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Auteur Sujet: Nucléaire : Y'a eu comme qui dirait une petite fuite!!!  (Lu 16894 fois)

08 juillet 2008 à 20:43:49
Lu 16894 fois

Sanjohn


Nucléaire : Y'a eu comme qui dirait une petite fuite!!!

"Une fuite de 30 mètres cubes d'une solution contenant de l'uranium s'est produite mardi dans une usine du site nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse) et une partie s'est déversée dans des rivières. Informé par l'Autorité de sûreté nucléaire d'un risque évalué "faible" pour la population, le préfet a toutefois interdit la consommation de l'eau issue de captage privé dans trois communes." Dépêche AP

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080708/tfr-nucleaire-incident-vaucluse-56633fe.html

Y'avaient des candidats pour des vacances "pêche" dans le Vaucluse?  :D

Amicalement, Sanjohn

PS : N'ayez crainte, le nucléaire en France, ON maîtrise! Comme le nuage de Tchernobyl qui s'était fut arrêté par nos frontières françaises et ses douaniers, pour cette affaire nous n'avons rien à craindre : ce coup ci, on récupérera les déchets avant de potentiels dégâts avec des épuisettes à uranium.  :doubleup:   arf, je suis médisant et pas drôle, je sais...JE SORS.  :down:
« Modifié: 08 juillet 2008 à 20:57:25 par Sanjohn (C.John) »

08 juillet 2008 à 21:00:23
Réponse #1

raphael


Se connaitre et s'accepter


08 juillet 2008 à 21:21:49
Réponse #2

DavidManise


Super ::)

Sans vouloir rentrer dans le débat politique, là, je pense que de confier le traitement des déchets radioactifs à des sociétés privées, dont le but avoué est donc de faire des profits, est au minimum un gros risque à long terme...  si pas un gros risque à moyen terme.  Par définition, le service public doit justement servir à faire BIEN ce genre de trucs non-lucratifs à la base, même quand c'est coûteux, pour le bien commun... 

Le traitement des déchets radioactifs, si on prend les précautions, qu'on emploie des gens qualifiés, dans des environnements normés et protégés, avec des horaires de travail décents et des formations suffisantes, c'est déjà dangereux...  si jamais ça tombe entre les mains de petites sociétés sans scrupules qui sont prêtes à risquer une catastrophe environnementale pour gratter quatre sous, c'est déjà plus gore...

Attention : je ne parle pas du dossier actuel...  Bien que SOCATRI soit une SARL, l'ASN n'a apparemment rien eu à leur reprocher depuis longtemps...  Mais pour le principe, je parle juste de vraiment faire gaffe à comment on traite les déchets et à qui on confie ce traitement.  D'autant qu'avec le prix du baril qui grimpe, l'électrique a de beaux jours devant lui, ne serait-ce que pour le chauffage... 

Ciao !

David
« Modifié: 08 juillet 2008 à 21:29:13 par DavidManise »
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

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08 juillet 2008 à 21:22:19
Réponse #3

jilucorg



08 juillet 2008 à 22:34:39
Réponse #4

Bartlett


Citer
je pense que de confier le traitement des déchets radioactifs à des sociétés privées, dont le but avoué est donc de faire des profits, est au minimum un gros risque à long terme... 

Il n'y avait pas de sociétés privées a Tchernobyl.

L'étatisation du secteur nucléaire n'est pas une garantie en soit.



Hard habits are hard to kill. If you don't kill them, they kill you.

08 juillet 2008 à 22:43:43
Réponse #5

wolf


HS:

Tchernobyl (pour ce que j'en sais) c'est 27 erreurs différentes.
Ils faisaient au départ l'essai des génératrices de secours qui sont censées alimenter la centrale en cas de problème.
Et ils sont passé au dessus de 27 systèmes de sécurité qui leurs disaient de stopper la centrale.

Une grosse pensée pour les pompiers, militaires et civils qui sont allés se sacrifier pour nous et nos enfants!

« Modifié: 08 juillet 2008 à 22:50:34 par wolf »
"Be the type of person that when your feet touch the floor in the morning, the devil says: "aww shit, they're up"   Dwayne johnson

08 juillet 2008 à 23:04:11
Réponse #6

DavidManise


Il n'y avait pas de sociétés privées a Tchernobyl.

L'étatisation du secteur nucléaire n'est pas une garantie en soit.

Effectivement.  C'est le fait de confier le secteur nucléaire à des gens qui grattent sur les budgets (ou qui n'en ont pas du tout), et/ou à des gens incompétents (parce que les gens compétents ça coûte cher et donc il faut du budget)...  bref...  le pognon est l'une des clés de la solution.  L'autre, c'est le respect scrupuleux des normes et des cahiers des charges.  Le troisième, c'est la surveillance...  et là, pour ça, y'a que l'état qui peut s'y coller selon moi.

Ceci dit, tout ce problème ne se poserait pas de manière aussi énorme si on poussait un peu les énergies propres... 

Ciao ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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09 juillet 2008 à 09:46:05
Réponse #7

jilucorg


Effectivement.  C'est le fait de confier le secteur nucléaire à des gens qui grattent sur les budgets (ou qui n'en ont pas du tout), et/ou à des gens incompétents (parce que les gens compétents ça coûte cher et donc il faut du budget)...  bref...  le pognon est l'une des clés de la solution.  L'autre, c'est le respect scrupuleux des normes et des cahiers des charges.  Le troisième, c'est la surveillance...  et là, pour ça, y'a que l'état qui peut s'y coller selon moi.

Un petit exemple spécial Drôme ;) :

"Vous recherchez un travail temporaire à MONTELIMAR
          
La recherche d'un travail temporaire à MONTELIMAR n'est pas simple.

A***, spécialiste du travail temporaire, saura vous proposer de multiples offres d'emploi au jobstore "MONTELIMAR Nucléaire
"

Et un CV qui parle de lui-même sur www.agrojob.com :

" Recherche emploi CHAUFFEUR POIDS LOURD en agroalimentaire   
Type de contrat recherché    Contrat à Durée Indéterminée
Actuellement employé(e)?    Non
Expérience Professionnelle    Solide Expérience > 10 ans 
Niveau de Formation    Niveau BEP 
   
Dernière mise à jour    dimanche 9 décembre 2007
     
CV CHAUFFEUR POIDS LOURD :
DIPLOMES
Juin XXXX: C.A.P Agent de maintenance en matériel bureautique C-F-G (GRETA à Hénin-Beaumont)
Juin XXXX: C.A.P Ajusteur.

FORMATIONS
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: Formation Permis C, EC et FIMO (acquis).
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: Formation HX, BX, MX-MX, HNX (Centre nucléaire de Chinon).
[<== On note que la mention "acquis ou "obtenu" est absente...]
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: CACES X-X-X (obtenus).
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: Formation Agent de maintenance en matériel bureautique.
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: Formation Cariste (titulaire du permis).
XX/XX/XXXX au XX/XX/XX: Formation Agent de sécurité (Inspecteur de magasin OFPA).

EXPERIENCES PROFESSIONNELLES
CHAUFFEUR: XX/XX/XX au XX/XX/XX: Chauffeur Poids Lourd.
CARISTE
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Cariste-livreur intérimaire
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Cariste-livreur intérimaire
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Cariste intérimaire
[...]
MONTEUR
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Monteur intérimaire – (Centrale nucléaire de St Laurent)
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Monteur intérimaire – (Centrale nucléaire de Belleville)
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Monteur intérimaire – (Centrale nucléaire de Chinon)
XX/XX/XX au XX/XX/XX: Monteur intérimaire – (Centrale nucléaire de Chinon)
"


jiluc.




09 juillet 2008 à 11:10:47
Réponse #8

dolgan


concernant le CV, oui et alors? il a quelque chose de particulier?
si tu nous apportes un élément indiquant qu'ils embauchent des intérimaires pour travailler en tong dans le cœur du réacteur on en reparle. En attendant, je ne vois rien d'anormal à ce qu'il embauchent des gens pour faire la plomberie de zones normales. On pourrait parler du type de contrat, mais rien à voir avec l'accident ou le nucléaire.


Je suis d'accord avec David:tout ce qui touche au nucléaire doit rester dans les mains de l'état. C'est pas une garantie à 100%, mais ça permet de supprimer pas mal de risques. Pareil, on doit pas vendre des centrales à n'importe qui, par ce que il faut des états suffisamment solides pour gérer la chose (le risque de détournement militaire est pas celui qui me fais le plus peur, une gestion laxiste des centrales serait au moins aussi dangereux).



Concernant le communiqué du CRIIRAD:  :down:
à par dénoncer que l'accident dépasse les rejets autorisés, ils n'apportent aucun élément. Par définition, un accident c'est pas normal. On a pas besoin d'une page de bla bla pour dire ça. n'importe qui sans aucune connaissance du sujet est capable de sortir la même analyse. Aucune critique des mesures de protections prises. C'est pourtant la seule chose intéressante qu'ils pourraient apporter: une analyse technique pour savoir si il y a un risque pour la population et l'environnement. mais c'est sur que ça s'écrit pas en 10minutes ce genre de dossier.


Et pour être encore un peu plus polémiste, je modifierais la dernière phrase de David:
Ceci dit, tout ce problème ne se poserait pas de manière aussi énorme si on poussait un peu les énergies propres... 
Ceci dit, tout ce problème ne se poserait pas de manière aussi énorme si on maitrisait une source d'énergie de masse plus propre que le nucléaire .
(pour contrer la première contre attaque: je suis d'accord, avant de produire, il faut penser à économiser l'énergie. c'est la priorité. mais ça sera pas suffisant.)
Bon je me sauve avant de me faire découper en morceau par les anti-nucléaire. :lol:

09 juillet 2008 à 12:32:58
Réponse #9

Sanjohn


Je suis d'accord avec David:tout ce qui touche au nucléaire doit rester dans les mains de l'état. C'est pas une garantie à 100%, mais ça permet de supprimer pas mal de risques. Pareil, on doit pas vendre des centrales à n'importe qui, par ce que il faut des états suffisamment solides pour gérer la chose (le risque de détournement militaire est pas celui qui me fais le plus peur, une gestion laxiste des centrales serait au moins aussi dangereux)


Bonjour,

Tout est relatif : dans les mains de l'état Iranien? je préférerai qu'ils aient un nucléaire français gérer par une instance internationale du nucléaire par exemple. Je ne suis pas contre le nucléaire* car il est utile et fournis beaucoup d'énergie surtout pour des pays hautement urbanisé et demandeurs comme le nôtre par exemple.

En ce qui concerne l'accident d'hier, les premiers rapports ne sont pas alarmiste. C'est aussi pourquoi on interdit de :

-consommer l'eau potable de la région (qui par extension, ne doit plus être très potable)
-de consommer toute plantes, poissons, etc de la région
-de ne pas se baigner dans les eaux
-de ne pas randonner dans la zone touchée
(...)

Sans être alarmiste, ça ressemble vachement à une zone de quarantaine...pas très favorable à la vie! On dit : c'est pas grave, y'a aucun risque et mais bon quand même, "mieux vaut prévenir que guérir" ;)

Ajoutons également que souvent dans les soucis d'ordre radioactif, comme ce fut le cas pour Tchernobyl, on avait tendance à minimiser l'impact (tout du moins pour nous français) ; jusqu'à ces dernières années où le nombre de cancer liées etc ont augmenté conduisant à des enquêtes, des réclamations, des procès. Il faut donc du recul pour évaluer ce que la radioactivité peut faire, même à très petite échelle qui dans tous les cas à notre échelle humaine, nous dépasse de toute façon de manière générale.

Cordialement, Sanjohn

*J'ai une préférence pour la Fusion nucléaire, malheureusement non encore maîtrisée : à quand? / la fission produit beaucoup de déchet et reste à risque...mais c'est un autre débat)
« Modifié: 09 juillet 2008 à 12:39:24 par Sanjohn (C.John) »

09 juillet 2008 à 12:35:24
Réponse #10

jilucorg


En attendant, je ne vois rien d'anormal à ce qu'il embauchent des gens pour faire la plomberie de zones normales. On pourrait parler du type de contrat, mais rien à voir avec l'accident ou le nucléaire.

Extrait de http://communaute.techniques-ingenieur.fr/screens/blogPage/viewBlog/sw_viewBlog.php?idTheme=7&idContribution=9 :

Annie Thébaud-Mony, sociologue, est directrice de recherches à l’Institut français de la santé et de la recherche médicale (INSERM). Pionnière de l’étude des conditions de travail dans les centrales, elle a publié L’industrie nucléaire – Sous-traitance et servitude (EDK/INSERM, 2001) qui fait référence en la matière (traductions en anglais et japonais en cours). Dans son nouvel opus, Travailler peut nuire gravement à votre santé (La Découverte, 2007), deux chapitres reviennent sur le sujet. Interview.

En sous-traitant les risques d’irradiation, l’industrie nucléaire « jouerait la montre » pour sauver sa peau, selon vous ?

L’industrie nucléaire est jeune. Elle manque de recul sur les effets sanitaires du travail sous rayonnements. En sous-traitant la maintenance, elle organise de facto le non-suivi des travailleurs extérieurs. Ceux-ci ont des parcours professionnels fort sinueux. Beaucoup vont de centrale en centrale, sont intérimaires, changent d’employeur après quelques années. Perdre la trace de ces travailleurs, qui sont les plus exposés, c’est barrer la route à une enquête de cohorte, c’est-à-dire un suivi médical sur plusieurs décennies d’une population particulière. Or ces enquêtes sont cruciales. Ce sont elles qui ont permis de démontrer la nocivité de l’amiante, par exemple. Ainsi, plus longtemps sera maintenue l’incertitude sur les effets cancérigènes des faibles doses de radiations, plus l’engagement mondial dans l’industrie nucléaire deviendra irréversible.

Une vaste étude épidémiologique (1) réalisée dans 15 pays sous la houlette du Centre international de recherche sur le cancer (une agence de l’OMS), a tout de même montré en 2005 un risque accru de mortalité par cancers de tous types chez les travailleurs du nucléaire...

Oui, mais les sous-traitants n’ont pas été inclus dans l’étude. Or, en France, ils reçoivent 80% de la dose collective annuelle prise par tous les travailleurs du parc nucléaire. Les travailleurs étudiés n’ont donc reçu que 20% des doses. Dans le protocole initial de l’étude, en 1990, les sous-traitants étaient pourtant identifiés comme groupe nécessaire à la validité de l’enquête. Deux ans plus tard, quand l’étude a démarré, travailler « sous contrat » était devenu un critère d’exclusion. Précisons par ailleurs que l’industrie nucléaire a largement financé cette enquête.

D’autres groupes à risque ont-ils été exclus?

Oui. Sur les quelque 600.000 travailleurs initialement admis à l’enquête, plus de 210.000 ont été exclus. Parmi eux, environ 110.000 personnes ayant travaillé moins d’un an, 40.000 ayant subi des irradiations internes, 40.000 n’ayant pas porté de dosimètre et 20.000 ayant été exposés aux neutrons. Ces exclusions constituent un biais majeur. Tous ces travailleurs ont en effet été exposés. Exclus de la population étudiée, ils ont été inclus de fait dans la population générale de référence. Celle-ci englobe en outre les riverains d’installations nucléaires et les populations irradiées ou contaminées par le nuage de Tchernobyl. Cela gonfle artificiellement le nombre de cancers dans la population générale et réduit l’écart de risque entre les travailleurs étudiés et la population générale.
[...]

Du même auteur, ce passage d'interview :

Pour les grosses boîtes avec personnel stable et interventions nombreuses et diverses, il y a possibilité d'alterner les chantiers en zone et hors zone. Mais pour les “gens en location”, les intérimaires, il n'y a plus de travail pour eux s'ils ont dépassé la dose, d'où les tricheries sur le port du saphymo, pour ne pas être interdit de zone à cause de la dose. Vous en avez sûrement vu des gars qui sont dans des boîtes de location. Après un arrêt de tranche, quand ils arrivent à la dose et qu'ils savent pas ce qu'ils vont faire, qu'ils risquent de se retrouver à la maison pendant deux ou trois mois. On va les foutre au tiroir et quand on n'aura plus besoin d'eux, on les sortira du tiroir. Ca c'est réel. Pourquoi certains enlèvent leur saphymo pour travailler ? Pour qu'on ne sache pas la dose qu'ils ont prise, pour pouvoir travailler plus longtemps. J'en connais." (Alain, robinetier en CDI, 26 ans).


Dans le rapport 2005 remis au directeur d’EDF par l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, le « défaut de port de dosimètres » était repris dans les « situations répétitives et à risque ».

On imagine sans peine que ce ne sont pas les travailleurs protégés par un statut et/ou un CDI qui font ça..


jiluc.
« Modifié: 09 juillet 2008 à 12:48:36 par jilucorg »

09 juillet 2008 à 13:31:53
Réponse #11

** Mathieu **


Salut,

Pour la fusion nucléaire je pourrais faire un petit topo rapide à l'occase si ça vous intéresse mais ce que l'on peut dire c'est qu'à l'heure actuelle le challenge est énorme et l'on est encore très très très très loin d'en faire une source d'énergie rentable.
Il faut plutôt voir la fusion nucléaire comme un argument des pro-nucléaires pour calmer le jeu, temporiser en expliquant que "la recherche avance" et que eux aussi sont pour un nucléaire propre... En attendant ils nous préparent une nouvelle centrale EPR...


HS
Une bonne amie à ma mère dirige un laboratoire d'analyse médicale dans un bled tout proche d'une centrale nucléaire ; son labo marche super bien ; et elle raconte que quand elle se fait remplacer (vacances ou autres...), les remplaçantes sont toujours étonnées du nombre de clients et de cancers...
C'est tout à fait sérieux, je n'invente rien... Peut-être que cela n'a rien à voir avec la centrale mais bon, on ne peut pas s'empêcher de faire la relation quand on en parle...


@+

09 juillet 2008 à 14:08:43
Réponse #12

jilucorg


[...] les remplaçantes sont toujours étonnées du nombre de clients et de cancers...
C'est tout à fait sérieux, je n'invente rien... Peut-être que cela n'a rien à voir avec la centrale mais bon, on ne peut pas s'empêcher de faire la relation quand on en parle...

Je recite Annie Thébaud-Mony directrice de recherches à l'INSERM à propos de l'étude épidémiologique du Centre international de recherche sur le cancer (cf. supra) : «... la population générale de référence. Celle-ci englobe en outre les riverains d’installations nucléaires »

Ils ne risquent pas d'apparaître spécifiquement comme ayant plus de cancers que les autres, puisqu'ils font partie des autres. Et hop ! ;)


jiluc.

09 juillet 2008 à 14:35:41
Réponse #13

dolgan


intéressant tout ça.

ça rappelle que les intérimaires, et pas que dans le nucléaire, sont toujours ceux à qui on fait faire le sale boulot, dans les pires conditions. Mais normalement, il ne doit pas être possible d'être exposé à plus de la dose maxi. Si ça arrive, c'est surement que l'employé a fraudé pour réduire son exposition. C'est pas normal qu'il le fasse, mais c'est pas normal non plus qu'on lui permette (par manque de controle à priori) de le faire. Mais ça arrange tout le monde. Les petites économies n'ont pas leur place dans la gestions du nucléaire.

J'irais pas dire que tout est parfait. bien au contraire. je suis persuadé que travailler dans une centrale présente plus de risque que pour la santé qu'être institutrice. Mais je suis beaucoup moins sur si on compare à des métiers du bâtiment (travail en hauteur, amiante, plomb, poussières, solvants,outils, déplacement routier,...).

je suis d'accord aussi pour dire qu'il faut éviter les sous-traitants privés qui ne sont que des sources de risque supplémentaires.

Par contre, tant que les robots ne pourront pas tout faire, le nucléaire aura besoin de "petites mains" pour faire le sale boulot. Car quand tu as atteint la dose maxi, tu peux plus travailler. Mais bien sur, l'intérim n'est pas le statut idéal pour ce genre de poste.


PS: la fusion ça serait le pied, on en reparle dans 80ans pour voir où ça en sera.

09 juillet 2008 à 15:05:16
Réponse #14

dolgan


et pour répondre à sanjohn:

tout est toujours relatif.

Moi je préférerais un Iran sans nucléaire tout court car je vois pas cet état rester stable politiquement pendant toute la durée d'exploitation d'une centrale. Pour moi c'est un critère obligatoire avant de vendre une centrale française à l'étranger. Le risque sera pour la population locale, mais quand même.

 Pas alarmiste ne signifie pas qu'il n'y a pas de risque.

voilà un peu plus de précision sur comment ça c'est passé: (source: la radio, donc prudence)
1) fuite sur une cuve contenant de l'uranium (lequel? on sait pas, à part que ce n'est pas de l'uranium enrichi)
2) la fuite est récupérée dans un bac de rétention prévu à cet effet.
3) Le bac de rétention fuis dans la rivière, pollution de l'eau et des sols par 30m3

Pour bien arranger le tout, ça se passe en partie de nuit.

Une chose est sure, quel que soit le type d'uranium, il ne faut pas l'avaler . Les mesures qui en découlent sont donc simples (beaucoup plus simple que pour un nuage radioactif):
suppression des usages de l'eau en aval du bassin versant concerné.
idem pour plantes et animaux succeptibles d'avoir été en contact avec ce polluant.

Les risques pour la santé humaine si on respecte ça sont quasi nuls.

Le risque est plus pour l'environnement: une grande partie de l'uranium c'est dilué avec l'eau du fleuve. Il est probable que désormais là plupart de tout ça soit désormais dans mer et ne présente plus de risque.  Le risque c'est que de l'uranium se soit déposé partout dans le lit du court d'eau. et entraine donc une pollution sur le long terme. Si nécessaire, la "petite rivière" derrière pourra être dépolluée. Pareil pour le sol. Mais si ça atteins les nappes phréatiques ou si ça contamine une zone trop importante, on pourra rien y faire.

09 juillet 2008 à 15:37:01
Réponse #15

jilucorg


D'autres précisions et questions dans le communiqué d'aujourd'hui de la CRIIRAD, qui annonce un dépôt de plainte suite au nombre et à la gravité des dysfonctionnements constatés à Tricastin.

N'oublions pas que la CRIIRAD (présentation ici) fut le seul organisme à alerter la population sur l'atteinte du territoire français au moment de Tchernobyl, et du danger de consommer laitages, salades, herbes aromatiques etc., alors que tous les "officiels" et les organes de presse écrite-radio-télé se montraient, comme à présent, unanimes à être totalement rassurants, cartes bidon et mesures falsifiées à l'appui.

Le patron du SCPRI — prédécesseur de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) — le Pr Pellerin, vingt ans plus tard, s'est trouvé poursuivi à l'initiative de ce même CRIIRAD pour ces faits de mensonge délibéré à la population ayant eu de graves conséquences sanitaires (particulièrement en Corse et dans l’Est de la France). L'enquête judiciaire a mis au jour quelques infos instructives :

Le vendredi 16 mai 1986, le ministre de l'Intérieur Charles Pasqua préside une cellule interministérielle au cours de laquelle est rédigée une note manuscrite concernant les informations envoyées à tous les préfets.

Extrait de cette note :

"Le SCPRI informe systématiquement les DDASS, donc les Préfets sont informés. Mais ils ont des infos qui doivent être conservées. Nous avons des chiffres qui ne peuvent être diffusés. Lait de brebis, des chiffres très élevés jusqu'à 10 000 Bq/l. Entre SCPRI et IPSN, accord pour ne pas sortir ces chiffres"

Une autre note, rédigée cette fois-ci par les services du premier ministre de l’époque (Chirac), a aussi été saisie par la justice :

"Des produits dans certains cas risquent d'être dépassés. Des certificats d'innocuité formulés en termes généraux, sans référence à une valeur limite, seront délivrés par les services de contrôle compétents"

Dormons bien.


jiluc.

17 juillet 2008 à 12:34:08
Réponse #16

jilucorg


Pour ceux qui connaissent la succession d'événements ayant conduit à la catastrophe de Tchernobyl, ça y ressemble pas mal (Extrait d'un article de Mediapart) :


Révélant à Mediapart les premières conclusions de son enquête, Charles-Antoine Louët (de l'ASN, Autorité de Sûreté Nucléaire) explique que, contrairement à ce qu'affirme aujourd'hui l'exploitant, « on a pu établir lors de l'inspection que le 2 juillet, cinq jours avant l'événement, l'exploitant a constaté une dégradation du bac de rétention, qui avait manifestement été heurté par un engin de chantier. Ils avaient détecté une fissuration, et en dépit de cette fissuration dans le bac de rétention, il n'a pas été procédé à la vidange de la cuve. Et il n'a pas été procédé à la réparation immédiate de cette rétention. Or, nous estimons que l'organisation doit être suffisamment robuste pour que, quand quelqu'un constate quelque chose à un moment donné, l'information arrive en temps utile aux personnes concernées. »[...]

Dans la lettre de suite qu'elle a publiée sur son site mercredi 16 juillet, l'ASN remarque qu'«au moment de l'incident, l'équipe en poste n'était pas complète. Trois agents étaient manquants, dont le chef d'équipe. Aucune consigne n'a pu être présentée aux inspecteurs sur l'effectif minimal requis et les qualifications nécessaires pour remplacer un chef d'équipe».

[...]
Voici le déroulé des faits tel que l'ont reconstitué les enquêteurs de l'ASN. La chronologie des événements s'étale sur plus de douze heures, de 19h le lundi 7 juillet à 11h le mardi 8.

Tout commence vers le 7 juillet à 19h quand résonne l'alarme dans les ateliers de décontamination de la Socatri, où sont traités les effluents uranifères provenant du nettoyage d'équipements, avant d'être rejetés dans le canal de Donzère-Mondragon.

«Quand le niveau de la cuve devient trop élevé, une alarme se déclenche, destinée à alerter la vigilance de l'exploitant, raconte Charles-Antoine Louët. Or quand l'alarme a sonné, l'exploitant n'a pas été capable d'expliquer pourquoi il y avait un haut niveau de fluide dans la cuve, il a vu que toutes les vannes étaient fermées et s'est donc dit que l'alarme devait être défectueuse. Il a passé outre l'alarme. La cuve a continué de se remplir.»

Or, contrairement à ce que pensent les personnels sur le site à ce moment, une vanne de la cuve est défecteuse : «Cette vanne avait visiblement été mal montée. Et, quand elle était en position fermée, elle laissait quand même s'écouler du fluide», rapporte l'ASN. Et donc, sans que personne ne s'en aperçoive, la cuve continue de se remplir.

A partir de 23h, les choses s'accélèrent : à la faveur d'une ronde nocturne, des agents de la Socatri découvrent que le contenu de la cuve déborde, et s'écoule dans le bac de rétention. Mais ne sachant pas que le bac est fêlé, ils estiment le débord contenu, et donc sous contrôle. Mais vers minuit, ils se rendent compte que la fuite touche désormais le chantier attenant. C'est par le sol de ce chantier, dépourvu de revêtement, que le fluide traverse pour atteindre le cours d'eau.

Mais ce n'est que vers 4 heures du matin, mardi 8 juillet, qu'ils prennent conscience que la fuite s'écoule jusqu'au cours d'eau.
Le temps de comprendre que le bac de rétention fuit, et donc que le fluide s'écoule à terre, pénètre le sol et se rejette dans le cours d'eau, une vingtaine de mètres cubes d'effluents uranifères se sont répandus dans la nature. La longueur du laps de temps entre la découverte de la fuite et la prise de conscience de la gravité de la situation explique la quantité importante de fluides rejetée à l'extérieur de l'usine.

Les problèmes ne s'arrêtent pas là. Car une fois le rejet découvert, c'est une nouvelle chaîne de dysfonctionnements qui s'amorce : l'information des pouvoirs publics n'est pas assez rapide et sous-évalue l'ampleur de l'incident : vers 6h30, Socatri avertit les préfectures du Vaucluse et de la Drôme, et l'ASN, qu'un incident s'est produit sur son site. Mais omet de préciser que la fuite se répand dans la nature. Jugeant les faits peu préoccupants, les autorités ne prennent pas de mesure de précaution en direction des riverains. Ce n'est qu'à 11h du matin, soit quatre heures trente plus tard, qu'un nouveau fax arrive à l'ASN et à la préfecture pour leur annoncer le rejet de la fuite dans le cours d'eau.

© Mediapart


jiluc.

17 juillet 2008 à 14:32:35
Réponse #17

Ibis


Je suis HS mais aux infos du matin en Belgique, ils avaient annoncés une fuite de plutonium
Je m'étais étonné du peu de mesure de quarantaine annoncées vu la quantité (30m3 de déchets) et puis finalement les infos françaises ont été plus "rassurante", ce n'était "que" de l'uranium

Mendeleev a dû se retourner dans sa tombe lol

Cela m'a bien amusé d'entendre que les centrales belges ne produisaient pas de déchets radiactifs :
ils considèrent que les objets faiblement irradiés (et à faible durée de vie) ne sont pas à compter comme radioactifs et que les matériaux à longue durée de vie, genre combustible, n'étaient pas des déchets comme recyclés
C'est jouer sur les mots mais bon...

Le nucléaire, j'y crois à condition qu'on aie prévu quoi en faire après, et là, à part constituer un fond spécial rempli à raz bord de nos francs et zeuros, on ne sait tjrs pas ce qu'on va faire de Tihange 1 et Doel 1 et 2...
Comme en plus c'est maintenant SUEZ qui gère l'affaire, je me dis qu'on a pas fini de rigoler.

Pour ce qui est des alarmes ignorées, je me souviens avoir bossé dans une usine chimique où la salle de contrôle a laissé sonner 18 hrs une alarme avant de commencer à se demander ce qu'il y avait d'indiqué à l'écran : les alarmes étaient si nombreuses (niveaux de remplissage de cuves, ouvertures de vannes, etc) que l'homme de quart avait pris l'habitude de laisser la souris sur le pc à l'endroit du "ok" et à cliquer dessus sans réfléchir (réflex)
Le son était identique, seul la couleur du message pouvait informer de la nature de l'alarme.
L'homme qui a pris la suite durant la nuit a fait de même, et s'est plaint au matin que le pc n'avait pas arrêté de sonner de la nuit, le montant a pris la peine de lire le message d'alerte et...
ce jour là on a pas travaillé, par contre les pompiers ont pu s'amuser à refroidir une citerne...
A ce niveau là, je préfère les salles de commande en nucléaire, même si cela fait un peu usine à gaz la première fois qu'on y met les pieds
www.scrapp.eu
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18 juillet 2008 à 11:31:49
Réponse #18

Sanjohn


Encore des fuites?

"Des rejets d'effluents radioactifs "sans impact sur l'environnement" ont été constatés dans une usine exploitée par une filiale d'Areva à Romans-sur-Isère (Drôme) à la suite d'une rupture de canalisation, a annoncé vendredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN)."
AFP Paris

 :down:

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080718/tts-energie-nucleaire-sante-environnemen-c1b2fc3.html (Note : dépassé un mois, le lien sera périmé)

Sanjohn

20 juillet 2008 à 11:47:01
Réponse #19

tamanoir


    Salut Sanjohn,

Encore une fuite d'uranium,toujours dans une filiale d'Areva (FBCF) fuite suite à une rupture d'une canalisation pourrie....depuis longtemps !?
C'est délirant en France,les normes de contrôles sont plus strictes pour l'automobile que pour le nucléaire.
T'as pas fait ton auto-bilan,un P.V dans tes dents;AREVA ne fait pas ses contrôles techniques de ses usines de traitement/retraitement d'uranium,pas de P.V ?
Ta vieille bagnole pollue= pollueur-payeur,un P.V,la SOCATRI deverse 74 kgs d'uranium dans la Nature,pas de P.V (pollueur-payeur) car c'est bien connu:c'est sans impact sur l'environnement.

20 juillet 2008 à 12:46:15
Réponse #20

tamanoir


Non, il ne s'agit pas du tout de cela.


jiluc.

    Salut Jilucorg,

Vas-y,explique nous de quoi il s'agit.

20 juillet 2008 à 13:39:47
Réponse #21

Marmoz


Je crois que tamanoir parlait du second accident qui est bien du à une canalisation abimée (d'après la presse). D'ailleurs, je trouve qu'ils ont pas mal étouffé ce second accident. Je l'ai vu le soir dans les actualités, puis plus rien le lendemain...

20 juillet 2008 à 14:51:17
Réponse #22

jilucorg


Je crois que tamanoir parlait du second accident qui est bien du à une canalisation abimée (d'après la presse).

En effet, j'ai lu trop vite :-[. Mezexcuses, j'efface !

Citer
D'ailleurs, je trouve qu'ils ont pas mal étouffé ce second accident. Je l'ai vu le soir dans les actualités, puis plus rien le lendemain...

Yep...


jiluc.


20 juillet 2008 à 16:11:43
Réponse #23

Marmoz


D'ailleurs, dans l'article sur le second accident, il faisait remarquer qu'il y avait plus de 80 accidents de niveau 1 par an (environ 1 tous les 4 jours). Le chiffre m'a choqué sachant que les deux accidents dont nous parlons sont de niveau 1. :o

J'ai recherché l'article en question, mais je n'ai pas réussi à remettre la main dessus. Mais je suis tombé là-dessus par hasard:
Citer
Ils (les démineurs) se sont en outre spécialisés dans les risques nucléaires, radiologiques et bactériologiques et ont une vocation internationale, la France étant considérée comme un pays de référence dans ce domaine.
Rire ? Pleurer ? Et pourtant, l'article date d'hier...
« Modifié: 20 juillet 2008 à 16:19:33 par Marmoz »

20 juillet 2008 à 16:41:24
Réponse #24

jilucorg


D'ailleurs, dans l'article sur le second accident, il faisait remarquer qu'il y avait plus de 80 accidents de niveau 1 par an (environ 1 tous les 4 jours). Le chiffre m'a choqué sachant que les deux accidents dont nous parlons sont de niveau 1. :o

En fait, il y a une belle arnaque dans le classement de celui de Tricastin au moins. En effet, le niveau 1 (échelle INES), on pourrait admettre qu'il y en ait un certain nombre sans que les populations doivent en être informées à chaque fois, puisque c'est "seulement" une "Anomalie sortant du régime de fonctionnement autorisé". Or on est bien ici en face d'un niveau 2 : "Incidents assortis de défaillances importantes des dispositions de sécurité".
Comme le déclare la CRIIRAD dans son communiqué du 11 juillet :« Est ainsi classé comme simple anomalie, pas même comme incident, le rejet incontrôlé des effluents radioactifs qui se sont déversés dans le sol et ont pollué les ruisseaux de La Gaffière et du Lauzon. Les quantités rejetées sont pourtant 27 fois supérieures au maximum que l’exploitant est autorisé à rejeter sur l’année (et dans le canal de Donzère-Mondragon, pas dans des ruisseaux aux capacités de dilution plus de 1 000 fois inférieures !). »

On peut aussi voir avec intérêt la question des centaines de tonnes de déchets radioactifs stockés illégalement sur ce site du Tricastin depuis trois décennies : le détail ICI


jiluc.

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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