Perso ce qui m'a un peu (bcp) étonné c'est de voir que beaucoup de mes co-stagiaires étaient vraiment très perturbés au début du stage par un language cru, volontairement rabaissant et agressif...
Je suppose que tu te souviens de celui que je ne connaissais pas et auquel j'ai évoqué devant tout le monde le fait que j'avais eu des relations sexuelles avec sa petite Maman...

Enfin bref tout ça pour dire que la capacité à apaiser quelqu'un par le geste et la parole est un véritable savoir-faire, aussi utile que de savoir vriller un nez avec le sabre de la main ou de péter un genou du plat du pieds... c'est comme le reste ça se travaille et perso j'y ai pris beaucoup de goût, parceque ça fait aussi appelle à la psychologie, à la lecture des micro- mouvements, à la rythmique du corps, etc, etc...
Et oui... Tout cela se travaille et permet non seulement d'apprendre l'art délicat de la communication et de la négociation (car c'est bien de cela qu'il s'agit) mais aussi de relativiser la motivation de celui qui insulte... Un peu comme quand j'ai recadré le débat avec celui dont j'avais justement insulté la Maman... Je ne le connaissais pas, je ne connaissais pas sa Maman donc mon agression verbale n'avait pour seul but que de susciter chez lui une réaction... Et même dans le cadre du stage, le mec était limite.
Bref, pour revenir plus largement sur le sujet, l'entraînement chez nous est le plus souvent divisé en 2 parties distinctes (même si la longueur de celles-ci varie voir même si on privilégie l'une par rapport à l'autre sur certains cours):
- les applications techniques: travail des angles au couteau ou avec d'autres objets, des TAIMN, travail au sol ou de type "combat libre" voir de self plus classique sur certains types de saisies ou d'étranglements. Celles-ci ont pour but de développer les fondamentaux des élèves et les formes de corps bref la boîte à outil... Les élèves sont encouragés à sentir les mouvements et à les adapter à leur morphologie. La pratique occasionnelle du sparring leurs permet de se rendre compte de la douleur d'un coup pris et augmente leur capacité à gérer.
- les applications tactiques ou le travail en scénario ou avec dialogues: travail de la passive stance face à 1 ou plusieurs adversaires, analyse de situation, détection d'armes dans un groupe. Là le but est de permettre aux élèves de travailler leur réflexion, leur capacité au désamorçage verbal et à gérer l'environnement.
Lors du travail en scénario, l'élève est toujours réactif bref il doit s'adapter à ce qui se passe et pas systématiquement se dire qu'il faut ou ne faut pas frapper... Bref on lui apprend à régler des problèmes pas à se focaliser sur des actions. Il doit gérer un contexte global qui le plus souvent dicte la réponse (présence d'acolytes intervenant directement ou pas, de témoins éventuels ou d'accompagnant comme femme, enfants, amis ou parents...). Bref on se refuse à l'enfermer dans un cadre strict du si on te fait ça tu fais ça en retour car ce genre de canevas crée des blocages mentaux lorsque l'application ne fonctionne pas ( du type "Tiens à l'entraînement mon partenaire se tord de douleur et ici pas?"

). Lorsque le travail démarre, l'élève possède des informations minimum sur ce qui l'attend, les consignes les plus précises étant données à ceux qui vont lui faire bosser sur son scénario. Scénario qui doit être +/- réaliste et adapté à son type de vie (pas la peine de faire bosser une bagarre de bar au mec qui ne va jamais boire un verre ou l'agression en bagnole au mec qui ne prend que les transports en commun...
Perso sur notre groupe d'élèves, je trouve qu'ils ont fait beaucoup de progrès sur leur réactivité face à des agressions verbales (ce qui représente la majorité des démarrages de conflit il faut bien l'avouer plus que la défense sur l'attaque surprise par un ninja armé d'une tronçonneuse au coin d'une rue sombre

).
Bien à vous,
Rod