Hum ! A priori, nous sommes un certain nombre à en avoir pris plein les dents ! Moi c'était les gamins, je pouvais faire ( comme anesthésié sur le coup, massage avec les pouces intub, ventil et tout le tralala) mais c'était après... Quand il fallait ramener le petit corps dans mes bras aux urg( je ne sais plus pourquoi, c'est bizarre hein, j'ai comme un blanc !) Steph ( medecin) à même été obligé d'arrèter la voiture au retour, parce que j'étais en plein pétage de plomb et que je voulais casser la gueule au monde entier, fou de douleur. Au final, j'ai laché le smur parce que le patron ne voulais pas que l'on attende le médecin de famille après un décès d'enfant, alors qu'on etait disponible radio et qu'on avait rien d'autre à foutre. " Tu comprends, on est pas là pour s'occuper des morts !" Il avait tort... En situation de catastrophe( grand nombre de victimes) on constitue un " morituri " pour s'occuper des mecs qui vont y passer ou qui sont déjà morts. Pour moi c'était trop, deux discours, deux conduites, mais on peut concevoir qu'il avait des comptes à rendre le patron....
En attendant, je n'ai pas tout résolu, certes pas, mais avec le temps, j'ai pris un peu de distance et si mon "mal vécu" peut servir pour écouter ou simplement "être là"... Parce qu'en final, chaque fois qu'un pompier tombe, qu'un flic désespère et doute, qu'un soignant se sent démuni ou pleure, ben soyez en sûr, ça m'affecte... Comme vous. Parce qu'on ne fait pas ces métiers là par hasard, c'est pas gratuit. J'oserais même dire " on est dressé pour ", un peu comme si on était de la même "portée".
ça peut paraitre grandiloquant, mais le " tu tombes, on tombe !" de Backdraft, ben pour moi, ça compte et drolement.
Voilà mon credo, après on cause ou ici ou en privé comme vous voulez, on s'organise, on prend le temps. On dira que ce fil n'est qu'un déclic, un soubresaut.
Jonathan, je crois que peut-etre le terme écoute c'est à nous de le définir ensemble. Et tu as mille fois raison, l'impro est un risque pour tous.
Mais pour moi , au départ, il s'agissait juste d'offrir une oreille attentive, voire anonyme, capable de recevoir sans jugement l'expérience douloureuse ( ou vécue comme telle) d'un membre des professions sus-citées ( celles qui se potent au secours de l'autre, dans le sens large du terme ), d'en être simplement le témoin, ou le garant. Un peu comme quand y'a un coup dur qui arrive à l'un d'entre nous et qu'il en fait part ici et qu'on lui répond : " on est là, t'es pas tout seul, comptes sur notre soutien, notre amitié ", mais là en plus un suivi en demandant des nouvelles de temps en temps seraient surement un plus.
Exemple : Un d'entre nous à eu du chagrin parce que son chien était mort. L'idée est de lui demander comment il va quelques temps après ( c'est ça que j'appelle le "suivi", que ça reste pas un truc ponctuel quoi)
C'est vague et imprécis hein ! Faudra faire un peu le ménage dans tout ça ....