Vie Sauvage et Survie
Premiers secours et santé => Premiers secours et santé => Discussion démarrée par: Sylvain74 le 15 novembre 2007 à 16:34:29
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Bonjour à tous,
Je viens d'aller me balader sur ce site, suite à un contact lors d'une conférence sur des expéditions en Haute-Montagne.
http://www.ifremmont.com (http://www.ifremmont.com)
Je vous laisse découvrir l'immense base de donnée, notamment dans "Documents", "Téléformations"...
Des formations sont également dispensées par cet institut très sérieux. C'est très spécialisé Montagne à la base, mais il y a beaucoup à prendre pour les activités "nature".
Bonne lecture,
Sylvain.
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Bonjour,
Je viens de découvrir ce site et je me permets de remonter le sujet car de nombreuses vidéos ont été ajoutées. Je les trouve très intelligemment faites, elles me permettent de compléter ma SST sur les bandages notamment.
Certaines mettent en oeuvre des techniques "sans matos" :
* luxation de l'épaule : http://www.dailymotion.com/video/xq1u21_immobilisation-de-l-epaule-apres-une-luxation_lifestyle
* immobilisation du bras : http://www.dailymotion.com/video/xq1s9y_immobilisation-du-bras-methode-cauchy_lifestyle
J'ai aussi aimé le collier cervical avec une attelle semi-rigide.
http://www.dailymotion.com/video/xq1sxy_immobilisation-du-cou_lifestyle
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J'ai aussi aimé le collier cervical avec une attelle semi-rigide.
http://www.dailymotion.com/video/xq1sxy_immobilisation-du-cou_lifestyle
Je ne suis pas convaincu... Il me semblait qu'un collier cervical non rigide ne servait à rien. Je connais la rigidité de ces attelles et me demande si c'est suffisant.
Si un médecin passe par là : merci d'avance pour les infos.
a+
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Je suis pas médecin mais en formation 1er secours montagne, on nous a appris à toujours avoir un collier cervical réglable dans le sac de secours car pour extraire le blessé, il y a que le collier cervical qui soit efficace et en plus il faut qu'il y est quelqu'un à côté pour essayer de maintenir l'axe tronc tête jusqu'à ce que le blessé soit sur un plan dur avec immobilisateur de tête.
Après une attelle splint autour du cou quand on doit dégagé un blessé pour sa sécurité est mieux que rien.
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Je ne suis pas convaincu... Il me semblait qu'un collier cervical non rigide ne servait à rien.
C'est vrai. Néanmoins, entre ça et un maintien tête que l'on devrait faire pendant des dizaines de minutes/ des heures, je me demande ce qui est le mieux.
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C'est vrai. Néanmoins, entre ça et un maintien tête que l'on devrait faire pendant des dizaines de minutes/ des heures, je me demande ce qui est le mieux.
Ne te pose plus la question, ce qui est le mieux c'est un maintien de tête manuel, clairement, et dans tous les cas. Mais c'est sûr que c'est pas confortable pour le secouriste.
Même les colliers cervicaux rigides de professionnels ( ceux que vous connaissez tous, réglables, et présents dans tout VSAV ou véhicule de secourisme ) dispensent une immobilisation du rachis efficace mais pas totalement suffisante pour être en immobilisation parfaite et sécuriser le rachis à 100% ( il faut pour cela y rajouter les cale-tête des planches back-strap ).
Alors ces attelles plus ou moins semi-rigides et formées à la main et un peu à la débrouille autour du patient ( ne respectant donc pas du tout l'indispensable triple appui occiput / sous-mentonnier / sternal qui est une condition sine qua non pour assurer la stabilité optimale ) seront toujours loin d'égaler un maintien manuel bien fait, en attendant les secours professionnels.
Une fois n'est pas toujours coutume, ce sont les américains qui ont eu une décennie d'avance sur l'europe avec le PHTL ( pre-hospital trauma life support ), tout ce qui est utilisé depuis en Europe pour ces immobilisation est issu de leurs recommandations ( colliers rigides, back-strap, atelle de Ked et compagnie ).
Ifremmont est d'excellent conseil et de bonne référence en général, ils sont fiables. Pour ce point en revanche on peut les nuancer un peu.
Le risque des méthodes " de montagne " et " à la débrouille ", et de pousser la débrouille ou point d'être inefficace ou dangereux.
Pour l'anecdote, j'ai reçu un jour un enfant de 11 ans envoyé par un médecin de montagne après un accident de ski et de violentes douleurs au rachis. Il lui a mis un pseudo-collier non rigide et a demandé à ses parents de revenir en voiture ( 3h de route ) assis à l'arrière de la voiture familiale, à l'hôpital CHU car il suspectait une lésion grave. En voyant ça dans le sas des urgences je l'ai sorti de sa voiture en rectitude a 4 opérateurs et sur un plan dur après pose d'un collier rigide et des attelles nécessaires. Heureusement l'enfant n'avait qu'une entorse non grave après les examens radiologiques, sinon il n'aurait fallut qu'un dépôt de plainte de la famille pour envoyer ce confrère en prison, et à juste titre.
Méfiez-vous des rachis. A partir du moment où on décide qu'il faut immobiliser, c'est de toute façon que le contexte nécessite la totale ( sécurisation complète du rachis, secours professionnels, et avis médical tranché avant retrait des protections ), alors pourquoi prendre des risques.
On sort régulièrement en SAMU sur des jeunes qui ont eu un violent trauma au judo ou au karaté et qui se plaignent du rachis. Quand on arrive ils sont souvent immobilisés par les personnels sécurité-incendie du gymnase avec un collier rigide et sons maintenus en rectitude à la main ( oui ils sont bien briefés par chez nous ). A chaque fois ils s'excusent platement de nous avoir dérangé pour ça, et à chaque fois je les félicite au contraire d'avoir eu cette rigueur, même quand - souvent - les jeunes n'ont rien au final après explorations. On ne plaisante jamais avec un rachis, surtout cervical.
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Merci à tous pour vos réponses. Comme à chaque fois ici, je repars avec plus que je ne pouvais espérer :)
J'ai hâte de revenir en France dans un peu plus de deux ans pour passer ma PSE1/2 et apprendre tout ça en profondeur et le pratiquer aussi.
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Bonjour,
Je nuancerai un peu les propos sur la Sam splint.
Je dirai tout dépend de la situation et surtout du contexte global !
Pour moi on peut se trouver dans deux contextes :
1 - je suis dans un pays avec un système de secours efficace et formé et je peux appeler les secours.
dans ce cas, la sam splint ne sert a rien et la meilleur procédure est ce qui a été dit : maintient de tête, colier cervical, prise en charge médicale.
2- je suis dans un pays ou le système de soin est absent ou les services de secours pour amener quelqu'un a un hôpital est absent ou incompétent.
là trois situations :
a- soit j'ai du matos lourd et spécialisé et je sais m'en servir, par exemple au cours d'une expé... je conditionne moi même la victime et organise son déplacement au centre de soin le plus proche dans les moins pires conditions possibles.
b- soit peu de matos mais polyvalent, en voyage si je devais aller dans une zone reculée mais sans logistique lourde. dans ce cas, le matériel polyvalent type sam split est super.
c- j'ai décidé de ne rien prendre et là j'improvise avec ce que j'ai sous la main, un magazine, un bout de matelas...
Voila pour ce qui est du contexte d'utilisation.
Pour l'efficacité de la technique en elle même.
si l'efficacité d'un colier cervical ou d'un Ked est à 5 le sam splint serait à 3/4 et la solution improvisé à 1/2.
après pour l'avoir testé hier sur moi même et ma compagne (qui est medecin) on trouve ça efficace si la victime ne décide pas de faire n'importe quoi. attention tout de même, pour être efficace, ça doit être assez serré.
donc si vous avez une sam splint pour toutes les bonnes raisons (poids polyvalence, encombrement...) c'est une technique valable en cas d'absence de secours.
c'est je crois le but de la video de l'IFREMONT qui malheureusement ne spécifie pas le contexte de l'utilisation de ce système qui doit être mis en oeuvre uniquement en situation dégradé.
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Après une attelle splint autour du cou quand on doit dégagé un blessé pour sa sécurité est mieux que rien.
Le contexte d'utilisation est que si on laisse le blessé sur place, il meurt.
L'exemple que j'ai eu (mais pas vécu) est une chute lors d'une course en montagne. Le blessé commençait à se refroidir car la météo se dégradait. Pas d'intervention aérienne possible avant plusieurs heures et une colonne de secours pédestre était partie. Le reste de la cordée et une autre cordée ont redescendu le blessé à un endroit moins exposé pour attendre les secours. Ils lui avaient mis une attelle autour du cou car certains passges étaient trop étroit pour laisser passer les porteurs et celui qui aurait assurer le maintien manuel.
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J'en conviens, tout peut se justifier il suffit de trouver le contexte adéquat.
C'est le principe même du dégagement d'urgence dans un accident de la route avec par exemple menace d'incendie du véhicule... même si la technique de dégagement essaie de limiter au maximum la casse au niveau rachidien, il s'agit de sortir en quelques secondes et manu militari une victime de la carcasse de son véhicule peut importe le coût ou les lésions engendrées, car sinon la seule option est la mort.
On sait tous qu'il y a des situations d'exception, prenons seulement bien soin de ne pas en faire la règle. Il est déjà assez dur de faire rentrer les bons gestes de secourisme dans l'inconscient collectif, alors y introduire des notions d'exception mais séduisantes, peut vite brouiller le message.
En montagne en France même dans un milieu très périlleux, il y a peu de chances même si c'est possible, que les secours ne puissent pas envoyer un vecteur très efficace sur place dans des délais très raisonnables ( immobiliser sur place et au pire se faire rejoindre par une équipe à pied avec tout le matériel d'immobilisation pro et de quoi réchauffer la victime, si tout ça est possible ). Les hélicoptères EC-145 du PGHM qui se généralisent actuellement dans la plupart des milieux de secours en montagne sont des bi-turbines volant même dans des conditions extrêmes, pouvant être n'importe où dans le massif en un quart d'heure, et restant bien moins sensibles aux immobilisations imposées que les héliSMUR classiques ( qui il faut bien l'avouer restent au sol dès que ça souffle un peu ou qu'il y a trois gouttes ).
Et souvenez-vous du plus important: pour apporter des soins en milieu dégradés, il faut au préalable connaître le soin en milieu optimal. Soins dégradés signifie souvent qu'on sacrifie de la sécurité au profit d'une urgence immédiate. Il faut donc savoir quelle sécurité on va sacrifier, et à quoi ça nous expose pour la suite de la prise en charge de la victime.