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Auteur Sujet: L'esclavage, inventaire en cours...  (Lu 3871 fois)

26 juin 2008 à 14:20:02
Lu 3871 fois

BULLYSSON


Permettez moi de faire un copier/coller du blog de mon frangin, qui souhaite attirer l'attention sur une pratique encore bien d'actualité :

"
L'esclavage, inventaire en cours...
 
Saint Exupéry parle de sa rencontre avec l'esclavage du XXème siècle dans un passage de « Terre des Hommes » :

 
« Parfois l'esclave noir, s'accroupissant devant la porte, goûte le vent du soir. Dans ce corps, pesant de captif, les souvenirs ne remontent plus. A peine se souvient-il de l'heure du rapt, de ces coups, de ces cris, de ces bras d'homme qui l'ont renversé dans sa nuit présente (…) Un jour pourtant, on le délivrera. Quand il sera trop vieux pour valoir ou sa nourriture ou ses vêtements, on lui accordera une liberté démesurée. Pendant trois jours, il se proposera en vain de tente en tente, chaque jour plus faible, et vers la fin du troisième jour, toujours sagement, il se couchera sur le sable. J'en ai vu ainsi à Juby [Cap Juby, sud maroc], mourir nus. Les Maures coudoyaient leur longue agonie, mais sans cruauté, et les petits des Maures jouaient près de l'épave sombre, et, à chaque aube, couraient voir si elle remuait encore, mais sans rire du vieux serviteur. Cela était dans l'ordre naturel (…) Il se mêlait peu à peu à la terre. Séché par le soleil et reçu par la terre. »   

 

Sur ARTE+7 http://plus7.arte.tv/fr/streaming-home/1697480,selectedTags=2-240608.html On peut revoir le documentaire Chasseurs d’esclaves http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2069730,scheduleId=2064278.html diffusé sur arte le 24 juin 2008, pendant encore quelques jours. La soirée, les deux premiers reportages et le débat… Voilà bien une « histoire trop complexe pour une époque qui a besoin de vérités simples », que l’histoire des traites négrières et de l’esclavage en général.

 

Aujourd’hui encore, un préfet mauritanien parle de « réalités… très spécifiques » pour parler de l’esclavage dans son pays. La dernière abolition de l’esclavage en Mauritanie date de 1982 (la première datant de 1905 sous la colonisation française)!!!

 

Je partage une analyse présentée dans le débat d’arte ce soir. L’histoire des traites d’esclaves n’est pas une affaire de noirs contre blancs, d’arabes contre noirs ou d’arabes contre blancs. C’est une affaire d’esclavagistes contre esclaves. Et c’est surtout une histoire qui ne s’écrit pas uniquement au passé.  Regarder et diffuser le documentaire Chasseurs d’esclaves visible sur ARTE+7 c’est AGIR contre l’esclavage qui sévit encore aujourd’hui sur notre planète. http://www.esclavagemoderne.org/

On ne peut pas rester indifférent ou passer cette réalité sous silence ici ou ailleurs.
"


------------------------------------------------------------------------------------------------


Les sujets sur des arbres coupés en Amazonie, des chiens maltraités sur les marchés en Chine font toujours beaucoup réagir, beaucoup s'émouvoir.... tant mieux !!!

Là il s'agit bien aussi d'un problème contemporain mais qui semble parfois beaucoup plus "supportable" par l'opinion... comme c'est étrange !   ::)

« Modifié: 26 juin 2008 à 15:45:04 par BULLYSSON »
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

27 juin 2008 à 16:36:36
Réponse #1

Kilbith


Merci pour ce post Bully,

Outre son intérêt de "vigilance" il incite à s'interroger au delà des "clichés" complaisamment répandus.

Paradoxalement l'opinion publique européenne, mais aussi le monde entier, connaît très bien l'esclavage sous son aspect "traite négrière".
Certes, les européens ont initié le "commerce triangulaire" mais ont aussi mis fin, le plus souvent de leur plein grès, à cette pratique. Mais, ils n'ont pas inventé l'esclavage en Afrique, c'est d'ailleurs leur intervention à la fin du XIXème siècle qui y a mis, plus ou moins, fin.
Comme il s'agit d'un sujet largement débattu et enseigné dans les écoles et les livres ont aurait tendance à croire que l'esclavage se limite à la traite pratiquée par les européens : ce n'est absolument pas le cas. 

Rappelons que si les civilisations de l'antiquité européenne étaient esclavagistes, l'esclavage (au sens strict) à pratiquement disparu pendant le moyen âge en Europe, sans interventions extérieures. Il a malheureusement ressurgi à l'occasion des grandes découvertes, non sans débats houleux dans la société européenne.
Rappelons aussi que le commerce des esclaves par les européens a duré moins 4 siècles (1492-1850) ce qui est, nous sommes d'accord, ignoble. Mais il faut tout de même noter que les razzias d'esclaves en Afrique par des non européens se sont déroulées sur une période beaucoup plus longue. Comme le souligne ton post, il n'est peut être toujours pas terminé.

De même, nos livres d'histoires ne parlent pas, ou peu, des esclaves européens originaires des balkans à destination de la Turquie, ni même de ceux razziés par les barbaresques sur les côtes européennes. Ces millions d'esclaves sont souvent totalement ignorés. Que ce soit en Europe ou dans ces anciens pays esclavagistes.

Attention : cela n'excuse en rien l'épisode honteux de la traite négrière, mais reconnaitre cela évite de désigner "le Blanc" comme le seul esclavagiste....surtout s'il existe une arrière pensée politique derrière cette dénonciation à sens unique.

Notons que, dans nos livres d'histoire, nous avons encore moins d'informations sur les pratiques esclavagistes dans les autres parties du monde : Inde, Chine....

Il faudrait aussi parler de l'indenture....une forme d'esclavage moderne. :closedeyes:
« Modifié: 27 juin 2008 à 17:32:36 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

27 juin 2008 à 16:57:21
Réponse #2

BULLYSSON


parfaitement d'accord avec tout ce que tu viens d'indiquer Did  :doubleup:

Il faut connaitre l'Histoire, essayer d'être le plus objectif possible, si l'on veut aborder des thèmes tels que ceux de la colonisation, l'esclavage etc... Ce n'est que de cette manière que l'on peut en tirer les enseignements et dépasser les difficultés. Je suis d'origine antillaise par ma mère, je connais les conséquances de ces pratiques sur un peuple même des dizaines et des dizaines d'années après leur abolition. Donc plutôt que d'en appeler à une forme de rancoeur revancharde, voir de réparation (qui n'aurait plus aucun sens maintenant) je préfère que chacun se pose les bonnes questions pour aller au delà... et faciliter le vivre ensemble.
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

27 juin 2008 à 17:29:36
Réponse #3

Kilbith


C'est tellement simple de caricaturer....parfois par ignorance, trop souvent pour exacerber la haine.  :huh:

A regarder absolument pour ceux qui sont "open minded" : Les esclaves oubliées :http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2075246,scheduleId=2064280.html
« Modifié: 27 juin 2008 à 17:51:22 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

27 juin 2008 à 18:25:36
Réponse #4

modl


Bonjour à tous.
Très bons posts, constructifs, où on évite le culpabilisant ou le déresponsabilisé...
On enseigne l'esclavage en classe, et on parle de TOUS les esclavages. Le commerce triangulaire bien sûr (qui a permis de dégager des capitaux pour la première Révolution Industrielle), mais aussi de la façon dont les esclaves arrivaient sur la côte (les razzias mauresques), de l'esclavage dans l'antiquité. C'est surprenant, y'a des textes qui montre que l'esclave avait de temps en temps une vie bien plus sympathique qu'un ouvrier libre qui faisait le même travail !!!
On parle aussi de la Méditerranée entre le X° et le XV°, avec le commerce d'esclave (il y en a à Venise jusqu'à très tard), du rachat des esclaves par des Ordres religieux (St Georges des Esclavons par exemple)...
On parle aussi de l'abolition officielle de l'esclavage par la Révolution Française, et le rétablissement par le premier empire, jusqu'à l'abolition de 1848 en France.
Et je termine souvent par l'abolition en 1981 en Mauritanie de l'esclavage (là aussi, officiellement).
Pour l'anecdote, je suis contre le fait qu'on ait classé le commerce triangulaire comme Crime contre l'humanité : c'est aux Historiens de faire ce boulot, pas à la Loi...
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

27 juin 2008 à 18:44:00
Réponse #5

BULLYSSON


La lecture du "code noir" aussi est riche d'enseignements...

il est toujours plus facile de condamner le passé que de prendre ses responsabilités, toutes ses responsabilités, au présent...

Aujourd'hui encore bon nombre de noirs ont honte consciemment ou non, de leur couleur... bon nombre d'entres eux à contrario en tire une fierté revendiquatrice qui n'a pas lieu d'être (je ne suis pas fier d'être métis, je peux êtr fier de mes réalisations, ça oui, mais pas d'un constat épidérmique ça n'aurait aucun sens !)

Il n'existe pas d'unité de l'Homme Noir comme il n'en existe pas non plus de l'Homme Blanc... et bien souvent comme cela est bien expliqué dans le 1er reportage, les choses se posent plus entre riches contre pauvres, puissants contre faibles, organisés contre dispersés que comme blanc contre noir, noir contre blanc, jaune contre blanc, etc..
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

27 juin 2008 à 19:24:25
Réponse #6

bison solitaire


Je me permets de citer un passage de la documentation française "culture générale thèmes de société" (Jacques Bonniot de Ruisselet, Emmanuel Caquet, Pierre Molimard), et plus précisément du thème "penser l'histoire aujourd'hui":
"que penser du fait qu'un historien, Olivier Pétré-Grenouilleau, spécialiste incontesté de l'esclavage et de la traite négrière, a vu son ouvrage "les Traites négrières" attaqué en justice par un "collectif antillais-guyanais-réunionnais" parce qu'il avait avancé que la traite négrière était un phénomène qui a duré treize siècles sur plusieurs continents, ce qui éluderait le caractère particulier de la traite transatlantique, "sacralisée" par la loi Taubira?
D'un point de vue méthodologique, il y a de toute façon maldonne: il n'y a pas besoin de lois mémorielles pour condamner l'esclavage, le racisme et le génocide. L'objectif de ces lois n'est d'ailleurs pas de punir ces crimes, mais d'appliquer rétroactivement des définitions et des sanctions à un passé de plus en plus lointain. Or rappelons que la notion juridique de "crime contre l'humanité" date de 1945 et celle de "génocide" de 1948... En condamnant l'esclavagisme pratiqué sous Napoléon, en lui appliquant des catégories juridiques actuelles, on commet le péché suprême en histoire: l'anachronisme. La loi Taubira va encore plus loin car elle repose sur une définition partielle et partiale du crime contre l'humanité que constitue l'esclavage: "la traite négrière transatlantique (donc occidentale) à partir du XVème siècle". C'est donc viser uniquement les pays occidentaux et oublier la traite en Afrique même, par les africains, que même Hergé représente dans Coke en Stock."

27 juin 2008 à 19:54:13
Réponse #7

emile


Malheureusement, tant que le sujet sera tenu par des salauds de révisionistes de tout poil, il suscitera ce que les-dits salauds veulent: Un conflit.
Heureusement, les Historiens font du bon boulot.

Petite anecdote cruelle: Certaines personnes des  EAU prennent des petits Soudanais de moins de 10 ans, leur coupent la croissance par malnutrition pour qu'ils puissent servir de jockey pour courses de dromadaires. Le but étant d'être le plus leger possible. En cas de rebellion, c'est 30 km dans le désert où est abandonné l'enfant. C'est pas Video gag, ça se passe maintenant et probablement demain.

Par contre, pour aller à contre courant, l'esclavage est une tradition millénaire dans certains coins. Comment faire et pourquoi sans être taxé d'ingérence?

Le sujet est vaste et problématique: Beaucoup de Juifs en europe ont subit les interdits de l'Eglise et se sont tournés vers des metiers "infâmants", dont la traite d'esclaves sur le continent américain. Qui doit-on blâmer sans être injuste?

On notera que les esclaves sont traités differemment selon où on les place: Les Noirs et Indiens d'Amérique ne sont pas castrés. Ca tient à un paire de c*u!lles mais ça fait la différence entre se reproduire (des petits esclaves, donc) et retourner chercher des gens de condition servile chez eux (et ainsi entretenir un commerce).

Autre sujet: Que faisait-on des captifs non choisis pour partir? Leur sort ne devait pas être super enviable.

Pour finir, un petit paradoxe: les afro-américains ont peut-être une vie meilleure que les descendants de ceux qui les ont vendus.

Voilà, j'ai un peu pris le contre-pied en abordant des thèmes qui pourriront les courtes-vues, mais qui susciteront d'autres questions sur un domaine très vaste. Quelques magazines étaient parus sur la question, d'où je tire mes infos, et le sujet était bien traité. cela m'a fait poser des question qui susciteront des réponses construites ou d'autres questions.

Dernier point. Comment aborder le sujet pour nous qui y avons renoncé pour des raisons multiples alors que les pays esclavagistes s'en foutent royalement et continuent leur trafic?

27 juin 2008 à 21:15:51
Réponse #8

modl


J'ai une activité en classe avec des extraits du Code Noir, un texte de Voltaire dénonçant l'esclavage et un autre le justifiant (à la fin du XVIII°).
Le but est que les gamins qui le travaillent prennnent conscience que l'argumentation est indispensable pour contrer l'autre... Et pas en gueulant plus fort que lui ou en lui cassant la gueule.
Et, je range ma modestie au placard, ça marche assez bien...
Ensuite, on arrive parfois (pas tout le temps malheureusement) à causer, et certaines années, on peut même montrer le côté "repentance" des Blancs et tous les travers qui y sont liés.
Une dernière chose, le révisionnisme est la base de l'Histoire (on "révise" les connaissances antérieures à l'aune de nouvelles découvertes). On parle plutôt de "négationnisme" alors. Désolé pour le côté "prof"...
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

28 juin 2008 à 10:19:20
Réponse #9

BULLYSSON


Ensuite, on arrive parfois (pas tout le temps malheureusement) à causer, et certaines années, on peut même montrer le côté "repentance" des Blancs et tous les travers qui y sont liés.


Sur ce point précis, je pense qu'il faut être très clair, il n'y a pas à y avoir de repentance DES blancs, car de quoi le descendant d'un paysan du Massif central par exemple pourrait-il bien avoir à se repentir ?

1) Déjà s'excuser pour ses ancêtres, perso je n'en comprends ni le sens, ni l'utilité, ni le fondement.
2) En France comme Ailleurs, certains ont largement profiter de la Traite Négrière, mais il ne s'agit que d'une élite, d'une certaine bourgeoisie, et des colons bretons aux Antilles etc... le français "moyen" du fond de sa province n'en a pas profité.

En revanche, il y a SELON MOI un devoir d'en tirer les enseignements. Aujourd'hui encore dans l'esprit de certains, "le noir"* est fainéant, sale, bruyant, peu intelligent, bon danseur, gros baiseur grâce à son sens du rythme et sa une grosse b*te...  càd en gros tous les clichés nés de cette époque de l'Esclavage où l'on a souhaité volontairement voir dans le Noir un animal, un sous-homme, etc...

* dire "le noir" en soit est déjà une aberration tant il existe de différences entre les peuples, les cultures et biensûr entre les individus...

De la même façon dire "les Blancs" n'a aucun sens... donc "les blancs" ne sont pas racistes, égoïstes et égocentriques, hypocrites, sales sur eux, et piètre baiseurs ( c'est tout ce qui ce dit aussi chez les racistes noirs en parlant des blancs).

Faut sortir de tous ces clichés à la c*n !!!
« Modifié: 29 juin 2008 à 12:58:50 par BULLYSSON »
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

28 juin 2008 à 10:37:41
Réponse #10

bison solitaire


Je ne peux qu'appuyer tous ces arguments... sauf sur un point, surtout pour l'humour:
si: le "black" il a le rythme dans la peau (surtout par rapport à moi  :'()
et en plus il lui suffit de faire 10 pompes pour avoir une plastique d' écorché... c'est pô juste ;D.
...
Blague à part, le coup de la repentance ça me gonfle aussi.
La connaissance de l'histoire doit servir des enseignements, comme tu le dis Bullyson, et non pas une autoflagellation pour se payer une bonne conscience de service après vente...
...
Cela dit, lorsqu'on discute avec les personnes concernées, il arrive souvent qu'un "black" justifie (quoique justifie n'est pas le bon terme, puisqu'il n'a rien à justifier) un certain comportement (ça peut être justement le rythme dans la peau, le succès auprès des filles, une certaine cool-attitude) par le fait qu'il soit "black". C'est peut-être tout simplement une forme de fierté de ses origines, comme lorsqu'un "gaulois" emploie le terme de "franchouillard" pour expliquer le pourquoi du comment d'un comportement.
En tous cas je préfère l'autodérision à l'autoflagellation...

28 juin 2008 à 11:12:05
Réponse #11

BULLYSSON


Faut aller en soirée sur Panam pour voir aussi le nombre de noirs qui ne savent pas danser... ou qui sont gaulés comme des chamalow  :lol:

Il y a biensûr des différences musculaires (densité, longueur du muscle, souplesse etc..) qu'on ne peut nier entre noirs et blancs, jaunes et blancs etc... mais c'est plus une affaire de proportion en nombre que de classification stricte et définitive... donc oui beaucoup de noirs* ont plus de facilité à prendre du muscle sec, qui ressort encore plus du fait de leur épiderme (ce n'est pas pour rien que les bodybuilders s'enduisent de graisse foncés pour faire "ressortir" leur muscles) mais beaucoup aussi sont gaulés comme Magloire ou Miss Dominique...  ::)
beaucoup de noirs sont bien gaulés juste parcequ'ils font plus de sport, tout simplement...

* sorry je n'aime pas du tout le terme "black", ça me fait penser tout de suite au noir branché des années 70/80/90 qui danse bien sur de la funk ou du disco, sourie tout le temps et amuse la galerie avec ses tenues à paillettes... bien gentil mais juste bon à ça.

Cela dit, lorsqu'on discute avec les personnes concernées, il arrive souvent qu'un "black" justifie (quoique justifie n'est pas le bon terme, puisqu'il n'a rien à justifier) un certain comportement (ça peut être justement le rythme dans la peau, le succès auprès des filles, une certaine cool-attitude) par le fait qu'il soit "black". C'est peut-être tout simplement une forme de fierté de ses origines, comme lorsqu'un "gaulois" emploie le terme de "franchouillard" pour expliquer le pourquoi du comment d'un comportement.

C'est aussi souvent de la vanne déguisée... "puisque vous dites tout le temps que les noirs sont comme ci ou comme ça, je vais en rajouter une couche juste pour vous chambrer et vous titiller un peu"   :lol: ;)

... et puis t'as aussi des c*ns qui s'y croient vraiment !

Beaucoup de noirs dansent bien tout simplement parceque dans leur famille, leur région on n'écoute de la musique toute la journée et donc on danse aussi... plus de pratique, résultat meilleur.

Suffit de voir le niveau excellentissime des danseurs japonais en hip hop par exemple (qu'ils n'ont découvert qu'il n'y a qu'une vingtaine d'années) pour comprendre que la danse, ça s'apprend !!!

Pareil pour la Baise, on vit au soleil, on est pauvre, les filles sont belles et habillées légers donc on s'entretient physiquement, on se sappe aussi bien que possible, on achète des grosses bagnoles même si on vit dans un taudis... et on drague plus, donc on devient meilleur dragueur.. et donc par la force des choses (si on peut dire  ;D) meilleur baiseur... c'est aussi c*n que ça. Les Italiens ne me contrediront pas je pense  ;)

Au delà de la génétique, il y a des raisons culturelles et historiques à toutes ces choses là... si on y rajoute qu'une fois l'étiquette attribuée il est bien difficile de s'en défaire, et qu'on à même tendance à vouloir volontairement s'y reconnaitre soi même, on arrive vite au juif bon commerçant, à l'asiatique fort en informatique, au noir fort en sport et gros n*queur etc...

"Dis moi que je suis comme ci ou comme ça et je vais finir par le devenir..."
« Modifié: 29 juin 2008 à 13:01:07 par BULLYSSON »
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http://youtu.be/41Q21B7ap9M

28 juin 2008 à 11:27:20
Réponse #12

bison solitaire


Moi non plus le terme de "black" ne me plait pas, d'où les guillemets.
Toutes les observations que tu as indiquées sont difficilement contestables.
Pour revenir sur la danse, j'indique bien "surtout par rapport à moi" et pour enfoncer le clou, je pourrais ajouter que même Michel Sardou est meilleur danseur que moi (attention a ceux qui rigolent trop fort, je vais avoir les noms).

28 juin 2008 à 11:29:21
Réponse #13

BULLYSSON


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28 juin 2008 à 11:36:32
Réponse #14

bison solitaire


En tous cas, David, c'est un plaisir que de pouvoir discuter de pareils sujets sans qu'on soit systématiquement sur la défensive  :)

28 juin 2008 à 12:15:36
Réponse #15

BULLYSSON


En tous cas, David, c'est un plaisir que de pouvoir discuter de pareils sujets sans qu'on soit systématiquement sur la défensive  :)


Bein étant métis je sais ce qui peut se dire de chaque "côté", et je sais que dans le fond il y a beaucoup plus de similarités que de différence, un Homme ça reste un Homme.
A mon sens un jeune blanc qui ne vit pas en cité et qui va dans un collège de banlieue parisienne subit aujourd'hui autant le racisme qu'un jeune noir qui vivrait avec sa famille dans un village de la Creuse...
La faute, quand il y a faute, est plus souvent le fait de l'ignorance que d'autres choses.
Les raccourcis de pensée, les préjugés, ça existe PARTOUT donc faut pouvoir en parler sereinement je pense..

Souvent avec un peu d'humour c'est encore plus efficace : un peu ce qu'essaye de faire un Jamel Debbouze avec son Jamel Comedy Club par exemple, combattre les préjugés sur les noirs, africains, antillais, arabes, asiatiques, blancs, femmes, gros, hardos, riches, pauvres etc...

Il y a un racisme bien ancré et beaucoup de manipulations des médias, donc c'est à nous, les gens du quotidien, de faire bouger le truc... et la discussion et la dialogue reste la meilleure voie.  ;)

Donc moi aussi ça me fait plaisir d'en discuter ici et avec vous tous  :doubleup:
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http://youtu.be/41Q21B7ap9M

28 juin 2008 à 14:01:55
Réponse #16

modl


Quand je parle de la "repentance", c'est en tant que prof, et j'indique un certain fait, je ne le cautionne pas... Ca me permet surtout de rebondir sur la Loi Taubira et de tout ce quelle contient de négatif d'un point de vue purement historique. J'estime personnellement que les enfants n'ont pas à porter la faute des parents, alors celle des arrières-arrière... grand-parents... :down:
Pour l'anecdote, j'ai fait mes études d'histoire à Bordeaux, et je connais une personne qui a du arrêter un mémoire de maîtrise sur la traite négriére à Bordeaux au XVIII°. Ca a été de la menace professionnelle ("on" s'arrangera pour que ça ne marche pas) jusqu'aux coups de fils nocturnes et anonymes... Certes, c'était il y a 15 ans, mais ça montre quand même que tout le monde n'accepte pas la vérité.
Et pour en terminer avec les clichés, vous devez connaître celui que Desproge employait pour montrer l'idiotie de ce genre de cliché : "Les noirs ont le ryhtme dans la peau, la peau sur les os et un os dans le nez...".
Heureux les fêlés, ils laissent passer la lumière...

28 juin 2008 à 16:02:59
Réponse #17

BULLYSSON



Et pour en terminer avec les clichés, vous devez connaître celui que Desproge employait pour montrer l'idiotie de ce genre de cliché : "Les noirs ont le ryhtme dans la peau, la peau sur les os et un os dans le nez...".

... Et Dieu sait qu'ils ont des nez gros   :-[

ça va... je fais partie de la maison, je peux me permettre  :lol:

Une seule loi dans ce Monde :
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28 juin 2008 à 19:29:37
Réponse #18

Patrick


Quand je vois les croquis des bateaux négriers, je ressent cette nausée à la pensée que mes ancêtres ont institionnalisé voire industrialisé une pratique certe millénaires, l'esclavage.

Quand on y pense on arrive pas à croire que des gens apparemment normaux aient  pu considéré comme un fait établi comme légitime que des êtres humains puissent constituer une marchandise et une source de revenu, voire un véritable système économique car bien qu'aboli une première fois par Napoléon l'esclavage fut rétabli car la concurrence avec l'Angleterre était impossible.

C'est vrai, qu'on peut trouver dommage au titre du devoir de mémoire que l'histoire s'en remette à la seule culpabilité des blancs envers les noirs en passant sous silence le rôle dans cette chaïne de l'horreur des tribus noires qui razziaient et revendaient aux caravanes arabes puis celles-ci enfin aux négriers.

Encore une fois, l'horreur réunit les hommes sans distinction de couleur ou de religion avec le seul objectif de l'appât du gain. :bheurk:

28 juin 2008 à 19:47:07
Réponse #19

Kilbith


Salut Pat,

L'esclavage était un fait quasi universel par le passé. Moi, ce qui m'étonne c'est que certaine civilisation aient réussit à l'éradiquer chez elles. Le miracle, c'est que la civilisation européenne ait cherché à l'éradiquer sur la planète entière.

Les navires négriers n'étaient pas une spécificité européenne. Ce n'est pas les européens qui ont le plus réduits en esclavage les africains. Les conditions de la traversée étaient atroces et la mortalité importante....mais, semble-t-il de l'ordre de celle des marins manœuvrant les navires. Rappelons nous que pour les armateurs de navire négriers chaque esclave mort était une perte sèche....alors qu'un marin mort c'était une économie de salaire.

Je me permet de redonner ce lien vers l'émission d'Arte, AMHA consultation indispensable :

http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2075246,scheduleId=2064280.html


Un dernier truc.

ATTENTION :Je vais être obligé d'employer des termes débiles, approximatifs et scientifiquement inexacts (noir, blancs, pourcentages...) pour me faire comprendre dans le paragraphe suivant. J'évite en général d'employer ces termes "clichetonesques".

Moi, ce que je trouve vraiment bizarre, c'est que quelqu'un qui n'est pas 100% "blanc" devient instantanément "noir" aux yeux de tous, ainsi qu'à ses propres yeux en général. Alors qu'un "noir"  même s'il a un phénotype 99% "blanc"....est toujours un "noir"..et souvent se considère ainsi.

Comme quoi le "racisme" est bien ancré dans nos mentalités que l'on soit "blanc" ou "non blanc".   :'(
« Modifié: 29 juin 2008 à 16:37:28 par Did »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

28 juin 2008 à 23:18:22
Réponse #20

BULLYSSON


Moi, ce que je trouve vraiment bizarre, c'est que quelqu'un qui n'est pas 100% "blanc" devient instantanément "noir" aux yeux de tous, ainsi qu'à ses propres yeux en général. Alors qu'un "noir"  même s'il a un phénotype 99% "blanc"....est toujours un "noir"..et souvent se considère ainsi.

ben moi je ne me sens ni blanc ni noir, et les deux à la fois... c'est assez curieux comme sensation mais j'ai coutume de dire pour rigoler que je suis de la même race que mon frangin, et c'est tout... deux sur Terre !!!
On a du sang blanc, slave, noir , indien et chinois et on le vit très bien... à  vrai dire me concernant je n'ai connu le racisme que quand on me prenait pour autre chose que ce que je suis, on m'a dit sale arabe, sale juif, sale français, sale portugais, sale babouin mais jamais sale métis...  ::)
du coup je me sens plus comme un observateur extérieur qu'autre chose... pas un "camp" en particulier à défendre... même si j'ai naturellement tendance à vouloir défendre celui qui me semble être le plus faible, d'après mon propre jugement.

Faut pas se leurrer aujourd'hui "celui" qui domine le Monde est un homme, riche, blanc, occidental, néo libéral, chrétien ou se disant comme tel, de 40/50 ans... et peut être que tous ceux qui ne rentre pas dans ce schéma là ont des raisons de vouloir demander plus de justice et de marquer leurs différences.
« Modifié: 28 juin 2008 à 23:31:51 par BULLYSSON »
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

29 juin 2008 à 08:49:47
Réponse #21

emile


Sujet constructif et toujours pas parti en c*u!lle. Chapeau.

Il y a un aspect gênant aujourd'hui, c'est qu'on doit juger quelqu'un sans le connaître. La pléthore de relations que nous avons au quotidien fait que beaucoup se basent sur des critères immédiats pour obtenir un jugement. La couleur de peau joue un rôle prépondérant comme indice.

Je ne dis pas que c'est mieux qu'avant où un village ne voyait le monde que les jours de foire au gros-bourg, mais les relations humaines actuelles basées sur la vitesse faussent évidemment un jugement objectif.

Pour moi, l'idéal est d'être un étranger partout.Je ne suis jamais chez moi, l'inverse de tous ces citoyens du monde qui vont se taper des gosses en thailande sous prétexte d'être entre "potes" du monde.
Partir en étant étranger, c'est être prêt à apprendre et à se fondre. Un mec qui part tous les ans en Asie et qui ne prend pas la peine d'apprendre la langue ou qui exige son steak frites, ben j'en pense pas de bien.
Se situer en tant que race est idiot car on n'est pas responsable des ses ancêtres, par contre on est carrément responsable de ce qu'on fait dans sa vie. Si on a une vie remplie correctement, ben le jugement des autres...

29 juin 2008 à 12:36:14
Réponse #22

BULLYSSON


Il y a un aspect gênant aujourd'hui, c'est qu'on doit juger quelqu'un sans le connaître. La pléthore de relations que nous avons au quotidien fait que beaucoup se basent sur des critères immédiats pour obtenir un jugement. La couleur de peau joue un rôle prépondérant comme indice.


Oui, c'est humain... et certains l'ont bien compris.  Il y a une telle poussée de l'individualisme, des tensions et des peurs très bien entretenue par nos élites à des fin d'abord commerciales disons-le très clairement que chacun, se sentant "seul dans ce monde de brute", aura tendance à rechercher des communautés auquelles appartenir, soit d'une passion (sport, modélisme),  soit d'opinions (militantisme, parti politique), soit d'une mode/tenue vestimentaire/goûts musicaux (techtonik, hardos, hip hop), soit d'une religion, soit d'une couleur, soit d'une origine... c'est ce que l'on appelle en Marketing des groupes d'appartenance.
Créer des groupes permet de faire naître de "nouveaux besoins" à travers des "niches" et donc plus de consommateurs. On est clairement dans la manipulation. Mais là encore bien avant la Mondialisation telle qu'elle existe aujourd'hui et le Libéralisme, les humains ont toujours su se trouver des différences ou des points communs pour se combattre ou s'allier. On en revient au sujet de l'Esclavage :

L’histoire des traites d’esclaves n’est pas une affaire de noirs contre blancs, d’arabes contre noirs ou d’arabes contre blancs. C’est une affaire d’esclavagistes contre esclaves.

Pour justifier de l'asservissement d'un semblable (un autre humain), mieux vaut justement démontrer à quel point il est dissemblable (couleur de l'épiderme, religion, caste etc..).
De la même façon pour guider des gens vers un objectif mieux vaut renforcer leur sentiment d'appartenir à un seul et même groupe en compétition voir en guerre avec un autre... le fanatisme étant la forme ultime de la cohésion. On arrête pas des fanatiques qui foncent vers leur graal ! là encore, au dessus, il y a des gens qui manipulent, souvent dans l'ombre, et d'abord le plus souvent pour le seul appât du gain ou pour faire entrer leur nom ou leur idéologie dans l'Histoire.

« Modifié: 29 juin 2008 à 12:44:37 par BULLYSSON »
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

29 juin 2008 à 17:18:47
Réponse #23

emile


Déjà dans la bible, les fils de Canaan sont destinés à être esclaves car le Canaan en question s'est moqué de Noé ivre, si je ne m'abuse.
Avec une telle caution, les chrétiens ont aussi piqué au truc dans une région où c'était courant.

Pour l'esclavage en Afrique, je suppose que les guerres et le système de castes ont fourni des contingents immenses de main d'oeuvre servile.

cela dit, en période de crise, certaines familles sont devenues serviles pour assurer leur survie, cf le servage en Europe.

Maintenant, on peut refaire ce que les historiens ont parfaitement démontré, ou il faudrait interpeler les Etats qui pratiquent encore la main d'oeuvre servile, le tout sans toucher nos (leurs) intérêts économiques, sans passer pour des neo-colonisateurs et sans qu'on nous remette sans cesse notre Histoire à la gueule.



 


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