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Stages de survie CEETS

Auteur Sujet: Du pouvoir refroidissant de l'air...  (Lu 33469 fois)

06 janvier 2012 à 21:08:43
Réponse #50

dan11


Voilà comment je comprend tout ça:

A -40°C même si les pressions sont élevées le taux d'humidité va très vite saturé donc neigé à un taux du genre 5% d'humidité maximum (je dis un pourcentage au pif)
Donc l'air sera froid mais sec (0% à 5%)

A 1°C les pressions vont êtes importantes.
Si la pression est basse (dépression, altitude) le taux d'humidité va saturé à disons 15%.
Si la pression augmente(anticyclone, basse altitude), là ça va plus jouer sur le taux de saturation qu'à -40°C et il va monter jusqu'à 30%.
Donc si la pression est élevée le taux d'humidité peut par exemple être de 25% et il ne pleuvra pas.
 
A 20°C on s'en fiche l'humidité n'est pas très gênante voir agréable.


+ 1

je pense que tu résumes bien le truc
les - 40° C en sensation doivent être universels de part le monde, car l'humidité maximale ne pourra pas dépasser à la louche les 5%
(imaginez sinon !!!)
En fait le vrai froid va se jouer autour de 0°C en fonction de la pression et du vent et ca rejoint le Manitou
A mon avis les pêcheurs au large de l'Alaska doivent se les cailler grave :yeah:
You can fool one people one time
You cannot fool all of the people all of the time

07 janvier 2012 à 07:11:56
Réponse #51

AC


@buchbass: Pour donner des chiffres réalistes, il suffit de consulter:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pression_de_vapeur_saturante#Pression_de_vapeur_saturante_de_l.27eau_dans_l.27air

Ce tableau indique que
  • À -40°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 0,13/1013 = 0,013% de molécules d'eau.
  • À -20°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 1,03/1013 = 0,1% de molécules d'eau.
  • À 0°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 6,10/1013 = 0,6% de molécules d'eau.

Autre lecture possible: Il y a autant de molécules d'eau dans l'air
  • à -40°C et 100% d'humidité relative,
  • à -20°C et 13% d'humidité relative,
  • et à 0°C et 2% d'humidité relative.

Ça c'est de la physique élémentaire. Maintenant le débat c'est de comprendre comment des proportions de vapeur d'eau si infimes (0,013% à 0,6%) peuvent modifier la sensation de froid. La réponse n'est manifestement pas dans la conductivité thermique de la vapeur d'eau.
« Modifié: 07 janvier 2012 à 07:19:49 par AC »

07 janvier 2012 à 11:12:14
Réponse #52

wutan


j'ai une piste de réponse: (il faudrait quelques applications numériques pour valider l'hypothèse)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Effusivit%C3%A9_thermique

L'air humide ne transporte pas beaucoup plus de chaleur que l'air sec par convection (cf les quelques posts précédents)

par contre il y a deux autre phénomènes: la diffusion thermique (qui est prépondérante dans les vêtements ou la convection est à peu près stoppé ainsi que dans la couche d'air près de la peau) et l'effusivité thermique qui va caractériser le contact thermique entre la peau et cette fine couche d'air.

il est possible que ces deux derniers phénomènes se retrouvent boosté par la présence de vapeur d'eau. il faudrait faire les calculs...

« Modifié: 07 janvier 2012 à 11:18:47 par wutan »

07 janvier 2012 à 12:01:58
Réponse #53

buchbass


Citer
Pour donner des chiffres réalistes, il suffit de consulter:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pression_de_vapeur_saturante#Pression_de_vapeur_saturante_de_l.27eau_dans_l.27air

Ce tableau indique que
À -40°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 0,13/1013 = 0,013% de molécules d'eau.
À -20°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 1,03/1013 = 0,1% de molécules d'eau.
À 0°C et 1013 mbar, l'air saturé en humidité contient 6,10/1013 = 0,6% de molécules d'eau.
Merci  ;)

Citer
Maintenant le débat c'est de comprendre comment des proportions de vapeur d'eau si infimes (0,013% à 0,6%) peuvent modifier la sensation de froid.
Faut pas perdre de vue que cette sensation de froid nous est donné par des thermorécepteurs à la surface de la peau
http://neurobranches.chez-alice.fr/systnerv/systsens/somesthesie3.html

Cette vapeur d'eau se dépose sur la peau et s'accumule. Notre capteur n'est plus en contacte avec de l'air mais de l'eau.
Or l'eau conduit 24 fois plus la chaleur que l'air.
Conductivité thermique de différent matériaux:
Air   1            
Caoutcouc   6       
Bois   6            
Eau   24               
Verre   30-40              
Porcelaine   40      
Marbre   70-120         
Granit   130
Acier inoxydable   600
Fer             3 300
Aluminium   9 500
Cuivre   16 000
Argent   17 000
source:http://pcsi-unautreregard.over-blog.com/article-29111156.html
Le plus dur c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.
Pour l'instant tout va bien. Pour l'instant tout va bien...

08 janvier 2012 à 15:26:43
Réponse #54

wutan


oui mais non!

il n'y a pas de raison que de l'eau liquide "se dépose" (condense) sur la peau. L'humidité condense sur les surfaces froides pas sur les surfaces chaudes. Car a proximité de la peau (surface chaude) le seuil de saturation est loin d'être atteint (cf toujours le même tableau).

sinon voilà un cours sur l'isolation thermique et en particulier qui décrit le rôle de l'humidité dans les transferts de chaleurs.
c'est fait pour la bâtiment mais la démarche est tout a fait adaptable au vêtements.

http://www.techniques-ingenieur.fr/base-documentaire/energies-th4/echangeurs-de-chaleur-et-isolation-42376210/isolation-thermique-a-temperature-ambiante-transferts-de-chaleur-be9859/performances-d-un-isolant-et-facteurs-environnants-be9859niv10002.html


pour résumer, il y a même au sein des vêtements ou l'air est figé un déplacement de la vapeur d'eau vers l'exterieur ou elle condense, et un déplacement de l'eau liquide (pas  vraiment liquide mais absorbés sur les fibres du vêtements) vers l'intérieur ou elle s'évapore.

il y a donc deux phénomènes qui participe à l'accroissement du transfert thermique:
-la conductivité des fibres humide est plus grande
-le mini cycle de l'eau qui à lieu dans les fibres du vêtements transporte beaucoup de chaleur du fait de l'enthalpie d'évaporation de l'eau qui est très élevé.

Dans le bâtiment on utilise  en général des pare-vapeur pour parer a ces phénomènes, l'évacuation de l'humidité est géré par le système de ventilation. Je ne sais pas si c'est applicable sur des vêtements.


08 janvier 2012 à 22:03:13
Réponse #55

François


il y a donc deux phénomènes qui participe à l'accroissement du transfert thermique:
-la conductivité des fibres humide est plus grande
Cà oui ... pour autant que ce soit des fibres sensibles à l'humidité. (coton versus laine, ou nylon vs polyester par exemple)
Citer
-le mini cycle de l'eau qui à lieu dans les fibres du vêtements transporte beaucoup de chaleur du fait de l'enthalpie d'évaporation de l'eau qui est très élevé.
Là, il y a une idée nouvelle pour moi, qui me plait beaucoup. :up:
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

09 janvier 2012 à 09:47:25
Réponse #56

buchbass


Tiens, j'ai trouvé un article qui argumente contre ces calculs:

"Du refroidissement éolien et du facteur humide (Le ridicule a une température)"
http://ptaff.ca/humidex/

extrait:
"Je ne conteste aucunement le fait que la sensation de froid est plus vive lorsqu'il vente ou encore que nous avons l'impression qu'il fait plus chaud l'été lorsque le taux d'humidité est élevé. Là où je m'insurge, c'est dans l'invention d'une formule chiffrée pour décrire cette réalité. La science n'a pas réponse à tout et inventer une formule ayant comme finalité le chiffrement d'une « sensation » illustre le travestissement de la science pour un but qui lui est impropre et qui ne lui appartiendra jamais. Une sensation est spécifique à chaque individu. La science étudie des phénomènes REPRODUCTIBLES, ce qui ne saurait, par définition, s'appliquer à une sensation."

Le plus dur c'est pas la chute, c'est l’atterrissage.
Pour l'instant tout va bien. Pour l'instant tout va bien...

09 janvier 2012 à 11:49:22
Réponse #57

Bison


C'est le genre de discours qui démontre l'ignorance - et le manque de rigueur - de celui qui le tient.
Son intolétrance aussi ...

La science, au niveau "théorique" modélise la nature et formalise des connaissances, et ce sous forme de formules mathématiques - dès lors que les phénomènes étudiés sont mesurables/quantifiables. Les mathématiques, c'est le language des sciences. Le drame des scientifiques, c'est que souvent ils ne savent plus parler français ...

Au niveau des sciences appliquées, domaine de prédilection de l'ingénieur, on cherche à tirer quelque chose d'utile de ces connaissances théoriques. Quand les phénomènes sont trop complexes, l'ingénieur fait de son mieux et travaille avec des approximations, parfois grossières. On approche la pifométrie, mais il s'agit d'une pifométrie de bon sens, en accord avec ce que l'on sait en théorie, en accord avec ce que l'on peut vérifier, expérimenter ...

Les échanges de chaleur entre une surface solide, ou liquide, et un mélange de gaz en mouvement font partie de ces phénomènes complexes. On sait en principe comment cela se passe, on connait les variables qui comptent, mais "sur le terrain" les conditions sont tellement changeantes que l'on doit bien utiliser des formules simplifiées "qui vont bien".

Pour l'effet windchill, le phénomène, déjà complexe sur une surface plane et inerte, est encore compliqué par le fait que la peau est le siège de phénomènes d'évaporation de la transpiration, ou d'assèchement de la surface extérieure. Et que le corps humain n'est pas "inerte" :  il réagit pour limiter, ou augmenter les échanges de chaleur avec le milieu extérieur.

Oui, la sensation de froid variera d'un individu à l'autre, les scientifiques le savent bien.
(Mais le refroidissement, et éventuellement l'hypothermie subséquente, c'est déjà quelque chose de mopins subjectif.)

Alors, les ingénieurs font de leur mieux pour nous fournir une information exploitable.
Cela marche bien, pourvu que nous soyons assez intelligents pour comprendre les phénomènes en cause, l'origine des formules "approximatives" et les limites d'emploi de ces formules.  En général, cela marche aussi si on fait preuve de simple bon sens et si on croit sur parole ...

Comme nous ne sommes pas tous des "scientifiques" avérés, on utilise parfois des termes de "vulgarisation" qui peuvent faire tiquer :  le froid "ressenti" est un de ces termes.

Il aurait fallu dire : 
Un vent fort et froid a un effet tel que les déperditions de chaleur sur un corps humain sont celles correspondant à une température considérablement plus basse "sans vent".
Cet effet est appelé windchill factor, et la température équivalente sans vent est appelée "la température ressentie".

Ouaip ... le non scientifique n'aurait rien compris grand chose de plus ...
Parfois, il faut juste faire "imagé" et simple, et le pseudo scientifique qui s'en offusque n'a rien compris , rien de rien ...

Un jour, quelqu'un (Un AM) m'a dit que le vent refroidissait la neige (et même le rocher, pensait-il) à cause, et dans la mesure de l'effet windchill.
Il n'avait rien compris ...
Mais au moins, cet accompagnateur savait que le vent pouvait avoir un effet de refroidissemnt important sur le randonneur, et c'est le principal.

[En fait, il n'avait rien compris parce il n'avait pas à la base une formation scientifique universitaire, et personne ne lui avait jamais bien expliqué les choses en termes non mathématiques.
J'ai pu le faire, par quelques exemples bien choisis ... ]


Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

09 janvier 2012 à 13:00:56
Réponse #58

Mishkin


Salut,
Permettez moi (et ne visez pas la tete...)
pour faire imagé et simple ,je pense que le phenomene en jeu est celui qui refroidit une Nalgene dans sa chaussette mouillée.
L'eau en s'évaporant absorbe de l'énergie sous forme de chaleur contenue dans la Nalgene .
La Nalgene c'est notre corps ,la chaussette c'est nos vetements sur lesquels l'eau contenue dans l'air se condense ,se dépose.
L'effet est augmenté par le déplacement d'air.

pour résumer, il y a même au sein des vêtements ou l'air est figé un déplacement de la vapeur d'eau vers l'exterieur ou elle condense, et un déplacement de l'eau liquide (pas  vraiment liquide mais absorbés sur les fibres du vêtements) vers l'intérieur ou elle s'évapore.

il y a donc deux phénomènes qui participe à l'accroissement du transfert thermique:
-la conductivité des fibres humide est plus grande
-le mini cycle de l'eau qui à lieu dans les fibres du vêtements transporte beaucoup de chaleur du fait de l'enthalpie d'évaporation de l'eau qui est très élevé
Je crois que la clé est là

09 janvier 2012 à 13:26:15
Réponse #59

François


pour faire imagé et simple ,je pense que le phenomene en jeu est celui qui refroidit une Nalgene dans sa chaussette mouillée.
L'eau en s'évaporant absorbe de l'énergie sous forme de chaleur contenue dans la Nalgene .
Oui et non ;D

Oui, peut être, parce que à la base il y a probablement un phénomène d'évaporation/condensation.

Non, parce que l'effet dont tu parles fonctionne d'autant mieux que l'air est sec, et pas du tout quand l'air est humide.
Espérer le meilleur, prévoir le pire.

09 janvier 2012 à 14:03:43
Réponse #60

Eremos


Au début du fil, YOU a cité l'algorithme utilisé par Accuweather : Realfeel.

Une petite question suite à samedi soir.

La température extérieure (réelle) indiquait -4°, la température "Realfeel" -2°  :blink:

Pour moi, ça sonne un peu bizarre que la température ressentie (en hiver) soit supérieure à la température réelle.

D'autres précisions. J'habite au bord de la mer (bien humide), à 6m d'altitude ...

Les données officielles de samedi soir (environnement Canada):

température mesurée : -2.9°
point de rosée: -3.4°
humidité rel.: 96%
vent: 2 km/h
pression : 100.52 kPa
refroidissement éolien (windchill) : -4°
EDIT: 21h00, donc pas de soleil  ;D

Alors : bug de leur algorithme, ou alors c'est possible d'avoir en hiver une température ressentie supérieure à la température réelle ?
« Modifié: 09 janvier 2012 à 17:54:05 par Eremos »

09 janvier 2012 à 21:59:11
Réponse #61

vincentv22


bonsoir, en me baladant sur le forum j'ai repéré un post similiaire à celui ci qui peut compléter vos raisonnements:
http://www.davidmanise.com/forum/index.php/topic,7740.0.html
cordialement vincent

09 janvier 2012 à 22:16:13
Réponse #62

wutan


il faudrait ne plus réfléchir en terme de température ressentie si on voulait être bien rigoureux. Je m'explique.

La création d'une telle valeur part d'une bonne idée: selon le vent et l'humidité mais pour une même température on peut avoir plus ou moins froid (ou chaud aussi mais c'est pas trop la saison) alors on va tenter de créer un indice qui intègre les 3 grandeurs.

l'idée serait que cet indice représente efficacement le transfert de chaleur entre la peau et l'extérieur. Mais ce concept se heurte à plusieurs problèmes.

1) le calcul de la température ressentie ne prend pas en compte la façon dont on s'habille (ex: vêtements coupe-vent ou encore résistant à l'humidité), ni le lieu ou l'on circule (ex: foret dense qui ralentit le vent ou gorge qui l'amplifie), ni d'autres paramètres comme l'ensoleillement ou encore les micro-systèmes climatiques que l'on traverse (ex: près d'une rivière ou dans une foret il fait plus humide.)

2) en passant de 3 données à une seule on perd de l'information utile : si on m'annonce -15°C en température ressentie, je ne sais pas si je dois me protéger du vent ou de l'humidité, ou d'une vraie température basse ce qui ne demande pas les mêmes précautions vestimentaire à priori.

donc au final rien ne remplace pour moi les données sur l'humidité le vent et la température (et l'ensoleillement ) qui sont les seules grandeurs vraiment pertinentes. Le tout couplé avec une connaissance du terrain ou l'on va évoluer et ou les variables climatiques pourraient être un peu différentes.

au final, la "température" ressentie est parfois pratique, mais sans plus.

10 janvier 2012 à 11:23:01
Réponse #63

Bison


+1 avec tout ce que tu dis, c'est une bonne synthèse.

Citer
au final, la "température" ressentie est parfois pratique, mais sans plus.

C'est aussi, amha, un bon aiguillon à la "prise de conscience", pour les personnes peu au fait des questions de météo et d'échange de chaleur.
Un enfant qu'a pas une paire de bottes, une canne à pêche et un lance-pierre, c'est pas un vrai. (A. Gavalda)

10 janvier 2012 à 13:32:37
Réponse #64

guillaume


Si j'essaie de résumer vulgariser ces quelques pages, l'idée [reçue] que l'air humide est 25 fois plus conducteur que l'air sec est une foutaise car même conductivité thermique (sans même une quelconque considération des vêtements, du milieu, etc.) ?

Quand en plus, on rajoute le fait qu'on est tous différents, que ça va dépendre des fringues, du milieu, du soleil, etc. En gros la réponse est ailleurs ;D.

a+

10 janvier 2012 à 14:04:40
Réponse #65

AC


Si j'essaie de résumer vulgariser ces quelques pages, l'idée [reçue] que l'air humide est 25 fois plus conducteur que l'air sec est une foutaise car même conductivité thermique

Oui. En dessous de 0°C il y a tellement peu de vapeur d'eau dans l'air (<0,6%) que ça ne peut pas avoir un impact significatif sur sa conductivité thermique, à moins de dénicher des phénomènes physiques vraiment exotiques. Et de toute façon, d'après les chiffres cités par François, la vapeur d'eau serait en fait plus isolante que l'air. N.B: On parle bien de vapeur d'eau, pas de brouillard avec des micro-gouttelettes d'eau liquide.

L'effet de la nature des fibres textiles est connu (par temps humide le coton donne froid même quand il n'est pas mouillé au toucher, etc).

Certains avancent que lorsqu'il fait humide, il y a rarement du soleil. Les deux phénomènes sont corrélés, mais ce serait l'absence de soleil qui causerait la sensation de froid, plutôt que l'humidité.

J'ai parlé aussi de la peau. Quand je reste quelques heures par temps sec (moins de 30% d'humidité relative) j'ai la peau complètement desséchée, avec des crevasses douloureuses sur les mains. Donc le taux d'humidité dans la peau doit varier en fonction de l'humidité ambiante. Tant qu'il fait chaud on ne se rend pas compte qu'on a la peau hydratée par l'air, mais par temps froid, ça pourrait contribuer à refroidir la peau en profondeur, jusqu'aux terminaisons nerveuses sensibles à la température, d'où la sensation d'un froid "pénétrant". (Ce dernier paragraphe est spéculatif, je n'ai pas trouvé de publications allant dans ce sens)


« Modifié: 10 janvier 2012 à 14:15:47 par AC »

10 janvier 2012 à 14:19:58
Réponse #66

Kilbith


AMHA, on se pose le problème de la mauvaise façon. Le problème ne relève pas seulement de la physique, mais aussi de la physiologie.  8)

Quand l'air est humide (au sens pour une température donnée il est saturé d'humidité), il perturbe à la fois nos mécanismes de régulation de la température et le fonctionnement de nos vêtements.


Quand il fait chaud et que l'air est humide. La transpiration s'évapore mal dans un air déjà saturé, son effet de refroidissement est moindre, notre température interne monte, on a "chaud". Si nos vêtements sont aussi saturés d'humidité, ils "ventilent moins" l'humidité et/ou la température augmente encore à proximité de notre peau...la transpiration est encore moins efficace.


Quand il fait froid et humide (ce qui compte ce n'est pas la quantité d'eau, mais si l'air est plus ou moins saturé). La transpiration s'évapore mal et se dépose dans nos vêtements ou reste au contact de notre peau et nous refroidit. De même de nombreux isolants présents dans nos vêtements se saturent d'humidité et isolent de moins en moins. Ces deux mécanismes font que l'on a "plus froid".

Enfin c'est comme ça que je comprend le truc... ;)
« Modifié: 10 janvier 2012 à 14:25:50 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

10 janvier 2012 à 15:35:20
Réponse #67

AC


Quand il fait chaud et que l'air est humide. La transpiration s'évapore mal dans un air déjà saturé, son effet de refroidissement est moindre, notre température interne monte, on a "chaud". Si nos vêtements sont aussi saturés d'humidité, ils "ventilent moins" l'humidité et/ou la température augmente encore à proximité de notre peau...la transpiration est encore moins efficace.

D'accord avec ça, et je crois comprendre que c'est ce que l'indice Humidex modélise.

Citer
Quand il fait froid et humide (ce qui compte ce n'est pas la quantité d'eau, mais si l'air est plus ou moins saturé). La transpiration s'évapore mal et se dépose dans nos vêtements ou reste au contact de notre peau et nous refroidit.

Là je ne suis pas convaincu. Si je transpire, ça veut dire que j'ai chaud. Si ma peau et mes vêtements se refroidissent plus rapidement parce qu'ils sont mouillés, mon organisme va avoir besoin de transpirer un peu moins. Un équilibre va s'établir. Je vais avoir moins chaud, mais certainement pas froid. C'est seulement si j'arrête brutalement mon effort physique que je vais me retrouver avec des vêtements trempés et un organisme qui a soudain moins de chaleur à évacuer, et c'est là que je vais avoir froid.

Mais il me semble que la sensation de froid humide concerne aussi des invidus qui ne font pas d'effort physique, donc qui n'ont aucune raison de transpirer.

10 janvier 2012 à 16:41:09
Réponse #68

VieuxMora


N'oublions pas l'effet du vent sur un tissus humide qui devient un réfrigérant très efficace.

10 janvier 2012 à 16:47:44
Réponse #69

Kilbith


Là je ne suis pas convaincu. Si je transpire, ça veut dire que j'ai chaud.
Si tu transpires cela veut dire que ton corps cherche à se refroidir et/ou à maintenir la surface de ta peau suffisamment humide et/ou que tu es sous le coup d'une émotion.

Si tu sens de la sueur, c'est que le mécanisme de la transpiration n'est pas parfait. Normalement, la transpiration est insensible. Ce qui refroidit ce n'est pas "la sueur liquide" ce qui refroidit fortement c'est la passage de la phase liquide à la phase vapeur.
Si tu produis ou, au repos, n'arrive pas à dissiper assez de chaleur (effort trop important pour une température donnée ou température supérieure à 37°C), le mécanisme de la transpiration va être ton principal moyen de refroidissement. Or pour passer de la phase liquide à la phase vapeur il faut que l'air puisse "absorber" cette transpiration, sinon la transformation ne se fait pas et il ne reste que de la sueur.
Si l'air extérieur, à une température donné est déjà saturé à 100% : le mécanisme de la transpiration ne fonctionne plus au mieux, l'eau reste à la surface de ta peau, c'est de la sueur. De même si ta peau est "salée" par la sueur ou sale...elle a tendance à freiner l'évaporation et tu as plus chaud. C'est pourquoi on apprécie d'être "propre" quand il fait chaud.


Au froid :
Et bien tu transpires toujours...
D'une part parce que tu fais des efforts et que tu ne peux pas ajuster constamment tes vêtements et qu'il faut donc que ton corps dissipe cet excès de chaleur. D'autre part, parce qu'il faut bien hydrater ta peau (et ceci quelque soit la température).

Si l'air à la surface de ta peau est saturé d'humidité (encore une fois ce n'est pas la quantité d'eau contenu dans l'air c'est son niveau de saturation pour une température donnée)...et bien tu n'arrives pas à transpirer et apparait la sueur. Celle-ci en s'évaporant et en restant bloquée entre ta peau et les couches de vêtement sature efficacement l'air ce qui fait que tu transpires encore moins mais tu sues de plus en plus. Cette sueur (liquide salé) imbibe de plus en plus tes vêtements et leur fibre. La capacité isolante de tes vêtements s'en trouve diminuée, surtout dans le cas du coton.

Tant que tu fais un effort : cela peut aller. En fait c'est même bine puisque tes vêtements isolent moins. Mais dès que tu baisses ton effort : il reste de l'humidité sur ta peau (qu'il transporte mieux tes calories que l'air sec) et tes vêtements mouillés isolent beaucoup moins bien. Il va bien falloir que tu fournisses la chaleur nécessaire pour faire s'évaporer cette humidité qui stagne sur ta peau et/ou tes vêtements. Si l'air est sec, c'est relativement rapide, si l'air est saturé (même par -10°C) c'est lent.

S'il fait du vent. Soit il traverse tes vêtements et facilite l'évaporation de l'eau qui stagne dedans. Cela crée un refroidissement (passage liquide/vapeur) mais ce n'est pas trop grave tant que cela a lieu sur les couches externes de tes vêtements. Soit il ne traverse pas tes vêtements (imperméable) mais dans ce cas il va quand même refroidir la couche externe et en refroidissant l'air dessosu diminue sa capacité à contenir de l'eau et celle-ci condense. Dans un premier temps tu as chaud (passage gazeux vers liquide) puis tu as froid car cette eau trempe tes vêtements...


Bref. L'air saturé quelque soit la température vient perturber notre mécanisme de régulation de température principal : la transpiration. Comme produit constamment de  la transpiration, si le mécanisme est perturbé cela devient de l'eau. Et, au froid, cette eau vient limiter l'isolation de nos vêtements....si l'air est "sec" la transpiration fonctionnent, les vêtements se trempent moins vite et sèchent plus vite....c'est le bonheur

D'où la règle en hiver : avoir toujours un poil froid. Ce faisant, on limite la transpiration.



Citer
Mais il me semble que la sensation de froid humide concerne aussi des invidus qui ne font pas d'effort physique, donc qui n'ont aucune raison de transpirer.
Et oui. C'est pour cela par exemple que l'on utilise des barrières "pare vapeur" durant la nuit. En empêchant la sueur (issue de la transpiration insensible) de tremper ton sac de couchage, tu préserve son isolation.

Encore une fois, je ne prétend pas avoir raison, je ne suis pas diplômé en physiologie humainedel'effort. C'est juste ma compréhension du truc.

"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

10 janvier 2012 à 16:57:56
Réponse #70

Kilbith


N'oublions pas l'effet du vent sur un tissus humide qui devient un réfrigérant très efficace.
Seulement si le vêtement est au contact ou a proximité de ta peau. Les calories sont fournis par le milieu à proximité immédiate (je crois que cela dépend du carré de la distance). D'où l'importance d'avoir un vêtement à Manche Longue sous un coupe vent ou un kway.
« Modifié: 10 janvier 2012 à 17:18:39 par kilbith »
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

10 janvier 2012 à 18:59:26
Réponse #71

DavidManise


Ouaipe.  Ceci dit, le truc mouillé qui sèche sur nos couches isolantes va les refroidir, et de fait nous refroidir aussi.  Avec une smock contenant 35% de coton bien trempée ce weekend, et des vents de 90-100 km/h par endroits, j'ai bien senti l'effet frigo ;)

David
"Ici, on n'est pas (que) sur Internet."

Mon PATREON -
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10 janvier 2012 à 19:21:26
Réponse #72

Kilbith


Ouaipe.  Ceci dit, le truc mouillé qui sèche sur nos couches isolantes va les refroidir, et de fait nous refroidir aussi.  Avec une smock contenant 35% de coton bien trempée ce weekend, et des vents de 90-100 km/h par endroits, j'ai bien senti l'effet frigo ;)

David

Inévitablement et tu fais bien de le préciser.

Mais tu avais la possibilité d'ajouter une couche isolante (ou de te planquer du vent)...alors que contre la peau, on ne peut rien faire et le refroidissement est ++ (en fait c'est comme si tu transpirais et c'est un mécanisme super efficace).
"Vim vi repellere omnia jura legesque permittunt"

10 janvier 2012 à 19:22:29
Réponse #73

AC


Au froid :[...]
Et bien tu transpires toujours...
Si l'air à la surface de ta peau est saturé d'humidité (encore une fois ce n'est pas la quantité d'eau contenu dans l'air c'est son niveau de saturation pour une température donnée)...et bien tu n'arrives pas à transpirer et apparait la sueur. Celle-ci en s'évaporant et en restant bloquée entre ta peau et les couches de vêtement sature efficacement l'air ce qui fait que tu transpires encore moins mais tu sues de plus en plus. Cette sueur (liquide salé) imbibe de plus en plus tes vêtements et leur fibre. La capacité isolante de tes vêtements s'en trouve diminuée, surtout dans le cas du coton.

Bon, tu dis que c'est la sueur qui mouille le coton, et moi je dis que c'est peut-être plutôt l'humidité de l'air qui se concentre dessus par effet hygroscopique. Le résultat est le même. Ce serait quand même intéressant de trancher entre les deux hypothèses pour savoir s'il est utile de prendre des mesures pour réduire sa transpiration.

Pour ça il suffirait d'emporter deux vêtements identiques en rando, l'un dans un ziplock scellé avec un sachet dessicant, l'autre à l'air libre. Après avoir passé quelques heures en ambiance froide et humide on essaie les deux et on voit si l'un est moins isolant que l'autre, sans qu'on ait transpiré dedans.

03 février 2012 à 15:29:41
Réponse #74

Eremos


Je viens de lire un article sur le chaud et le froid ressenti (ici) et il y est parlé du développement d'un nouvel indice de température : UTCI (Universal Thermal Climate Index ou indice climato-thermique universel) qui est le résultat d'une modélisation des échanges thermiques entre le corps humain et l'air environnant. Il s'applique aussi bien au froid qu'au chaud.

Il a été mis au point après 8 ans de travaux de la Société internationale de biométéorologie et de l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

Cet indice prend en compte : la température de l'air, la température radiante, le taux d'humidité relative, la vitesse du vent, un modèle thermique physiologique, un modèle d'isolation des habits, ... bref, peut-être que quelques connaisseurs pourront nous vulgariser tout cela  :)

le site officiel du UTCI
Une affiche présentant les grandes lignes du projet (pdf)

 


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