Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 00:08:58

Titre: Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 00:08:58
Bonjour à tous

Alors voila, pour autant que je sache, le sujet n'a pas été ouvertement débattu.
Dans ma présentation, j'ai parlé du fait que pendant longtemps j'ai eu une tête à recevoir les claques. dans le but d'aider à la compréhension de ce qui fait qu'on en arrive là, j'aimerais parler de mon ressenti, sur la question.
Gamin ou ados, j'ai toujours eu de l'admiration pour celui qui était capable de se défendre ou de se faire respecter, car moi je n'en étais pas capable, à vrai dire l'idée même de donner un coup ou de le rendre me faisait peur.
Il suffisait que n'importe qui vienne essayer de me faire peur pour que je panique immédiatement, et beaucoup ne s'en sont pas privés.
Ce que je ressentais, c'était d'abord la peur de me défendre, de faire du mal, de blesser, pour moi la violence c'était une grande inconnue.
Je crois que j'avais autant peur de MA violence que de celle des autres.
La simple idée de me défendre me terrifiait, et en même temps j'en avais honte. Jamais je n'aurais eu la cran de mettre un coup de poing dans la figure de quelqu'un.

Quand j'essayais de ne pas me laisser faire, je n'étais tout simplement pas crédible, j'avais aussi l'impression que l'autre était systématiquement plus fort que moi.
Je pense aussi que le manque de confiance en soi (du vécu), chez un enfant ou un ado, le met rapidement en état de désavantage.

Tout ceci pour en venir où ?
Je crois que dans mon cas, j'ai intégré une vision du monde totalement terrifiante, ce que les autres ont ressenti ensuite.
Être craintif, ça s'apprend, et ça s'apprend bien !

Ajoutons à cela l'éducation qu'on vous donne :

"Poli et gentil : ça passe partout"

Ensuite, je me souviens avoir essayé de trouver un mode de fonctionnement dans lequel, il me fallait absolument tout faire pour gagner l'affection de l'autre, pour attirer sa sympathie, et donc sa pitié, en devenant volontairement ridicule pour amuser, être drôle et transformer la violence physique subit en "simples" moqueries.

En fait, dans ces cas là, je n'osais pas me défendre, de peur trop prendre, de perdre, d'être blessé.
On vous frappe : vous pleurez, vous ne savez pas quoi faire. En revanche le sentiment de honte fait à la limite plus de mal que les coups, dans ce cas de figure.
Après quand à l'école on se reçoit quelques coups de pieds/coups de poing/bousculade/brimades/gifles etc... on se dit :
ça m'est arrivé cette fois, donc je suis tranquille pour un moment maintenant.

Ajoutez à cela un physique très peu dissuasif à cette époque. En grandissant cela donne un adulte plutôt peureux, soumis, qui en cas de conflit va tout faire pour obtenir la compassion de l'autre, fut il le pire individu. Dans la rue, les BG sentent que vous avez peur.

Pour moi il y a la victime qui n'a pas peur du tout, parce qu'insouciante, imprudente, voire inconsciente : je ne suis pas dans cette catégorie.
Et puis il y a l'autre extrême : la personne qui se méfie de tout, qui a peur et imagine souvent le pire, et chez qui les BG détectent la peur, la faiblesse, la soumission.












Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: matho le 12 avril 2010 à 03:31:41
Salut l'ami,
Je te comprend.
Conseil: cherche un Maître, euh...pardon un « coach », cela sonne mieux comme expression!
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Humain le 12 avril 2010 à 08:28:52
Salut Jérome  :)

C'était le rôle de tes parents de te protéger contre les paroles stupides et délétaires de ton grand frère. C'était également leur rôle de t'apprendre qu'en tant être humain à part entière tu avais/as le droit de ne pas être brimé et de te défendre.
Mais il est tellement plus facile d'avoir un "petit" gentil et docile  :glare: ... et faire ainsi de sa vie un enfer sans même en avoir conscience.

Mais maintenant que tu es adulte tu PEUX changer. Il faudra du temps, il y aura de nombreuses "rechutes", des blessures de l'âme se rouvriront, d'autres seront créées aussi mais petit à petit tu TE trouveras et dans la glace tu seras fier de te regarder.
Mais surtout, ne laisse JAMAIS tomber, ne TE laisse jamais tomber quelqu'en soit le prix.

Et si tu as déjà réussi  :akhbar: ...

  l'Humain
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Rôdeur le 12 avril 2010 à 08:43:59
Salut Jerome. Moi aussi, quand j'étais gamin, je pleurais au lieu de rendre les coups, mais ça fait maintenant bien des années que non. Et je ne suis pas Bruce Lee, ni Rambo. Et ni la politesse, ni la gentillesse ne sont en aucun cas des marques de faiblesse. A+
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 12:12:58
Bonjour tout le monde

D'abord un bon point pour L'humain : tu as tout compris, et heureusement j'ai déjà parcouru une bonne partie du chemin  :doubleup:

Et merci pour vos réponses, concernant les questions que Leif pose, cela se résume en une seule question, sur laquelle peut débuter le fil conducteur de ce post :
"comment éviter qu'un enfant ne devienne une future victime"
Concernant le fait de savoir dans quel contexte on définit la victime, je pense que lorsque on est chétif à l"école, on l'est dans la rue, et qu'en continuant comme cela on le sera dans le boulot et dans toutes les situations limites de la vie, en couple aussi (si vous avez la chance de trouver quelqu'un).

Si un BG flaire votre faiblesse, votre patron un peu limite la flairera aussi, les mauvais collègues de travail aussi, les faux amis aussi.
Donc pour moi la forme change mais le fond reste le même : si on a un comportement, une attitude générale et un non verbal qui autorise les abus, on sera malmené. Un jour ce sera par un BG dans le tramway, le lendemain par le responsable hiérarchique mal luné, et la fois d'après par un groupe "d'amis"...Si les conséquences physiques sont différentes, celles sur l'équilibre psychologique, la santé à moyen terme et la vie sociale peuvent êtres désastreuses dans tous les cas.

Pour moi il y a une violence et une seule basée sur les mêmes principes (effet de groupe, identification de l'élément faible et isolé, non respect de l'autre etc...) mais qui prend des formes variées selon le contexte social, le lieu, l'âge des protagonistes...
- dans le travail avec les collègues et la hiérarchie directe (le harcèlement au travail)
- à l'école (brimades de l'élève souffre douleur)
- dans les transports, la rue (incivilités, agressions)
- dans une famille, une fratrie, une famille recomposées, lorsque il existe des préférences inavouées etc...
- en voiture (avec votre voiture de 1 tonne iriez vous plus facilement klaxonner, faire les phares et forcer le passage à l'élément le plus faible : une voiture sans permis conduite par une personne âgée devant une file d'automobilistes tous aussi pressés, ou à un semi remorque ?  :huh:)

Jérôme


 




Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: H.H.L le 12 avril 2010 à 12:47:11
Je pense qu'il faut faire la part entre se sentir victime et apparaitre comme une victime. J'ai pour exemple un copain à moi, 1m93 pour 100 kg costaud qui fait beaucoup de rugby et qui apparait sur de lui. Pourtant il est très mal à l'aise dès qu'une situation tourne au conflit, et il fait tout pour éviter l'affrontement.

Pourtant, dans la rue il a plutôt le profil du type à pas em****er. Se sentir victime est donc un sentiment qui n'est pas le monopole des "petits" gabarits. Cela tient plus du sentiment que de la pensée rationnel (analyse du poids,taille, entrainement..).


Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Bison le 12 avril 2010 à 14:54:13
Bonjour,

Il ne faudrait pas tout remettre sur le dos des parents :
Trois enfants, même éducation =>  trois personnalités (morales, physiques et intellectuelles) tellement différentes!

Pour ma part, j'ai le sentiment qu'il existe de vraies têtes à claques, des enfants et des adultes "qui le cherchent", dirait-on, à se faire persécuter.

Pour y remédier, je serais bien en peine de fournir un conseil avisé.

Des pistes, peut-être?
 - trouver une activité où il est champion (on a tous nos points forts)
 - encourager l'effort physique, quitte à y aller très lentement
 - valoriser les "exploits"
 - liste ouverte d'activités de renforcement de la confiance en soi ...
 - apprendre à se mettre en colère ...
 - apprendre la "détermination" :  le coup de pioche qui casse la pierre, le coup de hache qui fend la buche ...
 - la gym ... super école! la base de tout!

Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Nathan-Brithless le 12 avril 2010 à 15:02:13
Salut Jérome  :)

C'était le rôle de tes parents de te protéger contre les paroles stupides et délétaires de ton grand frère. C'était également leur rôle de t'apprendre qu'en tant être humain à part entière tu avais/as le droit de ne pas être brimé et de te défendre.

critique facile, je suis pas fan...!
Titre: Re : Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Humain le 12 avril 2010 à 16:35:42
critique facile, je suis pas fan...!

Salut Nathan  :)

Je conçois que tu trouves cette critique un peu facile, pourtant je n'en démordrai pas  ;) .
Les parents ne peuvent pas tout, et parfois ils auront beau faire de leur mieux, leur gosse ne prendra pas le "bon" chemin (pour autant que ça puisse exister, ce dont je doute). Pourtant il y a un minimum auquels ils doivent s'astreindre uniquement parce qu'ils ont accepté de mettre cet enfant au monde. Outre le toit et l'alimentaire, ils doivent le protèger de ce qui peut le détruire, l'empêcher de grandir harmonieusement, jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour y faire face lui-même. Les brimades d'un grand frère qui sont tolérées par les parents indiquent au gamin qu'il est normal qu'il les reçoive. Comment avoir confiance en soi quand ceux qui sont sensés être tes guides et protecteurs dans ton jeune âge, te laisse tomber? Bien sûr chaque parent fait ce qu'il peut avec son propre bagage, mais agir, même en vain, même maladroitement, c'est un million de fois préférable à l'indifference car le gosse aura vu qu'il en "vaut le coup" pour ses parents. Et ceci constituera un terreau fertile où des graines apportées par d'autres vents pourront germer.

Je crois fermement que ce principe s'applique à tous les humains qui ont accepté un jour de devenir parent.

  l'Humain
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: ulysse le 12 avril 2010 à 16:54:15
Salut, tes préoccupations sont celles de beaucoup je pense. Il est jamais trop tard pour y remedier.
Toutes les situations de la vie sont des prétextes à y travailler.
Apprendre à se debarasser de la violence accumulée, de manière symbolique bien sur. La pratique d'un art
peut faire office mais d'autres activités peuvent remplir la meme fonction. Au début on galère et puis on y
arrive de mieux en mieux. Ca evite de rester bloquer dans ses obsessions et ça peut permetre d'etre
receptif à son environnement pour y trouver d'autre solutions.
Et puis apprendre à ne plus accepter de recevoir de la violence. Là aussi ça peut prendre un certain temps.
Je suis assez d'accord, la pratique d'une activité physique est benefique. On prend conscience de son corps et
on lui fait de plus en plus confiance. Les bonnes sensations physiques sont bonnes pour le psychique.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Nathan-Brithless le 12 avril 2010 à 17:09:59
Salut, Oh toi l'humain..
Sur le principe, je suis on ne peut plus d'accord avec toi(et suis parent moi-meme, comme toi je suppose, d'après le contenus de ton post)).Ce qui me pose question,c'est la critique publique que tu fait des parents du gars( quel que justifiée soie cette critique!) sur un forum public (et bien que le gars en question soie in fine protegé par l'anonymat d'un pseudo).
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: ulysse le 12 avril 2010 à 17:21:46
juste pour rebondir sur la question des parents. C'est clair que c'est important que ça peut etre une partie de
l'explication. Mais bon chacun part avec ses propre cartes plus ou moins bonnes et doit essayer d'en tirer
le meilleur. Ca peut aider de comprendre le pourquoi mais je prefere insister sur des domaines sur lesquels
on a la possibilité d'exercer une influence.
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 17:36:57

Des pistes, peut-être?
 - trouver une activité où il est champion (on a tous nos points forts)
 - encourager l'effort physique, quitte à y aller très lentement
 - valoriser les "exploits"
 - liste ouverte d'activités de renforcement de la confiance en soi ...
 - apprendre à se mettre en colère ...
 - apprendre la "détermination" :  le coup de pioche qui casse la pierre, le coup de hache qui fend la buche ...
 - la gym ... super école! la base de tout!


Pour les quatre premières lignes, cela s'appelle du renforcement positif. En revanche me mettre dans une activité comme la gym n'aurait rien changé, cela a été tenté (karaté, équitation) : je me suis à nouveau retrouvé le souffre douleur du club, au karaté je servais de punching-ball dans les combats, et à cheval j'avais une trouille bleue (surtout du saut d'obstacle).
La solution d'urgence aurait plutôt été je crois : parler, parler, et parler. Rassurer par les mots. Pratiquer un sport individuel comme la course d'endurance, ou un cours de self défense très adapté et en très petits groupes.
Ne pas hésiter à demander les conseils d'un psy pour enfants, y passer quelques séances aussi (bon à l'époque, ça n'était pas dans les mœurs).
Il n'y a pas vraiment eu d'erreurs des parents (si ce n'est de laisser le frère ainé tenir des propos stupides et effrayants) mais plutôt des difficultés non résolues dans leur enfance, une fragilité propre à eux, mais je ne m'étendrai pas sur le sujet, trop personnel et hors de propos sur un forum. Je crois que quand un parent souffre ou a souffert en silence, l'enfant le ressent, même si ce n'est pas dit.

Lui apprendre à se mettre en colère, comment ?

L'idéal serait effectivement de travailler par tous les moyens sur l'estime de soi, l'envie de contact avec les autres, le respect de soi même afin que les autres nous respectent.
Sur ce que dit L'Humain : absolument vrai, trop forcer et inhiber l'agressivité de l'enfant  à défaut de la canaliser, pour en faire un "brave petit garçon bien sage, bien poli et gentil", modèle de réussite éducative est à mon sens une très grave erreur, c'est aussi ce que j'ai ressentit.

Peut être aussi chercher à comprendre :
- de quoi l'enfant à t'il peur ?
- comment vit il le fait qu'on l'ennui ?
- comprend t'il que c'est absolument anormal ?
- As t'il envie que tout cela cesse, définitivement ?

La prise de conscience que l'état de souffre douleur, même installé depuis longtemps, n'est pas normal et n'est pas une fatalité.

Au passage, je ne remercie pas ceux qui autorisaient des enfants de 16 ans redoublant, à côtoyer des gamins de 12 ans, en classe de 5eme sous prétexte "que les bons devaient stimuler les mauvais", résultat : comment un grand bébé de 12 ans se défend t'il face à un véritable petit truand de 4 ans son aîné ?






 
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Anke le 12 avril 2010 à 17:38:43
Pour ce qui est des parents, on fait comme on peut avec le matos qu'on a ! Je me suis limité à donner des pistes des idées, en expliquant bien que ça n'était pas forcément des bonnes, mais que c'était ce à quoi je pensais sur le moment, après c'est aux gamins de faire et aux parents d'être présent si y'a un "billet de parterre".
Enfant chétif, discret et timide, je n'ai pas été un "t^te de turc", mais un peu celui dont on rigole parce qu'il est "gauche" ou pas du même milieu. Jusqu'au jour ou j'en ai eu marre et c'est la révolte qui m'a aidé. Le gars ( j'avais 12 ans) me tenait les poignets en me vociférant dans le portrait, puis m'a molarder dans la gueule ! Moi, le timide, le contrit,je ne sais pas ce qui m'a pris je te lui ai foutu un coup de boule de derrière les fagots en hurlant : " j'en ai marre que tu me fasse chier ! ". Bilan : je lui ai pêté le nez, j'en revenais pas, ses potes sidèrés : " t'es cinglé ? Tu y'as pêté le nez ! C'est bien fait pour sa gueule". Après le pion, le dirlo et tout le machin, tant pis, le mec m'a plus jamais emmerdé, j'avais gagné, je pouvais le faire, voire le refaire. Ce jour là, ma vie à changée.... Mes parents n'étaient pas là, j'étais en pension.
Etre une victime ? On est pas obligé ....
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Patrick le 12 avril 2010 à 17:41:37
Ca peut aider de comprendre le pourquoi mais je prefere insister sur des domaines sur lesquels on a la possibilité d'exercer une influence.
Justement, je pense que l'intervention d'Humain nous permet de prendre conscience de cette influence primordiale en tant que parent qui va lourdement impacter ce sentiment chez nos enfants.

Comment espérer une rebellion, un sens inné du refus, si nous avons été conditionné depuis notre plus tendre enfance a mériter peu de valeur et de respect.
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Humain le 12 avril 2010 à 17:47:47
Salut, Oh toi l'humain..
Sur le principe, je suis on ne peut plus d'accord avec toi(et suis parent moi-meme, comme toi je suppose, d'après le contenus de ton post)).Ce qui me pose question,c'est la critique publique que tu fait des parents du gars( quel que justifiée soie cette critique!) sur un forum public (et bien que le gars en question soie in fine protegé par l'anonymat d'un pseudo).

Je reconnais que j'ai peut-être été maladroite dans ma façon de formuler mon idée. Cependant je ne me serai pas permise de parler ainsi si Jerome n'avais pas parlé de ses heurts avec son frère sur ce forum public.

  l'Humain
Titre: Re : Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: alexr le 12 avril 2010 à 18:02:35
Pour les quatre premières lignes, cela s'appelle du renforcement positif. En revanche me mettre dans une activité comme la gym n'aurait rien changé, cela a été tenté (karaté, équitation) : je me suis à nouveau retrouvé le souffre douleur du club, au karaté je servais de punching-ball dans les combats, et à cheval j'avais une trouille bleue (surtout du saut d'obstacle).

La peur est-elle vraiment un problème ? Dans une activité engagée (ou perçue comme telle, etc.), il me semble normal d'avoir peur. On y va quand même (progressivement, avec accompagnement, etc.), on progresse, la peur recule, ce qui renforce la confiance en soi.
Titre: Re : Re : Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 18:09:17
La peur est-elle vraiment un problème ? Dans une activité engagée (ou perçue comme telle, etc.), il me semble normal d'avoir peur. On y va quand même (progressivement, avec accompagnement, etc.), on progresse, la peur recule, ce qui renforce la confiance en soi.

En théorie oui, en théorie...
Mais dans la pratique : c'est très délicat, il faut vraiment qu'il y ait quelqu'un de formidable derrière toi pour te soutenir dans tes échecs, dans tes peurs, ne pas te forcer non plus au delà d'une certaine limite. C'est franchement une opération délicate

Anke : ton récit sur le coup de boule à 12 ans  :doubleup: :doubleup: :doubleup: c'est le déclic qui m'a toujours manqué, bon sang !


Titre: Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 18:12:02
Je reconnais que j'ai peut-être été maladroite dans ma façon de formuler mon idée. Cependant je ne me serai pas permise de parler ainsi si Jerome n'avais pas parlé de ses heurts avec son frère sur ce forum public.

  l'Humain

Pas de soucis pour moi, ne t'inquiètes pas et j'apprécie réellement la justesse de ton analyse.
Au contraire, je te remercie   :)

Mince, j'aurais voulu faire pareil que Anke !
Titre: Re : Re : Re : Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: alexr le 12 avril 2010 à 18:47:56
Mais dans la pratique : c'est très délicat, il faut vraiment qu'il y ait quelqu'un de formidable derrière toi pour te soutenir dans tes échecs, dans tes peurs, ne pas te forcer non plus au delà d'une certaine limite. C'est franchement une opération délicate

Disons qu'il faut être déterminé, car personne ne peut faire la démarche à ta place.

Quelle que soit l'activité, je pense que la logique est comparable à celle d'un entraînement physique : progressivité, régularité, ténacité...

Après, l'avantage de pratiquer l'activité X ou Y en groupe (outre l'encadrement, les conseils techniques), c'est l'effet d'entraînement (la pression du groupe), qui parfois peut aider à franchir le pas (si le groupe est sympa, aide un peu).
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Gros Calou le 12 avril 2010 à 18:54:48
En théorie oui, en théorie...
Mais dans la pratique : c'est très délicat, il faut vraiment qu'il y ait quelqu'un de formidable derrière toi pour te soutenir dans tes échecs, dans tes peurs, ne pas te forcer non plus au delà d'une certaine limite. C'est franchement une opération délicate

Salut Jérôme, il faut vraiment que tu participes à un stage SD/SP, ce n'est pas un, mais tout les formidables stagiaires que tu auras derrière toi + le "coach", pour te soutenir et t'expliquer tes peurs. Mais pour cela ne pas hésiter comme tu viens de le faire d'expliquer pourquoi tu es venu. Tu apprendras justement à ne pas aller au delà de tes limites, Switch on switch off, ouvrir les yeux et prendre conscience. Oui c'est pas facile, oui il faut prendre la décision, oui c'est un gros travail, mais quel bonheur une fois que le message est passé, une autre vision et des réponses, beaucoup de réponses.

 ;)

 
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Wapiti le 12 avril 2010 à 19:02:13
Matho, les cochers, pardon les coaches, c'est pour les chevaux ou les bourrins.  :lol:

__________
Quel que soit le nombre s'il est au-delà de tes capacités de riposte tu deviens victime. On trouve toujours plus fort que soi.

Souviens-toi de ce qui fut mis en scène dans la film Le Bon, la brute et le truand, la brute au gros sergent nordiste : quand tu vas tomber, tu vas faire un sacré potin (si ce n'est pas la réplique exacte, c'est l'idée).

Même sans violence physique de nos semblables on peut se sentir victime, par définition la victime c'est celle qui subit.

Même sans être timoré, ce sentiment survient avant, pendant ou après et nul n'en est exempté. Il y en a qui se maîtrisent ou ont appris à le faire, mais la peur est là quoi qu'on fasse. Heureusement que nous avons peur, c'est ce qui nous permet de survivre.

L'éducation d'où qu'elle nous vienne et aussi imparfaite soit-elle nous aide à y parvenir, toutefois ça ne fonctionne que si nous n'y participons nous-mêmes. Ce n'est évident pour personne pas plus pour les plus doués que pour les autres.

La peur est nécessaire, elle nous évite de faire des c…, bien que mal contrôlée, elle nous en fait faire aussi.

Dans la vie il faut apprendre à ne pas se laisser uriner le long de la jambe, il faut se faire respecter et pas qu'avec le muscle. Malheureusement ceux qui exige le respect oublient qu'il doit être réciproque avant tout. Trop de gens confondent crainte et respect.

Je l'ai compris le jour où en classe de 5e, un grand et gros balaise pourtant du même âge (deux têtes et 30 kilos de plus), m'a ceinturé, je l'ai balancé par dessus mon épaule et il est retombé lourdement sur le macadam de la cour. Après, les aînés des classes de 4e et 3e m'évitaient par crainte.

Il faut parfois se montrer teigneux, même si on est pas méchant, la tranquillité est à ce prix.

À +
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Gros Calou le 12 avril 2010 à 19:13:21
Génial  :doubleup:
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Anke le 12 avril 2010 à 19:56:43
Le_Jerome,
Je ne suis pas une référence, loin de là, mais à un moment donné de toute façon tu vas " prendre" quoique tu fasses. En fait la trouille réside dans ce que représentent ceux qui détiennent le pouvoir institué ( dans mon cas, les profs, les pions, le surveillant général, le dirlo et au final les parents et ce qu'ils pourront penser) auant d'interdits qui te conditionnent à avoir peur des conséquences. Sauf que les conséquences immédiates, c'est d'avoir la gueule en "8" et là, les parents ils ne sont pas à ta place, c'est toi qui morfle. Alors c'est bon, tu vas prendre la "rafale" en rentrant parce que t'as ruiné le jean, t'es en sang, t'as un "mot" du "surv gal" et alors ?
L'autre gros con, là, il a pris un coup de boule et ça va bien ! De toute façon y z'étaient pas là pour intervenir et te défendre ( le cas échéant) alors tu t'es démerdé tout seul, du mieux que t'as pu et pis c'est tout. N'empêche que l'ot' là, il s'y frottera plus avec son nez pêté, m*rde alors, c'est moi le héros de MON film à moué.... Et là mon pote, c'est finir de subir, le monde t'appartient, tu fais comme t'as envie ( presque !) et c'est toi qui construit ta vie.
T'es le maitre du monde.
Faut juste se faire un peu violence et essayer. Après ado, c'est les nanas... ça c'est dur ! ( Pardon, les filles) t'as les dents qui baignent et le venin à fleur de peau et pis c'est les autres nazes qui se "les font" toutes... Et toi tu "sèches" avec tes bons sentiments, ton écoute, "t'es un super copain titi ! Mais que un copain...." Rahhhhhh ! Et t'as l'ot là, super salaud qui les jette toutes les 5 mn, qu'est vache comme c'est pas permis, et elles en redemandent (c'est comme ça qu'on le perçoit en fait, c'est pas forcément vrai) Alors y'a des moments y'en a plein les bottes d'être "gentil"...
La gentillesse, et la bonté, ça se distribue avec parcimonie et sur des gens ciblés, sinon, on gaspille... Gentil avec tous, effectivement t'es une victime offerte et tes qualités ne sont utiles à personne...
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Bison le 12 avril 2010 à 20:19:53
Re-bonjour!

Citer
En revanche me mettre dans une activité comme la gym n'aurait rien changé, cela a été tenté (karaté, équitation)

Ben non, cela n'a pas été tenté! J'ai dit la gym ... pas le combat, pas le saut d'obstacle.
La gym (saut, cheval, barres parallèles, barre fixe, anneaux ... ) c'est la discipline par excellence pour développer l'intelligence du corps.

Après, toutes les "portes" s'ouvrent avec une étonnante facilité!
Là comme ailleurs, il y a les surdoués et les moins doués, mais tout le monde est susceptible de progresser.
Et quelle jouissance quand on commence à maîtriser deux ou trois trucs de base ...

La natation et l'athlétisme ... tout le monde peut progresser aussi et dépasser le sourdoué qui ne s'est pas entraîné correctement.
Bénéfices moraux et bénéfices physiques, les deux vont de pair. Et le regard des autres change, et le regard que l'on porte sur soi change aussi.

Quand je parlais d'apprendre à se mettre en colère ... ben je pensais à un truc du genre à ce qui est arrivé à Anke ...

Bon, c'est de la théorie certes.
Mais c'est aussi une situation à laquelle je suis confronté avec un de mes petits-fils "par adoption".   
Le gamin a bientôt cinq ans, et les filles le bousculent dans la cours de récré.
Il chiale sur place, et les surveillantes ne font même plus attention à lui, même quand il se prend une belle bosse.
D'une certaine manière, on peut les comprendre, tellement il a alors une attitude qui n'incite pas à ce qu'on le console ... Alors que c'est par ailleurs un charmant bambin! (Pas chétif du tout, d'ailleurs).

Atavisme évident :  le père biologique est une épave à 25 ans.
Le gamin n'est pas né "guerrier".
 
Dans la famille recomposée, on fait ce que l'on peut.
Et la gym (jeux et psychomotricité avancée à cet âge) est au programme :  il ne se débrouille pas mal, comme il se débrouille plutôt bien en piscine. Il est même doué au foot, le diable!

Ce ne sera jamais un mâle alpha, mais on espère bien qu'il va prendre confiance en lui, qu'il va, comme Anke, se fâcher un jour un bon coup, et sortir de cette mentalité innée de victime.

En tous cas, les parents ont conscience du problème et font de leur mieux pour le sortir de là.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Jagix le 12 avril 2010 à 21:07:17
Salut Le_Jerome,

J'apporte mon point de vue de sauvage au débat, j'ai lu un peu en diagonale (manque de temps) donc excusez moi si je répète des truc qui ont été dit, si c'est le cas vous n'aurez qu'a l'ignorer ou m'envoyer des menaces de mort par MP si vraiment ça vous contrarie.

Premièrement je tien à te dire que je comprend très bien ce dont tu parle car par le passé j'étais dans la même situation que tu décris. Ensuite tu pose la question de l'origine de la peur, là dessus mon avis c'est qu'effectivement on peut y attribuer les rôles des parents, de l'éducation, du contexte social etc... mais à la base la peur prend racine dans nos instincts le plus primaires, ainsi c'est avant tout la peur de la souffrance physique qui entraine les autres.

Qu'il s'agisse de l'école, du travail, de la rue, en famille ou n'importe quoi, on a peur de l'affrontement principalement parce qu'on à peur instinctivement qu'il dégénère jusqu'à la violence physique, comme ça a été dit on peut peser 120kg et mesurer 2,20m sans pour autant avoir confiance en ses facultés à gérer un conflit physique (même si c'est sans doutes statistiquement plus rare). Donc comme cela a été cité également, les sports de combat et le self défense peuvent aider à prendre confiance en soi, quelqu'un qui sait se défendre n'a pas peur de l'affrontement physique, donc qu'une situation conflictuelle dérape sur le plan physique, et donc d'une façon générale sera plus à l'aise quelque soit la situation.

Reste que si on t'inscrit au Karaté mais que partout autour, ta famille, tes camarades, tes collègues etc ne cessent de te répéter que tu es faible, il est difficile de se convaincre de l'inverse, et donc de s'investir dans un sport de combat ou du self défense si on a aucune confiance en nos capacités.

En tant que mammifères on est instinctivement programmés pour respecter une hiérarchie, d'autant plus que nous sommes des mammifères sociaux, basiquement celui qui a le plus confiance en lui est en haut de la hiérarchie, celui qui a le moins confiance en lui est en bas, pour des raison sur lesquelles on na va pas s'étendre ces comportements sont souvent amplifiés à l'extrême dans les sociétés et micro sociétés humaines sous l'effet de complexes, névroses et autres joyeusetés, quelqu'un qui manque de confiance en lui sera désigné comme bouc émissaire par des "dominants" névrosés qui le rabaisseront à chaque occasion pour affirmer leur domination, c'est un cercle vicieux pour la "victime" dont il est très difficile de sortir.

Heureusement il est aussi dans la nature humaine (et animale) de bousculer l'ordre hiérarchique, un enfant "oméga" (terme qui désigne un loup en plus bas de la hiérarchie dans une meute) n'est donc pas condamné à être définitivement enfermé dans ce rôle. Dans certains cas, ça a été le mien, ça peut aussi être une occasion de rebondir en grandissant.

J'ai longtemps été dans ce rôle d'oméga, toute ma scolarité ou presque, jusqu'au jour ou j'ai pété un câble, j'en ai eu raz le bol de subir et j'ai tout envoyé chié, ça a été violent, j'ai pris des risques sur pas mal de plans, mais aujourd'hui je considère que tout cela c'est du passé, je ne laisse personne me dire quoi penser ou quoi faire.

Bien sûr ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, ça a surtout pas été facile, mais au final je pense m'être sorti de ce cercle vicieux. Je dois dire que les animaux m'ont beaucoup aidé pour ça, le fait d'avoir une relation sociale simple, franche et sincère (avec les animaux) permet de mieux cerner le fonctionnement des humains dans son ensemble, c'est en travaillant avec des animaux que j'ai appris à dire non, à poser des limites claires et à faire preuve d'autorité (sans avoir à recourir à la violence évidement, sinon c'est remplacer un cercle vicieux par un autre) c'est aussi ce qui m'a appris qu'aller toujours dans le sens de son interlocuteur n'est pas le meilleur moyen de gagner son respect, au contraire, et que savoir s'imposer quand c'est nécessaire est bien plus efficace, au final c'est indispensable d'en être capable dans n'importe quel type d'interactions sociales.

Donc pour revenir à la question "comment faire pour qu'un enfant sorte de cette peur", je pense qu'il n'y a pas de réponse toute faite, parfois il suffit de laisser faire le temps et laisser l'enfant se reprendre lui même en main, donner un "guide" sur comment éviter que son enfant se retrouve en position "oméga" (ou à l'inverse "alpha" complètement névrosé) reviendrait à rédiger le guide ultime de l'éducation.

Les seuls conseils que je peux donner dans cette matière sont ceux que j'applique pour éduquer mes animaux: Savoir être ferme quand il le faut (et quand on parle de lions c'est votre vie qui est sur la ligne, pas l'état de propreté de vote salon), mais surtout, surtout pas à l'excès et ne jamais recourir à la violence, il faut être ferme dans le sens ou si vous dites "non" ça restera "non" jusqu'au bout (évitez le coup du "non, non, non, oui d'accord"), sans oublier de soutenir (ou récompenser) les comportements positifs. Tout est une question de balance et de clarté, plus les règles seront claires, plus l'enfant (ou l'animal) comprendre sa place donc ne se sentira pas perdu et aura confiance en lui.

Bon c'est sur que dit comme ça ça à l'air facile et que dans la pratique c'est une autre paire de manche, mais pour être plus précis faudrait développer longtemps (et puis ça reste de la théorie, ça ne remplace jamais la pratique).

Avant de poster je rebondis sur ce que dit Bison:

Citer
Ben non, cela n'a pas été tenté! J'ai dit la gym ... pas le combat, pas le saut d'obstacle.
La gym (saut, cheval, barres parallèles, barre fixe, anneaux ... ) c'est la discipline par excellence pour développer l'intelligence du corps.

Je pense que le résultat aurait été le même qu'il s'agisse de Gym, de tae kwon do, de karaté, de self défense ou même de broderie: si le milieu (la micro société donc) dans lequel tu apprend t'attribue le rôle oméga (ou si tu te le laisse attribuer plus exactement) quelle que soit l'activité tu ne pourras pas t'y investir, car on en revient au besoin de alphas d'appuyer leur supériorité en rabaissant les omégas: tu te retrouve sujet à moqueries, tout le monde critique ce que tu fais, donc tu te persuade d'être nul, tu ne t'investit pas et donc tu ne progresse pas.

Ce qui importe n'est pas la discipline elle même mais l'environnement dans lequel elle est pratiqué, moi j'ai eu la chance d'avoir un prof de Dao Yi King exceptionnel sur le plan pédagogique (et humain), qui m'a permis de grandement avancer niveau confiance en moi, je suppose que si tu fais référence à la gym c'est que dans ton cas c'est ce qui t'as aidé dans ta jeunesse a acquérir (ou renforcer) ta confiance en toi.
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: jeantroovpa le 12 avril 2010 à 21:10:39
me semble qu'un truc qui aide à se sentir moins victime, c'est de faire la différence entre l'individu et la personnalité. Si d'aucun réalise que c'est sa personnalité et non lui même qui "pose problème", ce sera sans doute déjà un grand pas de fait.

J'ai bien quelques points de sociabilités qui passent pas super bien mais sachant faire la différence entre persona et individu, les conséquences, dans mon vécu, des "hic" qui apparaissent est bien moins importante, je dirais même que je m'en fou (même si ca m'empêche pas de travailler sur le fond du coté de la communication); avec le temps, le poids du passé et la peur disparait et en même temps il y a du changement qui se fait (c'est mon expérience hein ;) )

le fait est sinon qu'en se sentant victime, les faiblesses sont plus flagrantes, ca c'est le cercle infernal; le point énoncé au dessus permet de potentiellement transcender le cercle, c'est selon moi le "pas" le plus important; à partir du moment ou d'aucun relativise (pas juste une relativisation intellectuelle hein), ca permet (potentiellement) de pouvoir amorcer un changement, voir même un changement naturel (reprendre le cours du temps on pourrait dire), avant cela c'est parfois la paralysie

transcending the circles is the way to get out of the bounds
thus is the way to freedom
freedom is not the abscence of danger but still, it's fearless
anyway, fearlessness isn't freedom by itself

mon cents
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 21:26:55
Effectivement, je suis inscrit pour le stage ACDS du 24 Avril
Être un mâle alpha, pour moi n'a aucun intérêt, je veux juste ne pas être une victime, ne pas être celui qui se retrouve massacré à coups de pieds, à terre et laissé dans son sang (du genre comme la série d'agressions de Nancy).

La self protection en premier : la prévention, on me met pas la charrue avant les bœufs : voir arriver le danger.
Voici ce qui m'est arrivé une fois :

Je rentrais du travail en voiture, il était midi, je roulais à 50 km/h, derrière moi une vieille voiture avec un homme et une femme à bord.
D'un coup la voiture me colle et se met à klaxonner, cela dure sur environ 1 km. J'avais rien fais, je conduis toujours en respectant le code de la route.
Derrière lui il y avait une autre voiture, avec 3 personnes à l'intérieur, qui d'un coup nous double tous les 2 et se rabat devant moi pour me coincer, il freine et s'arrête en travers de mon chemin.
La fille qui était assise à l'arrière me regarde de façon agressive.
Comme je savais qu'évidemment ils allaient m'agresser, je déboite en braquant le volant aussitôt, je me dégage et je vois tout le monde (les occupants des 2 voitures) se mettre à hurler et à prendre un air ultra-violent.
Après coup, je crois que le fait que je déboite et que je réagisse au lieu de rester planté sur place, les a encore plus fait dérailler, peut être qu'ils ne prévoyaient pas ça, mais tant mieux !  

J'ai enclenché la marche arrière et j'ai reculé en vitesse sur 200m faisant face aux voitures qui arrivaient en face de moi (voie à double sens, en ville)
Au bout de 200 m, demi tour et je suis repartie en changeant d'itinéraire. Ils n'ont pas essayé de me suivre.

Je n'ai pas cherché à comprendre, j'ai calculé le meilleur moyen de partir et de rester en sécurité dans la voiture. Je ne vois pas pourquoi je serais sorti pour faire le mariole, ni pour leur demander bêtement pourquoi ils m'en voulaient...j'ai eu l'impression d'avoir devant moi une famille de détraqués. Ce qui m'a dérangé, c'est d'avoir eu peur ce jour là, et de me dire que j'avais paniqué, et que j'avais été lâche, mais en vous lisant, j'ai compris que c'était normal.

Une autre fois, à propos des mâles alpha :
Un soir à la nuit tombée j'allais pour louer un DVD et j'avais mis ma carte de crédit dans le distributeur.
Je vu du monde arriver, bruyants, l'air pas sympa du tout, et d'un coup à 5 m de moi 2 qui commencent à se battre au poing en se poussant dans ma direction, j'ai eu le réflexe de retirer ma carte et de partir en marchant vite, en travers de la rue et de ne plus être visible 10 secondes plus tard (cela s'est passé en centre ville, les rues ne sont pas larges)
En me retournant j'ai vu le tenancier du vidéo-club, assez bodybuildé, qui les séparait en se mettant au milieu pour les écarter, en criant "OH LES GARS  ! !!"

Je me souviens avoir pensé ensuite : "si l'un des 2 avait sorti un couteau, il aurait poignardé le tenancier, le mâle alpha..." c'était admirable dans un sens, mais moi je n'ai pas trouvé cela courageux, mais dangereux.
finalement je me suis passé de film ce soir là... ;)

Ensuite la self défense : effectivement des choses simples et faciles à retenir, voila ce qui m'a plu dans le principe que j'ai découvert sur le site "self défense neurocombat", et bien que je n'ai pas de comportement à risque (lieux, habitudes),si jamais je fais une mauvaise rencontre, mon objectif est d'abord d'arriver à :

-ne pas avoir les mauvais réflexes
-avoir au moins un bon réflexe
-si besoin savoir riposter, très vite et fort et sans faire des manières, à main nue ou avec un égaliseur (revue pliée ou spray OC)
-partir très vite

Si le même genre de chose m'arrive à pied et que je me sens coincé. Et même si j'ai été brimé et souffre douleur étant gamin, je préfère faire très mal à l'autre plutôt que de laisser quiconque me faire du mal, si je ne suis pas sûr de partir à temps. Mais je veux clairement mettre l'accent sur la prévention.


Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 12 avril 2010 à 22:08:25
Citer
Reste que si on t'inscrit au Karaté mais que partout autour, ta famille, tes camarades, tes collègues etc ne cessent de te répéter que tu es faible, il est difficile de se convaincre de l'inverse, et donc de s'investir dans un sport de combat ou du self défense si on a aucune confiance en nos capacités.

Oui absolument, et il est d'ailleurs très difficile de sortir par soi même de cette situation, qui s'auto entretien :

Au moins tu as confiance en toi et au moins les autres te font confiance,
Au moins les autres te font confiance et au moins tu apprend à te faire confiance.

L'autre est un miroir dans la mesure ou il nous renvoi une image de nous même, cet autre c'est nos semblables, nos parents, et au delà tout le corps social auquel nous appartenons.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: éclipse le 12 avril 2010 à 22:14:46
Dans les deux derniers exemples (auto, vidéo) que tu mentionnes, je trouve que tu as fait montre de beaucoup de sang-froid et d'esprit d'analyse de la situation.  :up:

D'autres seraient restés tétanisés. Auraient fait "l'autruche". Au risque d'un réveil brutal aux urgences.
D'autres, encore, auraient paniqué, "hystérisé", et fait n'importe quoi : sortir une lame et planter. Et ça se finit par une stupide tragédie.
 :)
'clips

Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Lorka-85 le 13 avril 2010 à 02:09:36
n'epemche jerome ta pris pas mal de risque en roulant  a contre sens sur 200 m, m'enfin ta bien réagit, bravo !

Jagix, merci de ton post, surtout le passage de la crainte inconsciente ou non, de la confrontation physique, meme dans un dialogue banal, qui fait que ta plus ou moins d'aisance a t'exprimer en sachant que ta confiance en toi niveau entrainement "baston"  :doubleup:

Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Jagix le 13 avril 2010 à 06:58:43
Tout le plaisir est pour moi ^^

Je rejoins l'avis d'éclipse, dans les deux cas t'as fait preuve de sang froid et d'esprit d'analyse, et je trouve que t'as fait les bons choix.

En effet c'est normal de se demander après coup si on a pas été lâche, sans doutes parce qu'on nous fout un peu dans la tête qu'être courageux c'est exploser la gueule seul et à poil à 10 personnes armées de bazooka plutôt que de trouver un moyen d'éviter l'affrontement, moi je pense que le courage c'est surtout savoir garder la tête froide dans ce genre de situations, ne pas paniquer et trouver un moyen de te barrer vite fait avant que ça dégénère.

Pour revenir sur le mâle alpha, c'est une notion assez méconnue et mystifiée, et surtout pas rigide, on parle de mâle alpha dans un groupe donné, vu que la société humaine se subdivise en plusieurs micro sociétés (milieu du travail, scolaire, rue, maison, mais on peut aussi parler de différents groupes sociaux auxquels on s'identifie ou on est confronté bikers, métaleux, rappeurs...) un mâle alpha dans un groupe donné peut ne pas l'être dans un autre groupe, ça peut même varier du tout au tout, quelqu'un qui est tyrannique au boulot peut être complètement soumis chez lui (mais on s'éloigne du sujet là). Bref ce que je veux dire c'est qu'être mâle alpha c'est pas tellement un titre global, et surtout c'est un rôle mystifié car on en a fait un grade de virilité machiste, dans l'esprit populaire le mâle alpha c'est celui qui fout trois baffes à son gosse, qui pète une dent à sa femme avant d'aller bosser, et qui terrifie tout le monde sur son chemin (un genre de Joey Starr quoi) tellement alpha qu'il se laisse emmerder par personne.

Ca c'est ce que j'appelle de la névrose autoritaire, confondre violence et harcèlement moral avec autorité est une erreur. Le mâle Alpha joue un rôle essentiel au sein d'un groupe: c'est celui qui prend les décisions et va de l'avant, c'est donc lui qui passe le premier et s'expose en cas de danger, si il fait la loi au sein d'un groupe c'est avant tout parce que les autres lui font confiance et savent qu'en cas de danger il les protègera aussi, cette partie là bizarrement elle est moins connue vu qu'elle fait moins virile .

Donc le rôle du mâle alpha est avant tout de prendre les bonnes décisions qui impliquent le groupe, et pas systématiquement de foncer tête baissée vers un danger pour montrer qu'il n'a pas peur, quand le meilleur choix c'est de fuir, il faut fuir c'est tout. Un bon mâle alpha doit aussi savoir n'user de son autorité que quand c'est nécessaire, pour moi un patron névrosé qui gueule sur ses employés et qui à la moindre erreur rejète la faute sur un autre n'a rien d'un mâle alpha c'est juste un gros complexé qui a une érection quand il gueule sur ses employés parce que ça lui permet de se sentir puissant.

Quand j'étais avec mes loups je devais impérativement m'imposer comme alpha parce qu'en cas de comportement agressif c'était impératif qu'ils m'écoutent si je leur disais stop, par contre si je visitais une centrale nucléaire j'aurais rien d'un mâle alpha je pense parce que j'aurais simplement aucune idée des bonnes décisions à prendre.

bon à 6h du matin après 2h de sommeil je dois pas être super clair alors je vais pas plus m'étendre sur le sujet ^^
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: redemsky le 13 avril 2010 à 11:24:47
J’ai eu les meme soucis que toi quand j’étais au début de mon adolescence

J’ai commencé par être tout petit tout maigre presque chétif, puis par être le bouboule de la classe  avec tout ce que sa implique (au début « le somalien » après … « eh gros sac »)

Je refusais la violence pour les même raison que toi la peur de faire mal

Désolé des mots mais j’en ai pris plein la geulle

Je ne me battais jamais j’essayais toujours de trouvé une excuse bidon ou bien de me réfugié chez la CPE

J’ai eu l’avantage comparé a toi d’avoir ma frangine qui a 4 an de plus que moi qui me défendait toujours au lieu de m'enfoncé dans mes problèmes

Et puis un jour on a touché à la seule chose qu’on n’avait pas touchée jusqu'à maintenant.

Ma famille … On a insulté mes parents (généralement sa tournais autour de moi les insultes)

Et a ce moment la j’avais énormément de soucis (le mal être ados, pas mal de décès la même année dans ma famille)
 
Je n’ai pas pus me retenir j’ai laissé sortir la violence … Et je garderais toujours cet image du type la tête en sang qui pleurait tout ce qu’il pouvait

Plus tard j’ai grandis j’ai gardé ce petit truc qui fait que maintenant on me respect pour ce que je suis et pas parce que je fais peur au autres

Certaine personnes ne jurent que par la violence et n’hésite pas a frappé dés qu’ils n’ont plus de réponse  orale

Je ne suis pas de ceux la par contre si on vient toucher a ce que j’ai, je me servirais de la violence en dernier recours

La question qu’il faut te posé c’est es que si tu avais frappé tout ces idiots qui profitent de leur position de force, tu aurais réellement été plus fort mentalement ?

Et maintenant ? As-tu changé ? es tu plus fort psychologiquement ?

Personnellement je ne pense pas que je serais le même si je n’avais pas vécu cela

PS : Mon histoire n’est pas un modèle c’est juste que je me suis un peu retrouvé dans ce que tu disais et je voulais partagé un peu mes impressions
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Bison le 13 avril 2010 à 14:04:04
En résumé :  quelqu'un a réussi à te mettre en rage!
Tu peux lui dire merci! :) :) :)
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: redemsky le 13 avril 2010 à 15:20:58
Citation de: Bison
En résumé :  quelqu'un a réussi à te mettre en rage!
Tu peux lui dire merci! {$default_smiley_smiley} {$default_smiley_smiley} {$default_smiley_smiley}

tu as tout a fait raison ;)

Bien après j'ai fait du rugby et j'ai résolut ce qu'on appelle chez les éducateur l'aspect cognitif (la peur du contact)

Maintenant j'ai plusieurs surnom les rugbyman reconnaitrons : Gros, Pilard, Anesthésiste, Buldo :D

Enfin bref :D sa m'a énormément servis
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 13 avril 2010 à 19:23:41
Le fait est que j'ai en partie résolu le problème, sur le tard, mais il me reste à acquérir un mindset un peu plus adapté à la défense.
Actuellement côté sport je fais un peu de footing, pour le cœur et le souffle surtout.
Ma question : qu'est ce qui va ressortir si un jour l'affrontement physique est inévitable ?
La réponse que je souhaite apporter rapidement, en terme de "compétence" : des gestes simples, basiques, la fameuse motricité grossière, et des comportements préprogrammés.
Ne parlons pas de couteau ou d'arme, juste de coups de poings et de pieds, parlons d'un agresseur lambda (pas un champion de Boxe Thaï).
Si j'arrive à esquiver/stopper des coups, me protéger au mieux, me dégager d'une saisie (dans le genre quelqu'un m'attrape par les vêtements au niveau de la poitrine, la saisie classique du menaçant de base  :glare:) et ne pas me retrouver parterre, riposter brièvement (5 secondes...) pour enchainer sur le genre de comportement que j'ai déjà eu (auto, distributeur de DVD) j'aurai atteint mon but.

Il me semble que les stages ACDS permettent d'acquérir rapidement de bons réflexes et un comportement adéquat, d'après les explications reçues de Patrick le système est adapté en fonction de l'individu et non l'inverse.

Tiens il me vient une idée, je crois me rappeler que dans les petites classes à mon époque, les gamins s'empoignaient, se mettaient des coups, se roulaient à terre parfois, sans inhibitions particulière, mais que ces comportements étaient ensuite punis et interdits par les enseignants, et que l'inhibition était apprise. Je ne sais pas si ma mémoire me joue des tour, mais très petit, il me semble à avoir donné ou essayé de donner des coups de poings dans la cours de récrée, mais c'était vraiment dans les petites classes, avant que je ne commence à avoir le trouille des autres (Maternelle ? CP ? CE1 ?...).

Je vais essayer, de retrouver éventuellement ça dans le grenier de mon mindset, voyons voir... :closedeyes:
Dans une malle poussiéreuse peut être., je dois pouvoir en faire quelque chose.  :-\
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: jeantroovpa le 13 avril 2010 à 21:55:45
[..] il me semble à avoir donné ou essayé de donner des coups de poings dans la cours de récrée, mais c'était vraiment dans les petites classes, avant que je ne commence à avoir le trouille des autres (Maternelle ? CP ? CE1 ?...).

Je vais essayer, de retrouver éventuellement ça dans le grenier de mon mindset, voyons voir... :closedeyes:
Dans une malle poussiéreuse peut être., je dois pouvoir en faire quelque chose.  :-\


bonne exploration et gardes la tête froide (et le coeur chaud) ;)
Titre: Re : Re : Se sentir une victime
Posté par: Eric Lem le 14 avril 2010 à 00:59:29


Il me semble que les stages ACDS permettent d'acquérir rapidement de bons réflexes et un comportement adéquat, d'après les explications reçues de Patrick le système est adapté en fonction de l'individu et non l'inverse.



Je pense en effet, que des mecs comme Pat' pourront t'apporte une aide technique et psychologique pour faire face à la violence.
De plus, l'ACDS est encore suffisemment confidentielle pour permettre un enseignement réellement personnalisé  ;D
Et Patrick est un Homme qui a "been there and done that" ses conseils sont innestimables.

Une autre source qui pourra peut-être te donner de nouvlles pistes de réflexion:

http://www.senshido.com
http://senshidointernational.blogspot.com/
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 16 avril 2010 à 19:09:27
Merci pour le lien   :)

J'ai lu l'article sur l'approche Senshido, ainsi que sur la technique du schreder.
Concernant les armes improvisées ou non, que l'on appelle souvent "égaliseurs" sur le forum, j'ai maintenant parfaitement intégré un fait :
Une arme reste le prolongement de la volonté de celui qui la détient, autrement dit il est inutile voire dangereux de brandir ou de se munir d'une chose que l'on n'est pas en mesure d'utiliser pleinement, et sans hésitation en assumant les conséquences.

90 % du travail en SD/SP concerne le Mindset : surveiller l'environnement, anticiper, détecter, éviter, ruser éventuellement, être "Aware" comme dirait un ancien champion Belge de Karaté, reconvertit en acteur de film d'actions  ;D et en dernier intégrer le fait que l'on peut un jour être amené à ouvrir la boite de Pandore et à blesser peut être gravement pour s'en sortir.
10 % seulement concerne la technique : une technique grossière et basique suffit, elle doit viser à blesser le plus vite possible et à incapaciter l'agresseur.

Si je me sens d'aborder ces aspects, y compris celui de la technique défensive et d'employer certains égaliseurs (revue, bâton, spray OC) l'aspect désescalade me semble pour moi inabordable en situation très critique, face à une personne très menaçante et en situation stressante. Je ne me vois vraiment pas en mesure de gérer cet aspect, je préférerais fuir si je peux ou démonter l'agresseur.

Je vois aussi que beaucoup d'agressions dans la rue sont des "mass attacks" : 5 à 10 personnes attaquent une personne seule.
Existe t'il un drill abordable pour un débutant comme moi, basé sur l'esquive, le mouvement, la fuite et éventuellement une frappe de dégagement ?

Quel égaliseur peut être salutaire en pareille circonstance ? Fred Perrin présente le spray comme une bonne réponse dans ce cas
(je parle du livre "autodéfense au spray")
Évidemment, cela dépend du degré de violence et de détermination des agresseurs, parlons ici d'agresseurs désorganisés, opportunistes et à la détermination très inégale (ceux de la vidéo du bus RATP par exemple).

Pour faire un parallèle avec le secourisme que je connais bien et dans lequel j'ai eu une réelle expérience, je voudrais arriver à l'équivalent de l'AFPS (ou PSC1) en SD. On apprend toujours à traiter 1 atteinte chez 1 victime sans évolution, pourtant, lorsque on est confronté à un accident avec 3 ou 4 blessés légers et beaucoup de tôle froissée, avec beaucoup de sang froid on peut s'en sortir aussi en ayant quelques bons gestes et attitudes, au besoin avec un égaliseur qui sera ici : la trousse de soin, le téléphone, le triangle de signalisation et la veste.


Jérôme


Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Gros Calou le 16 avril 2010 à 19:49:03
Salut Jérôme ah ah !

Tu commences a comprendre des choses et ont sent que ton envie d'accepter certaines choses et d'apprendre commence à te triturer les méninges. C'est bien  :up:

l'aspect désescalade me semble pour moi inabordable en situation très critique, face à une personne très menaçante et en situation stressante. Je ne me vois vraiment pas en mesure de gérer cet aspect, je préférerais fuir si je peux ou démonter l'agresseur.

Faux ! C'est comme le reste, cela s'apprend  ;) Gérer le stress lors d'une agression est qq chose de vraiment difficile à moins d'y être confronté tout les jours et même habitué, un jour une nouvelle situation te déstabiliseras. La désescalade est très importante car cela peux t'ouvrir des portes justement vers la préparation de ta fuite, ou te donner les atouts pour "démonter" ton agresseur. Cela fait partie de ta caisse à outils, il ne faut pas la sous estimer. Il faut comme pour toute technique t'entraîner à la désescalade.

Une technique grossière et basique, je ne dirais pas ça, je dirais plutôt une technique simple, efficace et éprouvée.

Mais bon arrêtons nous là, tu viens le 24 chez Pat et tu verras que cela une fois bien démontré, expliqué etc... T'ouvres un horizon et les cartes vont tomber une à une, j'espère que si tu es de la région, que tu pourras continué à fréquenter les cours de Pat. Que du bonheur  ;)

Concernant le Senshido, je veux bien te faire voir ce qu'est le Shredder, mais bon c'est comme pour le reste, c'est un concept entier et il faut bien intégrer certains fait, tout match de foot commence par une séance de tableau noir.

Au 24  ;)

Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: sharky le 16 avril 2010 à 19:51:25

Jérôme, tu verras que la désescalade est beaucoup plus facile quand tu auras acquis quelques compétences du genre VRM, CPCR etc ;#... C'est un peu du jargon mais tu comprendras après ton 1er stage ACDS.
Enfin, c'est comme çà que je vois les choses maintenant.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Gros Calou le 16 avril 2010 à 19:53:10
Tafdak avec Sharky, il faut y goûter et voilà, la soupe est trop bonne, surtout avec tes attentes  ;)
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Billyboy le 19 avril 2010 à 00:07:01
La pression social nous rend parfois la vie dur. A chacun de trouver la force de lui resister voir de l utiliser.

je veux juste rebondir sur un truc qui m a titiler dans le file...

Bison quand tu parle de ton petit fils adoptif en disant qu il est soupe au lait et qu il ne sera jamais un mal alpha lol....moi ca me derange...c est sur certain naissent avec la niak d autre pas......mais pour certain elle s acquiere avec le temps....par soi meme, avec les experiences de la vie pour les plus chanceux et par drill pour certain dixit je pense a un reportage sur les royal navy anglais  :D ou tu vois des mecs zero, des gros limacons.......se transformer et devenir des guerriers....bon exemple a deux balles peut etre...

mais je trouve que de dire d un gosse de 5ans que ca sera jamais un battant c est le foutre deja dans la m.... sans vouloir t offenser.

c est en tout cas ce qui a manquer a pas mal de gosse de ma generation et surement de bien d autre.... dont moi meme et quand je regarde autour de moi.....j ai l impression qu un max de gens on un pottentiel gacher enorme.....apres y a ceux qui essai de limiter la casse....mais y sont pas nombreux.

Alors encourager le ce gosse et ca deviendra peut etre un super battant....ou pas lol mais c est pas a vous de le decider.....
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Bison le 19 avril 2010 à 09:52:39
Salut BillyBoy,

Ne t'en fais pas, je ne décide rien ... simplement je préfère un prognostique prudent :  on sera bien content si on arrive à en faire un mâle "normal" - sans avoir l'ambition d'en faire une bête de guerre! Donc sans le forcer dans une direction qui ne semble pas être la sienne, au risque de l'enfoncer d'avantage.

Pas de sport de combat pour commencer donc ... Quand il aura acquis la connaissance de son corps (muscles, équilibre, dynamique des mouvements) ... alors, oui on verra. On a tout le temps  :D

En temps que chef scout d'abord, puis en temps d'instructeur, j'ai suffisemment "récupéré" des cas difficiles, voire des cas "impossibles" que pour savoir que l'on est jamais à l'abri d'une bonne surprise.

J'ai vu ainsi des jeunes ados tout molassons attraper la niak à un moment donné et devenir des "pointures" dans la vie.

J'ai donné cours de rattrapage en mathématique à un gamin qui est devenu ingénieur. Mon vieux copain dernier de classe est devenu une sommité en médecine, après avoir d'abord abandonné ses études à 20 ans. Mon fils ainé était à la traîne dans le secondaire, jusqu'au moment où il est tombé amoureux ... etc.

Je connais un peu une recette :  il faut qu'à une certain moment il y ait une sorte de révélation, une possibilité de succès, et puis une confirmation ... et alors on voit se libérer une énergie folle à récupérer le temps perdu!

Fangio, Senna ... étaient des gosses chétifs et plutôt mal dans leur peau.

Ceci dit, il y a quand même une part d'inné. Beaucoup de cas de succès spectaculaires résultent justement de la révélation soudaine de capacités innées qui avaient jusque là été bridées par l'environnement familial ou éducatif, voire par la maladie.

Pour le petit fils en question, la famille fait le maximum pour combler en quelque sorte la faiblesse, et en même temps pour chercher l'activité, le domaine d'intérêt ... qui va motiver le gosse à se dépasser.

Finalement, c'est celà, l'éducation - au moins en grande partie!
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Billyboy le 21 avril 2010 à 18:02:13
Me voila donc rassure  ::) apprend lui deja tout ce que tu sais et je pense qu il partira plus que bien dans la vie  :doubleup:

Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: zapi le 21 avril 2010 à 21:18:50
moi aussi j'ai attendu qu'un mec me fasse chier assez pour pouvoir vraiment lui peter la gueule, il est pas venu, mais j'ai appris que la politesse et un sourire rendaient les gens plus coopératifs qu'un ton excedé et menaçant, quand a avoir un collegue timide, craintif, loyal, et fiable ça ne me dérangerait pas plutot qu'un gars sur de lui et dont les dents rayent le parquet. c'est vrai que les parents font des erreurs et ça permet aux ( vieux )enfants de ne pas se sentir seuls responsables de leurs faiblesses. Et puis on est obligé de se prendre en main, pas de devenir le numéro 1 mais de ne plus etre le dernier. un grand sourire chaleureux et sur de lui, un regard dans les yeux franc et direct et dire d'un ton vaguement étonné " y a un problème ?" ou s'excuser " désolé hein ! ". Trouver des égaux, des pairs qui pensent comme toi et qui te respectent comme tu as envies de les respecter: un cercle d'amis . ça fait beaucoup pour la confiance aussi. ( et une ou deux sceances du muscu et de sport de combat, pas pour devenir rambo, mais pour dédramatiser un éventuel conflit physique)on a tous nos faiblesses.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: urakhan le 24 avril 2010 à 12:50:08
@jagix : Super ton explication/démystification, je n'entendrai plus parler de mâle alpha de la même manière.

Concernant le fait d'être victime, je pense que c'est lié à l'intelligence émotionnelle. ( Vous savez, le QI n'expliquant pas le succés, on a essayé de trouver une autre mesure et dans notre société ->expérimentalement, les chances de succés sont liés à notre intégration dans la société -> d'où l'intelligence émotionnelle).

Mais contrairement au QI qui est relativement déterminé, le QE (quotient émotionnel) lui peut changer. Evidemment ce n'est pas un truc que les leaders vont amener dans la discussion, avoir des gens plus fort, rend la tâche de leader plus difficile. 

Une des méthodes : Faire des choses de plus en plus dures vis à vis de soi ( attention de ne pas commencer trop fort ) et accroitre ainsi son QE.

"Rien n'est donné, tout est construit" Bachelard.
Titre: Re : Se sentir une victime
Posté par: Le-Jerome le 26 avril 2010 à 11:56:49
Salut  :)

Mes impressions du stage ACDS à l'Isle sur sorgue du samedi 24 avril
C'était réellement intéressant et concret, j'y ai appris pas mal de choses et j'en suis reparti avec un réel plus.
Si l'on n'a pas la réponse à toutes les questions, on sait en revanche lesquelles se poser.


Beaucoup de concret et de pragmatisme dans l'approche aussi.

Et surtout COUTEAU = DANGER  :o

J'ai eu aussi la confirmation que sous certaines conditions personnelles (mindset, condition générale, préparation) on n'est pas si faible si on a vraiment décidé de ne pas l'être.
Patrick m'a parlé de cours le samedi matin, je vais lui communiquer mes disponibilités pour le mois de mai, je souhaiterais y participer afin d'aller un peu plus en avant dans l'efficacité.

Voila, un bilan très positif donc, hormis les courbatures le lendemain  : :-\

Jérôme