Nos Partenaires

Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: le viol  (Lu 115574 fois)

22 juillet 2008 à 09:25:47
Réponse #150

GZF


Salut Belette!

Sois la bienvenue sur ce forum, et encore merci d'avoir partagé tes experiences avec nous.

22 juillet 2008 à 14:03:48
Réponse #151

BULLYSSON


Je croyais être blindé par rapport à ça, mais un ami proche m'a confié ce week end qu'il était dans une profonde dépression dernièrement après s'être souvenu par flashs successifs d'avoir été violé à l'âge de 5 ans 1/2 / 6 ans par un proche de ses parents pendant des vacances dans le Sud... devant lui je suis resté aussi calme que possible pour lui assurer ton mon soutient mais... j'en ai gerbé dans toute la nuit avant hier soir, je ne peux pas expliquer ce que ça m'a fait, si ce n'est un condensé de dégoût de l'espèce humaine, j'en avais un mal de tête lancinant, en repensant à toute ces images de m*rde... p*tain 6 ans !!!  >:( >:( >:( >:( >:( >:( >:(

Je pense à mon poto.
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

22 juillet 2008 à 14:07:50
Réponse #152

GZF



22 juillet 2008 à 14:41:25
Réponse #153

DavidManise


Belette : :akhbar:

Merci pour ce témoignage. 

Peux-tu nous dire, à ton avis, comment on peut s'y prendre, justement, pour prévenir ?  Quels sont les meilleurs moyens, à TON avis ? 

David : ouaipe.  Je comprends ce que tu ressens :(

Mieux vaut prévenir que guérir... 

Ciao !

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

22 juillet 2008 à 17:52:27
Réponse #154

BULLYSSON


Merci Belette, merci de ton témoignage. Bravo pour ton courage   :akhbar:
Heureusement que des victimes osent témoigner et partager leurs expériences pour éduquer, pour faire prendre conscience...
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

22 juillet 2008 à 19:12:31
Réponse #155

Patrick


Belette merci pour ton courage et pour avoir su positiver en travaillant à la préservation d'autrui  :akhbar:

22 juillet 2008 à 21:37:26
Réponse #156

jilucorg


Que le violeur ou l'agresseur soit malade ou pas n'est pas le fond du problème de l'acte qu'il pose... Qu'il y ait un travail en amont pour éduquer un jeune aux rapports de force (car je ne distingue pas l'agression sexuelle d'autres formes de violence, je pense qu'elle est l'expression des mêmes carences) ou en aval pour responsabiliser l'auteur par rapport à son acte n'enlève pas la nécessité de la punition et de la réparation aux victimes.

Je bosse dans un collège (= jeunes de ± 11-16 ans) de la banlieue lyonnaise. 900 élèves, milieu moyen, habitat majoritaire en lotissements, parents employés, ouvriers, petits artisans ou petits commerçants, très peu présents car travaillant beaucoup pour payer les emprunts, et équipant leurs enfants de loisirs électroniques. Élèves pas spécialement durs, donc, mais globalement peu travailleurs, passant leur temps sur msn, à s'envoyer des "coms" sur leurs skyblogs, ou allant chez les uns les autres, plutôt qu'à bosser. Mais bon, c'est comme ça, je ne veux pas m'apesantir là-dessus, sinon pour bien indiquer qu'il ne s'agit pas d'un endroit déshérité.

Voilà deux ans, les gendarmes sont venus embarquer chez eux à la première heure pour les mettre en garde à vue une petite dizaine d'élèves de quatrième et de troisième (13 à 16 ans), suite au viol répété d'une fille d'une quinzaine d'années pendant plusieurs mois (elle était contrainte, sous la menace de représailles si elle résistait ou parlait, de se laisser faire dans une cave de villa, après les cours). C'est une de ses copines à qui elle avait fini par se confier qui a lâché l'info à ses propres parents. La fille n'était plus au collège, mais elle y était passée, et une de ses sœurs y était encore.

Les élèves coupables avérés (auteurs ou témoins-complices — il fallait quand même bien la tenir — ont avoué sans difficultés) étaient des ados dans la moyenne de ceux qu'on a, j'en connaissais très bien plusieurs, ainsi que leurs parents, tout à fait sensés et "normaux", milieu sans particularité, dans la norme locale. Bien socialisés, pas de problème scolaire notable.

Le jour de leur arrestation, l'info a commencé à circuler de bouche à oreille ; le lendemain matin, sortie dans la presse locale, tout le collège en ébullition. On voit dans le préau et un peu partout dans la cour des groupes de filles de 4e et 3e en train de faire leur crise, sanglotant les unes sur les autres, dans un état véritablement épouvantable, au point que le Principal a demandé à l'Inspection d'Académie d'envoyer des psys pour "écouter", selon la coutume depuis quelques années.

Avec des collègues, on s'est approchés de ces filles (nos élèves, des gamines sensées, intelligentes comme la moyenne, avec des rêves normaux, des projets d'avenir etc.) pour les écouter nous-mêmes en attendant les pros, et on a découvert ceci : si elles étaient dans cet état de désespoir, ces filles, c'est parce que leurs copains (tout le monde se connaît, bien sûr) étaient en GAV, allaient peut-être aller en prison, verraient toute leur vie foutue, qu'elles ne les reverraient peut-être plus, tout ça à cause de cette sa*o*e qui les avait dénoncés, leurs bons copains, alors que, sans aucun doute, elle les avait provoqués et puis s'était laissé faire, bien contente.

On a écouté un peu, muets de stupéfaction, et puis on est montés en cours avec les élèves qui étaient en état, et on a laissé les pros avec ça... (La consigne officielle est d'ailleurs arrivée dans la foulée : ne pas évoquer la question en classe, refuser d'en parler, risque de débordements, affaire de professionnels de l'"écoute"...)

La question de l'amont, c'est plus compliqué qu'on peut croire parfois.


jiluc.


22 juillet 2008 à 22:03:11
Réponse #157

sharky


Salut, Salut,

J'ai 10 ans de travail en tant qu'assistant social derrière moi.
J'ai reçu plusieurs dizaines de personnes (hommes, femmes et enfants) qui ont été, étaient ou craignaient d'être victimes de viols ou d'agressions sexuelles.
Parfois, le viol était ancien (là je repense à une petite mamie violée par plusieurs soldats allemands pendant la WWII) ou très récent (une femme qui venait de se libérer de son mari qui l'avait séquestré et violé pendant 3 jours).
Je pensais être aussi blindé par rapport à ses histoires mais à chaque fois, à chaque nouvelle révélation que je reçois ou que je mets à jour, j'en apprends un peu plus à la fois sur les horreurs que peut commettre un être humain mais aussi et surtout sur le courage que présentent les victimes.

J'ai aussi rencontré quelques agresseurs aussi, certains dorment bien au chaud en cellule grâce à mes interventions. J'ai été aussi à 2 doigts de tatouer "jacob delafon" sur le front d'un co**ard qui avait violé sa  petite fille, qui savait que j'avais fait un signalement mais qui s'est pointé à la fête de l'institution fier comme un coq. Je l'ai surveillé tout l'après-midi car  j'avais peur qu'il agresse un autre gamin, je l'ai suivi aux chiottes quand il y est allé et je mourrai d'envie de lui faire bouffer la pissotière.

J'axe maintenant beaucoup de mes interventions auprès des parents sur la prévention et leurs rôles dans l'éducation de leurs enfants et leurs sécurité.
Je fais aussi de la prévention auprès de mes nombreuses collègues féminines, j'ai eu l'impression de parler un peu dans le vent. Jusqu’au jour, où, une collège a spotté un mec un peu bizarre dans la rue qui commencé à la suivre, elle est alors rentré dans un commerce et a appelé pour qu’on la ramène à la gare en voiture. On l’a fait quelques jours jusqu’à ce qu’on apprenne que notre garenne venait de se faire chopper par les gendarmes pour 3 agressions sexuelles sur des passantes.
Je ne dis pas que c’est grâce à moi, c’est elle qui a fait le job toute seule mais si je peux à mon modeste niveau aider certains et certaines à ouvrir un peu leur esprit ainsi que les yeux et les oreilles, c’est l’objectif que je me fixe.

Après quand je serai grand et fort comme mes camarades que je croise au stage ACDS, j’aurai  bien envie de monter un petit module SP/SD à destination du personnel et des usagers de mon service.


A+

Stéphane


''what you learn in the afternoon must work for you that evening in the parking lot" Kelly Mc Cann

"despite what your mamma told you, violence does solve problems." Ryan Job

22 juillet 2008 à 22:27:16
Réponse #158

Rod


La question de l'amont, c'est plus compliqué qu'on peut croire parfois.

jiluc.

Il n'y a rien de facile... Ni la prévention, ni la punition, ni la reconstruction hélas...  :(
Le problème c'est que la plupart des gens baissent les bras car il est vrai que tout cela demande du temps et de l'énergie. Mais c'est ça aussi la responsabilité et la conscience sociale. On ne peut pas déverser la misère du monde sur quelques assistants sociaux ou psys simplement parce que c'est leur métier! Il faut aussi pour cela savoir s'arrêter de courir et se poser quand quelqu'un nous demande de l'aide...

(Attention ce message ne s'adresse pas à Jilucorg en particulier)

22 juillet 2008 à 22:28:47
Réponse #159

leif



22 juillet 2008 à 22:38:31
Réponse #160

leif


 >:(clavier a la  >:(

Bon bref

Le soucis c'est comment faire comprendre aux gens qu'ils seraient bon pour eux d'apprendre a reconnaitre des signes, avoir un petit peu de mefiance et savoir 2-3 techniques pour s'en sortir.

Ok on peut pas se mettre en maitre de tous le monde, mais a chaque fois avoir a traiter le mal deja fait c'est vraiment dommage.

L'education est une tres bonne solution, mais beaucoup de gens pensent encore que l'humain est bon, pourquoi pas.Il suffit de lire le post sur l'humanité pour s'en apercevoir. :up:

C'est un sujet serieux qui va donner des cles au gens pour s'en sortir, des conseils et des gens sur qui compter.

Moi perso j'en ai marre ou bien je suis degouté de voir des gens arriver dans les club de sd une fois que le mal est fait,on peut tres bien s'entrainer sans jamais avoir a s'en servir et c'est tant mieux,Il suffit de lire les post de la survie urbaine pour decouvrir que c'est serieux mais que ça aide, la pratique de la sd, a comprendre le monde dans lequel on vit. :doubleup:

bien a vous les gars

22 juillet 2008 à 23:37:34
Réponse #161

jilucorg


On ne peut pas déverser la misère du monde sur quelques assistants sociaux ou psys simplement parce que c'est leur métier! Il faut aussi pour cela savoir s'arrêter de courir et se poser quand quelqu'un nous demande de l'aide...

Il va de soi que concernant l'anecdote que j'ai rapportée comme pour toute circonstance "délicate", la consigne officielle est une chose — toujours la même d'ailleurs : les Trois Singes —, mais que chacun a été libre de ses actes dans le cadre de ses cours, au calme et dans une posture de réflexion. Je ne me suis pas privé quant à moi de préciser quelques points (la loi et la qualification de crime concernant le viol, son application pour les mineurs), et de faire percevoir à qui devait être reconnu le statut de victime dans cette affaire. Le fait que les agresseurs étaient des copains plus ou moins proches alors que la victime n'était pas connue ou vaguement était central dans leur réaction initiale ; le sentiment partagé ensuite a été que c'était "une triste affaire pour tout le monde", mais jamais une véritable condamnation des auteurs et des complices n'a pu faire consensus chez les jeunes.

Pour reprendre ce que disait Belette, « je ne me sentais pas en danger », ces filles ne percevaient pas de probabilité que la même chose puisse leur arriver puisqu'elles ne le voulaient pas. Si la victime avait été ainsi violée et pendant aussi longtemps, c'est "quand même quelque part" qu'elle ne l'avait pas vraiment refusé. Elles ne pouvaient pas imaginer un autre angle de vue, d'où la réaction consistant à plaindre leurs potes ainsi victimisés.


jiluc.

22 juillet 2008 à 23:47:41
Réponse #162

Rod


Merci de tes précisions...  :doubleup: Cela montre qu'au-delà des consignes officielles, on peut quand même rester objectif et ne pas cacher les problèmes sous la carpette...
De plus je pense que la parole et le débat bien encadré sont très importants... Cela a en effet peut-être permis à d'autres de se poser des questions sur leur propre comportement. Je vois souvent ça dans mes contacts avec les jeunes au travers de mes activités. Ils sont toujours surpris qu'un "adulte" (bien que je ne pense pas en être un ;D ) prennent le temps de discuter avec eux, pas de les engueuler ou de leur donner des conseils à 2 balles...
En fait contrairement à ce que certains voudraient faire croire ils sont vraiment en recherche de valeurs et de limites au travers de leur rapport aux adultes. Mais là encore il est plus simple de les laisser jouer à "Sa Majesté des Mouches".  :down:

23 juillet 2008 à 07:54:40
Réponse #163

Patrick


Le jour de leur arrestation, l'info a commencé à circuler de bouche à oreille ; le lendemain matin, sortie dans la presse locale, tout le collège en ébullition. On voit dans le préau et un peu partout dans la cour des groupes de filles de 4e et 3e en train de faire leur crise, sanglotant les unes sur les autres, dans un état véritablement épouvantable, au point que le Principal a demandé à l'Inspection d'Académie d'envoyer des psys pour "écouter", selon la coutume depuis quelques années.

Avec des collègues, on s'est approchés de ces filles (nos élèves, des gamines sensées, intelligentes comme la moyenne, avec des rêves normaux, des projets d'avenir etc.) pour les écouter nous-mêmes en attendant les pros, et on a découvert ceci : si elles étaient dans cet état de désespoir, ces filles, c'est parce que leurs copains (tout le monde se connaît, bien sûr) étaient en GAV, allaient peut-être aller en prison, verraient toute leur vie foutue, qu'elles ne les reverraient peut-être plus, tout ça à cause de cette sa*o*e qui les avait dénoncés, leurs bons copains, alors que, sans aucun doute, elle les avait provoqués et puis s'était laissé faire, bien contente.

On a écouté un peu, muets de stupéfaction, et puis on est montés en cours avec les élèves qui étaient en état, et on a laissé les pros avec ça... (La consigne officielle est d'ailleurs arrivée dans la foulée : ne pas évoquer la question en classe, refuser d'en parler, risque de débordements, affaire de professionnels de l'"écoute"...)
put**n, mais c'est terrifiant ça !!!  >:( Qu'est-ce qui déconne bordel pour que des ados trouvent normal cette horreur ?

23 juillet 2008 à 08:21:35
Réponse #164

Corin


put**n, mais c'est terrifiant ça !!!  >:( Qu'est-ce qui déc*nne bordel pour que des ados trouvent normal cette horreur ?
Dans le cas présent, ne peut-on imaginer un syndrôme de Stockholm?

23 juillet 2008 à 09:07:33
Réponse #165

DavidManise


Non parce que c'était des gens "extérieurs" au problème qui compatissaient avec les bourreaux.  Pas les victimes elles-mêmes.

Ca me fait vraiment halluciner, ce genre de trucs...  et ça montre bien que les choses ne sont jamais simples, dans ces histoires.

Moi je rêve d'un monde où on pourrait appliquer la charte des droits de l'homme et de la femme.  Notamment :

Citation de: Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
Article 3

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.


Citation de: Déclaration Universelle des Droits de l'Homme
Article 5

Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Y'a du boulot.

David :(
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
Stages survie CEETS - Page de liens a moi que j'aimeu

23 juillet 2008 à 09:36:22
Réponse #166

GZF


C'est fucking dégeu cette reaction, mais je pense qu'elle est courante surtout si le bourreau est un membre actif de la communauté, qui va à l'Ëglise/ au temple/ synagogue/ etc "Mais non il fait beaucoup de bien, charité, il est gentil, il a de bonnes notes à l'école, bla bla bla" alors qu'il viole quelqu'un ou pire.

23 juillet 2008 à 09:58:18
Réponse #167

vince


Hello  :)

Nan je trouve que la réaction des ados est explicable par un ''calcul'' simple : soit ils ''prennent acte de'' et se désolidarisent des coupables, se trouvent coupés de leur socialisation immédiate, dévalorisés par l'acte dévalorisant d'un membre de leur groupe, et posent un acte individuel fort à un âge de la vie où le groupe adolescent est fondamental.
Soit ils refusent/ne peuvent dévaloriser leurs amis et donc eux-mêmes, maintiennent le groupe, et dévalorisent donc les victimes, inconnues ici donc le calcul est vite fait...

C'est un processus très commun, certainement pas réservé à ce cas.

Bien à vous

vincent

« Modifié: 23 juillet 2008 à 11:05:37 par vince »

23 juillet 2008 à 10:19:31
Réponse #168

jilucorg


J'insiste vraiment pour dire que c'était des élèves (les auteurs + complices) absolument "normaux", un échantillonnage banal de notre "public", dans un collège qui n'a uniquement de pas ordinaire — pour notre époque — que son effectif de 900 mômes, dont je ne pense pas qu'il ait joué un rôle ici. L'autre aspect notable (ce que j'ai signalé au début), c'est que les parents sont physiquement peu présents du matin au soir quand ils rentrent du boulot avec des trajets longs (c'est la banlieue d'une agglomération de 1 300 000 hab). Ils se "sacrifient" pour payer à leurs enfants l'équipement informatique-Internet, télévisuel, téléphonique, les clubs sportifs, les vacances, les fringues, les cours particuliers éventuellement, mais eux-mêmes sont débordés, même en temps que parents, avec beaucoup de divorces.

Les mômes eux-mêmes sont en majorité très peu motivés par les études — sauf assez souvent les filles issues de l'immigration maghrébine —, ils ont peu de volonté de construire quelque chose d'ambitieux, sont plutôt désabusés quant à leur avenir, et ont une image d'eux-mêmes assez négative malgré les apparences, qui justifie à leurs propres yeux leur manque d'investissement scolaire. Mais ils sont dans l'ensemble plutôt gentils au fond et attachants, et — fait intéressant par rapport à ce que j'ai raconté —, hypersensibles à tous les manques de respect, en même temps que solidaires...

Bref, une micro-société sans rien qui mériterait un reportage sur TF1, sans rien de simple à dénoncer comme cause évidente, ni pour les faits ni pour la réaction qu'ils ont provoquée, incompréhensible dans un premier temps pour nous qui pourtant fréquentons ces jeunes quotidiennement (voilà plus de vingt ans que je travaille dans ce bahut). Les auteurs + complices, il me semble que ça aurait pu être  — selon les circonstances — à peu près n'importe lesquels des garçons de 4e-3e. [Au passage, tous les incriminés étaient des "Européens" bon teint.] En ce qui concerne leurs parents dont j'ai déjà parlé, j'ai pu parler à deux mères, je peux vous garantir que ces femmes étaient totalement effondrées à titre personnel de ce qu'avait fait leur fils, la foudre leur était tombée sur la tête, pas l'esquisse d'un essai de les disculper. Quant aux filles, ben... elles auraient eu la même réaction massive.

Si j'ai pris le temps de raconter et préciser tous ces points, c'est dans l'espoir de faire avancer un peu la réflexion par rapport à la façon répandue de "botter en touche" pour incriminer des facteurs d'"extériorisation" par rapport à nous-mêmes : les violeurs, c'est des "malades", ou des jeunes vivant en bandes dans des condition socio-économico-familiales et culturelles déplorables, ou imprégnés par une culture "méditerranéenne" où la femme serait méprisée, bref, les violeurs, ce ne pourrait pas être nos enfants. C'est pile ce dont étaient persuadés leurs parents, avant...

PS: Vince, assez d'accord avec toi, mais je n'ai pas assez précisé que les autres garçons ont fait tous "profil bas", ils sont très peu intervenus pour discuter de ça, ils avaient juste l'air emmerdés. Quant aux filles, si elles ont réagi selon ce que tu dis, c'était quand même une réaction de larmes irrépressibles, de drame pour elles, de révolte contre la victime et la société des adultes qui avaient fait ça à leurs copains, pas un truc construit socialement, bien que massif...


jiluc.
« Modifié: 23 juillet 2008 à 10:26:27 par jilucorg »

23 juillet 2008 à 10:30:32
Réponse #169

leif


Il y-a de plus en plus d'analyses pertinentes sur ce post, et il est bon de rappeller que dans notre societe il y-a des droits de l'homme et de la femme.

Que n'importe quelles victimes n'avaient pas subir cela, c'est le coupable le fautif, il a commis une faute pour laquelle on a mit des barrierres et des peines et pas la victime qui doit baisser la tete et subir son sort en ce disant que "sa jupe etait peut etre trop courte" ou autres.

Il faut etre present tout le temps dans notre monde, ne pas laisser des gens seuls et subir.

encore+1 pour les droits de chacun a vivre sa vie comme il l'entend.

a+

23 juillet 2008 à 10:51:03
Réponse #170

BULLYSSON


rien qui m'étonne dans ces faits, c'est la raison pour laquelle j'ai posé ce topic d'ailleurs, comme je disai près d'un quart des filles que je connais ont connu un viol ou une agression sexuelle caractérisée avant leur 22/23 ans...

De même que la première réaction des jeunes filles dans ce lotissement ne m'étonne pas non plus. La culture "pseudo-banlieue" (pas celle que je connais)s'exporte en province dans ce qu'elle a de plus caricaturale. La loi du groupe, le présupposé que les filles sont toutes des petites p*tes, que les garçons sont tous des héros...
et c'est plus facile de se poser en victimes (très à la mode et bien vu d'être victime de quelque chose) d'une erreur judicière, en petite amie aimante qui doit défendre l'amour de sa vie (à 15/16 ans  ::))... et c'est plus facile de "taper" sur le dos d'une jeune fille qui "en plus" a couché avec son mec...
on écrase le faible !!!

Cette histoire a le mérite de faire comprendre que ce phénomène de jeunesse qui "ne comprend rien à la vie" n'est pas le seul fait de jeunes descendants d'immigrés de 2ème, voir 3ème générations vivant en HLM comme on l'entends trop souvent... le fameux "trop de ceux-ci, pas assez de cela"...

C'est un problème beaucoup plus global où les valeurs de la télé-réalité, du foot business, du gangsta rap version strings et gros 4x4, du loisir sans l'échange de sueur et de travail, ou des vacances en club d'une semaine les uns sur les autres ont remplacé les valeurs plus traditionnelles... enfin bref !

Ces jeunes peuvent comprendre, encore faudrait-il qu'on leur explique... mais pas sûr que leur parents y comprennent beaucoup plus en fait :

les violeurs, c'est des "malades", ou des jeunes vivant en bandes dans des condition socio-économico-familiales et culturelles déplorables, ou imprégnés par une culture "méditerranéenne" où la femme serait méprisée, bref, les violeurs, ce ne pourrait pas être nos enfants. C'est pile ce dont étaient persuadés leurs parents, avant...

Le filles, les jeunes femmes doivent réapprendre à se faire respecter, et pas forcément en jouant les "bonhommes" ou les "biatches décompléxées"... C'est à toute la société de faire comprendre aussi à nos jeunes que les filles qu'ils soumettent pourraient être vu différemment. Gros travail à faire dans les médias, TV, école, famille etc... et c'est pas parti dans le bon sens à mon avis...

A notre niveau, continuer le travail de sensibilisation, et l'apprentissage de la SP.

Perso je ne considère pas les femmes commes des anges, elles n'ont rien de pure ou d'angélique comme on le dit souvent, elles sont juste des êtres humains, avec leur défauts et leur qualités propres en tant que femme et personnelles en tant qu'individu, elles doivent donc être respectées en tant que tel.

Le phénomène de "putatisation" (expression perso qui veut bien dire ce que ça veut dire) des femmes tient souvent d'une vision au départ tronquée de la femme qu'on voyait comme trop pure, et qui les années passant, fait venir beaucoup de gaillards à la conclusion que "les femmes, c'est toutes des p*tes de toute façon"... donc que l'on peut leur faire ce que l'on veut (loi du plus fort oblige).
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

23 juillet 2008 à 11:03:34
Réponse #171

vince


@jilucorg : reçu et j'apprécie vraiment le soin que tu mets à contextualiser, ce qui permet effectivement d'annuler bon nombre de variables de bar-tabac.
Il y a massivement aux États-unis ce même phénomène que tu décris, j'ai oublié le nom qui lui est donné ; en gros : classes moyennes travaillant comme des dingues et délaissant leurs enfants, compensant le temps ''perdu'' par un déferlement de biens matériels. Alors que foule sentimentale...  :)
vince

23 juillet 2008 à 11:14:16
Réponse #172

BULLYSSON


Il y a massivement aux États-unis ce même phénomène que tu décris, j'ai oublié le nom qui lui est donné ; en gros : classes moyennes travaillant comme des dingues et délaissant leurs enfants, compensant le temps ''perdu'' par un déferlement de biens matériels.

L'ennui c'est que c'est un phénomène qui touche aujourd'hui TOUTES les classes sociales...
Les mêmes influences (absence des parents qui travaillent*, besoins materiels, influence TV, pression, etc..) causent les mêmes effets.


* au passage on devrait même dire absence de la mère, parceque le père qui s'absente pour travailler ça n'a rien de nouveaux ! et ajouter qu'il y a surtout absence du rôle éducatif qui est trop souvent confié par facilité à l'Ecole..
« Modifié: 23 juillet 2008 à 11:45:07 par BULLYSSON »
Une seule loi dans ce Monde :
http://youtu.be/41Q21B7ap9M

23 juillet 2008 à 11:40:00
Réponse #173

jilucorg


Il y a massivement aux États-unis ce même phénomène que tu décris, j'ai oublié le nom qui lui est donné ; en gros : classes moyennes travaillant comme des dingues et délaissant leurs enfants, compensant le temps ''perdu'' par un déferlement de biens matériels.

Ça m'intéresserait beaucoup si tu pouvais donner une piste de recherche, genre si tu retrouvais ;) le nom du truc en ricain...


jiluc.

23 juillet 2008 à 13:19:54
Réponse #174

emile


Ce phénomène n'a jamais cessé d'exister, quel que soit le contexte. Philippe Ariès l'explique bien pour la période de l'Ancien Régime: promiscuité, désoeuvrement, alcool, ascendant social. Rien n'a changé au niveau de l'humain à part qu'on n'en parle plus en se mettant du côté de la victime aujourd'hui.
Et puis ce qu'on appelle le viol regroupe plusieurs réalités: C'est l'affection qui tourne mal, une occasion sur une personne vulnérable ou la volonté de détruire sur des critères de race ou de religion dans des pays en guerre (Balkans, Soudan, Tibet...).
Dans tous ces cas il y a un gagnant sur tricherie et malheureusement c'est parfois le tribunal qui définit le perdant car certaines victimes ne savent pas que ce qui leur arrive est condamné par la loi.

 


Keep in mind

Bienveillance, n.f. : disposition affective d'une volonté qui vise le bien et le bonheur d'autrui. (Wikipedia).

« [...] ce qui devrait toujours nous éveiller quant à l'obligation de s'adresser à l'autre comme l'on voudrait que l'on s'adresse à nous :
avec bienveillance, curiosité et un appétit pour le dialogue et la réflexion que l'interlocuteur peut susciter. »


Soutenez le Forum

Les dons se font sur une base totalement libre. Les infos du forum sont, ont toujours été, et resteront toujours accessibles gratuitement.
Discussion relative au financement du forum ici.


Publicité

// // //