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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Qui a déjà géré une véritable situation de "survie" ?  (Lu 19665 fois)

09 juillet 2008 à 14:04:08
Lu 19665 fois

kikou92


Bonjour à tous,

Prolonger la vie, ça commence par anticiper et faire en sorte de ne pas se mettre en situation de survie.
On est d'accord. Bon maintenant, la vie c'est pas tracé sur le papier alors voici une petite réflexion du jour :

==> A bien y réfléchir, me suis-je déjà retrouvé involontairement dans une situation m*rdique au point de devoir appliquer les méthodes que l'on s'échange sur ce forum ? avec le stress et tout et tout ...

Si oui, que vous ayiez géré la situation ou pas (dans le cas où vous avez porté secours en vain par exemple), estimez-vous que la mine d'infos du forum, vos lectures, vos essais sur le terrain vous ont servi de manière capitale ?

Je ne vous cache pas que les forumeurs, à commencer par moi, seraient intéressés pour avoir quelques détails.


merci d'avance

Alexis

09 juillet 2008 à 14:32:20
Réponse #1

nemesys


jamais pour ma part ...mais c'est aussi pour ca que je suis sur le forum !!!
j'apprends, je croise les doigts pour ne jamais avoir a utiliser ces méthodes autrement que pour m'amuser car en VRAIS situation de survie, , dans des conditions merdiques (cf la loi de murphy !) on ne sais jamais comment ça peut marcher...tout au plus on peut pallier au pire ...

09 juillet 2008 à 14:36:48
Réponse #2

tsjok


ma virée suedoise ?  quoique je devais pas etre à plus de 20 bornes de la civilisation ...
retrospectivement , je me dis que ce que j'ai lu sur le forum ou vecu avant , ne m'a servi à rien ....trop de stress , la douleur difficile à gerer , l'etat fievreux , le sac qui se met à peser des tonnes ....
mais c'est vrai que c'est un post interessant ça  :up:

10 juillet 2008 à 09:21:14
Réponse #3

Sanjohn


Bonjour à tous et à toutes!  :D

Survivre? voilà un terme qui mérite une définition plus large que celle d'au dessus.

-Pour Couplan par exemple, Survivre, c'est SUR-vivre, c'est à dire "mieux vivre", que ce soit dans la nature ou ailleurs. Dès là, on s'éloigne du concept de base du survivor, puisque survivre passe après vivre et plus avant vivre tout simplement.
-Pour l'armée, survivre c'est rentrer entier lors d'une opération...
-Pour beaucoup de gens actuellement, survivre, c'est avoir ce qu'il faut à manger tous les jours pour eux mêmes et leur enfants. Et c'est pas une mince affaire...je passe les détails!
-Chaque personne qui fait face à une maladie grave ou à conséquences se trouve en situation de survie
-chaque personne qui se trouve face à un prédateur (agresseur) peut potentiellement se trouver en situation de survie
-toute personne qui prend le volant pour aller travailler par exemple se trouve immédiatement en situation de survie...
-Survivre, c'est aussi pour certain une question spirituel : survivre à la mort via la religion
-Survivre, c'est aussi une question d'épanouissement personnel : certain ont besoin d'un moyen d'esprit (artistique ou autre) pour s'exprimer, et donc survivre mentalement...
-survivre, nous le faisons tous et depuis la naissance de l'humanité, depuis le début de notre vie (personnelle) : de la recherche de l'ovule à la naissance, jusqu'à la mort comme le dit la chanson de M Goldman que JM Bigard site également dans l'un de ses spectacles (des animaux et des hommes).
(...) je vous laisse compléter la liste.

Je ne peux répondre au sondage car il ne propose de cocher qu'un choix de vote.

Alors pour répondre à la question, oui je me suis retrouvé en situation de survie, et plus d'une fois.

En 2001, avant de partir à l'armée, je n'avais plus de chez moi, pas d'argent, juste un sac et très peu de chose. Il fallait que je mange, que je trouve un toit etc...Un homme, Marcello m'a accueillis 4 mois chez lui, alors que lui était en situation de survie mentale (divorce, perte de sa fille) et croulait sous les dettes (survie financière) (=MERCI DU FOND DU COEUR MARCELLO)

Je n'aborderai pas le sujet militaire. Il a été traité déjà dans ma nomenclature ci dessus.

En 2003, je me suis fais agresser deux fois, dont une fois par trois jeunes hommes dont un avait un sabre (une vraie m*rde d'ailleurs...) dans une cité pas loin de chez moi (DREUX). J'y ai survécu, eux un peu moins, m'en sont témoins 2 de mes élèves présent ce jour là qui par sécurité j'avais isolé de la situation. (François et Sébastien) C'était une vraie situation de survie car l'agression ne visait pas un vol, mais était une véritable confrontation agressive et sans but si ce n'est qu'ils voulaient s'en prendre aux vilains petits français que nous étions sur leur territoire. Un seul coup de sabre, dans la cuisse à la fémorale, un coup d'estoc dans les organes vitaux etc pouvait transformer la situation et amener la mort pour l'un d'entre nous.

En 2006, j'ai subit un empoissonnement du sang par produit chimique. J'ai eu notamment les parois nasales entièrement "détruites". J'ai eu beaucoup d'autres soucis de santé et j'étais très diminué. J'ai poursuivis mon entraînement personnel, j'ai poursuivis de donner des cours à mes élèves. C'était pour moi une question de survie mentale. Mes élèves ont été tous présent pour m'épauler durant cette épreuve : je me souviens d'un stage d'échange avec le Bujinkan où je ne tenais pas sur mes jambes. L'un de mes élèves était constamment derrière moi, et il m'a rattrapé une bonne paire de fois. Dans des situations comme celle là, on se rend compte que l'amitié et la solidarité c'est merveilleux. (MERCI OLIVIER).

Cette même année, j'ai eu un accident de voiture, à cause d'un chauffeur de camion bourré qui ma poussé au tas (Olivier présent dan ma voiture s'en souviendra). J'ai du gérer la situation au mieux pour pas me taper une autre voiture et sortir de la route sans me prendre un arbre ou autre. Personne n'a été blessé.

Cette année 2008 durant le mois de janvier, une jeune femme est tombée dans la rivière. Je m'en suis occupé (hypothermie). Pour elle, c'était une situation de survie. La situation de survie commença pour moi après, dans la mesure où je me suis fait voler mon sac de patrouille, avec tout mes équipements à l'intérieur, dont mes papiers, cartes bancaires etc. Sans papiers dans notre situation actuelle, c'est limite de la situation de survie, et je ne vous explique pas le parcours du combattant qu'il faut faire en France pour se les refaire faire! Ça c'est de la SURVIE administrative.

Mon professeur est décédé le 15 septembre 2001. Aujourd'hui, j'ai repris à mon compte grand nombre de ses enseignements pour les retransmettre.  C'est une situation de survie : survie de la connaissance mais aussi survie de la mémoire d'une PERSONNE. C'est assez spirituel je l'admets, mais c'est aussi de la survie.

Une petite dernière avant qu'on dise que je raconte ma vie  : J'avais une grande envie de chier, et j'étais dans un coin assez désert, sable rocailles, pas vraiment d'arbre. Je regarde dans mon petit sac, et m*rde (c'est le cas de le dire!) j'avais prêté mon papier toilette à un camarade et il ne me l'avait pas rendu. Manque de vigilance et de rigueur sérieux : là, j'étais dans une vraie situation de survie! :lol:

En ce qui concerne mes virées dans la nature, c'est paradoxale, mais je ne me suis jamais senti en situation dite de "survie". C'est naturel, je ne sais pas comment l'expliquer. Pourtant, je pars souvent seul, assez loin de la civilisation et avec peu de matériel, voire pas du tout (à part les outils de base) et dans une durée moyenne (3 jours à 3 mois). Ça n'a jamais été une situation difficile, cela demande simplement un autre rythme de vie, celui de Mère Nature...

Bon, je ne vais pas m'étaler plus hein  :-[

Conclusion : Nous "survivons" tous à notre échelle dans la vie de tous les jours, vous êtes tous des survivants. Je suis sûr qu'en cherchant bien vous avez autant d'exemples de situations difficiles dite de survie, si ce n'est davantage à mentionner que moi!

Mes amitiés à tous,

Sanjohn :)
« Modifié: 11 juillet 2008 à 03:55:09 par Sanjohn (C.John) »

10 juillet 2008 à 09:43:47
Réponse #4

DavidManise


La "situation de survie", c'est une notion vraiment floue et très relative...  Aussi je la définis, moi, comme suit :

L'un des points de la règle des trois est compromis :
- capacité de raisonnement, prudence ; trois secondes avec la connerie ;
- transport d'02 ; trois minutes sans 02 ;
- capacité à réguler ma température ; trois heures sans régulation thermique ;
- possibilité de m'hydrater suffisamment ; trois jours sans eau potable ;
- possibilité de manger ; trois semaines sans manger ;
- possibilité d'avoir un contact social ; trois mois sans contact humain ;

Je suis aussi en situation de survie quand l'un des outils de base que j'ai pour assurer ladite survie est compromis :

- conscience
- vision
- mobilité
- dextérité manuelle

Donc en clair, je suis en rando, je me pète une cheville, je ne peux plus me déplacer en l'état.  Sblam, je suis en situation de survie.  Et je le suis jusqu'à ce que je me sois bricolé une atèle et des béquilles qui vont me rendre ma mobilité.  Ou alors jusqu'à ce que les secouristes m'aient retrouvé, et me fournissent une mobilité sous la forme d'un brancard. 

Je suis en rando, je comptais sur une source à tel endroit.  La source est à sec.  Sblam.  Je suis en situation de survie.  Et je le suis jusqu'à ce que j'aie trouvé de l'eau potable. 

Etc. 

Situation de survie ne veut pas nécessairement dire situation d'urgence...  Pour moi, une situation d'urgence, c'est de la survie encore plus spécialisée : typiquement quand la survie est menacée à COURT TERME...

Des exemples de situations d'urgence ?

- J'ai 6 ans, et pour soigner un mal de gorge on m'a foutu des antibiotiques de cheval.  Malgré un urticaire béton qui résiste aux anti-histaminiques, on insiste et on me redonne encore de l'antibiotique en question.  Et là d'un coup je me mets à gonfler...  Ma survie est compromise à très court terme.  Situation d'urgence.

- J'ai un gros enfoiré qui farfouille dans sa caisse dans mon dos.  Je viens de le foutre dehors et il est bien énervé.  Je dois m'occuper d'un autre gars.  J'entends deux détonations.  Je tombe.  Situation d'urgence. 

- Je suis en train de faire le con sur un sentier hypr escarpé qui devient une vire au milieu d'une falaise, puis une vire merdique en dévers, puis il y a un pas à faire, enjamber le vide et pouvoir continuer sur la vire...  je le sens pas.  Et de fait j'ai pas tort parce qu'en enjambant je glisse et je me retrouve pendu à un bouquet de thym avec une petite caillasse sous les pieds...  80 ou 100m de gaz derrière moi.  J'ose pas regarder.  Je m'agrippe comme un put**n de chat de 120kg.  Et le pire c'est que là d'où je suis c'est moins dangereux de continuer sur la vire plutôt que de faire demi-tour, et je ne sais pas si plus loin ça ne va pas devenir encore pire.  Situation d'urgence (à la con, et je suis vraiment un blaireau de m'être foutu là-dedans volontairement, et là si je m'étais planté ça aurait été bien fait pour ma gueule)...

- etc.

Je pense honnêtement que si on pense la survie globalement et qu'on analyse le truc un peu honnêtement, ça se présente comme suit :

Secourisme <-- très souvent urgent (survient typiquement quand les deux niveaux du dessous ont foiré)
Self-protection <-- souvent urgent (prédation, agressions)
Survie "nature" <-- rarement urgent (régulation thermique, eau, bouffe)

Quand je dis "survie", je pense personnellement à tout ça.  Et si je dis survie "nature", je pars du principe que la ville fait aussi partie de la nature.  Sans maison chauffée, on peut très bien mourir de froid en plein coeur d'une ville hein...  et il y a des bipèdes dangereux aussi en plein coeur de la nature.  Bref, c'est un système global et adaptable partout...  pertinent partout. 

Ciao ;)

David
« Modifié: 10 juillet 2008 à 10:01:31 par DavidManise »
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

10 juillet 2008 à 11:17:19
Réponse #5

Rammstein


Si on fait exception des accidents de la route et des petits bobos survenus au milieu de la pampa, l'évenement où j'ai le plus eu peur pour ma vie s'est produit lors d'un saut en parachute. J'étais alors débutant et n'avais qu'une dizaine de sauts en automatique à mon actif.

Avec des copains, on avait loué une école de saut hors saison pour bénéficier de prix attractifs. Effectivement la facture est allégée, par contre en février les températures sont négatives : -5°C au sol, et -15°C à 2000m d'altitude.

Lorsqu'on pratique le parachutisme, il est d'usage de plier soi-même son parachute. Apparemment le mien devait être un peu humide... Tout semblait bien se présenter pourtant pour le premier saut de la journée : pas de vent, soleil. Je me retrouve donc assis sur le côté de la carlingue, attendant le signale de largage. Comme je suis le plus léger du stick, je saute en dernier à 2400m.  8)

Donc je saute, mon parachute s'extrait... et je continue de tomber comme une pierre, accroché à une sorte de chou-fleur qui n'est autre que mon parachute en vrac, même pas déplié. Le stabilisateur est en effet coincé dans la toile, bloqué par des suspentes vrillées et gelées !  :ohmy:

Je n'ai pas trop réfléchi et ai appliqué de suite les procédures d'urgence, qui sont les suivantes :
- tirer 3 fois sur les suspentes de direction, pour faire descendre le stabilisateur,
- si la situation ne s'améliore pas, larguer le dorsal et ouvrir le ventral.  :o

1er essai, je tire comme un malade : rien.
2e essai, je tire comme un malade : rien.
3e essai : je tire comme un malade : ouf ! Le stabilisateur descend lentement, le parachute s'ouvre, et je me pose les jambes tremblantes, après un vol sous voile réduit...  :'(

Cette situation est sans doute banale pour le parachutiste confirmé. Pour moi qui ne connaissait pas trop le milieu aérien, elle m'a montré que tout se joue en quelques secondes dans ce genre de circonstances, et qu'il faut analyser la situation et agir TRES rapidement. Mieux vaut avoir assimilé alors sérieusement les procédures d'urgence, pour agir par reflexe au moment crucial. C'est ce qui m'a le plus effrayé, au point que cette situation pourtant banale hante mes cauchemars. Je précise que j'ai déjà vécu des situations nettement plus "gore" (agressions, accidents...), mais le stress a rarement été aussi intense et le danger aussi immédiat.

J'ai ressauté par la suite. Malheureusement (ou heureusement ?) j'ai dû interrompre ce loisir pour raisons financières... Plusieurs de mes copains ont quant à eux eu des accidents de saut par la suite, nettement plus grave que mon petit incident.

Rammstein

10 juillet 2008 à 12:11:04
Réponse #6

Anke


Ben mon Rammstein, t'as bien dû "vider tes surrénales". Bine content que tu sois là !

Autre exemple, mais je ne sais pas trop si c'est de la "survie" comme on l'entend d'habitude...
Avril 85, j'ai 28 ans. Mon fils Grégoire, agé de trois semaines décède d'une tétralogie de Fallow( communication inter-auriculaire, ventriculaire, interversion artère pulm et aorte). Trois mois de larmes, plus envie de "continuer", Martial est là ( pote de promo) mon ex-beau-père me "branche" sur la course à pied. Je cours deux marathons, les images de réa pédiatrique dans la tête. Martial est mon "lièvre". J'avale les kilomêtres à me pêter le coeur et les tendons. Juillet 92 je divorce d'avec Evelyne ( ça nous a détruit, vivant ce décès chacun de notre cotén ça nous a détruit).
Février 2005, Dominique perd son fils de 17 ans, avec les copains on décide ( comme j'ai vécu le même truc) que c'est moi qui m'y colle. Mon passé me remonte dans la gueule. Je m'écroule dans l'atelier.
Avirl 2008 Vercors, rencontre du "grand sifflet" de 25 ans... put**n ce pourrait être lui, comme j'aimerais...
Tous les jours.... C'est dur...
Alors, faut continuer.... Y'a des jours, j'ai pas envie. Alors je me raccroche à des conneries, à ce que je peux.... à vous...

10 juillet 2008 à 12:56:55
Réponse #7

Peyo


Pu*** les gars respect!

Mais ouais je rejoins David sur ce point, la nature ou la ville, même combat!

En 2003-2004, j'ai expérimenté la survie urbaine, moi et toute ma famille.

Nous avons toujours été une famille hyper soudée, un clan même. Pas nombreux, nous sommes 4, mes parents, mon grand frère et moi.
A 24 ans on sait que la vie est dure, on nous le raconte et on le vit mais des fois il y a des grosses claques dans la gueule qui vous réveillent.

Une enfance heureuse, des parents commerçants, un frère créatif-architecte de son état, le sourire aux lèvres et des études qui se passent bien.

Mais la loi de Murphy existe belle et bien!!!

Des parents qui déposent le bilan, mon frère qui voit son cabinet d'archi' fermé... Une situation simple, peu inquiétante à l'époque, "bien entendu qu'on va retomber sur nos pattes" nous dira mon père.
Ce même pére qui cherche un boulot pour finir exploité par un c*nnard dans un une grande surface de la banlieue Niçoise... Loin de ma mère qu'il n'a jamais quitté une seule seconde en 36 ans, un frère qui fait de petits boulots, moi qui prend un job de cuisto dans une gargotte pour aider. On garde confiance, "nous sommes des battants" me dit mon frère...

Et là en deux ou trois semaines tout s'accélère, les dettes pleuvent, le fisc arrive, le moral baisse et c'est la spirale.
Mon père quitte son boulot pour en retrouver un mieux (véritable harcélement moral du patron qui veut le voir dormir dans l'entrepot du magasin "pour la sécurité du stock"... ), mon frère qui continu son boulot avec ses deux bac+5 tombe malade et ne peux plus tout assurer, ma mère qui commence à faire des ménages (ma mére! put**n, une mére comme ça on veut la protéger, lui éviter tout!).
Mes parents quittent leur domicile qu'ils avaient avec des hectares et des hectares de forêts, une piscine... Pour venir s'installer avec mon frère et moi à Marseille.

On rogne sur le superflu, sur l'inutile... Pour finir on rogne sur la nourriture, sur le chauffage.
On a faim! Pas la faim de l'étudiant qui a papa et maman. La faim d'un homme de 60 ans et d'une mère de 55 ans, la faim honteuse celle qui vous rappelle que vous ne pouvez pas nourrir votre famille, la faim qui ne dit pas quand elle s'arrêtera, peut-être jamais...
Et aprés la faim, le toit, les loyers que l'on peut plus payer ou alors seulement le loyer, tout ce qui rentre part dans le loyer...

L'enfoncement dans un système d'aide qui ne vous laisse aucun amour-propre, les Dames du secours catholique qui vous aident en vous traitant comme un paria, le dédain au lèvre, la fameuse grossiéreté dont parle David...

Moi de mon coté, je suis alors en école de commerce, j'ai décroché une bourse, je n'ai pas besoin de payé mes études, je travaille en alternance à un poste de recruteur dans une grosse boite de télécoms. Je n'étais pas bon, trop à l'écoute de l'autre mais mon boss avait un code d'honneur: on s'entraide quand on vient de la même école.

J'ai 24 ans à cet époque et je suis le seul à ramener un salaire inférieur au smic (celui de mon alternance) pour loger, habiller et nourir une famille de 4 personnes et de 2 chiens.

Alors oui quand on me parle de survie, je ne pense pas à un train qui déraille, je ne pense pas obligatoirement à l'inimaginable, je pense à ma famille qui en quelques semaines est passée d'une maison avec piscine et des WE au ski à la faim, à la honte, à l'incertitude. Notre saut, qui n'était pas en parachute, a failli faire mal aussi.

Je n'écris pas ici pour tomber dans le pathos et je ne crois que ce sujet nous permet de nous les mesurer... Il y a bien pire je sais. Par contre à mon échelle, cette situation était de l'ordre de l'inconcevable, à aucun moment cela ne pouvait arriver. Maintenant je sais... Maintenant j'ai changé, maintenant je ne serai plus surpris, j'affronterai, surement mal, mais j'essaierai d'encore mieux faire front.
--------------------------------

ça fait un peu psychanalyse de dire tout ça. Mais je voudrais le dire ici une bonne fois, MERCI DAVID, MERCI LE FORUM! A l'époque (c'était alors la première mouture du forum) ce lieu d'échange convivial a été une planche de salut pour moi, le seul moyen que j'avais pour m'échapper de la vie quotidienne. Donc oui je remercie car ce forum a fait son oeuvre en me gardant moralement en vie et me donnant une petite étincelle.

Désolé d'avoir été trop long

Peyo

ps: aujourd'hui la roue a tournée, on a cassé la gueule à Murphy, mon frére et mes parents ont réussi avec l'aide d'un vieux banquier partant à la retraite à re-ouvrir deux magasins. Et cette année, ils se sont pris chacuns l'un, un beau voilier de 8 mètre. C'est ça qui est bon dans une roue, c'est qu'elle tourne. Merci
« Modifié: 10 juillet 2008 à 13:10:45 par PEYO »
Be Light - Be Alive

10 juillet 2008 à 13:15:24
Réponse #8

Anke


Leçon de vie tout bêtement ! Y'a du beau monde qui traine ici ...

10 juillet 2008 à 13:32:00
Réponse #9

tsjok


des epreuves un peu similaires aux tiennes , Anke , ( perdu ma fille ....les toubibs disent mort du nourisson ....) , et separation avec ma compagne quelques mois plus tard ....
je n'avais jamais envisagé la suite comme une situation de survie ....Anke , tu m'as ouvert les yeux . Oui , c'est ça aussi survivre .

10 juillet 2008 à 14:10:27
Réponse #10

kikou92


salut,

merci pour vos témoignages, ils sont riches d'enseignement.

J'ai lancé, malgré moi, un post très ambitieux et je m'y suis très mal pris dans la tournure, ça saute au yeux. Vous m'en voyez désolé. J'avais bien à l'esprit que derrière le mot survie il y avait un grand nombre d'axes de développement.

J'ai clairement sous-estimé la portée du sujet qui prend une tournure plus qu'intéressante car on dépasse les problématiques "éviter la connerie", "soigner une blessure", "allumer un feu", "filtrer de l'eau" ou "griller des insectes" (dans l'ordre  ;) )

Initialement, cela venait d'une discussion avec une personne qui m'avait un peu titillé : "toi et ton forum vous me faites bien rigoler (ça partait mal  >:(), on dirait que vous vous préparez pour la fin du monde...montre-moi comment tu allumes ton BBQ avec tes 2 bouts de bois, sinon je te filerai mon briquet". Bon, il a eu droit à sa piquouze de remise en place. Mais j'ai eu un peu de mal à trouver des exemples personnels concrêts (en cela j'ai de la chance), car c'est souvent ce qui marche le mieux face aux gens butés. Et c'est pour cela que je vous ai sollicité à travers ce sondage. Quand je lis vos réponses, j'ai un peu honte d'avoir posé la question si mal, les choix du sondage sont évidemment trop limités, j'avais besoin d'exemples du style secourisme, bagarre et autres randos qui tournent mal...

Merci

Alexis

10 juillet 2008 à 14:11:01
Réponse #11

Gofannon


Il a pas un problème ce sondage?
Citer
Vous êtes-vous déjà retrouvé à gérer une situation de survie en milieu naturel ?
 Jamais, mais je m'entraîne au cas où.
 Je crois mais... était-ce vraiment de la survie ?
 Oui, une fois en milieu naturel
 Oui, plus d'une fois en milieu naturel
 Oui, une fois en milieu urbain
 Oui, plus d'une fois en milieu urbain

Une situation qui ma fait flippé après coup:
En plongée technique mer, lors de ma première plongée à 40m pour mon N2, ma sangle de masque lâche et se défait de mon visage.
Par un coup de chance je le récupère et arrive a peu près a le maintenir sur mon visage.
Après avoir maitrisé la situation je me rend compte que ça aurait put mal se finir: perte du chef de palanquée, panique et remontée rapide et tout ce qui s'en suit...
Pour moi c'est une situation de survie en milieu naturel car on s'entraine afin d'acquérir les réflexe pour ce genre de situation afin de bien réagir.
 
 

''Ce n'est pas la façon dont la lame est aiguisée qui fait le talent du sabreur.'' Yvan Andouart
''Le couteau a beau être tranchant, il ne peut tailler son manche.'' Mahmud de Kachgar

10 juillet 2008 à 14:33:28
Réponse #12

skaro


le sujet est très vaste...
mais pour faire court,
adolescent,je trainais (et j'était)avec des gens pas du tout recommendable pour démarer sur de bonnes bases.
ensuite,zou!direction 1régiment de parachutistes pour calmer les robes noirs et cravates blanches...centraf(*2),(gabon*2) et rwanda.comme l'a si bien dit sanjohn pas la peine de s'étendre là dessus...
ensuite j'ai bossé 13ans dans les boîtes de nuits(et pas les+calmes)a la porte.et comme je mesure 1m68 et pèse 64kg;je peux te garantir qu'il y en a eu des moments où j'ai remercié dame nature de nous avoir donné 1cerveau et d'autres où je me suis remercié d'avoir passé autant de temps a l'entrainement

je ne compte pas les quelques fois où j'ai sauvé mon chien de la noyade dans les tourbillons de la garonne où a travers 1lac gelé...ou le jour où j'ai rattrapé 1amie qui dévalait 1pente en montagne en faisant des roulades avant,arrières,sur le côté pour finir les jambes dans 15M de vide(1/4de seconde +tard elle se serais ecraseée sur les rochers pointus en bas...
les accidents(multiples fractures ouvertes en 1seule fois)....

bref;j'avais dit que je fesait court...donc en 1phrase....j'ai bien remarquer qu'a chaques fois que la situation devenais critique a 1certain point;il fallait cesser de penser et laisser faire le corp...la pensée sert a anticiper avant et a analyser après;mais sur le moment présent,c'st le reptilien qui gère...

mais si nous sommes ici a en parler ensemble c'est bien que nous avons réussire a survivre le nombre d'années que nous avons...

skaro

10 juillet 2008 à 16:39:55
Réponse #13

wolf


   - 2 inter smur pour HO (hospitalisation d'office) où je me retrouve une fois avec un 12 sur mon ventre et l'autre fois où pendant "la bagarre" la lame du couteau ne fais "que" toucher mon cou.

   - feux de forêt sans particularité (chez moi c'est des petits), le vent tourne subitement et les flammes courent aprés nous. Le CCF est quasiment encerclé par les flammes en quelques secondes.

Je sais pas si c'était de la survie mais c'était de la peur à postériori!

Je crois surtout que j'ai survécu à mon divorce! Et à tout ce qui a suivi.

Survivre à la solitude et à cette prison mental que je me suis construit jour aprés jour.
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

10 juillet 2008 à 16:47:36
Réponse #14

athlon


Salut

Oui j'en ai connu... humaine, morale, stressante... mais j'ai / nous avons rebondi. Et par pudeur et parce que cela ne regarde que moi, je n'en donnerai pas le détail ici.
Pas d'expérience de survie type rambo dans la nature qui doit tuer un lion avec une brindille tout en soutenant l'oeil droit qui tombe...

Comme le dit PEYO, une roue cela tourne... et heureusement. faut essayer de la faire accélérer suffisamment quand il faut pour être au bon endroit au bon moment.

Comme on le dit aussi souvent, il y a pire ailleurs... même si parfois on s'en fout de l'ailleurs... et que c'est nous l'important... a ce moment là c'est devenu de la survie.

Amitiés

"Sans déconner, les mecs...  La mort, ça dure longtemps..."

11 juillet 2008 à 08:32:50
Réponse #15

BigLarry


Salut

Oui j'en ai connu... humaine, morale, stressante... mais j'ai / nous avons rebondi. Et par pudeur et parce que cela ne regarde que moi, je n'en donnerai pas le détail ici.
Pas d'expérience de survie type rambo dans la nature qui doit tuer un lion avec une brindille tout en soutenant l'oeil droit qui tombe...

Comme le dit PEYO, une roue cela tourne... et heureusement. faut essayer de la faire accélérer suffisamment quand il faut pour être au bon endroit au bon moment.

Comme on le dit aussi souvent, il y a pire ailleurs... même si parfois on s'en fout de l'ailleurs... et que c'est nous l'important... a ce moment là c'est devenu de la survie.

Amitiés



pour ma part c'est un peu ce même sens
une survie parfois de tous les jours, après un problème perso, quelque chose qui vous tombe à travers la figure dans votre vie bien posé de tous les jours,
la survie après la mort de votre femme et de votre enfant, dans un même accident, et vous restez là seul, c'est aussi ça la survie
la perte d'un emplois, et chaque jours se démonter pour trouver n'importe quoi qui puisse apporter de quoi s'en sortir

c'est aussi avoir 17ans et se retrouver dans un pays qui n'est pas le sien, pour avoir suivis d'autres personnes, survivre sur un terrain en guerre, et là s'apercevoir que dans les films c'est plus facile, que là c'est pour de vrais, que nos potes qui tombent ne se relèvent pas

c'est prendre le métro, se faire braquer pour un walkman, se faire planter pour une clope qu'on a pas, c'est aider une personne qui se fait agresser, ou un homme qui fait une attaque cardiaque, mettre les doigts dans les artères d'un gars qui a la jambe amputé par sa propre voiture suite à un carton

la survie ce sont des actes de tous les jours, c'est ne pas manquer trop de repas, ne pas oublier de boire, c'est peut être con ce que je dis mais pour moi c'est tous les jours que je pratique la survie

« Modifié: 11 juillet 2008 à 08:38:22 par BigLarry »

11 juillet 2008 à 09:02:19
Réponse #16

LiGD


Plutôt profond comme post, ça donne a réfléchir sur cette notion de survie...ou finalement, la survie n’est pas vraiment celle de l’éventuelle post-guerre nucléaire mondiale.

Une anecdote sur le sujet, même si je ne suis pas certain que ce soit dans le registre. A 20 ans, en vacance en Thaïlande sur une ile su sud (Kosamui – orhtographe a verifier), je vais nager pour le plaisir (a l’époque, je sortais une saison de triathlon)...et je m’éloigne de la cote sans vraiment m’en rendre compte. Quand je m’en rend compte et que je fait demi tour, impossible de revenir a cause du courant…très très grosse frayeur de quelques secondes…
En plus a l’époque, quasiment pas de touriste et aucun moyen d’alerter les secours de quoique ce soit (surtout si personne ne vous attend).

Le calme revenant, je commence à essayer de lutter contre le courant. Apres une dizaine de minutes, j’ai le sentiment que je revient effectivement un peu vers la cote en régime que je sais pouvoir tenir plutôt longtemps. Bref, j’y suis arrivé après un temps totalement indéterminé. En sortant de l’eau, j’ai fait comme si de rien n’était mais j’étais vraiment conscient d’avoir fait une vrai conn*** .

Curieusement, dans ma Bretagne originaire (du cote de Perros-Guirec), j’ai toujours fait super attention a ce genre de truc (vérifier le vent, le climat et cie pour la planche a voile – les courants pour la plongée ou d’éventuelles entraînement, rester parallèle a la plage, etc…et je pestais même sur ces « parigo » qui faisaient les cons l’été et se retrouvaient a des plombes alors que les mecs du cru sortaient de l’eau sur un vent qui tournaient…Et la, vacances+soleil+détente= mode "insouciant"

11 juillet 2008 à 09:19:45
Réponse #17

Sanjohn


Bonjour à toutes et à tous!

j'avais écrit il y a peu de temps un petit article à destination des élèves de mon école sur le "survivalisme". Cet article illustre assez bien nos propos précédents, c'est pourquoi je me permets de vous le faire partager ici. (si David veut bien?autrement virez le / pas david hein, le texte!  :lol:)

 

Le "Survivalisme"

Par C.John, le jeudi 13 mars 2008


Le Saviez vous : la Survie a son courant philosophique?

C'est il y a peu de temps que j'ai découvert que le monde la survie, rendu populaire par les films à catastrophes, les séries télévisées du même genre, et la télé-réalité, avait un mouvement populaire nommé "Survivalisme", un courant de pensée appliqué de plus en plus en vogue!

Le Survivalisme, qu'est ce que c'est?

Le Survivalisme est un courant de pensée pratique prenant source au début du 20ième siècle avec les grandes guerres, notamment avec les risques de guerres nucléaires. 

Cette philosophie veut que son pratiquant anticipe une chute subite de sa civilisation, ou bien tout autre péril pouvant le mettre en situation extrême dite « de survie », par une méthode de préparation à ces situations consistant d’une part en études des techniques de survie et de toute connaissances nécessaires à la vie rudimentaire le plus souvent en pleine nature, et d’une autre part en exercices pratiques permettant de maîtriser ses mêmes techniques dans le but d’être le plus efficace le jour opportun.

Le courant survivalisme et ses adeptes évoluèrent à la fin du 20ième siècle pour prendre plusieurs directions, et par conséquent, diverses forment de pratique liée au raison même de leur pratique de la survie. C'est ainsi qu'on retrouve au moins une dizaine de courant au sein de ce même courant qu'est le survivalisme. En voici les six plus répandus :

-ceux se préparant à une apocalypse de type biblique

-ceux se préparant à la chute de notre civilisation, lié à la fin du système économique pétrolifère.

-ceux se préparant à une guerre mondiale, de type nucléaire, bactériologique ou chimique.

-ceux qui dans un cadre de vie sociale des plus difficiles, cherchent à développer mille et une astuces pour améliorer leur vie quotidienne et ainsi "survivre".

-ceux se préparant à survivre au vue la recrudescence des catastrophes naturelles et du réchauffement de notre planète (ou à une ère glacière selon les mouvements de pensée)

-ceux désireux de réapprendre des gestes oubliés (tanner des peaux, purifier de l’eau, savoir faire un feu) et désireux de communier avec la nature, avec le soucis constant de respecter cette dernière dans un cadre écologique de développement durable.

(...)

Ma vision du courant philosophique "survivalisme" est sensiblement différente que celles énoncées en début d'article, car je pars de la logique simple que ce même courant de pensée qu'est le survivalisme n'est pas si récent qu’il n’y paraît, car le 20ième siècle avec sa prise de conscience collective à tous les niveaux n’a fait que de mettre un nom sur un état d’esprit et de pratique qui existent depuis toujours : « l’esprit de survie ». En effet, survivre, c’est précisément ce que nous faisons TOUS depuis toujours, en tant qu’espèce tout d’abord, et en qualité d’individu et ce depuis le commencement de notre vie : naître, manger, boire, se lever même quand c'est dure, travailler pour ramener à manger, se battre contre la maladie, se battre contre la mort, se battre après une mort, se battre pour avoir sa place...surpasser la difficulté! C'est en quelque sorte, défier la loi de la sélection naturelle (même si elle est socialement amputée/transformée aujourd'hui pour nous humains) car en demeurant de jours en jours, nous survivons et devenons les "meilleurs".

(...)

Bonne méditation!


Amical partage, Sanjohn (C.John)

Note : je l'ai un peu coupé dans tous les sens, mais l'essentiel y est.
Sans rentrer dans des considérations qui peuvent dériver, le but de la sélection naturelle au sens "spirituelle" est l'amélioration de l'espèce, de sa valeur. En ce sens nous devrions chaque jour chercher à nous améliorer profondémement pour devenir de Meilleurs HOMME.

Pour en savoir davantage, l'encyclopédie gratuite du net :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Survivalisme
« Modifié: 11 juillet 2008 à 09:37:30 par Sanjohn (C.John) »

11 juillet 2008 à 09:34:26
Réponse #18

DavidManise


Salut :)

Ouaipe.  En clair, comme nous, tu n'es pas survivaliste.  Tu t'entraînes à la survie de manière pragmatique, en cherchant à la fois à gérer des risques avérés ET à être autonome, débrouillard, maître de ton destin. 

Pour moi le survivalisme c'est de l'ordre de l'idéologie.  Y'a un côté malsain à la chose.  Alors que la survie, en tant que discipline plus ou moins scientifique et surtout PRAGMATIQUE (objectif = prolonger la vie), ne garde que les bons côtés du truc.  Les aspects techniques et utilitaires, sans tout le blabla idéologico-politique (souvent très très très trop à droite).

On peut, par ailleurs, faire de la survie pragmatique pour anticiper des problèmes à grande échelle et s'y préparer sans pour autant tomber dans des délires survivalistes.  Stocker quelques boîtes de conserve chez soi, faire un potager et troquer tranquillement un gigot d'agneau contre un dépannage informatique, ça n'a rien de survivaliste.  C'est juste du bon sens...  pas besoin de se monter des histoires apocalyptiques pour ne pas mettre tous ses oeufs dans le même panier, hein ;)

Moi je le dis très clairement, je ne suis PAS survivaliste.  Pour moi la survie n'est PAS une idéologie.  C'est une discipline d'ordre technico-scientifique.  C'est une science pluri-disciplinaire.  Les objectifs sont clairs et on ne les cache pas.  Le but c'est de prolonger la vie en gérant le risque à un niveau individuel et collectif (par exemple en collaboration avec l'Etat et les services/plans de secours qui existent déjà). 

Allez ciao :)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

11 juillet 2008 à 09:41:58
Réponse #19

Sanjohn


TAFDAK David....De cette manière, nous recardons parfaitement bien ce qu'est la Survie : une manière d'être, de faire dans la vie de tous les jours pour prolonger la vie, surpasser les difficultés.  :up: Je pense que c'était un point important à rappeler ou à faire connaître. Beaucoup de gens ont une idée "sectaire" (idéologique ou  tout bonnement rambotesque*) du domaine de la survie, alors qu'ils le font tous le temps : C'est précisément ce que chacun d'entre nous avons illustré en partageant intimement un morceau de notre vie (MERCI à tous et à toutes pour ce partage.)

Amicalement,Sanjohn ;)

* et d'un néologisme en plus pour moi, 1! :blink:
« Modifié: 11 juillet 2008 à 09:57:06 par Sanjohn (C.John) »

11 juillet 2008 à 10:52:53
Réponse #20

emile


En fait, je ne suis pas en survie en début de mois, avec devant moi une bonne assiette pleine dans une pièce à 18°C chez moi, avec la famille ou amis. A ce moment-là, je me contente de vivre.
Autrement, c'est la jungle tous les jours.

27 septembre 2013 à 05:31:07
Réponse #21

Pier13


    Parcourant et lisant ce forum avec un vif intérêt depuis plusieurs mois; ayant appris de vos points de vue, réflexions et ayant découvert tant de choses ici; je me suis finalement demandé de quelle façon je pourrais apporter une petite pierre à l'édifice; quel sujet ou expérience personnelle serait susceptible d'enrichir ce forum?
   
    C'est une histoire, telle que je l'ai vécu il y a presque 20ans à un âge ou l'on se croit éternelle et invincible... Je venais d'avoir 18 ans! (En 1995 je ne connaissais pas la règle des 3 ;))
    Nous passions un week-end de Décembre en famille chez ma grand-mère en Brenne (pays au mille étangs). Moi jeune citadin, mon père passionné de chasse fuyant la ville et son tumulte chaque week-end, ma mère & ma grand-mère notre hôte.
    À l'époque je n'éprouvais qu'un intérêt très limité à la nature et la campagne, faune et flore sauvage. Pourtant je connaissais bien les lieux (grand domaine avec étang) que je parcourais depuis mon plus jeune âge avec mon père pour aller chercher le gibier qu'il avait abattu. Donc pour passer le temps que je trouvais toujours trop long j'avais pris l'habitude de partir seul en bateau (barque ou canoë) faire des balades sur l'étang. Et ce Samedi d'hiver, après le déjeuner familial j'ai pris la décision d'aller faire une promenade nautique solitaire!
    1ère chose à faire, s'équiper contre le froid donc caleçon + bonne grosse paire de chaussettes bien montantes et épaisses + jeans + tongues de plagiste avec lanière et scratch (je me demande encore pourquoi un tel choix... Cela devait avoir un rapport avec le confort enfin un truc comme ça, le genre d'idée à la con d'adolescent). Pour le haut, t-shirt coton + pull en laine + second gros pull + bonnet et enfin ma 1ère paire de Ray Ban et un Walkman sport étanche Sony jaune vif prêté par un ami.
    C parti! Direction le hangar à bateaux pour choisir mon embarcation, mon choix se porte sur le canoë métallique avec sa pagaie. Je m'installe, défais les nœuds d'attache et je commence à pagayer. 5min plus tard, j'avais pris une direction d'où je ne voyais plus la maison et inversement. Journée venteuse croyez moi, et sur un canoë face au vent.... C tendu d'avancer, mais j'insiste! Problème majeur, le canoë avait une forte prise au vent et je tournais sur moi même comme une aiguille de boussole... Je m'impatiente et la situation m'énerve car je perd mon énergie à vouloir redresser le canoë dans la bonne direction mais le vent le fait tourner sur lui même inévitablement. Et là.... Éclair de génie dans mon pti cerveau... Arrête de t'épuiser à essayer de le mettre dans le bon axe en ramant puisqu'il suffit que je me lève et que je change de position, que je me tourne pour être dans le bon axe.... Mais je fais cela avec cette phrase qui résonne dans ma tête, cette voix paternelle qui me dit : "ne te mets jamais debout dans un canoë tu finiras par perdre ton équilibre." Peu importe je me lance et j'y arrive une première fois... Problème momentanément résolu mais cette embarcation tourne toujours donc je me lance une seconde fois dans ce déplacement périlleux et là je me souviens d'un léger mouvement qui a failli me faire perdre l'équilibre et tomber mais heureusement j'ai pu poser mon pied à temps sur le bord du canoë. Grosse erreur! L'embarcation bascule, se remplit entièrement d'eau en 2 secondes et disparaît au 3/4 dans l'eau avec seulement l'avant et l'arrière qui sorte légèrement de la surface de l'eau et moi avec de l'eau froide jusqu'à la taille en pleine hiver.
   1er réflexe... put**n je vais prendre cher quand mon père va voir le canoë sous l'eau du fait de ma connerie, donc je décide de ramener le canoë vers la berge. Il était lourd ce canoë et il fallait que je le tire sous l'eau, mes lunettes de soleil d'aviateur sur le nez tout en préservant le Walkman que l'on m'avait prêté pour tuer mon ennui. Imaginez la scène. Je décide donc de traverser l'étang en ligne droite en tirant mon fardeau. Les minutes passent et voilà maintenant une dizaine de minutes que je trimballe mon canoë submersible, mon sous-marin à laisse en direction de la berge et de la maison... En somme je traverse l'étang. Mais plus j'avance, plus l'eau me semble haute au niveau du corps, je passe de l'eau au nombril à un niveau d'eau supérieur, au buste. Là j'en ai marre! J'ai froid et ça ne m'amuse plus de promener mon sous-marin donc je décide de l'abandonner quitte à me faire brailler dessus et le récupérer plus tard. Donc je l'abandonne et je continue d'avancer avec dans une main mes lunettes de soleil et dans l'autre le Walkman sauf que maintenant je n'ai quasiment plus pieds (je mesure 1m87) et j'ai les mains tendu vers le ciel préservant l'intégrité physique de mes "précieux" objets.
    Heu.... Là mon coco tu n'as plus pied... Mon cerveau choisi de préserver mes lunettes de soleil et de faire un test avancé de l'étanchéité du Walkman nippon... Plouf... (On le récupérera lorsque l'étang sera vidé pour la pêche).
    Je commence à nager donc en vue et direction de la maison avec mon père et ma mère sur la berge à 150m assistant à la scène pas encore dramatique. Grosse erreur je suis chaudement habillé, mes vêtements sont gorgés d'eau et très lourd m'empêchant de nager correctement, ils m'entravent; je suis fatigué et de surcroît dans une eau à moins de 10 dégrées depuis trop longtemps, 15 bonnes minutes (début d'hypothermie?)
   Tout était entrain de basculer... J'ai vite senti que j'étais en plein dedans et que je ne m'en sortirai pas sans aide extérieure. J'ai hurlé! D'un coup d'œil, mon père heureusement non loin de la maison a vue la scène et à réagit au quart de tour, il a embarqué sur la barque resté au hangar à bateaux et à ramé de toutes ses forces dans ma direction. Moi j'étais à lutter de tout mon être pour maintenir ma tête hors de l'eau et pouvoir profiter encore un peu de cet oxygène que l'on aime tant consommer. Mais sur les 50 derniers mètres qui me séparait de la barque j'ai senti mon corps à bout de force, épuisé, prêt à renoncer, ce moment ou l'on a la tête sous l'eau après avoir pris sa dernière inspiration et ou le corps et l'esprit renonce à se battre, l'instant ou l'on se dit c fini je ne peux plus rien y faire... On accepte son sort. Seul ma main et une partie de mon avant-bras était à l'air libre et c'est là que j'ai senti une force me hisser vers le haut, me sortir la tête de l'eau, j'étais sauvé, ouf je suis vivant... Mon père m'a sauvé la vie après me l'avoir donné... Je lui suis doublement redevable et éternellement. Ça fait une sacrée dette  :o

Ceci ressemble à un cas d'école et avec beaucoup de recul, oui une situation de survie peut naitre très facilement d'une multitude de mauvaises décisions qui bout à bout font basculer une belle sortie en canoë en situation dramatique en quelque minute et de surcroît dans un environnement très familier. Le pire c'est que je connaissais parfaitement la configuration du fond de l'étang (pour l'avoir vu plusieurs fois en pêche et donc vide) en allant en direction de la maison en ligne droite je savais pertinemment que je n'aurais plus pied à un moment donné mais j'en ai fait abstraction, mon esprit n'y a pas pensé dans la précipitation et le stress.
   
    Donc de grâce, souvenez vous de la règle des 3 & ne sous estimez pas l'effet chimpanzé  :lol:
« Modifié: 12 octobre 2013 à 03:21:09 par Pier13 »
« On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu'on en a juste une. »  Confucius

17 octobre 2013 à 17:43:04
Réponse #22

Pier13


    "Retex" sur les erreurs commises lors de la sortie qui a failli tourner au vinaigre... Et mise en parallèle avec la règle des 3 et l'effet chimpanzé :

-insister & persévérer dans des conditions meteo rendant quasi inapte la pratique du canoë (beaucoup trop de vent) > 3sec de bêtise (mauvaise connaissance de l'influence de la météo dans la pratique du canoë ainsi que de mes propres capacités physiques.)

-me mettre debout sur un canoë et faire un 180 degrés pour être dans le bon axe sans avoir à ramer = centre de gravité trop haut donc déséquilibre et renversement du canoë > 3sec de pure bêtise (la solution de facilité.)

-décider de ramener le canoë "submersible" en le tirant dans l'eau très froide > 3sec 3h (très mauvaise appréciation du contexte.)

-finir par décider de rentrer en empruntant une ligne droite (le plus court chemin) > 3sec 3min 3h & effet chimpanzé (mauvaise appréciation de la situation et stress grandissant plus la fatigue et le froid (début d'hypothermie en 15 min environ) m'ont conduit à me mettre dans une zone ou je n'avais plus pied malgré ma taille 1m87, je me suis mis sans réfléchir à l'endroit le plus profond de l'étang en le sachant pertinemment de surcroît et en étant lourdement habillé d'où les vêtements gorgés d'eau = gêne considérable pour nager et poids supplémentaire important.)

    Un bel exemple à ne pas suivre si vous ne désirez pas finir en nourriture pour brochets et écrevisses.  ;#

PS: à retenir... Hurler ça attire l'attention!  :o
« On a deux vies. La deuxième commence le jour où on réalise qu'on en a juste une. »  Confucius

17 décembre 2013 à 15:48:35
Réponse #23

L'ours


Salut à tous,

En 1996, à l'armée mon binôme et moi même avons perdu notre équipe suite à une chute.
N'ayant ni carte ni boussole, uniquement nos couteaux, un briquet une pelle-pioche et nos gourdes on a passé 4 jours de misère.
Notre équipe n'ayant pas pris la peine de noter que d'une nous n'étions plus là et de deux ou on aurait pu être séparé et de trois pas noté le circuit effectué, les recherches avaient été organisées à l'opposé de notre position.
C'est mon lieutenant formateur qui nous a retrouvé grâce au feu que nous avions fait.
Pour manger, on a réussi à se débrouiller avec des plantes, mon binôme étant forestier, à l'époque il venait de finir ses études et s'y connait très bien de ce côté ce fut très utile.

S'entrainer est un plus, nous malheureusement on était novice à l'époque, c'était pendant nos classes, on y connaissait rien on venait de notre village perdu, aucune expérience de tout ça.

Amicalement

Yannick
Respectes la nature et elle te le rendra

17 décembre 2013 à 21:08:51
Réponse #24

mrfroggy


4 jours ! c était dans quel coin de ce vaste monde?
Les Hommes qui sont nés pour jouir véritablement de la vie font ce qui leur plaît, à l’heure où cela leur plaît, et ne perdent pas leur temps à prévoir l’avenir, à se garer de catastrophes imaginaires. (Alfred Capus)

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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