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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Se faire des galettes dans la nature  (Lu 12491 fois)

18 juin 2008 à 21:58:32
Lu 12491 fois

Sanjohn


Bonjour à tous et à toutes,

Voici un petit tutoriel sur quelque chose de basique à faire et très utile : Se faire des galettes 

Comment se faire un succédané de pain dans la nature, véritable ration de survie

Cette recette est facile à faire mais demande de la patience...


1) récolter la base de la farine

Récoltez des céréales sauvages types avoines(...). Ne prenez que les épis bien secs, autrement le temps de séchage sera très long, et les grains ne se prêteront pas très bien à faire de la farine.

Il convient ensuite de les faire sécher au soleil ou sur une surface plane étendu non humide. Le temps de séchage varie en fonction du pourcentage d'humidité ambiant et de la teneur en eau de vos grain(e)s.


Il en faut une assez grande quantité pour obtenir un peu de farine grossière (sur la photo, nous avions récolté des épis de blé par ci par là dans un petit sac fabriqué en bout de bâche trouvé par terre).

J'entends déjà quelques personnes parler :
-"bah il a prit des épis de blé dans un champ!"
-Oui, Je sais, prendre du blé, c'est facile et de la triche ; mais c'était pour expliquer le truc à des élèves!Et puis, nous ne les avons pas pris dans un champs, mais dans une plaine (oui oui, pas bien loin d'un ancien champs...)



Voici une photo de graminées sauvages que vous pouvez récolter pour faire de la farine.

Les grains sont cependant très petits, et il en faut une très grande quantité (4 à 5kg) pour obtenir un peu de farine (environ 150gr). L'avantage, c'est qu'on en trouve presque toute l'année et dans presque toute les régions du monde du Canada à la Sibérie!

Note : On a la chance parfois d'avoir des chassés croisés saisonniers. J'ai trouvé en 2006 de l'avoine sauvage début septembre, en même temps que quelques premières châtaignes (encore verte). Vous pouvez remplacer ou coupler de la farine de châtaignes (en automne) aux céréales/graminées. Notez que les châtaignes se réduisent mieux en poudre une fois pré-cuites ou complètement déshydratées.


2) Fabriquer la farine

Réduisez votre récolte en poudre. Dans la nature, j'utilise alors une grosse pierre assez plate que j'ai lavé avec de l'eau et une autre pierre pour broyer ma récolte. Les pierres de rivières se prêtent bien à ces utilisation. Quelque fois, je fais du haché-menu avec mon couteau, ce qui facilite grandement la transformation du grain par la suite. C'est l'étape la plus longue, et nécessite parfois deux ou trois jours de travail.

Parfois, j'utilise un succédané de levure, à base de lichens gris de chêne réduit en poudre, en toute petite quantité. Cela implique cependant de savoir reconnaître les types de lichens (certains peuvent être toxiques contrairement à ce que certaines spécialistes disent, ou tout du moins très indigestes / les peuples sibériens savent les reconnaître eux... :D ). Je vous déconseille donc de le faire à moins de savoir parfaitement reconnaître ces algues-champignons symbiotiques.


3) Ajouter des condiments ou des plantes aromatiques

Vous pouvez (et c'est conseillé pour le goût et l'apport calorifique) rajouter des condiments.

Allez donc à la cueillette et sélectionnez des produits de saisons (en fonction de la saison dominante bien entendu) : cerises sauvages (merises), mûres, airelles, noisettes, copeaux de ciboules sauvages(...). Vous pouvez aussi rajouter des petits morceaux de viandes séchées, voir des morceaux de champignons. Les graines séchées de berce font aussi de bons "épices"...enfin la liste peut être longue!

Mettez votre farine et vos condiments additionnels dans une même popote et mélangez le tout avec de l'eau pour obtenir une pâte type pâte à pain grossière.

Note : Je fais même des boules de survie avec cette méthode... :up: une fois cuite  en boule, elles se transportent bien dans une bourse de cuir...

4) La cuisson

Pour commencer, allumez un bon feu! En cuisine sauvage, nous utilisons que les braises pour cuire, et très peu de fois les flammes, plus difficile à gérer (=ça brule tout sinon les flammes!).

Faites des petites paquets que vous disposerez sur une pierre plate pour la cuisson posée tout prés des braises, ou bien dans le sable si vous en avez (soit par conduction solaire, soit en mettant le feu par dessus et en y étalant les braises). Si vous avez cuit dans le sable, vous gratterez tout simplement vos galettes pour retirer la croûte de sable avant de les manger. Vous pouvez si les conditions et votre durée de vie sur le terrain vous le permettent, faire un four de fortune ;)  pour cuir vos galettes : Bref, adaptez vous en fonction de votre milieu et de vos possibilités sur le terrain pour la cuisson!



Une autre méthode consiste à faire des plats en écorces de bouleau et de les mettre dans les braises bien rouges dans un feu type trappeur. Doublez voire triplez les épaisseurs d'écorces de bouleau. Vous pouvez aussi au préalable humidifier vos écorces.



Le temps de cuisson varie en fonction du mode même choisit et du milieu. (un pain cuit dans le sable juste à la chaleur du soleil sera plus long à prendre qu'un pain cuit dans un four de fortune, c'est logique.)


5) Dégustez / conserver

Ces galettes une fois bien cuites et sèches se conservent assez longtemps. C'est idéal comme ration de survie à transporter, et nourricier. Vous pouvez les conserver dans un carré de tissus, une bourse que vous aurez fabriqué en cuir...

Au goût, la première fois, c'est assez spécial, surtout cet arrière goût de feu de bois et le coté forte mastication de la "galette".
Mais quand on y est habitué, il devient difficile de s'en passer! C'est un vrai p'tit plus! Wink Une dernière chose : il faut être bien patient dans la nature : Je fais généralement la cueillette un premier jour, le séchage un deuxième jour, et la préparation le troisième...Le temps n'est ici qu'indicatif, vous l'aurez compris!


Amical partage,
Sanjohn


Note : c'est bientôt la saison (juillet/août), je vais en refaire et mettre plus de photos.

18 juin 2008 à 22:11:53
Réponse #1

guillaume


Super tuto !

Lorsque tu as les épis, tu les égraine? Je veux dire : tu les "épluches" pour ne garder que les graines pour ensuite les réduire en farine? Dans le cas d'épi sauvage,ça doit être long et fastidieux. N'y aurait-il pas moyen de "pulvériser" le tout et de tamiser ensuite?

Aurais-tu une photo plus précise des épis sauvage? je crois voir ce que c'est mais je veux être sûr.

a+

19 juin 2008 à 00:42:59
Réponse #2

lambda


Salut a toi, Sanjohn,
tout d abord, je me joins a toute la tribu pour te dire un grand merci pour tes tutos tres bien fait et passionnant.  :doubleup:
Une petite question concernant les graminees que tu utilises:
quand on dit graminee, en fait, ils y en a vraiment de toutes sortes. sont t elles toute utilisables, ou y en a t il a eviter? si oui, les quelles?
Merci a toi pour cette precision.
a+,
Lambda
"I want to live in a society where people are intoxicated with the joy of making things." William S. Coperthwaite

19 juin 2008 à 00:52:45
Réponse #3

skaro



23 juin 2008 à 12:24:21
Réponse #4

jeremy


Salut Sanjohn,

Merci beaucoup pour ce tuto extra!

Au niveau calorique, le rendement global n'est-il pas négatif avec tout ce travail effectué?

Bien à toi,
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

25 juin 2008 à 07:31:14
Réponse #5

Sanjohn


Salut Sanjohn,

Merci beaucoup pour ce tuto extra!

Au niveau calorique, le rendement global n'est-il pas négatif avec tout ce travail effectué?

Bien à toi,

Bonjour à tous et à toutes,

je ne suis pas là très souvent, donc je peux mettre un peu de temps à répondre aux questions.

Les épis et graines : dans un foulard, le tout battu contre le sol permet de les égrainer. Il y a beaucoup d'autres méthodes. Faites, et trouvez celle qui vous convient...

L'apport calorifique négatif : ah bon, et en quoi? vous marchez, vous trouvez  vous cueillez...le séchage, ça se fait tout seul...et moudre, on le fait tranquillement assis. C'est long, mais pas difficile, et au moins, cette méthode peut vous garantir un apport alimentaire certain facile à transporter lors de mouvement et qui se conserve bien!

Dans la vie en pleine nature, il y a deux points assez important : la patience et l'opportunisme. Quand je suis dans la Nature, il est assez rare que je passe deux jours à chercher des trucs. Je fonctionne à l'opportunisme, à l'affût de tout! Je trouve, je dis "ça peut servir", je ramasse". Lors de ma petite patrouille autour de mon bivouac, j'inspecte, et je prends note (dans ma tête) des choses éventuellement pratique pour un certain nombre de chose à faire...Si j'ai besoin d'une chose que je ne trouve pas (c'est rare...le magasin forêt est en généralement bien plein  ;) ), j'attends patiemment et je contourne la chose pour le moment......................................................



Pour finir, Miyamoto Musashi disait quelque chose que je vous invite amicalement à méditer ou plutôt à mettre en application :

"Il faut se forger dans la Voie en pratiquant soi même, et non par le jeu des idées."


so play!   :D

Amicalement, Sanjohn

« Modifié: 25 juin 2008 à 15:57:37 par Sanjohn (C.John) »

13 juillet 2008 à 01:51:31
Réponse #6

Moniot van Moeren


Merci pour cette sage parole. De la connaissance (ressortez vos flores) et de la pratique (sortez vous) et vous trouverez ! La Nature vous donnera tout si vous vous donnez la peine de la connaitre !
"Avant notre venue, rien de manquait au monde ; après notre départ, rien ne lui manquera.", Omar Kheyyam
"N'ayons pas peur d'être en contradiction avec le monde !" mère Teresa.

19 juillet 2008 à 08:49:31
Réponse #7

nemesys


je viens seulement de le voir ton tuto...il est super génial !! :doubleup:
peut être serait il bon de le mettre en WIKI ?

20 juillet 2008 à 03:03:48
Réponse #8

Sanjohn


je viens seulement de le voir ton tuto...il est super génial !! :doubleup:
peut être serait il bon de le mettre en WIKI ?

Bonsoir (ou bonne nuit?)

Merci! je vous prépare un autre article dans le même genre, plus accès ration de survie/traditionnel, lié au savoir de mon école...

à suivre!

Amical partage, Sanjohn

20 juillet 2008 à 10:21:38
Réponse #9

leif


encore une fois un tres bon tuto et je reste persuadé que faire la popote a moin d'etre en situation e&e c'est tres bon pour le moral. Bien plus profitable si y a du monde avec vous.

Je penses meme rajouter une cremaillere dans le packtage faite en materiau leger pour faire un bon ragout en foret.

bonne journée :doubleup:

20 juillet 2008 à 11:18:21
Réponse #10

Nirgoule


Salut,

La remarque de Jeremy n'est pas anodine. 4 à 5 kg de graminées demandent combien de temps et donc d'énergie au ramassage pour obtenir 150g de farine soit environ 500kcal? Sachant que les besoins énergétique d'un homme en déplacement ou en activité en nécessitent 6 à 10 fois plus, je me demande si cette cueillette est bien rentable.

En été et automne les graminées apporteraient bien un complément alimentaire, mais ne seraient pas suffisantes seules. Sauf à tomber sur un champ de blé, mais là c'est du pillage !!  ;D

Ma remarque n'est que pragmatique et en dehors de toutes autres considérations : amusement, éducation, philosophie, etc.  ;)
"Vous les français vous ne doutez jamais de rien."
"Je doute toujours mais je ne désespère jamais." Maigret

20 juillet 2008 à 11:56:07
Réponse #11

jilucorg


La remarque de Jeremy n'est pas anodine.

Il se trouve que Sanjohn y a répondu précisément juste après : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,9140.msg165561.html#msg165561
Citer
L'apport calorifique négatif : ah bon, et en quoi? vous marchez, vous trouvez  vous cueillez...le séchage, ça se fait tout seul...et moudre, on le fait tranquillement assis. C'est long, mais pas difficile, et au moins, cette méthode peut vous garantir un apport alimentaire certain facile à transporter lors de mouvement et qui se conserve bien!

Dans la vie en pleine nature, il y a deux points assez important : la patience et l'opportunisme. Quand je suis dans la Nature, il est assez rare que je passe deux jours à chercher des trucs. Je fonctionne à l'opportunisme, à l'affût de tout! Je trouve, je dis "ça peut servir", je ramasse". Lors de ma petite patrouille autour de mon bivouac, j'inspecte, et je prends note (dans ma tête) des choses éventuellement pratique pour un certain nombre de chose à faire...Si j'ai besoin d'une chose que je ne trouve pas (c'est rare...le magasin forêt est en généralement bien plein ;)), j'attends patiemment et je contourne la chose pour le moment......................................................


Il n'y a pas « de temps et donc d'énergie » spécifiques à consacrer à cette cueillette. À le lire, je n'observe pas que Sanjohn ait jamais prétendu que les céréales utilisées dans ces conditions étaient la réponse aux besoins caloriques quotidiens.


jiluc.

20 juillet 2008 à 18:54:00
Réponse #12

Vulpus


J'ai lu sur un site hollandais qu'on peut préparer les grains de blé en les faisant tremper dans de l'eau pendant 12-24 heures, et ensuite on peut les cuire en plus ou moins 45 minutes / 1 heure. Comme si on prépare des pois chiches secs!

Le gros avantage: Ça évite le boulot de moudre pendant deux jours le blé rammassé.

Le gros inconvénient: On n'en fait pas de galettes!

La plus grande sagesse est de paraitre fou - Dionysius Caton

20 juillet 2008 à 21:00:01
Réponse #13

jilucorg


J'ai lu sur un site hollandais qu'on peut préparer les grains de blé en les faisant tremper dans de l'eau pendant 12-24 heures, et ensuite on peut les cuire en plus ou moins 45 minutes / 1 heure. Comme si on prépare des pois chiches secs!

Le blé s'utilise couramment en cuisine végétarienne. Après trempage comme tu dis, il suffit de le faire cuire à couvert à feu doux, en veillant à ne saler qu'une demi-heure avant la fin de la cuisson — la première fois, comme on ne sait pas combien de temps ça met (±1h30), saler seulement quand c'est cuit = quand tous les grains sont éclatés —, même chose que pour les légumineuses (pois, haricots secs, lentilles etc.). L'idéal, c'est de ne mettre que l'eau qui sera absorbée pendant la cuisson : il ne doit pas rester de liquide à la fin. Ça suppose qu'on tâtonne au début :) Ne pas hésiter à mettre alors tous les aromates qu'on veut (et qui ne doivent pas cuire). On peut aussi traiter comme du riz, avec par exemple du curry ou du Ras-el-hanout...
Délicieux en mélange avec des légumes de saison qui cuisent en même temps à l'étuvée (+ un filet d'huile d'olive au moment de servir, ou de l'aïoli), ou froid avec les salades de légumes variés (crus) râpés ou émincés.


jiluc.

21 juillet 2008 à 13:49:45
Réponse #14

Vulpus


Le blé s'utilise couramment en cuisine végétarienne. Après trempage comme tu dis, il suffit de le faire cuire à couvert à feu doux, en veillant à ne saler qu'une demi-heure avant la fin de la cuisson — la première fois, comme on ne sait pas combien de temps ça met (±1h30), saler seulement quand c'est cuit = quand tous les grains sont éclatés —, même chose que pour les légumineuses (pois, haricots secs, lentilles etc.). L'idéal, c'est de ne mettre que l'eau qui sera absorbée pendant la cuisson : il ne doit pas rester de liquide à la fin. Ça suppose qu'on tâtonne au début :) Ne pas hésiter à mettre alors tous les aromates qu'on veut (et qui ne doivent pas cuire). On peut aussi traiter comme du riz, avec par exemple du curry ou du Ras-el-hanout...
Délicieux en mélange avec des légumes de saison qui cuisent en même temps à l'étuvée (+ un filet d'huile d'olive au moment de servir, ou de l'aïoli), ou froid avec les salades de légumes variés (crus) râpés ou émincés.
jiluc.

:akhbar:
J'aime les currys....!
La plus grande sagesse est de paraitre fou - Dionysius Caton

22 juillet 2008 à 15:58:07
Réponse #15

Sanjohn



Merci! je vous prépare un autre article dans le même genre, plus accès ration de survie/traditionnel, lié au savoir de mon école...


Voilà, c'est fait là : http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,9828.0.html

Amicalement, Sanjohn

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

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