Il y a longtemps que j’avais envie de partager quelques infos sur ce sujet, ce matin j’ai enfin pris le temps de passer à l’acte

. J'espère ne pas enfoncer une porte ouverte en parlant d'un thème déjà traité ici

.
Vous savez toutes & tous que le vent joue un grand rôle sur notre sensation de confort ou d’inconfort en extérieur. Vous l’avez souvent expérimenté : à la mi-saison ou surtout en plein hiver, une rando magnifique sous un beau soleil resplendissant dans un superbe ciel bleu délicatement orné de fins Cirrus (je m’égare, déformation professionnelle !), on pense avoir chaud, et patatras, le vent se lève et on se les gèle

.
En plus de la prévi du jour (nébul, vent, instabilité, risque d’orage, etc.), les météos, les montagnards ou les marins vous expliquent alors qu’il ne faut pas tenir compte seulement de la température prévue
sous abri (les rigolos qui croient tout savoir

se gaussent souvent de cette fameuse température sous abri, et c'est pourtant la façon la plus simple de parler de la même chose, et donc de se comprendre ou de pouvoir comparer des valeurs), mais également de la température
RESSENTIE. Vous entendrez aussi parler de
wind chill (cher à nos amis de la Belle Province),
de facteur (ou d'indice) de refroidissement éolien (FRE), etc. : c’est bonnet blanc et blanc bonnet.
Le mécanisme de ce refroidissement est assez simple. Notre corps "entretient" en permanence, ou produit si vous préférez, une mince pellicule d'air à la fois chaud (alimenté par la chaleur corporelle) et humide (grâce à l'humidité corporelle), à la surface de la peau, entre peau et vêtements, ou même à l'extérieur des vêtements.
D'une part, plus le vent est fort, plus il détruit facilement cette pellicule protectrice, que l'organisme doit reconstituer, en consommant l'énergie nécessaire.
D'autre part, le vent accélère l'évaporation de l'humidité naturelle ou de la sueur (surtout sur la peau nue), or cette évaporation consomme de l'énergie
(processus thermodynamique naturel du cycle de l'eau : absorption d'énergie pour l'évaporation, restitution de cette énergie lors de la condensation – c'est l'origine de la plupart des phénomènes météorologiques, mais ceci est une autre histoire) , et cette énergie est prise au seul fournisseur possible, notre corps

.
Je ne connais pas la répartition entre ces 2 effets, mais leur combinaison entraîne l'aggravation de la sensation de froid sous l'effet du vent. CQFD.
Derrière cette température ressentie se cache également une formule de calcul, pas simplissime mais pas non plus incompréhensible, que je vous livre ci-dessous. Si vous disposez d’un tableur style E***L de chez Billou, ou son alter ego de chez Open Office (là, on a le droit moral de citer, c’est gratos), vous pourrez saisir cette formule, et calculer vous-même avant ou après une expé un peu frisquette, ce que votre organisme a réellement enduré comme tempé.
Baptisons
Tr la température ressentie,
T la température sous abri (la tempé "Météo-France" :
www.meteo.fr) et
V la vitesse du vent en km/h :
Tr = 13.12 + 0.6215*T - 11.37*Vexposant0.16 + 0.3965*T*Vexposant0.16 
Ce qui donne dans une formule type E***L :
si T est saisie dans la cellule B1, V dans la cellule B2, alors Tr apparaît en B3 avec :
formule en B3 : =ARRONDI((13.12+(B1*0.6215))-(11.37*(PUISSANCE(B2;0.16)))+(0.3965*(B1*(PUISSANCE(B2;0.16))));1)
Essayez, vous verrez, c'est assez spectaculaire ! Mais attention, il y a des limites de fonctionnement de cette formule : la température sous abri doit être inférieure à 20°C (au-delà, le refroidissement éolien se traduit mathématiquement par un … réchauffement !).
Un exemple : en novembre dernier, je vais crapahuter un peu près du col de Puymorens (66), direction la bassa de Mercader (altitude environ 2300 m). Le top

.


Grand ciel bleu, mais
-7°C sous abri (mesure Météo !), et un
vent de 50 km/h en vitesse moyenne sur les crêtes ou dans les couloirs …
Résultat :
-18°C ressentis …

Une raison de plus pour apprécier la RCIR chaude

, malheureusement ce jour-là je n'avais que du lyo du Vieux Campeur (au passage, merci au Pocket-Rocket de MSR, c'est mon choix perso …).
Vous noterez également que la direction du vent n'intervient pas dans la formule : contrairement à une idée reçue

, on a aussi froid par vent de Sud que par bise de Nord (à vitesses égales, évidemment). En fait,
la direction du vent influe sur la nature de la masse d'air qu'il nous apporte, plus ou moins froid bien sûr, donc
sur la température sous abri utilisée au départ du calcul, mais effectivement pas sur le calcul lui-même.
Voilà, le modeste cours est terminé pour aujourd'hui. J'espère ne pas avoir raconté trop de bêtises (je ne prétends pas avoir la science infuse, mon topo est sûrement largement perfectible), et si les modos pensent que le post est inutile, inintéressant ou pas à sa place, à eux d'agir, je ne me formaliserai pas

!