'il l'a perdu ???????


Claude,
L'homme est le seul animal, a ma connaissance, a tuer ses congénère pour d'autres raison que la survie.
Paul Emile Victor, dans son livre "Les chiens artiques",commence en disant que les oiseaux sont des animaux cruels car ils tuent sans nécessité.
Titre: Re : Vivre
Posté par: Mrod le 12 juillet 2015 à 16:57:30
Penses-tu qu'un seul homme sur terre soit capable de juger de la nécessite d'un acte?

Nico
Titre: Re : Vivre
Posté par: Nostoc le 12 juillet 2015 à 17:50:44
Je suis personnellement convaincue que les humains trouvent des arguments rationnels pour expliquer leurs agissements instinctifs dont ils n'ont pas conscience. Enfin, certaines personnes ayant plus de visibilité sur leur intérieur que d'autres.
Par exemple, sentir de la jalousie peut amener à prendre garde à rester objectif, ou bien à faire du mal mais sans s'en rendre compte car on trouvera des arguments rationnels pour expliquer comme ça arrange.


Merci Musher pour ton explication, est ce que c'est aussi ce que tu vois dans ton expérience avec les chiens ? Tu ne dois pas voir de curée mais comme avec ce loup en cage, des malmenades ?
Je ne comprends pas quand tu dis qu'un bon dominant n'accepte pas de bagarre qu'il n'ait pas commencée. Il fait comment ?

Sinon, les chiens et tous les animaux domestiqués pas l'homme, l'homme lui même aussi, ont l'art de faire passer la civilisation au dessus des instincts. On sacrifie une part de son être sauvage pour un tout...ou pas. Plutôt que d'aller vivre sur mars, je trouve un magnifique défi à pouvoir concilier la nature sauvage et la prospérité. La nature sauvage dehors et en nous.
Parfois j'imagine que les désigner auraient pour mission de faire des choses qui répondraient au besoin de se sentir connecté à notre environnement, au besoin de garder l'autonomie de comprendre. Une sorte d'ergonomie intellectuelle en plus d'esthétique et physique.
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: musher le 12 juillet 2015 à 22:39:59
Penses-tu qu'un seul homme sur terre soit capable de juger de la nécessite d'un acte?

Nico
Je citais PEV mais j'ai aussi remarqué que les oiseaux (tourterelle, pie chez moi) s'acharnaient sur un oiseau à terre jusqu'à le tuer.
Les chiens , les chats et les chevaux (Ce sont les seuls animaux que j'ai vu se battre devant moi) laissent s'enfuir le perdant ou acceptent sa soumission.
On dit que l'homme est un loup pour l'homme. Malheureusement, c'est pas le cas.   
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: musher le 12 juillet 2015 à 22:54:37
Merci Musher pour ton explication, est ce que c'est aussi ce que tu vois dans ton expérience avec les chiens ? Tu ne dois pas voir de curée mais comme avec ce loup en cage, des malmenades ?
J'ai pas eu de curée car j'interviens avant. Par contre la grand mère de mes 2 premières esquimaux a été massacrée par la meute ou elle était. C'est sa fille et sa nièce qui ont lancé la curée.


Je ne comprends pas quand tu dis qu'un bon dominant n'accepte pas de bagarre qu'il n'ait pas commencée. Il fait comment ?
Un bon dominant va éviter les bagarres au sein de sa meute pour éviter les blessures et la dépense d'énergie inutile.

Quand des dominés démarrent une prise de bec, ll y a une phase d'intimidation, d'esbrouffe et à un moment le son change et ça veut dire que ça va partir  (Là tu coures vers le chenil ;-) ), le dominant rentre dans la mélée et sans mordre, rien qu'en grognant, en jouant des épaules, en montant sur le dos, il va renvoyé les 2 dominés qui vont se soumettre au dominant.
J'ai eu un husky, un dominant super, il avait calmé le jeu avant que j'ai le temps de monter.


Sinon, les chiens et tous les animaux domestiqués pas l'homme, l'homme lui même aussi, ont l'art de faire passer la civilisation au dessus des instincts.
C'est surtout l'homme qui a sélectionné dans chaque race les individus les plus "civilisés" pour avoir la paix.
Quand à l'homme il s'est aperçu qu'il était plus utile de vivre en paix que de vivre sous la menace perpétuelle d'un conflit. C'est pour ça qu'il a crée le code de la Chevalerie,  les tribunaux et leurs codes, l'ONU...
Titre: Re : Re : Vivre
Posté par: Patapon le 18 juillet 2015 à 02:49:40
Yo

Pourquoi vivre?

Pendant longtemps j'ai cherché La réponse. A travers la spiritualité et divers expériences. D'autre on aussi emprunté ce chemin par le passé, et s'il y avait Une réponse y'en a au moins un qui l'aurait trouvé depuis le temps et ça se saurait.
J'y ait donc renoncé. J'y ait renoncé aussi car chercher cette réponse ne me rendait pas plus heureux, au contraire. J'ai aussi constaté que ceux qui ne se posaient pas la question était généralement plus heureux. Je pense aux personnes handicapées avec lesquelles j'ai vécu. La plus part n'ont pas notre degré de réflexion. Ils ne se posent pas cette question, ne peuvent pas ce la poser. Certains n'ont même pas conscience d'eux même, conscience de la vie. Ça ne les empêche pas de vivre et d'être heureux.

Je me permet une petite image libre d'interprêtation: vous connaissez suremment ce jeu d'enfants où l'on doit mettre pièces avec une certaine forme, dans des trous avec les formes correspondantes. Si on essai de rentrer un cube dans un rond, on y arrive pas. Pour que ça marche, faut sortir un couteau et dégommer les angles du cube....mais du coup, c'est plus un cube...

Pour cette question là, c'est un peu pareil  ;)

Citer
Je vais tout de même tenter d'apporter une réponse:
On vit parce qu'on est programmé pour ça, certain appellent ça l'instinct de survie mais je suis pas tout a fait d'accord. Ce que moi j'appelle "l'instinct de survie" ne ce manifeste (et nous influence) uniquement en situation réelle de survie. Le reste c'est juste du karma, une relation de cause à effet.

J'ai pas plus d'explication, on est des animaux fait pour survivre (et se reproduire). Les animaux ne se posent pas la question du "pourquoi", ils se contentent de répondre à leur besoins.

Quant à la notion de bonheur/malheur qui pour moi n'a rien avoir avec le sens de la vie j'ai une histoire, qui m'a permis de comprendre pas mal de choses.

La question du bonheur/malheur....ça en revient à la question de la dualité :)

Tcho

Hugo

(P.S.: je sais: j'apporte pas de réponses; mais je suis convaincue qu'à ce genre de questions il ne peut y avoir que des réponses de soi pour soi; mes réponses (si j'en ai) ne vous serviraient donc à rien....)
Titre: Re : Vivre
Posté par: Claude Ponthieu le 18 juillet 2015 à 10:32:45
Êtes-vous bien informés ?

Combien de cerveau avons-nous ?

Question absurde !

Lisez et digérez cet article… (http://www.sciencepresse.qc.ca/blogue/2013/02/15/cerveau-vos-entrailles) ;)
Titre: Re : Vivre
Posté par: Patapon le 18 juillet 2015 à 12:56:51
Yo

Ce n'est pas là l'interprétation que j'avais....mais après tout: j'ai dit que c'etait libre,  alors.... 😉

Merci pour l'article...je crois que c'est l'émission "les incroyables pouvoirs du corps humain" qui en parlait.

Tcho

Hugo