Vie Sauvage et Survie
Premiers secours et santé => SAR => Discussion démarrée par: Nem-Rod le 19 décembre 2007 à 08:49:14
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Bonjour,
Existe-il sur le forum un fil qui pourrait répondre sur la conduite à tenir dans une telle situation: Lors d’une rando à skis (2 personnes), l’un des randonneurs se blesse (jambe cassée par exemple). L’endroit est isolé, éloigné de plusieurs heures d’un village et pas de communications. Que faire ? Les priorités ?
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Sympa comme scénar'.
A titre perso, en tant que pratiquant régulier du ski de rando, je ferais en sorte d'installer au mieux mon compagnon pour qu'il ne choppe pas trop froid et qu'il ne souffre pas trop, donc en construisant rapidement un muret autour de lui (pare vent) grace à la pelle que j'ai toujours avec moi. Isolation de la neige (avec ma veste, son sac à dos...), habillage, je lui laisse le thermos de thé et quelques cachetons et je file en bas prévenir les secours. Après les gestes de premiers secours, bien entendu : si la fracture est à l'equerre, je tenterai de remettre le tout dans le bons sens avec son autorisation, histoirre de limiter la douleur. Sans jouer au toubib, puisque dans nos contrées on est quand même jamais éloigné des moyens de secours (vive l'hélico...)
Penser à signaler la zone pour retrouver facilement le pote.
Eventuellement en imaginant des conditions simples à skier, et en étant avec mon pote habituel, je pourrais envisager de me le trimbaler sur le dos (c'est une crevette) soit pour l'ammener directement à la bagnole, soit pour l'installer plus confort (dans un bois, un chalet d'alpage...)
Sylvain.
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Bonjour,
Je suis nouveau sur le forum et ton sujet est interessant car c'est vraiment le genre de choses qui peut arriver...
Je dirai que plusieurs paramètres seraient à analyser avant de décider de ce qu'il faudrait faire (pardon si ce qui suit est leger face aux pros du forum qui te conseilleront mieux que moi:cela validera ou invalidera mes petites connaissances..)
- A quel moment de la journée cela arrive? (1h avant la nuit en montagne, pas facile...de descendre chercher des secours ou de retrouver le chemin sauf si habitué ou d'avoir le temps de trouver/faire un abri, de préparer un feu etc...avant la nuit...)
- Gravité de la blessure (transportable ou non?)
- Quelles solutions j'ai à ma disposition? (outils, proximite d'un abri etc...portable? :doubleup:)
Enfin autant de questions que l'on doit se poser...
Donc si accident critique:
Pour moi, la première chose que je ferai est effectivement comme Sylvain le dit, de l'installer le mieux possible (abrité du vent, muret, trou à froid) ET DE SIGNALER LA PRESENCE (marquage au sol en triangle avec ce que je trouverai), voire si je pars chercher des secours et en admettant qu'il soit conscient - ou elle :love: -, lui préparer un feu à allumer, laisser des aliments et m'allèger.
D'une manière générale, j'éviterai de me separer de l'accompagnant.
Après, je prends le temps de réflechir - ca m'arrive parfois - et je check en fonction des réponses aux questions ci-dessus si je pars chercher des secours ou si je dois la/le transporter...
Si je dois ABSOLUMENT le transporter (cas d'accident grave et tombée de la nuit), je me sers des skis pour faire un brancard (en croix + batons pour le haut et le bas du corps) et me sers des lanières pour la fixation (à défaut de bandes de tissu)...de lui sur le brancard et du brancard! Et go...
Si je pars chercher des secours, je laisserai des repères (pierres sur branchages ou branches plantees en croix etc...) histoire de retrouver à peu près le chemin..mais probable que ce serait un hélico qui viendrait d'où l'importance de la signalisation évoquée ci-dessus...
Chad
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Sylvain donne un bon embryon de réponse.
J'apporterais seulement quelques détails. Hormis les gestes de premier secours, je ne toucherais pas à la jambe, surtout si elle est à l'équerre. Réaligner un membre pouvait être réalisé après avis médical. Dans la réalité la douleur à la mobilisation est souvent plus importante que l'immobilisation dans la position ou se trouve le membre.
Il existe en plus des risques de complication vasculaire et/ou nerveuse par embrochement d'un vaisseau ou d'un nerf par une des extrémité osseuse.
Ensuite, donner à boire... la encore c'est risqué. La douleur peut faire perdre conscience à la victime, et un estomac plein, surtout avec des liquides ne fait jamais bon ménage avec l'inconscience. D'autant plus si la personne est sans surveillance. De plus un acte chirurgical d'urgence peut être à envisager lors de la prise en charge des secours. Et les anesthésistes ( médecins ou infirmiers ) ne goutent pas forcément les intubations à la volée estomac plein...
D'un autre coté, le risque et la prévention de l'hypothermie ne sont pas à laisser de coté. Difficile de trancher, c'est au cas par cas..
Sinon, dans la cas du ski de rando, il existe des systèmes pour réaliser des traineaux de secours avec les skis et les pelles. Ce sont des montages qui ne se font que très peu. L'accès aux secours étant assez rapide dans nos contrées. De plus l'inconfort du système rends tout déplacement de victime très délicat. De plus la mise en place est longue et necessite de ne pas être deux, mais un groupe plus important.
Je crois qu'il faut garder à l'esprit la chose suivante. Ne pas déplacer une victime si ce n'est pas absolument nécessaire. Dans nos montagnes, même à plusieurs heures d'un village, ou dans un zone sans communications la solution prônée par Sylvain est un bon compromis.
Protéger la victime, la laisser dans une position d'attente la moins "pire" possible. Et alerter. Souvent les "quelques heures d'un village" à la montée se transforment en quelques dizaines de minutes seulement à la descente. En outre, suivant la topo du terrain, au passage d'un col, ou d'une crête ton portable peut passer.
Enfin, il est important comme le soulignait Sylvain de "baliser" la zone ou se trouve la victime pour que les secours aériens puissent la repérer. Mais avant de laisser ladite victime, il convient également de se repérer afin de pouvoir situer le mieux possible le lieu de l'accident.
En fait, il n'existe pas "une" conduite à tenir. Mais plusieurs, suivant les cas qui se présentent à toi et la capacité à gérer les prioritées.
Il existe par contre des grandes idées générales, et des arbres de réactions et de choix a suivre si certaines situations se présentent. C'est ce que les anglo-saxons appellent les "what if" ? Qu'est ce que je fais ? En français. C'est une méthode d'élaboration de scénarii à réaliser au calme avant de partir pour tenter de prévoir des solutions à des problèmes donnés. C'est un peu ce que tu fais là en l'occurrence.
Cela consiste à se poser les questions avant et tenter d'y donner des réponses...
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voire si je pars chercher des secours et en admettant qu'il soit conscient - ou elle -, lui préparer un feu à allumer, laisser des aliments et m'allèger.
C'est comme ça que ça se termine mal dans "le patient anglais" :(
Si il y un blessé,moi,je ne le laisse pas seul.....je m'assois à côté pour me laisser aller au désespoir en mode:"c'est la fin,on va tous mooooouuurir!!!!!! :'( :o :'( :o "
;D bon,c'est vrai que je ne saurais absolument pas quoi faire:je m'en retourne lire vos idées avec attention!
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Ca prend une bonne tournure !
Merci JC pour tes précisions sur les gestes de premiers secours... Instinctivement, j'aurais le réflexe de remettre le membre à sa place. Tes compléments d'info sont donc appréciés ! :doubleup:
Pour ce qui est de ne pas donner à boire ou manger, je serais plus nuancé dans le sens où boire un thé sucré bien chaud, dans un environnement froid, est quand même une bonne manière de se réchauffer de l'intérieur, physiquement et moralement. De plus, si le gugusse est en position semi assise, bien calé, le risque d'étouffement par reflux gastrique est plus limité que couché sur le dos, non ? (c'est une question, hein...)
Pour le feux, déjà sur la neige c'est pas évident, en plus le risque existe, et il aura tôt fait de s'étteindre si personne ne s'en occupe. A réserver en groupe, à mon avis. En plus... faut avoir du bois et ça c'est assez rare en montagne, en tous cas sur des sorties ski de rando un peu alpines.
Pour les traineaux : les pelles sont souvent équippées de trous ad hoc. Mais c'est complexe à monter et surtout à manier. Vaut mieux prendre la poudre d'escampette après une bonne préparation du blessé pour l'attente, comme JC le dit bien.
Pour ce qui est de l'horaire, bah... c'est important d'avoir à l'esprit que le ski de rando, comme la cascade de glace et l'alpinisme, se pratiquent tôt le matin. Pour avoir de bonnes conditions, déjà, et pour pouvoir avoir le temps de gérer un problème. Dimanche matin, je me suis levé à 6 h pour une course à ski. Bah c'est super agréable, d'être seul en mntagne pour le lever de soleil...
Et... Chester, rappelle moi de ne jamais sortir seul avec toi à skis ! ;D (mode humour...)
Sylvain.
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Sylvain, pour le coup de la jambe c'est normal... à trop regarder "Les bronzés font du ski" en mangeant de la fondue ont à envie de faire pareil... :lol:
Sinon, vraiment j'insiste sur le fait qu'il faut laisser le blessé la ou il est dans la majorité des cas. Déplacer la personne augmente le stress et la douleur. Potentiellement la gravité de la blessure également.
Les restrictions à ce propos seraient la survenue éminente d'une avalanche, d'un éboulement ou de tout autre chose qui rendrait la situation inconfortable voire dangereuse. Je me risquerais à dire que pour trouver un lieu plus "apte" à recevoir le blessé, un lieu abrité ou quelque chose du genre on peut là encore envisager l'option de déplacer.
Comme en toute chose il faut peser le rapport risque/avantage.
Par contre si cette solution est retenue, on peut essayer de bidouiller une atelle ou un moyen d'immobilisation de fortune si la blessure s'y prête. L'avantage est double.
L'immobilisation permet d'éviter tout déplacement intempestif du membre pendant l'attente, et donc permet de limiter la douleur et les risques associés à un déplacement.
D'autre part, cette précaution est d'autant plus valable si on envisage de déplacer la victime pour la mettre à l'abri.
On peut utiliser tous les moyens du bord. Les batons, surtout si ils sont télescopiques,
une http://www.snowclaw.com/splint.htm (http://www.snowclaw.com/splint.htm)
Ou bien arrimer les 2 jambes ensembles...
Pour revenir aux traineaux... tous les skis ne s'y prêtent pas. A manœuvrer seul, avec le poids d'un blessé... j'ai des doutes...
Déjà que les pisteurs, avec une barquette prévue pour, et sur des pistes damées en bavent...
En outre l'inconfort d'un traineau de fortune est sans appel, autre que pour des situations très particulières.
En ce qui concerne le fait de faire boire ou pas... je soulignais bien les risques... mais aussi les avantages, surtout en terme de prévention de l'hypothermie. Qui est aussi dans ce cas la un facteur aggravant... donc...
Enfin, même à une heure de la tombée du jour... il reste de la marge. Les EC145 sont prévus pour voler de nuit. Suivant les conditions, les pilotes peuvent prendre cette option.
En outre, les secours peuvent aussi monter une caravane comme au bon vieux temps. C'est une chose qui arrive rarement mais qui fait partie des possibilités. Donc la nuit ne doit pas être un frein à l'alerte.
Au pire, cette heure de jour peut être mise à profit pour creuser un abri et préparer un bivouac d'urgence. La famille ou les amis ne voyant pas rentré les randonneurs, peuvent si ils sont au courant prévenir les secours.
Dans tous les cas, même rude, une nuit de bivouac est faisable... cela arrive parfois aux gens qui font de la montagne...
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Voilà des avis convergents d’initiés, dont on peut déjà dégager 4 priorités.
1)- Rester calme, réfléchir, faire un point sur la situation et sur le matériel à disposition.
2)- Déplacer le moins possible le blessé.
3)- Rassurer, réchauffer, isoler au maximum du froid et du vent (murets, vêtements, etc).
4)- Repérer précisément le lieu de l’accident et le baliser avant d’aller chercher les secours.
Et rappeler que :
La montagne est un lieu ou le risque zéro n’existe pas, sutout en randonnée hivernale ou en plus des accidents potentiels dûs à la pratique du ski, (ou raquettes) viennent s’ajouter quelques multiplicateurs de problèmes comme la déshydratation, le froid, l’humidité, les coulées de neige, les crevasses, les jours plus courts, la cessité des neiges, etc. etc. Par conséquent, il faut s’y préparer au maximum et toujours prévoir le pire, y compris de devoir passer une nuit dehors. En outre, il est impératif de laisser à quelqu’un, une heure approximative de retour et son itinéraire.
A savoir qu’il existe des attelles et même des traineaux gonflables de secours, pour les adeptes de raids à skis.
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:o
Oui, c'est donc possible de faire cour et concis... :love: ;)
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Oui, mais ce n'est qu'une synthèse mémorisable facilement de tout ce qui a précèdé.
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C'est une question vraiment difficile... et il est impossible de donner UNE réponse standard pour ce type de situation, malheureusement.
Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION. A ne pas utiliser tel quel a priori !!! Je ne garantis rien !!!
Déjà, on peut dissocier deux cas :
1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine...
Si on ne sait pas, on considère toujours le pire... et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre. NOTER L'HEURE.
Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement... immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile. Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure... bah on va chercher une autre solution.
Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme... on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.
Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte.
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):
1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes...
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé. Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable... je constate que ça ne passe pas... eh m*rde.
Nouveau cycle d'évaluation...
1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ? Hemorragie ? Perte de conscience possible ? Hypothermie qui guette ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours... et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :
- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS
Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même... sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes... !
S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger... eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :
1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui... en dernier...)
Qu'en pensez vous ?
David
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Moi j'ai une question :
comment evaluez vous le temps de l'hypothermie en fonction de la température en tenant compte du vent :
http://www.meteolafleche.com/ventgivrant.html
A mon avis faut faire rush qd meme.
Autre question meme si ca pourrait faire un autre topic entier:
est ce que vous auriez le meme etat d'esprit pour la meme situation (de froid notament), mais en zone forestiere(avec deux types de terrain : déplacement facile[chemins] ou difficile[la cambrousse]) ?
Merci
François
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Et... Chester, rappelle moi de ne jamais sortir seul avec toi à skis ! (mode humour...)
Sylvain.
hé,je disais ça parce que je suis là pour apprendre :tongue: D'abord,si on fait du ski,c'est pas moi qui me blesserait la première:j'en fais chaque année depuis que j'ai 6 ans,et j'applique l'art du "tu peux skier comme une patate si tu veux tant que tu restes debout sur tes skis.. ce qui m'a parfaitement réussi jusqu'ici ;D )
sérieusement,n'ayant aucune notion de secourisme,je resterais VRAIMENT à côté du blessé,et j'essaierai de faire un feu (la technique du bois frisottis,je crois?) de résineux sur une souche...quitte à faire brûler un de mes gants en nylon pour que ça prenne plus vite.
Si ça réussit,et ben:chaleur,lumière et signal.
ça peut faire l'affaire comme technique?
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C'est une question vraiment difficile... et il est impossible de donner UNE réponse standard pour ce type de situation, malheureusement.
Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION. A ne pas utiliser tel quel a priori !!! Je ne garantis rien !!!
Déjà, on peut dissocier deux cas :
1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine...
Si on ne sait pas, on considère toujours le pire... et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre. NOTER L'HEURE.
Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement... immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile. Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure... bah on va chercher une autre solution.
Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme... on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.
Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte.
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):
1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes...
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé. Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable... je constate que ça ne passe pas... eh m*rde.
Nouveau cycle d'évaluation...
1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ? Hemorragie ? Perte de conscience possible ? Hypothermie qui guette ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours... et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :
- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS
Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même... sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes... !
S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger... eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :
1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui... en dernier...)
Qu'en pensez vous ?
David
J'en pense beaucoup de bien David... T'as presque tout bon!
Si tu permets, je vais essayer de développer certains points.
Voici mon humble avis, qui ne représente en RIEN des recommandations valides, mais simplement une DISCUSSION. A ne pas utiliser tel quel a priori !!! Je ne garantis rien !!
Très bonne intro,car... Les "toujours et les jamais" en aide médicale urgente n'existent pas.
Il faut improviser,et savoir jongler avec ses connaissances pour adapter une réponse correcte à une situation donnée.
Exemple... "il ne faut jamais réaligner un membre fracturé sans avis médical"... Faut!
Si on a la formation pour,il faut très souvent réaligner un membre fracturé,surtout si on envisage une évacuation du patient.
1) fracture simple, sans déformation importante du membre, et où le pouls passe à l'extrémité du membre (l'ongle du pouce se recolore en - de 10 sec environs après qu'on l'ait comprimé)...
2) fracture complexe, avec déformation du membre, fracture ouverte, ou fracture qui prive le membre d'irrigation sanguine...
Très bon truc pour vérifier la vascularisation d'un membre que de pincer l'ongle.(à faire avant immobilisation et également après pour vérifier que l'attelle qu'elle soit improvisée où pas ne comprime pas trop le membre.(Si on sait faire une prise de pouls,c'est encore mieux)
Mais attention... Ce truc a des limites. La vasoconstriction périphérique.. Qui sera induite par le froid,et/où le début de choc hypovolémique du à la perte de sang créée par la fracture(un fémur c'est de mémoire +/- un litre de sang dans le jambon!)
Si on ne sait pas, on considère toujours le pire... et donc on a 6h au max pour rétablir la circulation dans le membre. NOTER L'HEURE.
Tafdak... Là c'est une urgence dite"Fonctionnelle"(Risque de perte définitive de mobilité)
Bein c'est clair,il y a carrément risque d'amputation dans ce cas là!
Autant, le premier cas permet d'immobiliser la jambe correctement et de retrouver un semblant de mobilité, autant la seconde option le permet difficilement... immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile. Et comme on ne va pas risquer de replacer ça soi-même à moins d'y être TOTALEMENT forcé et si c'est un cas de force majeure... bah on va chercher une autre solution.
Bein,là... MOI,SI FRACTURE ET PAS LUXATION:Je réaligne(J'ai bien marqué réaligner et pas réduire)... MAIS Je suis formé pour,j'ai l'expérience pour,et surtout une batterie d'actes médicaux délégué pour me protéger des suites....
Il y a un mais quand même... réaligner se fait sous traction,dès que la traction est lancée... elle ne peut être stoppée qu'après la mise en place de l'attelle qui prendra le relais...
Essayez donc de placer une attelle d'une main,et de faire une traction de l'autre... Impossible si on est seul!
Avant de déplacer une victime, il faut aussi toujours comprendre comment l'accident est survenu, afin d'évaluer la gravité des blessures, et le risque de polytraumatisme... on ne déplacera pas quelqu'un qui peut/pourrait avoir les cervicales pétées, pour des raisons évidentes.
Donc, en fait, on a plusieurs contraintes à gérer en même temps, et malheureusement on va devoir en sacrifier une ou plusieurs, pour pouvoir prioriser et agir sur ce que l'on considère le plus vital pour la personne dans le contexte.
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Tafdak... Voir première phrase.. improviser et jongler pour s'adapter au cas qui est unique..
Le but est :
1) de ne pas nuire
2) de maintenir la personne en vie assez longtemps pour...
3) faire en sorte que la victime soit prise en charge par les secours
4) limiter le plus possible les séquelles...
Bon.
Concrètement, j'agirais, je pense, grosso modo en suivant cette suite qui me semble logique (je peux me planter complètement):
1) m'assurer que je ne cours pas de danger en allant secourir la victime ;
2) sécuriser la zone et éviter le suraccident ;
3) évaluer rapidement le niveau de conscience, la respiration, et les blessures apparentes...
4) si possible, discuter avec la personne pour comprendre le mécanisme de l'accident et comprendre COMMENT ça s'est passé. Ca permet d'évaluer la gravité des blessures et la possibilité plus ou moins grande de lésions cachées, etc.
5) tenter le 112 avec le portable... je constate que ça ne passe pas... eh m*rde.
Nouveau cycle d'évaluation...
1) de combien de temps dispose la victime avant d'être en danger en restant seule sur place ? Hemorragie ? Perte de conscience possible ? Hypothermie qui guette ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
2) à combien de temps de là suis-je CERTAIN de pouvoir alerter les secours... et ensuite combien de temps les secours mettront pour venir ? Prendre le temps d'évaluer tous les paramètres, et se laisser de la marge...
Si 1 est plus grand que 2, autrement dit si on est certain de pouvoir orienter les secours sur la zone avant que la personne ne soit en danger de mort, on peut considérer la possibilité de laisser la personne sur place en :
- signalisant sa présence (lampe, drapeau, lui laisser un sifflet et une lampe, et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
- la couvrant au max, et l'isolant du sol (en prenant appui sur sa jambe valide elle peut nous laisser glisser un matelas sous elle, puis 2-3 duvets et manteaux par-dessus, avec les bouillotes et tout si possible)
- la plaçant sur le COTE pour qu'en cas de KO elle soit directement en PLS
Et là on part en étant sûr de son chemin, et en faisant ATTENTION de ne pas se blesser soi-même... sinon deux victimes en deux points différents, et toujours pas de secouristes... !
S'il est apparemment impossible d'alerter les secours avant que la victime ne soit réellement en danger... eh bien A MON HUMBLE AVIS il faut la transporter coûte que coûte, en faisant tout pour qu'elle :
1) reste en vie (attention au FROID même, voire surtout si on transporte la personne)
2) ait le moins possible de séquelles à long terme
3) n'ait pas trop mal (oui... en dernier...)
Ben,chapeau... Tu me sorts ça en exam,et tu as ton brevet...
Une chose où deux a préciser...
Dans le cas où tu dois obligatoirement déplacer la victime....
le réalignement est recommandé.(Si non,bein la fracture fermée va sûrement se transformer en fracture ouverte...)
Si c'est un fémur, où plusieurs fractures... le déplacement se fera OBLIGATOIREMENT au minimum à plat!! et si possible en position de Trendelenbourg*,**. Car ton patient sera en début de choc hypovolémique et le fait de le relever va pas lui faire du bien... loin de là!
* Trendelenbourg= membres inf relevés pour créer un reflux sanguin vers les organes dits nobles.
** Sauf si risque de trauma cérébral.
Voili,voilou... Et j'espère pour tous que cette situation ne restera que théorie
@++
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Mesdames messieurs,je crois que nous avons là un reccord!!!! :up: :)
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Mesdames messieurs,je crois que nous avons là un reccord!!!! :up: :)
Un record ??
David
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Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)
David
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bah oui :)
ton post,délayé avec son post....ben je crois que c'est le plus long post que j'ai jamais lu de tooute ma vie (et sur le forum,aussi)
mais c'est très instructif,hein,y'a pas matière à se vexer!!!!! (je me méfie un brin,maintenant...vas savoir pourquoi :tongue: )
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Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)
David
IDEM... ;)
@++
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Enfin, il est important comme le soulignait Sylvain de "baliser" la zone ou se trouve la victime pour que les secours aériens puissent la repérer. Mais avant de laisser ladite victime, il convient également de se repérer afin de pouvoir situer le mieux possible le lieu de l'accident.
C'est là qu'un GPS peut aider : enregistrer les coordonnées de l'endroit (POI) avant de partir, les noter aussi sur un papier (panne ou perte du GPS).
jl.
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Pics : merci pour tes précisions :up: J'ai hâte qu'on se fasse notre petit stage au printemps moi ;)
Salut les copains. Désolé de sortir du sujet mais :
- lieu ?
- déjà une idée des dates ?
- Stage "débutant" ou "intermédiaire" ?
- combien de participants max ? il reste combien de places ?
- prix ?
- Vincent : ca te dit de co-voiturer (avec Fred aussi sans doute) ?
fab
-
Salut les copains. Désolé de sortir du sujet mais :
- lieu ?
- déjà une idée des dates ?
- Stage "débutant" ou "intermédiaire" ?
- combien de participants max ? il reste combien de places ?
- prix ?
- Vincent : ca te dit de co-voiturer (avec Fred aussi sans doute) ?
fab
Co-voiturer??? Avec Fred et toi... attends je réfléchi!!! :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup: :doubleup:
Bienss que suis intéressé.... lollll Le trajet va être une aventure à lui tout seul!! :D ;)
@++
Pour le reste c'est plus David qui saura te répondre..
-
Idée des dates : pas vraiment pour l'instant.
Plutôt intermédiaire, je pense, a priori... enfin comme toi quoi ;)
Nombre de participants max, on en avait discuté... faut que je retrouve le fil.
Prix... bah de quoi payer le trajet aux instructeurs belges et à cubitus quoi... ;)
David
-
C'est là qu'un GPS peut aider : enregistrer les coordonnées de l'endroit (POI) avant de partir, les noter aussi sur un papier (panne ou perte du GPS).
jl.
Oui enfin le GPS n'est pas forcement de toutes les sorties rando, loin s'en faut...
Ceci dit si il est là, c'est un réflexe à avoir. Et être capable de chopper un waypoint, et le retranscrire oralement aux secours dans la bonne norme.
hé,je disais ça parce que je suis là pour apprendre :tongue: D'abord,si on fait du ski,c'est pas moi qui me blesserait la première:j'en fais chaque année depuis que j'ai 6 ans,et j'applique l'art du "tu peux skier comme une patate si tu veux tant que tu restes debout sur tes skis.. ce qui m'a parfaitement réussi jusqu'ici ;D )
sérieusement,n'ayant aucune notion de secourisme,je resterais VRAIMENT à côté du blessé,et j'essaierai de faire un feu (la technique du bois frisottis,je crois?) de résineux sur une souche...quitte à faire brûler un de mes gants en nylon pour que ça prenne plus vite.
Si ça réussit,et ben:chaleur,lumière et signal.
ça peut faire l'affaire comme technique?
Allez, je t'invite à une petite sortie ski. On jouera à celui qui se met la plus grosse tôle et devra être réanimé par l'autre avec la technique "frisotis" :tongue:
Franchement, le feu, c'est pas ben envisageable sur ce genre de terrain.
Sinon, David et Pics, MERCI pour vos posts... Et je suis toujours et d'autant plus motivé par notre petit WE "secours en situations". Je ramènerai mes planches et ma pelle à neige pour confectionner un traineau. Ca permettra de relativiser... ;)
Sylvain.
-
Prix... bah de quoi payer le trajet aux instructeurs belges et à cubitus quoi... ;)
Je demande car ma soeur et ma maman semblaient intéressées par un stage "pas trop froid". Sous réserve de disponibilité, ca pourrait faire un fameux groupe de belges :blink: :lol:
Fred : tu nous lis ? Tu veux bien co-voiturer avec Vincent aussi, dis ? ;D
fab
-
Bonjour,
Le scénario de base ... Lors d’une rando à skis (2 personnes), l’un des randonneurs se blesse (jambe cassée par exemple). L’endroit est isolé, éloigné de plusieurs heures d’un village et pas de communications. Que faire ? Les priorités ?
est un scénario bien merdique ... personne n'a de solution miracle.
Donc, mieux vaut prévenir que guérir ... Car dès le moment où l'on envisage de randonner loin de tout, c'est un risque "réel" à prendre en considération ...
Des idées en vrac ... non testées
0. Ne pas y aller ... bof
1. Ne pas y aller si un équipier n'est pas en forme, si les choses sont "mal parties" depuis le début - c'est alors que les accidents sont les plus fréquents.
2. Prévoir que cela peut arriver : emporter avec soi un minimum de matos de bivouac (tarp, réchaud, duvet, bouteille thermos légère ... pas bien lourd ... 2 kg?). Corollaire : avoir pratiqué le bivouac dans la neige, avec cet équipement.
3. Avoir une réserve de chauferettes, il en existe qui ont une surface assez grande, utilisées dans les hôpitaux
4. Petit matériel de signalisation.
5. GPS pour noter la position précise (si la réception n'est pas bonne maintenant, elle sera meilleure dans une demi-heure, ou 500 m plus loin ...)
6. Pour "casser le scénario" : téléphone satellite ou équivalent (ne pas oublier quand même que le "112" gsm peut parfois passer, même si on n'a pas de réseau "normal"; ne pas oublier - celà a été dit - que si cela ne passe pas "ici", cela passe peut-être 500 m plus loin ...
7. Toujours pour casser le scénario : y aller à trois, pas à deux! "Two is company, three is a crew"
NB : pour les GPS, GSM, réchaud gaz ... prévoir des petites pastilles chauffantes
Les spécialistes des kit de survie pourront certainement compléter la liste. Quel est le risque d'utiliser un anti-douleur puissant? Lequel conviendrait le mieux?
-
Bon... quelques petites réflexions...
David, sur l'ensemble, et même en détails le raisonnement tiens bien la route. Il convient de bien faire ressortir en effet que chaque situation est singulière et complexe, et qu'il faut à chaque fois s'adapter.
Partant du cas général très large qui nous était donné, nous ne pouvons qu'envisager des hypothèses...
immobiliser une jambe à l'équerre, pas facile
... en effet. Mais pas impossible ! On va essayer de caler le membre pour éviter tout déplacement dans l'espace, mais aussi pour soulager celui ci de son propre poids.
On met donc dans tous les creux naturels présents entre le membre et le sol des objets (vêtements, parties de matériels,
amas de neige ou autres) afin de soulager celui ci, de limiter les efforts musculaires que la victime va avoir à mettre en œuvre. Le principe étant de d'offrir à la personne un soutien de son membre lésé.
On pensera également à caler la chaussure afin que le poids de celle ci n'entraine par de rotation ou de contraintes supplémentaires sur la jambe.
Pour parfaire nos gestes, penser aux problèmes d'hypothermie, aux difficultés de vascularisation, les chaussures seront desserrés. Ainsi le flux sanguin retrouve une dynamique moins perturbée. Et la formation de l'œdème consécutive au traumatisme pourra se réaliser vers l'extérieur, au lieu d'augmenter la compression et d'agir comme un garrot en comprimant les tissus vasculaires et nerveux.
Le pieds n'assurant plus par ses mouvements son statut de "pompe", le retour veineux est ainsi favorisé... du coup !
A propos du temps de recoloration cutanée, qui est un bon test, mais qui dans certaines situations atteint ses limites comme la souligné PICS. On adjoindra la recherche d'un pouls. Radial ou pédieux en ce qui concerne les membres. Mais on trouve les limites lorsque la personne est chaussée.
Par contre, il convient également de rechercher tout signe de lésion ou de problèmes nerveux. On s'attachera donc également à demander à la victime si elle ressent des sensations de picotements, de fourmillements ou toute absence de sensation dans les extrémités. La palpation à même la peau permet aussi d'affiner le bilan nerveux. En "papouillant" délicatement l'ensemble du membre en aval de la lésion, on va rechercher si la personne ressent ce qu'on lui fait. En effet, parfois on peut noter une zone blanche de quelques cm carrés sans aucune sensation, et qui peux faire penser à une lésion sur une branche terminale d'un nerfs.
Exemple... "il ne faut jamais réaligner un membre fracturé sans avis médical"... Faut!
Si on a la formation pour,il faut très souvent réaligner un membre fracturé,surtout si on envisage une évacuation du patient.
::) ... Alors j'argumente...En France au niveau des gestes de premier secours grand public on n'évoque même pas cette notion. Le calage du membre est la seule option.
Au niveau du secours en équipe, donc des secouristes avec matériels et pouvant prendre en charge les victimes dans le cadre d'un agrément...
La présence d’une déformation angulaire du membre atteint constitue un obstacle ou une gène
à la mise en place d’un matériel d’immobilisation.
Il est donc nécessaire de réaligner le membre, c’est à dire de lui faire recouvrer un axe proche
de la normale, avant de l’immobiliser.
Ce réalignement permet de :
• Prévenir les mouvements ;
• Mettre en place une attelle ;
• Limiter les complications de compression vasculaire ou nerveuse.
Le réalignement d’un membre se fait, chaque fois que possible, en présence d’un
médecin.
En l’absence de médecin, le réalignement d’une fracture de l’avant-bras ou de la jambe ne sera
réalisé, par un équipier secouriste, qu’après avis médical.
Cette citation est issue des documents PSE 1/2 consultable en ligne ici... http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/formation/nnfasc/osc/view (http://www.interieur.gouv.fr/sections/a_l_interieur/defense_et_securite_civiles/formation/nnfasc/osc/view)
Dans la réalité, rare sont les médecins régulateurs à autoriser cette manœuvre "a distance" en France. La pénurie d'équipe médicale fait que très souvent, mais heureusement pas toujours, l'immobilisation se fera dans une attelle a dépression, le membre laissé tel quel...
Donc, dans le cas qui nous était présenté je réitère ce que j'ai dis. Pics, de plus tu souligne le fait qu'un réalignement ne peut être fait à une seule personne et qu'elle nécessite du matériel d'immobilisation.
En outre, c'est très souvent une action très douloureuse nécessitant une prise en charge de la douleur. Les antalgiques puissants ne sont en général pas présents dans les trousses de secours des randonneurs lambda.
Néanmoins pour ce qui intéresse la montagne, on peut trouver sur ce site http://www.ifremmont.com/docmmont.php (http://www.ifremmont.com/docmmont.php) des renseignements valables sur ces situations et les prises en charge.
Enfin, en ce qui concerne la réalisation d'un traineau. C'est vraiment en tout dernier recours... au fin fond de l'Alaska. Je n'ai pas réussi à trouver un document sur la réalisation.
Juste une photo pour illustrer l'inconfort pour la victime, et le nombre de personne nécessaire pour son maniement sur un terrain relativement tranquille...
(http://www.montblanc-guide.com/images/jpc/traineau.jpg)
Bon, voilà de quoi discuter encore un peu... le sujet est tellement vaste...
Mais encore une fois, ce sujet souligne bien l'intérêt de se former aux techniques de premier secours. Elles permettent "a minima" de trouver des éléments d'actions et de réponses à un grand panel de situation.
-
Boah, l'achever, pis lui crever les yeux pour pas qu'il voit sa misère !
Meuh non, c'est pour rire !
Pics et David on très bien analysé la situation ( notamment sur une fracture de fémur et un litre de sang dans la cuisse= hypovolémie) notons tout de même qu'un réalignement d'un membre inf fracturé nécessite du matériel ( traction) qu'il faut garder une fois posé. La douleur est un élement aggravant la situation ( de mon temps on pratiquait systématiquement un bloc crural sur tout fracture de fémur avec déplacement, cela se fait-il toujours ?), notamment en majorant le "choc" de la victime. Donc pour moi une immobilisation du membre et de la victime seront à faire dans un premier temps.
Mes deux attelles à dépression.
-
Je confirme Anke, le bloc crural est toujours d'actualité pour ce qui est de la prise en charge d'une fracture de la diaphyse fémorale... avec pose d'une attelle de traction de type Donway ou Spencer.
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Bien,oui...
Pays différents,formations différentes,manières de travailler différentes...
Je l'ai indiqué,chez nous le fait de réaligner un membre est un acte courant,enseigné pendant la formation des ambulanciers 100...(pas des secouristes)
Certains de ces ambulanciers se retrouvent d'ailleurs après des années de pratique,de formations continues,et d'examens,à donner cours(en complémentaire à leur boulot)dans les écoles de nursing,..et dans les stages ARAMU de traumatologie à faire instruction pour la formation continue des...médecins urgentistes hospitaliers... De plus,certains roulent en SMUR.
Si tu fais se déplacer un SMUR (seul moyen d'avoir un avis médical en Belgique)pour une fracture... Bein,il y a de grandes chances que l'on te suggère gentiment de changer de boulot et d'aller faire des transferts secondaires dans le privé....(Pour une fracture,hein... pas pour un polytraumatisé!!)
Nous utilisons bienss également des attelles à dépression,et j'imagine mal le fait de placer un membre à l'équerre dedans... Encore moins dans un matelas coquille d'ailleurs...
D'ailleurs sur ce point,on se rejoint
Citation
La présence d’une déformation angulaire du membre atteint constitue un obstacle ou une gène
à la mise en place d’un matériel d’immobilisation.
Il est donc nécessaire de réaligner le membre, c’est à dire de lui faire recouvrer un axe proche
de la normale, avant de l’immobiliser.
Ce réalignement permet de :
• Prévenir les mouvements ;
• Mettre en place une attelle ;
• Limiter les complications de compression vasculaire ou nerveuse.
Le réalignement d’un membre se fait, chaque fois que possible, en présence d’un
médecin.
En l’absence de médecin, le réalignement d’une fracture de l’avant-bras ou de la jambe ne sera
réalisé, par un équipier secouriste, qu’après avis médical.
Sauf que pour nous,il n'y a pas d'avis médical obligatoire.
Mode Humour on... Nos ambulances sont beaucoup trop petites,une jambe droite fracturée à 90 degrés ne passe pas par la porte...
Notre système de secours a lui aussi de gros défauts par rapport au votre,exemple de moins en moins de SMUR sur le terrain.... De plus en plus de responsabilités pour les autres intervenants
Pour revenir à notre nonos fracturé...
Faut avouer que le blessé s'il est conscient ne va pas laisser pendre à 90 degrés par exemple un avant bras et va de lui même avant notre arrivée prendre une position antalgique en soutenant son membre lésé... Celui ci sera presque réaligné.
Idem pour un membre inférieur... le patient conscient replace très souvent lui même son membre dans un bon axe en se reculant à l'aide de ses mains et de sa jambe valide... Ce sont des réflexes.
Je signale aussi que je répondais à une situation proposée par David où l'évacuation de la victime était la seule solution...
Les secours étaient inaccessibles et/ou inexistants... C'est pas tous les jours que ça se présente une situation comme ça!!! c'est une situation d'exception qui demande une réponse d'exception... J'ai donné la mienne,et j'ai bien insisté sur le fait que j'estimais avoir la formation pour le faire...
T'as bien raison... le sujet est vaste!!! Mais passionnant.
@+++
Pics
-
J'aime bien les gens qui, devant un problème complexe, savent donner une réponse complexe et intelligente, exprimée en termes simples.
Je trouve que Pics vient de faire ça deux fois de suite dans ce fil ;)
David
P.S.: t'inquiètes pics, y'a rien de gros et de dur qui suit, après la pommade hein ;D ;D
-
Merci... :-[
P.S.: t'inquiètes pics, y'a rien de gros et de dur qui suit, après la pommade hein ;D ;D
Lolll... Chez nous on dit"T'as reçu les fleurs,bouge pas le pot arrive!!!!"
@++
-
Il me semble qu'une idylle est en train de naître entre David et Pics!! :D
-
Ouarf... c'est un amour impossible ;D Il est trop... enfin pas assez féminin en fait ;D
David
-
personne n'a relevé mes interrogations :-[
Sinon, je repensais a un truc :
David, tu disais :
et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
oué, mais si t'as pas reussit a avoir les secours avec, c'est qu'il n'y a pas de reseau, et il est peu probable qu'une nouvelle antenne viennent entre temps :)
De plus, si moi je prends ce portable, a mi-course vers mon village où je peux avoir de l'aide, je pourrai toujours réessayer de contacter le secours ?? et aller encore plus vite.
non ?
François
-
quitte à faire brûler un de mes gants en nylon pour que ça prenne plus vite.
Très mauvais ça AMHA. Si tu dois par la suite déplacer, tu te retrouve plus qu'avec un seul gant, et là, les gelures guêtent (même si on ne se déplace pas d'ailleurs) :down:.
a+
-
Très mauvais ça AMHA. Si tu dois par la suite déplacer, tu te retrouve plus qu'avec un seul gant, et là, les gelures guêtent (même si on ne se déplace pas d'ailleurs) :down:.
a+
héhé je pensais que personne n'avait relevé...
Bon,on m'a dit entre temps que le terrain ne se prêtait pas entre temps à un feu,mais si jamais je peux arriver à en faire un,même si c'est un "feu de plastique",sacrifier un gant pourrait valoir le coup,non?Si c'est le gant de la main faible,que je peux continuer à la garder abritée dans ma manche,et que si grace à ça je peux démarrer un feu conséquent remarquable depuis les zones d'habitations,ce sera au plus l'affaire d'une nuit...?
-
héhé je pensais que personne n'avait relevé...
Bon,on m'a dit entre temps que le terrain ne se prêtait pas entre temps à un feu,mais si jamais je peux arriver à en faire un,même si c'est un "feu de plastique",sacrifier un gant pourrait valoir le coup,non?Si c'est le gant de la main faible,que je peux continuer à la garder abritée dans ma manche,et que si grace à ça je peux démarrer un feu conséquent remarquable depuis les zones d'habitations,ce sera au plus l'affaire d'une nuit...?
OK. Et si tu dois t'éloigner de ton feu pour aller les chercher les secours, par -10°C?
a+
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personne n'a relevé mes interrogations :-[
Sinon, je repensais a un truc :
David, tu disais :
et son téléphone portable dans la poche, sait-on jamais...)
oué, mais si t'as pas reussit a avoir les secours avec, c'est qu'il n'y a pas de reseau, et il est peu probable qu'une nouvelle antenne viennent entre temps :)
De plus, si moi je prends ce portable, a mi-course vers mon village où je peux avoir de l'aide, je pourrai toujours réessayer de contacter le secours ?? et aller encore plus vite.
non ?
François
Un changement de météo peut permettre de capter des ondes. ne m'en demande pas plus, je le sais mais je ne sais pas le pourquoi du comment.
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N'empêche que je ferai que Spip à savoir que je prendrais mon portable. Dès que je capte, j'appelle les secours et je leur donne la position du blessé ainsi que son état et j'attends leurs instructions. Il seront, ainsi, plus vite mis au courant de la situation et donc on gagnera du temps sur l'évacuation.
a+
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OK. Et si tu dois t'éloigner de ton feu pour aller les chercher les secours, par -10°C?
a+
On parle bien de neige hein?S'il y a de la neige,je me suis habillée chaudement.Je tire sur ma manche.je rentre ma main gauche à l'intérieur.Je replie le bord de la manche vers l'intérieur;je maintiens avec la main sans gant:elle est protégée.je peux aussi rouvrir la manche et souffler dedans. :)
-
Tout dépend du contexte, en terrain peu ou pas accidenté ca n'est pas genant de se priver de l'usage d'un bras en le gardant dans sa veste.
Mais si l'on risque de marcher de nuit, en montagne escarpée... Tout circonstance un peu technique ou le risque de chute existe. Il vaut mieux garder l'usage de ses deux mains. Quit a sacrifier un truc je file mon calecon ! ;D
-
Amplificateur d'antenne pour cellulaire.
http://cgi.ebay.fr/Amplificateur-d'antenne-telephone-portable_W0QQitemZ130183072723QQcmdZViewItem (http://cgi.ebay.fr/Amplificateur-d'antenne-telephone-portable_W0QQitemZ130183072723QQcmdZViewItem)
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Et ça marche vraiment ? T'as testé ?
David
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Tout dépend du contexte, en terrain peu ou pas accidenté ca n'est pas genant de se priver de l'usage d'un bras en le gardant dans sa veste.
Mais si l'on risque de marcher de nuit, en montagne escarpée... Tout circonstance un peu technique ou le risque de chute existe. Il vaut mieux garder l'usage de ses deux mains. Quit a sacrifier un truc je file mon calecon ! ;D
ouais,tu marques le point..........
n'empêche que j'ai déjà testé le déplacement avec un seul gant et la manche comme protection en montagne,et on reste assez mobile;on peut prendre appui sur son poing et son bras si on trébuche ou si on est tombé dans un tas de neige,pour tasser.On peut écarter les branches du bras.
Bon,c'était pas une nuit de marche forcée,
c'était une ballade d'après midi..peut-être que ça joue aussi?
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Et ça marche vraiment ? T'as testé ?
David
Je compte le faire début janvier.
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ouais,tu marques le point..........
n'empêche que j'ai déjà testé le déplacement avec un seul gant et la manche comme protection en montagne,et on reste assez mobile;on peut prendre appui sur son poing et son bras si on trébuche ou si on est tombé dans un tas de neige,pour tasser.On peut écarter les branches du bras.
Bon,c'était pas une nuit de marche forcée,
c'était une ballade d'après midi..peut-être que ça joue aussi?
Sans compter que le synthétique n'est pas la matière qui brûle le mieux, elle fond pour ainsi dire. Alors qu'un caleçon en coton...
a+
-
Sans compter que le synthétique n'est pas la matière qui brûle le mieux, elle fond pour ainsi dire. Alors qu'un caleçon en coton...
a+
Tu veux dire ouvrir tes vêtements pour récupérer le calbut,dans la neige?en perdant au passage
la chaleur corporelle emmagasinée?Je suis loin d'être spécialiste,mais à vue de nez ça me parait un tit peu suicidaire...Si le nylon crame mal,si on n'a pas d'allume-feu sur soi...
Autant se servir du blessé comme allume feu,il sert à rien,il ralentit.... :lol:
(bon,je me fais une réputation,moi...Mais non,je ferais pas un truc pareil,voyons.C'est juste que je l'adore,ce blessé anonyme! ;) )
-
mais comme tout le monde a un bandana si cher à David sur soi, pas de probleme de gants, sous vetements etc ...
En meme temps si Chester enlevai son "calbut" je suis sur que le bléssé irai mieux :lol:
Sinon, il ya tjrs mieux a sacrifier que ca : morceau de la poche du pantalon, une connerie qui brule bien dans le sac. Je suis sur que l'on trouve qqch.
François
-
:glare: alors ça, j'aurais dû m'en douter...
aucun autre commentaire, je préfère faire comme si je n'avais pas lu :closedeyes:
pour le reste,d'accord avec toi pour les poches et autres alternatives.En ce qui me concerne, je pensais aux cheveux, mais je viens d'aller tester à l'instant : c'est vraiment pourri comme allume feu;ça brûle trop vite,quasi pas de flamme....
pour les âmes sensibles : j'ai coupé une mèche,hein!je l'ai pas fait cramé direct sur ma tête!!
(avant que quelqu'un pose la question :tongue: )
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pour les âmes sensibles : j'ai coupé une mèche,hein!je l'ai pas fait cramé direct sur ma tête!!
Hum, tu es bien la jolie blonde sur le trombinoscope ?.
enfin, je dis ça je dis rien, on me traiterait de tous les noms ...... ;D
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:glare: alors ça, j'aurais dû m'en douter...
aucun autre commentaire, je préfère faire comme si je n'avais pas lu :closedeyes:
ne le prend pas mal, je ne voulais pas etre méchant, désolé si cela t'as véxé. :closedeyes:
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ne le prend pas mal, je ne voulais pas etre méchant, désolé si cela t'as véxé. :closedeyes:
Vexée?pourquoi serais-je vexée...puisque je n'ai rien lu! :)
Hum, tu es bien la jolie blonde sur le trombinoscope ?.
enfin, je dis ça je dis rien, on me traiterait de tous les noms ...... ;D
Jolie blonde? quelle jolie blonde? sur la photo? c'est sûrement pas moi,ça:je ne suis pas franchement jolie,et surtout plus important: Je ne suis pas blonde , je suis "châtin"...très,TRES clair ;D ahem... ::)
bon,ok si quand même.Mais j' ai pas choisi.Ce serait pas un peu mesquin, comme blague,des fois??? :sneaky:
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bon,ok si quand même.Mais j' ai pas choisi.Ce serait pas un peu mesquin, comme blague,des fois??? :sneaky:
Moi ? mesquin ?. Jamais !. (http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Anges_et_d%E9mons/0082.gif)
Tu as le même problème que moi j'ai l'impression, je suis un roux très foncé. :lol:
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Hey,je pensais pas que tu lirais un jour ce post....Je croyais qu'ils t'avaient achevé dans le trombinoscope.... ^__^