Bonjour à tous et à toutes,
Voici un petit tutoriel sur quelque chose de basique à faire et très utile : Se faire des galettes
Comment se faire un succédané de pain dans la nature, véritable ration de survieCette recette est facile à faire mais demande de la patience...
1) récolter la base de la farineRécoltez des céréales sauvages types avoines(...). Ne prenez que les épis bien secs, autrement le temps de séchage sera très long, et les grains ne se prêteront pas très bien à faire de la farine.
Il convient ensuite de les faire sécher au soleil ou sur une surface plane étendu non humide. Le temps de séchage varie en fonction du pourcentage d'humidité ambiant et de la teneur en eau de vos grain(e)s.

Il en faut une assez grande quantité pour obtenir un peu de farine grossière (sur la photo, nous avions récolté des épis de blé par ci par là dans un petit sac fabriqué en bout de bâche trouvé par terre).
J'entends déjà quelques personnes parler :
-"bah il a prit des épis de blé dans un champ!"
-Oui, Je sais, prendre du blé, c'est facile et de la triche ; mais c'était pour expliquer le truc à des élèves!Et puis, nous ne les avons pas pris dans un champs, mais dans une plaine (oui oui, pas bien loin d'un ancien champs...)
Voici une photo de graminées sauvages que vous pouvez récolter pour faire de la farine.
Les grains sont cependant très petits, et il en faut une très grande quantité (4 à 5kg) pour obtenir un peu de farine (environ 150gr). L'avantage, c'est qu'on en trouve presque toute l'année et dans presque toute les régions du monde du Canada à la Sibérie!
Note : On a la chance parfois d'avoir des chassés croisés saisonniers. J'ai trouvé en 2006 de l'avoine sauvage début septembre, en même temps que quelques premières châtaignes (encore verte). Vous pouvez remplacer ou coupler de la farine de châtaignes (en automne) aux céréales/graminées. Notez que les châtaignes se réduisent mieux en poudre une fois pré-cuites ou complètement déshydratées.
2) Fabriquer la farineRéduisez votre récolte en poudre. Dans la nature, j'utilise alors une grosse pierre assez plate que j'ai lavé avec de l'eau et une autre pierre pour broyer ma récolte. Les pierres de rivières se prêtent bien à ces utilisation. Quelque fois, je fais du haché-menu avec mon couteau, ce qui facilite grandement la transformation du grain par la suite. C'est l'étape la plus longue, et nécessite parfois deux ou trois jours de travail.
Parfois, j'utilise un succédané de levure, à base de lichens gris de chêne réduit en poudre, en toute petite quantité. Cela implique cependant de savoir reconnaître les types de lichens (certains peuvent être toxiques contrairement à ce que certaines spécialistes disent, ou tout du moins très indigestes / les peuples sibériens savent les reconnaître eux...

). Je vous déconseille donc de le faire à moins de savoir parfaitement reconnaître ces algues-champignons symbiotiques.
3) Ajouter des condiments ou des plantes aromatiquesVous pouvez (et c'est conseillé pour le goût et l'apport calorifique) rajouter des condiments.
Allez donc à la cueillette et sélectionnez des produits de saisons (en fonction de la saison dominante bien entendu) : cerises sauvages (merises), mûres, airelles, noisettes, copeaux de ciboules sauvages(...). Vous pouvez aussi rajouter des petits morceaux de viandes séchées, voir des morceaux de champignons. Les graines séchées de berce font aussi de bons "épices"...enfin la liste peut être longue!
Mettez votre farine et vos condiments additionnels dans une même popote et mélangez le tout avec de l'eau pour obtenir une pâte type pâte à pain grossière.
Note : Je fais même des boules de survie avec cette méthode...

une fois cuite en boule, elles se transportent bien dans une bourse de cuir...
4) La cuissonPour commencer, allumez un bon feu! En cuisine sauvage, nous utilisons que les braises pour cuire, et très peu de fois les flammes, plus difficile à gérer (=ça brule tout sinon les flammes!).
Faites des petites paquets que vous disposerez sur une pierre plate pour la cuisson posée tout prés des braises, ou bien dans le sable si vous en avez (soit par conduction solaire, soit en mettant le feu par dessus et en y étalant les braises). Si vous avez cuit dans le sable, vous gratterez tout simplement vos galettes pour retirer la croûte de sable avant de les manger. Vous pouvez si les conditions et votre durée de vie sur le terrain vous le permettent, faire un four de fortune

pour cuir vos galettes : Bref, adaptez vous en fonction de votre milieu et de vos possibilités sur le terrain pour la cuisson!

Une autre méthode consiste à faire des plats en écorces de bouleau et de les mettre dans les braises bien rouges dans un feu type trappeur. Doublez voire triplez les épaisseurs d'écorces de bouleau. Vous pouvez aussi au préalable humidifier vos écorces.

Le temps de cuisson varie en fonction du mode même choisit et du milieu. (un pain cuit dans le sable juste à la chaleur du soleil sera plus long à prendre qu'un pain cuit dans un four de fortune, c'est logique.)
5) Dégustez / conserverCes galettes une fois bien cuites et sèches se conservent assez longtemps. C'est idéal comme ration de survie à transporter, et nourricier. Vous pouvez les conserver dans un carré de tissus, une bourse que vous aurez fabriqué en cuir...
Au goût, la première fois, c'est assez spécial, surtout cet arrière goût de feu de bois et le coté forte mastication de la "galette".
Mais quand on y est habitué, il devient difficile de s'en passer! C'est un vrai p'tit plus! Wink Une dernière chose : il faut être bien patient dans la nature : Je fais généralement la cueillette un premier jour, le séchage un deuxième jour, et la préparation le troisième...Le temps n'est ici qu'indicatif, vous l'aurez compris!
Amical partage,
SanjohnNote : c'est bientôt la saison (juillet/août), je vais en refaire et mettre plus de photos.