Vie Sauvage et Survie

Techniques et savoirs de survie => Survie en milieu urbain => Discussion démarrée par: jeremy le 24 août 2009 à 14:11:27

Titre: La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 24 août 2009 à 14:11:27
Bonjour à tous,

En premier lieu, je conseille à tous ceux qui seraient tenté de cliquer sur le bouton réponse de consulter en premier lieu l'excellent fil intitulé "désescalade": http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,5065.0.html
Oui, c'est long à lire pour ceux qui l'ont jamais lu  ;D
Ainsi, j'espère qu'on va éviter de refaire le monde ;)

J'ai ouvert ce fil parceque les mots je les ai pas. Je veux dire par là que lorsqu'on simule des situations, ou dans la vrai vie. J'arrive souvent dans des impasses de discussion. Dès "non" cathégoriques ou des "ordres" (ne faites pas si, ne faites pas ça, ne vous énervez pas).
Si je réfléchi 10 min à la réponse au calme et tout, je vais trouver un truc bien. Mais dans la réalité, ou même à l'entrainement, un oeuil sur les mains, un autre sur le copain... Mon cerveau passe en mode "réponses basiques"

J'aimerai savoir si les pros de ce forum (et les autres) ont des automatismes, des astuces...
ex : "Ca sert à rien de se mettre dans des états pareils monsieur" qui est une phrase "type" que l'on entends dans la bouche des forces de l'ordre et des portiers et qui me semble être productive car elle suggère à l'autre de relativiser sans lui donner l'ordre de le faire.
De la neuropogrammation linguistique appliquée à la self quoi...

Merci d'avance,
 :)
Jérémy
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 24 août 2009 à 14:48:27
J'ai essayé pas mal de trucs, au fil du temps. 

Des trucs hyper chiadés en apparence, du genre "vous comprenez bien que je ne peux pas vous laisser tabasser votre copine devant 12 témoins comme ça"...  perso, j'ai testé, et la réponse devient vite "ah non et alors tu vas faire quoi ?"...  voire "ah non, t'as une suggestion pour que je fasse autrement" ? :)

Les mecs énervés sont cons.  Faut le savoir à l'avance et parler simplement.

La désescalade, c'est possible seulement tant que le mec en face n'est pas vraiment monté dans les tours.  Une fois qu'il est dans le rouge, il va jauger très instinctivement la situation et la désescalade ça va plus devenir de l'intimidation un peu faux-cul, du genre double langage...  Style en surface, tu restes très poli et très courtois, et tu le vouvoies et tout, mais tout ton corps et ta position et tes phéromones trahissent ton envie de lui arracher le coeur pour le bouffer.  De là, le mec n'a pas de prise pour justifier son agressivité, et en plus il reçoit un message clair de "fais pas chier".  Si en plus tu lui laisses une porte de sortie honorable ou une alternative, la voie de moindre résistance en général c'est de passer à côté de toi pour aller faire chier quelqu'un d'autre.

Pour reformuler : c'est pas tellement ce que tu dis qui compte.  C'est la manière dont c'est dit.  Dès que l'adrénaline monte, t'es pas très apte à formuler des dialogues intelligents...  mais le mec en face n'est pas très apte à les analyser finement non plus hein.  Faut pas croire...  il est stressé aussi.  Bref...  pour moi ce qui a toujours marché le mieux, ça a été des trucs très simples et basiques, du style demande polie, dont le ton monte progressivement si le mec n'obtempère pas. 

- "SVP, monsieur, vous avez assez bu il est temps de partir, vous reviendrez demain si vous le souhaitez".  Répété en boucle, d'abord gentiment avec le sourire, ensuite froidement, ensuite froidement avec positionnement du corps... le mec qui se fait dire ça trois fois sans bouger en général, il a déjà une idée derrière la tête donc tout le reste c'est du spectacle pour s'attirer les faveurs d'éventuels témoins...  (c'est pas politiquement correct, ce que je dis là, mais bon concrètement le mec a déjà choisi la confrontation, et il est en train d'évaluer ses chances, voire de préparer sa tactique).

Et quand je dois moi refuser quelque chose à un mec, style le mec doit rester dehors :

- "Non, désolé, je sais que vous aimeriez rentrer mais la soirée est finie, plus personne n'est admis.  Vous pourrez revenir demain si vous le souhaitez...".    Ou plus simple "Non désolé on ferme, revenez demain" avec le sourire pour commencer.  Froidement ensuite.  "Poliméchamment" ensuite...  etc.

Toujours, si possible, finir la phrase en offrant des alternatives...  "revenez demain", "demandez au chauffeur"...

Gavin De Beker utilise l'acronyme JACA pour évaluer le risque de passage à l'acte des gens.

Justification
Abilité (Ability en fait, sorry pour l'anglicisme de m*rde...  faudrait dire capacité)
Conséquences
Alternatives

Il faut les 4 pour que le passage à l'acte soit possible.  Une justification (du point de vue du gars), la capacité de le faire (la capacité quoi...), la certitude que les conséquences seront positives (l'évaluation des conséquences étant une chose ultra-perso et subjective), et l'absence d'alternatives.

Le mec arrive et te provoque : il cherche une justification.  Il te jauge.  Il ne doit pas sentir qu'il est capable de te niquer.  Il évalue les conséquences : t'as des potes, tu vas porter plainte ?  T'es une vitcime facile ?  T'es un trophée prestigieux ?  Il cherche des alternatives, ou va accepter d'en voir si tu lui en offres.

En disant poliment (pas de justification), mais fermement (démonstration de ta capacité à te défendre) "désolé mais revenez demain" ou "désolé, j'ai pas d'argent, demandez à quelqu'un d'autre" (alternative), on prive le gars déjà de 3 points sur les 4... 

Un autre bon point de départ c'est de toujours pratiquer à commencer ses phrases par "je".  "je n'ai pas d'argent, désolé", "je vous ai confondu avec un pote à moi, désolé", "j'étais dans la lune, pardon, je vous ai fixé sans faire exprès..." des conneries comme ça.  Quand on commence la phrase par je, c'est difficile de dévier vers un ordre, vers une insulte, vers un truc agressif.

Mes deux bastos...

David
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jilucorg le 24 août 2009 à 15:19:09
Gavin De Beker utilise l'acronyme JACA pour évaluer le risque de passage à l'acte des gens.

Justification
Abilité (Ability en fait, sorry pour l'anglicisme de m*rde...  faudrait dire capacité)
Conséquences
Alternatives

Il faut les 4 pour que le passage à l'acte soit possible.  Une justification (du point de vue du gars), la capacité de le faire (la capacité quoi...), la certitude que les conséquences seront positives (l'évaluation des conséquences étant une chose ultra-perso et subjective), et l'absence d'alternatives.

David est trop modeste pour s'auto-citer, alors faisons-le pour lui : pour ceux qui ne connaissent pas, lire à tout prix ;) le premier post du fil (cité ici par jeremy et à lire dans son ensemble avant celui-ci si on s'intéresse) 'Désescalade verbale' —> http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,5065.msg94491.html


jiluc. (http://jiluc.net/Firefox_icone.png)
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 24 août 2009 à 16:09:29
Si tu permets, mais effectivement on en a déjà parlé, il me semble qu'il faut réunir plusieurs paramétres :


Vous aurez compris que c'est autrement plus complexe que de mettre son poing dans la gueule de quelqu'un.
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 24 août 2009 à 16:33:47
pour moi ce qui a toujours marché le mieux, ça a été des trucs très simples et basiques, du style demande polie, dont le ton monte progressivement si le mec n'obtempère pas
Donc finalement la bonne désescalade c'est l'escalade.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 24 août 2009 à 17:00:11
Oui mais pas n'importe quelle escalade.  Faut pas justifier son agressivité.  Faut justifier, au contraire, sa propre légitimité à devenir méchant, et ça, ça se fait en demandant la chose gentiment au moins une fois et de manière très courtoise.

L'autre jour à 4h du mat on bivouaquait près d'un lac et des mecs sont arrivés comme des tarés en bagnole, on sorti les bières et ont continué la fiesta en beuglant et en jetant des cailloux dans le lac...  ils étaient trois avec des cailloux dans les mains, tous bourrés...  quand je suis descendu leur demander de baisser le niveau sonore, ça aurait pu très mal tourner pour ma gueule.  J'ai demandé gentiment une fois.  Ils ont fait style d'argumenter, je leur ai proposé d'aller 500m plus loin et là ils m'ont dit qu'ils s'étaient déjà fait jeter par l'auberge d'à côté...  et là j'en ai rajouté une couche du style "bah c'est un peu normal non ?  Vous avez vu le bordel que vous mettez les gars ?"... mais style sympathique quoi.  Et je rajoute sur le ton de la blague "vous devriez au moins arrêter de jeter des cailloux là, parce que mes potes, ma femme et mes gamins ils ont bien envie de vous en lancer à VOUS, des cailloux"...  j'ai dit ça en rigolant, l'air sympa et tout, mais bon y'avait plusieurs messages à décoder "il est plusieurs", "y'a des gens qui regardent", "ils sont fâchés"...  Tout ça plus le fait que j'étais descendu les voir sans me dégonfler et que j'étais plutôt calme et zen, ils se sont dits que c'était pas bon pour leur karma de faire chier...  mais JE NE LES AI JAMAIS MENACES, ils sont repartis dignement, sans avoir été humiliés... 

Bref, l'art d'être implicitement menaçant, tout en étant ouvertement poli.  Style "là je suis cool mais ça pourrait changer".

Ciao ;)

David
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Moleson le 24 août 2009 à 17:19:11
Oui mais pas n'importe quelle escalade.  Faut pas justifier son agressivité.  Faut justifier, au contraire, sa propre légitimité à devenir méchant, et ça, ça se fait en demandant la chose gentiment au moins une fois et de manière très courtoise.

L'autre jour à 4h du mat on bivouaquait près d'un lac et des mecs sont arrivés comme des tarés en bagnole, on sorti les bières et ont continué la fiesta en beuglant et en jetant des cailloux dans le lac...  ils étaient trois avec des cailloux dans les mains, tous bourrés...  quand je suis descendu leur demander de baisser le niveau sonore, ça aurait pu très mal tourner pour ma gueule.  J'ai demandé gentiment une fois.  Ils ont fait style d'argumenter, je leur ai proposé d'aller 500m plus loin et là ils m'ont dit qu'ils s'étaient déjà fait jeter par l'auberge d'à côté...  et là j'en ai rajouté une couche du style "bah c'est un peu normal non ?  Vous avez vu le bordel que vous mettez les gars ?"... mais style sympathique quoi.  Et je rajoute sur le ton de la blague "vous devriez au moins arrêter de jeter des cailloux là, parce que mes potes, ma femme et mes gamins ils ont bien envie de vous en lancer à VOUS, des cailloux"...  j'ai dit ça en rigolant, l'air sympa et tout, mais bon y'avait plusieurs messages à décoder "il est plusieurs", "y'a des gens qui regardent", "ils sont fâchés"...  Tout ça plus le fait que j'étais descendu les voir sans me dégonfler et que j'étais plutôt calme et zen, ils se sont dits que c'était pas bon pour leur karma de faire chier...  mais JE NE LES AI JAMAIS MENACES, ils sont repartis dignement, sans avoir été humiliés... 

Bref, l'art d'être implicitement menaçant, tout en étant ouvertement poli.  Style "là je suis cool mais ça pourrait changer".

Ciao ;)

David

la désescalade, je trouve très dur et dans les simul, je suis plutôt nul. Ton truc du je...intéressant.

Mais quand même il y a des gabarits quand ils te disent quelque chose t'as tendance à les écouter, car le message implicite s'il est donné par 120Kg ou 60Kg c'est pas le même message, surtout si les 120Kg ont une certaine expérience pour mettre des baffes.
Donc la désascalade c'est un peu favorisé par rapport à la personne qui la pratique, même topo d'ailleurs si tu as un rôle officiel et qu'en dernier recours t'as le droit d'imprimer au quidam la marque de ton bâton  téléscopique dans la gueule.


Moléson
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 24 août 2009 à 17:56:01
Mais quand même il y a des gabarits quand ils te disent quelque chose t'as tendance à les écouter, car le message implicite s'il est donné par 120Kg ou 60Kg c'est pas le même message, surtout si les 120Kg ont une certaine expérience pour mettre des baffes.

C'est sûr.  Mais 120kg qui se chient dessus, ça a toujours fait bien moins peur que 60kg qui se tiennent debout.

David
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 24 août 2009 à 17:58:25
Bref, l'art d'être implicitement menaçant, tout en étant ouvertement poli.  Style "là je suis cool mais ça pourrait changer".
Je crois qu'il y a quand même un problème de compréhension parce que tout ça c'est justement de l'escalade. Tu vas te coltiner à des mecs qui, si ils sont des connards qui font te dérangent, n'ont pas a priori d'intentions belliqueuses envers toi. Et grosso modo moins ils réagissent plus tu les provoques même de manière voilée en les menaçant de leur lancer des pierres. En gros c'est toi qui amène l'idée de violence physique dans une situation ou il n'en était a priori pas question.
On peut comprendre que le concept de désecalade soit difficile à appréhender pour des gros balaises méchant mais tout le monde n'est pas en permettre de menacer les gens même de façon voilée, et même les méchants finissent par tomber sur plus méchants qu'eux.

C'est sûr.  Mais 120kg qui se chient dessus, ça a toujours fait bien moins peur que 60kg qui se tiennent debout.
Là encore tu pares du principe que tu peux faire peur au gars. Même en admettant que ce soit dans l'intérêt du gars lui même c'est pas toujours évident notamment pour les gars bourrés, drogués ou autres.
Et dans ce cas là ta méthode de menaces subtiles à des mecs plus capables de les comprendre c'est justement doucement mais sûrement pavé le chemin jusqu'au moment où tu te seras assez justifié pour leur défoncer la gueule.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 24 août 2009 à 18:15:17
Mouais, bon.  Mon exemple n'étais justement pas une situation de désescalade, mais plutôt une négociation pour qu'ils arrêtent de faire du bruit.  J'ai demandé une fois gentiment, ils ont commencé à argumenter sur leur bon droit de foutre le bordel.  J'ai monté la tension d'un cran.  Volontairement.  Donc là oui, c'était de l'escalade...  mais dans un cas comme dans l'autre, on est dans un rapport de force et de négociation.  

Mon exemple était surtout là pour illustrer le fait qu'il faut envoyer deux messages à la fois :

1) je cherche pas la m*rde et je suis sympa, et ma demande est légitime ;
2) je suis potentiellement dangereux et t'as pas envie d'aller sur ce terrain là...

Le tout avec zéro provocation explicite, pas de menace directe, et pas d'humiliation.

On confond trop souvent désescalader et baisser son froc...  Dans une situation tendue, parfois baisser son froc va faire en sorte que le mec en face passe à l'acte, parce que parfois la seule chose qui les retient est leurs doutes sur leurs capacités à avoir l'avantage...  Si tu te retrouves face à un c*nnard qui jauge ta capacité à te défendre et que tu fais trop dans la politesse et la non-violence, tu risques aussi de bouffer tes c*u!lles en tartine...  parce que tu ne lui auras pas semblé être un adversaire ayant le moindre répondant.

L'idée, justement, c'est de jouer sur plusieurs niveaux simultanément : le faire douter de sa capacité à te défoncer facilement SANS fournir de justification à un passage l'acte.  

moins ils réagissent plus tu les provoques même de manière voilée en les menaçant de leur lancer des pierres. En gros c'est toi qui amène l'idée de violence physique dans une situation ou il n'en était a priori pas question.

Non, ils cherchaient à argumenter et à me faire gober par A + B qu'ils avaient parfaitement le droit de jeter des pierres s'ils en avaient envie...  Ceci dit, si j'avais vraiment voulu être sûr de ne pas avoir d'ennuis avec eux, je serais resté tranquillement planqué dans mon hamac et j'aurais attendu le lendemain pour dormir... ;)

Là en l'occurence, c'est une illustration du principe du double message, pas un exemple de désescalade.

Là encore tu pares du principe que tu peux faire peur au gars. Même en admettant que ce soit dans l'intérêt du gars lui même c'est pas toujours évident notamment pour les gars bourrés, drogués ou autres.

Sans même parler de faire peur, c'est rare d'avoir un mec en face qui soit déchiré au point de ne plus du tout avoir le sens du danger...  Et quand ça arrive en général, tu perds pas trop trop de temps à discuter...  tu les évites et/ou tu réagis... 

David
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Thanos le 24 août 2009 à 18:42:20
Pour les quelques cas de désescalade que j'ai connu, j'ai l'impression que la redondance des arguments est importante, utiliser les mêmes mots sur le mêmes ton posé tout en faisant remarquer le ridicule du quiproquo.

J'ai réussi à me faire rendre mon portable par un pick-pocket belliqueux qui me tenait par la gorge dans le métro en appliquant ce principe. :-\
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 24 août 2009 à 18:45:19
Attention aux recettes miracles. Il y a des choses qui marchent ce jour là (dans un état d'esprit donné) avec ce mec là et qui ne marchera pas une autre fois.
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Thanos le 24 août 2009 à 18:48:44
Attention aux recettes miracles. Il y a des choses qui marchent ce jour là (dans un état d'esprit donné) avec ce mec là et qui ne marchera pas une autre fois.

Ah c'est certain, de toutes façon il ne faut pas se focaliser sur une "méthode" et toujours être prêt à embrayer sur autre chose (que ce soit une action psychologique ou physique) si on voit que ca ne "marche" pas...
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: sharky le 24 août 2009 à 18:54:11
Salut,


Je pense aussi que celà doit rester assez spontané et ne pas ressembler à un mauvais jeu d'acteur en recherchant des phrases toutes faites.

J'ai commencé mon boulot de d'assistant social à 22 ans et j'appréhendai les situations un peu chaudes (qui sont quasi quotidiennes). Peur de ne pas réagir, peur de la façon de réagir, peur d'avoir peur.
Il m'a fallu du temps pour travailler çà et développer des compétences en désescalade.
Je prends maintenant ses situations de façon très sereine, je me connais, je connais les limites de ce que je peux entendre.
Et puis des fois quand çà veut pas, çà veut pas. Il faut aussi être deux pour la désescalade, quand le mec laisse le curseur sur "gros c*n énervé" malgré les perches que tu lui tends faut savoir arrêter de se prendre la tête.
Celà m'est arrivé il y a pas longtemps, le type a laissé le curseur pour m'impressionner malgré mes tentatives d'apaiser, je lui ai dit que je n'étais sensible  à sa volonté de m'impressionner.
Il a franchi la ligne en me menaçant de me retrouver hors des murs de l'institution pour... J'ai mis fin à l'entretien et l'institution va déposer une main courante.

Stéphane

Edit: je rédigais mon post pendant que Patrick postait.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Gros Calou le 24 août 2009 à 19:13:52
Il faut aussi tenir compte des interventions extérieures ou surprises.

Un exemple pour illustré.

A l'époque pour mettre du beurre dans les épinards, j'étais "surveillant, videur" dans un bowling. Le bowling était en sous-sol, c'était l'été et les portes battantes à l'entrée étaient ouvertes. A un moment on entends un petit bordel, des éclats de voix et des rires venant du hall à l'étage supérieure. Je monte et trouve un groupe de 5 lascars en train de fumer des joints et rigoler. L'un m'apostrophe, je pense pour la frime car leur pétards étaient allumés en me disant "tiens toi tu tombes bien, donne moi du feu", pas de problème j'avais toujours des pochettes du bowling dans les poches au cas où. Le gars ne me remercis pas et me rétorque "qu'est ce que tu viens nous casser les c*u!lles en se levant" je lui réponds très calmement "non je viens pas vous casser les burnes, mais vous avertir, vous êtes dans une propriété privée, des gens habites au-dessus, si ils entendent un peu de bordel ou si il vous voit fumer des pètes, il vont appeler la police et ça va faire un foin du diable, vous vous allez être embarqué et moi je vais devoir allez au commissariat pour m'expliquer, j'ai autre chose à faire, je veux éviter des désagréments pour vous et pour moi" les esprits se calme et le gars me réponds un ton en dessous "ouais ok on fument des pètes, mais on fais pas de mal quoi", je lui réponds "ok, pour moi y a pas de problèmes, mais je gère pas les habitants de la résidence et croyez-moi c'est arrivé plusieurs fois la police a débarquée pour moins que ça, y a un square à 30 mètres en sortant du porche, c'est l'été, allez vous éclater là-bas, personne viendra vous emmerder" là le groupe se lève et le même gars, me dit t'es un mec bien, ouais on va y allez dans ton square" et là le gérant du bowling débarque exité comme un con avec une demi queue de billard à la main. Résultat des courses, on s'est battu, on en a pris plein la gueule et oui 5 contre 2, la police est venue, ça a été un bordel pas possible, l'établissement à failli être fermé.

Donc je pense AMHA, qu'il faut calmer les nervis et faire attention aux éventuels intervenants, si c'est possible.

Je sais ce sont des situations à multiples facettes et très compliquées, mais je tenais à le souligner.

Si cela ouvre des portes sur trop de citations ou trop de "moi j'aurais fait ceci cela", dites le moi, je fais voler mon post.

Amitiés.

 ;)





Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 24 août 2009 à 19:21:24
Donc je pense AMHA, qu'il faut calmer les nervis et faire attention aux éventuels intervenants, si c'est possible.
Dans une boite où je bossais y'avais comme ça un barman nervi qui chauffait les mecs et qui s'abritait ensuite derrière nous quand ça partait en live un jour qu'il faisait encore son nerveux, je l'ai jeté dehors et fermé la porte.

On a trouvé ensuite des traces de griffures profondes sur la porte et quand on l'a sortit de la fosse au lion il a plus jamais fait le méchant  ;D
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Gros Calou le 24 août 2009 à 19:31:49
Ca met arrivé aussi au petit matin un pseudo pote qui cherchait la baston et au point de rupture nous avait dit "bon les gars j'vais acheter les croissants", un matin il a fini dans une poubelle.

Il est vrai que bosser dans des boîtes, bar etc... Forme, tu rencontres toutes sortes de population et cas de figure, j'ai énormément appris dans ce bowling, jusqu'à ce soir (situation précèdante) ou j'ai pris ma veste et je me suis barré  ;)

Mais il y aurait des heures à raconter ces anecdotes, j'en ai plein mon sac à dos et qq traces sur le corps.

 ;)


Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 25 août 2009 à 01:10:29
Salut,

Tout d’abord, ça me tue que vous ne m’ayez pas déjà sorti au moins 5 références de bouquins qui traitent de la question dans les deux premiers post. Ca se relâche les gars !
 ;D

Ensuite, ce fil peut sembler être issu d’une pulsion masturbatoire, mais il ne l’est pas.

J’en veux pour preuve que face aux grosses situations de crise, l’armée et la police ont mis en place des groupes d’intervension spécialisés. Dans chacun de ces groupes il y a un négociateur. Ouai, moi aussi j’ai vu pleins de films. Ce gars là
- Essaye de trouver une issue soft au conflit
- Renseigne son équipe sur l’état psychologique du forcené et les forces en présence

En gros, on est l’équipe à nous tout seul. Et pour moi en tous cas, la formation du négociateur est ultra lacunaire. Je sais pas si il jouait à la play toute la journée pendant que les autres s’entraînaient mais c’est le boulet de l’équipe  ;D .

J’espère avoir convaincu les sceptiques sur l’intérêt du sujet.

Un truc que j’ai remarqué c’est que quand je vouvoie les gens, direct ils tiquent et se disent « il y a un truc bizarre ». Je ne sens pas dans leur regard « Oh comme ce monsieur est poli, quelle agréable entretien ». Je crois que ça n’a rien à voir avec la politesse en fait. Je pense que c’est plutôt du domaine de l’autorité.

J’explique par un exemple: Quelqu’un dans votre dos vous appelle dans la rue. Vous ne le voyez pas, mais vous l’entendez vous héler :
 « Yo mec ! »



Mais si cette personne vous crie plutôt : « Mon frère ! »



ou « jeune homme s’il vous plait !»,

Vous aurez formé dans votre cerveau trois personnages différents avant même de vous être retourné.
Le premier, plutôt jeune, étranger à la politesse, donc mal élevé, de culture HipHop donc plutôt urbain ; le deuxième qui se sent le frère de tout le monde sur terre, plutôt babacool, le troisième une génération au dessus de vous, poli il essaye d’attirer votre attention sans être cavalier. Il est donc respectueux.
Vous aviez peut-être déjà mis une casquette au premier, un chapeau au troisième…On a plein d’ancrages comme ça.
Tout ça pour en venir au fait que je crois que celui qui dit « vous », c’est l’autorité à l’école, c’est la police, c’est les portiers, c’est l’administration, le médecin. C’est l’étranger, la froideur. La personne que l’on doit respecter parce que c’est dans les codes de la société. Dans les reportages sur la justice on voit souvent les personnes dire Mr XXXX. Ca renforce encore l’autorité je trouve. Mr XXXX, venez. Qu’avez-vous fait Mr XXXX.

J’en viens au fait que je me demande s’il n’est pas stratégique d’employer le « nous » à un certains moments du processus. J’explique, je ne sait plus qui a expliqué très clairement sur le forum qu’on détruit l’autre, l’étranger (tiens c’est David je crois d’ailleurs ?!). Le fait de dire « nous » à la place de « vous » crée une communauté :

« Restons courtois s’il vous plait » ; « Nous allons régler ça » ; « Nous allons dresser un constat » « Nous nous sommes mal compris » « Nous ne sommes ni l’un ni l’autre là pour créer des problèmes »…
Je sais pas, peut être le « nous » pour les verbes d’action, le « vous » pour faire pression par l’autorité ?

Quand au « je », je perçois parfaitement l’intérêt pour éviter de dire des conneries et de donner des ordres peu subtils et contreproductifs. Mais le « je » ne risque t’il pas de diriger l’agressivité sur soi ? Il y avait cette super vidéo de Richard Dimitri je crois ou on le voyait expliquer qu’il fallait rediriger l’agressivité vers l’extérieur. On le voyait montrer du doigt un chose côte à côte avec la personne plutôt que face à face…

Autre question aussi : Patrick, :) tu as lu le fil et tu as posté une réponse mais tu n’es pas intervenu précisément sur la question. Ton silence est une réponse par elle-même mais elle demande quelques précisions de ta part si tu veux bien. Peux-tu m’éclairer stpl ?

Merci à tous en tous cas pour vos éléments de réponse et retours d’expérience,

Bien à vous, (le « vous » là, c’est parce que vous êtes plusieurs hein, c’est pas pour la distance ;D )

Jérémy
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Humain le 25 août 2009 à 12:25:12
Salut  :)
Ma toute petite expérience en tant que femme face à un ou plusieurs hommes:
si une confrontation n'offre pas de possibilité de "fuite" et que l'agresseur à visiblement envie que la situation dégénère, il est possible  de le déstabiliser en réagissant exactement à l'inverse de ce qu'il attend. Le but est de changer la vision que l'agresseur a de l'agressée. Passer du statut de proie, d'ennemie, de "chieuse", etc selon les cas, à celui d'alter ego, ou bien tout simplement le rassurer sur sa positon de mâle alpha, éventuellement digne de l'intéret de toutes les femelles du coin et du respect des autres mâles (même si on en pense pas un mot). Chaque cas est différent et nécessiste de s'adapter instantanément pour offrir une défense verbale crédible. Et cette adaptation doit ce faire au fur et à mesure de la résolution du conflit pour éviter d'aller dans une voie encore olus dangeureuse à terme.

  l'Humain
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 25 août 2009 à 12:53:42
Autre question aussi : Patrick, :) tu as lu le fil et tu as posté une réponse mais tu n’es pas intervenu précisément sur la question. Ton silence est une réponse par elle-même mais elle demande quelques précisions de ta part si tu veux bien. Peux-tu m’éclairer stpl ?
Franchement, en l'absence de situation, précise et vécue je ne peux que me contenter de mes interventions plus haut :

Si tu permets, mais effectivement on en a déjà parlé, il me semble qu'il faut réunir plusieurs paramétres :

  • une vision claire de mon rôle et de ma marge de manoeuvre (suis-je un simple citoyen ou un insitutitonnel, puis-je, dois-je contraindre ou résister y compris par la force
  • identifier le mode de fonctionnement de la personne cible, ce qui motive son opposition (est-elle plus intéressée par la solution ou le problème par exemple, quel est son niveau, de comprehension, culturel
  • en fonction de cette analyse, adapter le discours afin que la cile le comprenne et l'assimile
  • que la communication non verbale soit congruente avec le discours
  • ne jamais cesser d'observer l'évolution de la personne et la réaction des témoins qui pourraient devenir des supporters

Attention aux recettes miracles. Il y a des choses qui marchent ce jour là (dans un état d'esprit donné) avec ce mec là et qui ne marchera pas une autre fois.

Parce que les recettes toutes prêtes ça ne marche pas selon la situation.

Par exemple le "restons courtois" c'est l'archétype du truc qui marche jamais parce que soit le gars s'offusque que tu les prenne de haut, soit il comprend totu simplement pas ce que tu lui dit (je me vois bien tenter un "restons courtois" avec mes clients  :lol:).

Donc je suis tout simplement infoutu de te répondre car pour recommander une chose plut^to qu'une autre il faudrait que:

Le seules choses que je peux te dire c'est que d'une façon générique quand je suis amené à intervenir en milieu d'accueil social,

1. je veille à préserver la sécurité des agents d'accueil et des visiteurs (c'est à dire prendre le relais du dialogue ou de l'opposition en éloignant les autres personnes de l'individu

2. ensuite collecter le maximum d'informations en le faisant verbaliser, reformuler et croiser les informations afin de me faire une idée la plus précise possible sur la réalité de la situation et ma marge de manoeuvre.

3. lui faire comprendre les sorties qui lui sont possibles et les limites

4. que dans le cadre de ces possibilités je suis disposé à l'aider s'il me respecte comme je le respecte

5. que pour le cas où il voudrait en passer par le mode méchant il soit persuadé que je vais lui poser des problèmes.

En dehors de cette trame, trop de paramètres différents endogènes et exhogènes.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 25 août 2009 à 22:57:22
Salut Patrick,

Merci pour ta réponse.
Effectivement, sans exemple précis c'est difficile. Il doit bien y avoir des gens qui se sont penchés sérieusement sur le problème. Au moins des anglophones...

Jérémy
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: sharky le 26 août 2009 à 09:31:40
Voici quelques notions de communication venant de la systémie, de la PNL et l'analyse transactionnelle.
Elles viennent de mes notes prises lors d'un séminaire sur la gestion de l'agressivité et de la violence en institution médico-social.
A chacun de voir ce qui est bon à prendre pour sa pratique de la désescalade.
J'en ai d'autre si celà intéresse

L’OBSERVATION

Visuel

Attitude/ Posture
Mouvement/ Gestes
Angle corps/ Tête
Micro mouvements
Respiration
Tonus Musculaire
Couleur de Peau (blafard, empourprée… Pas noir/blanc)
Mimique
Regard/ Sourcils
Lèvres/ Narines
Déglutition


Auditif

Volume de la voix
Débit
Rythme
Amplitude
Ton
Changement de tonalité
Timbre
Articulation
Choix des mots
Niveau du langage
Structures des phrases


Kinesthésique

Forme
Poids
Volume
Texture
Température
Densité
Consistance
Degré d’humidité
Elasticité
Mouvement





LA CALIBRATION

Calibrer, c’est reconnaître, lorsqu’elle se représente, la configuration des paramètres sensoriels observés précédemment.

La calibration permet de repérer chez une personne à un moment précis, les indicateurs externes qui correspondent à un état interne donné. Ainsi, si nous retrouvons la même configuration de paramètres, nous savons que notre interlocuteur expérimente le même état interne.

LA CONGRUENCE

Une personne est congruente lorsqu’il y a accord entre ce qu’elle pense et ressent d’une part et ce qu’elle dit et montre d’autre part. Elle a alors le sentiment d’être aligné, en accord avec ses valeurs.
Cet état est observable au travers des messages verbaux et non verbaux qu’elle communique et qui vont dans la même direction.
Une personne est incongruente lorsqu’il y a écart entre ce qu’elle pense et ce qu’elle dit. Dans ce cas, on peut remarquer une divergence entre certains messages verbaux et non verbaux observables.

LE NŒUD  RELATIONNEL

Chaque être humain a toujours raison compte tenu de sa façon de voir le monde. Il ne dispose parfois pas d’autres options conscientes dans un conteste donné.
Quels que soient les situations les comportements d’une personne, la rencontrer nécessite de rentrer dans son monde.

LES PRECEPTES DE BASE

La carte n’est pas le territoire
Bien que le monde soit réel, nous n’opérons pas directement sur cette réalité. Chacun de nous construit sa vision du monde, et celle-ci diffère d’un individu à un autre.

Une personne fait le meilleur choix parmi ceux qui lui paraissent possibles
Le comportement humain est cohérent  avec le modèle du monde dont il découle, et une personne fait le meilleur choix parmi ceux dont elle est consciente

Plus on a de choix, mieux çà vaut
Dans une situation donnée, c’est la personne qui a la plus grande marge de manœuvre qui prend le contrôle. Ayez plusieurs cordes à votre arc.

On ne peut pas ne pas communiquer
Qu’on parle ou qu’on se taise, et qu’on le veuille ou non, tout comportement est une communication

Rencontre l’autre dans son modèle du monde
Pour établir et maintenir le rapport avec un interlocuteur, commencez par le rencontrer sur son propre terrain.

Le niveau inconscient de la communication est le plus important
Dans un entretien, c’est le niveau inconscient de la communication qui détermine le tour que prend la relation

La signification d’un message est donnée par la relation qu’il suscite
En matière de communication efficace, le résultat compte plus que l’intention. C’est la réaction de votre interlocuteur qui vous renseigne su l’impact réel que vous avez sur lui.

Les être humains sont toujours plus complexes que les théories qui lui décrivent
Les théories sont à double tranchant. Ne réduisez pas une personne à ne explication.

Les ressources sont dans la personne
Quelque part dans son histoire, un individu possède les ressources dont il aurait besoin

Le cadre dans lequel une situation est perçue détermine le sens qu’on lui accorde



Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: sharky le 26 août 2009 à 10:52:50
L’ECOUTE ACTIVE

Créer un climat de confiance  et de respect mutuel, propre à recueillir des infos, sans jugement, ni interprétation.

Les différentes modalités :

L’écoute silencieuse :
2 Raisons d’intervenir :
Montrer que vous suivez « hum », « c’est çà », hochement de tête
Montrer que vous ne suivez plus en partant de ce que vous avez saisi : « ce que je comprends c’est… par contre, je n’ai pas compris… »

La relance
Reprise de la dernière phrase sous la forme interrogative
« Cliquer » sur un mot important pour chercher l’expérience qui lui est associée
« Et là, je me suis senti bien ! »
« Quand tu dis « bien » ? (silence et contact non verbal) »

Le résumé
Synthèse de ce qui a été dit et ressenti, sans ajouter d’info.
But : arrêter votre interlocuteur en lui montrant que vous l’avez entendu, accuser réception de l’info donnée
Attention : Ne présenter votre point de vue que lorsque que vous avez résumé avec succès, celui de l’autre


LES JEUX PSYCHOLOGIQUES


Nous jouons, parfois, des jeux inconscients qui faussent la relation.
Qu’est ce qu’un jeu : c’est une transaction ayant un mobile caché, qui est inconscient. Elle se répète, entraîne de la confusion et le désir de rejeter la responsabilité sur l’autre. C’est à terme une pratique perdant-perdant.

Victime
Elles lancent des appellent au secours et oublient quand cela les arrange. Elles disposent de comportement confus.
« C’est de ma faute, chaque fois que je fais quelque choses voilà ce que cela entraîne… »
Contre proposition : Je suis responsable de ce qui m’arrive
Pour en sortir : Refuser d’être sauvé et réclamer la sincérité.

Sauveur
Ils sont faussement serviables pour garder les autres sous leur dépendance. Ils n’aident pas réellement et au fond ne le désirent pas véritablement. Ils travaillent à maintenir l’autre dans sa position de victime afin de perpétuer leur propre rôle.
« Ne vous inquiétez pas, je suis là, je m’occupe de tout »
Contre proposition : Je ne peux sauver l’autre à sa place…Je ne le mets pas en position de victime
Pour en sortir : Rendre sa responsabilité à la personne. Induire qu’elle a les ressources en elle pour faire autrement. Exiger qu’elle fasse sa part de travail. Ne faites pas ce que vous ne voulez pas vraiment faire. N’acceptez pas de déclaration d’infériorité. Eviter tous signes de supériorité. Passer des contrats.

Ces deux rôles mènent inévitablement au 3ème :
Persécuteur :
Ils établissent des règles irréalistes et les mettent en pratique avec dureté. Ils s’en prennent aux plus faibles.
« Vous êtes pires que les autres, il faut tout faire à votre place, si j’étais à votre place, il y a longtemps que cela serait réglé… »
Contre proposition : Je ne donne ni ordre, ni reproche, ni conseil, je ne parle pas sur l’autre, je dis ce que je ressens, je ne défie personne.
Pour en sortir : Je rends à l’autre ce qui lui appartient , ses objectifs, sa motivation.


SITUATIONS EXTREMES

Triangulez la situation
« Et Pierre arrive justement, nous allons pouvoir en parler avec lui »

Prescrivez le comportement

« Je suis content qu’il y ait des personnes comme vous qui vérifient tout et disent tout haut ce que d’autres pensent tout bas »

Prenez les positions extrêmes pour permettre à la personne de se recadrer elle-même

« Je vais tout casser dans votre baraque »
« Après tout, je pense que c’est une bonne idée, moi, si j’étais à votre place, je commencerais directement par le siège régional c’est à deux pas d’ici »
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 26 août 2009 à 12:08:21
Merci beaucoup Sharky!  :up:
 :)

Merci pour la restranscription des notes et le temps consacré à faire un truc bien propre bien compréhensible.

C'est exactement le type d'info que je cherche, même si j'avais ciblé mon post sur le phrasé afin que le fil ne parte pas dans tous les sens.

Si tu as d'autres truc et le courrage, ça m'intéresse. Et je suis sûr de ne pas être le seul.

Je suis persuadé que tout ce qui est du domaine de la NLP est ultra intéressant en Self. Dans une grosse situation de stress les comportements sont très marqués, et à mon avis il n'y a pas besoin d'être un super expert pour détecter les intentions. Pareil, pour communiquer efficacement, je suis sûr qu'avec quelques bases il y a moyen de bien améliorer le bordel

 ;)

Jérémy
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: ** Serge ** le 26 août 2009 à 12:45:07
Dans une grosse situation de stress les comportements sont très marqués, et à mon avis il n'y a pas besoin d'être un super expert pour détecter les intentions.

Vrai, mais faux.
Car tous les protagonistes connaissent l'Adrenal Dump Stress. Donc, c'est celui qui sera le plus apte ( par expérience et/ou entraînement/induction ) à en gérer les effets qui sera le plus capable de lire et d'analyser les signes.

Donc, et malheureusement, si ... il y a un certain niveau d'expertise ( au sens littéral du terme ) à acquérir pour détecter correctement les intentions ( au-delà de l'artifice, des techniques d'interview, des stratégies d'embuscade ).
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Humain le 26 août 2009 à 12:55:12
Salut Sharky  :)
 :up: excellent résumé je trouve. Je me permettrai juste une petite remarque


Plus on a de choix, mieux çà vaut
Dans une situation donnée, c’est la personne qui a la plus grande marge de manœuvre qui prend le contrôle. Ayez plusieurs cordes à votre arc.


Je modulerai cette affirmation en rajoutant ceci:
Dans une situation donnée, c'est la personne qui fait la meilleur analyse de la situation et qui sait y répondre spécifiquement qui prend le contrôle, quelle que soit sa marge de manoeuvre initiale.     
Autrement dit, même avec peu de marge de manoeuvre, une réponse parfaitement ciblée sera plus efficace que l'utilisation de tout un panel d'outil trop polyvalent ou complètement inadaptés (ce qui peut arriver lorsque on ne sait pas choisir entre trop d'options). 

L'idéal étant d'avoir plein de corde à son arc ET d'être capable de choisir "instinctivement" la bonne corde pour atteindre telle ou telle cible.


  l'Humain
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 26 août 2009 à 12:58:15
Salut Serge,

Tout à fait d'accord avec toi. C'est comme ça que je l'entendais en fait ;)

C'était pour faire la différence avec le niveau d'expertise qu'il faut développer pour détecter un menteur professionel par exemple...

Pour prendre un exemple tout bête:
- Le truc des yeux :
Pour faire court, en fonction de ce que vous êtes en train de visualiser un truc dans votre mémoire ou de le créer de toute pièce, vous regardez en haut à gauche ou en haut à droite (cas général avec de nombreuses exeptions... Pas une règle absolue...).
Allumez la télé et regardez une interview ou une emission littéraire et observez... Surtout quand dans une interview le journaliste pose une question génante.

ca c'est un truc tout bête que j'utilise dans ma vie de tous les jours et que je mettrai en oeuvre en désescalade si mon taux d'adrénaline le permet... En fonction de la situation donc (Adrenalin pump comme tu dis ;) )

:)

Jérémy
Titre: Re : Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Eric Lem le 26 août 2009 à 13:07:19
Vrai, mais faux.


En effet, je crois que Sergio mets le doigt sur un truc hyper-important.

On semble souvent partir du principe que "l'autre" est un être binaire ("content / pas content") et que le seul fait de le faire basculer verbalement du côté "content" va régler la situation.
La plupart des techniques de communication "oublient" le fait qu'un individu peut aussi avoir un comportement raisonné dont la finalité voulue est l'affrontement.
C'est typiquement le cas des vrais prédateurs qui vont "endormir" leur proie avant d'attaquer.

Avec ce genre de personnage, je ne pense pas que les règles "classiques" de communication puissent s'appliquer, car ils vont répondre de façon "correcte" aux différents stimulis qu'on leur envoie, sans pour autant que ça affecte leur plan d'action.
Je me demande même dans quelle mesure le fait de tenter de "désescalader" ce genre d'individus ne constitue pas un danger un soi, un peu comme un serpent qui voudrait hypnotiser son reflet dans le miroir.

Heureusement, ce n'est peut-être pas le cas le plus répandu.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 26 août 2009 à 13:10:10
Salut Eric Lem,

Oui, je suis d'accord avec toi. Mais là on shunte d'altercation à prédation :)
Effectivement ça change la donne...
Titre: Re : Re : Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: sharky le 26 août 2009 à 13:12:51

La plupart des techniques de communication "oublient" le fait qu'un individu peut aussi avoir un comportement raisonné dont la finalité voulue est l'affrontement.
C'est typiquement le cas des vrais prédateurs qui vont "endormir" leur proie avant d'attaquer.

Avec ce genre de personnage, je ne pense pas que les règles "classiques" de communication puissent s'appliquer, car ils vont répondre de façon "correcte" aux différents stimulis qu'on leur envoie, sans pour autant que ça affecte leur plan d'action.
Je me demande même dans quelle mesure le fait de tenter de "désescalader" ce genre d'individus ne constitue pas un danger un soi, un peu comme un serpent qui voudrait hypnotiser son reflet dans le miroir.


C'est ce que je voulais dire dans un post précédent :

Salut,
Et puis des fois quand çà veut pas, çà veut pas. Il faut aussi être deux pour la désescalade, quand le mec laisse le curseur sur "gros c*n énervé" malgré les perches que tu lui tends faut savoir arrêter de se prendre la tête.
Celà m'est arrivé il y a pas longtemps, le type a laissé le curseur pour m'impressionner malgré mes tentatives d'apaiser, je lui ai dit que je n'étais sensible  à sa volonté de m'impressionner.
Il a franchi la ligne en me menaçant de me retrouver hors des murs de l'institution pour... J'ai mis fin à l'entretien et l'institution va déposer une main courante.
Stéphane
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 26 août 2009 à 13:19:43
Eric : + 1000...  y'a des mecs avec qui ça ne sert à rien de tenter la désescalade.  Sauf éventuellement pour poser son statut de victime auprès de témoins éventuels...  ou par acquis de conscience (au moins j'aurai essayé d'éviter l'affrontement physique).  Ceci dit, les infos les plus fiables qu'on aie sont des indices, et pas des signes.  Autrement dit si le mec te DIT un truc (signe) et FAIT le contraire (indice), tu crois les indices...  

Un mec qui dit "bah quoi je te laisse tranquille put**n, tu veux insinuer quoi là ?" et qui continue à te coller au cul...  
Un mec qui dit "je veux juste te parler" et qui continue d'avancer vers toi en fixant ton menton...  
Etc.

De même, tout ce qui consiste à positionner son corps de manière à balancer une bonne grosse patate, tout ce qui constitue une préparation du corps à l'action : immense méfiance.  Reculer un pied, masquer ses intentions en coupant le contact visuel et/ou en souriant...  

Ma gueule...

David

P.S.: 12000e message put**n ::)  Ca craint.
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Eric Lem le 26 août 2009 à 13:33:01

P.S.: 12000e message put**n ::)  Ca craint.

D'ordinaire je t'aurais dit Get a f$ùµ*n' life, man!!!, mais dans ton cas, je sais qu'elle est bien remplie  ;)

Je préciserai un peu mon post tout à l'heure, là j'ai un truc sur le feu...  ;#
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 26 août 2009 à 13:45:33
Donc en fait non seulement il faut pratiquer l'escalade mais en plus il faut se méfier des gens qui essaient de "te désecalader" par ce que c'est des types qui essaient de t'endormir.
J'ai l'impression que la désescalade n'est pas très populaire par ici.
Titre: La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Diesel le 26 août 2009 à 13:54:32
P.S.: 12000e message put**n ::)  Ca craint.
Et oui, tu te fais vieux ici.  ;D
Enfin, comme tu ne dis pas que des conneries, on te pardonne de l'ouvrir sans cesse.  :lol:

(http://smileys.sur-la-toile.com/repository/Messages/dejadehors.gif)
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 26 août 2009 à 14:04:56
Donc en fait non seulement il faut pratiquer l'escalade mais en plus il faut se méfier des gens qui essaient de "te désecalader" par ce que c'est des types qui essaient de t'endormir.
J'ai l'impression que la désescalade n'est pas très populaire par ici.

Moi j'ai la claire impression que t'es pas doué pour désescalader du tout, parce qu'une fois sur deux quand tu postes j'ai envie de te rentrer dans le lard.  C'est probablement dû au fait que tu nous balances froidement et sur un ton péremptoire des inexactitudes de ton cru, avec des sous-entendus qui gonflent.

En l'occurence, t'aurais juste écrit :

"donc en fait non seulement dans certains cas il faut pratiquer l'escalade pour éviter la confrontation physique mais en plus il faut se méfier des gens qui essaient de "te désecalader" par ce que c'est parfois des types qui essaient de t'endormir"

j'aurais dit oui, c'est exactement ça, et j'aurais pas eu l'impression que tu nous prenais pour des gros blaireaux sanguinaires.

David, qui va bientôt escalader pour de vrai...

Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 26 août 2009 à 14:17:07
j'aurais dit oui, c'est exactement ça, et j'aurais pas eu l'impression que tu nous prenais pour des gros blaireaux sanguinaires.
Je constate juste que dans un sujet sensé parler de désescalade on a essentiellement dit que ça ne marchait pas.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 26 août 2009 à 14:27:54
Il me semble pour redonder ce que dit David en déclarant que pour désescalader il faut être deux, que la désescalade est un moyen de gestion et non un but. Le but restant de 'sen sortir soi-même sans trop de casse.

C'est notamment dans ce piège que tombent souvent ceux qui n'envisagent à aucun prix de rentrer dans le lard de l'opposant. Moralité le gars en face le sent bien, on perd toute crédibilité et on n'a plus d'autres choix que de se soumettre.

Parfois le meilleur moyen de désescalade c'est de taper fort, le premier et de s'arracher.

C'est assez marrant de constater, d'ailleurs, que certaines personnes qui s'adressent à des institutions croient que les professionnels qu'ils ont en face d'eux n'oseront jamais la confrontation physique au motif qu'ils n'en ont pas le droit. Quand il s'apperçoivent que leur interlocuteur, droit ou pas droit, n'acceptera pas l'innaceptable, il est assez savoureux de constater le changement d'attitude.

De "batard d'enc**é d'sa mère" tutoyé, tu passes au statut de "M'sieur j'voulais pas vous manquer de respect vous comprennez c'est parce que j'ai des problèmes" ce qui permet de jeter de meilleures bases à un dialogue contsructif.
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 26 août 2009 à 14:32:40
et toi Piéton, qu'est-ce que t'en penses ?
Piéton, y pense pas, il constate, déplore l'incurie des autres et clame sa déception.

Alors pour ton information, Piéton, l'escalade, ça marche mais quand on est prêt à aller au delà. Sinon reste la fuite qui marche bien aussi si on est sur des ses capacité physiques (mauvaise limonade si on se fait rattraper) et de son sens de l'orientation (très mauvaise limonade si on se trompe de chemin de repli).
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 26 août 2009 à 15:03:07
et toi Piéton, qu'est-ce que t'en penses ?
Moi ce que j'en pense?
Des tas de choses compliquées et approximatives ayant une expérience personnelle qui est ce qu'elle est et n'ayant pas la science infuse...
Justes quelques bricoles comme ça:
* la désecalade ne se pratique que dans une situation d'escalade qu'avec des personnes "sincères" dans le comportement ie par exemple des gens qui s'énervent pour de vrai et sans arrières pensées
* que parler de personnes "sincères" en self défense peut paraître à première vue complètement utopique, mais que justement comme indiqué, un prédateur aura tendance avancer masquer et donc éviter l'escalade (et qui dit pas d'escalade dit pas de désecalade: logique).
* reste le cas où la personne "cherche la m*rde" intentionnellement dans le but déterminé de déclencher une bagarre, auquel cas l'escalade n'est qu'une palabre "d'avant match". Dans ce cas on peut se dire que dé-escalader le mec ne sert à rien, mais en même temps si le type prend la peine de passer par les étapes académique c'est qu'il a quand même besoin d'un peu de répondant en face pour se motiver mais qu'il y a éventuellement moyen de lui casser son ambiance. J'avais un pote qui était bien baraqué et qui du coup se retrouvait systématiquement avec des mecs venant lui chercher la m*rde mais qui faisait le désintéressé genre "là désolé j'ai pas trop le temps". Et le fait est que souvent au bout de quelques essais le mec partait à la recherche d'une cible plus réceptive.
Titre: Re : Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: pieton le 26 août 2009 à 15:08:45
Piéton, y pense pas,
Ca c'est pas très gentil

Citer
il constate, déplore l'incurie des autres et clame sa déception.
Le pire c'est que c'est a peu près ça mais j'ai quand même saisi la perche (le tronc) tendue par Mathieu pris ma bonne volonté à deux mains et essayé de formuler 2-3 idées histoire de montrer que je suis pas seulement un c*nnard.
Titre: Re : Re : Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 26 août 2009 à 15:19:40
Le pire c'est que c'est a peu près ça mais j'ai quand même saisi la perche (le tronc) tendue par Mathieu pris ma bonne volonté à deux mains et essayé de formuler 2-3 idées histoire de montrer que je suis pas seulement un c*nnard.
Le pire c'est que je ne pense même pas que tu sois un c*nnard, je pense que tu n'en as juste rien à foutre de participer ou pas ou de faire un effort.

C'est dommage car je pense aussi que tu as de la caisse.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: ** Mathieu ** le 26 août 2009 à 15:35:54
Le pire c'est que c'est a peu près ça mais j'ai quand même saisi la perche (le tronc) tendue par Mathieu pris ma bonne volonté à deux mains et essayé de formuler 2-3 idées histoire de montrer que je suis pas seulement un c*nnard.

Et je t'en remercie.  :)

Ta formulation est assez sèche et cassante alors évidemment c'est un peu délicat de te répondre. on ne sait pas si tu attends vraiment une réponse...

+1 avec Patrick. tes remarques dénotent souvent une acuité du regard et de l'analyse.

Et c'est toujours constructif de relever des incohérences ou des flous afin de permettre à chacun de préciser sa pensée ou son témoignage.

Les contradictions que tu as soulevées tout au long du fil, je les ai trouvées intéressantes.

Cela pose la question de la pertinence et de l'efficacité de la désescalade dans une stratégie de défense.

Plusieurs réponses ont été apportées.

Mais perso ce qui m'intéresse c'est plus dans la partie : "Les mots pour y parvenir" ;
à savoir : quand on ne se pose plus la question de : "désescalade ou pas désescalade ?" mais qu'on décide d'essayer de travailler le truc, de quels outils on dispose pour savoir si on bosse efficacement ?

Par exemple, est-ce qu'on pourrait partager des expressions, des schémas, des scénarii ? pour donner des idées à chacun même si on sait bien que chaque situation de désescalade se gère spécifiquement ; avoir quelques techniques de base à driller pour pouvoir réagir automatiquement et se concentrer sur le contrôle de l'adrenal dump, etc. ?
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Chris-C le 26 août 2009 à 15:51:45
Citer
Par exemple, est-ce qu'on pourrait partager des expressions, des schémas, des scénarii ? pour donner des idées à chacun même si on sait bien que chaque situation de désescalade se gère spécifiquement ; avoir quelques techniques de base à driller pour pouvoir réagir automatiquement et se concentrer sur le contrôle de l'adrenal dump, etc. ?

Je crois pas que se soit une bonne idée utile pour ceux que ça interresse vraiment, ça reste virtuel là, faut travailler à plusieurs les scénarios, avoir une réponse en temps réel et pouvoir aprés coup
faire une synthése sur les mots utilisés et les réactions.
J'y vois le même soucis que d'écrire des pages pour détailler une technique et croire que
le lecteur va reproduire le geste tout seul devant son écran. Sans parler du manque de discrétion du procédé, qui pour moi est sans doute une des bases d'une bonne sd et sp.

enfin c'est juste mon avis..... (viens au stage acds/ceets en octobre faire des scénarios avec nous ;)
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,17710.msg259830.html#msg259830 )
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 26 août 2009 à 16:52:16
Mathieu,

Mais perso ce qui m'intéresse c'est plus dans la partie : "Les mots pour y parvenir" ;
à savoir : quand on ne se pose plus la question de : "désescalade ou pas désescalade ?" mais qu'on décide d'essayer de travailler le truc, de quels outils on dispose pour savoir si on bosse efficacement ?

Par exemple, est-ce qu'on pourrait partager des expressions, des schémas, des scénarii ? pour donner des idées à chacun même si on sait bien que chaque situation de désescalade se gère spécifiquement ; avoir quelques techniques de base à driller pour pouvoir réagir automatiquement et se concentrer sur le contrôle de l'adrenal dump, etc. ?

put**n Mathieu, tu me fais chaud au coeur là  :love:
Je me sentais un peu seul depuis quelques messages  ;D

Plumok,

:)
Je crois pas que se soit une bonne idée utile pour ceux que ça interresse vraiment, ça reste virtuel là, faut travailler à plusieurs les scénarios,

 Tu as tout à fait raison, mais c'est vrai pour tout, et la pratique n'est pas tout.


Jérémy
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Thanos le 26 août 2009 à 17:24:59
A votre sens, la désescalade reste t-elle possible hors de la confrontation "rituelle" ?
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 26 août 2009 à 18:17:18
Le pire c'est que c'est a peu près ça mais j'ai quand même saisi la perche (le tronc) tendue par Mathieu pris ma bonne volonté à deux mains et essayé de formuler 2-3 idées histoire de montrer que je suis pas seulement un c*nnard.

Moi je crois pas que tu sois un c*nnard non plus.  Loin de là.  Tes analyses sont extrêmement pertinentes, très souvent.  Ce que j'ai pas dit tout à l'heure c'est qu'un jour j'ai envie de te bannir, et deux heures après tu me fais un post qui me donne envie de te coller les étoiles de sachem.  C'est assez préoccupant pour moi, d'ailleurs, mais bon ça tout le monde s'en branle.

Bref...  je pense que sur le fond on tombe d'accord : la désescalade est une pratique à risque qu'on ne peut tenter que dans de bonnes conditions.  

Ciao ;)

David
Titre: Re : Re : Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: ** Serge ** le 26 août 2009 à 18:24:56
Heureusement, ce n'est peut-être pas le cas le plus répandu.

C'est, malheureusement, de plus en plus répandu.
Les Thugs ont un game plan.

D'où l'importance, soulignée par David, d'avoir une double communication qui permettra de transmettre de manière sous-jacente : I am not your usual meat and potatoes. And yes, you will suffer if you want me to suffer.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Chris-C le 26 août 2009 à 18:28:23
Mathieu....

j'étais pas partie sur ce raisonnement là en fait...
Donc oui la vie quotidienne donne plein d'occasion de tester la façon dont on gére une situation.
Mais je pense aussi que si tu n'as pas quelqu'un qui à un moment peu mettre "pause" sur l'action
en cours et faire des commentaires dans le but d'améliorer ta gestuelle, ton verbe, ta progression
et ton amélioration sera plus longue voir tu te contenteras d'une réussite, pour en faire la recette
façe à cette situation.........heu j'suis clair?  :-\

Citer
Mais la désescalade cela peut être aussi un mindset que l'on commence à travailler au quotidien, à petite échelle ;

oui, d'ailleur les post de Sharky (merci d'ailleur pour le boulot) donnent les ingrédients pour composé avec.


Thanos
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A votre sens, la désescalade reste t-elle possible hors de la confrontation "rituelle" ?

pour moi oui, plein de situation peuvent demander un retour au calme de ton interlocuteur, sans forçément
être dans une confrontation rituelle.
Le ton peu monter sur un désaccord sans pour autant avoir pour origine le taus de téstostérone ou
la place du chef dans la meute.

a+  :)
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Chris-C le 26 août 2009 à 18:32:33
Serge,
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Les Thugs

je comprend pas de qui tu parles
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: DavidManise le 26 août 2009 à 18:35:34
Les thugs, c'est les méchants.  Les bandits...  les bad guys.  Les gremlins qui ont mangé après minuit... 

Tant que je suis à traduire : "I am not your usual meat and potatoes. And yes, you will suffer if you want me to suffer."

une fois approximativement réécrit en franco-québécois donne un truc dans le genre :

"Chuis pas ton plat de viande et de patates ordinaire.  Et oui, si t'as l'intention que je souffre, tu vas souffrir."

Ciao ;)

David
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: ** Serge ** le 26 août 2009 à 19:19:05
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The process of determining threat level and knowing when a situation is about to become an attack is more an art than science. Always prefer to avoid confrontations rather than fight in self-defense, but once a threat evolves into an attack, you've got to respond with a resolute, offensive mind-set. The second you perceive an attack is underway, become the attacker. Preempt the assault and immediately reverse the confrontational dynamic. Why ? Because it's easier to make an attacker react to you than trying to react to him. Action is always faster than reaction. It's much more effective to force your attacker to continually try and catch up to you than the reverse. It's how you TAKE control away from him. Don't confuse the application of this principle with trying to anticipate specifically what your attacker's going to do. It's enough to just know he's going to attack when you're pre-empting.

 Kelly Mc Cann. Combatives for Street Survival. Black Belt Communications © - 2009
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 26 août 2009 à 19:28:14
Enfin y'a pas mal de trucs à driller...
Moi je crois que driller les paroles, c'est comme les techniques qui marchent bien sur des situations qui n'arrivent jamais. Il faut driller des attitudes, comportements, principes tactiques et des outils, mais le drill de situations pré-supposé c'est à mon sens de la flutte.

Selon le problème c'est pas forcément du "monsieur que puis-je faire pour vous" et "je suis sur que nous allons trouver une solution" ça peut-être ça et dans une situation à peine différente une grosse gueulante. Par contre, le principe c'est laisser une porte de sortie honnorable ou s'il n'y a pas moyen où si ce n'est pas admissible rentrer fort dans le lard.
Titre: Re : Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Patrick le 26 août 2009 à 20:25:54
En pleine guerre civile, Abraham Lincoln, dans un discours, fit référence aux sudistes comme à des être humains dans l'erreur.
Quelqu'un lui reprocha alors de ne pas les désigner comme des ennemis irréductibles que l'on doit détruire systématiquement.
Ce à quoi il répondit :
«Pourquoi détruire mes ennemis quand je peux faire d'eux mes amis ?»
Comme exemple de désescalade, on fait mieux  ;D
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: ** Mathieu ** le 26 août 2009 à 23:21:17
Comme exemple de désescalade, on fait mieux  ;D

 ;#

Dans l'idée j'trouvais ça plutôt bien, justement par rapport à une stratégie positive de désescalade : le fait de rallier à notre cause quelqu'un qui se présente au départ ouvertement comme un ennemi.
Plutôt que d'écraser un sudiste, et continuer de se mettre à dos ses frères, faisons-le venir dans notre camp, rejoindre les nordistes, rallions-le à notre cause.

La désescalade, c'est un peu ça à mon sens : réinstaurer un lien avec l'autre, réouvrir un pont, réhumaniser la relation en quelque sorte.
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: Arcadi87 le 27 août 2009 à 00:13:22
Bonsoir à tous,

dans le boulot j'ai eu plusieurs fois à faire à des mecs bourrés, curieux ou alors juste perdu mais hargneux, qui n'avaient rien a faire
dans mon lieu de surveillance. J'ai toujours appliqué la règle du poli mais ferme (comme on nous l'apprend à l'école) et cela à toujours fonctionner pour désamorcer une situation.
Je pense que lorsque vous avez à faire à une telle situation c'est que :

Vous êtes dans votre bon droit; le voisin frappe sa femme, un guignol qui à trop bu pousse la chansonnette à 0300 du mat...
Auquel cas il vous est possible de désamorcer la situation en rappelant à l'intéressé ce qu'il se passe, lui faire poser les choses et lui faire prendre son recul en lui parlant.

En revanche, lorsque vous avez un affect dans la situation; le voisin emboutit votre portail, votre boss pique une crise...
Alors là c'est le moment de faire profil bas; c'est le sang froid.

Nous appliquons cette méthode au boulot;ainsi, dés qu'un mec se fait frapper, il est écarté de la zone pour éviter une quelconque vengeance.

Pour moi, la déséscalade c'est savoir s'éffacer, pas s'écraser, poli mais ferme comme nous faisons tous en majorité lorsque les gendarmes nous arrêtent.

Mon opinion
Cordialement, Arcadi
Titre: Re : La désescalade. Les mots pour y parvenir.
Posté par: jeremy le 27 août 2009 à 18:30:53
Je viens de retrouver un excellent post de Sielwolf dans le fil désescalade. Je me suis permis de le coller ici car il est très en rapport avec le fil :

Beaucoup de points techniques et pratiques ont été abordés, mais il faut apporter un petit éclaircissement concernant l'empathie, et rebondir également sur le premier post de David (avec la justification à tuer)...

L'empathie, c'est la capacité à évoquer en soi-même ce que peut ressentir l'autre d'un point de vu émotionnel. C'est une sorte de simulation intérieure des émotions de l'autre, qui apporte une lecture très subtile des situations, en doublant la lecture logique (cognitive), d'une lecture émotionnelle (ressenti). C'est par le biais de l'empathie qu'on arrive à se mettre à la place de l'autre.

La question de l'empathie, ce n'est donc pas tellement celle qu'on va ressentir pour lui, mais surtout celle qu'il va (ou non) ressentir pour nous.

On pense cliniquement (Grossman), que le passage à l'acte violent humain / humain s'opère toujours à l'occasion d'une rupture temporaire d'empathie, car il existe une résistance innée chez tous les animaux à s'attaquer franchement à un membre leur propre espèce (Lorenz). Exception faite de certains profils psychiatriques qui ont peu, voir pas, d'empathie (psychopathes, sociopathes), ce qui les rends hyper-prédisposés au passage à l'acte violent. Les "conditionnements à tuer" arrivent aux mêmes résultats, mais c'est un domaine encore plus confidentiel.


Pour le mec agressif moyen, dans beaucoup de cas, l'attaque physique nécessite une sorte de préparation psychologique destinée à "déshumaniser" son interlocuteur (le déshumaniser émotionnellement, opération qui se produit dans un plan parallèle de la justification logique, et la complète sans la remplacer).

L'agresseur va dans ce cas avoir besoin de sa victime pour franchir le cap, et rompre sa propre barrière d'empathie ( = arrêter de se voir dans l'autre comme un humain, et inversement de voir la détresse de l'autre en lui en tant qu' humain), pour pouvoir attaquer.

C'est l'objet des propos humiliants, insultants, défiants d'un agresseur, et qui visent à obtenir une réaction virulente de la part de la victime, laquelle réaction autorisera l'agresseur (cognitivement et émotionnellement) à attaquer la victime en question: "t'es qu'un tapette", "tu crois que tu peux quelque chose contre moi?", "ta mère en slip de catch!", etc....

Un pilier de la communication violente est donc ce maintient de l'empathie.

Une parenthèse: le lien émotionnel humain passe pour beaucoup par le REGARD. C'est pour cela:

*   qu'il est plus facile de mettre un coup de couteau dans le dos que de face
*   qu'on cagoule les suppliciés (c'est pour protéger émotionnellement les bourreaux, pas les victimes!)
*   qu'on tue avec une balle dans....la nuque.

Et c'est pour cela que personne ne supporte d'être regardé fixement par un membre du même sexe. Pourquoi? Parceque ce sont les objets qu'on regarde fixement, pas les gens. Si on commence à regarder un mec comme un objet, cela peut signifier la rupture d'empathie, donc une attaque potentielle, ce que l'inconscient décode haut et fort, balançant un gros signal émotionnel de danger dans le champ de la pensée.

Donc pour revenir à la négociation, le fait de parler au mec, outre tout ce qui a déjà été dit, permet aussi (et surtout), d'éviter la rupture d'empathie.

Si on lui dit des phrases dans le registre suivant: "oui, je te comprends", "moi je réagirais pareil", "tu imagines si tu étais à ma place en ce moment?", ou simplement "nous", à la place de "je", cela devient très diffficile pour un prédateur de nous "chosifier", et limite considérablement le dérapage de passage à l'acte intempsetif.

Il y a eu des cas de tueurs en série où la victime séquestrée a commencé à parler de son enfance, ou de ses souffances intérieures. Ces récits ont navré les tueurs, récits qui dans certains cas ressemblaient à leur propre histoire. Plusieurs serial killers sont devenus alors incapable de tuer, éprouvant de la tristesse pour leur victime (initialement considérée comme un morceau de viande), relachant la victime, et allant même jusqu'à la raccompagner dans un cas!!....