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Auteur Sujet: Du pouvoir refroidissant de l'air...  (Lu 33471 fois)

04 février 2012 à 00:48:25
Réponse #75

wutan


ce site n'explique rien... :down:

il cite juste tout les papiers qui ont permis de calculer cet indice, rappelle le cahier des charges du projet, et détaille 2,3 points sans jamais faire une explication physique.

Je suis déçu.

Je m'attendais à une synthèse des phénomènes physiques présent pour le calcul de l'indice. Pour comprendre comment l'indice a été calculé il faut probablement se taper les publications qui sont cités (et il y en a beaucoup trop du coup je le ferais pas) il est de plus possible que ces travaux soient purement empiriques ( =basé sur des mesures, mais n'expliquant rien.  )

04 février 2012 à 12:50:52
Réponse #76

Eremos


ce site n'explique rien... :down:

il cite juste tout les papiers qui ont permis de calculer cet indice, rappelle le cahier des charges du projet, et détaille 2,3 points sans jamais faire une explication physique.

Je suis déçu.

Je m'attendais à une synthèse des phénomènes physiques présent pour le calcul de l'indice. Pour comprendre comment l'indice a été calculé il faut probablement se taper les publications qui sont cités (et il y en a beaucoup trop du coup je le ferais pas) il est de plus possible que ces travaux soient purement empiriques ( =basé sur des mesures, mais n'expliquant rien.  )

Certes, certes.  :D

D'où mon appel à un vulgarisateur qui serait capable de comprendre et de traduire pour le commun des mortel le langage contenu dans la doc disponible.  :-[

Cependant, il me semble intéressant de voir un indicateur de température extérieur qui tienne compte non seulement des facteurs météorologiques, mais aussi physiologiques (déperdition de chaleur du corps humain, facteur d'isolation des vêtements qu'il porte), avec une idée de stress physiologique des températures sur le corps humain.

Bref, pour moi, la notion de biométéorologie semble une piste intéressante à creuser.

04 février 2012 à 17:18:09
Réponse #77

wutan


de toute façon pour avoir accès aux publications scientifiques et aux livres cités il faut payer (et lire l'allemand pour la moitié des sources)..... j'ai quand même trouvé ça (c'est extrait du résumé d'un des bouquins cité dans les références)

"The work was performed under the umbrella of the WMO Commission on Climatology (CCl). After extensive evaluations, Fiala’s multi-node human physiology and thermal comfort model (FPC) was adopted for this study. The model was validated extensively, applying as yet unused data from other research groups, and extended for the purposes of the project. This model was coupled with a state-of-the-art clothing model taking into consideration behavioural adaptation of clothing insulation by the general urban population in response to actual environmental temperature. UTCI was then derived conceptually as an equivalent temperature (ET). Thus, for any combination of air temperature, wind, radiation, and humidity (stress), UTCI is defined as the isothermal air temperature of the reference condition that would elicit the same dynamic response (strain) of the physiological model"

ce qui est intéressant pour nous c'est la phrase que j'ai mise en gras. Je vais voir si j'arrive à dénicher ça.

04 février 2012 à 17:57:45
Réponse #78

wutan


il y a pleins d'article sur le sujet si on cherche sur "google scholar" (en anglais bien sur) mais ils sont tous payant (environ 32$ l'article) on peut trouver l'explication dans le résumé d'un de ces articles (le résumé est gratuit)

http://trj.sagepub.com/content/56/11/653.short
celui la si on pouvait le lire on comprendrait tout (....32$.....)   Cela dit dans le résumé ils disent qu'ils prennent en compte le transport de chaleur par:

-conduction
-diffusion
-transport de vapeur

en particulier on peut lire: "Illustrative applications of the model and experiments display effects due to condensation and evaporation of water within the clothing and absorption and desorption by hygroscopic materials."

ils mettent en évidence par la théorie et par l'expérience le rôle des cycles d'évaporation-condensation (et d'adsorption-désorption ce qui est juste une variante du cycle évaporation-condensation) dans le transfert de chaleur.

Voilà pour le rôle de l'humidité.

Le facteur éolien n'est pas pris en compte mais il est plus évident à comprendre:
-compression de la couche isolante
-effet soufflet
-renouvellement rapide d'un air froid sur les surfaces exposé au vent
-renouvellement d'un air sec(plus sec que les vêtements =en cas de transpiration seulement) qui favorise la perte de chaleur par évaporation (effet frigo)

Merci de m'avoir fait chercher.

Pour les plus courageux quand vous vous posez des questions scientifiques ayez ce réflexe:
http://scholar.google.fr/scholar?q=ici+taper+votre+recherche+en+anglais&hl=fr&btnG=Rechercher&lr=
on tombe souvent sur des articles payant mais on peut toujours lire le résumé ( "abstract" en anglais )



un petit commentaire pour finir : vous allez surement vous demandez comment un mini-cycle de l'eau qui a lieu dans de toutes petites régions au sein de vos vêtements peut jouer un role important ou même ce que c'est.

1°le phénomène
la vapeur d'eau va de l'intérieur vers l'extérieur (vers le froid) elle condense sur les couches externes en cédant de grosses quantité de chaleur, elle migre alors sous forme adsorbé vers l'intérieur le long des fibres ou elle se ré-évapore. Et ce phénomène a lieu sur des distances très petites, au sein des fibres textiles comme entre deux couches différentes.

2°et c'est efficace?
Certes les quantités de vapeur mise en jeu dans ces échanges sont très faibles mais chaque miligramme de vapeur d'eau transporte de grosses quantité de chaleur. Pour vous en convaincre tapez "caloduc" sur google vous trouverez des objets capable de transporter plus de chaleur que n'importe-quel métal en exploitant a fond ce phénomène!!! C'est d'ailleurs ce qui permet au TGV d'évacuer la chaleur généré par un freinage d'urgence, et d'éviter que les freins ne chauffe au rouge.
« Modifié: 04 février 2012 à 18:26:27 par wutan »

04 février 2012 à 19:15:35
Réponse #79

Kilbith


"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

04 février 2012 à 23:49:41
Réponse #80

AC


Part I  http://www.autexrj.com/cms/zalaczone_pliki/4-07-2.pdf
Part II http://www.autexrj.com/cms/zalaczone_pliki/5-07-3.pdf

Excellent ! Voilà de la bonne physique, même si ça semble orienté avant tout vers l'optimisation des vêtements techniques "respirants" (par exemple, ça ne parle pas du tout de l'état de la peau, et très peu de la sensation subjective de froid). Les lecteurs pressés peuvent se contenter des conclusions en pages 8 et 9 du premier pdf. Je retiens notamment:

  • Un humain transpire 15 grammes de vapeur d'eau par m2 de peau et par heure au repos, et plus de 100 g/m2/h en cas de fatigue ou de climat chaud.
  • On observe que la vapeur d'eau transpirée peut se condenser dans les vêtements dès que la température ambiante est inférieure à 10 °C.
  • En général, cette condensation se concentre en une couche mouillée au coeur du textile, et les surfaces internes et externes du vêtement restent sèches.
  • L'humidité contenue dans les fibres textiles produit une sensation désagréable au contact de la peau dès que son taux dépasse 3 à 5 %. J'ai lu ailleurs que l'humidité peut atteindre 27 % dans le coton.
  • L'humidité absorbée par les fibres réduit leurs performances d'isolation thermique de 2 à 8 % (il s'agit seulement d'humidité, même pas de condensation).
  • L'absorption d'humidité par les fibres libère de la chaleur, comme s'il s'agissait de condensation. Donc quand le temps devient brutalement humide, nos vêtements nous réchauffent ! Mais l'effet ne dure pas: les distributions de température, de concentration de vapeur d'eau et d'humidité dans les fibres se stabilisent après quelques minutes à quelques heures.

http://trj.sagepub.com/content/56/11/653.short
ils mettent en évidence par la théorie et par l'expérience le rôle des cycles d'évaporation-condensation (...) dans le transfert de chaleur.

Attention quand même, ni dans ce résumé ni dans l'article AUTEX il n'est question d'un cycle de condensation-évaporation spontané de type caloduc. Le résumé dit seulement que quand on transpire, de l'humidité s'accumule dans les vêtements, et que lorsqu'on cesse l'effort, elle nous refroidit en s'évaporant. "Experiments performed on a sweating hot plate in a nonsteady state mode". Dans un frigo ou une pompe à chaleur, le cycle est entretenu par un compresseur. Dans un réfrigérateur à absorption, il n'y a pas de compresseur mais il faut un mélange savamment dosé de trois gaz bien choisis, et de la plomberie compliquée, pour obtenir un cycle. Dans l'industrie du bâtiment, c'est l'alternance jour-nuit qui entretient le cycle(?). Dans le cas d'un randonneur, il est probable que les mouvements dûs à la marche expulsent et renouvellent cycliquement une partie du volume d'air emprisonné entre les vêtements et la peau, mais aucun des documents cités ne semble explorer cette piste. Donc tu vas peut-être faire fortune en inventant une fibre textile révolutionnaire à effet anti-caloduc  :)
« Modifié: 05 février 2012 à 02:40:08 par AC »

05 février 2012 à 00:40:55
Réponse #81

Eremos


Merci Wutan, Kilbith et AC pour vos recherches et vos explications compréhensibles :love:
 :)

05 février 2012 à 01:33:49
Réponse #82

wutan


tu as entièrement raison sur un point j'ai mal lu l'abstract.

En fait, j'avais cité il y a quelques semaines les techniques de l'ingénieur. (je suis abonné par mon école à celui là donc je peux le voir sans rien payer)

( http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/energies-th4/echangeurs-de-chaleur-et-isolation-42376210/isolation-thermique-a-temperature-ambiante-transferts-de-chaleur-be9859/performances-d-un-isolant-et-facteurs-environnants-be9859niv10002.html )

la question du rôle de l'humidité dans le bâtiment est évoqué. Il est bien question (entre autres) d'un cycle évaporation condensation, le gradient de température suffit a entretenir un tel cycle.

"2.1.1 Rôle de l’humidité dans le transfert de chaleur

Sur la figure 18 sont énumérés les mécanismes élémentaires du transfert de chaleur et de masse à l’échelle d’un pore :

    conduction dans la matrice solide (1a) et l’air interstitiel humide (1b) ;

    conduction dans l’eau à la surface de la matrice solide (2) ;

    évaporation et condensation mettant en jeu les chaleurs latentes associées aux changements de phase ; l’humidité sous forme d’eau et de vapeur circule à contre-courant sous l’effet du gradient thermique et des pores capillaires (3) ;

    rayonnement (4) ;

    convection naturelle de l’air humide qui sera considérée comme négligeable (5).

"

la physique de l'isolation dans le bâtiment n'est pas fondamentalement différente de celle pour l'isolation des vêtements. A priori, les mêmes phénomènes sont mis en jeu, seules les applications numériques diffèrent.


pour enfoncer le clou: l'effet caloduc est bien passif et n'a besoin que d'un gradient thermique pour s'entretenir. (http://www.atherm.com/content/le-principe-caloduc )

Et pour rebondir sur ta dernière proposition, ça fait un bout de temps que j'y réfléchis, mais les nouveaux matériaux c'est pas trop mon domaine.

05 février 2012 à 02:33:31
Réponse #83

AC


En fait, j'avais cité il y a quelques semaines les techniques de l'ingénieur. (je suis abonné par mon école à celui là donc je peux le voir sans rien payer)

    évaporation et condensation mettant en jeu les chaleurs latentes associées aux changements de phase ; l’humidité sous forme d’eau et de vapeur circule à contre-courant sous l’effet du gradient thermique et des pores capillaires (3) ;

J'avais vu ton lien sans pouvoir accéder au document. Apparemment il s'agit bien du même effet que dans le caloduc (et pas seulement l'alternance jour-nuit comme je le pensais); reste à voir si c'est le phénomène prépondérant parmi les cinq cités.

Citer
pour enfoncer le clou: l'effet caloduc est bien passif et n'a besoin que d'un gradient thermique pour s'entretenir. (http://www.atherm.com/content/le-principe-caloduc )

Oui, et les performances sont impressionnantes. Mais je note que pour que l'effet soit maximal il faut une enceinte étanche contenant un fluide pur à très basse pression. Même en supposant que l'air à la surface de la peau est à 30 °C et saturé d'humidité, il ne contient que 4 % de molécules d'eau; ça laisse 96 % de molécules indésirables qui ralentissent le cycle. L'article AUTEX indique que le coefficient de diffusion de la vapeur d'eau dans l'air vaut 0,239 cm2/s. Je suppose qu'avec tous ces chiffres on peut estimer le flux maximum de chaleur évacuable par un cycle d'évaporation-condensation avec diffusion dans l'air et retour par voie capillaire sur une distance de quelques millimètres, mais je ne sais pas faire le calcul.
« Modifié: 05 février 2012 à 02:43:59 par AC »

05 février 2012 à 10:46:40
Réponse #84

Bison


Citation de: Document
Un humain transpire 15 grammes de vapeur d'eau par m2 de peau et par heure au repos

Je suis un peu à la bourre ... pas trop le temps de lire les détails aujourd'hui.
Sources fiables? (Pas le CNRS, hein, il est vendu à l'Oréal sur ce sujet).

D'expérience fiable d'un vrai scientifique que tous les mulvors connaissent bien, la vraie valeur est ZÉRO. Cherchez "La perspiration et moi" de ChP chez les Muls.

Pendant toute une nuit :  transpiration + perspiration = 0
Suffit, pour stopper la transpiration, de ne pas avoir chaud.
Pour stopper le perspiration : il suffit d'une couche proche de la peau qui sature la micro-atmosphère au voisinage immédiat de la peau.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

05 février 2012 à 11:32:37
Réponse #85

AC


@Bison: L'article est une synthèse avec une grosse bibliographie, faite par des universitaires probablement sponsorisés par l'industrie textile.

Un article de génie climatique trouvé au pif sur google donne 0,5 à 1,400 kg/j à 20°C pour un adulte au repos de 1,8 m2, soit 12 à 32 g/m2/h.

Wikipedia cite 100 à 8000 mL/j, soit 2 à 220 g/m2/h pour un adulte de 1,5 à 2 m2.

Edit: Je viens de lire l'experience de chp, c'est certainement pertinent pour choisir un sac étanche ou pas, mais pas très scientifique. Il suffit d'un espace au niveau du cou pour que de la vapeur d'eau s'échappe par diffusion. Et au réveil sa peau est peut-être plus hydratée que si il avait dormi à l'air libre; c'est difficile à peser. On pourrait refaire l'expérience en dormant avec un pot de sels hygroscopiques dans le sac pour biaiser le résultat dans l'autre sens; ça donnerait une marge d'incertitude.
« Modifié: 05 février 2012 à 18:38:35 par AC »

05 février 2012 à 17:50:32
Réponse #86

Bison


LE principe scientifique de base est celui-ci :  un et un seul contre-exemple fout toute une théorie en l'air. Si on a une théorie qui dit qu'au repos on transpire 15 g par m² et par heure, alors cette "théorie" est de toute évidence kaput. (Mais je vais voir exactement comment c'est formulé)

Je t'assure que nous sommes plusieurs à avoir fait pas mal de recherches (internet) sur les valeurs de la transpiration et de la perspiration.

Il y règne la plus grande confusion, et tout le monde avance des chiffres sans vraiment fournir de sources "premières".

Il est clair que l'on peut transpirer des litres et des litres, en jouant un match de foot en plein cagnard. Il est clair aussi que la peau s'assèche en air sec.

Mais, je n'ai jamais vu quelqu'un transpirer au repos et en ayant froid.
Et une peau ne s'assèche pas en atmosphère humide

Mais bon ... sans avoir besoin de quantifier, on se rappellera que la transpiration est un phénomène qui entre en jeu automatiquement quand on a chaud. Pas quand on a froid, ou même légèrement froid - à ma connaissance.

Quant à la perspiration en français, c'est un "faux ami" du terme anglais "perspiration" (= tyranspiration).
Un mot auquel on a donné un sens particulier en français :  "assèchement naturel" de la peau, mais auquel l'Oréal et consort ont attribué des valeurs moyennes de la transpiration, telles qu'on les trouve dans la doc US, et qui se rapportent donc à la transpiration journalière moyenne. Ça fait sérieux, et cela permet de vendre des tonnes de crème anti-assèchement, anti-ride, anti-vieillissemnt anti ... bref, les fameuses "molécules de la beauté"

Pour info, j'ai demandé à l'Oréal comment et selon quel protocole ils mesuraient la "perspiration" au sens français d'assèchement. Après un an de réflexion profonde, ils m'ont répondu que c'était "secret industriel".  :down:
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

05 février 2012 à 19:28:58
Réponse #87

Kilbith


LE principe scientifique de base est celui-ci :  un et un seul contre-exemple fout toute une théorie en l'air. Si on a une théorie qui dit qu'au repos on transpire 15 g par m² et par heure, alors cette "théorie" est de toute évidence kaput. (Mais je vais voir exactement comment c'est formulé)

Et inversement.  ;)

Citer
Je t'assure que nous sommes plusieurs à avoir fait pas mal de recherches (internet) sur les valeurs de la transpiration et de la perspiration. Il y règne la plus grande confusion, et tout le monde avance des chiffres sans vraiment fournir de sources "premières".
+1

Citer
Mais, je n'ai jamais vu quelqu'un transpirer au repos et en ayant froid.
On ne voit pas la transpiration. Ce que l'on voit c'est la sueur, c'est à dire quand le mécanisme de la transpiration fonctionne mal au point que l'eau qui doit nous refroidir ne s'évapore pas/plus.

Il semble bien qu'il faille un minimum de transpiration pour garder l'humidité de notre peau. Ce phénomène n'est pas déclenché par un besoin de régulation thermique, c'est juste pour que la peau garde ses propriétés.

En revanche, il y a plein d'information contradictoire à ce sujet et rien de bien concluant. D'une part, il est normal que la mesure de mécanismes physiologique ne donne pas le même niveau de précision qu'une mesure de type "physique". En effet, les hommes ne sont pas identiques et il est extrêmement difficile d'avoir les mêmes conditions d'expérience (température, hygrométrie, pression même niveau d'activité physique, hydratation du corps, nourriture...).
D'autre part, les expériences empiriques sont souvent assez approximatives. Par exemple, si quelqu'un me dit : j'ai pesé mon sac de couchage après une nuit froide et j'ai trouvé Xg d'eau....il ne précise pas toujours l'humidité relative de l'air, la température, le vent, la pression atmosphérique, le point de condensation, le niveau d'humidité de sac au départ (les tissus stockent plus ou moins l'humidité) ni le poids et la composition exacte de ses sous vêtements (ex : la laine peut stocker au moins 20% de son poids en eau de façon imperceptible, si un ensemble de sous vêtement pèse 500gr...).
Certain diront, "ma transpiration à saturé le sac de couchage". Mais c'est peut être tout simplement la respiration et peut être même le fait d'avoir cuisiné dans la tente...

Ce qu'il semble avéré :

- L'humidité de l'air est surtout son humidité relative perturbe notre mécanisme de régulation thermique le plus efficace : la transpiration.
- L'humidité de l'air peut dans, certaines conditions, condenser et détériorer les isolants ce qui modifie leur propriété (pas toujours à la baisse).

- Si on veut éviter l'accumulation d'humidité dans les vêtements il faut porter juste le nécessaire afin d'éviter "d'avoir trop chaud" ce qui veut dire en fait "suer" et donc ressentir de la moiteur parce que le mécanisme de la transpiration fonctionne mal.

- Cette dernière condition est très difficile à réaliser dans la pratique. Le jour : parce que notre activité physique varie énormément et que selon l'activité physique les besoins en isolation sont totalement différents. Ce facteur intervenant au moins autant que les conditions climatiques. La nuit dans le sac de couchage : Parce que là aussi le sommeil n'est pas "homogène" ni notre production de chaleur durant une nuit (digestion, phase de sommeil agitée, pipi). De plus, on a tendance à avoir au début de la nuit car on doit d'abord réchauffer la masse du sac (l'effet "drap froid" quand on se met au lit).

Les règles qui semblent couramment admises :
- Se couvrir à minima à l'effort. "avoir juste un peu froid". Ce qui veut dire se couvrir dès qu'on s'arrête "avant d'avoir froid". C'est un travail permanent.
- Eviter les vêtements  "bloquant l'humidité" (de type membrane par exemple)
- La ventilation mécanique est un moyen très efficace pour éviter l'accumulation d'humidité dans les vêtements (ouvertures réglables, laisser "flotter" le vêtement, libérer les manches, la capuche et le cou..."
- Moins on a de zone froide (parois froides) entre deux milieux moins on a de condensation. Ce point est difficile à respecter en même temps que le point précédent.
- Ralentir avant d'arriver au camp  le soir. Eviter les efforts excessifs (quand on sent la transpiration).
- Ne pas hésiter à changer la couche humide si on peut la faire sécher. Si ce n'est pas possible l'éloigner du corps.
- On peut employer la méthode du "sacrifice", par exemple les semelles en papier journal.
- Deux couches fines superposées auront une plus grande surface d'échange lors du séchage qu'une couche épaisse de même poids.
- même par temps froid, le soleil peut amener des calories s'il brille : privilégier les couleurs foncées pour les sous vêtements.
- On peut éliminer mécaniquement l'humidité sur certain vêtement isolant (pile).
- On devrait s'arranger pour que le point de condensation se situe le plus possible dans une couche isolante hydrophobe et pouvant sécher facilement (couleur, composition, résistance au feu, construction...)

....
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

05 février 2012 à 20:01:01
Réponse #88

Moleson


Dans les incontournables sur la question, ça vaut la peine de lire attentivement les manuels de l'armée Norvégiennes. Ils ont quand même une accumulation d'expérience pratique assez unique.

http://www.coe-cwo.org/files/handbooks/UD%206-81-2%20%28E%29%20Instruction%20in%20Winter%20service%20Personel%20Clothing.pdf


Moléson

05 février 2012 à 20:08:04
Réponse #89

You


Dans les incontournables sur la question, ça vaut la peine de lire attentivement les manuels de l'armée Norvégiennes. Ils ont quand même une accumulation d'expérience pratique assez unique.

http://www.coe-cwo.org/files/handbooks/UD%206-81-2%20%28E%29%20Instruction%20in%20Winter%20service%20Personel%20Clothing.pdf


Moléson


Page 6 : "One half of heat loss from the body is in the head and neck region."  :o

05 février 2012 à 20:17:53
Réponse #90

Le Barbu'


Voilà, d'ou l'intérêt de se couvrir la tête, le cou, les pieds et les mimines.  ;#

On peut expliquer le fait que nos extrémités soit plus froides que le reste de nôtre corps, c'est parce que nôtre organisme cherche avant tout a préserver nos organes vitaux coeur, poumon etc au détriment des autres parties de nôtre anatomie.
On peut toujours se consoler en se disant qu'on ne saura même pas nous mêmes qu'on est mort.


La vie est une comédie italienne : tu pleure tu ris, tu ris tu pleurs...

05 février 2012 à 23:39:55
Réponse #91

You


Ma surprise vient surtout du fait que ce manuel de l'armée norvégienne (lien donné par Moleson) donne un pourcentage qui me semble farfelu.
J'en étais resté à ce que j'ai souvent lu ici, et que Guillaume a synthétisé dans un post récent : http://www.davidmanise.com/forum/index.php?topic=54405.0
à savoir :
Citer
Seulement, le corps humain ne perd pas de la chaleur de manière homogène. En effet, certaines zones sont plus vascularisées que d'autres. On perd ainsi en moyenne : 20 % de chaleur par la tête, le cou et le tronc et 10 % pour chaque membre.

J'imagine que les "One half of heat loss from the body is in the head and neck region." du manuel de l'armée norvégienne s'entendent du coup pour un type bien habillé, mais tête nue. Sinon, ça devient fantaisiste, non ?
(Je pinaille, cela dit - le document reste intéressant dans son contexte)


06 février 2012 à 01:17:20
Réponse #92

AC


http://www.coe-cwo.org/files/handbooks/UD%206-81-2%20%28E%29%20Instruction%20in%20Winter%20service%20Personel%20Clothing.pdf

À lire rien que pour les photos des sous-vêtements en laine Merino des militaires Norvégiennes  :)  :)

À part ça j'ai noté:
Page 11: Il est aussi important d'éviter de transpirer que d'éviter d'avoir froid.
Page 14: "Si vous avez froid aux mains, couvrez-vous la tête."
Page 36: Quand les protéines des fibres de laine sont exposées à l'humidité, elles produisent de la chaleur.
Page 65: la mouffle à deux doigts pour le maniement des armes.
Page 66: un gant avec des trous pour réchauffer le bout des doigts contre la paume de la main.

Globalement le message c'est qu'il faut ajouter et enlever des couches à chaque fois que le niveau d'effort physique change, qu'on entre dans un véhicule ou une tente, etc. La règle: être tout juste assez couvert pour ne pas avoir froid, mais pas plus (pour éviter de transpirer). Avec la quantité de matos qu'ils transportent, ils n'ont pas besoin d'avoir des techniques spécifiques pour gérer le froid humide différemment du froid sec.

Le document insiste énormément sur la discipline que cela exige. Par exemple il faut obliger les troupes à se découvrir à la fin d'une pause avant de reprendre la marche (c'est désagréable au début mais ça évite de transpirer ensuite). Et tout ça doit faire perdre un temps considérable en opérations. Du coup je commence à comprendre l'intérêt de systèmes de chauffage corporels ou plus généralement de vêtements de science-fiction "actifs" dont on pourrait changer les propriétés en appuyant simplement sur un bouton.

 


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