Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu naturel => Discussion démarrée par: Anke le 25 septembre 2007 à 22:25:36
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Pour rebondir un peu sur l'intervention de David.
"....des activités parfaitement antinomiques.
En préparation à la survie, on est dur avec soi-même, on s'entraîne, on néglige le confort, on boit de l'eau douteuse pour stimuler son système immunitaire, on dépense plein d'énergie et on utilise le matos difficile à faire fonctionner, s'exposer au stress et au danger pour s'y habituer, etc, etc.
EN SITUATION de survie, c'est tout le contraire : on doit être chochotte, s'économiser, être extrêmement prudent et conservateur, recherche le confort, faire gaffe à son eau, économiser son énergie, tricher, utiliser le matos qui va le mieux possible, éviter au maximum le danger, etc, etc. "
Et poser la question ( sans arrière pensée, que cela soit clair...): Est-il réellement utile de s'entrainer ? Je veux dire physiquement.
Ma conception ( et elle est bien évidemment discutable) c'est qu'il faut s'entrainer à réflèchir, à aller à l'essentiel, à etre pragmatique. J'en veux pour exemple le scénario cata que nous avait soumis le Manitou il y a queques temps : plantage d'un avion à une altitude donnée ou l'on va se chopper vite fait un mam ! Assez peu d'entre nous ont pensé à descendre rapido... ( enfin si je me souviens bien ...)
S'exposer au stress et au danger pour s'y habituer, je reste perplexe, je pense qu'il vaut mieux s'habituer et acquérir les reflexes nécessaires pour ne pas y etre confronté ( type ceinture de sécurité pour tout le monde en voiture, pression des pneus etc...)
Je me souviens d'un exemple d'un gars qui fendait un rocher avec un couteau. Franchement, hormis l'aspect curiosité ( et cet aspect là est interressant) en situation de survie, je préfère faire le tour plutot que de casser mon couteau. Donc, au quotidien, je vais m'entrainer à en prendre soin. Pareil pour le feu , je ne nie pas l'utilité du firesteel ou autre technique du même genre qui restent au demeurant des bonnes solutions en cas d'extrème dénuement, mais je pense qu'en première intention un "bic" au sec avec un morceau de bougie...et faire en sorte de ne pas etre en situation d'extreme dénuement.
Je ne prétends evidemment pas détenir une quelconque vérité, et mes propos ne sont pas à interprèter comme une quelconque critique, vous l'aviez compris.
Bon, pour ma part, c'est un peu ma manière de vivre, je suis tenu d'etre prudent, car à mon compte, si je ne bosse pas , je ne mange pas. Au ski ( quand je peux y aller !)par exemple je fais super gaffe à ma "piau". Si je me pête une patte, on est tous dans la merdasse à la maison... Survie ?
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Effectivement j'aurai du crèer un nouveau fil ! Meric David pour le déplacement :up:
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Salut :)
Discussion intéressante qui s'annonce là :)
Ma conception ( et elle est bien évidemment discutable) c'est qu'il faut s'entrainer à réflèchir, à aller à l'essentiel, à etre pragmatique. J'en veux pour exemple le scénario cata que nous avait soumis le Manitou il y a queques temps : plantage d'un avion à une altitude donnée ou l'on va se chopper vite fait un mam ! Assez peu d'entre nous ont pensé à descendre rapido... ( enfin si je me souviens bien ...)
Je pense que ce que tu décris là (s'entraîner à être toujours moins c*n, quoi), c'est UN des aspects de la préparation mentale à la survie. Mais je pense qu'il est risqué de faire comme si ça allait toujours suffire.
S'exposer au stress et au danger pour s'y habituer, je reste perplexe, je pense qu'il vaut mieux s'habituer et acquérir les reflexes nécessaires pour ne pas y etre confronté ( type ceinture de sécurité pour tout le monde en voiture, pression des pneus etc...)
S'exposer au stress, ça ne veut pas dire s'exposer à des blessures. Ca veut dire obliger son système à s'adapter à des choses nouvelles sans arrêt. Changer ses habitudes, éviter de s'encroûter dans un ronron neuro-végétatif. Rester présent. Changer de vie. Changer d'idée. Se faire peur, sans prendre trop de risques, pour travailler sur le fait de gérer et dominer sa peur, continuer à fonctionner, etc.
Le but ? SE DESENSIBILISER.
Le mec qui n'a jamais eu peur, qui ne s'est jamais torché avec des feuilles et qui n'a jamais dû faire quoi que ce soit d'inconfortable, tu le mets subitement en situation et il s'écroule. L'augmentation de son niveau de stress adaptatif est tout simplement trop grande.
Mais EVIDEMMENT, il faut faire ça sans se mettre en péril financièrement, physiquement, etc.
Pareil pour le feu , je ne nie pas l'utilité du firesteel ou autre technique du même genre qui restent au demeurant des bonnes solutions en cas d'extrème dénuement, mais je pense qu'en première intention un "bic" au sec avec un morceau de bougie...et faire en sorte de ne pas etre en situation d'extreme dénuement.
Non... l'extrême dénuement c'est quand t'as pas de bic, pas de firesteel, pas d'allume feu, et même pas de bois à faire brûler.
Faut pas perdre de vue les réalités de base, simples et tout. Le dénuement total, c'est RIEN. Pas de feu possible. Un firesteel, c'est déjà un put**n DE BON OUTIL, surtout quand t'as plus trop de motricité fine à cause du froid et/ou du stress... Et ça marche même s'il pleut dessus, ou s'il est trempé, etc.
Bon, pour ma part, c'est un peu ma manière de vivre, je suis tenu d'etre prudent, car à mon compte, si je ne bosse pas , je ne mange pas. Au ski ( quand je peux y aller !)par exemple je fais super gaffe à ma "piau". Si je me pête une patte, on est tous dans la merdasse à la maison... Survie ?
Nous sommes tous tenus d'être prudents. Toi encore plus, mais tous. Si je fais le c*n en via ferrata et que pour faire le cake je ne m'accroche pas, que je fais un vol de 40m et que je me retrouve tétraplégique... bah on est tous dans la merdasse aussi... C'est juste une question de degrés. Donc je m'accroche à mon baudard. Ca ne veut pas dire que j'aie pas les chtons de temps en temps et que ça ne m'oblige pas à progresser physiquement comme mentalement...
Le tout est de faire la différence entre le travail sur soi, pour progresser et être mieux préparé et mieux tout court d'ailleurs... et la connerie auto-destructrice.
Ciao ;)
David
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Salut Anke,
Très pertinent ton post, de plus tu as su faire passer ton questionnement, avec beaucoup de prudence, sans déclencher d'animosité et en étant clair ...
Je dirais: 100% Tafdak avec l'aspect prudence et prévention dans le vraie vie.
Si je me pête une patte, on est tous dans la merdasse à la maison... Survie ?
Ben, oui : "survie" ... si au niveau économique tu n'es plus viable c'est vraiment pas bon pour la "vie" mais encore moins pour ta préparation si une cata arrive en plus ...
Là, où je diffère de ton point de vue ou du moins de ton hypothèse sur la non nécessité de l'entraînement, c'est que selon la Loi de Murphy, les merdes arrivent et il est plus simple d'y faire face si tu as déjà testé les situations en étant relativement "save".
Pour reprendre ton idée du Fire-Steel, je préfère savoir comment allumer un feu avec cet objet en étant cool, sans risque immédiat d'hypothermie que de découvrir alors que je suis déjà mal que c'est beaucoup moins simple que sur le mode d'emploi de l'emballage :-\
Tu vois où je veux en venir ?
Je préfère avoir déjà pu vivre les premiers signes de la déshydratation alors que j'avais des potes pour "veiller" sur moi et le moyen de prendre du sel et de l'eau que de me retrouver en déshydratation sans m'en rendre compte, seul, et de persévérer dans mon "égarement".
Bon, il y a clairement des "exercices" de survie qui n'ont a mes yeux aucun sens : tailler un rocher avec un couteau, manger des asticots crus ou apprendre a combattre un alligator à main nue, tout ça c'est du cirque, du défi personnel mais ça n'a pas beaucoup de rapport avec la survie, la vraie de la vraie vie ...
Ensuite, la préparation à la survie c'est un "passe temps" tellement passionnant parce que touchant tant de choses et de domaines différents qu'il est quasi impossible d'en faire le tour ... je m'y intéresse, à des degrés divers, depuis mon plus jeune âge et j'en apprend encore tous les jours et je pense que je n'aurai pas assez de cette vie pour en savoir le quart ::)
Voilà, voilà, mon point de vue ... @ suivre,
Fred
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Ensuite, la préparation à la survie c'est un "passe temps" tellement passionnant parce que touchant tant de choses et de domaines différents qu'il est quasi impossible d'en faire le tour ... je m'y intéresse, à des degrés divers, depuis mon plus jeune âge et j'en apprend encore tous les jours et je pense que je n'aurai pas assez de cette vie pour en savoir le quart ::)
:up:
Moi aussi j'en apprends encore tous les jours. C'est pas sans fin, mais c'est pas fini non plus.
Tafdak aussi pour la loi de murphy. C'est toujours quand t'es trempé et congelé que tu te rends compte que ton briquet est vide... c'est comme les essuies-glaces qui tombent TOUJOURS en panne quand il pleut. Normal, quand il pleut pas, tu t'en sers pas, donc comment savoir s'ils sont en panne hein ? ;)
Sinon je plussoie : c'est vrai que ton post était bien tourné, Anke, et très diplomate :akhbar:
David
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Pour reprendre deux citations que j'ai maintes et maintes fois entendues :
"La sueur épargne le sang"
"Entrainement difficile, guerre plus facile"
Sans parler des auteurs, ces deux phrases résument parfaitement bien de mon point de vue un concept d'entrainement efficace.
Le fait de repousser ses propres limites permet de se connaître toujours mieux, d'optimiser la cohésion entre le corps et l'esprit, et par conséquent, d'accroître sa confiance en soi.
Un autre exemple type est que si l'on est capable de courir sur trois kilomètres en montée, on sait déjà qu'on pourra en faire 1 ou 2 le jour J, et à priori sans trop de mal. Si on ne dépasse pas le premier, pour s'économiser, on ne saura jamais vraiment s'il nous sera possible d'atteindre le deuxième...
A mon avis, savoir de quoi on est capable, et surtout de ce qu'on n'en est pas est un atout primordial dans une situation de survie.
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Bien tout lu et j'en conclue ( reprenez moi si je m'égare, et mes propos ne seront valables que pour moi) que plutot que de préparation à la survie, je parlerai d'apprentissage avec la période qui va avec et le mental qui va avec. Au final le savoir acquis deviendra utilisé tous les jours.
Un exemple parlera mieux :
Un gars devient diabètique ( enfin développe un diabète insulino-dépendant) son edc à lui sera sa pochette avec sucre insuline serigue, matos à test) cette pochete ne le quittera jamais et il aura besoin de quelques séances d'apprentissage pour apprendre à s'en servir. Pour lui se sera une habitude.
Pour nous se sera simplement dans d'autres domaines ( en plus on aime bien alors...). Refaire le plein de l'auto systématiquement quand on est à la moitié du reservoir, avoir toujours un couteau sur soi, portable toujours chargé à bloc, vhf en charge dans la bagnole etc... Les trucs qui serant passés dans la vie courante et feront partie de nos "réflexes", nos habitudes. Autant de techniques, matériels qu'il nous aura fallu apprendre, tester avant, voire adapter à notre morphologie.
Pour ce qui est de l'entrainement, je pense qu'un encadrement sérieux est nécessaire ( enfin pour le commun des mortels ), genre stage pour les mises en situation ou pour le matos : jardin ( là on peut tester sans risque) et extérieur sécurisé ( rando, gr). Bref, pour moi " apprentissage"( avec évaluation, bilan, bref tout ce qu'on veut bien pour controler les acquis) ,la préparation en découle forcément naturellement.
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Il faut aussi prendre en compte la progressivité.
Apprendre à maîtriser une technique (réussir à faire des noeuds d'assemblage, par ex.) permet ensuite de l'éxécuter rapidement. Ainsi, tu franchis un palier dans ce qu'il t'est possible de faire (construire des abris naturels) et tu peux aller plus loin dans l'expérience (passer une nuit en extérieur sans tente).
L'apprentissage, c'est apprendre à mettre en oeuvre et mais aussi créer des automatismes. Cela augmente le champ des possibles.
Mes 2 blaireaux.
A+
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Je crois que l'on est tous à peu près d'accord.
Personnellement, mon crédo est simple et se résume en deux mots : apprentissage et préparation.
Ils se déclinent bien sûr... L'apprentissage est pratique mais aussi psychologique... Se placer par exemple dans certaines situations délicates... Mais aussi lire notamment ce genre de forum.
La préparation : ne rien laisser au hasard, sachant u'il restera uand même 10 % de galères potentielles.
Aurochs
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Je suis content de la nuance que tu apportes, Anke.
Personnellement, j'ai très souvent affaire à des gens qui me disent: "Fox, ça sert à rien tout ce que tu fais, car le jour où, avec l'adrénaline et le reflexe de survie, je serai capable de tout faire"
Inutile de vous décrire ma réaction de :enerve: >:( :enerve: >:( restez devant la télé a vous goifrer bande de goret, et que vous soit accordé une mort douce et rapide!
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Bonjour,
Mon grain de sel? - L'expérience de l'échec.
L'échec scolaire, l'échec professionnel, l'échec amoureux, la défaite sportive, la maladie, l'accident, la panne automobile en plein bled, ... la désorientation en rando, l'épuisement, l'obstacle infranchissable, la salle météo imprévue.
Bref, ce qui forge un homme, ce n'est pas tant la victoire que la défaite. Ne pas tomber, c'est encore assez facile, en vivant prudemment, en faisant attention à tout. Mais vivre, c'est prendre des risques, et donc tomber, parfois ... L'important c'est d'avoir appris à se relever!
Celui qui, par précautions ou par chance n'est jamais tombé, n'a jamais connu la m*rde ... celui-là n'est pas bien préparé à affronter une situation "de survie".
Attention ... l'expérience opposée - "Je me suis toujours sorti des pires merdes" est elle-même porteuse d'un sentiment de fausse sécurité.
J'ai dit l'expérience de l'échec, pas l'apprentissage ... Un échec dans une situation contrôlée, sécurisée, une situation "d'apprentissage" ne serait pas un réel échec.
Pour se faire cette expérience alors? Ben il faut être un peu joueur quand même ... avoir le goût pour les entreprises difficiles, avec des risques ... Bref, ne pas avoir trop peur d'en prendre "plein la g." ...
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PASDAK
L'echec en soi n'apporte rien si on en tire pas les conclusions et apprentissages qui vont bien. Je ne vois pas en quoi vivre des échecs soit forcément utile pour la survie. Les échecs pouvant amener à des situations de véritable survie, ou non-vie.
L'échec en lui-même, j'essaye d'éviter tant que possible. Dans ton texte, on a l'impression que tu le recherches exprès.
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Je ne vois pas en quoi vivre des échecs soit forcément utile pour la survie.
Parce que ça rend moins défaitiste. T'as échoué, pas grave, tu essayes autre chose et la vie continue...
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Parce que ça rend moins défaitiste. T'as échoué, pas grave, tu essayes autre chose et la vie continue...
Je ne partage pas ce point de vue mais je dois avouer que je n'ai pas d'arguments particuliers pour l'expliquer.
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Tu ne restes pas sur une mauvaise expérience....Tu mords sur ta chique,et tu recommences!!! Là où certains resteront a pleurer sur leur sort!!
Si,si.. même s'il ne faut pas le rechercher,je pense que l'échec(et surtout la réaction que l'on a face à lui" est très didactique,permet de se dépasser... Et d'aborder des situations difficiles de manière humble!
Mon avis a 2 balles!
@++
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Je me permets, peut-etre qu'il faut remplacer "expérience de l'échec" par "l'apprentissage par l'erreur", qui est une manière d'apprendre ( y'en a plein d'autres). C'est ce qu'on pratiquait en situation/simulation de catastrophe de mon temps !( arrghhhh l'age !). En fait vivre l'erreur permet de ressentir qu'il y a un truc " qui cloche". L'analyse nécessaire et la reflexion doit précéder évidemment la REmise en situation avec de nouvelles données. La critique, voire l'autocritique est à mon humble avis une grande force en phase d'apprentissage, car elle permet d'assouplir son jugement ( moins de certitudes) et de rechercher une conduite ( ou un raisonnement) qui sera " en phase" avec la situation vécue( ou son biotope !). Bref "l'adaptabilité" doit être le maitre-mot.... Enfin, je crois !
Maintenant un échec, n'apporte rien d'autre que.... l'échec ! Cela signifie peut-etre que l'on a pas été capable de changer de cap, de changer de décision la conséquence sera peut-etre de mourir de froid à 40 mn du refuge que l'on a quitter pour aller chercher les secours ! ( ce ne sont que des suppositions...)
Maintenant l'expérience, le savoir de l'autre, est une vrai source de progression, pour peu qu'on la respecte et que l'on accepte d'être remis en question. Le but étant d'avancer dans la même direction, ou tout du moins, d'avoir les mêmes objectifs.
Quand à ce qui forge un homme digne de ce nom, vaste débat....
Vivre prudemment, il faut parfois bien du courage pour vivre ainsi ( s'interdire des trucs, parce que l'on porte la responsabilité des autres par exemple...), mais c'est un autre débat, quoique pour la survie en groupe...
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Re-bonjour,
Evidemment, se laisser "terrasser" par l'échec n'est pas très enrichissant.
C'est ce qui arrive parfois au "premier échec", surtout quand il se produit tard dans l'existence ... Une personne qui s'est relevée courageusement d'un ou de plusieurs échecs peut mieux comprendre la relativité des choses ...
Tout faire pour éviter les risques d'échec, c'est être paralysé par la peur de la peur.
Personnellement, j'ai eu dans ma vie et dans un domaine précis trop peur de l'échec. Et je l'ai finalement payé cher ... Heureusement, dans d'autres domaines, j'ai eu de belles réussites et des échecs aussi dont je me suis bien relevé, dont j'ai tiré plein d'enseignemements.
J'ai été amené à "instruire" en matière de pilotage (vol IFR, pour ceux qui connaissent) nombre de personnes qui avaient "bien réussi" (études, situation sociale ...) et qui avaient donc largement les moyens de se payer cet apprentissage aussi coûteux que difficile. Les plus brillants ont abandonné en cours de route.
Parce que c'est très difficile, et que tout le monde passe par "un creux" sur la fin, un creux où on a le sentiment que l'on y arrivera jamais, où chaque leçon est plus catastrophique que la précédente. C'est l'angoisse pour ceux dont les moyens financiers sont limités. C'est une atteinte insupportable à l'égo de ceux qui ont tout réussi auparavant : ils esquivent en abandonnant ...
Je pense aussi à ces parents qui ont été des étudiants modèles, du genre "jamais un seul examen en seconde session". Et qui se révèlent totalement inaptes à épauler leur progéniture, moins douée ou moins sérieuse dans les études ...
Je pense encore à ces personnes qui ont "honte" d'un échec ...
Doit-on avoir honte de s'être sur-estimé, d'avoir sous estimé les difficultés, ou les risques, de ne pas avoir tout prévu, d'avoir fait une connerie désastreuse, ou simplement de ne pas avoir eu de chance? Il n'y pas de quoi pavoiser, bien sûr ... Mais l'important, à mon avis, est de reconnaître ses erreurs, d'accepter la faillibilité, de tirer les leçons et de tirer un trait. D'avoir le courage de repartir en étant plus expérimenté, plus malin, plus fort ...
Je connais des parents qui ont honte de l'échec scolaire de leurs enfants, au point de mentir à ce sujet à leurs proches, au point d'obliger les enfants en question à prétendre avoir réussi.
Ca, c'est la vraie honte! >:D
Tiens (pas fait exprès, je le jure) ... Rendons à Kipling ce qui appartient à kipling :
If you can meet with Triumph and Disaster
And treat those two impostors just the same;
If you can []
... watch the things you gave your life to, broken,
And stoop and build 'em up with worn-out tools:
If you can make one heap of all your winnings
And risk it on one turn of pitch-and-toss,
And lose, and start again at your beginnings
And never breathe a word about your loss;
If you can force your heart and nerve and sinew
To serve your turn long after they are gone,
And so hold on when there is nothing in you
Except the Will which says to them: 'Hold on!'
Then ...
Bon, on est passé de la survie à la poésie ... c'est que tout cela ne relève pas de raisonnements bien "carrés".
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Bison, ne parlerait-on pas de la même chose avec des mots différents ?
Poésie survie il y a-t-il un si grand fossé. Tiens allez, rien que pour toi, c'est Férré : " A l'école de la poésie, on apprend pas...... On se bat !"
Concernant l'échec, nous savons tous que la vie est remplie d'échecs nécessaires, voire salutaires, car ils nous permettent de "rebondir". Un tel fera faillite dans ses affaires et sera ruiné, le voilà contraint d'envisager sa vie autrement et au final, il n'en sera que plus heureux.
Mais il faut convenir que tous n'ont pas la force, ni le ressort de réagir comme cela. Devons nous pour autant les laisser sur le bord de la route ?
Anticiper, réflèchir et évaluer une situation avant l'action est souvent le meilleur moyen d'éviter l'échec qui peut être définitif et en tous cas en survie sans appel.
Donc, pour moi, la préparation, la réflexion, puis la mise en situation ( ce que, je crois, nous mettons sous le terme "entrainement") afin d'exposer tout ça aux inévitables imprévus, sont amha inévitables pour ne pas mourir, tout simplement.
En effet, une reflexion sans application dans le réel, ça reste bien joli sur le papier, ça reste du "blabla"; de même un entrainement sans reflexion préalable, avec des objectifs déterminés et surtout une analyse à froid après, ce n'est que de l'exercice pour l'exercice ( un peu comme la réalisation de mon "tracker" à la forge.)...
Bon enfin voilà, mes deux purées mousseline, à suivre.
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Et bien je pense que plusieurs notions sont mélangées.
La honte de l'échec, forme de culpabilité dans nos societés (en Asie, c'est plutôt la culture de la honte en elle-même), est présente pour tout le monde, de façon à la fois positive et négative. Mais là n'est pas le sujet.
L'echec en lui-même n'apporte rien, seul l'apprentissage qui en découle. Apprentissage que l'on peut faire, de façon moins rapide, autrement.
Je pense que la préparation à la survie doit se faire en 3 phases
- comprendre que notre confort n'est pas éternel et qu'une situation banale peut se transformer en situation de survie pour un tas de raisons diverses. En avoir conscience est primordiale pour la préparation psychologique.
- apprendre un maximum de choses afin que notre integrité (physique, psychique,...) soit le plus intact possible en cas de situation de survie. Cela veut dire reflechir aux scénaris possibles et à leurs conséquences. L'apprentissage est à la fois théorique et pratique.
- Vivre dans le monde présent de façon plus intense car ôté de l'illusion d'un monde dans lequel rien ne peut arriver (il faut donc jouir du moment présent), et débarassé de la peur que quelque chose d'insurmontable puisse arriver (apprendre à se relever).
Bison: après reflexion, pour moi, le véritable échec est celui qui n'apprend rien et qui ne s'en relève jamais. Nous n'avons en définitive peut être pas la même définition de ce mot.
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Donc, si on résume un peu ( et je compte sur votre aide !) le meilleur entrainement de survie que l'on pourrait envisager serait peut-etre de lacher le gars dans la nature, juste avec ce qu'il a dans les poches ! et sans qu'il soit prévenu. Genre : on arrete la bagnole :" allez, tu descends, tu as deux jours pour aller là !" edc, sdc, bob... mes genoux, démerdes-toi !
Encadrement sécurisé ( faut pas que ça tourne au tragique quand même ).
Avec un groupe ça serait encore plus interessant !
Bon, ça se fait déjà surement encore ce genre de truc. ( bon moi j'ai fait ça en 76 pendant mon service, ça fait longtemps ! Et puis j'éatais plus attiré par les jupons que par la survie à l'époque !) Gniarf
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Je ne pense pas que ce soit la bonne méthode pour apprendre. Par contre, pour tester un apprentissage, oui.
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Tu ne restes pas sur une mauvaise expérience....Tu mords sur ta chique,et tu recommences!!! Là où certains resteront a pleurer sur leur sort!!
Si,si.. même s'il ne faut pas le rechercher,je pense que l'échec(et surtout la réaction que l'on a face à lui" est très didactique,permet de se dépasser... Et d'aborder des situations difficiles de manière humble!
Mon avis a 2 balles!
@++
Je suis d'accord tout en étant partagé.
Faut être persévérant mais pas buté.
Un exemple perso même si un peu hors cadre: j'ai raté deux années de suite la première année de droit. J'ai réfléchi. Le droit n'est peut être pas mon truc. Je suis allé en histoire, et là ça a plutôt bien marché. Rigolez pas: la "gymnastique intellectuelle" n'est pas la même pour ces deux matières.
Etre buté, c'est perdre du temps, être persévérant c'est parfois emprunter des chemins détournés pour éviter de se casser la tête sur un mur.
Aussi je me rapproche plus de ce qu'a dit Kartoffel: tu vois autre chose la vie continue...
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Tu ne restes pas sur une mauvaise expérience...T'es OK
Tu mords sur ta chique, T'es OK et tu recommences!!! T'es pas OK (mais tu réagis et tu fais autre chose)
Là où certains resteront a pleurer sur leur sort!! T'es OK
2,5 sur 3 "... C'est tout bon. J'aime bien quand on est"partagé"comme ça... LOLL :doubleup:
Regarde ma phrase sous ma signature... tu t'es adapté. Maintenant,TU SAIS que tu sais improviser,et c'est quand même un peu l'echec qui te l'a prouvé...Non??
mes 2 sous...
@++
Ps:Je fais pas l'apologie de l'échec!!! Je déteste ça!! Mais un jour ou l'autre nous y passons tous je pense. Alors autant en apprendre qque chose... Non?
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Je discute souvent avec des gens qui sans avoir jamais expérimenté une situation pourtant assez banale (pratiquer un sport, une activité, tenté une formation, etc..) me disent : "oh je n'y arriverai jamais".
Si on analyse le pourquoi d'un tel sentiment, on s'aperçoit que ce sont des gens qui ont pris l'habitude de l'échec à force de répétition.
Si on essaye de travailler avec ces mêmes personnes sur des petits objectifs avec un accompagnement, qu'on valorise ces micro réussites, qu'ils parviennent assez facilement à avoir soif de réussite, d'expérimentation, etc..
Tout ça pour dire, qu'il faut bien faire attention à la fixation de l'objectif car perdre, échouer, peut aussi devenir une habitude, voire une attitude.
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Tafdak...Patrick !!
La loser attitude est a fuir!!
@++
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Oui Maximil, c'est ce que je voulais dire ( préparation avant le "lachage", mise en pratique et évaluation)
Patrick a une analyse très fine là-dessus ( tous les pères confrontés aux échecs de leur progéniture agissent de la sorte, enfin il me semble...), surtout en ce qui concerne la fixation de l'objectif. L'encadrement à ce propos me semble essentiel, voire primordial. Pour exemple, pour ma première via ferrata ( près de pralognan en vanoise), mon copain Mino était experimenté ( très) et très à l'écoute, très attentif, très explicatif. La mise en confiance ( pour moi c'était un gros truc une via ferrata !) a été progressive, l'évaluation constante et suprème plaisir, il m'a "laché" quelques minutes à peine ( j'étais décoincé !), juste le temps nécessaire à la sensation de liberté ( grand moment !). Il a repris le bestiau après jusqu'au "debriefing"( enfin ça tenait plus de la discussion entre copains sur ce qui venait de se passer).
Dire que je serais capable de refaire ça seul, certainement pas; mais il a su m'amener : à penser que je pouvais le faire, à me libèrer de mes appréhesions. En toute situation, je pense que ça , c'est déjà la moitié du boulot de fait, après c'est technique, enfin c'est autre chose, on a plus du tout la même approche.
L'entrainement en survie, je pense que ça doit se rapprocher de ça.
Bonne nouvelle, j'ai enfin une remplaçante ! Il est grand temps que le Anke il arrete de papoter et de réflèchir et de passer à la mise en pratique !
Je me permettrais de vous faire part de mes défaites comme de mes victoires( vous aurez droit à des questions aussi.... vous êtes prévenus :lol: !)
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L'entrainement en survie, je pense que ça doit se rapprocher de ça.
:doubleup:
Pour une bonne partie, oui !!! :)
En fait, les stages avancés, en gros, c'est presque ça, pour la partie psychologique.
En fait je vois trois types de préparation, et là c'est calqué sur NDS :
Préparation :
- mentale
- physique
- matérielle
La préparation mentale, c'est deux choses :
- gestion du stress / attitude : ça se développe en travaillant régulièrement les bons gestes, surtout, et en apprenant à se calmer en situation...
- les connaissances (absolment sans fin)
Préparation physique :
- Endurance
- Capacité cardio
- Acclimatation au froid/chaud
- Vaccins / immunisation
- Force physique (ça aide aussi, quoi qu'on en dise)
- Souplesse
- Coordination
- etc.
Préparation matérielle : les kits...
Ciao ;)
David
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Anke souléve un point intéressant : la préparation à la survie, c'est pas l'entrainement à la survie, pas seulement. Par exemple pour m'entrainner à la survie je partirai dans le désert avec le minimum vital. Par contre, pour partir pour de vrai et survivre dans le désert, je prendrai tout ce que j'ai sous la main et qui peut m'aider non seulement à éviter la mort, mais aussi à vivre pleinement. Dans la limite de la charge que je peux emporter sans que celà m'handicape bien sur.
Je pensai à tout çà en préparant un BOB il y a quelques semaines.
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Un truc que je voudrais souligner aussi concernant l'entraînement:
Le fait de répéter plusieurs fois le même geste fait que ce geste va devenir un automatisme (préparer le feu, gratter un firesteel...). Une fois tombé dans la m*rde, lorsque qu'on a le QI d'un mollusque, ce sont nos réflexes qui vont prendre le dessus, d'où la nécessité de l'entraînement ;).
a+