Vie Sauvage et Survie
Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu naturel => Discussion démarrée par: Espadon le 06 novembre 2009 à 19:48:06
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Bonjour à tous. Je suis Humanitaire à l’Est du Tchad depuis 6 mois. Je vous présente à l’occasion (d’une connexion en ville) mon Kit de Survie et mon EDC.
Les risques majeurs que j’encours sur le terrain sont :
- L’attaque de convoie de véhicule, avec vol des véhicules et bagages, et risque que ce soit associés à un kidnapping des passagers vers le Soudan
- Conflit Armée entre les militaires Tchadiens et la rébellion (= évacuation d’urgence si possible)
- Accident de voiture, ou crash d’avion (que j’emprunte deux fois par semaine environ)
- Attaque de la base ou je vie (= village de 200 habitants et 6000 déplacés Tchadiens). Risque de braquage pour le coffre, et moyen de communication.
- Risques classiques liées aux voyages à l’étranger : problème de santé, petit banditisme, militaire bourré en ville, quand j’y suis…
Les priorités dans mon cas sont :
- Boire (il fait très chaud) pour éviter la déshydratation
- Pouvoir parcourir une longue distance à pieds pour rentrer à ma base ou joindre un point pour prévenir des secours (= orientation)
- Possibilités de devoir passer une nuit dehors si les secours ne sont pas arrivés de jour
- Me signaler
- Soigner ou stabiliser des blessures graves (armes à feu)
J’ai essayé de réfléchir à toutes ces hypothèses et d’adapter mon kit en fonction.
J’ai repris le concept de l’habillement multicouche utilisé en randonné et j’ai essayé de penser mon équipement comme cela. C’est pour cela que certain article sont redondant. Mon EDC n’est pas seulement matériel mais il doit aussi inclure les vêtements (pantalon multi poche, chemise a poche, veste sans manche, chaussure trail pour pouvoir effectuer de longue distance si je doit rentrer a pieds, bonne chaussette, chapeau, lunette…)
En gros si je me fais piquer mon sac, il me reste mon kit, planqué sur moi. Si les agresseurs le découvre, il me reste quelques trucs et ma ceinture en dernier recours.. Le souci majeur c’est que dans les attaques de convoi que nous avons subi, les agresseurs prennent parfois le temps de fouiller tout le monde… à ce moment là, le kit ne sert plus a rien car il me sera pris. Ils partent parfois avec les chaussures. C’est la mon problème face à ce risque.
Ceinture à large Zip ( Vieux Campeur)
- Duc Tape
- Mini Lame Boker
- Ficelle
- Compresse
- Compresse désinfectante
- Passements
- Mini fire-steel
- 2 Ziploc
- Pastille désinfectante Micropur pour l’eau
- Carte des numéros d’urgence
- Argent en monnaie locale
- 2 épingles à nourrice
= Boire, Faire du feu (signalisation ou passer une nuit dehors), soin de quelques blessures légères. C’est vraiment le matériel en ultime recours.
[(http://[img])[/img]
Kit de survie
Pochette Holster en coton (Planqué sous mes vêtements)
- Carte plastifié détaillé au 1 /200 000 de ma zone d’intervention
- 1 mini boussole
- 1 Sifflet
- 1 miroir souple
- 1 gourde souple Platipus 1 L
- 1 Ziploc 1L
- 1 plaquette Micropur
- 2 filtres à café
- 1 serviette hygiénique
- 1 tampon
- 1 barre de nougat et deux bonbons
- 1 mini briquet Bic
- 1 allume feu dans un tube de comprimé
- 2 épingles à nourrice
= Boire, Faire un feu, se signaler, stopper une hémorragie, s’orienter, sucre pour avoir de l’énergie ( = tenir ou marcher pour rentrer)
(http://)
SUR MOI
- Pantalon multi-poches, chemise, veste sans manche
- Chapeau ( Bob Decath)
- Lunette de soleil
- Badana Rose
- Porte monnaie (= Argent, carte recharge de portable (en ville seulement !))
- Documents important : copie de mon passeport, copie du Visa, ordre de Mission de mon ONG, laisser passé Tchadiens, Carte d’Assurance/ rapatriement, N° de téléphone d’urgence, Carte de Groupe Sanguins, Permis de conduire internationale, Carte de Recharge Thuraya ( Téléphone Sat), Enveloppe Secu ( = argent de secours donné par l’ONG)
- Carte d’identification perso
- Couteau Caterpillar ( pas cher, solide et bien coupant)
- Duc Tape
- Briquet Bic
- Gel désinfectant pour les mains
- Montre casio (plus basique tu meurs !)
- Kleenex
- Carambar (selon appro sur base Française)
- Collyre pour les yeux
Tout ceci est répartis sur moi dans différente poche.
(http://)
Sac « North Face » Recon
(que je conseille au passage, excellent sac, très bien pensé)
- 1 gourde Nalgéne 1 L
- 1 Gourde « bouteille de jus de fruit » 1 L, amélioré
- Radio HF Motorola
- Mini Chèche
- Carte 1/200000
- Lampe Frontale Tikka Plus ( génial)
- Café, Sucre et sel dans un min Ziploc
- 2 barres de patte de Sésame ultra sucré (acheté localement)
- 1 Carnet avec beaucoup de renseignement utiles (Code Radio, Parcours de convoie, N° de Téléphone…)
- 1 carte du pays IGN
- Téléphone portable (basique avec lampe intégré), + chargeur (si possibilité de trouver une zone de réception)
- Leatherman Wawe ( 10 ans déjà)
- Couverture de surive
- Mini guide de survie
- Kit Medoc et Kit Bobo dans un ziploc ( contenu détaillé plus bas)
- Trousse Bricolage : Briquet Bic, Œuf du Boss, 10 m de paracorde, Duke Tape, Collson, ficelle nylon, fil de fer, tampon, fil et aiguille,
- Stylo et Surligneur°
Ce sac emporte aussi, mon ordi, appareil photo, dossier de boulot…
(http://)
Mini Kit Médical :
- Spasfon
- Immodium
- Ercefuril ou équivalent
- Ixprim (anti douleurs modéré a fortes)
- Propofan
-Aerius ( Antisthaminique =allergie)
- Compresse
- Serviette hygiénique
- Tampon – Préservatif
- Scalpel
- Désinfectant
- Collyre pour les yeux
- Epingles a nourrice
- 2 comspeed
- 1 paire de gant jetable
- 1 Coalgan
- Pansement a découper
- 2 doses Bétadine
- 1 bande
- Stéstrip
(http://)
Evacuation :
En cas d’evac je rajoute dans mon sac :
- Un pull Polaire
- Vêtements de rechange (tee shirt, slip, chaussette)
- Mini trousse de toilette (Savon, brosse a dent, dentifrice, deo)
- Poncho à deux balles
- Piles de rechange pour frontale
- PQ
- Clé USB, avec Scan de mes docs
- Shemagh local
- Un peu de bouffe (biscuit de campagne, paté, miel…, ce que je trouve..)
Voila pour la présentation, merci de vos conseils avisés…et toujours motivés pour la création d’une rubrique « Humanitaire/ Voyage à l’étranger ».
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Quelques difficultés a mettre s les photos. Voici la suite. ;D
(http://)
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Salut
Merci pour ton post, ta liste et les photos.
Le Tchad, t'es courageux. ;)
J'etais en mission dans un pays un peu plus calme et un peu moins chaud...
Quelques idées
J'avais toujours ma gourde souple msr 6L avec moi dans le sac. L'avantage on module, on rempli en fonction des besoins. Elle ne prend que la place liée au volume d'eau qu'elle contient...
Une 2e batterie pour ton téléphone et une pour ta vhf motorola gp te sera utile en cas d'urgence...
Si tu veux gagner un peu de place, savon gel à mettre dans un contenant plus petit.
pharmacie, un flacon d'HE Tea tree, remplace pas mal de medoc et la bétadine, ca soigne large, inconvenient c'est en verre (faut enrouler dans du scotch ou dans un tube pour éviter casse eventuele) .
je te recommande HE Helychrise pour les hematomes/entorse/fracture/brulures ...
J'avais toujours un vrai pansement compressif (en emballage etanche) dans la poche de ma veste
et un kit minimaliste en pochette étanche au format A5). :)
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Bandana Rose, Kleenex, Carambar, Serviette hygiénique,
Tampon, Préservatif……….C est sympa tout ca mais avec les risques encourus je pense que tu devrais rajouter quelque chose qui arrêtes les balles et une autre qui arrête ceux qui les tirent, je ne pense pas que se soi de la gourmandise.
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Bandana Rose, Kleenex, Carambar, Serviette hygiénique,
Tampon, Préservatif……….C est sympa tout ca mais avec les risques encourus je pense que tu devrais rajouter quelque chose qui arrêtes les balles et une autre qui arrête ceux qui les tirent, je ne pense pas que se soi de la gourmandise.
Je ne suis pas sûr qu'un gilet classe III ou IV ainsi qu'un glock ou P222 soient très bien vus par les employeurs sans compter les risques pour l'humanitaire en cas de contrôle/barrage... Cà sent le procès au mieux ou l'execution sommaire au pire:"On a trouvé un espion du (mettez ce que vous voulez)".
Stéphane
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Bandana Rose, Kleenex, Carambar, Serviette hygiénique,
Tampon, Préservatif……….C est sympa tout ca mais avec les risques encourus je pense que tu devrais rajouter quelque chose qui arrêtes les balles et une autre qui arrête ceux qui les tirent, je ne pense pas que se soi de la gourmandise.
Sur le principe de ne pas être à poil, je suis plutôt d'accord avec toi (on en a déjà discuté)... ceci dit, la meilleure ligne de défense des humanitaires est, et sera toujours, leur neutralité. S'ils tirent sur un mec, même si c'est en défense, ils perdent de facto cette neutralité là : ils ont tiré sur un mec, le mec appartient à une des parties au milieu desquelles ils circulent et travaillent. Concrètement, ça peut vouloir dire que 25 ou 50 des collègues humanitaires vont être capturés/exécutés en représaille... et fort probablement ça signifie la fin des sauf-conduits, et accords signés entre les représentants des humanitaires et toutes les parties en présence... Des fois les gens sont très cons.
Après, un classe IV c'est neutre... mais c'est un peu lourd à trimballer quand il fait 45°C. Et un classe III ça arrête pas le 7,62x39 ;)
Ciao ;)
David
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Effectivement vu sous cette angle un gilet assorti d une arme c est peut être pas la meilleur idée. :akhbar:
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Salut,
ton kit est bien fourni, j'espère que tes collègues suivent ton exemple...
je suis actuellement en RCA au nord du pays, je te recommande des vêtements chauds, les nuits sont vraiment fraîches. Le problème des chaussures est difficile à résoudre et là je n'ai pas vraiment de solution, à part s'entraîner à marcher pieds nus...
Bon courage
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Effectivement vu sous cette angle un gilet assorti d une arme c est peut être pas la meilleur idée. :akhbar:
TACTIQUEMENT c'est une excellente idée. STRATEGIQUEMENT, non. C'est Kilbith qui m'a expliqué la différence y'a deux ans. Encore un truc qui vient de lui ça...
David ;)
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la communication est ta meilleure protection. les personnes qui pillent les humanitaires le font essentiellement pour l'argent ou pour le matériel qu'ils vont récupérer. ce qui les intéresse le plus, ce sont les véhicules.
une arme ou un GPB te feront courir plus de risques pour ta vie.
la rencontre avec les "rebelles" est une situation qui faut prévoir, mais tu m'as l'air bien préparé...
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Salaam Espadon,
Super ton post! La configuration de ton kit à l’air très solide. J’aime bien ton concept de l’habillement multicouche aplique a la survie que j’ai moi-même adopté pour ce genre de scenario qu’on peut trouver sur le terrain. J’étais base a Khartoum pendant 2 ans il y a quelques années, je connais bien El Fasher et Nyala ou j’imagine que le climat, végétation et le peuple se ressemblent beaucoup a ceux que tu dois trouver du cote Tchadien.
Voici mes commentaires :
1.- Priorités: De paire avec le besoin d’hydratation il faut se protéger du soleil (ça brûle!) et de la chaleur. Je suppose que tu portes des vêtements adéquats et qui peuvent couvrir les extrémités. As-tu envisage d’inclure un petit tube de lotion solaire (protection maximale)? Le chèche est fantastique, tant pour se protéger du soleil comme du froid la nuit, et en cas de besoin on peut l’utiliser comme sac banane pour le porter des trucs. Pour la réhydratation, les sachets de réhydratation orale sont très efficaces. J’en porte toujours deux ou trois quand je suis dans le désert ou les tropiques. Puis sur moi ils ont le même effet que l’Immodium pour stopper la diarrhée.
2.- Ceinture a large zip: J’ai vu plusieurs modèles mais je ne jamais trouve celui qui me satisfaisait. Ainsi, et en me disant qu’en cas de kidnapping on risque de se faire piquer la ceinture et tout ce qui va avec, j’ai décidé un moyen alternatif pour porter le strict minimum sans que cela se voie. Une petite pochette que l’on accroche à la ceinture et portée l’intérieur du pantalon. En cas de vrai pépin ou on me pique la ceinture, je peux réussir à garder la pochette (si besoin a l’intérieur du slip pour éviter qu’elle soit découverte). C’est assez discret, pas gênant et sans me donner l’aspect d’un torero a l’entrejambe!
Voici, grosso modo, le contenu de ma « pochette de survie » :
- Spyderco LadyBug (je suis en train de le remplacer par un Benchmade Mini-Griptilian, le LadyBug n’est pas costaud)
- Aiguiseur en poudre de diamant format carte de crédit
- Duct tape
- Corde nylon, 7 mètres x 1.5mm
- Mini lanternne (Photon light)
- Mini boussole
- Sifflet (Fox 40)
- Petit briquet BIC & amadou (Tinder-Quick)
- Pastilles Micropur
- 2 pochettes ziploc
- 3-4 pansements
- Billets argent local
- Contacts d'urgence
- Carte geographique decoupee
(et il me reste encore un peu de place pour ajouter qq petit truc en fonction du terrai, par ex. hamecons...)
3.- Poids de l’ensemble du kit: As-tu une idée du poids de chaque kit? Moi j’aime bien le peser, le porter, questionner l’utilité de chaque objet et tôt ou tard j’arrive à enlever quelque chose qui finalement je trouve accessoire… Dans ce cas, par exemple, je ne porterai pas de kleenex mais j’aurai un bandana ou deux (réutilisables, plusieurs utilités, etc). Par contre, je suis d’accord, le Carambar ou autres bonbons ont une valeur au delà de leur apport calorique, ca aide à remonter le moral quand ça ne va pas.
4.- Orientation: La connaissance du terrain est un atout essentiel, ca va de soi. On a la possibilité de prendre meilleure connaissance du terrain dans une longue mission de plusieurs mois et l’idéal serait développer une mémoire visuelle de la région pour ne pas dépendre d’une carte, mais ceci n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’il y a restriction de mouvement. Pour ce qui est de la carte géographique, je trouve qu’en général les cartes du pays à grande échelle ne sont pas très utiles et prennent pas mal de place, et il est difficile de trouver des cartes a echelle plus limitee pour certaines regions. Ce que je fais, c’est de découper la carte pour pouvoir la mettre dans ma « pochette de survie ».
Et puis je suis d’accord avec ce qu’a été déjà dit concernant le port d’arme ou matériel militaire par les humanitaires. Apprendre la langue, histoire et coutumes locales peuvent être plus efficaces et c'est plus intéressant, je trouve.
Bonne continuation !
inaki
(Je n'arrive pas a poster ma photo, je re-essaye demain...)
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4.- Orientation: La connaissance du terrain est un atout essentiel, ca va de soi. On a la possibilité de prendre meilleure connaissance du terrain dans une longue mission de plusieurs mois et l’idéal serait développer une mémoire visuelle de la région pour ne pas dépendre d’une carte, mais ceci n’est pas toujours évident, surtout lorsqu’il y a restriction de mouvement. Pour ce qui est de la carte géographique, je trouve qu’en général les cartes du pays à grande échelle ne sont pas très utiles et prennent pas mal de place, et il est difficile de trouver des cartes a echelle plus limitee pour certaines regions. Ce que je fais, c’est de découper la carte pour pouvoir la mettre dans ma « pochette de survie ».
C'est une des utilisations stratégiques d'un GPS : pouvoir se faire ses propres cartes en récupérant les traces des itinéraires qu'on a l'occasion de parcourir. Si en plus on a la possibilité de varier les itinéraires, et de reconnaitre les voies d'évacuation envisageables, on a rapidement une cartographie des pistes utiles et des points importants.
L'emploi d'un logiciel sur PC ou PDA est un plus (édition des traces, superposition d'une photo satellite, édition sur papier), mais ce n'est pas obligatoire.
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Salut !
J'ai à peu près les mêmes kits, même si ça craint quand même moins au Kenya.
Deux questions à propos des médocs :
- Pas d'antibio à large spectre ?
- (et surtout) rien contre le palu (en curatif, Coartem : pas cher, local, ultra efficace ; en préventif, au moins du répulsif) ?
Perso, j'ai mis mes copies de papier dans l'EDC. Très pragmatiquement, j'ajouterais un paquet de cigarettes. Moi, je suis une fille, je ne peux pas me permettre de fumer ou de proposer des cigarettes, mais Chéri a désamorcé une ou deux situations bien tendues comme ça. Pour le mini bic, il faut qu'il soit européen et pas local, le briquet, parce que sinon, on pleure assez rapidement. Je doublerais du coup avec des petites boites d'allumettes super faciles à trouver sur place.
D'expérience, ne pas se limiter à une paire de gants de latex. Ca pèse rien, on peut bien en prendre trois ou quatre. D'une part parce qu'on les utilise toujours plus vite et plus souvent qu'on ne croit. Et aussi parce qu'ils se trouent assez facilement.
Dernier truc qu'on a, au cas où : 200 dollars en liquide évidemment pour le cas où il faut payer quelques pots de vin.
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Salut !
En réponse au questions qui me son posées :
- Pas d'antibio à large spectre dans le kit non! J'en ai dans ma pharmacie sur ma base opérationnel, au cas ou...
- Pour le pallu ... j'ai le traitement sur moi en saison des pluies pour le préventif (Doxicycline dans mon portefeuille) et sinon j'ai le curatif (malarone) dans le petit kit. J'ai peut être oublié de le mentionner !
- Pour les gants j'ai trouvé que ça en partant.. mais en effet vu le poids ca vaut le coup de tripler l'item.
- Pour les clopes oui en effet, tu as raison, c'est parfois un bon laissé passé....je vais en acheter.
Sinon j'ai toujours du fric sur moi l'équivalent de 350 euros (200 000 Cfa ) planqué un peu partout = enveloppe secu, portefeuille, ceinture a zip, le tout étanchéifié au duc tape.
Je te confirme que j'ai des Bics européen, les briquets locaux en provenance de chine sont nase à souhait...
Coté crème solaire, j'en ai pris un tube que j'ai jamais utilisé. J'évite les expositions au soleil , dans le pire des cas, c'est manche longue et chapeau... je préfère me couvrir que de me tartiner....
Pour ne rassurer personne, l'humanitaire à du mal avec la gestion de la sécurité, l'ordre, l'organisation et la survie.. Autant dire que je n'ai vu personne pour l'instant avec ce genre de kit dans mon entourage, et comble de tout les seuls avec qui je peut parler de ça, sont des militaires ou des officiers de secu UN.... Même si on est pas du tout sur la même planète y a des trucs a prendre et apprendre et a laisser aussi.. un peu comme sur ce forum en fait ! Comme je suis ici avec ma compagne, j'ai petit a petit réussi a la convertir...On avance doucement. Elle a un petit sac avec deux, trois truc utile...même si, quand elle voit le nom de David Manise ( en référence au forum, pas au gros manitou en chaire et en os) elle se marre bien...!!!
INAKI, j'attends tes photos en effet.. ton kit ressemble pas mal au miens !
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Oui je dois admettre que ça fait du bien de parler avec des gens qui ont les mêmes problèmes de sauvetage de peau éventuel en pays chaud (quoique, le Kenya, en saison des pluies...) !
Pour les sous, effectivement, 200 000 ça me paraît bien. Perso, ça me rassure d'avoir des dollars parce que je sais l'impact psychologique que ça peut avoir sur un mec énervé et avide de fric. Et puis je suis pas dans la zone CFA, on peut donc pas se permettre de donner des shillings kenyans à un ougandais en lui disant d'aller au bureau de change le plus proche...
A part ça, je pige assez mal effectivement le manque total de préparation des humanitaires sur le terrain. Ils imaginent qu'ils auront toujours un lien avec la base. Et il traîne un sentiment assez commun quand on est expat', c'est que des choses inimaginables chez soi (comme faire de la moto sans casque) sont parfaitement acceptables ailleurs (parce que c'est bien connu, les routes africaines sont plus sûres que les routes européennes...).
Bref, à la maison, c'est moi qui tente de convertir Chéri à l'EDC et au BoB. Ca doit être parce que je suis le cerveau de ce couple ;# C'est moi qui les prépare. Lui, il gueule (que ça coûte un bras, etc.) mais il est le premier à trouver ça hyper pratique quand MOI j'ai le tournevis qu'il faut ou de quoi faire tenir la moustiquaire... ::)
Plus sérieusement, je me demandais quelles étaient tes capacités de ravitaillement. Seulement par base expat ou aussi en local ? Des pénuries ? On en avait beaucoup au Niger (Zinder) mais carrément pas au Kenya.
Autre question : celle de la protection personnelle. Es-tu armé ? Pepper spray ? Ou tout ça est trop visible et donc dangereux ?
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Et voici la photo, j'espere...
Je crois qu'il s'agit s'une pochette Simblissity mais je ne me rappelle plus et je ne peux pas le verifier car la premiere chose que j'avais fait en l'achettant etait d'enlever l'etiquette cousue...
Le couteau suisse et le telephone vous donnent une idee de la taille.
(http://img17.imageshack.us/img17/7233/pochettesurvieceinture.th.jpg) (http://img17.imageshack.us/i/pochettesurvieceinture.jpg/)
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Lily,
Et oui sauver ça peau au fin fond de la brousse n'est pas chose facile. Je me suis fait (hélas) à l'idée de devoir me démerder seul, vue les capacités de réaction de l'ONG pour laquelle je bosse, voir même les Nations Unis... qui sont ici à coté de la plaque, en sous effectif, ne connaissant pas la zone, et sous équipé.
Question ravitaillement on se fourni sur le marché local ou les environs pour la bouffe, et certaines partie des programmes ( matériaux, semence) , sinon c'est sur Abéché (ville). Pour le matos technique (communication, ordi etc..) c'est l'Europe. On arrive a trouver ce qu'on veut, le plus dur c'est le délais de livraison sur site...et une équipe log à la rue...
Coté sécu perso, c'est un peu mon point faible. J'ai rien, à part ma stature ( 1M83 et 85 kilo), et mon sens de l'humour qui m' a valus un bonne intégration auprès des équipes que je dirige. Ils me font confiance et savent que c'est moi le patron ( dans le bon sens du terme). Du coup c'est encore ma meilleur protection.
Même si ca suffit pas, un pote expat a failli se faire poignarder par un chauffeur mécontent. Ils ont le couteau facile ( et long).
En bagnole j'ai l'intégrale d'AC/DC, ca protège des attaques , quand tu l'écoutes à fond.... personne ne viendra t'embêter..... :doubleup: Je déconne en voiture je suis concentré sur la route et sur ma radio....
Après quand tu te fais braquer en brousse par des hommes en Kalash et lance roquette ( ce qui nous est arrivé), tu baisses les yeux , tu donnes tout, et tu pris pour que la roquette ne parte pas.
Ma copine a été kidnappé avec son staff il y a deux mois, heureusement le braqueur ne savait pas conduire. Il a fait 4 tonneaux avec le véhicules et les passagers. Il y avait des roquettes dans le véhicules. Cet accident leur a surement sauvé la vie il serait surement otage au Soudan à l'heure qu'il est. Il n'y a eu que des blessés léger ( une hanche déboité pour le plus mal).
par contre pour les agréssions en ville par exemple, je pense en rentrant en France investir dans une Bombe au poivre et je pensais aussi a une matraque télescopique, mais ca fait peut être beaucoup. C'est volumineux et lourd. Le problème, c'est le passage dans les aéroports...Je suis preneur de conseil sur cet item.
Lily, je serais intéressé par le contenu de ton kit Survie/ EDC et ton Bob...
Et ton copain il bosse pour qui au Kenya ?
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- Pas d'antibio à large spectre dans le kit non! J'en ai dans ma pharmacie sur ma base opérationnel, au cas ou...
- Pour le pallu ... j'ai le traitement sur moi en saison des pluies pour le préventif (Doxicycline dans mon portefeuille) et sinon j'ai le curatif (malarone) dans le petit kit. J'ai peut être oublié de le mentionner !
Salut !
Juste pour info, tu le sais sans doute mais je le dis pour les autres, la doxicycline est un antibiotique, à la base... c'est ce que j'ai pris cet été encore contre la maladie de Lyme.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Doxycycline
Ca peut marcher aussi sur une brochite/angine à strepto, et certains autres trucs... faute de mieux bien sûr.
PRESCRIBED FOR: Doxycycline is used for many different types of infections, including respiratory tract infections due to Hemophilus influenzae, Streptococcus pneumoniae, or Mycoplasma pneumoniae. It also is used for the treatment of nongonococcal urethritis (due to Ureaplasma), Rocky mountain spotted fever, typhus, chancroid, cholera, brucellosis, anthrax, syphilis, and acne.
http://www.medicinenet.com/doxycycline/article.htm
Deux trucs à bien savoir : faut prendre la doxy au milieu d'un repas et être bien sûr que le comprimé ne reste pas collé dans l'oesophage, ne pas se coucher après avoir mangé, etc. Ca attaque méchamment la tuyauterie. Autre truc, le principal effet secondaire du truc est la diarrhée... donc prévoir l'hydratation en conséquence si on est isolé...
Ciao ;)
David
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Oui en effet david, la Doxy est un antibiotique. Je suis tellement formaté à la prendre en prévention pour le Pallu, que j'en ai oublié son utilisation première.
En effet ça attaque bien la tuyauterie ( je viens d'en prendre 6mois d'affilé), donc a prendre au milieu des repas , et de préférence les soir car c'est un antibio photosensible... qui provoque des réactions cutané et gastrique si l'on s'expose a la lumière. (d après mon toubib)...
Merci en effet de la rectification...
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Effet secondaire possible de la doxy pour les filles si pris sur le temps long : petits ennuis intimes (mycoses, puisque les antibios mettent les flores sans dessus-dessous), qui obligent, si on est sensibles, à se balader avec d'autres médocs, de type ovules, qui sont assez difficiles à conserver si on a pas de frigo.
C'est toujours moins grave qu'un palu, mais ça peut être assez désagréable.
Par contre, comme la doxy se fixe préférentiellement sur la peau et dans les os, c'est d'une efficacité redoutable contre l'acnée et tous les petits boutons de chaleur ! ;D
A part, ça c'est un anti-palu super bien parce que efficace, pas cher du tout (j'ai toujours des suées quand je vois le prix du Malarone) et trouvable (presque) partout sur le terrain.
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Un autre avantage de la doxycycline, pour ceux qui voyagent fréquemment et/ou qui ne savent qu'au dernier moment où ils seront la semaine suivante, est que c'est une "pilule du lendemain". On conseille de commencer le traitement le jour de l'arrivée*, en fait on pourrait encore attendre quelques jours mais le risque d'oublier est trop grand. Par contre il faut poursuivre le traitement quatre semaines après le retour.
* : les autres anti-paludéens préventifs, ils faut commencer une à trois semaines avant l'arrivée en zone impaludée, et le poursuivre une à deux semaines après la sortie de la zone.
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qui provoque des réactions cutané et gastrique si l'on s'expose a la lumière. (d après mon toubib)...
Euh... :-[
En fait moi j'ai lu que chez certaines personnes le fait de prendre de la doxy rendait la personne sensible à la lumière du soleil : éruptions cutanées, etc. C'est assez rare mais c'est sur la notice. Je viens de la relire, je voulais pas contredire ton toubib sans être bien certain :-[
Ce médicament est photosensibilisant : une exposition aux rayons ultraviolets peut provoquer des réactions cutanées. Évitez toute exposition au soleil et n'omettez pas de signaler à votre médecin vos projets de vacances pendant la durée du traitement.
http://www.eurekasante.fr/medicaments/vidal-famille/medicament-gp1320-DOXYCYCLINE-ARROW.html
Après, ça doit dépendre des compositions exactes et surtout des gens. Perso j'ai testé cet été, et aucun souci avec le soleil sous Doxy, mais bon vaut mieux le savoir, surtout sous les tropiques où le soleil cogne autrement plus fort qu'en France... ;)
David
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Le problème avec les anti-palus, c'est qu'ils ont tous des contre-indications assez monstres. Pas de risque zéro donc... Il faut faire ses choix en conscience et ce n'est pas toujours évident...
J'ai pris de la doxy (plusieurs mois, Sahel) et je n'ai eu aucun souci de photo-sensibilisation.
Et de toute façon, une seule équation : Tropiques = ombre ou crème solaire...
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Sur les quelques dizaines de personnes que je connais qui prennent de la doxycycline tout en travaillant au soleil, il n'y en a pas un seul qui ai eu des problèmes de photosensibilisation. A moins d'un coup de chance, cette photosensibilisation doit être un phénomène rare, ou une question de dose (contre le palu, la dose à employer n'est pas très forte). A surveiller quand même, bien sur.
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Après l'intérêt aussi c'est de savoir que si on fait une réaction cutanée alors qu'on est sous doxy et qu'on prend le soleil, ça peut venir de là ;)
David
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Salut Espadon,
J'ai du attendre un peu avant de répondre car mes listes EDC/BOB étaient sur mon DD externe... Bref.
On est au Kenya parce que Chéri travaille dans une ONG suisse et toute petite qui lutte contre l'excision et le mariage précoce. Je ne peux que demander à tous de lire l'article qui est en pièce jointe pour comprendre quelles sont les conséquences des mutilations génitales féminines. C'est pas hyper gai mais c'est aussi la réalité de milliers de femmes dans le monde et particulièrement en Afrique...
Je joins aussi donc mes listes. Les kits sont complémentaires évidemment.
Le niveau 1 est mon EDC. Par rapport à la liste, je n’ai pas de fil laiton ni de kit de pêche. D’une part parce que j’ai fait mes courses au Kenya et pas en France et surtout parce que de toute façon je ne saurais pas m’en servir pour le moment. Beaucoup de choses sont des trucs « de fille » dans ce petit kit… Mais presque tout m’a déjà servi d’une manière ou d’une autre. J’ai par contre rapatrié les gants du niveau 2 à l’EDC parce que j’ai pesté de pas les avoir eu sur moi quand j’ai eu besoin.
Le téléphone est bien sûr sous entendu. Ainsi que le permis de conduire et une gourde. La lampe et le sifflet sont au porte-clef, ainsi qu’un mini couteau suisse dont la taille peut faire rigoler mais qui m’a rendu des milliards de tout petits services.
Le niveau 2 est pour les déplacements sachant que :
- on ne se déplace jamais sans la voiture, ce qui explique que la liste puisse paraître longue et un peu lourde
- je suis assez une grosse angoissée des maladies, d’où la liste plutôt complète de médocs. A ma décharge, j’ai eu des trucs assez lourds lors de mes premières virées africaines en Mauritanie. Et à part ça, je sais me servir de tous les médics que j’ai.
Il y a du Dettol, que ne connaissent sans doute que ceux qui ont vécu dans les pays anglophones. C’est un désinfectant liquide avec lequel on peut laver le sol, le corps, ou les plaies. C’est efficace et bien polyvalent. Et je n’ai pas de scie-fil. Parce que ça a l’air un peu pas terrible en qualité et que de toute façon, au Kenya, ya pas.
J’ai ajouté un jeu de cartes, parce que c’est un bon moyen de se changer les idées et de rester éveillé.
Le BoB est c*nçu pour deux (+ les bestiaux) avec la voiture et pour trois jours. La radio FM à piles a avantageusement été remplacée à Noël par une Eton solaire/manivelle FM et SW, plus adaptée à chez nous. :)
Tout ça, c’est du kit de débutant et je m’aperçois au fur et à mesure que j’ai sur-représenté le poste santé aux dépends d’autres postes sans doute plus utiles. Qu'ajouteriez-vous que je pourrais acheter avant de repartir (sachant que j'ai un budget qui se réduit comme une peau de chagrin...) ?
Lil'
Les docs (merci Flocondavoine !) :
Le bob (cliquer pour agrandir)
(http://img5.hostingpics.net/thumbs/mini_915123BoB.jpg) (http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=915123BoB.jpg)
Niveau 1 et 2 (cliquer pour agrandir)
(http://img5.hostingpics.net/thumbs/mini_171593Niveau_1_2.jpg) (http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=171593Niveau_1_2.jpg)
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Salut,
Dans la catégorie eau du BOB, il y a dans la liste un tamis, peux-tu nous en dire plus?
wla
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Salut Lily ;)
commence à y ' avoir pas mal d'humanitaires ou ancien humanitaires sur le forum... ::) Je vous souhaite plein de joie, viens nous raconter vos aventures quand tu peux ;) Et soyez prudents.
Belle liste déja, c'est un équipement complet tout cela. je ne sais pas si tu es en zone urbaine ou si tu vas dans la brousse.
quelques trucs qui peuvent être utiles, bon tu en as peut être certains déja.
1 longueur de fil de fer tout simple remplace le fil de laiton (le laiton n’est pas indispensable c’est juste plus souple)
Des colliers d’electricien rilsan ou colson de differentes longueurs (usage fixation, bricolage)
un morceau de gaine thermoretractable (pour réparer une branche de lunette cassée par exemple, à l'origine c'est pour isoler en electricité)
python à visser, vis et clous pour accrocher une moustiquaire (ou autre) dans un sachet minizip
des bonnes piles duracell pour l'equipement essentiel, pas facile de trouver des bonnes piles alcalines en afrique.
Mini boussole bouton recta (chez decat)
lampes led à pile bouton genre ph**on ou copie (voir les commandes groupées rubrique petites annonces) pour avoir toujours de l'eclairage sur soi (accroché aux clés, aux fermetures eclair, à un sac...)
dosettes de serum physiologique c'est ultra utile
les grosses doses aussi pour laver une plaie (miniversol je crois)
Huile essentielle tea tree usage multiple, desinfectant, anti viral et anti bacterien, anti fongique puissant...
Huile essentielle Helychrisum italicum puissant anti inflammatoire pour entorse hématome grave, fracture et brulure.
c'est du verre, ca casse, enrouler les tubes en verre dans du scotch large ou les mettre dans un tube plastique
Pansement compressif – (appelé maintenant tampon relais en emballage etanche) (exemple ceux de l’US Army)
est tu sur d'avoir un traitement palu curatif efficace en cas de crise ? l'arthemesia, les comprimés de coartem ou son equivalent local sont ce qu'il y a de plus puissant actuellement (source un medecin expert palu aupres de l'OMS) .
des pansements anti ampoules compeed si tu dois marcher longtemps ou te tirer à pied en vitesse. :-\
1 sachet de muesli est utile comme alimentation de dépannage
Allume feu coton vaseline dans une boite etanche
Firesteel (barre de ferocerium qui fait des étincelles) certains membre du forum peuvent surement t’en procurer un.
Je pense que tu as : Cable chageur 12v pour téléphone portable
Oublie la scie fil, les petits models sont trop fragiles, on s’en passe fort bien ,
La scie d’un couteau suisse est plus utile.
Un de ses jours faudra que je détaile ce que j'avais dans le sac et dans mes bagages lors de ma dernière mission.
On parle beaucoup materiel mais d'autres éléments sont ultra importants, concevoir son propre plan d'evacuation en cas de soucis, se creer son reseau de contacts (dans la population, les administrations, les ONG, l'ambassade de fr...), apprendre un peu la langue, connaitre les fréquences des stations de radios en onde courtes ...
A bientot,
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Ni grand baroudeur, ni spécialiste de l'Afrique ni rien du tout je me permets tout de même de faire l'affront aux grands de ce forum de poster qq questions/impressions.
En cas de problème, à part attraper le niveau 1&2, ton chéri et le garde-mang tes animaux ton véhicule est prêt ?
Tu montes, et hop départ tout est dans la voiture ? As tu testé pour voir combien de temps vous mettez pour un départ précipité (genre en pleine nuit plus ou moins habillés) ?
Si j'ai bien tout compris le niveau 1 est sur toi (poches, sac à dos/main ?).
Le niveau 2 c'est un sac à dos que tu prends à chaque sortie ?
Pas de carte ni dans le niveau 1 ni le niveau 2 ? Itinéraires prévus en cas de troubles/évacuation ? Les numéros indispensables (ambassade france et autres, contact association, famille etc). De l'eau ?
J'imagine que tu as toujours ton couvre-chef sur toi.
Pour le bob j'ai un peu de mal.
Le concept c'est "je prends le sac et je me tire".
C'est le cas dans ton véhicule ? (ou c'est devenu comme moi un joyeux bordel dans le coffre, mix entre bob et "fond de véhicule" ? Pas spécialement pratique si on doit abandonner son véhicule rapidement de gré ou force - cas peu probable dans mon cas mais plus plausible au Kenya je suppose).
Si (on te) tu sors du véhicule et que tu peux attraper un sac à tes pieds est-ce que tu as ce qu'il te faut pour rejoindre à pieds un endroit sûr (eau/vêtements/carte/boussole/nourriture/abris/trucskenyan) ?
L'accès à ton véhicule est facile, rapide sans aucun soucis ?
Si celui-ci est indisponible (abimé, volé, cramé) un plan B vu que ton "bob" est dans le véhicule ?
ps : j'en profite, merci Looping pour tes interventions
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@Wla
En Afrique, les tamis sont petits, d’un maillage très fin mais en plastique très léger, et super courants. Au Kenya, les plus grands servent à filtrer l’eau. Les plus petits à passer l’incontournable thé ☺.
Le tamis me sert quotidiennement an saison des pluies pour passer l’eau de pluie récupérée du toit, souvent avec un linge posé dessus (ça fait une base dure, c’est plus pratique pour filtrer toute seule). Il y a toujours plein de bestioles et/ou de brindilles. Ce filtrage est en général suffisant pour la douche. Pour l’eau à boire, ça permet de ne pas trop encrasser le filtre céramique.
@Looping
Merci pour les idées, je vais intégrer tout ça. Seule limite à mon avis : le muesli, qui est invariablement infesté de bestioles, même quand je l’achète chez le détaillant indien du coin…
Pour le palu, j’ai du Lariam, qu’on peut utiliser en curatif. Et un autre curatif dont je n’ai plus le nom en tête à prendre si je suis enceinte. Pas de prévention trop spécifique chez nous : peu d’anophèles grimpent à 2200 mètres d’altitude.
Je ne sais pas moi-même si on est en zone urbaine ou sur le terrain… ;) Un peu des deux ? La zone où nous sommes est très peuplée mais l’habitat est très dispersé. En gros, nous habitons plutôt dans une zone urbaine (routes, électricité, marché) mais un déplacement de 5 km nous emmène déjà dans la grande brousse.
Pour ce qui est de l’organisation (hors matériel), effectivement, j’ai tenté de penser l’évacuation au mieux, avec un plan A (avec l’ambassade) et un plan B (avec passage de frontière, etc.). On a quelques personnes de confiance parfaitement indispensables. Le réseau est, je pense, ok.
@ flocondavoine
Plein de questions pertinentes… auxquelles je n’ai pas toujours de réponse.
La voiture est le meilleur des cas puisqu’on en a pas toujours (elle est aussi souvent sur le terrain). Sans ça, il faut pouvoir compter sur le voisinage et les quelques contacts que nous avons. J’ai essayé de réduire au max les incertitudes mais ça, c’en est une énorme.
Je cherche actuellement des cartes correctes de la zone. Les topos faites par les Kenyans ne sont accessibles que sur autorisation et celles que j’ai eu sous les yeux ont une bonne 40aine d’années.
Je connais les numéros d’urgence par cœur et ils sont dans les téléphones. J’ai potassé les plans d’évacuation de l’ambassade. Je la sais plutôt efficace mais je sais aussi que ça fait longtemps qu’elle n’a pas eu de ressortissants aussi éloignés de Nairobi que nous. D’où un plan B, je vais leur en parler à mon retour au Kenya.
Le BoB, c’est une expérimentation (et, soyons clairs, une manière de ma rassurer…). Il est largement assez léger pour être porté. Non, il n’est pas dans la voiture, il est dans la chambre à coucher. Et il est vraiment attrapable facilement. Mais il ne contient pas d’abris. Les bâches sont dans la voiture... :'(
Je râle contre moi-même, là, tout de suite, parce que je vois toutes les incohérences de mon système. Mais en même temps, c’est chouette à vous tous de me les avoir montrées. Je ne pourrai pas faire de miracles avec une logistique limitée mais je vais pouvoir apporter de vraies améliorations à tout ça, et c'est très précieux :) .
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Concernant les evacs par l'ambassade, je pense qu'il va falloir pas mal relativiser. Un plan B c'est pas mal à mon avis. Les evacs de l'ambassade par voies terrestre ou aérienne sont la plupart du temps encadrés par les militaires Français. Donc soit, y a une base dans le pays ou tu es et ça peut être rapide, soit pas, et dans ce cas, voir ou sont les plus proches. Donc compter quand même le temps qu'ils arrivent sur site. Attention au mythe de l'intervention ultra rapide ! une evac ça se prépare, donc ça prend du temps.
La capacité de réaction des fonctionnaires internationaux est assez lente, souvent teinté d'intérêt pour le pays pour lequel ils bossent, ou l'organisme international. Le fonctionnaire en France ou ailleurs est procédurié, ce qui limite parfois le temps de réaction. Idem pour les Agences des Nations unis. J'en ai fait les frais en Mai.
Les militaires Français sous mandat UN, devaient venir m'extraire d'une zone à risque encerclé de rebelle. Ils ont du négocier toute la journée avec leur boss, un civil responsable du Service UN en question, pour avoir l'accord. Au final je suis resté 24 de plus et suis partie en voiture par mes propres moyens a travers la brousse le lendemain. Tout ça parce que venir me chercher signifié que l'insécurité était grandissante alors que eux, sont payés pour ramener la situation au calme. C'est le genre de situation auquel tu peux être confronté. Et encore les militaires français sont quand même les plus réactifs, maintenant on a des Ghanéens...dur dur...
Si y a evacs, c'est qu'en gros tu te trouves dans un lieu de danger important pour ta sécurité et qu'il est trop tard pour en sortir. Premier truc, prévois de pouvoir te mettre en sécurité, dans une salle d'hibernation sécurisé, dans laquelle tu vas pouvoir rester confiné entre 24 à 72 h, le temps qu'on te sorte de là. Une Salle de bain par exemple. Une pièce sans fenétre, des murs ne donnant pas directement vers l'extérieur et une bonne porte en fer difficile a forcer. Tu peux renfoncer le tout avec des sacs de jute ou de plastique et du sable, assez efficace contre les balles. Ton Bob te permettra de tenir. Penses au moyen de communication pour appeler les secours.
Pour communiquer le portable c'est bien mais limité, dans certain pays lors d'affrontement les lignes sont coupés pour limiter les communications. C'est le cas ici au Tchad. Tu sais que quand y a plus de réseau, c'est pas bon ! Prévoir un plan B en moyen de communication, téléphone satellite par exemple, et encore la qualité de réception est plutôt mauvaise sur certain modèle ( je peux de te parler de la marque Thuraya par ex). Radio HF éventuellement si ta base est équipé et l'ambassade aussi. Sinon B Gan, boitier satellite qui permet de ce connecter à internet, mais aussi d'appeler avec un combiné. Encombrant mais assez fiable a condition de le charger en crédit.
Petit conseil (et vécue). Si tu as un GPS ou de quoi faire un relever GPS, essaye de repérer un endroit proche de chez toi ou du point de regroupement s'il yen a un, pour faire atterrir une hélico. Plutôt plat et dégagé. Prends les relevés et communique les à ton ambassade. Ça pourra aider l'hélico a atterrir et ca lui évitera de tourner pendant 3 heures pour trouver une place de parking.
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Sinon B Gan, boitier satellite qui permet de ce connecter à internet, mais aussi d'appeler avec un combiné. Encombrant mais assez fiable a condition de le charger en crédit.
Tu peux développer ? :)
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Je cherche actuellement des cartes correctes de la zone. Les topos faites par les Kenyans ne sont accessibles que sur autorisation et celles que j’ai eu sous les yeux ont une bonne 40aine d’années.
Ton ong t'as pas filer des cartes fiables de ta région et des régions attenantes ? :ohmy:
Je comprends qu'une petite ONG n'ai pas des moyens gigantesques, mais ne pas avoir de cartes à jour ! :-\
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@ Espadon : j'ai même pas de salle de bain :'(
@ flocondavoine : Non, pas de cartes... On leur a soufflé (très fort) qu'un plan d'évac avec essence, bâches, eau et argent serait le bienvenu. Ils sont d'accord, mais ils n'y avaient pas pensé avant... Bref...
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Il existe beaucoup de pays, la majorité de l'Afrique sub-saharienne entre autre, où il n'existe pas de carte précises, encore moins de cartes à jour. Les grandes puissances essayent de maintenir une carto du monde entier du mieux possible, mais c'est spécifiquement pour leurs armées, plus ou moins secret et illégal du point de vue du droit local. Donc elles ne les donnent pas aux civils. La qualité est de toutes façons, euh, on va dire inégale ;D
Reste les photos satellites (merci G**gleEarth), et les points et traces GPS et autres annotations qu'on peut y porter.
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[post à vie courte]
Que les cartes soient plus ou moins à jours soit.
Mais que ce soit aux volontaires de se démerder intégralement...
Je dis pas qu'ils doivent pas améliorer eux-même les cartes / plans d'évacuations ou autres mais qu'il me parait inacceptable de ne pas leurs fournir une base.
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Par ailleurs, de bosser soi-même sur la cartographie d'une zone en fonction des photos aériennes est un exercice très intéressant en soi : ça permet de vraiment bien connaître la topo d'un coin, au moins d'un point de vue général.
Je me suis amusé à le faire pour mon petit coin de pays, sur une petite centaine de KM carrés. J'ai inséré les refuges, les sources, les obstacles majeurs, les routes et les zones habitées... et plein de relevés GPS un peu abstraits, mais qui en fait sont des intersections de routes "hors piste".
Le plus sympa c'est de tester tout ça ensuite, ça fait des randos... inattendues ;D
Un bon moyen de tester son BOB, c'est de se prévoir 12h ou 24h sur son temps de repos, et de le tester. Tu joues le jeu. Tu prends ton BOB et tu sors. Et là tu vois :) S'il te manque du matos, si t'as des trucs en trop, tu vas le savoir tout de suite. Y'a pas besoin de faire très lourd en fait hein...
Ciao ;)
David
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@ flocondavoine : Non, pas de cartes... On leur a soufflé (très fort) qu'un plan d'évac avec essence, bâches, eau et argent serait le bienvenu. Ils sont d'accord, mais ils n'y avaient pas pensé avant... Bref...
C'est tout bonnement criminel et contraire au droit. L'employeur ou l'organisateur à le devoir d'analyser les risques et de fournir les moyens de prévention collectif et/ou individuel en fonction de cette analyse à ses salariés ou bénévoles.
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Faut être trop sévère non plus, certaines grosses organisations ont la compétence et les moyens en matière de sécurité (çà n'empêche pas toujours les problèmes, d'ailleurs) . Pour d'autres l'enthousiasme et le sens du service en tiennent lieu.
Il y a toute la gamme, comme quand on compare les armées de différents pays :)
D'un autre coté, quand on demande conseil à des spécialistes de la sécurité, on se retrouve souvent avec des conseils inapplicables parce que complétement décalés par rapport aux exigences de la mission.
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Un bon moyen de tester son BOB, c'est de se prévoir 12h ou 24h sur son temps de repos, et de le tester.
24 h de repos d'affilée ? Ils sont pas nombreux ceux qui travaillent sur le terrain et qui ont çà ;)
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@ flocondavoine : Non, pas de cartes... On leur a soufflé (très fort) qu'un plan d'évac avec essence, bâches, eau et argent serait le bienvenu. Ils sont d'accord, mais ils n'y avaient pas pensé avant... Bref...
Tu peux toujours essayer de faire une "carte compilée", on utilise beaucoup ça en archeo, tu prends un fond de carte, même si il date et tu reportes dessus tes nouvelles informations acquises via les images satellite, les photos, les prise de points GPS, les relevés topo etc..etc...
Avant, on utilisait des feuilles de papier calque, mais un bon logiciel de dessins vectoriel ou le must de SIG, sera plus pratique.
Sinon, pas mal de "sociétés de sécurités privées" font des formations pour les journalistes et humanitaires, mais ça a sont prix :/
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24 h de repos d'affilée ? Ils sont pas nombreux ceux qui travaillent sur le terrain et qui ont çà ;)
J'imagine bien :(
David
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Bon, moi, je bosse pas, je fais femme d'expat, dans la vie, au pire, je peux me les prendre les 24 heures ;# C'est d'ailleurs pour ça que j'ai le temps de me pencher sur les protocoles de sécurité.
Pour la carte compilée, c'est ce que j'ai commencé à faire (vieille formation de géographe...) mais il faut que j'aie de nouveau accès aux topos parce que c'est un point très discriminant de la zone. Qui est juste sublime mais aussi tout à fait accidentée. La montagne, quoi :) D'ailleurs, si il y a des volontaires pour venir faire une rando montagnarde sous les tropiques... La vallée du Rift, deux trois volcans, un beau 4000, des oiseaux partout et quelques zèbres :)
Je me bats avec la sécurité (et grâce à vous, j'ai enfin l'impression que c'est raisonnable de la faire) mais qu'est-ce que ce pays est beau, quand même !
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Faut être trop sévère non plus, certaines grosses organisations ont la compétence et les moyens en matière de sécurité (çà n'empêche pas toujours les problèmes, d'ailleurs) . Pour d'autres l'enthousiasme et le sens du service en tiennent lieu.
Il y a toute la gamme, comme quand on compare les armées de différents pays :)
D'un autre coté, quand on demande conseil à des spécialistes de la sécurité, on se retrouve souvent avec des conseils inapplicables parce que complétement décalés par rapport aux exigences de la mission.
Parce qu'on demande aux mauvais spécialistes, ceux qui croient encore que la Rhodésie en en guerre et qu'ils vons se farcir du conseiller cubain ou popov. Il y a de bonnes boites qui préparent bien les ONG et la presse à leurs risques propres.
Je pense en ce qui me concerne qu'on doit demander le même niveau de sécurité à toutes les ONG ou interdire celles qui ne sont pas en capacité de faire.
Imaginez un instant qu'on vous renvoie votre gamin dans un sac plastique parce que l'ONG n'avait pas les moyens de le former et de l'informer sur les risques qu'il encourait. Considéreriez-vous toujours que la noblesse de la tâche l'emporte ? Attention je ne parle pas de supprimer le risque, intrinsèque dans ce domaine, mais de le gérer.
Une connaissance a vu comme ça sa gamine revenir en plusieurs morceaux dans un cercueil plombé du Caucase. On ne lui avait juste pas parlé des risques d'enlèvements et des précautions à prendre et que la police ne s'embarassait que fort peu des otages pendant l'assaut.
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Toutes les ong n'ont pas de plan de securité/evacuation dans les pays relativement calmes. Ca me surprend pas Lily.
les grandes ONG (MSF, CICR ) en ont par exemple. Même si c'est léger de ne pas en avoir, Patrick, pour les grandes qui en ont ca n'empêche pas forcemment les enlevements et même les déces d'humanitaires.
Faut voir le contenu. Même si on est en equipe, le choix final au moment décisif doit être un choix perso d'ailleurs.
Essai d'avoir des contacts avec des collegues d'ONG plus importante. Consulte leur plan. Et construit toi le tient.
En esperant que ca serve pas. Car le jour là faudra adapter et faire preuve de bon sens en fonction des circonstances.
même si le Kenya c'est peut être super calme. On peut commencer par quelques questions :
Est ce que j'ai un billet retour Open (à date libre au choix)? Ai-je la somme d'argent en cash pour me payer un billet retour plein tarif quand je veux?
Quelle est la meilleure route pour rejoindre l'aeroport? Tracer sur papier. Quelles sont les routes détournées?
Quels sont les autres aeroport du pays avec des vols réguliers vers l'etranger ou l'europe. Quel est l'aeroport du pays voisin le plus proche avec des vols internationaux? Tracer les routes.
Ou me planquer si je dois éviter mon domicile absolument? Ou me planquer au vert avant que le moindre déplacement dans les rues ou sur la route devienne trop dangereux?
Quels sont les ports maritimes, les petits ports de plaisance, voir les aerodromes avec des avions privés...?
Ou sont les forces francaises les plus proches? Les forces de l'ONU? Est ce que je peux rencontrer quelqu'un à l'ambassade de fr?
Je note aussi où je peux me procurer de l'eau, de l'energie, des aliments, si toute les sources d'appro habituelle sont coupées, je me fait un petit stock de secu. Je trouve d'autres moyens d'informations à la radio en passant par des stations etrangeres, satelites par exemple (si TV radio muette ou propagande), une radio satelitte worlspace, les onde courtes, ca ma été utile...
Looping ::) qui n'avait pas bouclé totalement son plan securité/evac ...
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Patrick, on ne gère RIEN dans ces pays là, dans ces missions là ...
Tu ne peux pas comparer une ONG à un "employeur" au sens européen du terme.
Tu as vu "Le dernier roi d'Écosse"? C'est cela qu'il faudrait montrer à tous les volontaires.
Après, ils partiraient en connaissance de cause ...
Et puis, avec un peu de chance, leur mission se passera plutôt dans le style "Les dieux sont tombés sur la tête".
Le drame ou la farce ... c'est le "charme" de l'Afrique!
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Tu as vu "Le dernier roi d'Écosse"? C'est cela qu'il faudrait montrer à tous les volontaires.
Non, mais j'ai séjourné quelques fois en Afrique pour le taf.
Ce que je dis, ce n'est pas d'exiger la sécurité c'est :
1. analyser
2. prévoir des plans B
et surtout éviter d'éluder afin que JUSTEMENT les personnes partent en toute connaissance de cause et avec quelques billes.
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Patrick, on ne gère RIEN dans ces pays là, dans ces missions là ...
Tu ne peux pas comparer une ONG à un "employeur" au sens européen du terme.
Tu as vu "Le dernier roi d'Écosse"? C'est cela qu'il faudrait montrer à tous les volontaires.
Après, ils partiraient en connaissance de cause ...
Et puis, avec un peu de chance, leur mission se passera plutôt dans le style "Les dieux sont tombés sur la tête".
Le drame ou la farce ... c'est le "charme" de l'Afrique!
+ 1000 avec Bison
Tu arrives pour une mission "cool" et le lendemain tu te retrouve au milieu d'une rébellion et tu dois improviser. C'est du vécu. (en plus t'as pas la bonne couleur de peau pour passer inaperçu)
Par contre je ne connais pas "Le dernier roi d'Écosse". C'est un film. Vais voir chez Goog*e ;)
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Merci pour le lien. Je sais quel film je vais prendre à la vidéothèque ce week-end ;)
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Quelques remarques résultant de mon expérience sur le terrain (Burundi-Zaïre-Rwanda en juillet août 1994) + Rwanda + Niger + Maroc lors de plusieurs voyages et séjours.
Le côté matos est bien abordé. Parfois, c'est un peu gadget, mais quand vous sortez votre lampe frontale pour allez aux toilettes de nuit pendant la saison des pluies au fond de la cours. C'est pas ridicule du tout. Mettre l'accent sur l'Hygiène et l'eau me semble vraiment important.
A mon sens à moins d'être intégré à une force militaire il faut éviter d'avoir une armes à feu. La probabilité de ce mettre en grand danger à cause d'elle est bien supérieures à un éventuel avantage.
Sur les trois pages de post deux choses m'ont extrêmement étonné.
1) C'est que personne ne soulève le fait que dans de nombreux pays d'Afrique appartenir à un pays qui projette ses troupes régulièrement dans le but de maintenir un tyran au pouvoir ou de garantir l'accès à des matières premières à bas prix est mal perçu par les africains (sans parler des crimes commis directement) . Et dans ce registre la France fait particulièrement fort depuis des décennies. En tant qu'humanitaire de nationalité française dans des zones ou l'armée française intervient vous devez vous rendre compte que vous n'êtes en réalité que des supplétifs, des auxiliaires de ces troupes et que la populations locales vous considère peu ou prou comme tel. Ceci est pour vous une cause de mise en danger permanente.
2) C'est l'attitude par rapport aux africains. Ils sont absents de vos post ou peu s'en faut. Votre sécurité dépends d'abord de votre capacité à avoir une bonne relation avec eux. Une ''alliance'' de fait fondée sur une relation humaine vraie, sincère, emphatique non biaisée par du fric, du sexe, du racisme, ou autre est la base de la qualité/sécurité de votre séjour. Ce n'est pas facile. Il faut de l'expérience, de l'écoute. Et avoir des valeurs personnelles fortes et compatibles avec les gens qui vous entourent.
Je me risquerai à deux bref conseils. Deux erreurs sont à éviter. Si vous les gérez bien cela peut devenir des atouts très important. D'une manière générale les africains sont pudiques et la vie de famille est au centre de leurs relations sociales. En tant qu'humanitaire sur place vous devez évitez toutes relations sexuelles n'ont basées sur un amour sincère, durable et réciproque. Vous devez dans ce cas évidemment être disponible. Ceci est valable pour un homme ou une femme. Si vous êtes sur place pour quelques semaines (voire plus) ceci se saura et votre bonne conduite pourra vous aider beaucoup pour être respecté et pris au sérieux tant par les employés subalternes que par des responsables de hauts rangs. Selon l'expérience que j'ai, plusieurs pays se renseignent via leur administration sur la manière dont vous vous conduisez sur ce plan là.
La 2ème des choses difficile à gérer c'est la distance qu'il y a entre vous et les africains en matière de niveau de vie et de pouvoir d'achat. Même si vous ne vous considérez pas comme riche, la grande pauvreté de la majorité est quelque chose qui rends les relations difficiles. Montrez-vous généreux mais avec intelligence. Ne payez pas la tournée de bière (ou de Fanta) à tout bout de champs, mais amenez une boite de lait en poudre, du thé, du sucre et du café en poudre et faite en sorte de partagez d'une manière périodique une bonne tasse avec votre entourage africain. Pour beaucoup une simple tasse de café sucré avec du lait en poudre est une friandise hors de prix. Conviez également la femme de ménage ou le portier à partager ce moment avec vous. Si l'occasion se présente seulement lors de réunions ou ils ne peuvent être convié, prenez le temps de leurs préparez personnellement une tasse et allez le leur apportez vous-mêmes avec naturel, gentillesse et discrétion. Souvent les africains sont pauvres mais ils sont toujours d'une grande finesse dans les relations sociales. C'est vous qui êtes chez eux et non l'inverse.
Ne promettez aucune prestation même si elle vous semble peu importante. Un simple cachet contre la malaria est important pour quelqu'un sans moyen et sans perspective d'emplois correct. Soyez discret et évitez les ambiguïtés. Plutôt que de saupoudrez sans méthode les montants que vous pouvez partagez/donnez soyez sélectif. Si vous êtes responsable d'un projet (même modeste) faite une petit cagnotte pour les frais de santé urgent de vos employés. Soyez très attentif, fin et juste dans la manière dont vous la dépensez. Prenez l'avis des femmes avec respect, sans les draguez. Prenez l'avis de personnes qui ne sont pas demandeuse de ces prestations. Une pharmacienne, une commerçante qui se débrouille bien. etc....
Pour faire vos courses passez par l'intermédiaire de votre entourage africain. L'argent que vous pourrez donné pour le service rendu sera mieux dans les poches de votre chauffeur que dans les poches du commerçant (En tant que blanc vous payez beaucoup de prestations bien plus chère. C'est la loi de l'économie informelle ou le prix est adapté à la bourse de l'acheteur).
Sachez vous intégrer et devenez un véritable africain par le rayonnement de votre personnalité. C'est la condition sine qua non pour vivre pleinement vos missions.
undujura
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Undujura,
J'ai beaucoup aimé ton post mais suis en super désaccord avec la toute fin. Je m'explique.
La relation humaine est effectivement indispensable et c'est aussi une des raisons majeures pour lesquelles on s'expatrie, je crois. On ne met pas impunément 5 ou 10 000 bornes entre soi et sa famille (ce qui est, quoi qu'on en dise, toujours un arrachement violent) sans espérer qu'on va découvrir des choses formidables.
Au Niger et au Burkina, où nous étions avant le Kenya, nous avons eu à vivre cette défiance (pas générale mais présente) contre les Français, qui apparaissent comme les (néo-)colonisateurs qu'ils sont... Ce n'est pas évident mais c'est de bonne guerre. Au Kenya, la "francitude" est beaucoup plus simple puisque la plupart des Kenyans placent à peine la France sur une carte. On relativise d'ailleurs beaucoup à cette occasion la fameuse "grandeur" de la France ! :D
Pour ce qui est de l'attitude vis-à-vis des Africains qu'on rencontre. Nous, avec Chéri, on a fait le choix de se marier, certes parce qu'on en avait envie mais aussi parce qu'on savait qu'on repartait en Afrique et que ce statut serait plus confortable. Il l'est de fait.
Pour le fric (que nous n'avons guère !), on choisit de soutenir les projets de nos gardiens (élevage de poulets) par des prêts (ils nous remboursent en oeufs :D ) et en faisant travailler les copains artisans que nous avons. Jamais de don. Parce qu'on ne pourrait pas se permettre d'avoir tous les voisins qui débarquent pour se faire payer les énoooormes frais de scolarité du Kenya.
Tout ça nous permet d'avoir des relations super chouettes avec les voisins, nos gardiens, et quelques amis.
Mais les bonne relations individuelles n'empêchent pas les conflits, en particulier quand les gens se regroupent. Et objectivement, c'est ça qui me paraît le plus dangereux. Que faire face à des chefs qui ont décidé de faire payer à Chéri le double des per diem convenus (réponse : payer...) ? Que faire quand les gens (très armés dans notre zone) font un raid de bétail et qu'on est sur la route ? Que faire quand un groupe d'énervés a trop bu ?
En gros, il n'y a rien à faire, sinon essayer dans la mesure du possible d'anticiper. Ecouter le téléphone arabe local (et là, les copains locaux sont parfaitement indispensables), se préparer autant que faire se peut.
Pour ce qui est de mon expérience, je dirais que c'est cette préparation qui me permet d'être plus détendue et à l'écoute de mon entourage.
Enfin, et c'est là que je ne te suis plus du tout, on ne devient jamais, à mon avis, un véritable africain. D'abord, ya pas, on est trop visibles :) Et puis je ne crois pas que c'est ce que veulent les gens sur place, qui sont plutôt curieux de nos différences et qui, de toute façon, nous les rappellent toujours !
En fait, plus je voyage en Afrique, plus j'ai tendance à me dire que la différence culturelle est presque irréductible. Ca ne doit pas nous empêcher de continuer à découvrir et à aimer, au contraire, puisque, du coup, on apprend aussi sur ce que nous sommes.
Une phrase d'Horace que j'aime bien et qui résume mon rapport à l'Afrique : "Coelum non animum mutant qui trans mare currunt". Celui qui voyage par delà les mers change de cieux mais il ne change pas d'âme.
Je l'interprète pour ma part comme : tu peux toujours fuir ailleurs, tu ne seras jamais que toi.
Et en fait, c'est une bonne nouvelle ! :)
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Salut,
Que faire face à des chefs qui ont décidé de faire payer à Chéri le double des per diem convenus (réponse : payer...) ? Que faire quand les gens (très armés dans notre zone) font un raid de bétail et qu'on est sur la route ? Que faire quand un groupe d'énervés a trop bu ?
Quand tu sauras répondre naturellement à ces situations, quand elles ne te poseront plus problème ... alors tu seras au moins à moitié africaine ...
En fait, plus je voyage en Afrique, plus j'ai tendance à me dire que la différence culturelle est presque irréductible.
Ce n'est pas en voyageant que tu peux réduire une différence culturelle ... c'est en t'installant, à long terme, en rompant définitivement les amarres. Alors quelque part en Afrique, ce sera ton chez toi, et tu verras fondre la différence culturelle ... ou bien tes enfants au moins en seront débarassés.
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Si je peux dire ce que j'ai sur le coeur depuis un moment : Tu crois vraiment que c'est une bonne idée d'aller en Afrique pour prêcher la morale Européenne? Même si le problème contre lequel tu luttes est "atroce" pour nous Européens, est-ce que cela te paraît correct d'aller au fin fond de la brousse leur porter le message suivant - en clair : "Arrêtez ces atrocités, bande des sauvages?"
Faudrait pas t'étonner à l'occasion, de prendre une baffe, ou un coup de machette ...
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Je pense qu'il serait intéressant de rédiger justement des conseils aux ONG et expats en tirant partie de l'expérience collectée ici, dans le wiki.
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Salut Bison,
Je suis contente que tu poses la question du "qu'est-ce que vous fichez là" parce que peu de gens ont la franchise de nous la poser.
On ne va pas prêcher. D'ailleurs, tu as parfaitement raison, il n'y a aucune légitimité en tant qu'étranger à aller sur le terrain pour dire bouh c'est mal.
On coordonne plutôt des initiatives locales. Et on met en place des sessions chirurgicales pour "réparer" les femmes détruites par les mutilations et les accouchements. La sensibilisation sur le terrain, elle est faite par des Kenyanes, elles-mêmes mutilées, qui n'ont pas envie que ça continue. Le seul blanc de l'équipe, Chéri, il se fait tout petit parce que justement il ne veut pas être le blanc qui porte la bonne parole. Donc le boulot de terrain, il est fait par les locaux, et lui sert de lien avec le siège. Sans cette équipe locale, bien évidemment, ça ne marcherait pas. Et puis il y a beaucoup de filles qui fuient les mutilations et viennent se réfugier dans l'ONG. Là, on a pas prêché, on offre juste une porte de sortie.
Pour ce qui est de la "morale européenne", pourquoi le fait de ne pas mutiler les femmes serait spécifiquement européen ? Ce n'est pas parce que les mutilations sont une pratique culturelle que c'est une bonne pratique. Trouverais-tu plus légitime qu'on s'occupe des femmes victimes de viols de guerre ? Ou des enfants des rues ? Là aussi, est-ce qu'on ne devrait pas se dire "ce n'est pas notre problème, c'est une pratique locale" ? Peut-être qu'il ne faut aucune ONG occidentale en Afrique. C'est un gros débat. N'empêche que tant qu'il y a des gens qui ont besoin, faut bien que quelqu'un s'y colle.
Comme tu le vois, je suis un peu passionnée sur ce sujet... qui ne passionne personne. Ce qui me révolte, c'est que, ces femmes, si on leur enlevait un oeil, et ben ce serait moins grave pour elles en termes de santé. Et pourtant, dans ce cas, je suis sûre que toute la communauté internationale et les pays africains en particulier protesteraient d'une seule voix pour dire que c'est inacceptable et qu'il faut arrêter ça tout de suite. Je ne crois pas que dans ce cas, on en viendrait à dire que bon, c'est culturel et qu'on a pas de légitimité pour g*euler.
Voilà voilà... Là, on s'écarte franchement du topic de base ! J'ai répondu en public parce que j'ai pensé que, effectivement, tu ne devais pas être tout seul à te poser la question. Et on peut continuer en MP :)
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Je pense que le monde ne sera jamais assez sensibilisé à ce genre d'atrocités.
J'ai étudié en anthropologie, et on nous a parlé de ça un jour pour évoquer le concept de relativisme culturel... ben j'ai pas relativisé grand chose ce jour là >:(
Le relativisme culturel c'est bien beau tant que ça n'a pas d'impact sur la santé ou sur la qualité de vie, mais un truc comme ça, perso, je relativise rien du tout. C'est MAL. C'est mal parce que ça a des conséquences sur la santé physique, mentale et sociale... Ca raccourcit la vie. Ca doit cesser, point barre.
Je t'encourage, si tu le souhaites, à faire un topo complet là-dessus, avec images si tu veux (suffira de mettre un avertissement dans le titre du fil que tu lanceras). Si les gens voyaient ça, et avaient conscience des conséquences sanitaires du truc, ça serait plus difficile de faire comme si de rien était.
David
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Alors si vous voulez une bonne nouvelle en cette matière, je peux confirmer que le nombre de femmes victimes d'excision en France a chuté en dix ans de manière significative (cf. Rapport d'information, Journal officiel de l'Assemblée nationale n° 1799, 7 juillet 2009, pp. 66 et s. http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i1799-t1.pdf).
Cette baisse est due :
- aux évolutions du droit pénal et procédural français en matière de mutilations sexuelles même commises à l'étranger sur des personnes certes de nationalité étrangère mais qui ont séjourné en France ;
- aux évolutions des mentalités sur cette question.
En clair, non seulement il y a moins d'excision pratiquées sur le territoire français mais en plus il y a moins de filles vivant en France emmenées à l'étranger pour être excisées.
C'est peu à l'échelle mondiale mais c'est déjà pas mal.
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@David. Je n'aurais (et n'ai) pas mieux dit. Je vais tenter de récupérer des photos et de faire ça. Ca va demander un peu de boulot mais ça sera super intéressant à faire (et à lire, j'espère bien !)
@g-dag, oui, c'est une bonne nouvelle ! Je rappelle qu'il y a plusieurs "types" d'excisions et que, dans certains cas (les plus simples... Pas ceux du Kenya...), c'est "opérable". Voir sur cette réparation (et sur toutes les douleurs qui la précèdent et en découlent) le blog de "papillon" : http://survivance.blogspot.com/ (http://survivance.blogspot.com/)
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Salut à Tous,
J’avais présenté l’année dernière mon EDC, Kit pour voyage dans les pays chaud…version Tchad.
Je suis cette année au Niger, contexte différent, boulot différent, Log différente, donc Kit légèrement adapté… (pour chipoter...hein.. !!!)
Le contenant : Je suis passé d’un sac a dos 25l à un Jumbo Versipack EDC de Maxpédition. Plus petit, mais idéal pour aller à l’essentiel, et surtout l’emmener partout (sorite resto ou détente en capitale, soirée de l’ambassadeur, le prendre tout les jours avec soi….). Un peu ma Version du Sac à main de ses dames…(aie..), mais avec mon contenu à moi.
Contenu du Jumbo :
- Gourde Nalgéne 1L (avec un tour de papier alu et une vielle chaussette à mouiller pour essayer de garder l’eau fraiche)
- Téléphone Satellitaire (Thuraya ) et deux batterie de rechange
- Gel au poivre (TOE Pro)75 ml ( ca y est je m’y suis mis)
- Couteau Multifonction Leatherman Wave ( modèle de + de 10 ans)
- Lampe Maglite AA Modifié (ampoule Xénon) + Piles de rechanges
- Clé USB 4 GO
- Bob ( le chapeau !)
- Lunette de soleil
- Bandana Rose
- GPS Garmin Etrex Légend HCX (la nouveauté,
- Stylo, Carnet, marqueur
- Mini gel hydro-alcoolique pour les mains
- Bouffe : café, thé sucre, chewing-gum, nougat, datte…
- Couverture de survie orange
- Mini kit dans un Zip ploc, transférable dans une poche Cargo de mon pantalon en cas de long déplacement :
Kit de survie
- 1 mini boussole
- 1 Sifflet
- 1 Photon
- 1 miroir souple
--2 Ziploc 1L
- 1 plaquette Micropur
- 2 filtres à café
- 1 barre de nougat
- 1 mini briquet Bic
- Morceau de Chambre a air
- Bougie d’anniversaire
- Duc Tape
- Fil de fer
- Cordelette d’escalade
- 2 épingles à nourrice
- Papier Aluminium
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Le Kit Med n’a pas changé répartie toujours dans deux petit Ziploc ( un pour les medocs, l’autre pour les compresses, pansements…).
Sur le Jumbo j’ai rajouté une pochette noir (trouve sur un sac d’ordi) dans laquelle j’ai mis deux paires de gant jetable ( a deux c’est toujours mieux), une bande, un sac plastique et un masque pour le bouche à bouche. Accès rapide encas d’urgence.
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J’ai toujours ma ceinture avec Zip caché, et un boker dessus. Les items dans mes poches sont toujours les memes…
Options :
En saison des pluies je rajoute un poncho Golite (ultra léger 212g et très compact, idéal pour moi car on l’oublie au fond du sac) , un spray anti moustique, prophylaxie contre le pallu.
Mes prochaines modifications :
- Acheter un vrai pansement compressif
- Lame fixe : un petit Mora Clipper ou Izula pour remplacer ma m*rde de Caterpilar
- Gourde Souple ( Platypus ou MSR 4 ou 6 L)
- La montre (modèle que j’avais en 6°) : je passerai bien sur une Casio G Sckock ( ça l’air costaud).