Vie Sauvage et Survie
Catégorie Générale => Présentations et bienvenues => Discussion démarrée par: Kam le 22 avril 2010 à 19:30:45
-
Salut tout le monde.
Je m'appelle David, bientôt la trentaine (coup de blues en disant ça, je ne m'y fais toujours pas), cloué à Paris (pour l'instant). Si je devais me qualifier par une expression, ce serait surement "marcheur invétéré". J'ai découvert ce forum il y a peu lorsque j'ai commencé à préparer un nouveau voyage. J'avais fait le tour auparavant de quelques autres forums orientés "randonnée", et je dois dire que je me sens beaucoup plus chez moi ici que là-bas. Lorsque l'on commence à parler de la marche comme d'une "activité", voire même d'un sport, j'ai légèrement tendance à décrocher. Pour moi c'est simplement une autre façon d'appréhender le monde (ça fait trop pompeux, dans le genre philosophie de quai de gare, mais c'est l'idée). Et pour ça je me sens beaucoup plus proche du type qui va se construire une cabane dans un coin perdu que du mec en combinaison rouge fluo qui va suivre son GR le week-end (j'espère ne choquer personne). La démarche en tous cas n'est peut être pas identique, mas elle est similaire.
J'ai commencé à marcher depuis que je suis majeur (même un peu avant je crois), d'abord sur des sentiers relativement courts (1 mois) en France et dans quelques pays d'Europe, puis je me suis décidé à "faire le pas" et à partir au long cours. Après avoir fait quelques économies, je suis donc parti de chez moi en direction de l'Asie. Ca a été un échec partiel (mais avec le recul je me dis que c'est une bonne chose: j'ai énormément appris de cet "échec"). Arrivé à Istanbul après 3500 ou 4000 bornes (oui, je n'avais pas pris la route la plus directe), j'ai dû me heurter à un constat: j'en avais raz-le-c**. Plus moyen de décoller. J'ai donc assumé, et j'ai continué ensuite mon voyage par des moyens plus conventionnels pendant deux ans, hormis quelques passages genre le Nord de l'Inde en vélo.
Une fois rentré je me suis retrouvé dans la situation classique du mec qui est complètement décalé par rapport à la vie "normale", et ça fait maintenant 3 ou 4 ans que je végète, voulant se poser, mais à chaque fois se disant aussi: "pourquoi pas un petit dernier pour la route avant, et reprendre mon bâton"?
Bref, je me suis finalement décidé, et j'ai commencé de préparer un nouveau voyage au long cours, à pied bien sûr. Je ne veux pas me fixer d'objectifs trop lointains comme la première fois. Je sais simplement que je vais retourner vers l'est. Pendant combien de temps? Aucune idée. Au moins 6 mois j'imagine, mais ça pourrait être beaucoup plus long si je suis motivé. Je vais simplement me fixer des objectifs temporaires cette fois-ci. Retourner à Istanbul par exemple. Puis une fois que j'y serai, disons, rejoindre Téhéran. Et puis... Je verrai où ça me mène.
Bref, voilà. J'étais tombé sur ce forum en essayant d'actualiser mes infos sur le matériel, et je crois avoir trouvé bien plus, et c'est tant mieux! Je ne suis pas un "survivor" et d'ailleurs la partie "survie" est en général très limitée dans ce que je fais. J'ai aussi parfois une conception assez particulière de la chose en me disant que très souvent, le principal est d'apprendre à se passer de xxx plutôt que de savoir le faire "à l'arrache" (même si les deux ne sont pas incompatible), mais j'espère et je pense tout de même trouver mon bonheur ici (ou au moins des conseils précieux!).
-
Salut à toi Kam
vient t'assoir autour du feu et raconte nous tes péripéties! :up: Je suis sur que tu as une masse de chose à nous faire partager.
En tout cas bienvenu et au plaisir de te lire
greenman
-
Bienvenue Kam !
Elle est très chouette ta présentation ! En lisant j'étais un peu "ouah" !
J'espère aussi que tu prendras le temps de nous raconter un peu tes aventures et ce que tu en as retiré, même si ce sont parfois des plantages parce que ça a l'air passionnant.
Pour ce qui est du décalage en rentrant, c'est très violent... mais on apprend du coup aussi beaucoup sur soi, ne serait-ce que parce qu'il faut bien qu'on se demande pour quelles raisons on était partis...
A bientôt !
-
Merci!
Pour le décalage, c'est très bizarre. En fait (pour moi!) ça a surtout été pendant très longtemps que je ne savais pas ce que je voulais. A l'étranger ou en "périple", j'avais tout le temps en tête le bien fou qu'un canapé pouvait faire pour tes fesses (enfin... j'exagère mais c'est vrai qu'une vie "normale", avec le confort qui va avec, et en premier lieu pour l'estomac, me manquait), et inversement quand je suis en France, je ne pense qu'à une chose: les grands espaces et tout le tsouin-tsouin.
Et oui si ça vous intéresse je pourrais essayer de vous raconter certaines parties du périple, même si j'avoue ne pas être très à l'aise pour en parler en général. D'habitude il y a deux types de réactions: les "ouah... énorme!" (alors qu'il n'y a rien de compliqué: je n'ai pas fait plus de kilomètres qu'un serveur de restaurant, simplement j'ai été en ligne droite au lieu de tourner en rond), ou les "nan, t'inventes ta vie, là", et je déteste tout autant me justifier.
Mais après tout, puisqu'on dirait qu'on est entre gens plus ou moins anormaux ça sera surement plus simple. Et pour les expériences à partager, j'en ai tout autant si ce n'est plus à apprendre. :)
-
Bonjour Kam,
Je ne suis pas un adepte des grands périples tels que tu l'exprimes. En fait c'est le "aucune idée" qui me fait faire un retrait, me met un peu en recul. ça n'est en aucun cas une critique, c'est juste que pour moi, une aventure de ce genre ça a un début et ça a une fin. Ce qui veut dire qu'il me faut planifier le truc au préalable. Un peu comme quand au va au ciné : le film commence à 20h et fini à 22h ( rien ne nous empêche d'arriver un peu en avance pour se délecter des affiches et de rester un peu plus longtemps jusqu'à la fin du générique de fin :lol:), c'est juste que moi, je fonctionne comme ça et qu'au court des quelques escapades ( y'a longtemps, autrefois...et ça restait dans l'exagone, donc je ne crois pas que ce soit vraiment comparable à tes voyages) ce phénomène de décalage s'est très vite estompé.
Je me suis toujours demandé ( et on ne mettra aucune valeur morale bien ou mal là-dessus) si cette démarche n'était pas en quelque sorte une espèce de "fuite" ( sans connotation péjorative, faudrait surement trouver un autre mot) en avant, ou un départ à la recherche de soi-même, de son sens.
Sur ce type de périple, je me sens plus proche d'un Tesson ou d'un Lanzmann qui partent ( ou partait pour Lanzmann !) avec un objectif déterminé, plutot que d'un Moitessier qui amha se rapprochait plus de "l'errance".
Il s'agit juste en fait d'une conception qui diffère. Le voyage est pour moi un moyen comme un autre ( et pas le plus bête) d'atteindre un objectif, pas une fin en soi. Le voyage pour le voyage, je ne suis pas capable de l'envisager, encore moins de le réaliser...J'ai peut-être beaucoup a apprendre sur ce sujet et je pense qu'à la lecture de ce que tu voudras bien relater de ton "échec" ( par ex), nous pourrons surement relativiser, découvrir, et bien evidemment éviter des pièges ou situations, bref être mieux armés... ;)
Au plaisir de te lire, et bienvenue
-
Je me suis toujours demandé ( et on ne mettra aucune valeur morale bien ou mal là-dessus) si cette démarche n'était pas en quelque sorte une espèce de "fuite" ( sans connotation péjorative, faudrait surement trouver un autre mot) en avant, ou un départ à la recherche de soi-même, de son sens.
Si, c'est sans doute une sorte de fuite. Perso, longtemps, je m'en suis voulue de partir et repartir encore pour aller voir si l'herbe est pas plus verte ailleurs. C'est ce qui donne ta frustration, Kam, je suppose.
Pour ce que ça vaut, je vous refile une de mes phrases préférées, d'Horace, qui m'a permis de savoir pourquoi je partais et donc de prendre plus de plaisir au fait d'être ailleurs :
Coelum non animum mutant qui trans mare currunt (ok, ça fait j'me la pète ;D)
Celui qui voyage par delà les mers change de cieux mais il ne change pas d'âme.
Dans tous les cas, Kam, ta démarche est intéressante. Ici, on te prendra ni pour un héros ni pour un mytho.
-
Ouais je comprends assez bien, Anke. Et en fait je ne suis pas sûr qu'il y ait tant de différences que ça. C'est juste une question de personnalité je pense. Maintenant, que tu aies besoin d'un objectif précis ou non, je pense que quand tu es au fin fond de je-ne-sais-où c'est à ça que tu penses, pas à l'objectif final, même si tu l'as toujours en tête (sinon si c'est juste pour atteindre l'objectif, il faut prendre l'avion, ça va plus vite :/).
Si j'ai maintenant cette "conception" de la chose, c'est justement pour être parti avant avec un objectif fixe en tête et m'être rendu compte au bout d'un moment que je ne l'atteindrai pas. Là je me dis simplement que ça ne sert à rien de se fixer un objectif trop lointain quand il y a toutes les chances que j'en aie marre avant, ou que je décide de prendre une autre route, ou même qu'un problème survienne et m'empêche de continuer. C'est pas plus compliqué que ça. :)
Sinon pour la petite histoire, le nouveau voyage que je prépare se précise un peu: en ligne droite vers l'est à travers l'Europe jusqu'en Roumanie, ferry sur la Mer Noire direction la Turquie, j'enchaîne vers le Caucase, et là a priori (si je suis toujours motivé et que je n'ai pas changé de plans) nouveau ferry sur la Caspienne vers le Kazakhstan (vu que j'imagine qu'il est toujours impossible d'avoir un visa avec une durée décente pour le Turkménistan). Et ensuite... à voir. J'ai trois options en tête, mais comme je le disais, je me déciderai le moment venu.
Pour le départ, au niveau des saisons il faudrait que je parte vers septembre/octobre, j'espère l'année prochaine. A voir si ça suit au niveau financier (cette fois-ci je vais quand même mettre un minimum de côté pour après le retour, je ne ferai pas avoir deux fois). Ca m'embêterait d'avoir à attendre encore deux ans.
Mais bon je reparlerai de tout ça en détail j'imagine.
-
Salut Kam,
Bienvenue. As-tu vu que vous êtes deux à avoir rejoint Istambul dans les mêmes conditions et, semble-t-il, fait une pause pour, à peu de choses près, les mêmes raisons:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,11891.0.html (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,11891.0.html)
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,15287.0.html (http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,15287.0.html)
A+
-
Oh, la vache! Merci pour ce lien, je n'avais pas du tout vu. C'est hallucinant en effet, on avait même la même destination finale (ou presque: je prévoyais de continuer un peu en Sibérie ensuite)! Je lirai tout ça en détails quand j'aurai plus de temps.
C'est ça que j'adore sur cette planète: tu trouves toujours des gens aussi tarés que toi même quand tu penses être déjà bien atteint. Je trouve ça génial.
EDIT - Ah si une petite différence quand même: j'adore la Turquie. :)