Vie Sauvage et Survie
Équipement et matériel => Matos de survie => Discussion démarrée par: DavidManise le 10 décembre 2012 à 16:49:57
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Salut :)
Depuis un moment, je m'amuse à tester en long, en large et en travers le COTON, bien hydrophile comme on n'aime pas, dans mes systèmes de vêtements...
Eh oui, je sais. C'est mal. Ceci dit, j'avoue, j'utilise du coton sous certaines conditions... et utilisé de la bonne manière au bon moment, ça le fait grave, en fait.
Je l'utilise comment ? Ben surtout dans des activités modérées, dans des systèmes de vêtement super épais genre "il fait froid". Le weekend dernier, repérage dans le Queyras et vers Embrun pour des lieux de stages nouveaux pour 2013/2014... ben il faisait froid hein. -15, -17 avec du vent le matin. Je portais, dans l'ordre (du plus proche au plus éloigné de moi) :
- t-shirt en coton décathlon à 4 euros
- pull en laine mérinos (ullfrotté 600)
- smock arktis "ultralight", donc du coton légèrement imperméabilisé...
- le tout très ample. Je pense que ça joue un rôle crucial, ça. La smock est super large, la woolpower aussi, et le t-shirt idem...
Et c'est tout (pour le corps, j'avais bien sûr un bonnet et un tour de cou, des mouffles, tout ça).
Je pétais de chaud, même à l'arrêt (mais au soleil et à l'abri du vent, l'arrêt hein)...
A midi, mon t-shirt en coton était légèrement humide, je sentais un peu le froid dans le dos. Je l'ai retiré et remplacé par un sec. Et j'ai mis le mouillé par dessus ma smock pour qu'il sèche sans trop me refroidir. J'avais l'air d'un clown, mais je n'avais pas froid du tout... Après une heure (pause de midi au soleil), j'avais de nouveau deux t-shirts secs. J'ai remis celui qui était par-dessus ma smock dans le sac, et roulez.
Là où j'ai été intrigué, c'est que je pensais avoir assez vite froid avec ce système. J'avais même pris ma doudoune en backup. Mais non. J'étais super bien, jusqu'à ce que j'atteigne un point de saturation dans le coton qui a fait que ça a commencé à devenir désagréable et froid. Bref, au lieu d'éloigner l'humidité de moi par évaporation, je l'ai éloigné mécaniquement en utilisant une éponge que j'ai retirée ensuite.
C'est sans doute pas très orthodoxe, au pays du "le coton c'est mal"... mais en fait ça a fonctionné pour moi.
J'aimerais qu'on discute de cette hérésie ;#
Ciao ;)
David
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Ben, moi qui n'ait pas de vêtements techniques, et qui n'y connait pas grand chose, je me débrouille toujours un peu comme ça, avec tee shirt decath, plus t shirt manche longues ou chemise ou rien, plus pull ou polaire, plus vieille veste à moitié imperméable et déchirée de partout, plus poncho s'il pleut, j'ai pas toujours très chaud, mais je ne suis jamais mort de froid non plus! Par contre je transpire peu et change très rarement de tee shirt, mais enlève une couche si j'ai trop chaud.
Après mon sac de rando ne ressemble plus à rien avec le pull et la veste dessus!
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Ouaipe...
J'ai passé les deux tiers de ma vie au Québec en faisant comme ça aussi hein ;)
Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre ce qui fait que ça marche. En fait, je pense que le coton, enfermé dans ce système, permet en pompant l'eau de conserver les propriétés isolantes de la laine au top... avec une polaire large ça a l'air de marcher aussi, mais pas aussi bien...
Des expériences ?
David
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Des expériences ?
Un peu.
Il m'est arrivé aussi de pratiquer à l'occasion, sans forcément trop donner suite puisque j'ai du matos technique à portée de main, mais plutôt content des expériences.
Sinon, j'ai passé beaucoup de jours et de nuits à bosser dehors dans la pluie, le vent et le froid, avec une veste en gros plastique épais complètement étanche rembourrée de fine ouate de coton, selon le même principe que l'espèce de chemise en coton à l'intérieur des Barbour mais en plus massif. On sue dedans mais on n'est pas trop mouillé parce que ça pompe à travers les couches isolantes tant qu'elles restent assez fines, c'est rigolo. Tant que le poids n'est pas un problème et qu'on peut faire sécher le bidule au moins une fois par 24 heures.
Mais là où je me sers, en loisirs et par choix, du caractère hydrophile du coton, c'est pour mes grolles en hiver. Quand on ne peut jamais vraiment éviter que l'intérieur finisse mouillé. J'enfile des chaussettes en coton pendant une heure, pi retour aux chaussettes en laine. Surtout avant une nuit froide.
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Salut,
a vrai dire c'est à peu de chose prêt la configuration que j'ai toute l'année au travail. (t-shirt coton, chemise coton, pull en laine et des fois une veste pour la pluie dessus)
Travail assez physique sans être très intense.
En fait bien, sur que ça marche. Mais il est vrai que après une grosse journée sans pouvoir se changer, il faut pas s'asseoir sur un banc pour la nuit.
D'avoir un vêtement coupe vent par dessus permet aussi de garder cette couche humide chaude. Et durant l'effort le surplus de chaleur évapore la transpiration si on ouvre un peu.
En fait je me suis jamais posé la question de faire autrement... Si! des fois quand il fait très froid je met un damard dessous.
Pis en fait je déteste les sous vêtement synthétique, ça pue!
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Si! des fois quand il fait très froid je met un damard dessous.
... et tu gardes le coton en plus, ou tu mets juste le damart ?
Ciao ;)
David
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Je suis un vrai petit oignon... je garde le coton...
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Intéressant!
C'est marrant, pendant longtemps (avant d'investir dans du matos spécifique) et aujourd'hui en cas de voyage ou je n’emmène pas de teeshirt technique pas beau mais 2/3 jolis en coton :-[ , j'ai souvent utilisé une technique un peu différente, mais avec la même idée. j'avais jamais osé en parler en fait, et puis je suis passé au synthé, puis au mérinos pour mes sortie hiver et du coup l'idée était resté au placard parce que depuis quelques temps je vais plus trop au froid.
Je met une polaire fine genre ma decat à capuche à même la peau, et le teeshirt coton par dessus. l'idée c'est que la flotte est attiré par le coton et maintien ainsi la peau et la polaire, relativement hydrophobe au sec. Du coup pas de sensation de dos froid quand l'effort me fait transpirer d'avantage sous les aisselles, la majeur partie de la transpi va vers le tee shirt et la sensation de mouillé est bien moindre, la polaire restant relativement efficace même humide. Je m'étais dit au début que cette sensation désagréable pouvais être évitée en faisant comme ça et en plus j'avais la classe avec mon tee shirt Volcom par dessus ma polaire à 3 euros ( c'est con un ado ::) ) . Le tout avec mon vieux imper camo à poche kangourou pas respirant en cas de gros vent ou de précipitations neigeuse, j'ai accompagné mes potes équipés "la classe" au snow pour les regarder sur le park pendant pas mal d'années sans problème. Aujourd’hui j'utilise avec succès une rain cut 1er modèle à laquelle j'ai ajouté du cordon élastique et des perle de réglages aux manches et à la taille, le packlight du pauvre quoi...
Là où je trouve que c'est intéressant c'est que en y réfléchissant je me sers du même concept ici au Brésil pour des conditions opposées.
Quand je vais dans la forêt, l'humidité et très élevé, il ,n'y à pas de vent, peu de lumière direct et en journée il fait entre 25° et 35° une bonne étuve quoi.
Au début, comme prescris par tous, je n'utilisais qu'une chemise ou un teeshirt en coton, mais rapidement ça colle, c'est pas agréable et les frottements avec un sac par ex. irrite la peau facilement à la longue.
Du coup un jour j'ai essayer de mettre un teeshirt en maille à trou synthétique très fin et un peu fragile en première couche et par dessus la chemise en coton ouverte ou une veste coton plus épaisse sans manche pour la saison sèche ou il n'y à pas trop de moustiques (pas de palu ni de denge là où je vais).
C'est nettement mieux, le coton continu à rafraichir et faire la protection mécanique tout en étant isolé aux points de frottement avec la peau, la sensation de "mariné" est réduite et comme la chemise est ouverte et ample, la ventilation mécanique est bien meilleure ce qui, je trouve, améliore le séchage en saison sèche ou l'humidité de l'air est moins forte.
Si ça t'intéresse je peux faire des photos, je pars demain visiter un village indien que je connais pas, j'aurai peut être l’occasion d'aller faire un petit tour en forêt.
A+
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Salut le fil,
Je teste un truc en ce moment basé sur ce principe de dessiccation par le coton.
Lieu : Vosges, en ce moment, neige et températures négatives.
Presque chaque matin je me tape un dénivelé assez important pour me rendre sur des affûts photographiques. Lesté d'un sac à dos photo (donc pas/peu aéré), et uniquement avec un Woolpower 200 et un buff pendant la montée, je termine mon ascension en sueur et le dos trempé. J'enfile un peu avant d'arriver à mon affût une polaire 300 (décat), ma Morgedal (epic coton), et un buff en laine sous le buff qui m'a servi à la montée. Je rajoute un troisième Buff en tour de cou. Éventuellement gants en cuir. Éventuellement sous gants en soie.
Au final ça se passe à peu près bien les deux premières heures par -7°C sous abri environ (pour mes essais les plus froids), mais ensuite j'ai un peu froid et ne peut tenir qu'une heure de plus, et après il faut que je bouge.
Depuis deux sorties, j'ai ajouté sous le Woolpower un T-Shirt en coton très ample. Et arrivé près de mon affût, je passe le T-Shirt en coton par dessus la polaire et sous la morgedal pour le sécher, et je suis donc dans la configuration Woolpower 200 - Polaire 300 - T-Shirt coton - Morgedal.
Ben c'est top... j'ai une sous couche quasiment sèche, même au niveau du dos. Je vais en savoir plus sur les limites de la config dans les jours à venir car il va faire pas mal plus froid, mais je me demande si je ne gagnerais pas encore en confort en mettant le T-Shirt en coton par dessus le Woolpower lors de la montée, quitte à le laisser là ensuite pour qu'il participe y compris pendant l'affût à un assèchement plus rapide du Woolpower : je dois tester cette configuration demain matin (-5°C sous abri) et mercredi (-10°C annoncé sous abri), si demain est concluant.
À suivre ;)
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je connais l'utilisation du coton dans certains cas pour les plongeurs qui doivent vite se réchauffer
au sortir de l'eau
1ere couche : un filet
2 eme couche : une ouate synthétique
3 eme couche : du coton !!!
c'est bien illustrer ici sur ce type de vêtement dessicant
http://wiggys.com/moreinfo.cfm?Product_ID=194&CFID=15018330&CFTOKEN=67294653
On peut aussi porter un plaid coton sous une ouate synthétique à condition qu'elle soit suffisamment dense
pour évaporer TOUTE l'humidité
Généralement ceux qui font ceux là prennent un TRES BON BACK UP Synthétique ce qui évite la désagréable
sensation de froid humide et/ou de devoir enlever le T-Shit dare-dare...
;)
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Une idée comme ça, lorsqu’il s'agit de faire sécher cette couche contenant du coton souvent/rapidement, est-ce qu'il serait judicieux d'utiliser du polycoton?
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Le polycoton sècherait plus vite mais comme il est moins hydrophile, ça ferait moins bien le boulot de dessicant. Logique ? ;)
David
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Dans le genre j'ai expérimenté une combi dont je suis assez satisfait :
- T-shir D4 de running en synthétique ultra respirant : http://www.decathlon.fr/t-shirt-running-deefuz-essentiel-id_8199787.html
+ T-shirt coton basic
+ T-shirt coton manches longues
+ Pull en laine, en l’occurrence un vieux cachemire mangé par les mites (sales bêtes :( )
+ Polaire quand je suis à l'arrêt.
+ Dernière couche : gilet genre reporter qui sert plus de plateforme d'emport pour le matos du premier cercle.
Le t-shirt de running draine la sueur qui se répartie dans les deux couches de coton et la laine reste assez sèche.
Pour l'instant je n'ai pas testé cela au delà de -5° mais je pense que ça devrait encore le faire jusqu'au - 10 car en mouvement j'ai FRANCHEMENT chaud... A tel point que le foulard et même parfois le couvre-chef deviennent de trop alors que portant le terrain ne fait pas monter dans les tours.
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Un truc qui va vraiment bien quand on peut faire sécher ses fringues qu'on est en mouvement mais pas trop (pas de surchauffe) c'est de mettre un t-shirt coton juste sous sa veste/poncho quand il pleut. Testé sous un k-way pas respirant, une "goretex" AF et un poncho :up:. Cependant, il ne faut pas oublier le t-shirt de rechange pour quand on repart.
David, un truc m'interpelle dans ta description : le coton ne me gêne pas non plus dans ce genre d'activité mais pas parce qu'il fait office de dessicant mais juste parce que mon corps est assez chaud pour que la sensation de froid ne soit pas trop intense.
En revanche, pour les activités en dent de scie modérées (là où le corps n'a pas le temps de "lancer" la machine), j'évite à tout pris le coton. Je me suis fais piéger plusieurs fois au boulot à cause de ça. Un matin, alors que je n'étais pas trop loin de la maison, je suis allé changer ma chemise F1 contre un T-shirt en laine D4 manches longues : effet direct, plus de sensation de froid de la journée.
a+
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très logique, c'est pour ca que je me pose la question, dans quelle mesure ca vaudrait le coup?
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Petit retour sur mon utilisation du coton comme dessiccant.
(...)
Depuis deux sorties, j'ai ajouté sous le Woolpower un T-Shirt en coton très ample. Et arrivé près de mon affût, je passe le T-Shirt en coton par dessus la polaire et sous la morgedal pour le sécher, et je suis donc dans la configuration Woolpower 200 - Polaire 300 - T-Shirt coton - Morgedal.
Ben c'est top... j'ai une sous couche quasiment sèche, même au niveau du dos. Je vais en savoir plus sur les limites de la config dans les jours à venir car il va faire pas mal plus froid (...)
De mes deux configurations possibles, celle-ci est de loin la meilleure.
Le coton, près du corps absorbe un maximum de transpiration sans sensation de froid puisque je suis (très) actif.
Lorsque j'arrive près de mes zones d'affût, je me déshabille, essuie un maximum de transpiration avec le T-Shirt en coton, et enfile mes différentes couches dans cet ordre : Woolpower - Polaire - T-Shirt en coton - Morgedal ; et c'est vraiment plus confortable que de faire la monter sans T-Shirt en coton.
J'ai testé cette configuration hier, par -13°C, et ce matin.
(...)
je me demande si je ne gagnerais pas encore en confort en mettant le T-Shirt en coton par dessus le Woolpower lors de la montée, quitte à le laisser là ensuite pour qu'il participe y compris pendant l'affût à un assèchement plus rapide du Woolpower : je dois tester cette configuration demain matin (-5°C sous abri) et mercredi (-10°C annoncé sous abri), si demain est concluant.
À suivre ;)
Cette configuration m'a semblé très mauvaise.
Je l'ai testée Mardi, par -5°C environ, et elle s'est avérée pire que sans coton. Il semblerait que dans la configuration sans coton, l'essentielle de la sueur se condense à l'extérieur de la polaire lorsque je l'enfile, et que la Woolpower n'est humide que parce qu'elle est en contact directe avec le corps et la transpiration. Avec le T-Shirt en coton entre la Woolpower et la polaire, cette propriété est brisée, et la sueur condense dans le coton, sous la polaire. Cela imbibe la Woolpower par l'extérieur en plus de ce que le corps transpire. Finalement, une fois le coton saturé, la Woolpower est bien plus mouillée que si je ne mets pas de T-Shirt en coton entre ces deux couches, et l'affût qui a suivi a été un petit enfer : heureusement que j'avais un backup avec un gilet en polaire 200 en plus car le refroidissement a été plus important avant que la Woolpower ne sèche... après avoir enlevé le coton ;)
Voilà pour ma configuration. Je vais définitivement adopter le système 1) cet hiver.
J'y vois quelques similitudes, mais je conçois cependant que, par rapport au fil initial, ma pratique diffère quelque peu et n'est pas forcément transposable.