Vie Sauvage et Survie
Catégorie Générale => Feu de camp => Discussion démarrée par: DavidManise le 18 mars 2007 à 20:45:47
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Salut :)
Cette nuit, alors que j'étais en stage, j'ai composé ce petit "poème" post-moderno-pritimif juste pour vous ;D
Tu sais que tu VAS passer une longue nuit à te cailler quand,
en te couchant de bonne heure au moins froid de la nuit, tu sens tout de suite le froid qui rampe et s'installe dans ton corps... et que tu te rends compte que t'as pas plus de couches isolantes, que le feu est éteint, et que t'as la flemme de commencer à aller couper du bois à cette heure là... Et c'est parti.
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
tu as pu te dire environs 627 fois, seul dans le noir, que t'es vraiment trop con de faire tout ça pour le plaisir...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
subitement tu réalises que tu pourrais être avec ta femme, dans ton lit, bien au chaud, tranquille, et que ça t'énerve juste d'y penser :)
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
t'as tellement grelotté que le lendemain t'as des courbatures...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
pendant la nuit tu te retrouves limite en hypoglycémie, et qu'à 3h du matin du bouffes des barres de céréales pour continuer à grelotter... mais que t'as du mal à mâcher normalement à cause des dents qui claquent (ça fait un peu robot mixeur en fait ;D)...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
ton corps retrouve d'instinct la position foetale... je veux dire vraiment foetale... avec les genoux dans les aisselles et la tête dans la région ombilicale, le tout à l'intérieur d'un sursac ;D
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
tu vois sur ta montre 1h, 2h, 3h... qu'à 4h tu penses plus trop à regarder l'heure parce que ça t'obligerait à quitter la position foetale... puis à 5h tu te dis "put**n encore deux heures à tenir"...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler
quand vers 4h17 du matin ta Nalgene Pipi est pleine, et que t'as pas le courage d'étendre un bras pour la vider...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
t'as dormi deux heures : entre 6h et 8h du mat, à partir du moment où le soleil te réchauffait la couenne...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
à 7h30 tu rêves que quelqu'un te recoud les pieds et les mains, que tu te réveilles en sursaut pour te rendre compte qu'en fait c'est le sang qui se remet à circuler et que ça te fait un mal de chien...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
à midi t'as encore froid à l'intérieur des os et qu'en te chauffant au soleil comme un lézard épuisé t'as une grosse boule de gratitude envers l'astre solaire qui te serre la gorge...
Tu sais que t'as passé une longue nuit à te cailler quand
à 5h du mat, en grelottant comme un dingue, tu te surprends à composer des poèmes dans ta tête pour tes potes, histoire d'essayer de penser à autre chose ;D
Ciao ;)
David
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:doubleup: et jolie chute :)
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Deux moralités :
1) même s'il fait chaud la journée, la nuit ça pèle encore énormément... et que c'est facile de sous-estimer le froid qu'il fait la nuit même quand on est un pro de la chose...
2) quitte à pas dormir, autant ne pas dormir en coupant du bois et en restant près du feu. Au moins t'économises tes précieuses calories et le lendemain tu encaisses pas les séquelles de la légère hypothermie de la fin de nuit...
J'ai jamais été en danger. Juste très inconfortable. C'était de la survie... j'étais à la limite. Avec juste une polaire ou un petit duvet en plus, j'aurais pu passer une bonne nuit. 500g de plus dans le sac. Pensez-y ;)
David
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:up:
Et oui, ça fait aussi partie de la survie de se mettre la tête ailleurs pour oublier un problème. ;)
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:akhbar:
C'est fou comme on s'y retrouve...
a+
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Tu avais quoi comme matériel, David, pour cette sortie ?
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ta Nalgene Pipi est pleine
:o
Tu t'étais envoyé 6 litres de Cervoise ou bien?
C'est ça le problème, t'étais saoul!
Tu peux pas lutter contre le froid dans ces conditions!
;D
Manu.
Note: Saoul et poète! C'est du propre... ::)
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Hou ... douloureuse expérience, mon Manitou, que ça sent le vécu ça !!
T'as oublié de parler de la taille de ton pen!s, qui, lorsqu'il fait si froid, est si replié sur lui-même (ben, oui, c'est timide ces choses là) que t'arrives même plus à le mettre dans la nalgène >:( :o ;D
Fred ;)
PS : Persea, rigoles pas, tu ne peux pas savoir ::)
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Ca donne froid, juste en le lisant. Y'a encore des stades que j'ai pas experimenté, mais bizarrement je suis pas presse.
Que celui qui n'a jamais eu froid la nuit dehors lui jette la premiere Nalgene a pipi (pleine, of course)
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ah... souvenirs, souvenirs...
pas pressé de le revivre encore... ;)
à plus, eric :)
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tu as pu te dire environs 627 fois, seul dans le noir, que t'es vraiment trop c*n de faire tout ça pour le plaisir...
ça résume bien ce que j'ai souvent pensé et que je risque de penser encore. ;D
Eeeeeeeeeeeeet oui, on est des cons..... Surtout quand on sous-estime le froid qu'il va faire la nuit.
Mais on aime ça, ça reste des moments uniques. ;)
Je crois que mon obsession à avoir faire du feu vient de là d'ailleurs. ::)
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Tu avais quoi comme matériel, David, pour cette sortie ?
- Un tapis de sol trop mince
- Un sursac
- Un mini duvet de m*rde, très très léger (600g)... très très caillant.
En fait j'avais la flemme de porter plus de 5kg pour ce stage. Avec 2L de flotte et la bouffe pour deux jours, mon sac pesait 6,8kg. J'aurais dû monter à 7,5 ou 8kg et prendre un vrai duvet, et un peu plus de fringues, tout simplement. Ou alors j'aurais dû ne rien prendre du tout, mais me bricoler un abri. Là, j'étais juste dans un entre-deux.
Bon, évidemment, j'aurais pu commencer à me faire un abri à minuit. Je savais que j'allais pas fermer l'oeil de toute manière. Je savais que j'allais passer une sale nuit. Mais quelque part, en plus de la fatigue et de la flemme, j'avais un peu envie que mon corps enregistre une fois de plus ce que c'est que de passer une sale nuit parce qu'on a la flemme de transporter 500g de plus dans le sac. Pas vraiment une auto-punition... plutôt de la pédagogie par l'erreur ;)
En clair, j'ai passé une nuit entre 5-6 et 1°C (avant le lever du jour) dans un sursac, un duvet bon pour environs +20°C et une micropolaire.
J'ai posé des sachets chauffe-mains sur ma nuque et dans mes aines pour avoir un peu de chaleur en plus. La nalgene pipi a été utilisée aussi comme bouillotte, posée sur le coeur, sous la micropolaire.
Ça a aidé, bien sûr. Mais ça n'a pas suffi.
Ciao ;)
David
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Ce mec ne s'arrête jamais de cogiter d'analyser et en un mot de progresser.
Merci grand frère :) Ceci dit je recommence un cycle où je teste mes limites. Je refais régulièrement des conneries, comme quand j'étais gamin... comme pour vérifier que les précautions sont réellement utiles. Bref j'ai quasi l'impression de régresser par moments... ou alors je retombe déjà en enfance ;D
Bon bref... ;)
Ciao ;)
David
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une autre victime de la mouvance MUL. ;D
Non je déconne, c'est pas drôle du tout.
Ce genre de connerie je le faisais quand j'étais jeune. J'avais au moins l'excuse d'être inconscient des risques que je prenais. ::)
M'enfin Manitou ???. >:(
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C'est très instructif pour des nouveau comme moi parce a force de lire certain récit on pourrait croire que c'est presque simple la survie,alors que même un survivor experimenté peu ce laisser surprendre. :)
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Eh oui, je sais :-[
Ça fait un peu "faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais"... :-[
En même temps c'est bien de se rappeler aussi que c'est pas parce qu'on fait une connerie ou qu'on se caille pendant la nuit qu'on meure automatiquement la seconde suivante. Parfois j'ai l'impression que notre petite communauté a tendance à trop tenir compte des risques, et à surévaluer le danger d'une nuit passée à se cailler, tout ça. Bref, à force de vouloir trop bien gérer ou oublie que notre corps aussi peut nous sauver les miches, et qu'il est capable d'encaisser un minimum, surtout quand on est un mâle encore assez jeune et très bien portant comme moi. Bref j'étais inconfortable, ça c'est sûr, mais concrètement et honnêtement je n'ai jamais été vraiment en danger. Ma température centrale a dû descendre à 35,5 ou 36 au plus bas. Les frissons ont bien fonctionné. J'ai conservé mes facultés mentales. Je "monitorais" mon état d'hypothermie à chaque minute et je voyais bien que je n'étais pas en danger. Je sentais le froid, je grelottais, je gambergais... je pouvais même toucher mon petit doigt et mon pouce ensemble... Donc ça allait.
Si j'avais eu réellement l'impression que j'étais en danger, dans les faits j'aurais pu me lever et me taper 100m de dénivelé positif à la frontale. Puis revenir et couper du bois, me faire un grand feu, et attendre le soleil... J'avais le matos sur moi pour faire ça. Pas de problème.
Bref... relativisons ;)
David
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Ca me rappelle un petit matin dans une lodge au Sikkim. Le dortoir était immense, super haut de plafond avec de grandes baies vitrées et on était tout seuls dedans. Un truc certainement construit par des anglais, pas du tout adapté en hiver, un frigo ! Il y avait un carreau de cassé sur l'une des baies. C'était fin novembre, à 3200 mètres. Ce matin là, à mon habitude, je demandais à mon pote si il avait bien dormi. Et puis quand j'ai vu ses cernes, sa sale gueule et son regard sombre avec des couteaux dedans tant ma question lui paraissait c*nne, j'ai compris que son tout petit duvet de camping de m*rde qu'il avait loué "pas cher" à Darjeeling n'avait pas suffi. Mais vraiment pas. ;D
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La question est à quel moment on va se dire "je vais aller couper du bois et me bouger le c.l": ce moment là ne peut-il pas être parfois trop tardif par rapport à notre faculté de reflechir, bouger etc... (en gros, on ne se rend pas compte que la limite à laquelle on aurait bougé en temps normal a été dépassé depuis plusieurs heures... ?)
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Si j'avais eu réellement l'impression que j'étais en danger, dans les faits j'aurais pu me lever et me taper 100m de dénivelé positif à la frontale. Puis revenir et couper du bois, me faire un grand feu, et attendre le soleil... J'avais le matos sur moi pour faire ça. Pas de problème.
Bref... relativisons ;)
C'est un bon message pour ceux qui pratiquent la MUL trop à la lettre, trop limite. L'envie parfois maladive de diminuer le poids se fait au détriment de la sécurité, le challenge de porter toujours moins, cela finit par devenir de la survie. Le MUL extrêmiste à bien intérêt à connaître les techniques de survie car cela sera son dernier recours si il a mal adapté son matériel aux conditions.
Génial ton message, je n'ai pas été à ce point là mais la positions foetale, l'envie d'aller couper du bois, la bouteille pipi, manger des fruits secs au milieu de la nuit et tout ça je l'ai vécu et lire ton texte m'a fait revivre ce moment, merci :up:.
Kai
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À partir du moment où tu commences à perdre ta dextérité manuelle, tu sais que tu commences à toucher la limite. Le test de toucher son petit doigt et son pouce est pas mal pour ça.
Si tu veux te laisser une vraie grosse marge, tu vas te débrouiller pour ne jamais sentir le froid du tout, même au repos.
Si tu veux te laisser une marge "correcte", tu vas agir à partir du moment où au repos tu grelottes pour maintenir ta température.
Si t'es un gros c*nnard d'instructeur de survie, tu vas analyser en temps réel les symptômes de ton hypothermie pour sentir exactement le moment où tu vas tomber sous 35°C de température centrale... et ne pas bouger avant d'être VRAIMENT en danger.
Question de choix ;)
Évidemment, si on me pose la question, je vais recommander de tout faire pour rester toujours parfaitement confortable. Bref pouvoir avoir BIEN chaud sans bouger du tout (au repos, allongé par terre). Ça c'est l'idéal. Ce que j'ai fait, ça s'appelle de la connerie, faut être clair là-dessus. C'est comme les pilotes de Rallye de Monte Carlo qui font du dérapage contrôlé au-dessus des précipices. Tant que tu maîtrises, ça va. Et pis si tu te loupes, tu crèves.
Ciao ;)
David
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À partir du moment où tu commences à perdre ta dextérité manuelle, tu sais que tu commences à toucher la limite. Le test de toucher son petit doigt et son pouce est pas mal pour ça.
Si tu veux te laisser une vraie grosse marge, tu vas te débrouiller pour ne jamais sentir le froid du tout, même au repos.
Si tu veux te laisser une marge "correcte", tu vas agir à partir du moment où au repos tu grelottes pour maintenir ta température.
Si t'es un gros c*nnard d'instructeur de survie, tu vas analyser en temps réel les symptômes de ton hypothermie pour sentir exactement le moment où tu vas tomber sous 35°C de température centrale... et ne pas bouger avant d'être VRAIMENT en danger.
Question de choix ;)
Évidemment, si on me pose la question, je vais recommander de tout faire pour rester toujours parfaitement confortable. Bref pouvoir avoir BIEN chaud sans bouger du tout (au repos, allongé par terre). Ça c'est l'idéal. Ce que j'ai fait, ça s'appelle de la connerie, faut être clair là-dessus. C'est comme les pilotes de Rallye de Monte Carlo qui font du dérapage contrôlé au-dessus des précipices. Tant que tu maîtrises, ça va. Et pis si tu te loupes, tu crèves.
Ciao ;)
David
Juste une remarque issue de ma période "instructeur" :
Le froid est un ennemi très insidieux : il annhile les capacités physques ET mentales. Il faut être préparé à se lever quand on est en position foetale pour faire 100m de dénivelé positf à la frontale.
On est typiquement dans un piège "abscon" : si je me lève, j'aurais plus froid, je vais me réchauffer tout seul....c'est là que l'enseignement de David est ++
A un certain moment, si on attends trop : effort physique violent, surtout si fatigué déshydraté, plus tout jeune : pour les chanceux on tombe dans les pommes (coup de barre), pour les malchanceux : arrêt cardiaque.
Mes deux balles....
did ;)
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On est typiquement dans un piège "abscon" : si je me lève, j'aurais plus froid, je vais me réchauffer tout seul...
Vrai. En fait on s'entête à continuer à trouver des trucs qui n'impliquent pas un changement radical de stratégie (exemple : sortir du sac et se cailler encore plus pendant 10 minutes le temps de rallumer le feu).
A un certain moment, si on attends trop : effort physique violent, surtout si fatigué déshydraté, plus tout jeune : pour les chanceux on tombe dans les pommes (coup de barre), pour les malchanceux : arrêt cardiaque.
Si t'es en hypothermie réelle et que tu commences à avoir les facultés mentales qui sont bizarres (< 35°C mais surtout < 34°C) oui, le risque de fibrillation et/ou arrêt cardio-respiratoire devient significatif. Évidemment, plus t'es âgé, fatigué, déshydraté, en mauvaise condition physique, épuisé... et plus le risque est grand.
Ciao ;)
David
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Ce que vous dites me fait remettre en doute ce que j'ai retenu du stage la dessus...
Du moment qu'on est encore capable de se dire qu'on a froid, qu'il faudrait faire quelque chose pour se réchauffer, c'est que nos facultés mentales tiennent encore vaguement le coup non ? Et qu'on doit être capable de marcher, quitte à commencer à 4 pattes tout doucement...
Me plante-je ?
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Tafdak avec Manitou :
Conseil habituel : Entrainez-vous sérieusement de façon à vous connaître mentalement et physiquement avec un bon instructeur et/ou un filet de sécurité.
Pour le reste : soyez des chochottes ! Le "même pas mal" c'est le truc des amateurs, de ceux qui n'ont pas encore appris, ou qui choisissent le parti de la mort.
Did, :o ;D
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Dans l'absolu c'est bien de se tester.
Seulement ça hypothèque vachement ce que l'on peut faire le jour suivant donc c'est à réservé sur une nuit et sans effort particulier à faire le jour suivant.
Alors oui on peut passer une nuit à se geler mais ce sera au détriment des réserves d'énergie disponible le lendemain.
J'ai vécu des trucs comme ça en hiver et je peux vous dire qu'on ne fais pas le fier quand on doit puiser le peu qu'il nous reste pour continuer.
De plus l'expérience montre que notre jugement est très vite altéré.
TAFDAK avec Kilbith quand il dit qu'à un certain niveau on préfère rester à ce cailler que de bouger un minimum parce que "on peut le faire".
La débauche d'énergie est considérable et on a tendance à avoir une idée fausse sur nos réserves.
De plus, comme d'autre l'on déjà souligné, selon son état on résistera plus ou moins bien au froid.
Avec du stress, de la fatigue, la peur, l'humidité on peut très bien ne pas résister.
L'erreur à ne pas faire est de se mettre une limite de température. Se dire qu'on a couché par plus froid n'est pas un critère objectif.
Ce ne sont pas les températures observées qui doivent être les limites mais sa propre réaction au froid.
ReTAFDAK avec Kilbith, soyons des chochottes le plus possible, le truc le plus intelligent à faire quand on a froid, c'est de se réchauffer avant d'avoir à lutter vraiment.
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Ce ne sont pas les températures observées qui doivent être les limites mais sa propre réaction au froid.
Je crois que tout est dit :D
Sans déconner, si il devait y avoir une seule chose à savoir et à appliquer dans ce cas, ce serait ça.
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.....du coup, la petite citation qui tue : "Travel light, freeze at night", qui vient des rangers us si mes souvenirs sont bons!!!!
La remise en question c'est toujours positif et moi je dis respect....
raaaouw
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Du moment qu'on est encore capable de se dire qu'on a froid, qu'il faudrait faire quelque chose pour se réchauffer, c'est que nos facultés mentales tiennent encore vaguement le coup non ? Et qu'on doit être capable de marcher, quitte à commencer à 4 pattes tout doucement...
Oui et non. C'est plus insidieux que ça.
En fait en te caillant, et à moitié endormi (quand-même), tu n'as pas vraiment conscience du fait que tu perds tes facultés. Et ce que tu perds en premier, c'est la capacité de décision, la prise d'initiative. Tu t'englues progressivement, c'est de moins en moins douloureux, et puis à la fin t'en as plus rien à foutre et tu te laisses sombrer.
Bon, ça c'est quand t'es déjà en hypothermie réelle. Là où j'en étais moi, c'était plutôt l'envie de me tester, de me rappeler ce que ça fait que de se cailler toute une nuit, etc. J'avais encore mes facultés. Juste avant le lever du soleil, j'ai vraiment bien failli me lever et marcher. J'en avais vraiment ENVIE. Ça n'était pas la molle apathie confortable où tu t'endors de froid, quoi...
Sinon typiquement, comme disait Kilbith c'est le piège abscon.
Exemple classique : t'attends un bus. Il est 5 minutes à la bourre. 10 minutes à la bourre. 20 minutes à la bourre. Plus tu passes du temps à l'attendre, plus tu te dis qu'il va bientôt arriver, en toute logique, puisque t'as déjà passé du temps et donc que tes chances augmentent à chaque minute de le voir arriver...
Mais non. Concrètement, le temps que t'as déjà investi à attendre un bus n'a AUCUNE influence sur la probabilité qu'il arrive dans la minute suivante. Il peut être simplement à la bourre, certes, mais il peut aussi être en panne, dans le fossé, en grève, sur un nouvel itinéraire, etc, etc.
Le piège abscon, c'est de se dire que comme ça fait déjà 20 minutes que t'attends, il va bientôt arriver, et donc continuer à attendre. Puis de se dire la même chose pour 30 minutes. Puis pour 40. Puis pour 90.
Bref : Il faut trancher. Il faut se fixer une limite parfaitement arbitraire et totalitaire. Il faut se dire bon... si à -10 (degrés celcius ;D) le bus n'est pas là, j'y vais à pinces. Et il faut le FAIRE.
D'où le fait que je dise "quitte à ne pas dormir, autant ne pas dormir assis près du feu"...
D'où le fait que je dise "typiquement, faut se démerder pour ne jamais avoir froid". D'où le fait que Kilbith dise "soyez des chochottes".
L'idée c'est de te fixer une limite sécuritaire qui t'évite de tomber dans le piège abscon donc je parle, puis de tomber dans l'engrenage encore plus insidieux de l'hypothermie où là, tes facultés mentales deviennent lentes... et puis plus rien.
En l'occurrence, toute la nuit je me suis dit "si jamais je sens que je tombe en hypothermie réelle, je sors de là et je marche pour me réchauffer". Ma limite au piège abscon était débilement proche du risque réel. J'aurais plutôt dû dire "j'ai froid, je ne vais pas pouvoir me réchauffer dans cette configuration là, je dois passer au plan B et prendre des mesures drastiques".
Un point extrêmement important à bien comprendre et à mettre en oeuvre, c'est le suivant :
NOTRE CAPACITÉ À SURVIVRE DÉPEND SOUVENT DE NOTRE CAPACITÉ À DÉCIDER DE METTRE EN OEUVRE DES MESURES DRASTIQUES, MÊME SI ON A UN PETIT DOUTE SUR L'ABSOLUE NÉCESSITÉ DES MESURES EN QUESTION.
Bref, pour survivre, il faut être capable de passer au plan B. Il faut être capable de DÉCIDER de passer au plan B. Puis il faut être capable de le FAIRE.
Il faut être capable de se dire "tant pis, j'en ai marre d'attendre ce put**n de bus, je marche". Il faut être capable de se dire "ce mec là est chelou, il me fait flipper, je me barre d'ici même si j'ai pas fini mes courses". Il faut être capable de se dire "put**n le climat politique se dégrade, je remballe ma famille et on rentre en France"... Il faut être capable de se dire, aussi "j'ai mal à cet endroit du ventre depuis 2 mois, ça ne passe pas, je vais aller consulter", même si on sait que ça veut peut-être dire qu'on va me trouver un cancer et que ma vie va être complètement chamboulée, stressante et incertaine pendant les x prochains mois... C'est en agissant comme ça qu'on survit. En étant capable de FAIRE DES CHOIX. D'OPTER... au lieu de se laisser porter par la vie en bêlant comme une put**n de brebis apathique.
Mes deux grelots ;)
David
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Et oui. Ça veut aussi dire que pour survivre parfois il faut passer pour un con, ou être pas 100% gentil avec tout le monde, ou ne pas être parfait.
Perso je préfère vivre mon imperfection que crever comme un con.
Ciao ;)
David
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Pour imager concrètement ce que David veut dire on peut redire le "syndrôme de la grenouille bouillie" :-)
Un mec met une grenouille dans un bain trop chaud. La grenouille saute en dehors de l'eau trop chaude puis, si c'est une grenouille de chez nous, elle râle un bon coup.
Un peu plus tard, le même mec (c'est un sadique) met une grenouille (la même grenouille si elle est un peu c*nne, elle a un QI de grenouille après tout) dans un bain à température agréable (pour une grenouille, vous commencez à piger). La grenouille est à son aise et reste dans l'eau. Alors le sadique tourne une petite molette qui va tout doucement augmenter progressivement la température de l'eau. L'eau va devenir aussi chaude que celle du premier bain, et la grenouille ne partira pas. Si elle pouvait elle suerait déjà à grosses gouttes mais ce n'est qu'une grenouille. Et qu'importe de toutes façons, puisqu'on pourra augmenter assez la température jusqu'à ce que la grenouille soit cuite sans provoquer de réaction de sa part.
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Je trouve ça bien de faire ce genre de choses, parce que ça aide à dédramatiser, et à recadrer aussi.
C'est important de trouver le juste milieu dans notre vision des choses. Un des effets du forum est de nous mettre en alerte sur pas mal de trucs. Ce qui est très bien. Mais il y a aussi un moment ça ne doit pas nous rendre trop frileux.
Donc, je trouve que, même si j'ai jamais même été jusque là où a été David cette nuit là, faire un test un peu limite, ca permet aussi de voir que tout n'est pas si terrible… Mais ça permet aussi de prévisualiser une situation dans laquelle les choses seraient pires…
J'ai passé une nuit dehors, avec de bonnes fringues, y a pas si longtemps, avec un abri coupe-vent, mais sans rien d'autre et j'ai un peu caillé… Mais honnêtement, j'ai déja eu beaucoup plus froid dans ma vie et avant de connaître le forum j'aurais jamais essayer de dormir ::) ::)
On a tous passé des nuits blanches je pense. Et c'est pas très grave hein, franchement. Pas de quoi fouetter un chat. Mais là, il y a un je ne sais quoi qui se met en branle où tout à coup, il faut dormir, essayer de dormir, quitte à se cailler. Et oui, tout à coup, essayer de dormir peut devenir un peu dangereux et inutile de surcroît… Etun cercl vicieux s'installe.
Alors que bon, dans des situations comme celles là, c'est pas non plus un drame. Comme le disait David, porquoi se faire ch**er à essayer de dormir, alors qu'on peut couper du bois et rester tranquille près du feu à se tailler une cuillère pour le lendemain.
Après une nuit blanche, deux nuits blanches, même, on est encore capable de faire des trucs. Et la sieste, ça existe, aussi. Mais il est important de ne pas se laisser berner par ce que notre cerveau nous dit de la situation.
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Tafdak.
On s'encrotte le cerveau dans des patterns... et du coup on limite notre spectre de possibilités. C'est comme quand on fait de l'orientation dans un champ, qu'on marche à la boussole et qu'on cherche un point de repère devant soi alors qu'il y en a un à 12 bornes de là, visible de partout, sous la forme d'une grosse falaise calcaire qui culmine à 2000m ;)
Ceci dit, emmuel, t'aurais aussi pu passer une bonne nuit dans ton abri -- la fois en question -- si t'avais passé une heure de plus à le fermer correctement avec plus de branches :nana:
;)
David
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Un mec met une grenouille dans un bain trop chaud. La grenouille saute en dehors de l'eau trop chaude puis, si c'est une grenouille de chez nous, elle râle un bon coup.
Et si c'est une grenouille d'alsace, il y a des chances pour qu'en plus de râler, elle te balance une cartouche de douze..... :o
Désolé, c'était trop tentant..
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Ouep…
Bon, après, l'idée était justement de pas passer une trop bonne nuit, donc heureusement que j'ai été feignant. Mais ce qui est amusant est que au final, voyant rapidement que la nuit allait être pourrave, j'aurais pu me lever et faire des trucs, mais je l'ai pas fait, alors que rien ne me l'interdisait, y compris moi-même. Aller guetter des bestioles au point d'eau, chercher des plantes à bouffer, me taper des tisanes, faire de la muscu, pré-composer des déclarations d'amour pour le cas où, mais non. L'inertie… Heureusement que j'avais pas de Nalgène-pipi… Au moins je me levais pour pisser, et c'était très sympa, mais à chaque je rentrais dans mon abri tout naze ou j'allais finir par me cailler de nouveau, ou je ne voyais ni n'entendais rien. Bref n'importe quoi… ::)
Comme la grenouille de Karto. Inertie.
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David est ce que tu ressens par ce genre de nuit, une envie de te laisser aller?
depuis 6 ans que je me suis remis à faire des bivouacs dans la nature je n'ai connu qu'une nuit très chian*te. au bord d'un fleuve, la Seine par une nuit a -15 il y a deux ans. ma tente était un abri de pêche petit et a moitiè fermé. mon duvet était un 5/15degrés. par chance j'avais un lit de camp. j'ai eu du mal à le faire rentrer dans l'abri...
puis après quelques heures j'en pouvais plus. mes cheveux (sans déconner) avait parci parlà de la givre. ça m'a étonné puis en fait je me suis rendu compte qu'avant de me coucher il avait plu un peu. une pluie fine. pour me réchauffer je n'ai pas réfléchis j'ai mis le réchaud en route. resultat : une grande flamme s'est échappée et a brulé le toit de l'abri. mon pote qui était dans une confortable tente de pêche 10 m plus loin a crié à l'aube. par l'ouverture de ma tente je vois une chaussure qui atterit presque dans le fleuve. mon pote avait trouvé un système pourrit pour se réchauffer résultat : il a cramé son tapis de sol, une chaussure et s'est réveilé grace a l'odeur de la fumée. voilà. et là j'avais compris la leçon avec le froid on devient c*n. on fait n'importe quoi sans réfléchir. on cherche à se réchauffer bêtement alors que le fait se lever et de bouger nous aiderait. mais l'envie de dormir est forte. l'envie de tout faire pour avoir chaud. même si c'est bête, inutile, stupide.
j'ai passé une autre nuit de mer*de mais là c'etait pas le froid mais la pluie. tout mon abri était trempé. mes vêtements mon lit de camp. tout. mais j'ai dormi. au matin pas malade ni rien. mais j'ai gueulé toute la matinée tellement j'etais énervé par cette humitié qui me collait au corps.
avec une bache, ou un poncho j'aurais pas eu ça.
ta nuit devait être galère.
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Et oui, le froid est le piège le plus insidieux qui existe.
C'est pour ça qu'il vaut mieux agir tant qu'on a encore toute sa tête.
J'ai froid, je me protège point. ça n'ira pas mieux dans quelques temps ce sera même pire
ça n'a rien à voir avec tester sa résistance au froid, c'est juste anticiper la baisse de raisonnement qui va arriver immanquablement.
Une fois qu'on est englué dans le froid avec 2 de QI, il ne reste que ses tripes. Il ne faut pas compter sur le cerveau.
enfin moi, c'est ce que j'ai retenu de mes expériences (accidentelles pour la plupart) c'est ça. Froid = torpeur très vite = Qi de betterave = risque d'hypothermie.
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Tu sais que tu as eu vraiment froid quand le simple fait d'uriner est un immense soulagement de part la chaleur que l'on ressent presque comme une brûlure à l'interieur du pénis. Et oui. En vélo aussi parfois d'ailleurs.
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dont le célèbre dicton...
- "Il vaut mieux péter en société que de crever seul derrière un buisson..."
pardon :-[
(post à supprimer rapidement)
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Tu sais que tu as eu vraiment froid quand le simple fait d'uriner est un immense soulagement de part la chaleur que l'on ressent presque comme une brûlure à l'interieur du pénis. Et oui. En vélo aussi parfois d'ailleurs.
;D Chacun sa façon de triper.
Par contre ça sert à rien... tu restes sur la pente du laisser aller.
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Tu sais que tu as eu vraiment froid quand le simple fait d'uriner est un immense soulagement de part la chaleur que l'on ressent presque comme une brûlure à l'interieur du pénis.
ça porte aussi le nom d'une maladie vénérienne ce que tu décris là. ::)
Enfin je dis ça, je dis rien.... ;D
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NOTRE CAPACITÉ À SURVIVRE DÉPEND SOUVENT DE NOTRE CAPACITÉ À DÉCIDER DE METTRE EN OEUVRE DES MESURES DRASTIQUES, MÊME SI ON A UN PETIT DOUTE SUR L'ABSOLUE NÉCESSITÉ DES MESURES EN QUESTION.
:love: :love: :love:
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Tu sais que tu as eu vraiment froid quand le simple fait d'uriner est un immense soulagement de part la chaleur que l'on ressent presque comme une brûlure à l'interieur du pénis. Et oui. En vélo aussi parfois d'ailleurs.
Diagnostic : "Chaude Pisse"
;D ;D ;D
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juste un truc: sous le frois j'ai découvert un truc qui réchauffe...les mecs en sont friands et ça choque les dames MAIS ça réchauffe..un indice : :branleur:....
;D ;D ;D ;D ;D ;D ;D
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Tu dois avoir super chaud tout le temps alors ::)
David
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Diagnostic : "Chaude Pisse"
juste un truc: sous le frois j'ai découvert un truc qui réchauffe...les mecs en sont friands et ça choque les dames MAIS ça réchauffe..un indice : :branleur:....
Je diagnostique aussi un priapisme chez waylander cher collègue. ;D
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je lance une blague c'est sur moi que ça retombe... :-[
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On appelle ça l'arroseur arrosé ;D
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Bah, Apprends à faire la part des choses.
Tu n'as pas à prendre à coeur tout ce qui est dit. ;D
Tu n'es pas une victime non plus. ;)
Don't worry, be happy
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sinon tu mets tes deux mains dans ton calecon et la ta plus chaud deja :)
veridict et testé plein de fois!
la chaleur se conserve tres bien au niveau des c**illes