Vie Sauvage et Survie

Équipement et matériel => Matos de survie => Discussion démarrée par: Karto le 17 septembre 2012 à 19:53:06

Titre: Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 17 septembre 2012 à 19:53:06
Session enfonçage de portes ouvertes. Ceux qui cherchent des idées neuves peuvent passer leur chemin.
En et plus c'est vrai.
On dira pas que j'ai pas prévenu ;)

Combien de fois j'ai lu ici la réponse standard "un couteau de survie, c'est un couteau que t'as sur toi en situation de survie."
C'est vrai, mais j'ai l'impression que 82% des gens n'ont pas remarqué que la phrase marche dans les deux sens.
J'ai l'impression que cette phrase est souvent utilisée pour dire (à juste titre) qu'on ne chosit pas comment la m*rde nous tombe au coin de la figure. Mais j'aimerais l'entendre dans l'autre sens, parfois : quand la m*rde nous tombe au coin de la figure, on se présente à elle tel qu'on s'est préparé quand tout allait encore bien.

Tiens, on rembobine et on recommence.
Récemment j'ai lu cet échange qui m'a laissé sur le cul. Les noms sont légèrement altérés.
Eude-Alphonse a présenté un objet. L'inquisition veut lui faire avouer que l'objet ne sert à rien.
Il précise alors :

Citation de: Eude-Alphonse
Utiliser cette gourde aussi bien en contenant de flotte, qu'en popote se place dans un contexte de survie "dégradé", style stage N2 avec juste un fond de sac, ou pire N3 avec juste quelques objets.

(le pauvre ne savait pas que la gourde est bien trop grosse pour qu'on la lui laisse en N3, mais là n'est pas le sujet)

Moyennant quoi son inquisiteur l'absoud :

Citation de: Torquemada
merci d'avoir précisé le contexte, dans ce cas là je suis d'accord pour la polyvalence de cet objet. Dans d'autre cas non.


Vous avez compris ?
Moi pas.

C'est quoi les "autres cas" ?!  :blink:
C'est quoi "un contexte dégradé" ? Dégradé sous-entend qu'avant c'était bien. Avant y'avait du grade quoi. Y'avait un "contexte gradé" ;#
Alors quels objets est-ce qu'on a en "contexte dégradé" ? On a ceux qu'on avait au moment où le contexte s'est dégradé. Autrement dit : on a ceux qu'on avait dans "l'autre cas" (moins ceux qu'on aura perdus pendant la dégradation, mais ça c'est encore autre chose)

Concrètement, Eude-Alphonse et Torquemada évoquaient une randonnée.
C'est pas dégradé, donc je ne prends pas les objets qui marchent en mode dégradé ?! Mais si ça se dégrade, je rentre à la maison les chercher ?


Tiens, exemple dans un autre contexte. La photo là c'est un pote à moi. Il est assis sur un confortable siège en mousse tapissée de bleu indigo très agréable à l'oeil, dans un petit aéronef climatisé. La situation pas dégradée par excellence. Idéalement il serait en chemisette hawaïenne et profiterait du voyage avec un sourire.

Au lieu de ça il porte trois épaisseurs thermiques, une combi gore-tex, un gilet de sauvetage gonflable heavy-duty, un système de respiration, une balise radio, des balises lumineuses, et encore je parle pas de la cagoule, des gants ni du masque-à-embruns qui sont dans ses poches. Le tout serré sans douceur dans un harnais 4 points.
Le mec il a trop chaud, il sue, il peut pas bouger il est tout coincé et il se souvient de jours où il lui est arrivé de respirer plus confortablement. (d'ailleurs ça se voit à sa tête)
 
(http://img15.hostingpics.net/pics/66081950j.jpg)

C'est un survivor en herbe ou quoi ? Il pourrait être tellement plus à l'aise en ne s'encombrant pas de cet inutile.
Huh ?  :blink:




Ca vaut pour tout. A court terme, et à long terme.

Les fringues que tu porteras, la tête à l'envers dans une carlingue à moitié submergée dans l'eau à 3°C, c'est les fringues que tu portais quand t'étais peinard sur ton siège bleu.

Les potes que t'auras quand ce sera la grosse m*rde, c'est les potes que t'avais déjà avant. (moins ceux perdus durant la dégradation  :huh:)



Je vous avais prévenu.
Et moi je suis déjà plus là ;)...
Mais peut-être que c'était utile à rappeler.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Anke le 17 septembre 2012 à 20:03:11
Mindset, adaptabilité, polyvalence, inventivité.... neurones...
Le seul couteau ( pfff c'est moi qui dit ça, j'hallucine !) ou le seul matos de survie qui soit vraiment de survie, c'est ce que je trimballe entre mes deux oreilles....
Le reste... C'est une histoire de moyens financiers, d'études sur les textiles machin-chose. C'est certes interessant et enrichissant sans aucun doute. Mais, se pencher sur ces sujets là est (amha) formatrice, car elle amène vers une reflexion sur des exemples, un savoir qu'on pourra utiliser quand ça sera le moment ( ou pas).


Je crois !
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 17 septembre 2012 à 20:23:52
Mindset, adaptabilité, polyvalence, inventivité.... neurones...
Le seul couteau ( pfff c'est moi qui dit ça, j'hallucine !) ou le seul matos de survie qui soit vraiment de survie, c'est ce que je trimballe entre mes deux oreilles....
Le reste... C'est une histoire de moyens financiers, d'études sur les textiles machin-chose. C'est certes interessant et enrichissant sans aucun doute. Mais, se pencher sur ces sujets là est (amha) formatrice, car elle amène vers une reflexion sur des exemples, un savoir qu'on pourra utiliser quand ça sera le moment ( ou pas).


Yes t'as raison, dans mon "ça vaut pour tout" j'aurais pu mettre des exemples issus des autres étages de la fameuse pyramide !

Quand ça m*rde, t'as le physique que t'avais dans "l'autre cas"...
etc...


Je joue pas sur les mots hein.
Il est évident que quand ça m*rde on peut se retrouver à poil en deux deux. Tu connais un peu certains pans de l'histoire familiale... Ma réaction partait évidemment de la lecture de mecs qui spécifient qu'un objet "de survie" n'a pas de valeur avant. Mon pote dans l'hélico qui fend les brouillards de la Mer du Nord, s'il doit passer à la baille il sera armé de son envie de vivre et du mordant avec lequel il me faisait tant rire (état d'esprit), de ses biceps de branleur aguerri (physique), de l'entraînement pratique reçu pour évacuer un hélico submergé et prendre les mesures nécessaires pour augmenter ses chances de survie en mer (savoir / savoir-faire), mais il sera aussi vachement content de pas avoir voyagé en chemise à fleurs.

Ca aussi c'est de la survie hein. La preuve : c'est pas romantique.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: guy le 17 septembre 2012 à 21:06:00

 Ma réaction partait évidemment de la lecture de mecs qui spécifient qu'un objet "de survie" n'a pas de valeur avant.
Un objet à la valeur qu'on veut/peut/sait, lui donner. Même si il ne faut pas sous estimer les "qualités intrinsèques" de l'objet.
Si les circonstances difficiles nous amènent à être ingénieux et inventif, l'objet qui avant pouvait être d'une banalité sans nom peut devenir un pilier utilitaire.

Ma survie musicale, possédant un balladeur mp3 qui à tendance à planter, est en grande partie due au trombone ou épingle à nourrisse que j 'ai sur moi et qui sans ça ne me sont d'aucune utilité (pour reset).

Les objets qui m'entourent ont une valeur potentiel. Il se peut que ce potentiel soit inactif du fait de mon non besoin ou de mon manque de créativité.

Après ce n'est que mon petit avis (suis je bien dans le sujet?! lol)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Gros Calou le 17 septembre 2012 à 21:19:15
Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand... Mon gros cul, ton cerveau seul ton cerveau et ta rage de vivre t'aideront quand tu sera dans la mouise, après tes outils te sauveront le cul tant que tu as un cerveau pour bien t'en servir, si tu n'en a pas et bien ton cerveau et ta rage de vivre feront avec, jusque l'extrème limite  ;)
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 17 septembre 2012 à 21:39:11
Guy ouaip c'est une autre façon d'exprimer la pyramide introduite par Serge :
Etat d'esprit > Physique > Compétences > Matos
J'aime bien ton idée de "potentiel" d'un objet révélé par l'imagination de l'utilisateur.

Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand... Mon gros cul, ton cerveau seul ton cerveau et ta rage de vivre t'aideront quand tu sera dans la mouise, après tes outils te sauveront le cul tant que tu as un cerveau pour bien t'en servir, si tu n'en a pas et bien ton cerveau et ta rage de vivre feront avec, jusque l'extrème limite  ;)

Heu ouais Calou, ouais, mais c'est pas de ça que je parlais ce soir hein  ;D
Comme déjà répondu à Anke plus haut.

Y'a des soirs où c'est dur la vie  :'(
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Gros Calou le 17 septembre 2012 à 21:44:10
Ouais, il y a des soirs hein !  ;) Peut-être un peu jumpy (pourquoi un peu  ;#), désolé, mais tu me connais, lire entre les lignes, pas ma qualité première  ;)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: greenman le 17 septembre 2012 à 21:45:11
C'est pas un peu le concept d'edc?

Avoir sur soit du matos sans trop que ça nous gênes,avant, pour qu'il puisse servir après?
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Kam le 17 septembre 2012 à 21:52:28
Je crois qu'on a relu le même sujet (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,59364.0.html) aujourd'hui. Mais du coup je ne sais pas si je dois répondre en fonction du sujet auquel tu fais référence mais dont tu ne parles pas ou pas. ;)

J'ai certainement un regard biaisé sur l'affaire, mais je vois plus dans la remarque de "Torquemada" une façon polie de dire "hors fin du monde / invasion de zombies, c'est trop lourd pour pas grand chose mais je n'ai pas envie de lancer un débat là-dessus sur ce forum". Je me trompe?

Je pense aussi que Torquemada est beaucoup plus dans une démarche d'allègement que dans une stratégie de protection face à toutes les merdes possibles et imaginables. Je ne veux pas ouvrir la boîte de Pandore et lancer un débat MUL vs Survivor parce que, pour toute personne saine d'esprit, ça serait ridicule (ce n'est pas parce qu'on ne fréquente pas ce forum qu'on ne peut pas se retrouver dans une situation merdique, au contraire, et inversement, porter trop de choses est à la fois ridicule et même contre-productif: mobilité avant tout).

Cependant, je trouve aussi, par exemple, qu'une bouteille en métal, surtout quand tu as déjà de quoi faire chauffer à côté, ne justifie pas les 150g de plus par rapport à une bête bouteille minérale qui ne coûte rien. Je suis tout à fait d'accord avec la hiérarchie de Serge. Et c'est justement pour ça que j'ai envie de dire que je n'ai pas besoin de gourde en métal. Dans la catégorie "connaissances" par exemple, il y a le fait de savoir qu'une bouteille en PET pleine peut aller sur le feu (sûrement pas top sur le long terme, mais on parle de situations de survie hors fin du monde...).

Après, 100 ou 150g de gagnés sur le poids du sac, ce n'est pas grand-chose et cela n'a pas vraiment d'intérêt. Sauf quand à coup de 100g (ou même de 1g parfois), on arrive à réduire son poids de telle façon qu'il ne se fasse plus sentir. L'intérêt par rapport à la survie? Mobilité largement accrue, et surtout, surtout, cela permet d'éviter de se retrouver dans des situations merdiques du fait, par exemple, d'un déséquilibre dû au poids du sac...

Bref... Je crois que le sujet est beaucoup plus large que ça...
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: azur le 17 septembre 2012 à 21:57:02
Tiens, exemple dans un autre contexte. La photo là c'est un pote à moi. Il est assis sur un confortable siège en mousse tapissée de bleu indigo très agréable à l'oeil, dans un petit aéronef climatisé. La situation pas dégradée par excellence. Idéalement il serait en chemisette hawaïenne et profiterait du voyage avec un sourire.

Au lieu de ça il porte trois épaisseurs thermiques, une combi gore-tex, un gilet de sauvetage gonflable heavy-duty, un système de respiration, une balise radio, des balises lumineuses, et encore je parle pas de la cagoule, des gants ni du masque-à-embruns qui sont dans ses poches. Le tout serré sans douceur dans un harnais 4 points.
Le mec il a trop chaud, il sue, il peut pas bouger il est tout coincé et il se souvient de jours où il lui est arrivé de respirer plus confortablement. (d'ailleurs ça se voit à sa tête)
Dans un registre moins extrême, j'ai vécu une situation similaire: février 2010, je vais prendre l'avion à la Réunion pour rentrer en métropole... je sais par les infos qu'il ne fait pas chaud à ce moment là! Du coup, me voilà à 20h à Saint Denis de la Réunion en pantalon, grosses de montagne avec ma veste de montagne sur le bras... avec 32°C de température, beaucoup me regardent d'un air incrédule, y compris les passagers dont certains sont encore en mode "tropique"!
Le lendemain matin, au moment d'atterrir, lorsque le commandant de bord a annoncé "la température au sol est de -8°C...", j'ai vu quelques lueurs de désespoir dans les yeux des porteurs de tongues et shorts à fleur!  ::)

J'aime bien ton idée de "potentiel" d'un objet révélé par l'imagination de l'utilisateur.
On en trouve une excellent illustration dans "seul au monde" où des objets en apparence sans intérêt peuvent trouver une utilité.


Pour élargir un peu le champ du sujet, et partant du principe que la survie, c'est d'abord ne pas se mettre en danger, est-ce que le smartphone connecté qui permet d'éviter de se mettre dans une situation critique n'est pas aussi important que les quelques objets qui permettraient de s'en sortir?
La survie, c'est en partie de conserver une "marge de sécurité", ce qui passe effectivement par la connaissance des dangers potentiels... et par conséquence des outils à prévoir pour augmenter cette fameuse marge de sécurité. (je sais pas si c'est clair...  :-\ )
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Pouçot le 17 septembre 2012 à 21:59:58
Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a (ou qu'on aimerait avoir) quand...


Placement de produit.  :closedeyes:
Mon petit côté Charles Havas, sûrement.  :closedeyes:

* et c'est plutôt exponentiel...  ::)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: ** Serge ** le 17 septembre 2012 à 23:00:51
Je suis tout à fait d'accord avec la hiérarchie de Serge.

John Lofty Wiseman vital's pyramid.

(http://www.urbancombatives.com/NBSeminar_files/image041.jpg)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: raphael le 18 septembre 2012 à 08:03:29
Etat d'esprit > Physique > Compétences > Matos

et si on devait mettre en face de chaque niveau quelques mots ou phrases clés pour s'en souvenir rapidement et l'expliquer ?

etat d'esprit = effet chimpanzé, règles des 3, cvmd, desescalade....
physiques = connaitre son niveau.....
competences = savoir se diriger, faire du feu, se protéger, bases de secourisme ....
matos =  euh je me tais  ;#

a vot bon coeur  ;)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 18 septembre 2012 à 09:01:45
Bon dès la toute première réponse on a louvoyé très loin du sujet que je pensais rafraîchir.
Mais en même temps, en ré-enfonçant une pareille porte ouverte, je sais pas trop à quoi je m'attendais  ;#
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Kilbith le 18 septembre 2012 à 10:01:01
Je me permet de citer "Labat" dans son ouvrage "l'art en fait d'armes" de 1696.

Dans son ouvrage le chapitre premier commence ainsi, j'ai modernisé le texte pour le rendre plus compréhensible :
Citer
"
Chapitre Premier
Comme il faut choisir une Lame et monter une Epée"

La valeur et l'adresse s'étant souvent trouvées inutiles par le le défaut d'une Epée , j'ai cru que je devais avant d'écrire les règles de s'en servir, marquer celle de la connaissance d'une bonne Lame, et la manière de la faire monter".


Ces lignes ont été écrites à une époque où les guerres étaient continuelles et très sanglantes*. Elles ont été écrites à Toulouse, une région qui fournissait régulièrement des "cadets de Gascogne" à Paris pour servir dans les armées du Roi, il fallait former les personnes qui se destinaient au "métier des armes". Le matériel n'est traité que sur quelques pages, mais Labat commence par là.


* sur les guerres de Louis XIV : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerres_de_Louis_XIV

(http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9f/Affiche_recrutement_Navarre_%28coll._perso.%29.jpg/220px-Affiche_recrutement_Navarre_%28coll._perso.%29.jpg)
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Lemuel le 18 septembre 2012 à 10:08:43
Purée, pour une fois qu'on a le droit de parler matos, des premiers de la classe viennent nous foutre le bordel… :(

Par contre quand tu dis à l'envers, moi je vois deux envers.
Situation de survie : situation dans la quelle on se trouve quand on a pas son couteau de survie au moment de la survie et Situation de survie : couteau que l'on a en soi au moment de la survie.
 :)

Mais c'est le thème qui est un peu restrictif. Parce que franchement, qui a envie de survivre avec un couteau. Ou deux ? Ou trois ? Pas moi. Le couteau c'est un gros equalizer quand il manque du matériel pour faire face simplement.

Ce que j'aime surtout, c'est partir avec mes briquets de survie, qui sont les briquets que j'aurais au moment de la survie. Avec mes couvertures de survie qui sont les couvertures de survie que j'aurais au moment de la survie. Avec mon poncho de survie, ma gourde + quart de survie et mon sursac de survie, avec ma polaire et mon bonnet de survie, avec mon sifflet de survie, mon téléphone de survie et mon deuxième bonnet de survie. Avec ma salade de riz de survie. Avec mon Corin de survie aussi, bref, tout le brol de survie que j'aurais au moment d'attendre les secours peinards.

Et même probablement, tout le brol finalement pas de survie que je ramènerais chez moi chaque soir, parce que chaque gramme de survie que je me trimbale me rappelle régulièrement que je préfère être en vacances qu'à l'hosto et que donc je n'aurais pas vécu de situation de survie.

Mais ce n'est pas grave parce que mon bonnet de survie est aussi mon bonnet de rando que je prends au cas ou ça fraichirait. Et que mon Corin de survie est aussi être mon Corin usuel surtout que lundi y a bureau et qu'on a autre chose à foutre que des situations de survie. Et que mon quart +gourde de survie sont aussi mes quart + gourde que je prend avec moi pour me faire un petit café si j'ai un coup de mou et que du coup, probablement je ne serais pas en situation de survie.

Et que comme mon couteau de survie est aussi mon couteau usuel je ne me le fous pas dans le corps avec le reste de la situation de survie.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Achille le 18 septembre 2012 à 10:14:38
matos =  euh je me tais  ;#

J'ai sans doute rien compris au message subliminal de la patate, mais il me semble qu'au contraire, c'est bien de matos qu'il parle.

L'idée que veut (re-)faire passer Karto, AMHA, est la suivante : ce n'est pas parce que dans 99,99%, tout se passe bien qu'il ne faut pas anticiper le matos utile, qui sera véritablement adapté le jour où on aura les statistiques contre soi.

On sait qu'on peut faire plus avec moins, adapter le matos qu'on a sous la main pour trouver une solution de substitution, c'est l'un des messages de base de ce forum. Mais avoir du matos répondant par nature à la situation qui pue, c'est pas mal non plus et ça simplifie la vie.

Exemple débile N°1 : j'ai besoin de me faire une bouillotte car j'ai trempé mon duvet ou ça caille beaucoup plus que prévu cette nuit. Je peux, je sais le faire avec une vulgaire bouteille en PET, mais avec mon bol habituel et un peu d'effet chimpanzé, je suis capable de la faire tomber dans le feu et de la brûler. Plus de bouillotte ! Je me dis que si j'avais pris une gourde métallique, pas beaucoup plus lourde, un peu plus chère, mais qui peut durer toute une vie, je n'aurais pas eu ce souci.
Ici, la gourde inox, compte tenu de mes activités, du milieu où j'évolue et des risques identifiés, me semble une solution valable. Et même si je n'ai pas besoin de bouillotte, c'est pas la mort à transporter.

Contre-exemple débile N°1 : j'ai besoin de me faire une bouillotte car... Je préfère, parce que c'est mon choix, utiliser au quotidien un mug métal et une Nalgene (parce que transparente, etc.). J'utilise mon mug pour faire chauffer de l'eau que je verse dans ma Nalgene à grande ouverture qui limite les risques de me brûler bêtement en en renversant à côté. C'est aussi une solution efficiente, avec du matos totalement adapté à mon problème. Ni meilleur, ni pire que la précédente. C'est juste une question de choix en amont.

Contre-exemple débile (suite) : pour "jouer" à un stages 4 objets, la gourde inox s'impose naturellement, parce qu'on a identifié en amont la situation, les besoins et les moyens d'y répondre.

Après, si la situation s'est dégradée au point de perdre mon mug ou mon bidon inox, je me démerde autrement comme j'ai appris, ou pas, à le faire. Mais c'est quand même vachement plus simple d'avoir anticipé en prenant le matos qui va bien au départ et de faire avec si j'ai la chance de le conserver.

En pratique, si je ne veux pas transporter une remorque de matos "au cas où ça chie", je considère mes activités, j'identifie les risques potentiels (probabilité x gravité), je détermine un certain niveau de compétence et de forme physique pour y répondre et je choisis les équipements qui me permettront de faire face "au cas où ça chie", tout en étant idéalement utilisable en usage normal. Bref, je me constitue un fond de sac répondant à mes besoins normaux mais immédiatement adaptés pour répondre à une situation dégradée, avec en bonus mes compétences pour faire face si je perds toute ou partie de mon matos. Si vraiment je suis dans une situation très spécifique et potentiellement très risquée (exemple de la photo de Karto), je me vois contraint de choisir du matos contraignant parce que le risque l'emporte sur toute autre considération.

Je m'aperçois que je continue d'enfoncer allègrement moi aussi des portes ouvertes...  :closedeyes:

PAVC certainement.

EDIT : j'ai rédigé pendant que Lemuel postait.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 18 septembre 2012 à 10:45:03
Salut :)

Bon alors...  Anke et Calou, visiblement, vous avez pas pris le temps de lire le post de Mathias ;#  Et Anke chuis pas du tout d'accord avec toi quand tu dis que "ou le seul matos de survie qui soit vraiment de survie, c'est ce que je trimballe entre mes deux oreilles..."

C'est juste pas vrai.

Le matos de survie, c'est le matos qui met des chances de ton côté quand il s'agit de pas crever.  Bien entendu, le ciboulot est une pièce d'équipement indispensable, et sans aucun doute LA plus indispensable, mais y'a quand même des fois où y'a des gens qui crèvent parce qu'ils n'ont pas le matos adéquat, qui aurait pu faire la différence.

Bien sûr, tu me diras, en l'absence de matos ils auraient dû ou pu gérer en amont, etc, etc.  Ok.  Mais bon.  J'ai en tête plusieurs exemples où des gens sont morts la gueule ouverte et le cul bourré de chiffon...  juste parce qu'il leur manquait UN truc indispensable dans la situation où ils se sont retrouvés in fine.  

J'ai des potes qui ont pris des balles dans la gueule parce qu'ils n'avaient juste plus de munitions pour riposter.  J'ai un pote (gros blaireau celui là) qui est mort parce qu'il n'avait pas les moyens de se payer une corde neuve pour grimper, malgré que la sienne avait pris pas mal de chutes avec du facteur.  Ben un jour y'a eu la chute de trop...  etc, etc.

Je trouve que ce rappel aux bases et à la réalité de l'utilité première du matos de survie est tout bonnement salutaire.  Moi ça me fait l'effet d'un petit bol d'air pur, en tout cas.  Ca remet un petit peu les g-shock à l'heure, pour le coup, et ça fait pas de mal.

Maintenant mes deux balles sur le sujet : sur un forum comme le nôtre, où par définition on intellectualise vachement tout, c'est extrêmement facile de confondre la situation de survie avec la préparation à la situation de survie...  et quand ces deux concepts sont flous dans notre esprit, il est facile de laisser opérer des glissements du genre "je suis pas en survie donc j'ai pas besoin de".  

De dire qu'une bouteille en inox est trop encombrante pour qu'on choisisse de la trimballer en rando, ça peut très bien s'argumenter par une analyse objective des risques et des moyens de les gérer.  Parce que oui, c'est à ça que ça sert, le matos de survie.  Mais de dire "je suis pas en mode dégradé donc je la prends pas", c'est la preuve que le glissement du côté obscur a commencé.

Je pars grimper.  Le risque, c'est de dévisser et de me fracasser en contrebas et de prendre des cailloux sur la gueule qui viennent d'en haut.  Ce risque est d'autant plus grand que si je suis assommé dans mon baudrier, je vais pas survivre longtemps.  Moralité : je prends une corde, des dégaines, et je cherche les spits...  et le mec qui m'assure en bas, si je vois qu'il est plus occupé à draguer la grimpeuse au joli petit cul qu'à m'assurer, je lui balance des caillasses.

Dans ce cas là, mon dispositif de survie, c'est des compétences, de l'attention, du matériel en bon état, et un minimum de rigueur...  plus le choix d'une voie adaptée à mon niveau.  En dernière ligne j'ai un moyen de communication si jamais je me pète un truc en jouant au pendule contre la paroi ou autre...  et pis voilà.  

Est-ce que je peux décider de tout faire reposer sur mes capacités physiques et mon attitude ?  Oui.  Ca s'appelle grimper en "libre".  Ca implique de sélectionner des voies un peu en dessous de son niveau pour en garder un peu sous le pied, et de jouer très très fort à je te pisse au cul avec Murphy.  Mais bon chacun son truc...

Allez ciao ;)

David
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: jeanjacques le 18 septembre 2012 à 11:12:47
Un partout Karto ;)

Mais je ne vois pas ton intérêt à poursuivre le débat. Je sais très bien que tu as compris le sens de ma réponse et comme le dit bien Kam tu arrives à l'opposition entre RL et ici. Mais peut être que l'on peut en sortir des choses intéressantes.

Je vais donc développer un peu:

Les stages ou la mise en place d'un paquetage style BOB entrainent un certain choix d'objet qui peut être bien diffèrent de celui fait pour une rando. Cela ne veux pas dire pour autant que le choix d'objet en rando ne prendra pas en compte la situation dégradée.

Dans le premier cas je vais privilégier des objets multifonctions, même si, comme le rappel Guillaume, il font souvent tout sans rien faire de bien. Je vais limiter l'apparition de problème par des objets "idiot proof", comme un poncho suffisamment résistant pour traverser un bois épais ou utilisable en tapis de sol n'importe où. En autre exemple, je vais prendre un couteau à lame fixe qui me permettra une plus grande variété de tache sans avoir peur de le bousiller.
Le cas du stage est à part. Ce n'est pas la situation qui engendre le choix d'objet mais la limitation arbitraire de leur nombre.

Dans le cadre de la rando comme je l'entend, je vais, au contraire, privilégier l'adaptabilité (je n'ai pas dit que cette notion était absente dans le cadre évoqué plus haut). Les objets choisis seront tout aussi utilisable dans une situation dégradée mais vont nécessiter plus de savoir faire. La veste à membrane sera protégé par la polaire en passant dans le même sous bois épais. Le sol sera choisi avec un peu plus de soin et adapté avec divers techniques pour y poser le tapis de sol léger. Le couteau sera réservé au petite tache, le bois sera choisi avec plus de soin et la mise en place du feu sera fait avec plus de rigueur ne possédant pas de bois sec prélevé de l'intérieur d'un tronc.

Edit: En réponse à DM: ne pas prendre l'objet "de survie" ne va pas dire ne pas prendre d'objet tout court. Simplement effectuer un choix diffèrent. Si la situation se dégrade alors ma bouteille PET et mon bol, seront mes objets "de survie". Et je miserais sur mon adaptabilité pour les rendre aussi efficace qu'une bouteille inox.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Barbara le 18 septembre 2012 à 11:27:41
Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand... "on fait de la survie".
C'est pour ça que je n'aime pas ce terme.

"Faire de la survie" peut s'appliquer aux stages, aux militaires et surtout aux survivors en herbe.

Il faudrait trouver une autres appellation.

Cf David et JeanJacques
Citer
c'est extrêmement facile de confondre la situation de survie avec la préparation à la situation de survie

Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Lemuel le 18 septembre 2012 à 11:33:15
Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand... "on fait de la survie"


Ce n'est pas la citation exacte de  Karto. Encore moins la citation d'origine de fred perrin, je crois, reprise par les membres de ce forum.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Barbara le 18 septembre 2012 à 11:48:45
Ce n'est pas la citation exacte de  Karto. Encore moins la citation d'origine de fred perrin, je crois, reprise par les membres de ce forum.

Je n'ai pas dit ça.
Je parle de l'acception du terme.

C'est même l'inverse.
Définition de Perrin -> Situation de survie =/= "Faire de la survie"

L'expression elle-même m'irrite au plus haut point, mais je l'ai vue plus d'une fois dans les présentations.

Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 18 septembre 2012 à 11:57:33
Je plussoie.  Moi aussi ça me gonfle.

On ne peut pas "jouer à la survie".  On ne peut pas "faire de la survie".  On peut apprendre, on peut se préparer, on peut s'entraîner...  mais ça n'est jamais de la survie.  Ca reste de la préparation, de la formation, etc.

Une fois en stage un mec me demandait "avec ce kit tu peux tenir combien de temps ?".  La question m'a paru fortement débile et déplacée.  J'ai répondu "jusqu'à ce que je crève"...  C'est comme les gens qui disent qu'ils font des sports extrêmes pour repousser leurs limites.  C'est pas possible de repousser ses limites...  ou alors elles sont artificielles.  La vraie limite, on la trouve par le décès.  

C'est tout l'intérêt d'avoir des formateurs qui sont allés flirter avec leurs limites, qui ont survécu par pur bol ou grâce à une constitution solide, ou peu importe.  Tout comme en self, un formateur qui a du vécu de terrain sera plus pertinent parce que généralement humble et réaliste, tout comme dans le domaine de la formation militaire, un vétéran qui sait le bordel que c'est dans la réalité va préparer ses mecs différemment de celui qui s'en tient au manuel parce que c'est sa seule référence...  etc.  A partir du moment où on a déjà, une fois dans sa vie, entrevu la vraie limite, on change de vision sur pas mal de choses ;)

Bref...  faut rester réaliste, concret.  Et humble.

David
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: ** Serge ** le 18 septembre 2012 à 12:16:20
Un peu HS, car contacté par plusieurs compadres pour étoffer explicativement la pyramide de Wiseman.

Mindset = esprit. C'est-à-dire : éveil ( awareness ), empathie, curiosité, ouverture, prises de décision et choix de vie ( en mode
               Ooda )

Tactics = modes de vie, Standard Operation Procedure appliqué au quotidien & au court/moyen et long termes, Mind mapping,
              Ooda Loop appliqué sur les micro/court/moyen/long termes

Skills = études, apprentissages, formations, expérimentations débouchant sur l'acquisition de bagages ( en mode Ooda )

Kit = infrastructure matérielle fixe et/ou mobile adaptée/répondant aux étages précédents de la pyramide ( en mode Ooda )


fin du HS
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 18 septembre 2012 à 12:30:42
J'ai exprès mis une photo du boute-en-train strappé dans son siège pour poser un contexte un peu "exotique" qui nous évite de retomber dans les clichés de trappeur du dimanche et de pisteur par la pensée, en espérant que ça nous sorte aussi des clichés de "faire de la survie", du "tout est dans la tête", en attendant de voir arriver l'inévitable consensus MulVivor.  ::)


Citer
C'est pas possible de repousser ses limites...

Le gars de la photo a, dans ma façon d'interpréter le truc, concrètement repoussé ses limites plusieurs fois en suivant les entraînements obligatoires dans un simulateur de crash, les stages de survie en mer etc...
Au Congo on m'avait raconté l'histoire d'un S-61 planté en mer pas longtemps avant, avec une quinzaine de personnes à bord. Deux des passagers avaient suivi l'entraînement obligatoire dans d'autres régions du monde. Ces deux là ont survécu. Tous les autres sont morts. Certains ont "rencontré leur limite" ce jour là ; les deux survivants, non, parce qu'ils avaient repoussé la limite à l'entraînement.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 18 septembre 2012 à 12:53:32
Ouais...  pour moi ils ont appris à se barrer de là avant que leur limite soit atteinte. 

On joue sur les mots, pour le coup...  limite de quoi, d'abord ;#

On est tous les deux d'accord qu'à part s'entraîner à l'apnée, on va pas repousser sa limite physiologique ni se faire pousser des branchies.  On est tous les deux d'accord que l'entraînement permet de survivre là où avant ça on serait mort.  C'est exactement ce qu'on fait ici.

Bref ;)

Ciao ;)

David

P.S.: avant que les gens ne posent la questions : OODA : Observe, Orient, Decide, Act.  On le traduit en françait par "LIDA" : Localiser, Identifier (la menace de manière précise et circonstanciée), Décider, Agir.  Ce sont les 4 étapes inconcournables pour faire quoi que ce soit.  Un prédateur qui a l'effet de surprise a le L, le I et le D en avance sur sa victime.  Quand il établit le contact, il n'a que A à faire.  La victime, elle, doit passer par L, I et D avant de pouvoir réagir.  Action beats reaction. 
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 18 septembre 2012 à 12:59:03
On joue sur les mots, pour le coup...  limite de quoi, d'abord ;#

Je propose de convoquer un séminaire de trois jours dans un grand hôtel avec de la bonne bouffe et du bon vin, servi par de belles hôtesses qui nous mettrons dans les meilleures conditions pour cogiter un plan-de-route amenant selon un échéancier réaliste à une clarification de la notion de limite en survie au fil du semestre à venir.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Lemuel le 18 septembre 2012 à 13:27:38
Karto, on ne peut pas tout faire.
Je propose que ce temps soit consacré à l'élection d'une commission planning chargée d'établir cet échéancier.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 18 septembre 2012 à 13:33:20
Oui ça me semble plus raisonnable.  Après quand on veut tout faire en même temps on fait de la m*rde.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: azur le 18 septembre 2012 à 13:34:24
Le gars de la photo a, dans ma façon d'interpréter le truc, concrètement repoussé ses limites plusieurs fois en suivant les entraînements obligatoires dans un simulateur de crash, les stages de survie en mer etc...
Au Congo on m'avait raconté l'histoire d'un S-61 planté en mer pas longtemps avant, avec une quinzaine de personnes à bord. Deux des passagers avaient suivi l'entraînement obligatoire dans d'autres régions du monde. Ces deux là ont survécu. Tous les autres sont morts. Certains ont "rencontré leur limite" ce jour là ; les deux survivants, non, parce qu'ils avaient repoussé la limite à l'entraînement.
Pour rejoindre ce que disait David, disons que la préparation (mentale, matérielle, physique... dans le désordre) leur a permis d'éloigner ou de s'éloigner de la limite (la mort), ce que j'avais appelé "augmenter sa marge de sécurité"
 HS: je tire cette notion de "marge de sécurité" d'une info sur les accidents de la route où un gendarme expliquait que le point commun de tout les accidents, c'est la diminution de la marge de sécurité qui réduit la capacité de réaction (marge de manoeuvre) quand tout part en sucette. Ça peut être à cause de la vitesse, de la fatigue, de la météo...
Bref, pour réduire le risque d'accident, maintenant je me pose toujours la question: "a partir de quel point est-ce que je me rapproche de la limite entre le petit incident et la grosse cagade?"
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Raolux le 18 septembre 2012 à 14:19:00


P.S.: avant que les gens ne posent la questions : OODA : Observe, Orient, Decide, Act.  On le traduit en françait par "LIDA" : Localiser, Identifier (la menace de manière précise et circonstanciée), Décider, Agir.  Ce sont les 4 étapes inconcournables pour faire quoi que ce soit.  Un prédateur qui a l'effet de surprise a le L, le I et le D en avance sur sa victime.  Quand il établit le contact, il n'a que A à faire.  La victime, elle, doit passer par L, I et D avant de pouvoir réagir.  Action beats reaction. 
Tiens, ce concept OODA est inspiré des militaires, je crois. Si je peux me permettre, il manque une cinquième étape qui est celle de l'évaluation (de son action).
 
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: ** Serge ** le 18 septembre 2012 à 14:38:03
Tiens, ce concept OODA est inspiré des militaires, je crois. Si je peux me permettre, il manque une cinquième étape qui est celle de l'évaluation (de son action).
 

Ce forum est sans doute l'endroit où l'on a le plus décortiqué l'Ooda Loop, en langue française.
Cf. index et moteur de recherche.

Quelques interventions sur le sujet :

Citation de: Nick Engelen
My opinion is that the O-O-D-A loop is rather a way of learning, how we process information.

The original loop isn't too hard to comprehend. All you have to do is start from the orientation.

Orietnation is our view of the world, it consists or genetics, which I think are our beliefs which we built from 0-6, cultural traditions, we understand why and what we do from our own background while things from another culture don't make any sense to us, previous experiences, analysis and synthesis (what Boyd called building snowmobiles, unraveling information from varius sources and putting them together) in Frank Ossinga's book Frank also speaks about induction and deduction ( a bit long to type and might put you guys off as too detailed and too much info) Then last but not least new information which is cross referenced with the other parts. From here we see an arrow going back to Observation. In physics there is a saying, the observer is part of the experiment, which means that what you see and what I see can be different. This is part of relativity... back to Ossinga's book we learn that Boyd was heavily influenced by Science. This is where the coup d'oeul comes in to play, where an experienced general can look at a terain and see it's possibilities. Den calls this the filter between what we observe and reality.

From Orientation there leaves another arrow towards decision, this is conscious decision which you make. The other one is the unconscious implicit guidance and control. If we go back to what in NLP they call the 4 levels of competence we see that we have an unconscious incompetence, a conscious incompetence, a conscious competence and an inconcisous competence. At the first and last level we will take the implicit guidance and control route and go directly into action. This is why for example people like Terry O Neill seemed to go from Observation to Action.

A paranoide person has a very dark view of the world, he will see danger everywhere and his decisions as well as his actions will correspond with this view of the world. Likewise if you really believe you can't do something no matter what you do you will fail. So I guess as an instructor it' all about educating the orientationpart. Expand your view of the world but question everrything and crossreference it with what you already know.

Off course we have the feedback as during the event of deciding and acting we can't stop observing.

When Boyd wrote about cycling through the loop he spoke of getting inside his loop or into his mind-space-time. Stretching out his time and compressing yours.

He also said that we have to be carefull about mimatches between the pictures we make and the reality, he was influenced by zen where they talk about Seigan or true vision. When we feel bad everybody seems to want a piece of us when we feel happy everybody seems to wanna be our friend. So our mind is like a pond that reflects the moon, when the surface is calm we have a perect reflection when it's disturbed the reflection will be disturbed as well. Panic block everything and distorts our vision.

In Chet Richard's book certain to win Chet speaks about the 5 German words, Einheit (unity), Fingerspitzengefuhl (having a feel for thing, having it in the fingers), Auftragt (the command gave the intent, it's up to the soldier employee how to do this) and Swertpunkt (point of gravity, my understanding is that this is the main goal to which everyone has to work). As this comes from his command and control ideas this is how to have a group work as one. So it might seem that it's not very usefull for single person however, and this is my idea, which might be wrong. With auftragt they meant like I said the commander or boss tells what he wants to have accomplished then the soldier or employee can decide how he does it, this enables someone to work around unexpected changes and difficulties without having to report to his boss who then has to make a new pland etc... For an individual in a selfdefense situation this means taking up your own responsibility, the police isn't going to protect you, you have to do it within the intent of the law. Einheit, unity, in stresssituations we will feel so overwhelmed that mind and body seems seperated, we need to be able to pull ourselves together, Schwerpunkt the goal is to make sure you are the one that walks away, that you are able to drink tea next day with your loved ones. This is where Den's I will do whatever it takes to win the fight comes into play. Then fingerspitzengefuhl, this is about training the orientationpart to the point that everything becomes unconsious. The techniques become second nature and we see through situations... going back to the awareness and orientation, we can do the act of scanning and observing but if we don't know how a mugger works we will just see people. Then later Boyd added a fifth word Behendigheit which means kind of agility... when something doesn't work try something else...

I guess the way to go in single combat is to bring the opponent outside his comfortzone so he is forced to take the conscious path. So we have to be familiar with all ranges and have a good understanding (fingerspitzengefuhl) with grappling. Boyd also spoke about ambiguity raher than surprise... ambiguity slows people down as it creates uncertainty and he again has to use the conscious decision route. Usualy the winner is the one that changes the gear the fastest leaving the other guy behind. One things they are going from argument into push and shove but finds out to his painfull regret that his opponent skipped a gear and is into punching. This sudden mismatch between his reality and the picture he had in mind iwill create uncertainty and chaos. The conscious decisionmakingprocess doesn't work too well under pressure anyway. Also keep the initiative as action beats reaction... Boyd also spoke about tempo so do things fast...

Further not o-o-d-a related but still Boy he spoke of a grand strategy, a vision rooted in human nature so noble, so attractive that it not only attracts the uncommitted and magnifies the spirit and strength of its adherents, but also undermines the dedication and determination of any competitors or adversaries .

Always make sure you are the good guy so that eventual onlookiers will choose your side in case of police involvement or when in a bar that you are not both thrown out and barred. Boyd always spoke about keeping the moral highground.

Boyd wanted to teach a way of thinking, to build snowmobiles, just like I tried above. Taking his idea's what I learned from Den and Geoff and other sources and make a workable synthesis which might not be perfect but works for me.

Recommended reading: Looking at Pattern's of conflict's bibliography it's a long intimidating list. Many books are about science, strategy etc... Below are the books I have read which are the books recommended by Chet Richards during our emailcorrespondence and a few others

Frank Ossinga Science, strategy & war have to admit it's a difficult read with all the references to scientific subjects but have a go at it, it's worth the wrestle.
Chet Richard's Certain to Win, This is the buisness application of Boyd's ideas but will gain a deeper understanding
Sources of power by Garry Klein about how we make decissions and how intuition works
Blink by Malcom Gadwell again about intuition, especialy the part about van Ripper was great
Go Rin No Sho by Musashi, Boyd gained much of his idea's from this book, according to Chet Richards his favorite translation was the Kauffmann one.
Geoff Thompson's dead or alive which is a modern day version of Go Rin No Sho as it deals a lot with the mind. As a result Watch my back and Red Mist as well.
The Japanese art of war by Cleary This will give you some idea's about ambiguity, it takes bits and pieces from Musashi, Yagyu, Suzuki and Takuan Soho, According to Chet Richards this was Boyd's absolute favorite book. When I asked a way to apply Boyd's material for one person he recommended this book as well as the book of five rings, John Robb got me into the aerial attackstudies as well.
Off course the diffeent presentations by Boyd are a must read... But know that it's only half the info and needs to be read together with Ossinga's
The Boyd Roundtable is also a nice book
A noble vision is also a little books that might give some insight
Rules of Victory by Denma which is a great book about how to apply Sun Tzu for daily life
Sun Tzu
Coram's Boyd... a story gives a better picture than the theory

For films and fictional books Chet Richard's adviced me the Bourne movies as well as the dragon tattoo series. I haven't seen or read the latter yet.

Then there is a discussion group on linkedin named Disciples of Boyd's strategy

Citation de: Anzac
The next thread down from this is the pyschological tricks thread. Interrupting the natural flow of an individual's thought process is heavily discussed. I believe that is the essence of Boyd's 'getting inside his (the opponent's) OODA loop'.

Boyd, like anyone else who has been in enough fights or even played enough sports, knew, to use a sports analogy, that a feint to the left and a run to the right can catch an opponent off-balance and get you across the touchline. Bringing that same basic concept to a higher level, if we can sense what our opponent expects us to do as we observe and orientate we can decide upon and enact a reponse he doesn't expect. The cliche of 'thinking outside the box' comes to mind here. We, hopefully, have then 'wrong-footed' him and have 'stolen' if you will the initiative as he needs to re-assess - observe and orientate, before he can respond. Boyd was telling us that to prevail we need to understand how we as humans make decisions, understand how it can serve us and also be used to defeat an opponent, and then apply it.

While Musashi applies here as well, I believe, his words apply more appropriately on the grander scale of developing one's strategy. I see, "From the outset you must know the applicable timing and the inapplicable timing, and from among the large and small things and the fast and slow timings find the relevant timing... It is especially important to know the background timing, otherwise your strategy will become uncertain." and instantly think of it in the context of operational planning rather than immediate conflict decision-making. I hear him saying we need to know how long it will take us to do what we want to do and how long it will take our opponent to do what he is doing and also do what he needs to do to respond to our action/s.

http://combatives.forumotion.com/ © 2012
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 18 septembre 2012 à 14:42:24
Tiens, ce concept OODA est inspiré des militaires, je crois. Si je peux me permettre, il manque une cinquième étape qui est celle de l'évaluation (de son action).
 

Tu peux te permettre, mais l'évaluation de son action est juste un nouveau O dans une nouvelle boucle OODA... ;)

David
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Raolux le 18 septembre 2012 à 14:44:45
Tu peux te permettre, mais l'évaluation de son action est juste un nouveau O dans une nouvelle boucle OODA... ;)

David
Exact ! Au temps pour moi.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Leif le 18 septembre 2012 à 22:57:37
Citer
Message personnel (Hors ligne)
   
   
Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
« Répondre #15 le: Aujourd'hui à 10:08:43 »
   Citer en réponseCitation
Purée, pour une fois qu'on a le droit de parler matos, des premiers de la classe viennent nous foutre le bordel… {$default_sad_smiley}

Par contre quand tu dis à l'envers, moi je vois deux envers.
Situation de survie : situation dans la quelle on se trouve quand on a pas son couteau de survie au moment de la survie et Situation de survie : couteau que l'on a en soi au moment de la survie.
 {$default_smiley_smiley}

Mais c'est le thème qui est un peu restrictif. Parce que franchement, qui a envie de survivre avec un couteau. Ou deux ? Ou trois ? Pas moi. Le couteau c'est un gros equalizer quand il manque du matériel pour faire face simplement.

Ce que j'aime surtout, c'est partir avec mes briquets de survie, qui sont les briquets que j'aurais au moment de la survie. Avec mes couvertures de survie qui sont les couvertures de survie que j'aurais au moment de la survie. Avec mon poncho de survie, ma gourde + quart de survie et mon sursac de survie, avec ma polaire et mon bonnet de survie, avec mon sifflet de survie, mon téléphone de survie et mon deuxième bonnet de survie. Avec ma salade de riz de survie. Avec mon Corin de survie aussi, bref, tout le brol de survie que j'aurais au moment d'attendre les secours peinards.

Et même probablement, tout le brol finalement pas de survie que je ramènerais chez moi chaque soir, parce que chaque gramme de survie que je me trimbale me rappelle régulièrement que je préfère être en vacances qu'à l'hosto et que donc je n'aurais pas vécu de situation de survie.

Mais ce n'est pas grave parce que mon bonnet de survie est aussi mon bonnet de rando que je prends au cas ou ça fraichirait. Et que mon Corin de survie est aussi être mon Corin usuel surtout que lundi y a bureau et qu'on a autre chose à foutre que des situations de survie. Et que mon quart +gourde de survie sont aussi mes quart + gourde que je prend avec moi pour me faire un petit café si j'ai un coup de mou et que du coup, probablement je ne serais pas en situation de survie.

Et que comme mon couteau de survie est aussi mon couteau usuel je ne me le fous pas dans le corps avec le reste de la situation de survie.

yes
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Chris-C le 19 septembre 2012 à 14:53:39
Le problème c'est notre pouvoir d'achat....

nos besoins de base ils changent pas, pour les satisfaire on a la fameuse pyramide (de la réflexion, des compétences,du matos)

Le problème c'est que l'on a tellement de pognon que le matos s'accumule et que l'on est obligé d'intellectualisé son emport.

Alors hormis pour les cotés découverte et test pour pas dire caprice et plaisir, on est dans ces discussion finalement assez éloigné du concept "faire plus avec moins" et toute les petites phrases toute faite que l'on utilise pour faire bien, coupé court à la discussion et avoir bonne conscience.

si j'ai le pognon pour n'avoir qu'un objet coupant, je vais pas me poser la question longtemps de savoir quel objet tranchant j'aurais sur moi
si ça chie..................nan?


en gros on a bien souvent des discussions de repus du matos  ;)
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 19 septembre 2012 à 15:06:29
Yep Plumok, j'aime bien ta façon de voir les choses, comme souvent.


Juste un truc, le même que pour Anke et Calou...

éloigné du concept "faire plus avec moins"

...le coeur du sujet pour ce fil, c'était pas le "plus avec moins". La pyramide, le "plus avec moins", tout ça c'est des concepts valables, mais c'est pas ça que je voulais rafraîchir.

Mon pote sur la photo, si ça chie comme ce pourquoi il a reçu un entraînement, il va se manger un énorme choc dans la colonne vertébrale. Le temps qu'il reprenne ses esprits, il sera dans une carlingue en train de se retourner (les hélicoptères sont lourds près des moteurs, c'est pas fait pour tenir la mer) en train de s'emplir rapidement d'eau à près de 0°C. Il a quelques secondes pour évacuer avant que tout ça ne finisse au pays des cachalots (normalement il a déjà enfilé gants et cagoule, et déployé son système de respiration avant l'impact ; il faut encore : éjection fenêtre, prise de repères, dégrafage harnais, évacuation) puis stabiliser sa survie en pleine mer pour minimum une heure, typiquement dans du gros temps.

Où est-ce que le "plus avec moins" a sa place là dedans ?
A l'opposé, tout le matos encombrant qui l'a étouffé lors de centaines de vols sans histoire, est-ce qu'il voudrait s'en passer sous prétexte que d'habitude c'est cool ?

Vala vala. J'ai réagi à quelques épisodes sur le forum (et pas seulement celui cité) où on distingue le matos pour les "situations normales" et le matos pour "quand ça m*rde". Je voulais dire que l'un et l'autre devraient juste être le même. Je sais, ça paraît tellement hyper évident qu'on rate facilement le coeur du message...
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Chris-C le 19 septembre 2012 à 15:18:32
je sais bien mais c'était pour illustrer  ;)


ton pote, il est professionnel, avec une formation et du matos fourni ou il passe 3 jours à choisir dans une malle de matos se qu'il va prendre et donc risquer de faire le mauvais choix avant chaque déplacement?


Citer
A l'opposé, tout le matos encombrant qui l'a étouffé lors de centaines de vols sans histoire, est-ce qu'il voudrait s'en passer sous prétexte que d'habitude c'est cool ?

c'est le risque. Prise de confiance, relachement de la discipline, ça ce paye cash........
c'est aussi l'interet des procédures qui casse les c*u!lles à tous le monde.
Comme mettre sa ceinture de sécurité.

Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Karto le 19 septembre 2012 à 15:19:23
ton pote, il est professionnel, avec une formation et du matos fourni ou il passe 3 jours à choisir dans une malle de matos se qu'il va prendre et donc risquer de faire le mauvais choix avant chaque déplacement?


;#

Oui, je vois où tu veux en venir.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Raolux le 19 septembre 2012 à 15:36:19
Le problème c'est notre pouvoir d'achat....

nos besoins de base ils changent pas, pour les satisfaire on a la fameuse pyramide (de la réflexion, des compétences,du matos)

Le problème c'est que l'on a tellement de pognon que le matos s'accumule et que l'on est obligé d'intellectualisé son emport.

Alors hormis pour les cotés découverte et test pour pas dire caprice et plaisir, on est dans ces discussion finalement assez éloigné du concept "faire plus avec moins" et toute les petites phrases toute faite que l'on utilise pour faire bien, coupé court à la discussion et avoir bonne conscience.

si j'ai le pognon pour n'avoir qu'un objet coupant, je vais pas me poser la question longtemps de savoir quel objet tranchant j'aurais sur moi
si ça chie..................nan?


en gros on a bien souvent des discussions de repus du matos  ;)
Tout à fait. De plus, parallèlement à cette facilité "matérielle", il y a la facilité "intellectuelle". Je veux dire par là, qu'il est plus facile d'accumuler du matos que de reflêchir à différents scénar crédibles de rupture de la normalité, de définir une stratégie de "tissage" de liens sociaux...
Le cas du BOB est trés révélateur de ce phénomène. Avec un peu de reflexion, nous finissons tous par admettre que l'évacuation du domicile ne devrait être envisagé que dans les cas ultimes (c'est à dire trés improbables), or, la plupart des discussions portent sur le bob.
Titre: Re : Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: dan11 le 19 septembre 2012 à 23:21:24
Citation de: Azur
HS: je tire cette notion de "marge de sécurité" d'une info sur les accidents de la route où un gendarme expliquait que le point commun de tout les accidents, c'est la diminution de la marge de sécurité qui réduit la capacité de réaction (marge de manoeuvre) quand tout part en sucette. Ça peut être à cause de la vitesse, de la fatigue, de la météo...
Bref, pour réduire le risque d'accident, maintenant je me pose toujours la question: "a partir de quel point est-ce que je me rapproche de la limite entre le petit incident et la grosse cagade?"


lu
C'est pour moi une des questions essentielles en survie et aussi dans la vie , une question à 1 000 000 d'Euros en fait !!

Si tu permets une anecdote, comme je m'intéresse pas mal aux histoires d'Alpinisme (on va dire là ou on tutoie les sommets de 8000 m) mais c'est aussi valable en Montagne ou ailleurs
cette notion prend tout son sens
A partir DE QUAND peut on dire qu'on a perdu sa marge de sécurité ? Quand franchit on le point de non retour ?
En est on réellement conscient d'ailleurs. On oscille sur le fil du rasoir, d'un côté et de l'autre sur l'arrête dangereuse du rift, jusqu'à basculer du mauvais côté définitivement....


Pour l'anecdote et pour la faire courte :
En 1972 lors d'une Expé au Manaslu, Messner (vainqueur des 14 sommets de 8000m)
était parti pour le sommet avec un compagnon de cordée
Puis le temps commença à se dégrader, son compagnon renonça au sommet et fit demi-tour (il devait avoir estimé que sa marge de sécurité était atteinte et ne voulait pas atteindre sa limite (la mort donc)

mais pas Messner qui s'était allégé au maximum (ca veut dire le piolet seul) pour tenter le sommet. (clairement il avait dépassé sa marge, en était il conscient ??)
La tempête arriva donc, et Messner après avoir atteint le sommet commenca la descente, persuadé que son partenaire
avait atteint le camp avancé et l'attendrait avec du thé bouillant.
La descente s'avèra cauchemardesque et Messner fut rapidement désorienté
A un moment il s'assit au sol et envisagea la limite (la mort)

Pendant ce temps, le chef d'expédition du camp de base avait fait envoyer un binome de secours qui
était arrivé au camp avancé et ils ne trouvirent, ni Messner ni son compagnon
Ils s'armèrent de Thermos de thé brulant et partir dans la tempête à la recherche des compagnons (on peut donc considérer
que leur marge étaient satisfaisantes par rapport aux 2 autres portés disparus )


Au milieu de la tempête un des 2 sauveteurs s'arrêta et commenca à vouloir s'isoler de la tempête dans un trou
et attendant une accalmie mais ne put jamais repartir

Comment tout cela s'est il terminé

Un des 2 sauveteurs, est mort dans son trou (protégé du vent et de la tempête, bien habillé et en forme car il allait porter
secours aux autre) Sa marge de sécurité était plutot bonne et il ne l'avait pas dépassé car il s'était mis à l'abris, pourtant, il a trouvé
la limite et CASH !!

Le compagnon de Messner qui avait renoncé, lui aussi est mort, il avait pourtant pris conscience de sa marge et ne voulait pas trouvé la
limite !!!

Messner qui avait allègrement dépassé sa marge a SURVECU, il n'a pas trouvé la limite qui lui était promise
Il est redescendu avec le dernier (sauveteur) encore en vie le lendemain lors d'une acalmie....

Je ne sais pas si il y a une morale à voir à tout cela, toujours est il que nos décisions entrainent des conséquences, funestes ou salutaires
Des gens médiocres se hissent en haut de L'Everest et des Alpinistes de renoms tel Jean Christophe Lafaille se font piéger

 ;)

Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: azur le 20 septembre 2012 à 07:55:59
Anecdote très intéressante dont je tire plusieurs leçons:
- en montagne, lorsqu'on décide de partir (ou de revenir) seul, on réduit sa marge de sécurité à rien du tout, et peu importe la préparation matérielle. Donc, les deux qui sont mort, en décidant de faire "cavalier seul" à un moment, même mû par un instinct de prudence, prenaient un risque énorme (au moins aussi grand que ceux qui ont continué)
- l'histoire nous montre que ceux qui sont mort sont ceux qui, à un moment, on décidé de "subir" (le mot est fort): en décidant de rebrousser chemin tout seul ou en décidant de se poser tout seul, alors que ceux qui ont survécu ont décidé d'avancer.

Or, que trouve-t-on à la base de la fameuse pyramide?
Mindset > Tactics > Skills > Kit
En décidant de "subir", ceux qui sont mort étaient dans un état d'esprit de renoncement, alors que ceux qui ont continué avaient la volonté d'avancer.
Je dirais qu'ils étaient à égalité sur le "tactics" (tous isolés) et "skills" (entrainement équivalent), mais pour les deux qui sont mort, l'avantage fournir par le "kit" est dépassé par leur état d'esprit du moment.

C'est une façon personnelle d'analyser ton histoire et d'en tirer un enseignement qui prouve la pertinence de cette fameuse pyramide.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: François le 20 septembre 2012 à 08:54:08
Je crois qu'avant tout, Reinhold Messner c'était un physique d’exception, un entrainement et un savoir faire unique à l'époque. Parmi ceux qui ont essayé de le suivre ou de l'imiter, nombreux sont ceux qui ont qui ont fini sur une civière ou qui en sont mort.

Pour en revenir au matériel "de survie", mon impression c'est qu'autant que possible la fonction survie doit être intégrée au matériel habituel. Du couteau qui peut faire un peu plus que couper le saucisson jusqu'au sac de couchage prévu pour survivre (pas forcément dormir confortablement) à la température la plus basse envisageable, même en étant malade et fatigué.

Cela s'oppose à la démarche performance avant tout, et particulièrement à la compétition où seule la victoire est belle et où il est judicieux de risquer d'abandonner neuf fois pour avoir une chance de gagner la dixième.
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: psion le 21 septembre 2012 à 00:04:21
pour l'exemple du couteau de survie ce que je comprend avec mon neurone solitaire c'est que le super_couteau_fait_pour_la_survie que l'on réserve pour cela, dont l'achat est le résultat de moult études, prise d'infos ,qui a acquis une valeur symbolique quasi sacrée etc...
 ne sera jamais aussi utile le jour où ça chie dans le ventilo que le vulgaire "canif" que j'utilise tous les jours, dont je maitrise l'usage, les limites, celui que ma main reconnait d'elle même comme son extension naturelle ... cela peut être le même que la_lame_de_la_mort_qui_tue cité plus haut, si il s'agit de cette lame dont je me sert tous le temps, avec laquelle je suis devenue "intime" que je trimbale partout sans en faire un grigri juste un outil qui va bien comme un vieux pote avec qui on se comprend sans se parler, elle est devenue au fil des utilisations un outils efficace, un compagnon de "survie potentielle" naturel, évident, idiot proof
 C'est pareil pour tous les items, il faut bien les connaitre pour les apprivoiser.

"à n'utiliser qu'en cas d'urgence" c'est bien pour les issues de secours pas pour le matos de survie que l'on utilisera en situation pourrie pour sauver sa peau
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: Kilbith le 21 septembre 2012 à 08:54:10
" Beware the man with one gun - he knows how to use it"

Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 21 septembre 2012 à 09:35:02
"à n'utiliser qu'en cas d'urgence" c'est bien pour les issues de secours pas pour le matos de survie que l'on utilisera en situation pourrie pour sauver sa peau

+ 2 000 000 exposant 89456700

Relisez bien ce passage.  Plusieurs fois. 

:up:

David
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: VERDUG0 le 21 septembre 2012 à 09:51:24
Dans son book 98.6°, Cody dit: acheter le matos (consommable: allumettes, firesteel, purification d'eau, ziplocks) de votre kit "survie" en double: un pour s'entrainer a l'utiliser, et connaitre ses limites et contraintes; et un pour pour garder sur soi un kit complet ( genre: j'ai plus d'allumettes dans mon kit SURVIE psk je les ai utilisé en camping  ;# )
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: DavidManise le 21 septembre 2012 à 10:20:12
Oui, faut de la redondance, bien entendu... 

David
Titre: Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: VERDUG0 le 21 septembre 2012 à 10:36:19
Je pense qu'il parlait surtout du fait de connaitre son matos, et pas que son couteau, aussi les allumettes parrafinées, savoir desinfecter de l'eau avec ziplock+ solution.
C'est pas quand l'avion est en feu qu'il faut lire les instructions d'evacuation...

Avoir du bon matos ca peut faire la difference, mais y a des trucs en amonts ( genre la pyramide Wiseman/Serge ) a maitriser.
Et ca passe par la pratique et la connaissance de son matos. Genre j'utilise un BIC dans des situations pourries et souvent, mais j'ai aussi mon BIC plein et vérifié autour du cou.

Je l'ai compris comme ca.
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: azur le 21 septembre 2012 à 13:50:15
"à n'utiliser qu'en cas d'urgence" c'est bien pour les issues de secours pas pour le matos de survie que l'on utilisera en situation pourrie pour sauver sa peau

Avoir du bon matos ca peut faire la difference, mais y a des trucs en amonts ( genre la pyramide Wiseman/Serge ) a maitriser.

Partant de ces deux constats (que je trouve fort pertinents), on peut dire qu'il y a deux "types" de matériel contribuant à la survie:
- ceux qui permettent de sortir d'une situation pourrie, et qui focalisent la quasi-totalité des réflexions
- ceux qui évitent de se retrouver dans une situation pourrie... encore que l'attitude et le comportement soient prépondérant

Je me faisais cette réflexion récemment au moment de changer de téléphone portable...
lequel choisir?
smartphone ou "basique"?
classique ou durci?
Du coup, j'ai fait le point sur les usages et j'en ai conclu que le maitrise de cet outil (dans le sens où le téléphone est un outil et non un maitre dont nous sommes esclave) et un usage adapté m'ont permis d'éviter un paquet de situations qui auraient pu devenir merdiques.
Pour prendre un exemple simple: j'ai beau avoir tout ce qu'il faut dans le coffre pour passer une nuit confortable si je suis bloqué sur la route... c'est encore mieux de savoir où chercher sur mon téléphone pour éviter les zones à risque, anticiper les haltes et les déviations.

D'aucun diront que c'était déjà vrai avant le téléphone, et ils ont raison! Le téléphone n'est qu'un moyen de plus au service d'un état d'esprit... mais un moyen aux capacités diablement étendues.
Mais surtout, il n'y a rien d'incohérent à faire une croix sur du matériel destiné à sortir d'une situation pourrie (à usage limité, voire inexistant) pour financer du matériel, en apparence courant ou anodin, qui permettra d'éviter de s'y retrouver (à l'usage beaucoup plus courant)!
Titre: Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: bpc le 21 septembre 2012 à 14:27:43
+ 2 000 000 exposant 89456700

Relisez bien ce passage.  Plusieurs fois.  

:up:

David

tant pis si j'ai l'air de repasser derrière manise, mais alors là on est vraiment dans le sujet du titre, en tout cas tel que je le comprends:

car si on appliquait ce principe on aurait pas de couteau "de survie" dans le genre du jungle king, autrement que comme support de rêve.

franchement, les couteaux dit "de survie" sont à mon avis, les couteaux à ne surtout pas avoir "en survie":


couteaux qui servent à tout, mais qui ne font corectement rien de ce que devrai bien faire un couteau:

c'est à dire, être souple, tranchant, facile à affùter et réparer( le tranchant), bien en main, etc....


justement, tout ce que l'on demande à un usage quotidien !


en fait, un bon couteau pour la survie, c'est un couteau qui est excellent dans le quotidien du lieu considéré( machette en jungle, etc....)

j'imagine qui en est rellativement de même pour le reste.
Titre: Re : Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: guillaume le 21 septembre 2012 à 14:30:27
il n'y a rien d'incohérent à faire une croix sur du matériel destiné à sortir d'une situation pourrie (à usage limité, voire inexistant) pour financer du matériel, en apparence courant ou anodin, qui permettra d'éviter de s'y retrouver (à l'usage beaucoup plus courant)!

Tout à fait. On peut (doit?) même pousser le raisonnement plus loin : autant prendre du matos qui servira tous les jours plutôt qu'un truc spécifique qui sera dans le placard le jour J.

C'est pour cela que j'ai un smartphone et pas un MTT, que mon fond de sac est la base de mon sac à dos sans redondance pour éviter le surpoids (si ce n'est avec mon fond de poche), etc.

a+
Titre: Re : Re : Re : Re : Un couteau de survie, c'est un couteau qu'on a quand...
Posté par: guy le 21 septembre 2012 à 19:16:23
autant prendre du matos qui servira tous les jours plutôt qu'un truc spécifique qui sera dans le placard le jour J.

Tout à fait et donc du robuste et fiable qui peut supporter les usages quotidiens. Après cela n'est en rien spécifique au couteau, pour ma part je n'ai pas besoin de couteau tout les jours... un multi tool (qui contient une lame... correcte) et une "carte suisse" sont adaptés à mes besoins et peuvent êtres utiles et fiables en cas de situations inconvenues.