Bonjour Bison :)
ben dis donc, pour un retour de vacances, je ne m'attendais pas un mp aussi "velu" ::). Tu parles d'une reprise en douceur, toi ;D. Et excuse-moi pour le retard avant d'intervenir, mais j'avais d'autres occupations que mon micro 8).
Comme tu t'en doutes, en opérationnel, le météo/prévi de base ne se creuse plus la tête avec de savants calculs, tout est automatisé. Il m'a donc fallu me replonger dans mes cours et mes souvenirs pour répondre de manière précise à ta question. Et sans surprise, vu que mes collègues d'Outre-Quiévrain ont dégainé les premiers, ma réponse va marcher sur leurs plate-bandes (heureusement qu'on est d'accord ;)).
1. Tout d'abord, pourquoi s'enquiquiner à déterminer cette fameuse pression réduite au niveau de la mer ? La réponse est évidente, mais bon, okazou : je me permets un petit copier/coller d'une page de la partie pédago du site www.meteo.fr :
Le tracé des lignes isobares à la surface de la mer sur des cartes d'analyse objective ou de prévision, en particulier à l'échelle synoptique, définit des figures caractéristiques d'anticyclones ou de dépressions à des moments déterminés. L'expérience comme la théorie démontrent que ces figures tracées en mer revêtent une extrême importance pour l'étude de l'état et de l'évolution de la situation météorologique : or, il n'est pas a priori possible de prolonger leur dessin sur la terre ferme ni de tracer des figures identiques sur les continents, puisque la plupart des sites d' observation ou de prévision de la pression atmosphérique au sol sont situés chacun à une altitude plus ou moins élevée, dépendante de chaque site : la pression sur une verticale diminuant quand croît l'altitude, les valeurs des pressions attribuées aux sites au sol à un instant déterminé ne sont pas directement comparables.
Pour contourner cette difficulté, on a coutume en météorologie d'affecter à tout point B de la surface ou de l'atmosphère terrestres, à chaque instant, une valeur pA de la pression atmosphérique appelée la "pression réduite au niveau de la mer" en B : cette pression est celle qui régnerait à cet instant au point A situé au niveau moyen de la mer sur la verticale passant par B, s'il n'y avait dans l'environnement de cette verticale aucun relief (la couche entre A et B serait plongée dans l'atmosphère, c'est ce que tu appelles "creuser un trou – virtuel ! - entre B et A …).
2. Et maintenant, comment la calculer, cette pression au point (virtuel) A ?
Certes, comme tu l'as dit, en se servant de l'atmosphère standard OACI ... entre autres outils !
Pour ceux que ça pourrait éventuellement intéresser, rentrons un peu plus dans les détails.
On utilise :
- d'une part "l'hypothèse hydrostatique", qui permet d'établir "l'équation hydrostatique",
- et d'autre part "l'équation des gaz parfaits" (même si ce n'est pas strictement le cas, l'air est assimilé à un gaz parfait : on fait de la physique et de la thermodynamique, là, pas des maths ;-)),
pour aboutir au final à la "formule de Laplace" (une des lois de Laplace, appliquée à la météorologie), qui met en relation la pression pA (i.e. au point virtuel A, situé à l'altitudeA) et la pression absolue relevée au point B (pB), situé lui à l'altitudeB :
altitudeB – altitudeA = 67,445 x Tm x log (pA/pB)
en triturant l'expression ci-dessus (où altitudeB et pB sont connues, et altitudeA = 0), on peut donc calculer pA … à condition de connaître la température moyenne Tm de la couche virtuelle A-B, ou encore la température au point virtuel A. Et c'est là qu'intervient l'atmosphère standard, par le biais du gradient de décroissance verticale de la température de 0.65 °C / 100 m.
CQFD.
Pour plus de détails, les fanas d'équations et de thermo pourront utilement se reporter au glossaire du site www.meteo.fr (http://comprendre.meteofrance.com/pedagogique/publications/documentation/glossaire/a?page_id=13700)
Je redonne la parole au site meteo.fr : Cette hypothèse, quelque simple qu'elle paraisse, fournit d'excellents résultats et permet d'utiliser pleinement les lignes isobares "au niveau de la mer" sur les régions continentales de notre globe ; par là même, elle rend possible une comparaison des pressions atmosphériques au sol (ramenées à l'altitude zéro) quels que soient les sites considérés … y compris les Alpes ou les Pyrénées ;-)
Ci-dessous petit crobard pour visualiser le raisonnement.
Au final, si cette méthode convient aux moyens et aux objectifs d'un météorologiste, qui raisonne à l'échelle synoptique et ne recherche en aucun cas une altitude précise, elle présente effectivement des lacunes en terme d'altimétrie, pour un aviateur comme pour un randonneur : tes explications sont convaincantes :up: !