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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Le week-end ou j'aurais du mourir et pourquoi j'ai survécu  (Lu 1620 fois)

01 juin 2008 à 15:49:15
Lu 1620 fois

Jonathan


Prenez place autour du feu et Jonathan va vous narrer ce qui lui est arrivé.

J'avais 18 ans et avec des amis du lycée nous décidons de participer à un weekend de découverte de la Spéléologie.
Encadré par un club nous nous retrouvons au bord du gouffre du Maramoye sur le Plateau de Siou-Blanc au nord de Toulon.
Gouffre à l'époque d'une centaine de mètres de profondeur avec toute la gamme des plaisirs : verticales, chatières, rivière etc. Nuit au fond de la première salle dont le plafond effondré la fait ressembler à un volcan.
Feu de camp et coq au vin.

Et le lendemain débute l'exploration. C'était l'époque des échelles métalliques.
Bref nous descendons plusieurs verticales d'environ 30 mètres, rampons, glissons Que du bonheur et un super encadrement.

Mais tout à une fin et il faut remonter.

Me voici au pied d'une cheminée de 30 mètres surplombant un pierrier.Mon tuteur me fixe le bloqueur sur la corde d'assurance et je remonte. Il faut savoir que sans la technique appropriée monter une échelle d'alu qui vire dans tous les sens c'est pénible et fatiguant. Aussi de temps en temps je me laissais suspendre à la corde et lâchais l'échelle pour me reposer. C'est ainsi que j'avais pratiqué durant ce weekend.
Je grimpe environ 15 mètres en me disant que je me reposerai dans 5 barreaux et je m'astreint à tenir.

Soudain mon tuteur resté en bas me demande de redescendre. :(

Je lui explique que j'en suis à la moitié et que je continue. Il insiste et je fini par obéir et redescendre en ayant envie à chaque marche de lâcher l'échelle et me reposer. Mais je tiens bon et redescends d'un seul trait.

En bas mon tuteur, décomposé, m'explique qu'il m'avait mal fixé le bloqueur et que j'avais grimpé sans assurance...

Silence, j'examine les énormes blocs qui m'attendaient,je reprends mon souffle et je repars cette fois bien assuré.

Depuis ce jour là je ne fais plus confiance à personne pour vérifier des sécurités.

Ce jour là ma volonté m'a sauvé car dans ma tête je me disais "un pas encore un pas" avant de te reposer et cela m'a évité la mort ou à la rigueur un sérieux handicap.

Voilà fort longtemps mais c'est resté gravé dans mon esprit, était ce la chance, la volonté, la baraka ?                                    D'où la phrase sous mon avatar ;).

J'ai vu la mort de prés plusieurs fois ( mais c'est une autre histoire) mais c'est la seule fois ou ma décision de persévérer a fait la différence.

Le feu s'éteint vite dans les duvets, bonne soirée

Jonathan


01 juin 2008 à 16:01:09
Réponse #1

cactus


T'as eu chaud, je comprends pourquoi tu ne fais plus confiance à personne pour cela. Et je pense en faire autant la prochaine fois que je grimperais.
Là on peut dire que si tu avais vraiment un flemmard, ça t'aurais peut-être couté cher.
Merci pour ce petit partage  ;) .

A+
cactus

01 juin 2008 à 17:34:44
Réponse #2

jeremy


Cette histoire m'en rappelle une autre,

Il fût un temps où je participais à l'encadrement d'enfant pour les activités spéléo escalade.
Un jour, par une belle après-midi d'été, alors qu'on avait un groupe particulièrement dynamique, on décide de mettre en place un atelier rappel.
Je prends avec moi le gamin le plus demandeur, d'une dizaine d'année environ, je lui instale son huit, un noeud français avec une cordelette. Un autre moniteur était en bas pour contre-assurer au cas où il y ai un problème. Je vérifie tout deux fois: le mousqueton est bien vissé, le retour est là sur toutes les sangles, le noeud français est bien fait. Ok, on y vas...
... Mais un truc me chiffone, je ne savais pas dire quoi sur le moment. Je ne le sentais pas, c'est tout.
Je décide donc de me longer sur le jeune héro, acclamé par tous les autres qui scande son nom en bas.
Après lui avoir expliqué comment procéder avec ses pieds, son cul et ses mains, je délonge le petit et lui dit de se mettre "en poids"
tijjjjjjjjjj,tic
"ca va?  :o "
"...oui, oui   :-\ " (les pieds au dessus de la tête)
- Le gamin avait laché la corde pour se protéger avec ses main, surpris par sa propre mise en poids
- L'autre encadrant en bas ne tenait plus la corde, il avait du faire un allé retour et n'y avait plus pensé à son retour
- Le neoud français ne s'est pas vérouillé (cordelette trop grosse, trop rèche (spéléo=terre))

J'avais aucune raison de me longer dessus. J'avais fais ça des dizaines de fois avant et c'est la seule fois où je me suis longé sur quelqu'un dans de telles circonstances.
Rétrospectivement le truc c'est que je ne sentais pas la cordelette en fait. On me l'avais mise dans les mains en me disant "tiens, prends celle là", et je ne l'aimais pas.
Depuis je me méfie comme de la peste des blocages par cordellette, même si je les ai employé des centaines de fois avant et après.
 ;D

PS: Ah oui, une fois, j'ai oublié de me longer aussi en tête de voie.  Comme tous les soirs j'étais passé par au dessus pour déséquiper un des 5 ateliers escalade. Tous les soir, je venais, me longeais, me pendais dans le vide la tête à l'envers et dévissais le mousqueton à deux mains. Puis je récupérais une échelle spéléo. Le tout en 2 min chrono. Ce jour là donc j'ai décidé de le faire d'une seule main, en me tenant de l'autre à la chaine qui reliait les spits, toujours la tête à l'envers, toujours dans le vide  ;D
Après m'être écarté du bord et en voulant me délonger quelle ne fut pas ma surprise   :) (je vous avoue que sur le coup j'ai du m'assoir 5 bonnes minutes pour récupérer)

Je crois que tous ceux qui font des activités sur corde regorgent de ce genre d'histoire. Faire confiance à son instinct c'est important.
I see in your eyes the same fear that would take the heart of me. A day may come when the courage of Men fails, when we forsake our friends and break all bonds of fellowship, but it is not this day. This day we fight!

 


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Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


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