Ben voilà, à ce jour, 17 courageux se sont risqués à voter! Merci à eux.
L'altimètre est un instrument mal connu, même s'il est très en vogue chez les montagnards.
Peu encombrant si intégré dans une montre.
Déjà, il donne l'altitude, donc il donne une courbe de niveau. (Je sais, c'est pas très lisible en montagne, et peu utile ailleurs)
En conjonction avec la boussole et la carte, il permet un positionnement, parfois précis, en cas de mauvaise visibilité. C'est la fameuse
"méthode de la tangente à la courbe" qui peut s'avérer précise quand les conditions sont réunies : carte précise, pente suffisante, courbe de niveau arrondie, boussole, et surtout "suivi" attentif de la progression.
Mais bon, de nos jours, le gps fait cela comme un chef ...
Reste que l'alti est un baromètre, donc un instrument météo. Et là, il peut encore rendre de précieux services !
En fonctionnement normal, il mesure la pression locale (à son niveau donc), qu'il traduit en altitude : la pression atmosphérique diminue en effet avec l'altitude d’où : une pression faible correspond à une altitude élevée.
Exemple :
Pression moyenne au niveau de la mer : 1.013 mb (millibars) ou 1013 hPa (hectopascals pour les pointilleux)
Pression à 1.500 m : 845 mb
Pression à 3.000 m : 700 mb
Pression à 5.400 m : environ 500 mb
Pression à 9.000 m : environ 300 mb
Les plus observateurs auront vite remarqué que la diminution de pression n'est pas une fonction linéaire de l'altitude ... Mais l'instrument est construit ou programmé pour en tenir compte et pour donner une réponse exacte. Pour un cerveau humain qui veut se "faire une idée" on peut prendre, en moyenne montagne, l'approximation : 1 mb de différence de pression « vaut » 10 m de différence d'altitude. On prendra parfois cette valeur pour simplifier nos petits calculs un peu plus loin.
En fait, lors de son « calcul », l’instrument suppose qu’il se trouve dans une atmosphère « moyenne », dont les caractéristiques théoriques définissent l’atmosphère dite « standard »
Pression au niveau de la mer = 1.013 mb
Température au niveau de la mer = 15°c
Diminution de la température avec l’altitude : 6,5° / 1.000 m.
L’atmosphère standard, c’est donc :
Altitude 0 => 1.013 mb et 15°c
1.500 m => 845 mb et +5°c
3.000 m => 700 mb et -5°c
5.400 m => 500 mb et -20°c
9.000 m => 300 mb et -44°c
(avec des petites approximations, je n’ai pas les tables précises sous la main)
Cette atmosphère moyenne qui sert de modèle pour les calculs de l’altimètre, c’est bon – par exemple - pour la Belgique, en mars-avril quand le temps est « moyen ».
Si une « dépression » traverse le pays, la pression est plus faible que d’habitude. Si on ne corrige pas l’alti, il indique une altitude plus élevée : on se rappelle : pression faible implique altitude élevée. L’alti n’a aucun moyen de savoir si la diminution de pression est due à une perturbation météo ou à une « ascension » réelle de l’appareil. Que la dépression représente un creux de 10 mb et l’alti indique une ascension de 100 m !
Supposons, pour simplifier, que l’on soit dans le massif central, à 1500 m d’altitude.
La dépression est là : suite à ce "creux » de pression de 10 mb, l’alti mesure une pression de 835 mb au lieu de 845 mb et indique 1600 m d'altitude.
Consciencieusement, nous recalons cet alti pour qu’il indique l’altitude réelle de 1500 m.
L’alti peut à ce moment calculer la « pression au niveau de la mer ». Il se dit : je mesure une pression de 835 mb alors que je suis en réalité à 1.500 m. C’est 10 mb de moins qu’en atmosphère standard. Donc la pression au niveau de la mer doit être aussi 10 mb plus faible que normale …
Et l’alti, via sa fonction « baro » nous donne donc l’information météorologique suivante : pression barométrique (ou pression calculée au niveau de la mer) : 1003 mb (au lieu de 1013). C’est un paramètre météo important! Si on n’avait pas encore vu le mauvais temps, on sait qu’il est là, avant de mettre le nez dehors …
En fait, ce sont les variations de la pression atmosphérique calculée au niveau de la mer qui sont précieuses pour interpréter ce que l’on peut voir et sentir : nuages, vent, température …
Si la pression était hier de 995 mb et que soufflait la tempête, une pression de 1003 mb le lendemain matin, avec un ciel qui se dégage et un vent moins fort, c’est bon signe pour la journée qui vient ...
Si au contraire, la pression était hier de 1020, ciel peu nuageux, et que nous avons aujourd’hui une pression de 1003, un ciel qui se couvre et peut-être un vent qui se lève, pas de doute, le mauvais temps arrive.
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Ce calcul de la pression atmosphérique au niveau de la mer, au départ d’une altitude connue et d’une pression locale connue, peut-il être entaché d’erreur ?OUI …
Rappelons-nous ce que mesure l’alti : il mesure la pression de la colonne d'air sous laquelle il se trouve (il mesure le poids, par cm² de surface, de l'air présent au dessus du capteur de pression).
Quand, à partir de là, il calcule la pression qui devrait régner au niveau de la mer, il calcule le poids, par cm², de la colonne d'air qui se trouve en dessous de lui. C’est une pression, qu’il l’ajoute à la pression mesurée localement. Et pour calculer ce poids, il calcule la densité de l'air dans cette colonne.
Ne connaissant rien des caractéristiques réelles de l'atmosphère, sinon la pression à l'endroit où il se trouve, il calcule la densité comme si l'atmosphère était normale (cf. tableau ci-dessus).
Imaginons : nous sommes à 1500 m d’altitude, en été, et la pression mesurée est cette fois-ci normale : 850 mb.
L’alti, en faisant ses calculs, nous dit (il fallait s’y attendre), que la pression calculée au niveau de la mer est de 1.013 mb, c.à.d. la pression standard, calculée de manière standard, en utilisant la densité standard de l’air …
L’alti a calculé une différence de pression standard de 168 mb (pression standard au niveau de la mer, 1.013 mb, moins pression standard à 1.500 m, 845 mb => 168 mb)
Or, nous somme en été. Disons qu’il fait 15° plus chaud que « normal », et ce à toutes les altitudes qui nous concernent - c’est une approximation pour simplifier le raisonnement. La densité de l’air est environ 5% plus faible =>
- le poids corrigé de la colonne d’air calculée en dessous de l’altimètre est en réalité 5% plus faible
- la différence de pression à ajouter à la pression mesurée est 5% plus faible : 168 mb – 5% => 160 mb
- le calcul correct donne donc une pression au niveau de la mer de : 845 mb +160 mb = 1005 mb
On se trouve donc face à ce constat :
- la pression atmosphérique au niveau de mer, correctement calculée (à la mode des météorologistes professionnels) vaut 1005 mb. Sur une carte météo, on verrait l’isobare cotée 1005 passer par l’endroit où l’on se trouve.
- notre altimètre, correctement calibré sur l’altitude réelle du lieu, nous calcule, quant à lui, , une pression de 1013 pour le niveau de la mer. Il se trompe donc de 8 mb, dans le mauvais sens : celui d'un baro plus élevé, ce qui a tendance à rendre "optimiste" l'utilisateur non averti.
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Conclusion :
En été, la fonction "pression barométrique" d'un alti surestime donc la pression au niveau de la mer.Quand il fait 30° au niveau de la mer (soit 20° à 1.500 m ou 10° à 3.000m, soit une température 15° au dessus de la moyenne) l’erreur est de 5 mb environ pour 1000 mètres d’altitude.
Donc, en été, la fonction "pression barométrique" d'un alti est optimiste ...
(Il me semblait bien … chaque fois que je grimpais cet été, le baro montait !)
Si vous partez d’un refuge à 3.000 m et que l'alti indique un baro de 1020, ce n'est pas très bon signe, car la pression au niveau de la mer, correctement calculée, ce serait en réalité 1005 - et ça, c'est pas vraiment l'indice d'un grand beau temps bien stable …
Et si, en cours de journée, vous grimpez à 4.000, et que votre alti, régulièrement recalibré, maintient un baro de 1020, cela ne devrait pas du tout vous rassurer car en réalité, la pression « météo » continue à baisser ! Prenez alors très au sérieux ces nuages qui s’amoncellent !
Bon, d’un jour à l’autre, à la même altitude, un baro qui monte, c’est toujours mieux qu’un baro qui descend !
La bonne réponse était donc la première.
Un seul gagnant !Si c’est Arvernos, qu’il se dévoue pour expliquer tout cela mieux que moi et qu'il nous dise, en particulier, comment les météorologistes s’y prennent (ou s'y prenaient, quand tout cela était purement manuel) pour faire passer les isobares en dessous des Alpes et des Pyrénées!