Ouais, moi aussi ça me choque quand je vois que les bagnoles qui crament c'est les vieilles AX pourries des mecs de la cité qui en ont besoin pour aller bosser. Ils pourraient au moins aller cramer les mercedes à Neuilly, ça serait plus logique, de mon point de vue... Enfin bon, passons <rire>
Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que la violence provoque plus de violence en retour. Les gamins qui tapent sur les CRS, ils provoquent une réaction d'hostilité qui ne sera pas bonne pour leur santé à moyen terme. Et les flics qui s'amusent à tirer dans le tas gratuitement au flashball, ils alimentent la haine des gamins...
Si la répression fonctionnait vraiment, au moyen âge on aurait eu une criminalité zéro... vu les supplices horribles qu'on infligeait au moindre voleur de pomme. Pourtant les bourreaux avaient du pain sur la planche...
Si l'éducation seule, à l'inverse, fonctionnait vraiment, en France on arriverait tout doucement à quelque chose vu les politiques de la gauche depuis les années 70...
Mais non. Pour que la paix sociale soit possible, il faut vraiment un paquet de conditions... Et pour que la violence urbaine soit possible, il faut aussi un paquet de conditions. Je reprends encore le fameux "JACA" de Gavin de Becker :
- Justification : la violence doit être justifiée aux yeux de celui qui la commet (parfois c'est facile de trouver des raisons, mais la violence policière peut devenir une justification, tout comme pour les flics la violence des jeunes en est une)
- Alternatives (pas d') : si on a d'autres solutions que la violence pour arriver à ses fins, bien souvent on va essayer autre chose
- Conséquences : les conséquences de la violence doivent être perçues comme positives par son auteur. Pour moi, taper un flic = prison. Conséquences négatives. Pour un jeune, taper un flic = reconnaissance sociale. Y'a un truc qui cloche, là.
- Abilité : la capacité à poser l'acte violent. Les armes sont des facilitateurs parce qu'ils augmentent les capacités.
De ce point de vue là, ça me semble possible de commencer à penser à un plan d'action...
1 - Ne pas fournir de justification, et éviter autant que possible que les jeunes s'en trouvent... ça peut commencer par virer les immams
intégristes qui poussent les jeunes à la violence... J'ai pas dit fermer toutes les mosquées, loin de là. Juste les exceptions qui foutent la m*rde, et non pas la majorité des immams qui sont cool et qui n'ont pas oublié que l'Islam est une religion pacifique.
Éviter que la violence ne soit justifiée, ça veut parfois dire, aussi, que la société puisse avoir un peu à se remettre en question, et qu'elle fasse respecter réellement ses propres lois... je pense entre autres au truc du P4/BBR, etc.
2 - Donner des alternatives réelles et viables aux jeunes : des formations qui ont des débouchés, un espoir de boulot stable où ils seraient reconnus, et pas des boîtes où ils se feront jeter dès que les actionnaires auront envie de voir du chiffre... etc, etc. Là, le plus souvent, ils ont le choix entre se faire des c*u!lles en or et être reconnus en dealant du shit, ou aller se faire payer à coups de pieds au cul par un c*nnard à l'usine. C'est vite vu.
3 - Conséquences : il faut que les conséquences de la violence soient NÉGATIVES pour eux. Tu caillasses les pompiers ? Tu vas en taule. Tu tapes une mamie ? Tu vas en taule. Tu brûles une bagnole ? Tu bosses pour en payer une nouvelle au mec ! Et tant que les grands connards encourageront les petits connards en leur disant qu'ils seront des hommes le jour où ils auront au moins tabassé un keuf, peut-être que les choses pourront éventuellement progresser. Pour l'instant, la reconnaissance sociale passe trop souvent par la violence et la criminalité. Il faut valoriser le travail et les vieilles valeurs à la con du genre la parole, et l'honneur, et la droiture, et la capacité à réfléchir et à bosser pour bouffer.
4 - Abilité : ou capacité... Ça, c'est sans doute le plus dur à enlever. On peut bien contrôler les armes et tout ça, mais un tournevis ça ne coûte pas cher et ça se plante bien. Et un cutter ça coupe, et une caillasse ou une bouteille du 13e étage, ça prend de la vitesse. Bref... n'importe quel bipède qui a la haine peut trouver/fabirquer des armes et s'en servir. Peut-être qu'il serait plus intelligent de s'assurer que le bipède n'ait pas la haine, et qu'après on pourrait voir ce que ça donne ?
Ciao

David