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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Qui a déjà géré une véritable situation de "survie" ?  (Lu 19657 fois)

18 décembre 2013 à 10:06:41
Réponse #25

L'ours


C'était en Allemagne, une partie de la région est un terrain militaire, peu de passage.
Respectes la nature et elle te le rendra

03 janvier 2014 à 19:16:35
Réponse #26

Cocoeau


Je n'ai jamais été en situation de survie telle que vous la décrivez, mais j'ai vécu en rando une situation qui aurait pu mal tourner...
Cet été, je randonnais dans le massif de La Vanoise avec mon copain. Nous connaissons la montagne mais c'était notre première rando ensemble, et la première avec bivouac pour moi. Si nous avions soigneusement choisis nos chaussures et nos sacs, nous avions passé moins de temps sur le choix de nos couchages...

Première situation de survie :
Le premier soir, nous bivouaquons près d'un refuge, à environ 2600m d'altitude. Ce n'est pas l'Himalaya mais cet été les températures ont été exceptionnellement basses... Gelés dans nos duvets respectifs, on décide d'en mettre un dessus et un dessous, et bien habillés on se serre pour tenter de se réchauffer...
Manque d'hydratation, fatigue ou résistance moindre, je ne sais pas mais mon copain commence à grelotter sans pouvoir s'arrêter ! Il n'arrive plus à aligner ses idées ni à faire de mouvement conscient, il est roulé en boule et tremble.

Je réalise qu'il s'agit d'une hypothermie. Je sais reconnaitre et gérer ce problème : je l'enroule dans les deux duvets, me contentant d'une polaire. J'avais froid mais j'étais parfaitement consciente que mon état ne relevait pas de l'hypothermie mais de la sensation de froid extrême.
Seulement l'effet Chimpanzé est passé par là : à 20m de la tente se trouve la salle commune du refuge, libre d'accès, chauffée, ou l'on trouve une gazinière certes archaïque mais en état de marche. J'ai dans mon sac une quinzaine de sachets de thé, autant de dosettes de café soluble, des bouillons cub, des soupes en sachet... Et l'idée de lui faire une boisson chaude ne m'a pas effleurée.
Par contre, je n'ai pas fait d'erreur en le couvrant ainsi : il ne grelotte plus et ses paroles sont plus sensées. Il ne pense pas non plus à la boisson chaude...
En revanche je le fait boire, je sais que s'hydrater permet de lutter contre le froid. Après une heure à le réchauffer comme je pouvais, il se déroule du duvet : je m'y met et nous dormons malgré la température. Je me réveillerais le lendemain en bien meilleure forme que lui...
Après coup, j'aurais pu mieux gérer mais j'aurais aussi pu ne pas reconnaitre le problème et le laisser s'endormir... Je ne culpabilise pas, mais je suis consciente que partir mal équipés comme cela était un risque que nous avions sous-estimé. Ayant gardé en tête cette expérience, je me suis fait offrir un duvet bien chaud pour Noël ! On apprend de ses erreurs...

03 janvier 2014 à 19:42:59
Réponse #27

Bison


Merci de cette belle analyse !

Tu ne nous dis pas si tu avais jamais auparavant imaginé ce cas de figure ...
J'entends par là se dire :  "Et si cela m'arrivait (nous arrivait), que faire?"
Cela aide, d'avoir "mentalement" préparé des solutions.
Et aussi, cela incite à prendre des précautions.

Une bonbonne de gaz près du corps, et zou, en  quelques minutes on a une boisson chaude et une tente réchauffée ...
Encore quelques minutes et on a une bouillotte dans le sac de couchage.

Pour moi, c'est tellement "vital" que, en hiver, je double le réchaud gaz d'un petit réchaud à alcool.

Et se dire aussi que si on dort près d'un refuge, c'est bien pour pouvoir s'y réfugier ...
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

18 janvier 2014 à 00:46:36
Réponse #28

Cocoeau


Bison,
Oui j'avais déjà réfléchi avant de partir. En fait avant chaque rando je me fait mentalement (parfois même sur papier) un "Top 15 des galères les plus probables"  :doubleup:
Pas très optimiste mais efficace comme préparation.

Si je devais analyser pourquoi j'ai été "mauvaise" dans ma gestion, je verrais facteurs :
- La personne en galère était mon chéri. L'affectif n'aide pas à rester serein... S'il c'était agi d'un inconnu j'aurais peut-être mieux réfléchi.
- J'étais fatiguée (à 21h, après une journée de grimpette) et souffrais d'un léger mal des montagnes (je suis plutôt sensible, d'où le mal des montagnes à cette altitude).
Comme je l'ai dit je n'ai heureusement rien fait de dramatique (genre le laisser s'endormir mal couvert). Je pense que sans cette préparation mentale j'aurais pu passer à côté du problème.

En tout cas si cela se reproduit je pense que je saurais mieux gérer le souci. Et maintenant je pars bien équipée !

18 janvier 2014 à 09:04:15
Réponse #29

Bison


Faut être pris pour être appris  ;)

Deux ou trois choses donc, que tu aura apprises, niveaux "facteurs humains" - dont on parle rarement d'une manière concrète.

L'aspect relationnel avec un proche :  on ne voit pas les choses d'une manière aussi "sereine".

L'aspect fatigue, forme physique :  on ne voit pas les choses du tout (le refuge à 20 mètres), ou on n'a plus la pèche pour faire vraiment ce qu'il faut (se lever, quitter l'intimité de la tente, faire chauffer une boisson), à commencer par réfléchir.

L'aspect physiologique :  pour beaucoup de personnes, une première nuit direct à 2.600 m d'altitude, spécialement après une dure première journée, "cela ne va pas trop bien" - sans que l'on puisse encore parler amha de mal aigu des montagnes, hein ...

Bonne suite de randos et de découvertes diverses.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

02 février 2014 à 00:38:05
Réponse #30

SNOWCRAB


Salut les amis :)

en ce qui me concerne il y pas mal d'années (en fait je dirait 30), je plongeais tous les week en en carrières dans les anciens puits d'extraction d'ardoise de Trélazé ou nous préparions nos passages de brevet. :-[
En plein hiver l'eau avoisine les 2 ou 3 degré. :o
Nous étions avec mon binôme à 40 m de profondeur dans une obscurité quasi totale simplement éclairés par nos ridicules lampes de l'époque (j'envie les plongeurs actuels avec toute cette ébauche de lumen). 8)
Simulation de panne d'air avec les signes qui vont bien à mon coéquipier, passage d'embout de détendeur.
 :o Grande inspiration et pas d'air, car le premier étage venait juste de geler ( problème des détendeurs à piston sensibles au gel).
La vrai signe manque d'air et je reprend mon détendeur.
Dommage car lui aussi il était bloqué par le givre.
Grand moment de solitude pour les deux bons hommes.
Nous avions quand même dans cette opération commencé un petit palmage de remonté (surement l'instinct et aussi l'entraînement aussi) qui nous avait remonté de dix ou quinze mètres.
Passage sur le détendeur de secours et remonté a deux sur l'embout.
ON se dit dans ces moments la que le stress peut vite faire tourner au vinaigre.
En surface grande bouffée d'air frais, sur cette plongée, la remontée fut il est vrai un peu trop rapide.

Depuis cet "incident" cela m'ai arrivé a plusieurs reprise avec le stress en moins.

Thierry
Les cons ça ose ose tout et c'est à ça qu'on les reconnait

21 février 2014 à 23:40:50
Réponse #31

Cocoeau


Thierry, ce que tu dis est super intéressant je trouve parce que tu évoques une situation que tu as gérée plusieurs fois.
Je pense que la première fois, personne n'est capable de gérer une situation donnée au mieux (qu'il s'agisse d'un souci menaçant la survie ou d'un premier rendez-vous, entretien d'embauche... Ce n'est pas valable qu'en survie). Après il y a moyen de se préparer pour gérer "le mieux possible" ou à défaut "le moins mal possible".

Il y a quelques semaines, dans le Vercors, les oeufs allumes feu d'un certain David m'ont bien aidée - peut-être pas sauvé la vie mais en tout cas sortie d'une belle m*rde : si je n'avais jamais lu ce forum, si je ne m'étais pas préparée, je n'aurais pas eu mes petits oeufs !
Je ferais un compte rendu dans la rubrique dédiée mais je m'étends pas sur mon allumage de feu ici, c'était juste pour illustrer l'idée de se préparer.

22 février 2014 à 11:38:41
Réponse #32

Gofannon


L'avantage de la plongée, c'est que ces situations d'urgences sont (normalement) drillé tout le long du cursus de formation du plongeur.

Plus on avance dans la pratique de la plongée, plus la recherche de la gestion de l'accident et sa prévention est importante.

Par exemple, je pratique depuis quelques années la plongée souterraine. Pas loin de l’Everest de la plongée en terme de préparation et de difficulté, même si tout comme l'alpinisme il est de plus en plus facile de pratiquer. (je ne suis qu'un débutant, disons que je ne suis qu'au camp de base et que je regarde les grands partir pour l'ascension  ;) )

La notion de redondance matériel prends tout son sens:
- 3 lampes par plongeur en cas de défaillance d'une (être sous terre, sous l'eau sans lumière est assez flippant, mais c'est drillé aussi)
- 2 outils coupant (le fil d'arianne est notre meilleur ami mais il peut vite changer de bord. La perte du fil, fil cassé, plongeur emmêlé... tout est drillé)
- 2 réserves d'air séparés (exercice de panne d'air et de partage drillé jusqu'à l'automatisme)
- 2 masques (voir flou est presque aussi flippant que ne rien voir, ceux qui portent des lunettes me comprendrons  ;D )
- ...

Tout comme la planification:
- Réserve d'air prévu pour faire face à la pire situation (suffisamment d'air pour sortir, avec son binome en panne d'air, on fait demi-tour dès que l'on a consommé 1/4 de son air disponible)
- Calcul de l'autonomie, et définition des limites
- ...

Un concept très important, le "what if?" (que faire si...)
On imagine toutes les situations qui peuvent arriver, puis on vérifie que l'on ai bien la solution pour s'en tirer. C'est fait physiquement, écris dans un tableau et drillé régulièrement....

Et puis il y a aussi les limites personnels, est ce que à 1km sous terre (soit 1h30 de plongée aller), la cheville en vrac suite à une chute, je vais avoir les forces et la volontés de rentrer?

Mais il y a toujours des personnes qui ne se rendent pas compte de la possibilité d'un risque quelconque. On n'échappe pas à la bêtise humaine.


Le parallèle avec ce qui nous rassemble sur ce forum est flagrant.  :love:
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

22 février 2014 à 11:48:05
Réponse #33

Gofannon


Pour info, la plongée souterraine ça peut ressembler à ça:

C'est large, c'est clair, c'est beu, c'est topographié, il y a un fil d'arianne...
Et c'est Français. c'est le Ressel dans le Lot. Nous avons la chance d'avoir parmi les plus beau site de plongée souterraine au monde.

Mais ça peut aussi être ça:

Et la c'est étroit, trouble, pas de fil, pas de sécu, et inconnu...


 ;)
''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

22 février 2014 à 19:56:36
Réponse #34

Oim


L'avantage de la plongée, c'est que ces situations d'urgences sont (normalement) drillé tout le long du cursus de formation du plongeur.
Un autre "avantage" selon moi c'est que tu n'es pas dans ton élément et que tu sais que quand ça part en c*uilles tu ES en situation de survie.
C'est comme le vol libre, tu n'es pas un oiseau et si ton aile se barre c'est ici et maintenant qu'il faut rattraper.
L'esprit ne bat pas la campagne et tu ne t'interroges pas pour savoir si c'est grave ou pas, tu as devant toi ta capacité en apnée pour trouver une solution et puis c'est tout, parce-que sans air tu vas mourir ou faire un accident de décompression si tu utilises tes 2/3 minutes pour remonter comme un bouchon...

@ Snowcrab : l'année dernière Becon les Granits, eau à 6° en surface, visibilité moins de 2 m
Givrage à 20m du détendeur de secours qui se met à fuser (détecté au bruit) mano qui chute genre pneu qui se dégonfle  :-\ , signe au binome qui ferme ma bouteille et me tend son octopuss  :up:. remontée tranquille...
Même pas le temps d'avoir peur. de toute façons pas le temps d'avoir peur car des trucs importants à faire et dans l'ordre.
Depuis je me suis acheté un détendeur avec un flocon gravé dessus... 8)

Dès que l'on est plusieurs il super important de débattre à l'avance des actions à faire en cas de...
Car si ça arrive soit on a pas le temps de discuter soit il y en a qui ne sont plus capables de réfléchir.
( autre avantage de la plongée, comme sous l'eau on peut pas discuter, on est obligé d'établir les procédure à l'avance)
Tout seul, bein faut en débattre avec soi-même à l'avance et agir selon le plan établi et pas selon l'inspiration du moment..

@Gofannon: les photos donnent envie ! ( enfin surtout la première).
L'année prochaine j'ai prévu de faire une initiation à la plongée sout pour voir...
" The trouble with the world is that the stupid are cocksure and the intelligent are full of doubt. "  GrandMaster B.R.
"tous les survivalistes ne sont pas paranoiaques, mais b*rdel j'ai l'impression que tous les paranoiaques deviennent survivalistes..." Le taulier

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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