Salut à tous,
Désolé pour le long silence et merci encore pour vos messages de soutien. les dernières semaines ont été dures, sur tous les plans. J'ai démonté et nettoyé les 2 camps de base et j'ai du faire vite car j'étais dépendant d'un transport hors de la zone qui pouvait emporter mon stock.
Il m'a fallu 5 jours pour vider et nettoyer le camp 1 qui m'accueillait depuis 2 ans. c'est fou le nombre de choses qu'on peut stocker petit à petit et je ne me rappelle même plus le nombre de sacs poubelles que j'ai sorti du bois. c'est à ce moment là aussi qu'on regrette de s'éloigner un peu de la route. 1 aller-retour = 1.5km, le tout dans une ambiance de swomp et la tête qui ne souhaite pas partir. Ce camp, on l'avait mis en place à 4 personnes et 1 quatre roues. j'ai tout sorti seul et à pied, bien aidé par le carrix (pour la génératrice et les batteries surtout). J'ai eu droit à 4 jours de pluie sans arrêt, ça collait pas mal avec mon état d'esprit. le dernier jour, la veille du départ vers chisasibi, j'ai fait venir un gars qui m'a donné le dernier coup de main pour fignoler et aussi pour «témoigner» que je laissais la place propre. j'ai passé la dernière après-midi au camp 2 où heureusement je n'avais que peu de matériel : un tour bien chargé avec le carrix a suffit.
Je n'ai pas pris de photo comme je l'avais dit. mais honnetement me trimballer le kodak sous la flotte tout en étant chargé comme un boeuf, ça me parlait pas. vous n'avez donc pas de «preuves» de l'état de propreté des lieux. seulement ma parole, mais je vous assure que je ne suis pas sorti du bois avant d'avoir fait place nette.
le dernier soir ne fût pas plus tranquille car il a fallu trier ce que je gardais, ce que je jetais et ce que je donnais. j'ai fait don de la géné, des batteries, du panneau solaire. j'ai jeté tout ce qui était trop hors d'usage, des trucs qui ont baignés dans la flotte tellement longtemps que je savais meme plus la gueule que ça avait avant…
le petit matos de camp et les babioles, je les ai réuni dans une chambre à nouchimi et ceux qui étaient présents ont pris ce qui les intéressait. au final il n'y avait pas grand chose.
j'ai ramené à chisasibi : mon second camp (le premier a fini aux vldanges), un poele à bois neuf, mon couchage (def4, sursac, tapis de sol), mes affaires d'hiver et mes vétements techniques, qui ont plutôt bien vieillis. Tout mon matos photo et informatique évidemment (qui représente beaucoup de poids).
J'ai passé 4 jours à chisasibi, où j'ai pu revoir une bonne partie des Cris que j'avais cotoyé. moments très difficiles. intenses. un vieil homme m'a quitté en me disant «n'oublie pas ton nom». non, je l'oublierais pas. je suis passé à la radio pour un adieu général. j'ai maudis des gens durant ces jours. chisasibi, meme si c'est une ville, c'était mon adieu à la taiga et à un mode de vie.
tout est arrivé tellement vite. je me suis retrouvé à val d'or le premier soir et je me suis souvenu de la ville. ses lumières, ses voitures de sport et ces gens qui veulent en épater d'autres. en 1 soirée, accroché au balcon de l'hotel, j'ai assisté à un ballet qui m'a paru tellement irréel que j'en ai ris, mais j'ai ris jaune.
Le lendemain, c'était montreal et l'auberge de jeunesse… j'y suis resté 5 jours et alors que je voulais en profiter pour me refaire un peu coté social, j'ai raté un peu mon coup. oh j'ai réussi qd meme à socialiser avec certains, je n'avais pas trop le choix. mais j'étais dehors à 3h du matin, à errer dans les rues de st denis. avant que le monde se lève. à l'heure où les itinérants ont mal à la gueule. j'ai eu un message en voyant qu'aucun d'entre eux n'essayait de me téter 25 sous le premier jour. alors je suis passé chez le coiffeur. il m'a dit que je ressemblais à un gardien de phare. quand je suis sorti un peu plus propre, les gens ont arreté de me regarder.
l'avantage des villes en été, parce qu'il a fait une chaleur de fou cette semaine là, c'est que les filles sont courts vétues

TRÈS court vétues ! ça a été le petit bonheur de la semaine j'avoue. sinon j'ai pas bougé des alentours de l'auberge. j'ai acheté de la bière souvent. j'ai bu, peut etre trop. j'ai jamais pu prendre le métro.
Le jour du départ, j'ai rééquipé le carrix et rejoint le bus pour l'aéroport. j'ai passé 8h à attendre l'enregistrement. j'ai eu aucun controle, aucune question. j'aurais du rester la haut, tout le monde s'en fout ! l'avion décolle, il passe meme pas au dessus de chez moi. dans le meme temps que je mettais à rejoindre nouchimi à pied, je met le pied sur le sol français. nantes, parce que paris, c'était tout simplement pas possible. mes parents m'attendent. ça y est, tout est vraiment fini.
j'essaye de faire semblant de faire face, vraiment. j'active la prochaine étape : la tournée scolaire. j'ai des trucs à faire à plus savoir où mettre la tete. mais la tete, elle est pas encore vraiment opérationnelle, elle a encore le gout de divaguer et de ne soucier que de problèmes simples. c'est encore la saison des bleuets là haut…
Ça va prendre du temps. c'est con, le temps il compte par ici. désolé pour le texte surement confu, je me suis laché un peu ce soir.
bonne nuit à tous