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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Week-end montagne Oberland bernois (récit de grenouille...)  (Lu 6082 fois)

21 novembre 2006 à 22:34:17
Lu 6082 fois

bloodyfrog


Bonsoir à tous,

Le truc de sachem-iser les sages, c'est en fait pour leur rappeler d'une façon honorable et discrète qu'ils ont levé le pied, et qu'il faut qu'ils se secouent... ;D

Donc, on repart pour quelques aventures de grenouille... ::)

L'occasion de passer un grand merci à Christian Patte d'ours pour nous avoir mis sur la piste de la marmotte... :)

Dernier week-end de septembre, un peu avant de rentrer dans l'ère Pampers...

J'emmène René, un pote que vous connaissez déjà pour avoir vu son corps d'athlète sur les photos du week-end canoé, pour un trip rando sur les hauteurs de Grindelwald, canton de Berne, Suisse.

L'idée, c'est de montrer à René, qui ne connaissait que ses Vosges natales, la vrai montagne...

J'ai choisi un parcours engagé, avec du dénivelé et un peu de vide (un passage en via ferrata sympa sur la montée du Schwarzhorn), histoire de Vivre un peu, sans avoir toutefois recours à trop de techniques/matos de glace.

Mon pote est un gars discret mais sur lequel on peut compter, et ma condition physique n'est qu'une ombre discrète de la sienne...

On pose donc la voiture à la gare de Grindelwald (1034m), et on se lance confiants tout les deux, malgré la pluie et le foehn, direction le Bachsee (2265m), avec un petit détour par le Reeti (2757m)...

La montée par les sentiers d'alpages se fait bon train, malgré la pluie...
J'accuse même un peu mes 34 ans derrière mon pote qui monte presque avec nonchalence... ::) :)



Les vaches Milka ne nous prêtent pas attention...
Nous sommes encore donc loin de la piste de la marmotte... :)



Petite pause repas à l'abri d'une grange...
Celle ci avait l'air bien sympathique, mais un gros monsieur barbu ne voulait pas qu'on le deleste d'un de ses fromages... ;D



La montée continue, les alpages disparaissent et la pluie redouble... :(



Le Reeti est devant nous, et la montée sur l'arrête Est sera l'occasion de tester une première fois notre motivation, sachant que le panorama annoncé sur les guides de rando ne sera pas au rendez vous...

La pluie et la transpiration trempent nos vêtements et équipements, et je commence à espérer trouver un abri en dur quelque part en hauteur, parce que sinon, la nuit prévue sous tarp risque de s'annoncer sportive... ;D

Pas un temps à mettre une grenouille dehors... ;)



Nous approchons des Bachseen, dans un décor de highlands...
Chardons, chaumes, lacs, ruisseaux et vallons, pluie et brouillard...
On serre nos Opinels, s'attendant à voir surgir derrière nous un clan de guerriers en kilts... :)





Oui, vous avez bien vu, y'a deux petites cabanes dans le lointain... 8)

L'une des deux est un abri de rando avec foyer et buches...
Le grand luxe pour nous sécher après 6 heures et pas loin de 2000m de dénivelé sous la pluie...

Un peu de tact, et mon pliant se charge des tâches les plus lourdes... ;D



...pour construire un foyer salvateur...



Un coup d'oeil dehors après le diner, et le temps a l'air de changer pour demain... Cool...



Réveil au tout petit matin par des chuchotements autour de l'abri...
Le chasseur de chamois chuisse chuchote... Chi chi... ;D

Le temps est (presque) clair, et on se remet en route reposé et (presque) sec.

L'horizon est en tout cas prometteur pour la journée qui s'annonce: Bachsee-Grosse Scheidegg (1962m), avec l'ascension du Schwarzhorn (2927m) au milieu...



A suivre...

 ;)








« Modifié: 21 novembre 2006 à 22:37:14 par bloodyfrog »

21 novembre 2006 à 22:39:19
Réponse #1

Kilbith




22 novembre 2006 à 10:29:54
Réponse #3

huskbarthai


on veut... on veut... la suite...   :doubleup: :doubleup:

ps 1; t'as emmené "que" ton pliant, j'y crois pas... ;) meme Otzi avait plus...
ps 2; on voit bien que "LeRené" n'est pas sur le forum puisque tu le charrie, joueur le manu... :D

à plus, eric
« Modifié: 22 novembre 2006 à 11:04:55 par huskbarthai »
"Moi j'aime trop mon prochain pour le laisser souffrir, sans cesse je tends la main pour l'aider à en finir..."


22 novembre 2006 à 10:51:44
Réponse #4

Diesel


Oooooooooooooooh comme c'est beau.  :)
Je ne vois pas pourquoi tu te plains de la pluie la Grenouille.  ;D

ça c'est tout Manu, il faut qu'il fasse durer le suspens. La suite, la suite, la suite !!!.

22 novembre 2006 à 10:57:22
Réponse #5

Pierre


Salut Bloodyfrog,

Superbe et bien conté !  :up:

Encore une belle balade qui fait réver... à quand la suite ?

A+
Pierre 

22 novembre 2006 à 11:48:24
Réponse #6

bloodyfrog


Bon, devant la pression populaire... la suite...

Après la nuit passé dans notre cabane, autour des Bachseen...



On remet notre kilt et direction le Schwarzhorn...



Nous marchons autour des 2000m pendant deux heures, et les nuages nous laissent parfois entrevoir l'horizon magnifique...



Successivement, de grands noms de l'alpinisme alpin se dévoilent: Wetterhorn, Schreckhorn, Eiger, Jungfrau... :up:

En ce qui nous concerne, on entreprend le dénivelé vers le sommet du Schwarhorn, avec une certitude, la météo connue la veille nous rattrape dès les premiers mètres de montée... :(

Nous sommes cette fois en plein sur la piste de la marmotte, mais trop peu de soleil pour les voir quitter leur usine souterraine de chocolat et se dorer au soleil...



Le sentier est raisonnablement balisé, mais ça commence à devenir un poil technique, en raison des conditions surtout...





Dernière photo de l'ascension, parce qu'à partir de là, c'est casque, baudrier et longe, sac à dos sanglé et les mains sur la roche... ;D

Face à nous, la première difficulté: début de la progression sur l'arrête (dans le brouillard à gauche sur la photo, ça tombe à pic...) et face à nous, perdus dans le brouillard, 60m d'échelles verticales (la photo ne rend pas l'échelle... c'est un poil plus haut qu'il n'y parait... :o ;D)



Une heure de progression, on vient de passer la partie la plus verticale, René en tête se débrouille très bien (plusieurs années d'escalade derrière lui), et le brouillard aide finalement à "oublier" le vide dans quelques passages techniques...

...quand je vois soudain mon René qui se pose sur une pierre. Je le rejoins  et lui demande si tout est ok.
Et là, René me dit "Non, ch'ais pas ce que j'ai, je suis comme inquiet et mes jambes ont du mal à se bouger..." :-\

Grande qualité parmi d'autres de René, il sait dire quand ça va pas, et en même temps c'est pas souvent, alors quand ça vient, c'est que c'est à prendre très au sérieux...

Deuxième difficulté de la journée, parce que inattendue...

"Bon, pas de soucis, on sait ou on est, on sait ou on va, on s'y tient et je passe devant"

Petite pause pour discuter, boire et s'alimenter un peu pour remettre René en selle, mais ça a pas l'air d'aller fort, dans la tête surtout.

Faut bouger, et on monte, parce que je vois pas comment redescendre    les échelles qu'on a passé il y a quelques minutes, à l'envers et dans ces conditions...

René prend sur lui, sur mes talons, et j'essaie d'être rassurant dans mon train et mes choix, pour ne pas laisser place au doute, d'autant qu'on gravit à présent de la pente enneigée...

Lors des premiers mètres de montée, nous avions aperçu un couple de marcheurs suisses, équipés des pieds à la tête en matos high-tech (North Face, Mammut and co...)...
J'avais argumenté là dessus en disant à René, "T'inquiète pas, y'a du monde devant et ils connaissent le coin... ::)"

Neige et brouillard, le sommet doit être proche mais le balisage n'est plus depuis un bout de temps, et je marche "au terrain" et avec ma Vector...

Deux silhouettes dans le foehn...
"Regarde René, on n'est plus tout seul"
Mais nos deux amoureux suisses sont paumés, tout équipés qu'ils sont, pas de carte, pas de boussole... ::)

Je taquine un peu pour ne pas laisser les esprits s'affoler encore une fois, et on pause pas, j'emmène ce petit groupe au sommet...
Je suis le seul conscient qu'on y est, et vu l'ambiance, pas le courage de sortir l'appareil... ;D

Petit point topo rapide pour trouver le chemin de la descente, et en route!

Le pierrier qui nous fait descendre est raide mais les esprits sont déjà revenus au beau fixe, malgré la fatigue, d'autant que le soleil réapparait dès qu'on repasse sour les 2500m...



Quelques leçons de cette ascension:
-savoir s'entourer de personnes qui sauront vous dire quand ça va pas, avant que ça n'aille vraiment plus...
-gérer la condition psycho et physique de ses potes, tout autant/et plus que la sienne...
-ne pas partir en montagne sans carte, boussole et connaissance topo, même si ça parait évident...
-la prise de décisions réfléchie, rapide et franche est garante de la cohésion du groupe et des esprits...

La descente vers la Grosse Scheidegg nous trouve assez silencieux... ;D

A suivre...




22 novembre 2006 à 12:33:40
Réponse #7

Diesel


Encore à suivre  ?? Houuuu ça sent l'abonnement à plein nez ça !!
Va falloir payer combien pour la suite ? . ;D

En tout cas, ça fait flipper ton histoire. :o

22 novembre 2006 à 13:52:21
Réponse #8

Pierrot


Chouette récit et une fois de plus la preuve qu'il ne faut rien laisser au hasard,surtout quand le mauvais temps se met de la partie.

22 novembre 2006 à 13:55:29
Réponse #9

Kilbith


Encore à suivre  ?? Houuuu ça sent l'abonnement à plein nez ça !!
Va falloir payer combien pour la suite ? . ;D

  :'( :'( :'( 'Tain, y a pu q'des séries à la téloche depuis qu'ils ont arrété le film du dimanche soir sur TF1 !

22 novembre 2006 à 15:27:22
Réponse #10

L'Yéti


J'aime bien les long romans.... mais en un seul volume   :)
A quand la suite  ;)

22 novembre 2006 à 19:59:03
Réponse #11

bloodyfrog


Suite et fin… j’en vois dans le fond qui ne tiennent plus avec ce suspens… ::)

Descente vers le Wetterhorn…



Un peu avant la Grosse Scheideg, nous tombons sur une petite cabane au bord du chemin, au pied du Wetterhorn…



Nickel pour notre seconde nuit…
Une petite toilette dans un abreuvoir à vaches, un bon repas et au dodo, gentiment bercé par les cloches des vaches dans le lointain… 8)
Justement les cloches se rapprochent de plus en plus et bientôt, toutes les vaches de la vallée défilent pour venir se gratter avant la nuit contre la cabane, à grand renfort de sonnées de cloches et de "grompfffff" de bonheur… :o
Ca a duré un peu plus d’une heure… à se demander si la poussée des vaches allait pas nous emmener la cabane au fond de la vallée… ;D
Un souvenir sympa…

Le Wetterhorn au réveil...



Tout aussi sympa le descente tranquille vers Grindelwald le lendemain, avec un plein soleil cette fois, et le paysage splendide du lieu. :up:

Ici le Schwarzhorn dans notre dos, photo prise de la cabane au réveil…
On comprend l’origine de son nom… et il parait rien à coté des montagnes environnantes…
L’avait l’air plus coriace hier dans le brouillard et la neige… ;)



Une autre photo prise en descendant, on voit davantage notre itinéraire (montée par la crête à gauche et descente par le pierrier au centre)



Pour finir, une petite photo de l'Eiger sous le soleil...



... et une autre du glacier de Grindelwald



Je vous passe le repas d'ogre qu'on s'est mis à Grindelwald...

Au final, un trip sympa avec des moments forts dans tous les domaines... ;D

A retenir, l'importance de la météo dans la perception, physique et psychologique du lieu, et les conséquences que ça peut entrainer...

A +,

Manu.

PS: en me relisant, je me rends compte que je décris le truc comme étant celui qui a sauvé tout le monde... ::) c'est pas vraiment ça... juste la tête plus froide que les autres... et oui, j'avais que mon pliant... mais un Swamp Rat tout de même... ;)

22 novembre 2006 à 20:36:03
Réponse #12

Frolboll


Merci pour la balade et le récit !

Dans les passages difficiles, avec les mômes ou même les grands, on a l'habitude de chanter (respiration, repéres familiers, exhutoire).
Z'auriez pas pousser une chansonnette dans le brouillard ?

Frol


22 novembre 2006 à 21:56:05
Réponse #13

DavidManise


Excellent récit Manu :up:

T'es l'un des rares mecs avec qui je partirais pour un trip longue durée ou bien engagé sans arrière pensée, en sachant que je peux avoir pleinement confiance.  Pas tellement à cause de tes compétences techniques (même si elles sont là), mais parce que, d'une manière générale et systématiquement : t'assures.

Ciao :)

David
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