Salut

Très content de te répondre Anke...

bonne convalescence.
Je l'ai déjà exprimé ici mais bon là déjà on est à cheval entre la recherche technique illusoire de la prévisibilité humaine, et la qualification morale. Je ne suis pas très à l'aise là-dedans. Je crois qu'on est tous à la recherche de la sécurité, peut-être ici plus qu'ailleurs. Une nostalgie de la sérénité absolue, de la confiance totale en l'autre et en soi, c'était cool l'utérus de môman

Moi mais références, c'est Primo Levi, et mes expériences extrêmes c'est la guerre, en tant que civil expatrié.
Des premières, je retiens que l'on peut tous être transformés en bêtes sauvages, et que l'exception héroïque est la règle, que la survie à l'héroïsme est encore plus rare, et que la survie à toute épreuve vitale traumatique est également très difficile . J'ai en mémoire de Primo Levi cet officier français engueulant le ss au premier appel d'un camp d'extermination, déclenchant une vague de rire incompressible dans les rangs des prisonniers, qui ne revirent pas leur courageux camarade le lendemain.
Des secondes, j'ai pu expérimenter l'extrême intimité et confiance créée par l'épreuve avec des gens qui sont maintenant loin, mais avec qui je conserve une authenticité relationnelle unique, on s'est tous vus à l'épreuve, sous les bombes, on sait ce qu'on vaut, avec nos défauts, nos faiblesses, nos qualités. Pas de paillettes. Et je garde encore cette nostalgie de qualité relationnelle aujourd'hui.
Mais je ne suis certainement pas idéaliste, l'uniforme et l'épreuve, le sang, la mort, le danger, ne sont certainement pas des brevets de moralité, des chemins d'accès privilégiés à la vertu. Ce serait trop ''facile''. Je regrette aussi dans cette vision un aspect élitiste, comme si la guerre et les épreuves n'étaient que l'affaire des militaires et des héros, comme s'il n'y avait pas de civils, pourtant la majorité. Le pourcentage de faillites morales et de salopards est également le même partout, et j'ai tendance à penser que les conséquences en sont autrement plus dangereuses lorsque l'on est lourdement armé et déresponsabilisé "C’est une expérience éternelle que tout homme qui a du pouvoir a tendance à en abuser.''(Montesquieu).
Enfin rien ne permet de prédire l'attitude des uns et des autres. Le parfait lâche attesté (et non pas seulement apparent) peut toujours se réveiller. Le parfait courageux ou vertueux peut toujours faillir un jour, peut s'effondrer, etc... Ca aussi c'est du vécu. Donc j'aurais tendance à être très prudent sur ces terrains du jugement comme de la prophétie ... Comme dit Patrick, on ne peut qu'être agréablement surpris à s'attendre au pire.
à pluche
vince