Bonjour à tous
Alors voila, pour autant que je sache, le sujet n'a pas été ouvertement débattu.
Dans ma présentation, j'ai parlé du fait que pendant longtemps j'ai eu une tête à recevoir les claques. dans le but d'aider à la compréhension de ce qui fait qu'on en arrive là, j'aimerais parler de mon ressenti, sur la question.
Gamin ou ados, j'ai toujours eu de l'admiration pour celui qui était capable de se défendre ou de se faire respecter, car moi je n'en étais pas capable, à vrai dire l'idée même de donner un coup ou de le rendre me faisait peur.
Il suffisait que n'importe qui vienne essayer de me faire peur pour que je panique immédiatement, et beaucoup ne s'en sont pas privés.
Ce que je ressentais, c'était d'abord la peur de me défendre, de faire du mal, de blesser, pour moi la violence c'était une grande inconnue.
Je crois que j'avais autant peur de MA violence que de celle des autres.
La simple idée de me défendre me terrifiait, et en même temps j'en avais honte. Jamais je n'aurais eu la cran de mettre un coup de poing dans la figure de quelqu'un.
Quand j'essayais de ne pas me laisser faire, je n'étais tout simplement pas crédible, j'avais aussi l'impression que l'autre était systématiquement plus fort que moi.
Je pense aussi que le manque de confiance en soi (du vécu), chez un enfant ou un ado, le met rapidement en état de désavantage.
Tout ceci pour en venir où ?
Je crois que dans mon cas, j'ai intégré une vision du monde totalement terrifiante, ce que les autres ont ressenti ensuite.
Être craintif, ça s'apprend, et ça s'apprend bien !
Ajoutons à cela l'éducation qu'on vous donne :
"Poli et gentil : ça passe partout"
Ensuite, je me souviens avoir essayé de trouver un mode de fonctionnement dans lequel, il me fallait absolument tout faire pour gagner l'affection de l'autre, pour attirer sa sympathie, et donc sa pitié, en devenant volontairement ridicule pour amuser, être drôle et transformer la violence physique subit en "simples" moqueries.
En fait, dans ces cas là, je n'osais pas me défendre, de peur trop prendre, de perdre, d'être blessé.
On vous frappe : vous pleurez, vous ne savez pas quoi faire. En revanche le sentiment de honte fait à la limite plus de mal que les coups, dans ce cas de figure.
Après quand à l'école on se reçoit quelques coups de pieds/coups de poing/bousculade/brimades/gifles etc... on se dit :
ça m'est arrivé cette fois, donc je suis tranquille pour un moment maintenant.
Ajoutez à cela un physique très peu dissuasif à cette époque. En grandissant cela donne un adulte plutôt peureux, soumis, qui en cas de conflit va tout faire pour obtenir la compassion de l'autre, fut il le pire individu. Dans la rue, les BG sentent que vous avez peur.
Pour moi il y a la victime qui n'a pas peur du tout, parce qu'insouciante, imprudente, voire inconsciente : je ne suis pas dans cette catégorie.
Et puis il y a l'autre extrême : la personne qui se méfie de tout, qui a peur et imagine souvent le pire, et chez qui les BG détectent la peur, la faiblesse, la soumission.