Salut,
Tout est dans le titre. Je vais quand même essayer de détailler un peu. Je pense que ce type d'expérience peut aider à mieux comprendre certain aspects développés dans cette section du forum.
JE DECRIS PRECISEMENT LA SITUATION DANS LE BUT DE MIEUX COMPRENDRE LE CONTEXTE DE L'AGRESSION. EN AUCUN CAS DANS LE BUT DE STYGMATISER TELLE OU TELLE POPULATION, MAIS EN ESSAYANT D’EVITER l’ANGELISME.
J’AI CONSCIENCE QUE LE SUJET EST DELICAT, J’AI HESITE à RELATER CES FAITS. S’IL Y AVAIT LE MOINDRE DERAPAGE INTERPRETATIF DE MES PROPOS J’ELIMINERAIS IMMEDIATEMENT MON POST.
Y COMPRIS SI UN C*N SE MEPRENAIT SUR MES PROPOS OU SI UN C*N (PAS DU MEME TYPE) EN PROFITAIT POUR EXHALER SES HUMEURS NAUSEABONDES....
INTRODUCTION
J’ai passé quelques jours à Turin en compagnie de mon épouse. Je dois dire que je ne connaissais pas cette ville et je ne parle pas Italien.
La ville de Turin m’a étonné. C’est une ville industrielle (FIAT) mais le centre ville est très beau et très « ordonné ». Le centre ville très grand et comprends de larges avenues avec des immeubles de qualité du XIX.
Il règne dans le centre ville un grand sentiment de sécurité, c’est « clean ». Pas de gens désoeuvrés qui errent dans les rues ou qui tiennent les murs. Une ville industrieuse.
LE CONTEXTE ECONOMICO SOCIAL
Le dernier jour nous sommes allés au marché. Il se situe en bordure du centre ville. Pas très loin en somme du centre. C’est un marché immense. Il comporte une importante partie en plein air bien organisée (primeurs, fringues, fleurs) et de grands pavillons dédiés aux poissons, à la viande et aux primeurs.
Plusieurs points importants. La plupart des commerçants à l’intérieur des pavillons sont, vraisemblablement, originaire d’Italie. Comme vous le savez l’Italie, pays de formation récente (vers 1860) n’avait pas de colonie (sauf entre 1936 et 1940).
En revanche, les populations pauvres du sud de l’Italie s’expatriaient en Europe et fournissait la MO à l’Italie du Nord. Il n’y a donc pas eu d’immigration massive en provenance de pays de sud jusqu’à récemment. Récemment la situation a changé. L’Italie est un des pays où la natalité est la plus faible. En conséquence, il y a un fort besoin de MO et naturellement un courant migratoire s’est mis en place ces 15 dernières années.
Nous avons donc, à la différence de la France, un pays n’ayant pas de tradition d’accueil de population « halogène ». De plus, l’Etat Italien est chroniquement faible et déficitaire. Il n’est donc pas question de mettre en place une « politique de la ville » ou « d’intégration » massive. Le tout dans un contexte politique ou les Nord de l’Italie a le sentiment de financer massivement le sud du pays. Avec pour conséquence des mouvement indépendantiste comme la « ligue Lombarde ».
OU CELA COMMENCE A SENTIR LE ROUSSIS
Nous avons donc la situation suivante. Les commerçant italiens présents dans les marchés couverts, une population plus mixte dans le marché ouvert. Et, en périphérie du marché ouvert, des personnes vraisemblablement immigrées récemment proposant quelques légumes à la vente sur des cagettes, à la sauvette. On peut aussi facilement repérer quelques Roms de Roumanie en tenue traditionnelle stationnant ici ou là et pratiquant la mendicité (les journaux italiens titrent sur le problème des Roms venant de Roumanie).
J’insiste sur le fait que dans le centre ville nous avions croisé très peu de populations immigrées. Juste quelques vendeurs africains à la sauvette dans les rues, prompt à remballer leurs marchandises à la vue d’un carabinieri.
Cette cohabitation semble occasionner sur le marché un peu de tension. Ma femme et moi nous remarquons des gars bien costauds et vigilants à l’entrée des pavillons.
Comme nous cherchions un restaurant, nous avons exploré les abords du marché. Et là, étonnement. Certains bâtiments limitrophes sont dans un grand état d’insalubrité. Et, à la lecture des enseignes, les immigrés se concentrent dans ces zones insalubres à la limite des taudis. Pas de restaurant dans ces lieux. Nous nous rapprochons du centre ville, et déjeunons. Puis retour pour faire des courses de pâtes, le marché tire sur sa fin.
L’AGRESSION
Après avoir fait nos emplettes et les deux bras bien chargés nous retournons vers l’hôtel du centre ville. Comme je ne connais pas la ville je commence à m’engager dans une rue « qui craint ». Je fais demi tour, retraverse une partie du marché retombe sur une rue limitrophe en mauvais état.
J’observe au loin (50 mètres) une concentration de personnes jeunes devant ce qui me semble être des bars. Je vais devoir passer devant en compagnie de mon épouse les bras chargés mais je sens comme un danger. Je m’arrête et j’hésite à faire une nouvelle fois demi tour. Un petit Bzzzzz à l'oreille.
A ce moment j’avise trois adolescents en grande discussion semblant se disputer. L’un se détache du groupe marche rapidement en direction d’une vieille dame marchant devant moi (moins de 10 m) et qui revient de faire ses courses. Je ne suis pas particulièrement en alerte.
Là, c’est extrêmement rapide, j’entends un bruit d’impact, la dame recule sous le choc, le type part en sprintant vers la foule devant le Bar et est de suite "absorbé" par elle.
Le jeune a arraché la chaînette en or ou se trouvait une petite croix. Je dois dire que je suis quelque peu stupéfié. Immédiatement se précipite un Italien pour se porter au secours de la personne ainsi qu’une jeune femme aimable d’origine africaine TOTALEMENT INDIGNEE parce qu’il vient de se passer et cherchant à réconforter la vieille dame. Elle lui signale que la croix est tombée par terre, la ramasse et console la vieille dame qui, n’étant pas tombée, a eu plus de peur que de mal, cette fois–ci.
N’étant d’aucun secours en terre italienne, je fais demi tour avec mon épouse (qui descend précipitamment ses manches….).
DEBRIEFING
Il ne m’appartient pas de juger des conditions socio-économiques pouvant expliquer le geste de l’agresseur. Mais, je dois dire que j’ai été étonné par la violence de l’attaque, le choix de la proie, et sa soudaineté.
*Prévention
Sur le plan pratique, dans l'action on ne peut rien faire. Il est impossible d’anticiper ce type d’agression. Sauf à être paranoiaque et d’adopter une posture défensive à l’approche de tout individu à la mine patibulaire mais presque.
On peut bien sûr agir préventivement : pas de bijoux, pas de montres…..mais ici la vieille dame modeste qui rentrait à pieds du marché avait une chaînette en or à 50 euros et une petite croix, rien d’ostentatoire.
Au final, un touriste aura toujours l’air de ce qu’il est : un étranger qui a les moyens de voyager.
On peut éviter les lieux glauques. Mais dans la ville de Turin on passe de l’un à l’autre sans transition. Comme dans certaines villes américaines.
*Réaction.
L’attaque est super rapide. Rien à faire pendant. Rien à faire après, le type pique un sprint à une vitesse incroyable.
Les « Warriorsdelamortquitue » peuvent oublier les couteaux les matraques et les bombes lacrymo. Pas le temps sauf à agresser tout le jours un type qui vous demande l’heure ou une clope.
Ils peuvent envisager de faire un carton sur le type qui s’enfuit après un larcin de 50€…..et s’apprêter à expérimenter des expériences dilatantes jusqu’à la fin de leurs jours. C'est simplement de l'assassinat.
On peut imaginer poursuivre le voleur en courant. C’est le meilleur moyen de se faire suriner, ou tabasser par la foule complice pour 50€.
On peut aller porter plainte. Pas facile pour un étranger ne parlant pas la langue. Impossible pour la police d’agir sauf à risquer une émeute. Impossible d’identifier le voleur. De toute façon en 30 secondes il est probable que l’objet soit déjà passé dans quatre mains différentes.
CONCLUSION.
La seule démarche possible c’est la prévention. Elle passe, aussi, par la compréhension du terrain et du contexte socio économique.